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	<title>Abdallah bin Salim Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<title>Abdallah bin Salim Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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		<title>Échec des abolitions : témoignage du général Abderahman bin Omar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 07:40:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abderahman bin Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Earl Granville]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Barrett Miles]]></category>
		<category><![CDATA[Scott J. B. Willcox]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La prolifération des actes et traités d’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle<sup data-fn="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517" class="fn"><a href="#21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517" id="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517-link">1</a></sup>, reflète les difficultés considérables rencontrées dans leur application. Tantôt, d’un côté, une volonté assumée de ne pas appliquer ces dispositions ou de les détourner vers d’autres formes de traite — <a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">comme ce fut le cas à Maore</a>, où l’ordonnance d’abolition promulguée par les autorités coloniales françaises donna lieu à des pratiques ambiguës<sup data-fn="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0" class="fn"><a href="#d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0" id="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0-link">2</a></sup> —, tantôt, de l’autre, des sultans peu enclins à respecter les engagements qu’ils avaient eux-mêmes souscrits<sup data-fn="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38" class="fn"><a href="#325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38" id="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38-link">3</a></sup>. À cela s’ajoutaient les obstacles liés aux oppositions internes au sein même de l’aristocratie comorienne.</p>



<p>C’est précisément ce dernier aspect qui retient ici notre attention. Après la signature du <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">traité anglo-anjouanais du 10 octobre 1882</a>, le deuxième du genre pour l’île, une rébellion éclata presque aussitôt contre le sultan Abdallah bin Salim [Abdallah III]. Cette insurrection s’inscrivait notamment dans un contexte de refus d’appliquer les dispositions du traité par une partie de l’élite locale.</p>



<p>Nous présentons ici le témoignage clé d’un homme qui fut témoin direct de ces événements et qui livra son analyse des raisons de cet échec. Il s’agit du général Abderahman bin Omar, petit-fils du sultan Alawi bin Husein et proche du sultan Abdallah III. Il fut notamment le commandant du contingent anjouanais envoyé à Ngazidja pour prêter main-forte au sultan Saïd Ali wa Saïd Omar dans sa guerre<sup data-fn="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1" class="fn"><a href="#0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1" id="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1-link">4</a></sup>. Cet engagement militaire ne fit d’ailleurs pas non plus l’unanimité à Mtsamɗu.</p>



<p>Ce témoignage d’Abderahman bin Omar fut recueilli lors d’une entrevue avec le consul britannique Frederic Holmwood, en novembre 1883. Toutefois, avant d’y venir, il nous a semblé utile de présenter un extrait d’une lettre de l’Anglais Samuel Barrett Miles, alors en poste à Zanzibar, adressée à Granville George Leveson, comte Granville et secrétaire aux Affaires étrangères. Celle-ci relate les faits rapportés par le commandant britannique <a href="https://beshelea.com/americain-famille-ndzuani-1883/">Scott J. B. Willcox</a>, qui se trouvait à Ndzuani au moment de la rébellion.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mise en contexte avec un extrait d’une lettre du Lieutenant-Colonel Miles à l’Earl Granville</h4>



<p class="has-text-align-right"><em>Zanzibar, 15 décembre 1882</em></p>



<p>« Depuis l’envoi de ma lettre du 18 novembre dernier, transmettant le rapport de M. Holmwood sur les îles Comores, d’importantes nouvelles ont été reçues par divers canaux, tant de Ndzuani que de Ngazidja. Le navire de Sa Majesté <em>Harrier</em> est arrivé hier, après avoir quitté Ndzuani le 6 du courant, dans le but de présenter devant la Cour de l’Amirauté ici le cas d’une goélette britannique appartenant aux Seychelles que le capitaine Willcox avait saisie pour trafic d’esclaves entre Ndzuani et l’île française de Glorioso, laquelle, si j’ai bien compris, a été louée pour plusieurs années à un créole des Seychelles.</p>



<p>Lorsque le <em>Harrier</em> atteignit Ndzuani, deux des frères du roi étaient en rébellion<sup data-fn="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e" class="fn"><a href="#f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e" id="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e-link">5</a></sup> ouverte contre lui et avaient pris Mtsamɗu, la capitale, dont les habitants étaient déjà enclins à causer des troubles en raison du nouveau traité au moment du départ de M. Holmwood. Le roi écrivit au capitaine Willcox pour lui déclarer que sa vie était en danger et demander assistance, laquelle lui avait été promise au cas où son autorité serait menacée en raison des concessions assez étendues qu’il nous avait accordées dans la nouvelle convention.</p>



<p>Les instructions que le capitaine Willcox avait reçues de l’officier naval supérieur ici présent l’empêchèrent d’accéder à la demande du roi, et il ne put que lui offrir un asile à bord de son navire. Finalement, un certain nombre de sujets locaux se rallièrent au roi et l’un des frères fut amené à revenir à son allégeance. Le roi réoccupa alors la capitale, tandis que son frère, le prince Muhammad, se retira dans une ville reculée où il demeure à présent.</p>



<p>Il est probable que, si Son Altesse n’avait pas renvoyé ses soldats hors de l&rsquo;île, il aurait encouru peu ou point de danger de cette rébellion, et son intervention dans les affaires de Ngazidja a ainsi amené son propre châtiment. Je ne doute pas que la présence de l’un de nos navires à Ndzuani empêchera toute violence effective d’être exercée contre le roi, dont l’alarme est grandement aggravée par sa cécité et l’impuissance qui en résulte<sup data-fn="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95" class="fn"><a href="#8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95" id="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95-link">6</a></sup> ; et la perte financière due à l’arrêt de sa sucrerie, bien que très sérieuse, pourra servir de leçon utile pour l’avenir. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Déclaration du général Abderahman bin Omar lors d&rsquo;un entretien avec Holmwood</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Ndzuani, novembre 1883</em></p>



<p>« La position du Roi est des plus difficiles. N’eût été la crainte que son moulin à sucre<sup data-fn="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971" class="fn"><a href="#10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971" id="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971-link">7</a></sup> puisse, à tout moment, être détruit par un navire de guerre, ou qu’on puisse exiger de lui le versement d’une indemnité, il se serait depuis longtemps entièrement rangé à l’opinion populaire. En l’état, je ne puis dire qu’il ait accompli beaucoup, bien qu’il ait honnêtement tenté de mettre en œuvre le nouveau Traité en ce qui concerne ses sujets. Il donna l’ordre au cheikh Muhammad de procéder à l’enregistrement, mais les propriétaires d’esclaves refusèrent unanimement ; et comme ils savaient que le Roi lui-même n’avait fait qu’une vaine apparence d’enregistrer ses propres esclaves, il dut renoncer.</p>



<p>Par la suite, il fit saisir plusieurs esclaves qui avaient été vendus ou transférés en violation du Traité, et infligea des amendes aux propriétaires. Cela provoqua une rébellion, et sans le retour d’un certain nombre des meilleurs soldats du Roi, rapportant à ce moment-là un abondant butin<sup data-fn="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff" class="fn"><a href="#5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff" id="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff-link">8</a></sup> de Ngazidja, la situation aurait fort mal tourné pour Son Altesse. Quoi qu’il en soit, l’un des soldats envoyés pour empêcher l’entrée du prince Muhammad à Mtsamɗu fut abattu, et personne ne fut puni pour cet acte.</p>



<p>Le Roi se rendit alors dans la capitale et fit la paix avec la population. Il promit de ne plus prendre aucune mesure pour imposer le Traité, affirmant avoir reçu de Zanzibar la nouvelle que j’avais été rappelé en Angleterre avec disgrâce pour avoir conclu ce Traité, lequel n’aurait été qu’une erreur, et qu’il s’écoulerait des années avant qu’ils ne revoient un consul anglais. Les Anciens lui déclarèrent qu’il pouvait dire ce qu’il voulait, mais qu’il ne devait plus s’engager à signer quoi que ce soit, sans quoi ils le déposeraient ; et s’il se montrait trop puissant pour eux, ils pourraient à tout moment faire appel aux Français.</p>



<p>Je crois être la seule personne dans le pays à croire réellement que les Anglais feront jamais autre chose que proférer des menaces ; mais j’ai passé toute ma vie parmi des officiers britanniques. Il ne fait toutefois aucun doute que votre réapparition a suscité de grands doutes, et que l’île entière est en état d’alerte depuis qu’il est su que vous vous trouviez à bord du « Tourmaline ».</p>



<p>Le Roi ne sera pas en mesure d’imposer le Traité, et je lui conseillerai fermement de ne plus prétendre qu’il en est capable. Les habitants de la ville résisteront à coup sûr, et la rébellion s’étendrait à tout le pays. Depuis six mois, de nouveaux fusils Chassepot arrivent de Maore, accompagnés d’un important approvisionnement en munitions, et il n’est guère de maison où une telle arme ne soit dissimulée.</p>



<p>Le Roi, toutefois, craint les Français tout autant que son propre peuple, car ils lui ont montré qu’ils étaient prêts à tirer parti de la moindre ouverture qu’il pourrait leur offrir ; et même le prince Muhammad les préférerait au Traité.</p>



<p>Le Roi a encore près de 8 000 livres sterling à rembourser au titre de sa machinerie sucrière. Le coût initial, intérêts et assurance compris, s’élevait à 16 000 livres. Il doit déjà avoir versé cette somme, mais l’intérêt composé tous les six mois a lourdement alourdi la dette. Houdlette et Cie, de Maurice, ainsi que l’Oriental Bank, lui ont avancé l’équipement ; ils ont leurs propres agents pour produire le sucre et le surveiller, mais Son Altesse est fort habile.</p>



<p>Bien entendu, je sais à peu près ce qui s’est passé depuis votre départ, et je suis certain, d’après vos propos, que vous avez été bien informé ; toutefois, je ne dois pas m’étendre sur de tels sujets. La seule manière dont je puisse conseiller le Roi, même indirectement, est d’agir sur sa crainte du mécontentement anglais. Il répond toujours : « Vous savez bien qu’ils n’emploieront jamais la force, et leurs paroles ne nous inquiètent pas » — et que puis-je répliquer ? En vérité, il a de bonnes raisons de parler ainsi.</p>



<p>J’admets avoir acheté des esclaves récemment. Il est exact que les deux jeunes filles que vous avez vues dans ma maison venaient de Ngazidja ; mais il n’est pas une personne aisée dans cette île qui n’ait tiré profit de l’affaire de Ngazidja. Il est facile au prince Muhammad et à Othman de dire que Son Altesse a été fort imprudente de s’immiscer dans les affaires de Ngazidja et de Saïd Ali ; cela est peut-être vrai, mais tous deux auraient agi de même s’ils s’étaient trouvés à sa place. Il fut soumis à de grandes tentations, et il a du moins pour excuse d’avoir été vivement conseillé par les Français. À présent, il voit peut-être qu’ils se servent de lui pour accomplir leur sale besogne ; mais il a pris grand soin d’en être dûment rémunéré. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>



<li>British and Foreign State Papers 1882-1883, Vol. LXXIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1890)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517"><em>Il y eut, au total, entre 1844 et 1904, onze actes, ordonnances et traités visant officiellement à abolir l’esclavage dans l’archipel des Comores.</em> <a href="#21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0"><em>Dans les faits, cette abolition ne fut souvent qu’une façade. Par la même ordonnance censée supprimer l’esclavage, la France mit en place un système d’engagisme qui, en réalité, constituait une continuité à peine voilée de la traite.</em> <a href="#d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38"><em>Parmi les sultans signataires de ces actes, la plupart étaient eux-mêmes, à l’instar d’Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh (Mwinyi Mkuu) de Ngazidja, de grands esclavagistes et n’envisageaient nullement d’abandonner une pratique qui leur procurait d’importants revenus.</em> <a href="#325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1"><em>La seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e"><em>L’instigateur de cette insurrection est le prince Muhammad, épaulé par le prince Othman.</em> <a href="#f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95"><em>Atteint de cataracte, le sultan Abdallah bin Salim avait complètement perdu la vue vers 1876-1877. Il ne la recouvra qu’à la suite d’un voyage à Maurice. Le 18 mars 1879, il y fut opéré par le docteur O. Beaugeard, assisté de ses confrères Vitry, Roger, Pouget et Sakir, précise un article du journal <em>La Sentinelle de Maurice</em> publié la même année. Mais, à son retour à Ndzuani, il perdit de nouveau la vue quelques années plus tard, n’ayant pas observé les prescriptions que le médecin mauricien lui avait recommandées, affirme Saïd Ahmed Zaki dans sa chronique de 1927.</em> <a href="#8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971"><em>Se trouvant dans son domaine de Ɓamɓao Mtsanga. </em> <a href="#10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff"><em>Le butin en question était constitué à la fois d’esclaves et de sommes d’argent que le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja devait au sultan Abdallah bin Salim, en contrepartie de l’aide militaire et des vivres que ce dernier lui avait fournis dans sa guerre.</em> <a href="#5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>Engagement d&#8217;Abdallah III concernant la protection des immigrants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 22:02:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte — Dans le souci de consolider ses relations avec les Britanniques, le sultan Abdallah bin Salim multiplie, depuis son accession au pouvoir à Ndzuani1, les gestes d’ouverture. Des intérêts britanniques sont d’ailleurs déjà présents sur l’île, à l’exemple des concessions sucrières accordées à l’ancien consul résident William Sunley.2 Dans une lettre adressée à Sir [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte</strong> — Dans le souci de consolider ses relations avec les Britanniques, le sultan Abdallah bin Salim multiplie, depuis son accession au pouvoir à Ndzuani</em><sup data-fn="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462" class="fn"><a id="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462-link" href="#3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462">1</a></sup><em>, les gestes d’ouverture. Des intérêts britanniques sont d’ailleurs déjà présents sur l’île, à l’exemple des concessions sucrières accordées à l’ancien consul résident William Sunley.</em><sup data-fn="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc" class="fn"><a id="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc-link" href="#778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc">2</a></sup><em> Dans une lettre adressée à Sir Bartle Frere, le souverain s’engage à accorder sa protection aux immigrants susceptibles de se trouver sur l’île de Ndzuani.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Ndzuani, le 8 mars 1873</em></p>



<p>« Monsieur,</p>



<p>J’ai l’honneur d’informer Votre Excellence que, à compter de ce jour, je m’engage à assurer à tous les immigrants dans cette île de Ndzuani les droits et privilèges des natifs libres de Ndzuani. Je m’engage en particulier à protéger toute personne qui serait secourue de l’esclavage par les bâtiments de la Marine de Sa Majesté Britannique, et qui serait autorisée, par ordre du Gouvernement de Sa Majesté, à résider dans cette île.</p>



<p>J’ai l’honneur d’être, etc. »<br><strong>SULTAN ABDALLAH</strong></p>



<p>À<br><strong>Sir Bartle Frere, G.C.S.I., K.C.B., etc.</strong><br>En mission spéciale à Zanzibar et Mascate</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. XIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1880)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462"><em>Abdallah III accède au trône de Ndzuani en 1855, à la mort de son père, le sultan Salim bin Alawi, qui entretenait déjà de bonnes relations avec les Britanniques</em>. <a href="#3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc"><em>Avant son décès, le sultan Salim bin Alawi avait accordé à Sunley une concession de quarante ans à Pomoni, au sud-ouest de l’île. Celle-ci couvrait une superficie de 280 hectares, s’étendant de la plaine de Pomoni jusqu’au massif forestier central. Entre 1855 et 1856, Sunley entame ses activités agricoles et industrielles, après avoir obtenu du souverain l’assurance d’un droit de jouissance foncière. Son domaine commence à prospérer à partir de 1860, principalement grâce à la culture de la canne à sucre. Sunley y avait également implanté des plantations de caféiers et de cocotiers.</em> <a href="#778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Mémorandum à l’attention de Byles concernant Ngazidja (1881)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 12:07:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
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		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains boutriers engagés dans le commerce d’esclaves, en complicité avec des Français établis à Maore, recourent à divers stratagèmes afin d’échapper aux poursuites britanniques.</p>



<p>Dans cette missive, Holmwood évoque un rapport dont un double a été remis au capitaine Mather Byles, commandant du <em>HMS Seagull</em>, lors de son départ pour Ndzuani et les îles Comores, le 1ᵉʳ septembre. Ce document se compose principalement de déclarations émanant « d’un sultan de Ngazidja [Abdallah bin Hamza de Ɓamɓao], récemment déposé par le fils d’un homme de Ndzuani résidant à Maore [Saïd Ali, fils de Saïd Omar], ce dernier étant sujet français et occupant, selon toute vraisemblance, une fonction officielle dans cette colonie. Chaque détail fourni a été confirmé par le vizir de ce sultan, ainsi que par le vizir d’un second sultan comorien évincé [un vizir de Msafumu wa Fefumu] par le même individu qui gouverne aujourd’hui l’île. »</p>



<p>Holmwood remet ce mémorandum à Byles en lui demandant d’obtenir, si l’occasion s’en présente, la version des faits de Saïd Ali concernant les événements liés aux récents bouleversements survenus à Ngazidja, tout en plaçant auprès de lui un interprète de confiance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum à l’attention du capitaine Byles, du navire de Sa Majesté <em>Seagull</em></h4>



<p>« Au cours des dernières années, cette île a été gouvernée par les sultans indigènes Msafumu<sup data-fn="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25" class="fn"><a id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25">1</a></sup> et le sultan Abdallah<sup data-fn="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea" class="fn"><a id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea">2</a></sup>. La succession, dans ce pays, se transmet par la ligne féminine, mais d’une manière particulière ; il suffit pratiquement de préciser qu’un sultan doit être soit le fils de la fille d’un sultan, soit l’époux de la fille d’un sultan.</p>



<p>Les principaux ports de l’île sont Mroni et Shinɗini. Dans le premier, les esclaves proviennent généralement de la côte du Mozambique ; du second, ils sont en règle générale expédiés vers Ndzuani et Maore. Ces esclaves semblent être invariablement des Makua, embarqués depuis la côte du Mozambique.</p>



<p>Ceux achetés à Ngazidja par des agents français sont formellement inscrits sur un registre auquel est annexé <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">un engagement promettant de les renvoyer à l’expiration d’une date fixée</a>. Il m’est indiqué qu’on ne connaît aucun cas où un esclave aurait effectivement été renvoyé, et il serait opportun d’enquêter sur ce point. S’agissant des esclaves achetés pour le sultan de Ndzuani à l’île de Ngazidja<sup data-fn="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516" class="fn"><a id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516">3</a></sup>, je n’entends parler d’aucun accord <em>pro forma</em> de ce type.</p>



<p>Il y a quelques mois, les deux sultans, Msafumu et le sultan Abdallah, ont été déposés par un certain Saïd Ali, fils d’un sujet français et petit fonctionnaire indigène résidant à Maore, nommé Saïd Omar. Le père et le fils entretiennent actuellement des relations étroites avec le sultan de Ndzuani.</p>



<p>Le sultan déposé, Abdallah, m’informe qu’il y a quelques années, il s’était entendu avec le sultan de Ndzuani pour autoriser le débarquement d’esclaves à Mroni et leur passage à travers l’île jusqu’à Shinɗini en vue de leur expédition. Pour cela, il recevait 500 dollars par an. Mais il y a environ un an, lui et Msafumu, ayant appris que le sultan de Zanzibar, qu’ils considèrent comme leur suzerain, avait interdit toute traite des esclaves, annoncèrent aux agents du sultan [de Ndzuani], Mohedin et Saïd Bakari<sup data-fn="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" class="fn"><a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link">4</a></sup>, maître du navire qui apporte les esclaves depuis la côte pour son compte, qu’ils ne pouvaient plus autoriser le débarquement d’esclaves.</p>



