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Ɓeshelea | Culture et histoire des ComoresƁeshelea | Culture et histoire des Comores
Vue sur la plage d'Itsandraya Mdjini, avec son célèbre baobab et une portion du fort, en avril 1864, image capturée par Otto Kersten.
Vue sur la plage d'Itsandraya Mdjini, avec son célèbre baobab et une portion du fort, en avril 1864, image capturée par Otto Kersten.

Esclavage

Abolitions de l’esclavage aux Comores : Traité du 20 septembre 1854

Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.

Quatre jours après avoir conclu un traité d’abolition de l’esclavage avec la sultane Djumɓe Fatima binti Abdurahman de Mwali, le nouveau consul résident britannique, William Sunley1, parvint à obtenir un accord similaire à Ngazidja, en ce mois de septembre 1854. Lors de son passage sur l’île, un traité analogue fut signé avec le sultan Ɓwana Fumu wa Mɓafumu Kalwauso2 d’Itsandraya, à Ngazidja. Tout comme son prédécesseur, Fumɓavu wa Fefumu, Ɓwana Fumu était impliqué dans la traite des êtres humains.

TRAITÉS entre la Grande-Bretagne et certains chefs de la côte orientale d’Afrique, pour l’abolition, la répression et la prévention de la traite des esclaves.

Traité avec Ɓwana Fumu, un des principaux sultans de Ngazidja

Itsandraya, le 20 septembre 1854

DÉCLARATION de la réquisition adressée à Ɓwana Fumu, l’un des principaux sultans de Ngazidja, par William Sunley, Esquire, consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores, et Henry A. Kerr, Esquire, commandant du sloop de Sa Majesté Nerbudda (agissant sous les ordres de Henry G. Morris, Esquire, commandant du navire de Sa Majesté Hydra et officier supérieur sur la côte orientale d’Afrique).

I. Le sultan s’engage à abolir à jamais la traite des esclaves dans son territoire.

II. Le sultan ordonnera la saisie de tout navire appartenant à ses sujets qui serait trouvé exerçant la traite des esclaves à l’étranger, et fera arrêter et punir le capitaine et l’équipage comme pirates. Tout autre navire amenant des esclaves dans son territoire sera traité de la même manière.

III. Le sultan punira toute personne parmi ses sujets servant à bord de navires négriers et qui n’aura pas informé le sultan de son implication dans la traite.

IV. Tout navire possédant à son bord des instruments servant à la traite des esclaves — tels que fers, boulons, menottes, chaînes, fouets ou fers à marquer — sera considéré comme s’il transportait effectivement des esclaves.

V. Le sultan autorise les croiseurs britanniques à saisir tout navire appartenant à ses sujets trouvé avec des esclaves ou des instruments de traite à bord, après un délai de quatre mois à compter de cette date.

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VI. Le sultan ou le gouverneur devra munir tous les navires appartenant à ses sujets de laissez-passer (ou permissions de port) ; tout navire trouvé sans ce document pourra être saisi, conformément à la cinquième réquisition, par tout croiseur britannique le rencontrant.

VII. Tous les navires saisis par les croiseurs britanniques seront envoyés devant la cour de vice-amirauté britannique la plus proche ou la plus commode, pour y être jugés. En cas de condamnation, les navires et leurs cargaisons seront vendus au profit du sultan et du gouvernement britannique, mais les esclaves seront affranchis dans une colonie britannique.

VIII. Le sultan proclamera immédiatement une loi rendant publiques, auprès de tout son peuple, les stipulations du présent accord.

ACCORD conclu entre Ɓwana Fumu, l’un des principaux sultans des Comores, et William Sunley, Esquire, consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores, ainsi que Henry A. Kerr, Esquire, commandant du sloop de Sa Majesté Nerbudda.

I. Il n’y aura pas de commerce d’esclaves dans mon territoire.

II. Tous mes sujets qui traiteront des esclaves seront punis comme ceux qui volent des hommes ; et tout autre navire amenant des esclaves dans mon territoire sera saisi.

III. Tous mes sujets travaillant à bord de navires négriers, ou aidant la traite des esclaves, seront punis.

IV. Tout navire ayant à bord des fers ou autres objets destinés à enchaîner les esclaves sera saisi, de la même manière que les navires transportant effectivement des esclaves.

V. Les bâtiments de guerre anglais pourront saisir tout navire appartenant à mes sujets qui commerce des esclaves.

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VI. Tous les navires de mes sujets devront obtenir des passeports.

VII. Tout navire saisi sera envoyé dans un lieu anglais pour y être jugé ; les esclaves seront libérés, et le navire ainsi que sa cargaison vendus — une moitié du produit revenant à moi, et l’autre au gouvernement anglais.

VIII. Le sultan a fait connaître cet accord à tout son peuple.

Fait en double original à Itsandraya, île de Ngazidja, le 20 septembre 1854.

(L.S.) Ɓwana Fumu wa Mɓafumu Kalwauso, Sultan d’Itsandraya, île de Ngazidja.
William Sunley, Consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores
H. A. Kerr, Commandant de la goélette de Sa Majesté « Nerbudda »

Référence :
  • A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. X., Lewiw Hertslet (1859)
Notes
  1. Il fut le second et dernier consul résident à Ndzuani. Il succéda à Josiah Napier, en poste de 1848 jusqu’à sa mort le 20 septembre 1850. Sunley occupa cette fonction jusqu’en 1866. ↩︎
  2. Le vieux sultan avait autrefois porté le titre de Ntiɓe. Cependant, à cette année précise, au lendemain de la première Nkoɗo nkuu (grande guerre), c’est à sultan Ahmed bin Saïd Ali, son allié durant le conflit contre Fumɓavu, que revenait désormais ce titre. ↩︎

Written By

Kori Tari, Rédacteur en chef de Beshelea.com, est un passionné de la culture et de l'histoire des Comores. Amoureux du Shikomori, il a grandi en étant bercé par les contes, les devinettes et les jeux traditionnels de son pays.

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