Contexte : En difficulté sur le plan politique et en conflit avec ses propres ministres, la sultane Djumɓe Fatima binti Abdurahmane sollicite officiellement la protection de la France ainsi qu’une intervention rapide de celle-ci.
Fumɓoni, le 20 avril 1861
« Monsieur le Commandant Supérieur1,
Je suis à la dernière extrémité, et si l’on ne vient promptement à mon secours, je suis perdue sans ressource. Les chefs2 ne se sont pas contentés de s’emparer du gouvernement, de se mêler des affaires de ma maison, et de m’interdire tout rapport avec mes amis; ils ont été jusqu’à me déshonorer publiquement lors d’un kabary3 Il ne leur reste plus qu’à se débarrasser de moi, comme ils cherchent à se débarrasser de ceux qui me témoignent de l’intérêt4.
Monsieur le Commandant, je mets ma personne, celle de mes enfants, et mon île sous la protection de la France.
Pour premier acte de ce protectorat, envoyez-moi immédiatement un navire avec des forces afin de me délivrer, d’une manière ou d’une autre, de mes oppresseurs, qui pressurent également mon peuple. Monsieur de Langle5 ne paraît pas, et en une journée, il se passe beaucoup d’événements.
Que le Très-Haut vous ait en sa garde. »
DJUMƁE FATIMA
Articles et références :
- Pourquoi le Zanzibari Saïd Hamadi bin Nasser fut chassé de Mwali ?
- Histoire de Madagascar: ses habitants et ses missionnaires, Volume 1, Camille de La Vaissière (1884).
Notes :
- Charles-Louis-Benjamin Gabrié. ↩︎
- Ses propres ministres dont son Premier Ministre Ratsivandi (Tsivandini) ↩︎
- Mot d’origine malgache qui désigne grand conseil. Ils se sont organisés plusieurs kabary depuis décembre 1860, et sont devenu récurrents à partir du 7 avril 1861, deux jours après le départ des Anglais Henry Rowley, David Livingstone et John Kirk. ↩︎
- Le Père Finaz et les agents français, ainsi que son oncle Ambilahiasana. ↩︎
- Alphonse Fleuriot de Langle, Officier de la Marine française. ↩︎