<p>À la suite de cela, Mohedin se rendit auprès de Saïd Ali, qui complotait depuis longtemps pour obtenir le sultanat de Mroni, et ils convinrent rapidement avec le sultan Abdullah [bin Salim] d’envoyer 400 hommes armés depuis Ndzuani, tandis que Mohamed Sidi, secrétaire indigène français de Maore, faisait envoyer, sous le commandement de son fils Salim, 60 hommes vêtus à l’européenne et s’exerçant à la manière française, pour prêter main-forte. Cette troupe attaqua soudainement les différentes localités et les maîtrisa rapidement. Msafumu est maintenant caché dans la brousse, et le sultan Abdallah est ici réfugié avec son vizir.</p>



<p>Les détails de cette affaire, toutefois, vous apparaîtront plus clairement après que vous aurez visité les lieux. J’envoie Salim, mon interprète, pour vous assister et servir d’interprète confidentiel.</p>



<p>Vous pourrez probablement, une fois sur place, vérifier ces déclarations, ainsi que celles que vous entendrez de Saïd Ali, l’actuel sultan de Mroni, qui, sans doute, donnera une version très différente de cette affaire. Saïd Ali parle français. À Shinɗini, un certain cheikh Uma<sup data-fn="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d" class="fn"><a id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d">5</a></sup> est sultan sous l’autorité de Saïd Ali. C’est un trafiquant d’esclaves notoire, et c’est dans son port que seraient embarqués tous les esclaves destinés à Ndzuani et Maore. Je ne pense pas, toutefois, que ces expéditions dépassent 150 individus par an pour chacune des deux îles.</p>



<p>Les autres ports de Ngazidja sont Mitsamihuli, Mbuɗe, Itsandraya et Ikoni. Il serait utile de déterminer leurs capacités en tant que mouillages.</p>



<p>Je dois mentionner que deux boutres sont actuellement engagés dans la traite des esclaves à Ngazidja. Le seul que je puisse identifier est celui de Mohamed bin Tayib, régulièrement affrété par le sultan Abdallah ou par son agent, Saïd Bakari, pour transporter des esclaves. Cet homme fut capturé avec son boutre par le navire de Sa Majesté <em>Thetis</em>, et fut détenu quelque temps dans le fort ici<sup data-fn="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" class="fn"><a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link">6</a></sup>.</p>



<p>D’après ce mémorandum, il semblerait qu’une violation grave des traités conclus respectivement entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Grande-Bretagne et Ndzuani</a> et entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/">Grande-Bretagne et Ngazidja</a> soit en train de se produire. Mais, compte tenu de toutes les circonstances, je pense qu’il serait judicieux, dans les deux endroits, de nous en tenir pour l’instant à une observation attentive et aux seules investigations que permet une visite ordinaire. J’annexe quelques notes qui pourraient vous être utiles dans le cadre de votre visite. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>



<p>« Treize mois se sont écoulés depuis que Hamed Simɓamwona [Simɓauma ?] est déclaré être arrivé à Mroni afin d’y acheter des esclaves pour le compte de M. Goda, de Maore. Il attendit l’arrivée du boutre de Saïd Bakari en provenance de la côte du Mozambique, et acheta cent esclaves. Ce Saïd Bakari effectue des voyages constants vers la côte, et accomplit également, en alternance, des traversées avec des esclaves makua destinés au sultan Abdallah, à Ndzuani.</p>



<p>Le <em>San Yusuf</em>, boutre appartenant à Muhammed bin Salim, de Maore, arborant les couleurs françaises entre Ngazidja et Maore, mais soupçonné d’amener à disparaître ce pavillon lorsqu’il se trouve sur la côte du Mozambique, arriva à Ngazidja il y a environ un an avec un marchand français dont le nom semblait être « Goda ». Il était accompagné d’un officier français portant une seule bande, et ils achetèrent 150 esclaves (dont 15 femmes seulement) pour un prix de 40 à 50 dollars chacun, et en embarquèrent une partie à bord du boutre. Ils furent entassés dans la cale et maintenus entravés pendant la nuit.</p>



<p>Les documents habituels furent signés, indiquant qu’ils seraient renvoyés après un délai déterminé, mais aucune déclaration de ce genre ne fut faite aux esclaves, toutes les parties concernées sachant qu’il s’agissait d’esclaves récemment débarqués de la côte du Mozambique, achetés au prix courant. On dit qu’au moins 50 de ces esclaves ne purent être transportés et furent placés sur la plantation d’Abdullah Felahi, où ils attendent encore leur embarquement. »</p>



<p><strong>FREDERIC HOLMWOOD.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>British and Foreign State Papers 1880-1881, Vol. LXXII., <em>Foreign Office (1888)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea"><em>Abdallah bin Saïd Hamza, sultan de Ɓamɓao.</em> <a href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516"><em>Entre le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani et le nouveau sultan Ntiɓe de Ngazidja, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4"><em>Dans la transcription anglaise, « Sayyid Bukhari ». Il s’agit de Saïd Bakari wa Mwinyi Mkuu de Mroni, propriétaire de boutres et impliqué dans la traite, ainsi que son demi-frère Mhuɗini wa Mwinyi Mkuu. Ce dernier est aussi un trafiquant d’esclaves notoire, travaillant de longue date pour le compte du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d"><em>Le vieux Uma Ɗari, sultan de Mbadjini.</em> <a href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98"><em>Dans le fort de Zanzibar</em> <a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>Mis en esclavage par Saïd Ali : témoignage de Juma Waɗi Hasan</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 18:00:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Juma Waɗi Hasan]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohammed bin Masud]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
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		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Juma Waɗi Hasan et à Mohammed bin Masud s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 20 décembre 1883, un boutre du nom de <em>Salamati</em>, battant pavillon zanzibari, fut intercepté par Percy Luxmoore, officier supérieur de la Marine britannique et commandant du navire de Sa Majesté <em>London</em>. Il appartenait à Msellim bin Ali. À son bord se trouvaient deux esclaves — un homme et une femme — originaires de Zanzibar.</p>



<p>Or, le même boutre avait déjà fait l’objet d’un signalement par une esclave nommée Shihuji<sup data-fn="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0" class="fn"><a id="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0-link" href="#6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0">1</a></sup>. Un autre esclave, Juma Waɗi Hasan, s’était également plaint auprès du tribunal du consul général de Sa Majesté à Zanzibar, accusant directement Mohammed bin Masud, l’un des passagers dudit navire. S’ouvrirent alors les audiences des protagonistes. Nous présentons ici leurs déclarations ainsi que les notes consignées dans les procès-verbaux.</p>



<p>Cette affaire illustre la recrudescence du trafic d’esclaves dans l’archipel, favorisée par le système des « engagés » instauré par les Français et par les penchants esclavagistes du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja, de son père, du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani, ainsi que de plusieurs notables locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Juma Waɗi Hasan :</h2>



<p class="has-text-align-right"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar</em><sup data-fn="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6" class="fn"><a id="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6-link" href="#593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6">2</a></sup></p>



<p>« Je suis esclave de Shehiri Mohammed bin Amer. Je me suis enrôlé dans la troupe de Kara Hadji<sup data-fn="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d" class="fn"><a id="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d-link" href="#b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d">3</a></sup> pour Ngazidja, après que le nouveau [sultan] Saïd Ali m’eut demandé de venir à Mroni<sup data-fn="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44" class="fn"><a id="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44-link" href="#a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44">4</a></sup>, en nous promettant protection jusqu’à notre retour à Zanzibar. Nous avons refusé, à moins qu’il n’envoie un drapeau blanc par son jemadar. Après quelques jours, il envoya le jemadar avec un drapeau blanc, disant :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Je vous promets que personne ne vous molestera, car il y a la paix. »</p>
</blockquote>



<p>Nous nous rendîmes donc à Mroni, escortés par le porteur du drapeau blanc, mais à peine entrés dans la ville, nous fûmes saisis, ligotés et enfermés ensemble dans une grande hutte. Le lendemain matin, chaque homme reçut quinze coups de <em>ɓakora</em><sup data-fn="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3" class="fn"><a id="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3-link" href="#c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3">5</a></sup> sur le dos. Après quelque temps, tous — sauf l’esclave de Mohammed bin Hasan — furent emmenés dans un <em>shamba</em> (plantation) situé au-dessus de Mroni, où nous travaillions chaque jour pour Saïd Ali.</p>



<p>Quand la famine fut à son comble, beaucoup d’entre nous moururent de faim, mais Saïd Ali ne nous donna aucune nourriture et nous força à continuer le travail. Par la suite, nous fûmes ramenés en ville, et Saïd Ali déclara :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« J’attends l’arrivée du boutre pour vous vendre aux Français<sup data-fn="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f" class="fn"><a id="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f-link" href="#3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f">6</a></sup>. »</p>
</blockquote>



<p>Toute la ville en fut informée, et à chaque arrivée de boutre, Mohammed bin Masud<sup data-fn="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7" class="fn"><a id="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7-link" href="#137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7">7</a></sup> demandait aux capitaines d’accepter une charte, mais tous refusaient, craignant d’être capturés par les Anglais ou par Saïd Barghash<sup data-fn="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9" class="fn"><a id="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9-link" href="#9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9">8</a></sup>. Cet homme, Mohammed bin Masud, était de petite taille, avec une barbe noire très fournie. Il était venu pour négocier notre achat au nom de certains planteurs, mais nous ne sûmes jamais quel prix avait été payé pour nous.</p>



<p>Lorsque Saïd Ali eut fini de nous vendre, Mohammed Masud tenta de convaincre l’un des boutres de se rendre à Maore pour y porter ses lettres, car les trois boutres français avaient déjà embarqué leurs cargaisons d’« engagés » et ne devaient pas revenir. Aucun ne voulut prendre ses lettres, mais il finit par en trouver un qui accepta, toutefois il ne les porta que jusqu’à Mwali, d’où le Nahoza<sup data-fn="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea" class="fn"><a id="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea-link" href="#4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea">9</a></sup> les renvoya, disant qu’il craignait de s’impliquer dans cette affaire.</p>



<p>Mohammed Masud envoya alors la baleinière du sultan Abdallah de Ndzuani à Maore, avec des lettres. Peu de temps après, le boutre d’Awathi<sup data-fn="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14" class="fn"><a id="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14-link" href="#7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14">10</a></sup> arriva à Mroni avec cinquante <em>djunia</em> [sacs] de riz et plusieurs caisses de piastres françaises. Ces biens furent remis à Saïd Ali comme prix de soixante d’entre nous qu’il avait vendus. Nous étions les plus forts et les plus vigoureux du groupe. Saïd Ali convoqua immédiatement les anciens d’Itsandraya<sup data-fn="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4" class="fn"><a id="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4-link" href="#b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4">11</a></sup> et de Mbadjini (ceux qui restaient), et leur dit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Prenez chacun un tiers du riz comme argent, prix de ces gens de Zanzibar, et partagez-le entre vous en compensation des pertes que vous avez subies. »</p>
</blockquote>



<p>Les anciens refusèrent tous, disant que cette affaire apporterait des malheurs pires encore que la vente de la famille de Msafumu en esclavage, car nous étions tous soit des affranchis des Anglais, soit des gens de Saïd Barghash. Alors Saïd Ali prit les cinquante sacs de riz, y ajouta du grain qu’il acheta, et l’envoya à Itsandraya et à Mbadjini, le distribuant de maison en maison, afin qu’on ne pût dire qu’il avait gardé l’argent.</p>



<p>[Le boutre] Awathi avait remplacé son pavillon de Zanzibar par un drapeau français. Il nourrissait une vive rancune contre le sultan [Barghash] et les Anglais, et il descendit sur la plage où nous étions alignés, attachés par des cordes de sorte que nous ne pouvions bouger. Il prit un lourd <em>ɓakora</em> et, commençant par le premier, frappa chacun d’entre nous avec brutalité — à la tête, aux bras et aux jambes — tout en insultant les Anglais qui avaient poursuivi son boutre, disant :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Vous verrez qu’il n’y aura aucun secours pour vous délivrer de l’esclavage où vous allez, et ni Saïd Barghash ni les chiens d’Anglais n’oseront arrêter mon boutre maintenant que je suis sous pavillon français. »</p>
</blockquote>



<p>Il y avait trois Français : deux maigres et un très gros, au ventre énorme<sup data-fn="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c" class="fn"><a id="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c-link" href="#21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c">12</a></sup>. C’était l’homme du <em>Sirkal</em> (gouvernement<sup data-fn="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e" class="fn"><a id="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e-link" href="#61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e">13</a></sup>). On l’appelait « M. Falfeh ». Nous fûmes conduits devant lui, et il nous demanda si nous consentions à aller à Maore pour travailler dans les <em>shambas</em> des Européens, pour un salaire de 2,5 dollars par mois. Nous répondîmes que nous ne voulions pas y aller, que nous n’étions pas esclaves, et que si les Anglais apprenaient que Saïd Ali nous avait réduits en esclavage, ils le puniraient. Nous ajoutâmes que nous ne pouvions refuser d’être embarqués, car Saïd Ali avait menacé de tous nous tuer si nous résistions, mais que nous l’avertissions que, si un navire de guerre britannique interceptait le boutre, nous nous plaindrions d’avoir été vendus en esclavage contre notre volonté.</p>



<p>Mohammed bin Masud traduisait pour nous. Abdullah Aɓuɗu, l’interprète du <em>Sirkal</em>, était présent, mais n’agissait pas comme interprète. Ceux d’entre nous qui étaient des hommes libres sous la protection du consul britannique dirent qu’on violait la loi anglaise en les réduisant en esclavage, mais on leur ordonna de se taire. Mohammed bin Masud dit au Français que ces paroles nous avaient été apprises par un ou deux mauvais sujets parmi nous, et qu’une fois à bord du boutre, il se chargerait de dire que nous consentions volontairement à partir.</p>



<p>Nos noms furent inscrits sur un papier, mais nous ne signâmes pas, ni ne fîmes de marques. Nous ne fûmes plus liés ensuite, mais enfermés dans une maison en pierre — celle du commis et gendre d’Abdallah Fellahi. La maison était gardée jour et nuit par des soldats de Ndzuani. Nous y restâmes douze jours, et chaque jour des chèvres étaient abattues pour nous, comme pour tous les esclaves vendus aux Français. Puis nous fûmes conduits sur la plage, et Abdullah Fellahi vint dire qu’il y avait déjà trente esclaves de Ngazidja à bord, et qu’il n’y avait de place que pour trente d’entre nous.</p>



<p>On en choisit trente parmi nous, et au moment où ils furent envoyés à bord du boutre d’Awathi, on demanda à chacun s’il comprenait le travail qu’il allait faire. Tous répondirent comme auparavant, mais rien ne fut traduit à l’officier français, qui se contenta d’acquiescer de la tête à chaque passage.</p>



<p>J’avais été choisi, étant fort et en bonne santé, mais je dis au commis d’Abdallah Fellahi que je refusais d’y aller, et que si l’on me forçait à monter à bord, je saisirais la première occasion de me plaindre aux autorités françaises. Il en parla à Mohammed Masud, disant qu’il serait peut-être plus prudent de me laisser, mais qu’il veillerait à ce que j’en souffre. Les trente autres furent alors ramenés, et on nous dit de ne pas espérer nous en tirer, car le boutre d’Awathi ou un autre navire reviendrait bientôt pour nous. Mes compagnons furent renvoyés travailler au <em>shamba</em>, en attendant un autre navire.</p>



<p>Pour ma part, je fus remis comme esclave à Ɓukher Hamaɗi<sup data-fn="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9" class="fn"><a id="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9-link" href="#86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9">14</a></sup>, le commis de Said Ali.<br>Il me faisait exécuter des tâches de femmes, en plus de couper du bois, et me battait chaque jour avec une sandale, parfois aussi avec un <em>ɓakora</em>. Il m’obligeait à travailler nu et ne me permettait pas de porter de vêtements, même dans la maison. Peu après, le boutre de Khamis bin Mbarak entra au port — Ɓakari, mon frère, y était marin. Il me vit à terre et convint de me donner un signal au moment du départ du navire. À minuit, avant qu’ils ne lèvent l’ancre, je reçus le signal, me glissai dehors et nageai jusqu’au boutre. Mon frère me cacha sous des ballots de fil de coco. Nous arrivâmes ainsi à Zanzibar. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Liste des esclaves acquis à Mroni et dans d’autres localités de Ngazidja, le <a href="https://beshelea.com/calendriers-aux-comores/">20 Rajab 1300</a> [27 mai 1883].</h5>



<p><em>Tel que écrit dans le ɗaftar [registre] trouvé avec Mahommed bin Masud :</em></p>



<figure class="wp-block-table is-style-regular"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><th class="has-text-align-left" data-align="left"></th><th>Noms des Nyamwezi :</th><th></th><th></th><th>Des esclaves ont été vendus par :</th><th></th></tr></thead><tbody><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Musa</td><td>Ulaiɗi</td><td>Également trois boutres</td><td></td><td>Shalam</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Suɗi</td><td>Salmin</td><td><strong>Des esclaves ont été vendus par :</strong></td><td></td><td>Abdullah Murhaj</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Matano</td><td>Juma</td><td>Ali Sham</td><td><strong>1</strong></td><td>Abubakr bin Abdurahman</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Majaliwa</td><td>Hasan M.</td><td>Mohedin bin Sultan<sup data-fn="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae" class="fn"><a id="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae-link" href="#1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae">15</a></sup></td><td><strong>2</strong></td><td>Abdurrahman bin Mohammed</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma Waɗi</td><td>Khamis</td><td>Samɓauma</td><td><strong>1</strong></td><td>Seif bin Masud</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Ɓaraka</td><td>Seɗi</td><td>Mze bin Wazir</td><td><strong>1</strong></td><td>Ɓwanaheri bin Hasan</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma</td><td>Othman</td><td>Sloohu Wafabr</td><td><strong>1</strong></td><td>Mze Aɗa bin Minju</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Maukaɓa</td><td>Almasi</td><td>Abdu Malem</td><td><strong>3</strong></td><td>Mohamed bin Juma</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Kuleen</td><td>Saɗalla</td><td>Wazir bin Maftray</td><td><strong>1</strong></td><td>Abdallah bin Ahmed bin Othman</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Hasan</td><td>Nasiɓi</td><td><strong>Ceux de la Maison de Djihadi ayant vendu des esclaves :</strong></td><td></td><td>Fatuma binti Saliman</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Saeed</td><td>Mashaka</td><td>Ɓakar</td><td><strong>3</strong></td><td>Mze Azi</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khamis</td><td>Mlaiɗi</td><td>Abdallah bin Ali</td><td><strong>1</strong></td><td>Mohammed bin Miraji</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Sururi</td><td>Gim</td><td>Djumɓe Yakuni</td><td><strong>1</strong></td><td>Saidina bin Saïd Omar<sup data-fn="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc" class="fn"><a id="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc-link" href="#8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc">16</a></sup></td><td><strong>6</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Neeni</td><td>Wasin</td><td>Abdallah bin Saleh</td><td><strong>1</strong></td><td>Ahmed wa Fefumu</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Fataki</td><td>Almose</td><td>Mohammed bin Hasan</td><td><strong>2</strong></td><td>Simɓa Jumba</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Ibrahim</td><td>Mye Ɓakari</td><td>Abdurahman Kombo</td><td><strong>1</strong></td><td>Saleh bin Mohammed</td><td><strong>7</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"><strong>15<br>14<br>__<br>49<br>135<br>__<br>184</strong></td><td>Waɗi Njinga</td><td>Ali bin Saliman</td><td><strong>2</strong></td><td>Awathi<sup data-fn="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d" class="fn"><a id="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d-link" href="#ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d">17</a></sup></td><td><strong>5</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Mnoobi</td><td>Marjan</td><td> Saleh Koliba</td><td><strong>1</strong></td><td>Sultan Ntiɓe Mbamba</td><td><strong>50</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Mɓurak</td><td>Maɓruki</td><td>Hasun bin Fumbamba</td><td><strong>1</strong></td><td>Djumɓe Fumu Um</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khuri</td><td>Mze Omar</td><td>Maɗihali</td><td><strong>1</strong></td><td>Mɗwahoma Ntiɓe</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Maktuɓu</td><td>Uleiɗi</td><td>Hamaɗi bin Othman</td><td><strong>4</strong></td><td>Saïd Ɓakar bin Sultan<sup data-fn="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5" class="fn"><a id="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5-link" href="#afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5">18</a></sup></td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khamis</td><td>Hasan Omar</td><td>Mohammed bin Hamed</td><td><strong>1</strong></td><td>Swafaini</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Kasan</td><td>Risasi</td><td></td><td><strong>33<br>102<br>__<br>135</strong></td><td>Abdallah bin Sakhi</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma</td><td>Abdallah</td><td></td><td></td><td>Saleh bin Saïd</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Nasser</td><td></td><td></td><td>Wameh binti Abdallah</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Waɗi Hasan</td><td></td><td></td><td></td><td><strong>__<br>102</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Nasiɓ</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Faraj</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Maɓruki</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Juma</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Ɓaruti</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Waɗi Nasiɓ</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Mwinye Waɗi</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Omar</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td><strong>34</strong></td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr></tbody></table></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Poursuite de l’interrogatoire :</h3>



<p>« Tous ceux-là étaient mes compagnons. La plupart, au moment où les soixante premiers d’entre nous furent vendus, étaient trop malades pour être déplacés.<br>Beaucoup étaient des esclaves affranchis par le consul anglais et confiés à la mission anglaise (liste relue une seconde fois).</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Uleɗi, Salmin et Juma se trouvaient à la Mission universitaire de Mkunazini<sup data-fn="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f" class="fn"><a id="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f-link" href="#cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f">19</a></sup>.</li>



<li>Hasan venait de Mɓweni<sup data-fn="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840" class="fn"><a id="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840-link" href="#8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840">20</a></sup> ; c’était un grand ami à moi.</li>



<li>Khamis, Saɗalla, Nasibu, Mashaka, Uleɗi et Wasin, tous libres sous protection anglaise, se trouvaient à la mission de Mkunazini.</li>



<li>Musa, Suɗi et Majaliwa étaient à la mission de Mɓweni.</li>



<li>Parije venait de Mkunazini : il avait menacé d’écrire au consul anglais, et c’est pourquoi on ne l’avait pas inclus dans le premier envoi, bien qu’il ne sût pas vraiment écrire.</li>



<li>Faki, Khamis, Hasan et Juma, je crois, étaient à la mission de Mkunazini. Cet homme n’a pu être envoyé à Maore, car je l’ai revu à Zanzibar : il m’a dit qu’il s’était échappé. Aucun d’eux ne savait écrire en anglais, ni ne prétendait le parler.</li>



<li>Abdullah, qui avait été embarqué parmi les trente premiers, avait été instituteur à l’école de la Mission. Il parlait bien l’anglais, mais avait oublié comment écrire. Je le sais par un nommé Konop, un grand ami à moi. C’est lui qui avait rédigé la pétition que vous avez reçue lors de votre visite à Ngazidja à bord du <em>Sultani</em>. Sa femme était maîtresse d’école à l’établissement de l’évêque Steere à Zanzibar. Il écrivait parfaitement l’anglais, mais mourut malheureusement, juste avant la maladie contractée durant le temps où nous étions esclaves au <em>shamba</em>.</li>



<li>Le Majaliwa mentionné dans la liste n’était pas Konop, car le nom indigène de Konop était Majaliwa. »</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Mohammed bin Masud Albusaïd :</h2>



<p class="has-text-align-right"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar, 26 décembre 1883</em></p>



<p>« Je suis né à Maore, mais je suis venu assez jeune à Zanzibar, où j’ai longtemps vécu comme sujet du Sultan. Cependant, depuis près de vingt ans, je réside à Maore et suis depuis lors sujet français. Je suis venu plusieurs fois à Mroni pour servir d’interprète aux planteurs français. Je n’ai aucun lien avec le gouvernement colonial, mais j’agis comme courtier ainsi qu’interprète pour les Français qui se rendent à Ngazidja pour y faire des achats.</p>



<p>J’étais à bord du boutre de Msellim bin Ali lorsqu’il transporta des « engagés » à Maore. Cela fait trois mois et six jours que le bâtiment a quitté Mroni avec 178 « engagés ». Ils étaient principalement originaires de Ngazidja, mais il y avait parmi eux plusieurs hommes de Zanzibar et de Mrima<sup data-fn="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c" class="fn"><a id="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c-link" href="#446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c">21</a></sup>. Je suis monté à bord avec les « engagés » à Mroni, où j’avais été engagé depuis quelque temps comme interprète. Dans ce cas précis, j’avais été recruté par M. Villéon comme interprète pour son lot d’« engagés ».</p>



<p>Les Français présents sur le navire étaient Valareit, Délégué de l’Administration, accompagné de son interprète Mohammed Abuɗu, et M. Téri, gérant de la Compagnie de la Grande Comore. Mon rôle consistait à traduire lors du recrutement des travailleurs à terre. M. Valreit rédigeait les papiers ; il était assisté de Mohammed Abuɗu, mais le Commandant ne lui permettait pas de signer aucun document : tout ce qu’il disait, M. Valreit l’écrivait. Selon la loi française, le fait d’inscrire un « engagé » sur un papier suffit à en faire un travailleur libre. Il n’est plus esclave et, peu importe comment on l’appelle, il est « libré » selon la loi française, et à Maore, cela suffit pour que les planteurs s’en contentent.</p>



<p>Je n’ai jamais reçu de lettres de Saïd Omar<sup data-fn="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655" class="fn"><a id="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655-link" href="#4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655">22</a></sup>, ni entendu dire que le sultan Abdallah<sup data-fn="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f" class="fn"><a id="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f-link" href="#24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f">23</a></sup> de Ndzuani ait passé un contrat pour des esclaves ou des « engagés ». Il y a plusieurs lettres dans ma boîte ; si vous y trouvez quoi que ce soit de ce genre, vous pouvez les garder. Mes lettres et mes papiers, à l’exception de quelques-uns que m’a confiés Abdallah bin Ali, concernent uniquement mes affaires personnelles et n’ont aucun lien avec des esclaves ni avec la traite. Vous êtes libre d’examiner mes papiers et de prendre tout ce qui concernerait la traite. »</p>



<p><em><strong>Note.</strong> — La boîte de ce témoin a donc été ouverte au tribunal, en sa présence, et les papiers examinés avec son consentement. Il a désigné le dernier livre de comptes et déclaré qu’il n’y avait aucune mention relative ni à des esclaves ni à des « engagés ». Sur l’un des papiers, toutefois, on a trouvé une longue liste censée être celle des esclaves obtenus à Mroni le 20 Rajab 1300.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Interrogatoire poursuivi :</strong></h5>



<p>« Ma boîte est en ordre. Je n’ai eu aucune objection à remettre la clé au Malim<sup data-fn="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9" class="fn"><a id="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9-link" href="#df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9">24</a></sup>, sachant que l’argent serait en sécurité et qu’elle ne contenait rien concernant des esclaves. J’ai vérifié l’argent, tout est correct.</p>



<p>La page de mon <em>ɗaftar</em> que vous montrez est une liste des « engagés » embarqués sur le boutre de Msellim bin Ali. J’avais été recruté comme interprète de M. Téri pour cette opération. Je me suis d’abord rendu auprès de Saïd Ali pour lui exposer nos besoins, puis je suis allé chercher des gens. Comme il y avait eu récemment trois grands envois d’« engagés » vers Maore, les candidats étaient rares, et il m’a fallu plusieurs jours pour réunir le nombre requis. M. Téri ne voulait pas embarquer les esclaves swahilis — dont nous avons finalement pris quarante-neuf — car leur propriétaire craignait de les envoyer, étant donné qu’ils étaient sujets du Sultan de Zanzibar et avaient été détenus par Saïd Ali.</p>



<p>Cependant, le directeur régla rapidement la question en lui montrant qu’ils devenaient désormais des « engagés » légaux dès lors qu’ils étaient inscrits sur sa liste, et il affirma aux propriétaires que ni les Anglais ni le Sultan n’oseraient intervenir. J’ai servi d’interprète pour le directeur, car je parlais swahili. Chaque personne défilait et je demandais : « Connaissez-vous les termes de votre engagement, à savoir aller travailler sur les plantations de la Compagnie de la Grande Comore pendant cinq ans pour un salaire de 2,5 dollars par mois ? » Chacun répondait : « Oui », son nom était alors inscrit par M. Valreit sur le registre, et il était envoyé à bord. En raison des délais à réunir le nombre requis, plusieurs ont réussi à s’enfuir, mais je crois que le nombre de gens de Zanzibar finalement embarqués était de quarante-neuf.</p>



<p>Saïd Omar n’a rien à voir avec le recrutement des « engagés » ; il a un certain lien avec la délivrance des laissez-passer à Maore, mais je n’en sais rien.<br>Je n’ai jamais entendu dire que le sultan Abdallah de Ndzuani ait envoyé des « engagés » à Maore ni qu’il ait reçu un paiement pour chaque esclave. Saïd Omar ne m’a jamais écrit à ce sujet — en vérité, je n’ai jamais reçu de lettre de lui de ma vie et je lui ai à peine parlé. Vous feriez mieux de fouiller ma boîte si vous doutez de ma parole. N’ai-je pas juré sur le Coran de ne dire que la vérité ?</p>



<p>Je ne possède aucun esclave et n’en ai jamais acheté ; c’est strictement interdit à Maore. Même nous, Arabes, devons présenter nos concubines à l’officier et les enregistrer tous les cinq ans comme « engagées ». Saïd Omar ne m’a jamais donné d’instruction concernant Saïd Ali, ni écrite ni verbale. J’affirme qu’il ne m’a jamais écrit une seule fois. »</p>



<p><em><strong>Note.</strong> — La boîte du témoin fut alors fouillée, et, en plus d’un certain nombre de lettres cachetées destinées à Zanzibar, on trouva un petit paquet de lettres ouvertes dissimulées dans le couvercle arrière. Le témoin semblait avoir oublié le contenu de ces vieilles lettres, car il pria l’interprète de les lire à voix haute au fur et à mesure qu’elles étaient dépliées. En une demi-heure, trois lettres furent traduites, puis montrées au témoin qui, découvrant que deux provenaient de Saïd Omar et qu’une concernait un esclave qu’il avait acheté à Mroni — mais qui s’avérait être manifestement un musulman libre — changea complètement d’attitude : son air assuré et jovial fit place à un profond embarras.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Interrogatoire poursuivi :</strong></h5>



<p>« Vous avez les lettres, comment pourrais-je les nier ? Je pensais avoir détruit tout cela avant de partir, mais c’est mon destin (ma malchance). En vérité, je suis pris au piège. J’ai bien servi les Français, mais la jalousie des scribes arabes (<em>Karanis</em>) m’a toujours nui, et je n’ai jamais eu la chance de toucher le salaire du <em>Sirkal</em> (le gouvernement). Si ce boutre est confisqué, je serai ruiné, car Saïd Omar avait garanti au propriétaire qu’il ne subirait aucun tort.</p>



<p>Je n’ai pas dit la vérité en affirmant que les « engagés » n’avaient pas été achetés par les Français, mais il est vrai que chacun d’eux a déclaré « j’ai accepté » avant que le directeur ne l’inscrive sur la liste. Ce n’était pas difficile, car les Français se fient à la parole de l’interprète, et bien que le Commandant soit très <em>kali</em> (strict), il exige seulement que les papiers soient en règle.</p>



<p>Il est vrai que Saïd Ali a vendu presque tous les travailleurs valides, y compris de nombreux Wangazidja qui ne survivront pas longtemps à Maore. Je sais qu’il a reçu de grandes caisses remplies de pièces de 5 francs, ainsi que plusieurs milliers de sacs de riz des planteurs. Ce n’était pas mon affaire : j’étais payé par le gérant des plantations, et je les ai servis fidèlement, mais ils étaient très <em>shoyo</em> (cupides), et les scribes français empochaient la plus grande part des bénéfices.</p>



<p>Avant mon départ, le Commandant refusa définitivement d’accorder le pavillon français à Saïd Ali. Les habitants, et même son propre père, lui conseillèrent de refuser, craignant que cela ne ruine leurs affaires. Ils le lui conseillèrent parce que le Commandant est très sévère et punit même ses amis si leurs papiers ne sont pas <em>« en règle »</em>.</p>



<p>Les deux compagnies ont acheté environ 700 personnes de Ngazidja cette année, en plus des deux contrats passés avec le sultan Abdallah. Nous avons entendu parler de votre affranchissement des esclaves à Mwali. Le sultan Abdallah bin Hamza perdra la vie pour avoir livré la fille de Ngazidja<sup data-fn="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499" class="fn"><a id="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499-link" href="#4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499">25</a></sup> entre vos mains.<br>Saïd Omar donna aussitôt l’ordre au sultan Abderrahman de l’arrêter et de le remettre au sultan de Ndzuani, et nous savons ce que cela signifie. Les autres chefs de Ngazidja qui avaient aidé les Anglais sont tous morts dans l’année.</p>



<p>J’ai reçu une autre lettre de Saïd Omar, arrivée par le boutre de Msellim : elle m’ordonnait, compte tenu des circonstances, de rassembler le meilleur lot possible, et, si nécessaire, d’accepter de Saïd Ali les prisonniers Wanyamwezi. J’ai détruit cette lettre. Vous pouvez garder les lettres, mais je vous prie de ne pas les montrer au Sultan. Je ne sais rien des gens actuellement à bord, sauf Mohammed bin Sheikh, le gendre de Saïd Omar. J’ignore le but de sa venue ici. Il s’est querellé avec Saïd Ali à Mroni.</p>



<p>Je ne puis rien dire de l’autre lettre ; vous l’avez, et elle me compromet. La lettre adressée à Abdullah bin Masud m’était destinée. Je promets de me présenter à nouveau à tout moment si l’on m’appelle. »</p>



<p><em>Lire ici la <a href="https://beshelea.com/said-omar-bin-said-hasan-1883/">Lettre de Saïd Omar wa Saïd Hasan à Mohammed bin Masud</a></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Msellim bin Ali, Arabe Suri<sup data-fn="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb" class="fn"><a id="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb-link" href="#0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb">26</a></sup></h2>



<p class="has-text-align-right"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar, 21 décembre 1883</em></p>



<p>« Le boutre m’appartient. Il s’appelle <em>Salamati</em>. J’ai embarqué 32 passagers masculins et 3 passagères à Mroni. J’ai quitté Maore avec du sucre et 5 passagers indiens. Je suis passé par Mroni et Mitsamihuli.</p>



<p>Mon précédent voyage était un affrètement de Maore à Mroni et retour, avec des « engagés ». J’en ai transporté entre 170 et 180. Ils étaient tous originaires de Ngazidja. J’ai reçu 400 dollars de fret pour ce voyage. Il y avait deux Français à bord. Aucun ne portait d’uniforme.</p>



<p>J’avais d’abord refusé d’accepter l’affrètement, mais les officiers français sont venus me voir et m’ont informé que je recevrais des papiers du <em>Sirkal</em> qui garantiraient la sécurité de mon navire, même s’il venait à être arraisonné par les Anglais. Je n’aimais pas cette affaire, même alors, mais ils m’ont offert le double du fret habituellement payé. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">Abolition de l&rsquo;esclavage aux Comores : ordonnance du 9 décembre 1846</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1884-85, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (november 1885)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0"><em>Son maître était un Arabe suri nommé Abdullah bin Ali, qui se trouvait être un proche de Msellim bin Ali.</em> <a href="#6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6"><em>Bien qu’il ait été entendu en décembre 1883, la date exacte n’a pas été précisée.</em> <a href="#593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police de Saïd Barghash.</em> <a href="#b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44"><em>Juma Waɗi Hasan et ses compagnons se trouvaient alors à Itsandraya Mdjini.</em> <a href="#a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3"><em>Ɓakwera : littéralement canne de marche en bois. Terme utilisé ici pour désigner les coups de bâton.</em> <a href="#c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f"><em>Les Français occupaient alors l’île de Maore. La transaction s’effectuait selon le système esclavagiste mis en place par la France, dit des « engagés ».</em> <a href="#3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7"><em>Mohammed bin Masud Albusaid, Arabe originaire de Maore, partit très jeune pour Zanzibar. Il revint plus tard dans son île natale et devint interprète auprès des planteurs français acheteurs d’esclaves « engagés » dans l’archipel, notamment sur l’axe Maore–Ngazidja.</em> <a href="#137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9"><em>Le sultan de Zanzibar.</em> <a href="#9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea"><em>Capitaine d&rsquo;un bateau, en shiKomori.</em> <a href="#4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14"><em>Appartenant à Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi, un Moronien très impliqué dans le trafic d’esclaves</em>. <a href="#7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4"><em>Les partisans de Ntiɓe Mbamba.</em> <a href="#b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c"><em>Selon une déclaration de Masud, étaient concernés : « M. Villéon (directeur des Habitations de la Compagnie des Comores), M. Velroit (délégué de l’Administration) et M. Téri (directeur de la Compagnie de la Grande Comore) ».</em> <a href="#21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e"><em>Il s’agissait des représentants du gouvernement français, c’est-à-dire des autorités occupant Maore.</em> <a href="#61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9"><em>Ɓuku Hamaɗi</em> ? <a href="#86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae"><em>Mohedin wa Mwinyi Mkuu.</em> <a href="#1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc"><em>Petit frère de Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d"><em>Pour plus de clarté, Masud employait le nom du boutre pour désigner son propriétaire, Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi.</em> <a href="#ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5"><em>Saïd Ɓakar wa Mwinyi Mkuu.</em> <a href="#afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f"><em>Mkunazini est un quartier historiquement important situé à Stone Town (Mji Mkongwe), à Zanzibar.</em> <a href="#cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840"><em>Mɓweni est une localité située sur l’île d’Unguja, dans l’archipel de Zanzibar.</em> <a href="#8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c"><em>Il s’agissait d’Africains originaires du continent. Mrima désigne la côte est-africaine faisant face à l’archipel de Zanzibar.</em> <a href="#446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655"><em>Saïd Omar wa Saïd Hasan, père de Saïd Ali.</em> <a href="#4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f"><em>Abdallah bin Salim.</em> <a href="#24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9"><em>Littéralement « maître », le terme est ici utilisé pour désigner le juge.</em> <a href="#df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499"><em>Il s’agit de Mariama Hali, réduite en esclavage par Saïd Ali. En cours de route, elle fut récupérée et protégée à Mwali par le sultan Abdallah bin Hamza, alors en exil sur cette île. Il la confia à l’Anglais Frederik Holmwood, afin qu’elle puisse rejoindre son oncle Mwenyi Husein à Zanzibar.</em> <a href="#4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb"><em>Du mot « Surriyya ». Dans la zone swahilie, un Arabe dit « Suri » désignait une personne dont le père était arabe et dont la mère était une concubine non arabe, souvent d’origine servile.</em> <a href="#0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">Mis en esclavage par Saïd Ali : témoignage de Juma Waɗi Hasan</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lettre de Saïd Omar wa Saïd Hasan à Mohammed bin Masud</title>
		<link>https://beshelea.com/said-omar-bin-said-hasan-1883/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 12:05:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed bin Masud]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Omar wa Saïd Hasan]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Malgré l’abolition officielle de l’esclavage à Maore, les autorités françaises, nouvellement installées sur l’île, mirent en place parallèlement un système de travail forcé dit des « engagés », destiné à servir les intérêts des colons planteurs. Cette politique eut pour première conséquence de relancer le trafic d’esclaves dans l’ensemble de l’archipel et dans [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte : </strong>Malgré <a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">l’abolition officielle de l’esclavage</a> à Maore, les autorités françaises, nouvellement installées sur l’île, mirent en place parallèlement un système de travail forcé dit des « engagés », destiné à servir les intérêts des colons planteurs. Cette politique eut pour première conséquence de relancer le trafic d’esclaves dans l’ensemble de l’archipel et dans la région.</em></p>



<p><em>Certains notables locaux profitèrent de la situation pour en tirer avantage, à l’image du vieux prince Saïd Omar wa Saïd Hasan de Ndzuani, exilé à Maore, francophile et dévoué à la cause coloniale, ainsi que de son fils Saïd Ali wa Saïd Omar, alors sultan de Ngazidja. La lettre adressée au courtier et interprète Mohammed bin Masud illustre la nature et l’ampleur de leur implication dans ce commerce d’êtres humains.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Maore, 1883</em><sup data-fn="300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee" class="fn"><a id="300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee-link" href="#300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee">1</a></sup></p>



<p>« Votre lettre, très intéressante et importante, m’est bien parvenue, et que Dieu veuille que vous puissiez mener toutes vos affaires selon vos désirs. La personne à qui vous aviez confié votre lettre s’est attardée plusieurs jours en route<sup data-fn="c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c" class="fn"><a id="c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c-link" href="#c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c">2</a></sup>, et il ne reste à présent que six jours avant le départ du navire, ce qui m’ennuie beaucoup, car il sera impossible d’achever vos affaires à temps.</p>



<p>Cependant, toutes les choses seront envoyées par les mains de Mohammed bin Abderrahman. Même le riz, je ne puis l’expédier avant ce moment-là, car j’avais déjà achevé de charger le navire avec les marchandises des Européens<sup data-fn="ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6" class="fn"><a id="ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6-link" href="#ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6">3</a></sup> avant que votre lettre ne m’arrivât. Mais vous savez qu’ils sont tous de notre côté ; en vérité, j’ai moi-même un petit intérêt dans leur entreprise.</p>



<p>Et maintenant, je vous prie instamment d’avertir Saïd Ali de ne rien changer ni revenir sur aucun de mes contrats ou promesses faits aux Européens ; et si un autre Français arrivait, désireux d’acheter des esclaves, dites à Ali qu’aucun de ceux dont j’ai déjà convenu ne doit leur être vendu, quel que soit le prix offert. Il devra dire que son père les a déjà promis en bloc à M. Routier<sup data-fn="793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93" class="fn"><a id="793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93-link" href="#793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93">4</a></sup> et à M. Villéon<sup data-fn="23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0" class="fn"><a id="23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0-link" href="#23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0">5</a></sup>, et qu’ils ne peuvent être ni partagés ni vendus à qui que ce soit d’autre.</p>



<p>Je dois ajouter, pour votre gouverne, que le <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">sultan Abdallah</a> de Ndzuani a conclu un contrat avec les deux amis que j’ai mentionnés, afin de leur fournir 200 esclaves à raison de 50 dollars par tête, depuis Ndzuani, à livrer dans le port de Maore. Il a déjà envoyé un lot de 30 esclaves, à titre d’acompte et pour marquer son intention d’exécuter le contrat, et il fait parvenir le reste par petits groupes, selon les occasions. Dès que le contrat fut connu, certains planteurs offrirent au sultan Abdallah un prix plus élevé s’il consentait à leur céder les esclaves ; mais il refusa de conclure tout autre marché avant d’avoir livré la totalité des 200 esclaves convenus. Cet incident doit rester strictement secret, car le sultan Abdallah désire ardemment le dissimuler<sup data-fn="8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec" class="fn"><a id="8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec-link" href="#8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec">6</a></sup>.</p>



<p>Toute votre famille ici se porte très bien et vous envoie ses salutations. Cette lettre est écrite par votre ami Saïd Omar bin Saïd Hasan.</p>



<p><strong>P.-S.</strong> — Dites à Saïd Ali que M. Delval<sup data-fn="1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4" class="fn"><a id="1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4-link" href="#1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4">7</a></sup>, Routier, Bundervoët<sup data-fn="ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b" class="fn"><a id="ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b-link" href="#ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b">8</a></sup> et Villéon souhaitent obtenir un document, et qu’il serait préférable qu’ils l’obtiennent pendant que vous serez présent. Mohammed bin Abudu (le secrétaire) sait quels papiers il faudra rédiger. Et, si possible, menez leur affaire rapidement à bien, car ils m’importunent pour obtenir le document, et il ne serait pas convenable de les laisser repartir les mains vides. De plus, Mohammed bin Sheikh<sup data-fn="74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e" class="fn"><a id="74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e-link" href="#74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e">9</a></sup> a remis un document à M. … »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>SAÏD OMAR BIN SAÏD HASAN</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1884-85, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (november 1885)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee"><em>Dans la source que nous avons consultée, aucune date n’est indiquée pour ce document. L’on estime toutefois qu’il fut rédigé dans la première moitié de l&rsquo;année 1883.</em> <a href="#300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c"><em>Mohammed bin Masud se trouvait alors à Ngazidja, à Mroni chez Ali Sham, pour procéder à l’achat d’esclaves dits « engagés ».</em> <a href="#c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6"><em>Des colons français, voulait-il dire plus précisément.</em> <a href="#ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93"><em>A. Routier, directeur de l&rsquo;Établissement de Soulou</em>. <a href="#793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0"><em>V. Villéon, directeur des Habitations de la Compagnie des Comores.</em> <a href="#23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec"><em>En effet, le même sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani avait conclu avec les Britanniques un traité d’abolition de l’esclavage près d’un an plus tôt, le 10 octobre 1882. Il parvint cependant à contourner cet engagement en vendant secrètement des esclaves aux Français établis à Maore.</em> <a href="#8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4"><em>H. Delval, Chef du Service de l&rsquo;Intérieur par intérim.</em> <a href="#1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b"><em>G. Bundervoët, propriétaire d&rsquo;Ironi-Keli.</em> <a href="#ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e"><em>Gendre de Saïd Omar.</em> <a href="#74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Doléances de Maria, esclave makua de Ɓweni Rukia</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Sep 2025 16:41:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Maria]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Employée au palais Ɗarini, à Ɓamɓao Mtsanga, Maria est une esclave makua appartenant à Ɓweni Rukia, l’une des épouses du sultan Abdallah bin Salim. Après la signature du traité de 1882 entre la Grande-Bretagne et Ndzuani, interdisant la traite et prévoyant l’abolition progressive de l’esclavage, elle se dit trahie par les Anglais. C’est [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Employée au palais Ɗarini, à Ɓamɓao Mtsanga, Maria est une esclave makua appartenant à Ɓweni Rukia, l’une des épouses du sultan Abdallah bin Salim. Après la signature du traité de 1882 entre la Grande-Bretagne et Ndzuani, interdisant la traite et prévoyant l’abolition progressive de l’esclavage, elle se dit trahie par les Anglais. C’est ce qu’elle confia, en novembre 1883, lors d’un entretien informel avec le consul britannique Frederic Holmwood. Le traité stipulait en effet, dans son article V, une clause d’affranchissement immédiat en cas de maltraitance.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Mtsamɗu, novembre 1883.</em></p>



<p>« Je suis au service du cuisinier du roi<sup data-fn="2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212" class="fn"><a id="2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212-link" href="#2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212">1</a></sup>, qui vient aujourd’hui dans la capitale<sup data-fn="085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d" class="fn"><a id="085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d-link" href="#085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d">2</a></sup> avec Son Altesse. Je suis l’une des femmes qui vous ont servi l’année dernière lorsque vous concluyiez le <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">traité</a><sup data-fn="dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8" class="fn"><a id="dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8-link" href="#dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8">3</a></sup>. Nous sommes toutes déçues que les Anglais ne soient pas venus nous affranchir, comme nous l’avions cru d’après ce que nous avons entendu lorsque vous parliez avec les officiers du roi.</p>



<p>Il y a beaucoup de Wangazidja<sup data-fn="c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274" class="fn"><a id="c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274-link" href="#c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274">4</a></sup> chez nous [à Ɓamɓao Mtsanga]. Nous avons dix-sept nouvelles filles originaires de Ngazidja à Ɗarini [le palais]. Je ne peux rien vous dire à ce sujet. Si l’on savait que je vous avais parlé, je serais tuée. Nous ne pouvons pas parler, mais si vous m’emmenez sur le navire pour Zanzibar, je n’aurai pas peur. Je faisais partie de celles que vous aviez promises d’affranchir l’année dernière si nous étions maltraitées. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>MARIA</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212"><em>Le sultan Abdallah bin Salim [Abdallah III, dit Mawana].</em> <a href="#2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d"><em>Abdallah III réside plus souvent dans son nouveau palais de Ɓamɓao Mtsanga que dans la capitale Mtsamɗu.</em> <a href="#085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8"><em>Le traité du 10 octobre 1882, conclu à Ɓamɓao Mtsanga entre le sultan Abdallah III et Frederick Holmwood, prévoyait l’abolition de l’esclavage.</em> <a href="#dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274"><em>Il concernait des personnes, pour la plupart libres à l’origine, réduites en servitude par le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja, puis envoyées à Ndzuani en paiement d’un tribut de guerre dû au sultan Abdallah III.</em> <a href="#c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Traité du 10 octobre 1882</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Sep 2025 18:49:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Après plusieurs années de tractations et sous une pression britannique croissante, un traité fut signé en octobre 1882 à Ɓamɓao Mtsanga<sup data-fn="ad18d12f-3cb0-4996-8ab9-b93a38ecd4fc" class="fn"><a id="ad18d12f-3cb0-4996-8ab9-b93a38ecd4fc-link" href="#ad18d12f-3cb0-4996-8ab9-b93a38ecd4fc">1</a></sup> entre la Grande-Bretagne et le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani. Ce texte, destiné à interdire la traite et à abolir progressivement l’esclavage, constituait le deuxième du genre pour l’île, trente-huit ans après <a href="https://beshelea.com/esclavage-raite-8-novembre-1844/">le premier accord conclu par son père</a>, le sultan Salim bin Alawi.</p>



<h3 class="wp-block-heading">CONVENTION entre la Grande-Bretagne et Ndzuani pour la suppression de l’esclavage et de la traite des esclaves.</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Signé à Ɓamɓao, le 10 octobre 1882.<br>Ratifié par Sa Majesté la Reine, le 28 février 1883.</em></p>



<p><em>Sa Majesté la Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, et Son Altesse Abdallah bin Salim, Sultan de Ndzuani, désireux de coopérer à l’extinction de tout trafic d’esclaves et à l’abolition définitive de l’esclavage, ont résolu de conclure une Convention afin d’atteindre ces objectifs, et, à cette fin, ont nommé pour leurs Plénipotentiaires :</em></p>



<p><em>Sa Majesté la Reine de Grande-Bretagne et d’Irlande, Frederic Holmwood, Esquire, Consul de Sa Majesté pour les États du Sultan de Zanzibar, et Consul intérimaire pour les îles Comores ;</em></p>



<p><em>Et Son Altesse le Sultan de Ndzuani, Abdallah bin Mohammed</em><sup data-fn="02bb6447-1d29-4e0c-962f-2cdf1c32c6d7" class="fn"><a id="02bb6447-1d29-4e0c-962f-2cdf1c32c6d7-link" href="#02bb6447-1d29-4e0c-962f-2cdf1c32c6d7">2</a></sup><em> ;</em></p>



<p><em>Lesquels, après s’être communiqué leurs pleins pouvoirs respectifs pour négocier, sont convenus des Articles suivants :</em></p>



<p><strong>Article I.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani s’engage à interdire l’introduction ou l’importation d’esclaves à Ndzuani, et à faire respecter cette interdiction par la loi avec la plus stricte vigilance. Toute personne entrant ou introduite dorénavant dans les États de Son Altesse est et sera absolument libre.</p>



<p><strong>Article II.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani autorise les croiseurs britanniques à saisir tout navire appartenant à ses sujets, où qu’il se trouve, s’il transporte des esclaves ou des équipements destinés à la traite, ou s’il existe des raisons de soupçonner qu’il a récemment transporté des esclaves. Toutes ces saisies — y compris le navire, les esclaves, la cargaison et toute personne impliquée dans la violation du présent Traité — pourront être jugées par l’autorité britannique la plus proche ou la plus convenable compétente en matière d’Amirauté, conformément aux règles et instructions de son Gouvernement.</p>



<p><strong>Article III.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani s’engage à interdire désormais la vente, l’achat ou le transfert d’esclaves dans ses États (sauf le transfert des esclaves de personnes décédées à leurs héritiers légitimes).</p>



<p><strong>Article IV.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani s’engage à nommer un Registraire, chargé de tenir un registre de tous les esclaves de ses États, avec les noms de leurs maîtres et des transferts effectués conformément à l’Article III de la présente Convention. Tout esclave non inscrit dans les six mois à compter de la date de la Convention aura droit à la liberté.</p>



<p><strong>Article V.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani s’engage à fixer des audiences spéciales pour entendre les plaintes que les esclaves souhaiteraient lui soumettre, et à permettre à tout esclave victime d’injustice ou de mauvais traitements, de la part ou avec la complicité de son maître, de faire appel personnellement à lui. En cas de plainte avérée de mauvais traitements ou d’injustice flagrante, l’esclave sera immédiatement affranchi.</p>



<p><strong>Article VI.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani accorde au Consul britannique, ou à tout agent consulaire dûment autorisé, le droit de visiter tous les lieux de ses États et d’inspecter toutes les plantations ; il lui permet également un libre accès au registre des esclaves, ainsi que la faculté d’entendre leurs plaintes, de convoquer les plaignants ou tout autre esclave qu’il jugerait utile d’examiner, ainsi que leurs maîtres et les témoins nécessaires. Son Altesse désignera, pour l’assister, une personne compétente et impartiale, dûment autorisée. Et, si le Consul ou l’agent consulaire constate la preuve suffisante qu’un esclave a droit, en vertu du présent Traité, à l’affranchissement, il pourra le libérer immédiatement.</p>



<p><strong>Article VII.</strong><br>De plus, le Sultan de Ndzuani s’engage, après un délai fixé, à savoir le 4 août 1889, à abolir totalement l’esclavage dans ses États, et il s’engage à promulguer une loi — dont le texte sera annexé au présent Traité — stipulant que l’institution de l’esclavage cessera d’exister dans ses États à ladite date, et qu’à partir de ce jour, toutes les personnes dans le pays seront absolument libres.</p>



<p><strong>Article VIII.</strong><br>Abdallah bin Salim, Sultan de Ndzuani, s’engage et déclare que la présente Convention est et restera obligatoire pour lui, ses héritiers<sup data-fn="eff42075-648a-4fcc-b4fa-a6a3a6cd3e21" class="fn"><a id="eff42075-648a-4fcc-b4fa-a6a3a6cd3e21-link" href="#eff42075-648a-4fcc-b4fa-a6a3a6cd3e21">3</a></sup> et ses successeurs.</p>



<p><strong>Article IX.</strong><br>Le présent Traité sera ratifié et entrera en vigueur dès que la ratification par Sa Majesté la Reine d’Angleterre aura été reçue par le Sultan de Ndzuani, ou que notification lui en aura été donnée.</p>



<p>En foi de quoi, les Plénipotentiaires respectifs l’ont signé et y ont apposé leurs sceaux.</p>



<p>Fait à Ɓamɓao, île de Ndzuani, le 10 octobre 1882.</p>



<p>(L.S.) <strong>FREDERIC HOLMWOOD</strong>.<br>(L.S.) <strong>ABDALLAH BIN MOHAMED</strong>.</p>



<p>Ce Traité est ratifié.<br>(L.S.) <strong>SULTAN ABDALLAH BIN SALIM.</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img width="242" height="242"  alt="Sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III, Mawana) de Ndzuani" class="wp-image-752 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Abdallah-bin-Salim-Abdallah-III-Mawana-edited_lwsoptimized.webp" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Abdallah-bin-Salim-Abdallah-III-Mawana-edited_lwsoptimized.webp 242w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Abdallah-bin-Salim-Abdallah-III-Mawana-edited_lwsoptimized-150x150.webp 150w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Abdallah-bin-Salim-Abdallah-III-Mawana-edited_lwsoptimized-100x100.webp 100w" sizes="(max-width: 242px) 100vw, 242px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III, Mawana) de Ndzuani </figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading">Annexe (A) <em>[Décret prohibant le trafic d’esclaves]</em> </h4>



<p>Nous, Abdallah bin Salim, Sultan de Ndzuani, conformément aux termes du Traité conclu ce jour avec Sa Majesté la Reine d’Angleterre, ordonnons ce qui suit :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>L’importation ou l’introduction d’esclaves dans nos États est désormais interdite, et toute personne contrevenant à cette Loi sera passible de travaux forcés et de la confiscation de ses biens.</li>



<li>La vente, l’achat ou le transfert d’esclaves dans nos États sont dès ce jour totalement interdits (à l’exception du transfert des esclaves de personnes décédées à leurs héritiers légitimes). Dorénavant, tout esclave vendu ou transféré, sauf dans ce cas, aura droit à la liberté.</li>



<li>Tout propriétaire d’esclaves devra, sans délai, se présenter devant notre Registraire et y enregistrer chacun des esclaves qu’il possède. Tout esclave qui ne serait pas ainsi enregistré par son maître dans un délai de six mois à compter de la date du présent décret aura droit à la liberté. Tout esclave transféré en vertu du deuxième article du présent décret devra être enregistré dans le mois suivant ce transfert. À Patsi<sup data-fn="2a5e3e89-2acd-4c5a-95bf-8ea70d203866" class="fn"><a id="2a5e3e89-2acd-4c5a-95bf-8ea70d203866-link" href="#2a5e3e89-2acd-4c5a-95bf-8ea70d203866">4</a></sup>, et dans tout lieu placé en quarantaine pour cause de maladie, le délai d’enregistrement pourra être prolongé jusqu’à six mois après la levée de la quarantaine.</li>
</ol>



<p>(L.S.) <strong>SULTAN ABDALLAH</strong>.<br><em>Fait le 10 octobre 1882.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading">Annexe (B) <em>[Décret fixant la date limite pour l’abolition de l’esclavage]</em></h4>



<p>Nous, Abdallah bin Salim, Sultan de Ndzuani, en confirmation de la Convention conclue avec Sa Majesté la Reine d’Angleterre, avons ordonné et ordonnons ce qui suit :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Qu’après une période de sept ans à compter de ce jour, c’est-à-dire le 4 août 1889 (la date hégirienne correspondante sera publiée ultérieurement), l’esclavage cessera d’exister dans nos États, et toutes les personnes, de tout âge, condition et nationalité, deviendront et seront absolument libres.</li>
</ol>



<p>Ce décret deviendra loi et sera publié dans tout notre pays dès réception de la notification de ratification.</p>



<p>(L.S.) <strong>SULTAN ABDALLAH</strong>.<br><em>Fait le 10 octobre 1882.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>ORDONNANCE DU CONSEIL BRITANNIQUE, pour l’exécution de la Convention sur la traite des esclaves conclue avec Ndzuani le 10 octobre 1882.</strong></h3>



<p class="has-text-align-right"><em>À la Cour de Balmoral, le 6 novembre 1883.</em></p>



<p><strong>Présente : Sa Majesté la Reine, dans sa plus Haute Excellence.</strong></p>



<p>Attendu que, par une loi adoptée au cours de la 37e année du règne de Sa Majesté, chapitre 88, intitulée <em>« The Slave Trade Act, 1873 »</em> (Loi sur la traite des esclaves, 1873), il a notamment été disposé que, lorsqu’un traité relatif à la traite des esclaves serait conclu après la promulgation de ladite loi, par Sa Majesté ou en son nom, avec tout État étranger, Sa Majesté pourrait, par ordonnance du Conseil, prescrire qu’à compter de la date fixée dans ladite ordonnance (cette date ne pouvant être antérieure à celle du traité), ledit traité soit réputé constituer un traité existant sur la traite des esclaves au sens de ladite loi ; et qu’il a en outre été prévu qu’à partir de ladite date (ou, si aucune date n’était spécifiée, à compter de la date de ladite ordonnance), toutes les dispositions de la loi s’appliqueraient et seraient interprétées en conséquence :</p>



<p>Et attendu que, le 10 octobre 1882, un traité ou une convention pour la répression de la traite africaine des esclaves a été conclu entre Sa Majesté et Son Altesse le Sultan de Ndzuani, en les termes suivants, à savoir :<br><em>[Suit ici la Convention]</em></p>



<p>Et attendu qu’il est opportun que ledit traité ou ladite convention soit placé sous l’empire de la <em>Loi sur la traite des esclaves de 1873</em> :</p>



<p>Par conséquent, Sa Majesté, en vertu et en exercice des pouvoirs à cet effet conférés, a jugé bon, de l’avis de son Conseil privé, d’ordonner, et il est par la présente ordonné, ce qui suit :</p>



<p>Le traité ou la convention susmentionné(e) doit, à compter du 10 octobre 1882, date de sa conclusion, être réputé avoir été et être un traité existant relatif à la traite des esclaves au sens de la <em>Loi sur la traite des esclaves de 1873</em>.</p>



<p>Et les Lords Commissaires du Trésor de Sa Majesté, le très honorable <a href="https://beshelea.com/said-ali-wa-said-omar-octobre-1883/">comte Granville</a><sup data-fn="0d75775a-ebe5-4546-8fd8-17fe713b4f94" class="fn"><a id="0d75775a-ebe5-4546-8fd8-17fe713b4f94-link" href="#0d75775a-ebe5-4546-8fd8-17fe713b4f94">5</a></sup>, l’un des principaux secrétaires d’État de Sa Majesté, ainsi que les Lords Commissaires de l’Amirauté, sont chargés de donner, chacun en ce qui le concerne, les instructions nécessaires à l’exécution de la présente ordonnance.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>C. L. PEEL.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. XV., <em>Edward Hertslet (1885)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ad18d12f-3cb0-4996-8ab9-b93a38ecd4fc"><em>Ɓamɓao Mtsanga, où réside le sultan Abdallah bin Salim depuis qu’il y fit construire, en 1863, le tout nouveau palais Ɗarini.</em> <a href="#ad18d12f-3cb0-4996-8ab9-b93a38ecd4fc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="02bb6447-1d29-4e0c-962f-2cdf1c32c6d7"><em>Dit Diamond. Il est gendre du sultan et interprète.</em> <a href="#02bb6447-1d29-4e0c-962f-2cdf1c32c6d7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="eff42075-648a-4fcc-b4fa-a6a3a6cd3e21"><em>Le 18 octobre 1882, soit huit jours plus tard, il publia un décret désignant son fils aîné, le prince Salim, comme son héritier.</em> <a href="#eff42075-648a-4fcc-b4fa-a6a3a6cd3e21-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a5e3e89-2acd-4c5a-95bf-8ea70d203866"><em>Patsi, où le médecin américain Benjamin Franklin Wilson possédait une concession</em>. <a href="#2a5e3e89-2acd-4c5a-95bf-8ea70d203866-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0d75775a-ebe5-4546-8fd8-17fe713b4f94"><em>Granville George Leveson</em>. <a href="#0d75775a-ebe5-4546-8fd8-17fe713b4f94-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Lettre d&#8217;Abdallah bin Salim à John Kirk, 23 avril 1875</title>
		<link>https://beshelea.com/abdallah-bin-salim-23-avril-1875/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Aug 2025 10:38:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[John Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Le sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III) adresse une protestation au consul britannique à Zanzibar, John Kirk, à la suite de la destruction de son boutre Amanat Ullah, commandé par le capitaine Mohedin bin Saïd Hasan, par la corvette britannique HMS Rifleman à Madagascar. Le navire était soupçonné de se livrer à un [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Le sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III) adresse une protestation au consul britannique à Zanzibar, John Kirk, à la suite de la destruction de son boutre Amanat Ullah, commandé par le capitaine Mohedin bin Saïd Hasan, par la corvette britannique HMS Rifleman à Madagascar. Le navire était soupçonné de se livrer à un trafic d’esclaves.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Ndzuani, 23 avril 1875</em></p>



<p>« Sir,</p>



<p>J’ai bien reçu votre lettre du 8 avril dernier, ainsi que Mohedin bin Saïd Hasan qui est arrivé. J’ai été très peiné d’apprendre qu’un de mes boutres, nommé <em>« Amanat Ullah »</em>, a été détruit à Madagascar par un des navires de Sa Majesté, nommé <em>« Rifleman »</em>. Vous m’avez demandé de punir le maître du boutre pour avoir été impliqué dans la traite des esclaves. Je l’ai fait juger devant mon tribunal, mais n’ai pu trouver aucune preuve contre lui montrant qu’il ait eu quoi que ce soit à voir avec la traite des esclaves ou qu’il ait été impliqué dans la traite lors de son dernier voyage, quand le boutre a été détruit.</p>



<p>Je l’ai également fait juger au sujet des lettres qui ont été trouvées en sa possession concernant la traite des esclaves ; mais il a déclaré que ces lettres avaient été écrites il y a environ huit ou neuf ans, à l’époque où il était effectivement impliqué dans la traite, étant alors sujet et sous la protection du Sultan de Zanzibar<sup data-fn="aa1e7490-8a3a-4698-bda8-5573d177dd06" class="fn"><a id="aa1e7490-8a3a-4698-bda8-5573d177dd06-link" href="#aa1e7490-8a3a-4698-bda8-5573d177dd06">1</a></sup>. Il y avait aussi une lettre qu’il avait reçue d’un monsieur à Kilwa, lui demandant si le boutre en question allait transporter des esclaves, auquel cas il recevrait des esclaves pour lui à Kionga<sup data-fn="cc5f65ac-bc76-494b-beac-dd1ee2e45be3" class="fn"><a id="cc5f65ac-bc76-494b-beac-dd1ee2e45be3-link" href="#cc5f65ac-bc76-494b-beac-dd1ee2e45be3">2</a></sup> et les amènerait à <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Mwali</a>. Mohedin bin Said Hasan lui a alors répondu que son boutre ne pouvait transporter aucun esclave, car le Sultan de Ndzuani lui avait fait prêter serment de ne jamais transporter d’esclaves tant qu’il naviguerait sous le pavillon ou la protection de Ndzuani.</p>



<p>D’après ce que j’ai pu découvrir, il y avait deux nègres déserteurs, appartenant auparavant à un boutre français, qui sont montés à bord du navire de Sa Majesté « Rifleman » et ont rapporté que le boutre précité avait débarqué des esclaves environ dix jours plus tôt. Je ne pense pas qu’il était juste pour l’officier commandant à bord du <em>« Rifleman »</em> de croire ce que disaient ces nègres<sup data-fn="0f969da9-4312-4982-b6db-65e3b2edce8e" class="fn"><a id="0f969da9-4312-4982-b6db-65e3b2edce8e-link" href="#0f969da9-4312-4982-b6db-65e3b2edce8e">3</a></sup>, car selon notre loi, un nègre n’a jamais le droit de prêter serment comme témoin, car il n’est pas né pour dire la vérité. De plus, au moment où le boutre a été saisi et détruit, il a été pris sur la plage de Madagascar par certains officiers du navire de Sa Majesté <em>« Rifleman »</em>, alors qu’il n’avait même pas ses mâts, étant en réparation et reposant sur la plage depuis deux mois ; donc, si tel est le cas, je ne pense pas qu’il y avait quelque droit de détruire le boutre.</p>



<p>Et comme vous m’avez informé que les îles de Ngazidja, Mwali et Ndzuani importent encore des esclaves, tant pour un usage domestique que pour les réexpédier vers des établissements voisins, en ce qui concerne Ngazidja et Mwali, je n’en sais absolument rien ; mais pour Ndzuani, je dois vous informer qu’il n’y a absolument aucune traite des esclaves en cours, car tout habitant de Ndzuani qui possède un boutre ou tout boutre qui navigue sous le pavillon ou la protection de Ndzuani doit prêter serment devant moi de n’avoir jamais rien à voir, de près ou de loin, avec la traite des esclaves. Et si je devais découvrir un homme rompant son serment, sa punition et sa sentence ne seraient rien d’autre que la mort.</p>



<p>Par ailleurs, je suis toujours disposé et prêt à aider le Gouvernement de Sa Majesté à prévenir l’esclavage ou toute autre chose qui serait en mon pouvoir.</p>



<p>Je serais très heureux si l’officier naval supérieur venait à Ndzuani, afin que je puisse m’entretenir personnellement avec lui, car il m’est impossible de m’exprimer dans une lettre comme je le souhaiterais, et j’espère que vous excuserez la mauvaise qualité de l’écriture de cette lettre, car il n’y a personne ici en ce moment qui soit bien instruit dans la langue anglaise<sup data-fn="220f0c19-99b9-4805-856c-61903a2d06a4" class="fn"><a id="220f0c19-99b9-4805-856c-61903a2d06a4-link" href="#220f0c19-99b9-4805-856c-61903a2d06a4">4</a></sup>. J’enverrai une lettre en Angleterre afin d’informer le Gouvernement de Sa Majesté au sujet des questions susmentionnées. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>SULTAN ABDALLAH</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/ideologie-esclavage-comores/">L&rsquo;idéologie derrière l&rsquo;esclavage dans l&rsquo;archipel des Comores</a></li>



<li>Accounts and papers, Trade &amp;c. &#8211; <em>continued</em> &#8211; (Life assurance compagnies); Slave trade &#8211; <em>Session 8 February &#8211; 15 August 1876</em>, Vol LXX (1876).</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="aa1e7490-8a3a-4698-bda8-5573d177dd06"><em>Sultan Barghash bin Saïd</em>. <a href="#aa1e7490-8a3a-4698-bda8-5573d177dd06-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cc5f65ac-bc76-494b-beac-dd1ee2e45be3"><em>Quionga, ville mozambicaine</em> <a href="#cc5f65ac-bc76-494b-beac-dd1ee2e45be3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0f969da9-4312-4982-b6db-65e3b2edce8e"><em>Un passage qui illustre que l’idéologie esclavagiste dans l&rsquo;archipel des Comores reposait aussi sur un préjugé racial ancré.</em> <a href="#0f969da9-4312-4982-b6db-65e3b2edce8e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="220f0c19-99b9-4805-856c-61903a2d06a4"><em>La lettre est rédigée en anglais. Nous présentons ici une traduction de celle-ci</em>. <a href="#220f0c19-99b9-4805-856c-61903a2d06a4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/abdallah-bin-salim-23-avril-1875/">Lettre d&rsquo;Abdallah bin Salim à John Kirk, 23 avril 1875</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 14:14:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
		<category><![CDATA[Bambao]]></category>
		<category><![CDATA[Comores]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Hashim wa Mwinyi Mkuu]]></category>
		<category><![CDATA[Itsandraya]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les récits d’esclaves comoriens sont rares. Non pas parce que la mémoire aurait fait défaut, mais parce qu’elle fut systématiquement ignorée. À l’époque, ni les chroniqueurs locaux ni les aristocraties n’accordaient de valeur au témoignage des individus issus de la servitude.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Aux Comores, la mémoire de l’esclavage<sup data-fn="e7aae1c7-68cc-45c9-aba0-6951d944c62d" class="fn"><a id="e7aae1c7-68cc-45c9-aba0-6951d944c62d-link" href="#e7aae1c7-68cc-45c9-aba0-6951d944c62d">1</a></sup> est partielle, morcelée, silencieuse. Elle n’a pas été seulement oubliée : elle fut volontairement étouffée. L’histoire orale, les généalogies officielles, les écrits royaux, tous ont soigneusement évité de donner voix aux esclaves et aux captifs. <a href="https://beshelea.com/ideologie-esclavage-comores/">Leur souffrance, leur statut, leur humanité même, furent niés par les classes dirigeantes</a>, dans un effort d’effacement systématique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une société cloisonnée par naissance</h3>



<p>À la fin du XIXᵉ siècle, cependant, cette chape de silence fut partiellement brisée. Entre 1880 et 1883, Frederic Holmwood, consul britannique à Zanzibar, recueillit des témoignages rares et précieux de personnes mises en esclavage. Ces témoignages, livrent un pan méconnu de l’histoire comorienne : celui d’enfants, d’adolescents et de femmes arrachés à leur foyer, et vendus comme esclaves dans le cadre d’accords entre pouvoirs locaux. Ces pages constituent un rare éclairage sur une période d’ombre, où la logique guerrière, les calculs politiques et la cupidité s’unirent pour renverser l’ordre moral de toute une société.</p>



<p>Avant de comprendre l’ampleur du drame, il faut saisir les structures profondes qui modelaient la société comorienne de jadis. Celle-ci se divisait en plusieurs strates dont les limites étaient aussi nettes qu’infranchissables. D’un côté se tenaient les familles dites libres, généralement issues de l’aristocratie et des lignées royales. En face, se trouvait l’ensemble hétérogène des esclaves, au sein duquel plusieurs degrés étaient distingués<sup data-fn="9c6e6893-17c5-433f-9e98-ab164e01fee8" class="fn"><a id="9c6e6893-17c5-433f-9e98-ab164e01fee8-link" href="#9c6e6893-17c5-433f-9e98-ab164e01fee8">2</a></sup>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La traite et la colonisation : la dynamique du XIXᵉ siècle</h3>



<p>On y trouvait tout d’abord les « étrangers »<sup data-fn="724001f1-b309-4f6e-a725-a61676a1093a" class="fn"><a id="724001f1-b309-4f6e-a725-a61676a1093a-link" href="#724001f1-b309-4f6e-a725-a61676a1093a">3</a></sup>, capturés sur le continent africain, principalement Makua, Ajawa ou Makonɗe, puis les esclaves locaux nés dans l’archipel<sup data-fn="debabf4d-a510-4999-b3e5-502fe160cbad" class="fn"><a id="debabf4d-a510-4999-b3e5-502fe160cbad-link" href="#debabf4d-a510-4999-b3e5-502fe160cbad">4</a></sup>, issus de lignées serviles. À cela s’ajoutait une catégorie encore plus ambiguë : celle des affranchis<sup data-fn="bab17cc4-3388-4eae-b74d-e66dc20a6154" class="fn"><a id="bab17cc4-3388-4eae-b74d-e66dc20a6154-link" href="#bab17cc4-3388-4eae-b74d-e66dc20a6154">5</a></sup> ou descendants d’esclaves ayant conquis leur liberté mais demeurant socialement exclus. Bien qu’émancipées par les faits ou par le temps, ces familles ne pouvaient se marier avec les familles nobles ou dites libres<sup data-fn="27f6e324-8b6a-4479-8441-3a55b2211695" class="fn"><a id="27f6e324-8b6a-4479-8441-3a55b2211695-link" href="#27f6e324-8b6a-4479-8441-3a55b2211695">6</a></sup>. Le poids des origines les poursuivait sans relâche, et la frontière sociale les reléguait à une forme de liberté mutilée.</p>



<p>Le XIXe siècle fut marqué dans l’archipel par une intensification sans précédent de la traite humaine. Cette dynamique s’accentua en 1841 avec la prise de contrôle de Maore par la France<sup data-fn="8442960b-2c19-4481-8e52-4f59997f7eae" class="fn"><a id="8442960b-2c19-4481-8e52-4f59997f7eae-link" href="#8442960b-2c19-4481-8e52-4f59997f7eae">7</a></sup>. Bien que cette dernière ait officiellement aboli l’esclavage sur l’île en 1846, elle mit rapidement en place un système équivalent, fondé sur le travail forcé sous contrat : <em>l’engagisme</em>. Dès 1847, l’esclave fut rebaptisé « travailleur engagé », mais le principe restait le même. Pour répondre au besoin en main-d&rsquo;œuvre de l’exploitation coloniale, la France acheta ou importa massivement des personnes dans la région, incitant les autres îles de l’archipel à lui vendre leurs « propres travailleurs engagés ». Cette frénésie alimenta le développement des réseaux de traite entre les Comores, la côte est-africaine et les possessions françaises.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La Seconde <em>Nkoɗo nkuu</em> et le règne de Sultan Saïd Ali</h3>



<p>Ce qui nous intéresse ici est une période bien particulière : celle de la deuxième <em>Nkoɗo nkuu<sup data-fn="735a2934-5119-46df-915d-318e7dc777b4" class="fn"><a id="735a2934-5119-46df-915d-318e7dc777b4-link" href="#735a2934-5119-46df-915d-318e7dc777b4">8</a></sup> (grande guerre), qui ravagea Ngazidja au début des années 1880. Elle opposa les sultans Msafumu wa Fefumu<sup data-fn="8baf420c-ce7b-4cfc-aa2b-a316454fc0d0" class="fn"><a id="8baf420c-ce7b-4cfc-aa2b-a316454fc0d0-link" href="#8baf420c-ce7b-4cfc-aa2b-a316454fc0d0">9</a></sup> (Inya Fwamɓaya) et Saïd Ali wa Saïd Omar<sup data-fn="cfddc29d-485a-4a39-87f6-8fb072b6300d" class="fn"><a id="cfddc29d-485a-4a39-87f6-8fb072b6300d-link" href="#cfddc29d-485a-4a39-87f6-8fb072b6300d">10</a></sup> (Inya Matswa Pirusa). </em>L<em>e conflit, d’une rare violence, se conclut le </em>7 février 1883 par l’assassinat<sup data-fn="31288332-c79a-43a4-9ef5-57dc800cb5e4" class="fn"><a id="31288332-c79a-43a4-9ef5-57dc800cb5e4-link" href="#31288332-c79a-43a4-9ef5-57dc800cb5e4">11</a></sup> du sultan Ntiɓe<sup data-fn="6c6d12b8-4fc4-4815-804d-6b4cc2500614" class="fn"><a id="6c6d12b8-4fc4-4815-804d-6b4cc2500614-link" href="#6c6d12b8-4fc4-4815-804d-6b4cc2500614">12</a></sup> Msafumu, capturé et emprisonné à Ɓaiɗi<sup data-fn="bc97eb7c-5770-4e8e-83cb-c4b968a37b16" class="fn"><a id="bc97eb7c-5770-4e8e-83cb-c4b968a37b16-link" href="#bc97eb7c-5770-4e8e-83cb-c4b968a37b16">13</a></sup>. Mais la victoire de Saïd Ali ne mit pas fin au désordre. Au contraire, elle inaugura une ère de chaos, de représailles et de pillages. Le pays tout entier sombra dans la disette et la ruine. On estime à 3 000 voire 4 000 le nombre de morts, dont 1 200 victimes de la faim<sup data-fn="2a756375-811e-4698-8cc0-6712d232d523" class="fn"><a id="2a756375-811e-4698-8cc0-6712d232d523-link" href="#2a756375-811e-4698-8cc0-6712d232d523">14</a></sup>. Les principautés d’Itsandraya et de Ɓamɓao furent presque vidées de leurs habitants. Le tissu social, déjà fracturé par les rivalités politiques, fut entièrement déchiré.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter"><img type="image/webp"  alt="Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja" class="wp-image-750 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Said-Ali-wa-Said-Omar-edited.jpg"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Devenu <em>Ntiɓe</em>, Saïd Ali, soutenu militairement et logistiquement par le sultan Abdallah III<sup data-fn="7be4c800-2720-40e5-a20e-f5890b825e41" class="fn"><a id="7be4c800-2720-40e5-a20e-f5890b825e41-link" href="#7be4c800-2720-40e5-a20e-f5890b825e41">15</a></sup> de Ndzuani, dut honorer une lourde dette de guerre envers ce dernier. Pour payer ce <em>nau</em><sup data-fn="7958e020-f056-42fc-b30f-08d5f3940880" class="fn"><a id="7958e020-f056-42fc-b30f-08d5f3940880-link" href="#7958e020-f056-42fc-b30f-08d5f3940880">16</a></sup> (tribut), il s’empara des biens – y compris humains – de ses anciens ennemis, confisquant les richesses de la famille de Msafumu et de son allié exilé Abdallah bin Saïd Hamza<sup data-fn="a5d79898-986f-4c32-9082-4322d6f791cc" class="fn"><a id="a5d79898-986f-4c32-9082-4322d6f791cc-link" href="#a5d79898-986f-4c32-9082-4322d6f791cc">17</a></sup>. En toute violation des coutumes, il mit en esclavage des personnes libres et les expédia à Ndzuani en règlement de sa dette.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une dette de guerre payée en êtres humains</h3>



<p>Son oncle, Hashim wa Mwinyi Mkuu, sultan de Mbadjini, qui l’avait soutenu durant la guerre avant de s’en éloigner, confirma cette pratique dans un entretien avec Frederic Holmwood<sup data-fn="8cb3a7dd-a5a6-4006-8709-b1db5a9cbf3c" class="fn"><a id="8cb3a7dd-a5a6-4006-8709-b1db5a9cbf3c-link" href="#8cb3a7dd-a5a6-4006-8709-b1db5a9cbf3c">18</a></sup> :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Ce n’est pas de notre faute si nous avons commencé à vendre les habitants de Ngazidja. Les navires anglais ont intercepté les boutres venus du Mozambique, qui nous avaient toujours fourni des engagés makua. Nous étions endettés envers les Français et contraints de leur livrer des esclaves. Je regrette aujourd’hui d’avoir exporté des gens de Ngazidja. C’est Saïd Ali qui a commencé, pour payer le sultan de Ndzuani. »</p>
</blockquote>



<p>Mshangama bin Mwalimu était un ancien officier des troupes de Msafumu avant de déserter et de rejoindre le camp de Saïd Ali. Il était le second de Kari wa Djae, commandant en chef des troupes du Kori<sup data-fn="43fb66db-81dc-42aa-937c-d87623547647" class="fn"><a id="43fb66db-81dc-42aa-937c-d87623547647-link" href="#43fb66db-81dc-42aa-937c-d87623547647">19</a></sup> de Ɓamɓao. Il rapporte ce qui s’est produit tout juste après l’enfermement de Msafumu dans sa prison de Ɓaiɗi :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Je me suis rendu à Ntsudjini<sup data-fn="38273a6d-c590-44fc-a13d-4bb2bb269d51" class="fn"><a id="38273a6d-c590-44fc-a13d-4bb2bb269d51-link" href="#38273a6d-c590-44fc-a13d-4bb2bb269d51">20</a></sup> avec mes hommes et j’ai pris treize jeunes filles proches de Msafumu, conformément à mes ordres. J’ai également emporté 3 000 dollars noirs que Msafumu avait dans son coffre. Je n’ai permis à personne d’être insulté. Elles étaient toutes jeunes, élevées dans le “twaâ”<sup data-fn="6da8ae4f-ca88-4a43-880c-9bf096336dba" class="fn"><a id="6da8ae4f-ca88-4a43-880c-9bf096336dba-link" href="#6da8ae4f-ca88-4a43-880c-9bf096336dba">21</a></sup>. Saïd Ali, cependant, en a donné une à Ntiɓe Mbamba<sup data-fn="b43bf762-e877-4023-98a4-edfdbddb416d" class="fn"><a id="b43bf762-e877-4023-98a4-edfdbddb416d-link" href="#b43bf762-e877-4023-98a4-edfdbddb416d">22</a></sup> pour son harem, en a pris une comme concubine<sup data-fn="45a92195-82a1-4d96-8646-0a8f5508d212" class="fn"><a id="45a92195-82a1-4d96-8646-0a8f5508d212-link" href="#45a92195-82a1-4d96-8646-0a8f5508d212">23</a></sup> et a envoyé le reste au sultan de Ndzuani sur le boutre d’Awathi, car cela faisait partie de leur accord. »</p>
</blockquote>



<p>Une semaine plus tard, toujours selon Mshangama, le boutre d’Awathi retourna à Mroni et effectua deux autres voyages similaires, emmenant à chaque fois un grand nombre de jeunes filles de Ngazidja pour Ndzuani. D’après Mze bin Mfwahaya, ancien boutrier à Zanzibar revenu à Ntsudjini au début de la guerre, Ɓuku Hamaɗi<sup data-fn="9d7cbe9c-8b1b-414a-a54d-f1b00fee7bec" class="fn"><a id="9d7cbe9c-8b1b-414a-a54d-f1b00fee7bec-link" href="#9d7cbe9c-8b1b-414a-a54d-f1b00fee7bec">24</a></sup>, commis de Saïd Ali, se rendit à Ndzuani à bord du boutre d’Awathi pour régler cette affaire avec le sultan Abdallah III. Il rapporte :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Il [Sultan Abdallah] demande 40 000 dollars à Saïd Ali et compte seulement 40 dollars par esclave ; mais Saïd Ali n’accorde que 25 000 dollars et se crédite de 50 dollars par esclave. Il a également envoyé une somme considérable, prélevée auprès des proches de Msafumu. »</p>
</blockquote>



<p>Une version corroborée par Mshangama bin Mwalimu :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« La première fois, Ɓuku Hamaɗi a pris plus de 10 000 dollars, et la fois suivante, je crois, 6 000 dollars. Saïd Ali a reconnu sa dette totale envers le roi Abdallah, au titre des soldats, des moyens de transport, des provisions et des munitions, s’élevant à 25 000 dollars, mais le roi a répondu qu’elle s’élevait à 40 000 dollars, car il exigeait son bénéfice. Juste avant mon départ, Ɓuku Hamaɗi a été de nouveau envoyé sur le boutre d’Awathi pour dire que Saïd Ali considérait avoir réglé la totalité de sa dette, car le seul bénéfice qu’il avait accepté de donner était le meilleur des femmes de Ngazidja, et il avait scrupuleusement respecté cette condition. Il lui a envoyé 3 000 dollars prélevés sur Msafumu, 120 esclaves de plantation d’une valeur de 5 000 dollars, et les sommes qu’il avait reçues des Français. On pensait que cette réclamation allait mener à une querelle. »</p>
</blockquote>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img type="image/webp"  alt="Sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III, Mawana) de Ndzuani" class="wp-image-752 lws-optimize-lazyload" style="width:404px;height:auto"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Abdallah-bin-Salim-Abdallah-III-Mawana-edited.jpg"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III, Mawana) de Ndzuani</em></figcaption></figure>
</div>


<p>D’après divers témoignages, on sait que ces rafles se faisaient en grande partie dans les zones Inya Fwamɓaya<sup data-fn="45336222-3002-4408-afe7-82461d9c7bff" class="fn"><a id="45336222-3002-4408-afe7-82461d9c7bff-link" href="#45336222-3002-4408-afe7-82461d9c7bff">25</a></sup>. Elles étaient coordonnées par Mohamed bin Alawi, commandant des troupes anjouanaises au service de Saïd Ali. Deux des trois témoignages principaux du présent article proviennent de filles de cette zone : Wamonɗoha de Ntsudjini et Mariama Hali de Hantsambu. Sur le plan commercial, ce sont les commerçants Abdullah Felahi, l’Indien, et Ali Sham qui s’en chargeaient pour le compte de Saïd Ali.</p>



<p>Mshangama ajoute :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Outre ces expéditions, Saïd Ali envoyait constamment des esclaves en petit nombre à Maore et en Ndzuani, dont il conservait le profit. Nous étions tous, et en particulier les soldats anjouanais, libres de capturer qui que ce soit et de le vendre aux boutres arabes et français, à condition de ne pas interférer avec les décisions de notre chef. »</p>
</blockquote>



<h3 class="wp-block-heading">L’implication de la sultane Haɗidja de Mbadjini</h3>



<p>Ces opérations ne furent pas limitées aux territoires d’Inya Fwambaya. Dans le Mbadjini, au sud, des personnes furent aussi enrôlées par la toute nouvelle sultane Haɗidja wa Mwinyi Mkuu, tante et alliée de Saïd Ali. Le témoignage du jeune Mlamali, originaire de cette zone, l’illustre. L’intronisation de Haɗidja, en lieu et place de Hashim, est d’ailleurs l’une des causes de la brouille entre Saïd Ali et son oncle<sup data-fn="72fd8206-a17b-49a5-a6f0-4384eb21d3ef" class="fn"><a id="72fd8206-a17b-49a5-a6f0-4384eb21d3ef-link" href="#72fd8206-a17b-49a5-a6f0-4384eb21d3ef">26</a></sup>. Hashim, tout en reconnaissant avoir agi de même, accusa sa grande sœur :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Haɗidja vend tous ceux qu’elle peut saisir, qu’ils soient esclaves ou libres. Pour ma part, je ne m’en suis pris qu’aux esclaves. Je ne dirai pas que je n’ai pris aucun homme libre, mais si c’était le cas, il s’agissait seulement de gens très pauvres. »</p>
</blockquote>



<p>Ces accusations ne sont pas le fruit d’une vengeance de Hashim. D’autres protagonistes confirment les agissements de la sultane. Mze bin Mfwahaya va dans le même sens :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Depuis que Saïd Hashim est parti, Saïd Ali et Ɓinti Haɗidja vendent tous ceux qu’ils peuvent attraper et qui sont aptes à travailler. Les Français venaient environ tous les mois ou toutes les trois semaines. Auparavant, ils ne venaient qu’à Mbadjini, mais maintenant ils viennent aussi à Mroni. Le boutre d’Awathi fait régulièrement du commerce avec Maore. »</p>
</blockquote>



<p>Abdallah bin Saïd Hamza, quant à lui, va beaucoup plus loin :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Mon pays est maintenant totalement ruiné, et presque tous, sauf les habitants des collines, ont soit été tués soit exportés par Saïd Ali et cette femme cruelle, Haɗidja. La plupart des personnes qui ont été embarquées sont passées par ici ; mais, en général, je n’ai rien pu faire pour eux. »</p>
</blockquote>



<h3 class="wp-block-heading">Trois témoignages de personnes libres mises en esclavage</h3>



<h5 class="wp-block-heading">Wamonɗoha, native de Ngazidja, 25 ans</h5>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:italic;font-weight:300">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Je suis une femme libre de Ntsudjini, près d’Itsandraya. Mon oncle, le frère de ma mère, vit à Zanzibar. Il se nomme Aɓuɗu Waɗi Saïd. Mes parents sont morts. Après la mort de Msafumu, tous les esclaves et de nombreuses personnes libres ont été capturés par les soldats anjouanais envoyés par le sultan Saïd Ali. Beaucoup furent emmenés par lui et envoyés au sultan Abdallah III [de Ndzuani], mais moi, j’ai été retenue avec plusieurs compagnes par les soldats, puis envoyée à la vente à Ndzuani.<br>Ɓweni Djumɓe<sup data-fn="11a573a5-7f02-465c-bbe0-ca475f30e969" class="fn"><a id="11a573a5-7f02-465c-bbe0-ca475f30e969-link" href="#11a573a5-7f02-465c-bbe0-ca475f30e969">27</a></sup> m’a achetée, et elle est très gentille et prévenante. Plusieurs jeunes filles de Ngazidja libres vivent dans la maison de son jeune fils. J’espère qu’elle me permettra d’aller à Zanzibar. J’ai une grande liberté, et je vais régulièrement rendre visite à mes amies qui ont été achetées par différentes personnes à Mtsamɗu. Je peux vous donner les noms de nombreuses filles appartenant à des familles bien connues d’Itsandraya.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li style="font-style:italic;font-weight:300">Mrenɗewa binti Jumɓauma, 16 ans — arrivée dans la dernière cargaison expédiée par Saïd Ali pour le harem du sultan. Elle est retenue dans la maison de Saïd Athumani<sup data-fn="b0f5c9bc-2fd9-42fc-a646-40adb5ce94c9" class="fn"><a id="b0f5c9bc-2fd9-42fc-a646-40adb5ce94c9-link" href="#b0f5c9bc-2fd9-42fc-a646-40adb5ce94c9">28</a></sup>, en attendant son bon plaisir. C’était une vieille amie à moi.</li>



<li style="font-style:italic;font-weight:300">Ringaria binti Karinkonɗo, 20 ans.</li>



<li style="font-style:italic;font-weight:300">Fatima binti Ɓurahimi, 16 ans, avec sa mère Mshe Amina [toutes les deux originaires de Mbadjini].</li>



<li style="font-style:italic;font-weight:300">Mariama binti Mɓaraka, 22 ans [originaire du Ɓamɓao].</li>
</ul>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Ceux qui suivent sont mes compagnons esclaves ici :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li style="font-style:italic;font-weight:300">Filles : Asha binti Idjaɓu, Mhinɗa binti Maruɓoa, Mwandziwa binti Kaleheza, Maliza binti Mshangama, Mbaga binti Hali et Trunɗa bint Hali, sœurs.</li>



<li style="font-style:italic;font-weight:300">Garçons : Ɗauɗu, Ibrahim, Mhoma, Isihaka.</li>
</ul>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Tous ceux-ci sont des esclaves de Ngazidja appartenant à Mɓafumu<sup data-fn="bf4c9883-294b-4ffb-af24-e9d722b39673" class="fn"><a id="bf4c9883-294b-4ffb-af24-e9d722b39673-link" href="#bf4c9883-294b-4ffb-af24-e9d722b39673">29</a></sup>, frère de Msafumu, originaire de Hamahame. Ils se trouvent dans la maison de Jamadar Mohamed Alawi, mais j’ignore s’ils sont destinés à la vente.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li style="font-style:italic;font-weight:300">Filles : Mumɗoa, Mwandziwa, Trunɗa binti Mgomri, Mkoa binti Minɗu.</li>



<li style="font-style:italic;font-weight:300">Garçons : Mderwaɓili, Saïd bin Mgomri, Kari bin Mgomri.</li>
</ul>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Ce sont des esclaves appartenant à Hadji Msa, vizir de Msafumu.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Autres esclaves appartenant à Fahamwe wa Athumani, veuve de Msafumu.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Tous ceux-là sont auprès du roi. Ils lui ont été envoyés par Saïd Ali en guise de paiement partiel de sa dette. Mderwaɓili se trouve cependant dans la maison de Salim bin Omar. Les autres, je pense, viennent d’être envoyés à Ɓamɓao<sup data-fn="c337ba61-3498-479e-a45e-6a7a1281bbae" class="fn"><a id="c337ba61-3498-479e-a45e-6a7a1281bbae-link" href="#c337ba61-3498-479e-a45e-6a7a1281bbae">30</a></sup>. Mwanɗauzi bin Yusuf, d’Itsandraya ; Sakarani, idem ; Kari, idem.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Je les ai connus comme esclaves de Amu Hadji. Ils sont maintenant dans la maison de Salim bin Othman, je crois pour le compte du roi. Aucun d’entre eux n’était véritablement esclave à Ngazidja, mais ils appartiennent à des familles de statut servile, qui ne peuvent se marier avec des familles libres. Le dhow d’Awathi est régulièrement employé à faire passer des esclaves à Maore, mais il fait souvent escale ici et en laisse quelques-uns au roi. Il est reparti la veille de votre arrivée. Ɓuku Hamaɗi est arrivé à bord ; il se trouve actuellement en ville. Il tente de régler les comptes de Saïd Ali avec le roi, mais ils ne parviennent pas à s’entendre. Le roi a fait de dix-sept filles de Ngazidja envoyées par Saïd Ali ses concubines. Il devient désormais très sélectif. <em>» </em></p>
</blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Mariama Hali [wa Ali], native de Ngazidja, 17 ans</h5>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>« </em>Je suis née à Hantsambu, près de Itsandraya. J’ai dix-sept ans. J’y ai vécu toute ma vie. Depuis trois ans, je vis seule avec ma mère, qui est veuve. Mon père, Fundi Ɓedja wa Halii, fabriquait du mobilier et des lampes traditionnels. Il est mort il y a quatre ans. Il était Liwali<sup data-fn="55e82bfc-3091-4859-9570-6f3c9ed25dce" class="fn"><a id="55e82bfc-3091-4859-9570-6f3c9ed25dce-link" href="#55e82bfc-3091-4859-9570-6f3c9ed25dce">31</a></sup> de Hantsambu sous Msafumu. Il possédait trois plantations, qui sont désormais entre les mains de ma mère. Elles m’appartiendront. Elles sont louées à des personnes libres qui paient leur loyer en nature.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Je suis fille unique. Le frère de ma mère, Mbeshezi, a vécu avec nous et s’est occupé de l’entreprise après la mort de mon père, mais il est parti à Zanzibar il y a trois ans avec Mwinyi Husein, qui avait épousé la sœur de ma mère.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Nous n’avons pas été très affectés par la guerre, car nous étions aisés et les habitants du village sont pêcheurs. Après la famine, la paix est revenue et je suis allée chaque jour à l’école du village, dirigée par Mwalimu Mbahua, une femme affiliée à la faction de Saïd Ali.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Un jour, alors qu’elle priait, les soldats anjouanais de Saïd Ali sont descendus sur le village et ont, sans avertissement, capturé toutes les filles de l’école. Ils nous ont conduites directement à l’embarcadère situé sous la maison de Saïd Ali à Mroni et nous ont fait monter à bord d’un boutre qui était à l’ancre. Ma mère, ainsi que les parents de plusieurs autres filles, ont suivi les soldats en pleurant. Ma mère les a suppliés de ne pas m’embarquer, car j’étais son unique enfant et elle était âgée. Mais le Jemadar Mohamed Alawi l’a repoussée en disant à ses hommes : « avec elles ».</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Nous étions une trentaine au total. On nous a mises à part, entre filles, et nous pleurions toutes. Lorsque nous avons quitté la côte, nous étions toutes très malades, au point que nous parlions à peine entre nous. Cette nuit-là, un coup de vent a soufflé et nous avons été entraînées en mer. Quelques jours plus tard, nous avons accosté à <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Mwali</a> sans nourriture ni eau.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Le nahodha<sup data-fn="7b5cd20c-0e2f-4b03-8405-dd0b0049ed6b" class="fn"><a id="7b5cd20c-0e2f-4b03-8405-dd0b0049ed6b-link" href="#7b5cd20c-0e2f-4b03-8405-dd0b0049ed6b">32</a></sup> Ɓakari, a fait débarquer les autres hommes pour aller acheter de la nourriture et chercher de l’eau. Nous l’avons entendu dire, en parlant de nous : « Ce ne sont que des enfants, elles auront peur de fuir dans cet endroit étrange. » Aussitôt qu’ils furent hors de vue, mes quatre compagnes et moi avons sauté par-dessus bord, avons pataugé jusqu’au rivage, puis couru à l’intérieur des terres jusqu’à ce que nous atteignions un bois.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Vers le soir, nous avons rencontré un homme qui nous a arrêtées et nous a demandé qui nous étions. Nous lui avons dit la vérité, et il a dit qu’il nous emmènerait chez un ami qui nous protégerait de toute reprise. Il nous a emmenées à Hoani et nous a confiées au sultan Abdallah<sup data-fn="e49d9b63-6bb8-4933-9eaa-a525a0c40be3" class="fn"><a id="e49d9b63-6bb8-4933-9eaa-a525a0c40be3-link" href="#e49d9b63-6bb8-4933-9eaa-a525a0c40be3">33</a></sup> [bin Hamza], qui vivait là en exil.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Quelques jours plus tard, l’une de mes compagnes est morte de la fièvre, et les deux autres travaillent pour se nourrir de l’autre côté de l’île, car le sultan Abdallah était trop pauvre pour les nourrir. J’étais trop faible pour faire des travaux agricoles ; la séparation d’avec ma mère m’avait rendue malade.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">J’étais à Mwali depuis environ quatre mois lorsque vous [Holmwood] êtes arrivé. Le sultan Abdallah n’aurait pas pu me garder plus longtemps, car entre-temps il avait sauvé certains des siens qui avaient été embarqués par Saïd Ali à bord d’un autre boutre ayant fait escale à Mwali.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Dès que j’ai débarqué à Zanzibar, j’ai reconnu sur la plage mon oncle Mwenyi Husein. Je souhaite aller vivre chez ma tante, mais je vous supplie d’écrire à ma mère et, si possible, de la faire venir à Zanzibar si elle vit encore. Elle avait dit qu’elle se rendrait à Mitsamihuli, où nous avons des parents<em>. »</em></p>
</blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Mlamali, natif de Ngazidja, 20 ans</h5>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>«</em> Je suis né à Mroni, mes deux parents étaient des personnes libres. Ils ont déménagé à Mbadjini, de l’autre côté de l’île, alors que j’étais encore très jeune. J’ai toujours vécu dans cette contrée. Sheikh Hashim<sup data-fn="76b87f02-a5e6-4b90-a34f-4237823cf551" class="fn"><a id="76b87f02-a5e6-4b90-a34f-4237823cf551-link" href="#76b87f02-a5e6-4b90-a34f-4237823cf551">34</a></sup> en est le chef depuis de nombreuses années. Son activité consistait à expédier les Makua lorsque les Français arrivaient. Les esclaves makua traversaient la montagne [Karthala] depuis Mroni. Aucun habitant de Ngazidja n’a jamais été vendu aux Français<sup data-fn="d1fd442d-2636-4424-87d7-5f056a8d540d" class="fn"><a id="d1fd442d-2636-4424-87d7-5f056a8d540d-link" href="#d1fd442d-2636-4424-87d7-5f056a8d540d">35</a></sup>. Il y a environ trois ans, le sultan Abdallah de Mroni<sup data-fn="328d9380-468a-44b9-aa12-cf53672bd51d" class="fn"><a id="328d9380-468a-44b9-aa12-cf53672bd51d-link" href="#328d9380-468a-44b9-aa12-cf53672bd51d">36</a></sup> a refusé d’envoyer d’autres esclaves à l’expédition ; Sheikh Hashim s’est alors querellé avec lui et a rejoint Saïd [sic] Ali à son arrivée dans le pays<sup data-fn="3e5366b3-e344-48c3-b6fb-c9adb6423a3d" class="fn"><a id="3e5366b3-e344-48c3-b6fb-c9adb6423a3d-link" href="#3e5366b3-e344-48c3-b6fb-c9adb6423a3d">37</a></sup>.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Après que Saïd Ali a tué Msafumu, Sheikh Hashim s’est mis à expédier des Wangazidja, qu’ils soient libres ou esclaves. J’ai entendu dire que Saïd Ali faisait de même avec tous ceux qu’il pouvait capturer. Beaucoup de Wangazidja saisis ainsi par Sheikh Hashim ont été vendus aux Français ; mais lorsqu’aucun Français n’était présent au port, ils étaient envoyés à Ndzuani. Plusieurs de mes amis ont été exportés de cette manière, principalement vers Maore.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">J’ai été enlevé avec quatre compagnons à la fin du dernier ramadan (août 1883). Ils ont été vendus à un Français arrivé à bord d’un grand dhow<sup data-fn="9903d014-bfb1-464c-978a-5600c160dc7a" class="fn"><a id="9903d014-bfb1-464c-978a-5600c160dc7a-link" href="#9903d014-bfb1-464c-978a-5600c160dc7a">38</a></sup> pour acheter des engagés. C’étaient des esclaves. J’ai été embarqué sur une ɓetela<sup data-fn="f7ed902b-11c8-48fd-8b4d-d47469e7f328" class="fn"><a id="f7ed902b-11c8-48fd-8b4d-d47469e7f328-link" href="#f7ed902b-11c8-48fd-8b4d-d47469e7f328">39</a></sup> battant pavillon anjouanais et emmené à Mwali, où je suis resté quatre jours. Il y avait de nombreux esclaves sur ce bateau. Nous avons tous été embarqués avec des cordes, qui furent ensuite coupées une fois à bord. Mes compagnons ont été vendus à Mwali, puis emmenés à Maore. Pour ma part, j’ai été acheté par un homme de Madagascar. Il m’a emmené à Ndzuani et m’a vendu à Ɓweni Djumɓe, la sœur du roi. Elle m’a envoyé travailler chez le docteur Wilson<sup data-fn="83fc4263-e39a-4ce3-8393-8360f54024af" class="fn"><a id="83fc4263-e39a-4ce3-8393-8360f54024af-link" href="#83fc4263-e39a-4ce3-8393-8360f54024af">40</a></sup>. Elle avait acquis quatre autres Wangazidja nouvellement arrivés, que j’avais déjà aperçus dans notre pays.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Le jeune fils de Ɓweni Djumɓe possédait plusieurs jeunes filles de Ngazidja que sa mère lui avait achetées comme concubines. Durant les trois mois où j’ai travaillé à Ndzuani, j’ai été traité avec beaucoup de bonté, mes compagnons et moi avons eu autant de nourriture que nous pouvions en manger, ainsi que de bons vêtements. Je souhaite retourner au domaine du docteur Wilson dès que possible ; il m’a promis de m’employer à nouveau lorsque je reviendrai avec un certificat de liberté. Je connais un grand nombre d’esclaves de Ngazidja à Ndzuani, surtout sur le domaine royal ; beaucoup d’entre eux étaient des gens libres, envoyés récemment par Saïd Ali.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Chaque jour, des gens passent sur notre domaine avec de jeunes enfants de Ngazidja à vendre ; ils ont du mal à les écouler en raison des rumeurs concernant le nouveau traité. Le docteur Wilson l’a expliqué à ses gens, mais les Anjouanais affirment qu’il n’y aura aucun changement. Le roi a envoyé quarante hommes libres de la brousse comme engagés à Maore ; depuis, de nombreux hommes de la brousse sont descendus des collines pour demander protection au docteur Wilson. Il leur a donné du travail, et lorsque le roi a envoyé des policiers pour les faire partir, il les a chassés de son domaine. Lorsque le Tourmaline a jeté l’ancre à Mwali, j’ai reconnu le dhow dans lequel j’avais été embarqué à Mbadjini. Il était au mouillage dans le port <em>»</em>.</p>
</blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>



<li>Slavery, antislavery, political rivalry and regional networks in East African waters, 1877-1883, <em>Edward A. Alpers (2015)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e7aae1c7-68cc-45c9-aba0-6951d944c62d"><em>Le mot « esclavage » se dit localement « Urumwa » ou « Utrwana ». L’esclave est désigné par « Mrumwa » (pl. Warumwa) ou « Mtrwana » (pl. Watrwana). S’il s’agit d’une femme, on dit « Mdjahazi »</em> <a href="#e7aae1c7-68cc-45c9-aba0-6951d944c62d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9c6e6893-17c5-433f-9e98-ab164e01fee8"><em>Lire la thèse d&rsquo;Ibouroi Ali Tabibou « Des esclaves makua et de leurs descendants aux Comores (2014) » qui s’est déclinée en livres (2 tomes) disponibles aux Éditions Cœlacanthe (2017). Ainsi que « Esclavage et commensalité à Ngazidja, Comores » de Sophie Blanchy (2005).</em> <a href="#9c6e6893-17c5-433f-9e98-ab164e01fee8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="724001f1-b309-4f6e-a725-a61676a1093a"><em>Par « étranger », les Wangazidja désignaient ceux que l’on appelait Mrima — terme neutre désignant les personnes venues de la côte est-africaine — ou Mshendzi, terme plus péjoratif, renvoyant à un esclave africain non acclimaté aux Comores, ne parlant que sa propre langue et ne pratiquant pas l’islam.</em> <a href="#724001f1-b309-4f6e-a725-a61676a1093a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="debabf4d-a510-4999-b3e5-502fe160cbad"><em>Cette catégorie de personnes descendants d&rsquo;esclaves nés sur l&rsquo;île est désignée par le mot « Wadzalia » (sing. Mdzalia).</em> <a href="#debabf4d-a510-4999-b3e5-502fe160cbad-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bab17cc4-3388-4eae-b74d-e66dc20a6154"><em>On désigne la femme esclave libérée par le mot « Mahuria ».</em> <a href="#bab17cc4-3388-4eae-b74d-e66dc20a6154-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="27f6e324-8b6a-4479-8441-3a55b2211695"><em>Waungwana en shKomori (sing. Mungwana).</em> <a href="#27f6e324-8b6a-4479-8441-3a55b2211695-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8442960b-2c19-4481-8e52-4f59997f7eae"><em>À l’issue d’une vente problématique et sujette à controverse, la France coloniale fit son entrée dans l’archipel par le biais de Maore.</em> <a href="#8442960b-2c19-4481-8e52-4f59997f7eae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="735a2934-5119-46df-915d-318e7dc777b4"><em>La première Nkoɗo nkuu avait opposé les sultans Fumɓavu wa Fefumu (Inya Fwamɓaya) et Ahmed wa Said Ali wa Swaleh dit Mwinyi Mkuu (Inya Matswa Pirusa). </em> <a href="#735a2934-5119-46df-915d-318e7dc777b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8baf420c-ce7b-4cfc-aa2b-a316454fc0d0"><em>Sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#8baf420c-ce7b-4cfc-aa2b-a316454fc0d0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cfddc29d-485a-4a39-87f6-8fb072b6300d"><em>Prétendant au titre de sultan du Ɓamɓao et indirectement au titre de Ntiɓe. </em> <a href="#cfddc29d-485a-4a39-87f6-8fb072b6300d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="31288332-c79a-43a4-9ef5-57dc800cb5e4"><em>Des témoignages évoquent un étranglement dans sa cellule survenu quelques jours après une tentative d&#8217;empoisonnement.</em> <a href="#31288332-c79a-43a4-9ef5-57dc800cb5e4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6c6d12b8-4fc4-4815-804d-6b4cc2500614"><em>Le roi suprême, ou Ntiɓe de Ngazidja, détient la prérogative essentielle d’introniser tous les sultans de l’île, aussi bien dans les territoires relevant de son propre <em>Inya</em> que dans les autres. Ce titre n’est pas héréditaire. Il s’obtient, selon l’adage, « à l’épée ».</em> <a href="#6c6d12b8-4fc4-4815-804d-6b4cc2500614-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bc97eb7c-5770-4e8e-83cb-c4b968a37b16"><em>Ɓaiɗi, quartier de Mroni.</em> <a href="#bc97eb7c-5770-4e8e-83cb-c4b968a37b16-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a756375-811e-4698-8cc0-6712d232d523"><em>Ces chiffres sont avancés par Mshangama bin Mwalimu, officier ayant servi les deux camps.</em> <a href="#2a756375-811e-4698-8cc0-6712d232d523-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7be4c800-2720-40e5-a20e-f5890b825e41"><em>Abdallah bin Salim dit Mawana.</em> <a href="#7be4c800-2720-40e5-a20e-f5890b825e41-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7958e020-f056-42fc-b30f-08d5f3940880"><em>Le nau est une rétribution qui est donnée à un sultan, par un allié auquel il a apporté une aide décisive dans une guerre. </em> <a href="#7958e020-f056-42fc-b30f-08d5f3940880-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a5d79898-986f-4c32-9082-4322d6f791cc"><em>Ancien sultan du Ɓamɓao, il est de la même famille que Saïd Ali. Après la mort de Msafumu, il s&rsquo;est exilé à Mwali auprès de Sultan Abdurahmane bin Saïd Hamaɗi.</em> <a href="#a5d79898-986f-4c32-9082-4322d6f791cc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8cb3a7dd-a5a6-4006-8709-b1db5a9cbf3c"><em>Tout comme Abdallah bin Saïd Hamza, Hashim est aussi en exile à Mwali au moment où il rencontre Holmwoold.</em> <a href="#8cb3a7dd-a5a6-4006-8709-b1db5a9cbf3c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="43fb66db-81dc-42aa-937c-d87623547647"><em>En shiNgazidja ancien, Kori désigne roi, sultan.</em> <a href="#43fb66db-81dc-42aa-937c-d87623547647-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="38273a6d-c590-44fc-a13d-4bb2bb269d51"><em>Chef-lieu de la principauté d&rsquo;Itsandraya, fief de Sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu.</em> <a href="#38273a6d-c590-44fc-a13d-4bb2bb269d51-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6da8ae4f-ca88-4a43-880c-9bf096336dba"><em>Twaâ, l&rsquo;obéissance en vers les parents, de bonne éducation.</em> <a href="#6da8ae4f-ca88-4a43-880c-9bf096336dba-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b43bf762-e877-4023-98a4-edfdbddb416d"><em>Il portait Ntiɓe comme prénom et non comme titre. Bien qu’étant cousin de Msafumu, il fut partisan de Saïd Ali, et lorsque ce dernier remporta la guerre, il l’intronisa sultan d’Itsandraya. Il avait déjà occupé ce titre à deux reprises, de manière éphémère, quelques années auparavant.</em> <a href="#b43bf762-e877-4023-98a4-edfdbddb416d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="45a92195-82a1-4d96-8646-0a8f5508d212"><em>Suria en shikomori. Mot d&rsquo;origine arabe.</em> <a href="#45a92195-82a1-4d96-8646-0a8f5508d212-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9d7cbe9c-8b1b-414a-a54d-f1b00fee7bec"><em>L&rsquo;on pense que son véritable est Ɓunu wa Hamaɗi.</em> <a href="#9d7cbe9c-8b1b-414a-a54d-f1b00fee7bec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="45336222-3002-4408-afe7-82461d9c7bff"><em>Mshangama bin Mwalimu cite par exemple Hamanvu Mbwani, Ngole, Nɗuɓweni, Mɓaleni et Igadjuu. </em> <a href="#45336222-3002-4408-afe7-82461d9c7bff-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="72fd8206-a17b-49a5-a6f0-4384eb21d3ef"><em>D’après Hashim, Saïd Ali voulait qu’il devienne sultan de Mitsamihuli, une principauté située au nord de l’île, et qu’il cède sa propre place à Haɗidja.</em> <a href="#72fd8206-a17b-49a5-a6f0-4384eb21d3ef-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="11a573a5-7f02-465c-bbe0-ca475f30e969"><em>Masha Halima, demi-sœur de sultan Abdallah III. Elle résidait à Ɗomoni.</em> <a href="#11a573a5-7f02-465c-bbe0-ca475f30e969-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b0f5c9bc-2fd9-42fc-a646-40adb5ce94c9"><em>Saïd Athumani bin Salim, frère de Sultan Abdallah III. Il est aussi son Aide-de-camp.</em> <a href="#b0f5c9bc-2fd9-42fc-a646-40adb5ce94c9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bf4c9883-294b-4ffb-af24-e9d722b39673"><em>Mɓafumu wa Ɓwana Hadji, un oncle maternel de Msafumu wa Fefumu</em>. <a href="#bf4c9883-294b-4ffb-af24-e9d722b39673-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c337ba61-3498-479e-a45e-6a7a1281bbae"><em>La plantation de <em>Ɓamɓao</em> Mtsanga où se trouve le tout nouveau palais de sultan Abdallah III</em>. <a href="#c337ba61-3498-479e-a45e-6a7a1281bbae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="55e82bfc-3091-4859-9570-6f3c9ed25dce"><em>Gouverneur, chef d&rsquo;une d&rsquo;une ville ou zone précise sous l&rsquo;autorité du sultan.</em> <a href="#55e82bfc-3091-4859-9570-6f3c9ed25dce-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7b5cd20c-0e2f-4b03-8405-dd0b0049ed6b"><em>Nahuza, capitaine.</em> <a href="#7b5cd20c-0e2f-4b03-8405-dd0b0049ed6b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 32"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e49d9b63-6bb8-4933-9eaa-a525a0c40be3"><em>Ancien sultan du Ɓamɓao renversé par Saïd Ali.</em> <a href="#e49d9b63-6bb8-4933-9eaa-a525a0c40be3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 33"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="76b87f02-a5e6-4b90-a34f-4237823cf551"><em>Hashim wa Mwinyi Mkuu, Sultan du Mbadjini.</em> <a href="#76b87f02-a5e6-4b90-a34f-4237823cf551-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 34"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d1fd442d-2636-4424-87d7-5f056a8d540d"><em>Il veut dire par là qu’aucune personne libre originaire de Ngazidja n’avait auparavant été vendue aux Français en tant qu’« engagé ».</em> <a href="#d1fd442d-2636-4424-87d7-5f056a8d540d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 35"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="328d9380-468a-44b9-aa12-cf53672bd51d"><em>Sultan Abdallah wa Saïd Hamza</em>. <a href="#328d9380-468a-44b9-aa12-cf53672bd51d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 36"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3e5366b3-e344-48c3-b6fb-c9adb6423a3d"><em>Né à Mroni vers 1852, Saïd Ali ne grandit pas à Ngazidja. Il rejoignit son père, Saïd Omar, à Maore, à l’âge de dix ans. Ce n’est qu’en 1878 qu’il revint sur l’île.</em> <a href="#3e5366b3-e344-48c3-b6fb-c9adb6423a3d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 37"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9903d014-bfb1-464c-978a-5600c160dc7a"><em>Djahazi, boutre traditionnel d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est.</em> <a href="#9903d014-bfb1-464c-978a-5600c160dc7a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 38"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f7ed902b-11c8-48fd-8b4d-d47469e7f328"><em>Une autre type de boutre traditionnelle.</em> <a href="#f7ed902b-11c8-48fd-8b4d-d47469e7f328-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 39"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="83fc4263-e39a-4ce3-8393-8360f54024af"><em>Benjamin Franklin Wilson, médecin américain ayant une concession à Patsi.</em>  <a href="#83fc4263-e39a-4ce3-8393-8360f54024af-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 40"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>L&#8217;idéologie derrière l&#8217;esclavage dans l&#8217;archipel des Comores</title>
		<link>https://beshelea.com/ideologie-esclavage-comores/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jul 2025 14:08:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Alawi bin Husein]]></category>
		<category><![CDATA[Comores]]></category>
		<category><![CDATA[John Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[Mohedin bin Saïd Hasan]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Sir William Jones]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aujourd’hui encore, l’histoire de l’esclavage dans l’archipel des Comores peine à se dire. Dans les villages, on murmure davantage qu’on ne raconte, de peur d’éveiller d’anciennes hontes ou de rouvrir les plaies identitaires qui structurent encore certaines relations sociales. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Peu d’histoires sont aussi ombrageuses et dérangeantes dans l’archipel des Comores que celle de l’esclavage<sup data-fn="cb5e8c48-810b-480c-b5a3-41c743a71923" class="fn"><a id="cb5e8c48-810b-480c-b5a3-41c743a71923-link" href="#cb5e8c48-810b-480c-b5a3-41c743a71923">1</a></sup>. Elle hante silencieusement les couloirs de la mémoire collective, souvent reléguée à de brèves allusions au XIXᵉ siècle. Pourtant, la traite, elle, était bien plus ancienne. Elle constituait l’un des piliers de l’économie des sultanats comoriens, intégrés dans la longue lignée des cités-États commerçants de la côte swahili.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une mémoire voilée par le silence</h3>



<p>Ce sujet demeure aujourd’hui tabou<sup data-fn="c9381dee-4d0f-423c-99e3-05db07e710f6" class="fn"><a href="#c9381dee-4d0f-423c-99e3-05db07e710f6" id="c9381dee-4d0f-423c-99e3-05db07e710f6-link">2</a></sup>. À l’instar de la côte swahili voisine, rares sont les voix asservies<sup data-fn="8d9e536e-0858-4465-9d3c-4ed52ab34446" class="fn"><a id="8d9e536e-0858-4465-9d3c-4ed52ab34446-link" href="#8d9e536e-0858-4465-9d3c-4ed52ab34446">3</a></sup> qui nous soient parvenues ; plus rares encore les confessions franches des maîtres. Ce qui rend d’autant plus précieux certains documents inattendus, tel le récit d’un prince anjouanais en 1783 à un linguiste anglais, ou encore la surprenante lettre d’un sultan au XIXᵉ siècle, révélant au détour d’une phrase la logique raciale sous-jacente à cet ordre esclavagiste. Dès l’installation durable des sultanats arabo-shiraziens vers la fin du XVe siècle, les circuits d’échange de l’océan Indien se sont ancrés dans le tissu économique local, et avec eux, la traite humaine.</p>



<p>Dans l&rsquo;archipel, les marchés se structurent autour d’une double logique : exportation de captifs, et usage domestique sur place, notamment dans les <em>itrea</em><sup data-fn="12365e95-0a34-44a8-aee1-34cd3ff4c98a" class="fn"><a id="12365e95-0a34-44a8-aee1-34cd3ff4c98a-link" href="#12365e95-0a34-44a8-aee1-34cd3ff4c98a">4</a></sup>, les plantations royales. Mais plus que la pratique, c’est sa justification qui interroge. Au nom de quoi s’autorisaient-ils à capturer, vendre et échanger des hommes, des femmes et des enfants ?</p>



<p>Dans la nuit du 28 juillet 1783, un navire britannique, <em>The Crocodile</em>, mouille dans la rade de <em>Mtsamɗu</em>, sur l&rsquo;île de Ndzuani. À son bord, Sir William Jones<sup data-fn="016c9cc6-caf4-4574-a7f3-cca94e044f6d" class="fn"><a id="016c9cc6-caf4-4574-a7f3-cca94e044f6d-link" href="#016c9cc6-caf4-4574-a7f3-cca94e044f6d">5</a></sup>, jeune orientaliste de trente-sept ans. L’Angleterre et le sultanat de Ndzuani, alors dirigé par le vieux Saïd Ahmed Al Abubakar bin Salim, entretiennent d’excellents <a href="https://beshelea.com/justice-affaire-comores-londres-1670/">rapports diplomatiques et commerciaux</a>. Jones est rapidement reçu dans les cercles princiers. Il y rencontre le gouverneur de <em>Mtsamɗu</em>, Abdallah Mwenye Fani (futur Abdallah Ier), son cousin Alawi bin Husein (futur Alawi Ier) et les princes Cheikh Salim (fils aîné du Sultan) et Hamidullah. Ces aristocrates, parfaitement à l’aise en arabe comme en anglais, échangèrent avec Jones des exemplaires du Coran et divers manuscrits.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un rare aveu princier : le témoignage de 1783</h3>



<p>Curieux de comprendre la structure du pouvoir et de l’économie locale, William Jones eut un jour l’occasion d’interroger le prince Alawi sur le commerce de son île. La réponse du jeune homme est un témoignage d’une valeur inestimable, tant elle éclaire la logique d’un système rarement exposé par ses propres acteurs.</p>



<p><strong>Voici, fidèlement retranscrites, les explications du prince Alawi bin Husein en cette année 1783 :</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Mon pays est pauvre et produit peu d’articles de commerce. Mais si nous pouvons obtenir de l’argent, nous préférons maintenant faire des grandes choses.<br>Nous pourrions facilement nous procurer des marchandises étrangères et les échanger avantageusement avec nos voisins des autres îles et du continent.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Avec peu d’argent, nous achetons des mousquets, de la poudre, des balles, des coutelas, des couteaux, des chiffons, du coton brut et d’autres articles apportés de Bombay. Avec ces derniers, nous les échangeons à Madagascar contre les produits naturels de ce pays ou des dollars, avec lesquels les Français achètent, dans cette île, du bétail, du miel, du beurre, etc.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Avec l’or que nous recevons de vos navires, nous pouvons nous procurer des dents d’éléphants des indigènes du Mozambique, qui les troquent aussi contre des munitions et des barres de fer. Et les Portugais de ce pays nous donnent des tissus de diverses sortes en échange de nos marchandises.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Des tissus dont nous disposons de manière lucrative dans les trois îles voisines ; d’où nous apportons du riz, du bétail, une sorte de fruit à pain qui pousse à Ngazidja, et des esclaves, que nous achetons aussi ailleurs, auxquels nous faisons du commerce ; et nous continuons ce trafic dans nos propres navires. »</p>
</blockquote>



<p>La précision du propos ne laisse guère de doute : l’esclave, aux côtés du riz et du fruit à pain, était pleinement intégré à la logique marchande. Il constituait même souvent la plus précieuse des marchandises, susceptible d’être réexportée ou utilisée pour accroître les forces productives locales.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’idéologie justifiant la servitude</h3>



<p>Mais c’est lorsque William Jones, troublé par cet exposé, posa la question morale du fondement de ce commerce, que le prince Alawi dévoila la justification la plus répandue dans l’aire swahili et indo-arabe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Par aucune loi, répondit-il, à moins que la nécessité ne soit une loi.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Il y a des nations à Madagascar et en Afrique, qui ne connaissent ni Dieu, ni son Prophète, ni Moïse, ni David, ni le Messie. Ces nations sont en guerres perpétuelles et font de nombreux captifs ; qui, comme ne peuvent pas être faits prisonniers, seraient certainement tués.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Certains parmi eux vivent dans une extrême pauvreté et ont de nombreux enfants qui, s’ils ne peuvent s’en débarrasser, doivent périr de faim, avec leurs misérables parents. En achetant ces misérables, nous préservons leur vie, et peut-être celle de beaucoup d’autres, que notre argent soulage.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Si nous les achetons, ils vivront ; s’ils deviennent de précieux serviteurs, ils vivront confortablement. Mais s’ils ne sont pas vendus, ils doivent mourir misérablement. »</p>
</blockquote>



<p>L’argument consistait donc à faire de la traite un moindre mal, voire un acte de charité travesti, assurant la survie d’indigents promis à l’extermination. On retrouve là un discours répandu du Mozambique à Oman, en passant par Zanzibar, consistant à dire : « nous les sauvons d’un sort plus cruel encore ». William Jones, qui connaissait bien le Coran et ses préceptes sur la dignité humaine, tenta à plusieurs reprises de convaincre Alawi que cette interprétation était contraire à l’islam. Le prince demeura inflexible, invoquant tantôt la « nécessité », tantôt la coutume. Quant au cas des esclaves convertis à l’islam, Jones reçut une réponse embarrassée :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« La loi nous interdit de les vendre quand ils croient au Prophète. Seuls les petits enfants sont vendus. Cela ne se fait pas souvent et pas avec tous les maîtres. »</p>
</blockquote>



<p>Ainsi la religion, pourtant brandie pour justifier l’asservissement des païens, n’offrait qu’une protection imparfaite aux générations nées en esclavage, surtout aux plus jeunes, facilement vendus selon le bon vouloir des maîtres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dimension raciale de l’esclavage comorien</h2>



<p>Un siècle plus tard, alors que la traite se voyait officiellement proscrite sous la pression britannique, un épisode révélateur allait exposer une autre facette de cette idéologie : le racisme pur et simple.</p>



<p>Le 23 avril 1875, le sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III) de Ndzuani adressait une lettre au consul britannique John Kirk<sup data-fn="328697b2-9163-4a9b-be56-28332fa277aa" class="fn"><a id="328697b2-9163-4a9b-be56-28332fa277aa-link" href="#328697b2-9163-4a9b-be56-28332fa277aa">6</a></sup>. Son boutre <em>Amanat Ullah</em> venait d’être détruit à Madagascar par la corvette britannique HMS <em>Rifleman</em>, soupçonné de pratiquer la traite. Deux esclaves fugitifs avaient dénoncé son capitaine Mohedin bin Saïd Hasan. Le souverain protesta non pas seulement sur la base du droit commercial, mais invoqua explicitement l’infériorité raciale et morale des témoins :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Je ne pense pas qu’il était juste pour l’officier commandant à bord du « Rifleman » de croire ce que disaient ces nègres, car selon notre loi, un nègre n’a jamais le droit de prêter serment comme témoin, car il n’est pas né pour dire la vérité. »</p>
</blockquote>



<p>Cette phrase, effroyable dans son mépris, illustre que l’idéologie esclavagiste ne reposait pas uniquement sur la nécessité économique ou la différence religieuse, mais aussi sur un préjugé racial ancré, plaçant le « nègre<sup data-fn="56f84f23-19eb-4dc9-bcc1-ec0461ea7abf" class="fn"><a id="56f84f23-19eb-4dc9-bcc1-ec0461ea7abf-link" href="#56f84f23-19eb-4dc9-bcc1-ec0461ea7abf">7</a></sup> » en dehors du champ du témoignage crédible, donc en dehors de l’humanité responsable.</p>



<h5 class="wp-block-heading">La lettre envoyée par Sultan Abdallah III à John Kirk :</h5>



<p style="font-style:normal;font-weight:300"><em>Ndzuani, le 23 avril 1875</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">Sir,</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">J’ai bien reçu votre lettre du 8 avril dernier, ainsi que Mohedin bin Saïd Hasan qui est arrivé. J’ai été très peiné d’apprendre qu’un de mes boutres, nommé « Amanat Ullah », a été détruit à Madagascar par un des navires de Sa Majesté, nommé « Rifleman ». Vous m’avez demandé de punir le maître du boutre pour avoir été impliqué dans la traite des esclaves. Je l’ai fait juger devant mon tribunal, mais n’ai pu trouver aucune preuve contre lui montrant qu’il ait eu quoi que ce soit à voir avec la traite des esclaves ou qu’il ait été impliqué dans la traite lors de son dernier voyage, quand le boutre a été détruit.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Je l’ai également fait juger au sujet des lettres qui ont été trouvées en sa possession concernant la traite des esclaves ; mais il a déclaré que ces lettres avaient été écrites il y a environ huit ou neuf ans, à l’époque où il était effectivement impliqué dans la traite, étant alors sujet et sous la protection du Sultan de Zanzibar. Il y avait aussi une lettre qu’il avait reçue d’un monsieur à Kilwa, lui demandant si le boutre en question allait transporter des esclaves, auquel cas il recevrait des esclaves pour lui à Kionga<sup data-fn="cc5f65ac-bc76-494b-beac-dd1ee2e45be3" class="fn"><a id="cc5f65ac-bc76-494b-beac-dd1ee2e45be3-link" href="#cc5f65ac-bc76-494b-beac-dd1ee2e45be3">8</a></sup> et les amènerait à <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Mwali</a>. Mohedin bin Said Hasan lui a alors répondu que son boutre ne pouvait transporter aucun esclave, car le Sultan de Ndzuani lui avait fait prêter serment de ne jamais transporter d’esclaves tant qu’il naviguerait sous le pavillon ou la protection de Ndzuani.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">D’après ce que j’ai pu découvrir, il y avait deux nègres déserteurs, appartenant auparavant à un boutre français, qui sont montés à bord du navire de Sa Majesté « Rifleman » et ont rapporté que le boutre précité avait débarqué des esclaves environ dix jours plus tôt. Je ne pense pas qu’il était juste pour l’officier commandant à bord du « Rifleman » de croire ce que disaient ces nègres, car selon notre loi, un nègre n’a jamais le droit de prêter serment comme témoin, car il n’est pas né pour dire la vérité. De plus, au moment où le boutre a été saisi et détruit, il a été pris sur la plage de Madagascar par certains officiers du navire de Sa Majesté « Rifleman », alors qu’il n’avait même pas ses mâts, étant en réparation et reposant sur la plage depuis deux mois ; donc, si tel est le cas, je ne pense pas qu’il y avait quelque droit de détruire le boutre.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Et comme vous m’avez informé que les îles de Ngazidja, Mwali et Ndzuani importent encore des esclaves, tant pour un usage domestique que pour les réexpédier vers des établissements voisins, en ce qui concerne Ngazidja et Mwali, je n’en sais absolument rien ; mais pour Ndzuani, je dois vous informer qu’il n’y a absolument aucune traite des esclaves en cours, car tout habitant de Ndzuani qui possède un boutre ou tout boutre qui navigue sous le pavillon ou la protection de Ndzuani doit prêter serment devant moi de n’avoir jamais rien à voir, de près ou de loin, avec la traite des esclaves. Et si je devais découvrir un homme rompant son serment, sa punition et sa sentence ne seraient rien d’autre que la mort.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Par ailleurs, je suis toujours disposé et prêt à aider le Gouvernement de Sa Majesté à prévenir l’esclavage ou toute autre chose qui serait en mon pouvoir.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Je serais très heureux si l’officier naval supérieur venait à Ndzuani, afin que je puisse m’entretenir personnellement avec lui, car il m’est impossible de m’exprimer dans une lettre comme je le souhaiterais, et j’espère que vous excuserez la mauvaise qualité de l’écriture de cette lettre, car il n’y a personne ici en ce moment qui soit bien instruit dans la langue anglaise<sup data-fn="220f0c19-99b9-4805-856c-61903a2d06a4" class="fn"><a id="220f0c19-99b9-4805-856c-61903a2d06a4-link" href="#220f0c19-99b9-4805-856c-61903a2d06a4">9</a></sup>. J’enverrai une lettre en Angleterre afin d’informer le Gouvernement de Sa Majesté au sujet des questions susmentionnées.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:500"><br>SULTAN ABDALLAH,<br>Roi de Ndzuani</p>
</blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>The works of Sir William Jones, Vol IV, <em>Sir William Jones (1807)</em>.</li>



<li>Accounts and papers, Trade &amp;c. &#8211; <em>continued</em> &#8211; (Life assurance compagnies); Slave trade &#8211; <em>Session 8 February &#8211; 15 August 1876</em>, Vol LXX (1876).</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="cb5e8c48-810b-480c-b5a3-41c743a71923"><em>Le mot « esclavage » se dit localement « urumwa » ou « utrwana ». L&rsquo;esclave est désigné par « mrumwa » (pl. warumwa) ou « mtrwana » (pl. watrwana). S&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une femme, dans certains cas on dit « mdjahazi ».</em> <a href="#cb5e8c48-810b-480c-b5a3-41c743a71923-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c9381dee-4d0f-423c-99e3-05db07e710f6"><em>Un travail de mémoire a été fait cependant en 2014 par l&rsquo;historien comorien Ibouroi Ali Tabibou sous forme d&rsquo;une thèse « Des esclaves makua et de leurs descendants aux Comores » qui s&rsquo;est déclinée en livres (2 tomes) disponibles aux Éditions Cœlacanthe.</em> <a href="#c9381dee-4d0f-423c-99e3-05db07e710f6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8d9e536e-0858-4465-9d3c-4ed52ab34446"><em>On retrouve certaines témoignages d&rsquo;esclaves africains originaires de l&rsquo;océan Indien (1850-1930) conservés par la Marine royale britannique dans le carde des campagnes anti-esclavage du XIX<sup>e</sup> siècle.</em> <a href="#8d9e536e-0858-4465-9d3c-4ed52ab34446-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="12365e95-0a34-44a8-aee1-34cd3ff4c98a"><em>Les itrea etaient habités par une population servile.</em> <a href="#12365e95-0a34-44a8-aee1-34cd3ff4c98a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="016c9cc6-caf4-4574-a7f3-cca94e044f6d"><em>William Jones (1746-1794), orientaliste britannique et juge colonial à Calcutta</em>. <a href="#016c9cc6-caf4-4574-a7f3-cca94e044f6d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="328697b2-9163-4a9b-be56-28332fa277aa"><em>John Kirk, consul britanique de Zanzibar de 1866 à 1886.</em> <a href="#328697b2-9163-4a9b-be56-28332fa277aa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="56f84f23-19eb-4dc9-bcc1-ec0461ea7abf"><em>Localement, le mot « nègre » est associé aux mots « mshendzi » et « matsaha »</em>. <a href="#56f84f23-19eb-4dc9-bcc1-ec0461ea7abf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cc5f65ac-bc76-494b-beac-dd1ee2e45be3"><em>Quionga, ville mozambicaine.</em> <a href="#cc5f65ac-bc76-494b-beac-dd1ee2e45be3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="220f0c19-99b9-4805-856c-61903a2d06a4"><em>La lettre est rédigée en anglais. Nous présentons ici une traduction de celle-ci.</em> <a href="#220f0c19-99b9-4805-856c-61903a2d06a4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/ideologie-esclavage-comores/">L&rsquo;idéologie derrière l&rsquo;esclavage dans l&rsquo;archipel des Comores</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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