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	<title>Sultanat Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<description>Se souvenir, c&#039;est vivre deux fois</description>
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	<title>Sultanat Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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		<title>L&#8217;après nkoɗo nkuu : le témoignage de Mze bin Mfwahaya</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 15:56:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Mze bin Mfwahaya]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Mze bin Mfwahaya s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte :</strong> Mze bin Fwahaya est un Mngazidja installé à Zanzibar qui, vers la fin du conflit opposant les sultans Msafumu et Saïd Ali, fit le choix de revenir à Ngazidja afin de prendre part aux affrontements. Il s’engagea naturellement en faveur du sultan d’Itsandraya.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Son récit porte essentiellement sur les derniers épisodes du conflit, sur les épreuves qu’il dut traverser, mais également sur le climat sociopolitique général qui régnait alors à Ngazidja. Il décrit notamment le fonctionnement des rouages de l’appareil esclavagiste mis en place par le sultan Saïd Ali : d’une part à travers le paiement du tribut qu’il devait au sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani en échange de son soutien, et d’autre part par le lucratif trafic d’esclaves dits « engagés », organisé avec les autorités coloniales et les planteurs français établis à Maore.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Son témoignage fut recueilli entre la fin du mois d’octobre et le début du mois de novembre 1883 à Mwali par le consul britannique Frederic Holmwood.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le récit de Mze bin Mfwahaya :</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« J’étais autrefois batelier de ravitaillement à Zanzibar, mais je suis venu à Ntsudjini lorsque la guerre éclata afin de veiller sur ma famille. Par la suite, je rejoignis le régiment des Wanyamwezi<sup data-fn="5715a93c-25ac-498c-8007-a0ca11d00d26" class="fn"><a href="#5715a93c-25ac-498c-8007-a0ca11d00d26" id="5715a93c-25ac-498c-8007-a0ca11d00d26-link">1</a></sup>, où je fus blessé à la tête. Il y avait dans ma compagnie plusieurs garçons de la mission des Universities’ Mission ; ils parlaient et écrivaient l’anglais. <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">Ils furent tous capturés par Saïd Ali et vendus aux Français</a>. Moi aussi, j’ai été capturé, mais je parvins à m’échapper et, connaissant bien le pays, je réussis ensuite à éviter d’être reconnu, bien que je croisasse constamment les hommes de Saïd Ali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis arrivé à Mwali il y a seulement un mois, à bord du boutre de Salim bin Mohammed Sidi. Il y avait à bord soixante-dix habitants de Ngazidja destinés au roi de Ndzuani. Salim bin Mohammed possédait deux pavillons<sup data-fn="77cbeceb-8f7f-4176-8991-77f08fa8e26c" class="fn"><a href="#77cbeceb-8f7f-4176-8991-77f08fa8e26c" id="77cbeceb-8f7f-4176-8991-77f08fa8e26c-link">2</a></sup>, l’un français et l’autre de Ndzuani ; il utilisait le premier en mer et le second lorsqu’il était au port. Il disposait de papiers de Ndzuani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque nous jetâmes l’ancre à Mwali, je débarquai et, apprenant que le sultan Abdullah bin Hamza<sup data-fn="6bcc37b8-7439-4236-aa72-760e8a906b76" class="fn"><a href="#6bcc37b8-7439-4236-aa72-760e8a906b76" id="6bcc37b8-7439-4236-aa72-760e8a906b76-link">3</a></sup> se trouvait dans la ville, je lui signalai que deux de ses esclaves originaires de Ngazidja se trouvaient à bord et étaient conduits vers Ndzuani. Il en informa le sultan <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Abdurahman</a><sup data-fn="170f0511-dd67-428a-9055-43f4d3467cf6" class="fn"><a href="#170f0511-dd67-428a-9055-43f4d3467cf6" id="170f0511-dd67-428a-9055-43f4d3467cf6-link">4</a></sup>, lequel envoya trois soldats pour les saisir ; ils furent ramenés à terre. Ils se trouvent maintenant auprès du sultan Abdallah<sup data-fn="d3acf4eb-c164-458b-a267-8d566604527a" class="fn"><a href="#d3acf4eb-c164-458b-a267-8d566604527a" id="d3acf4eb-c164-458b-a267-8d566604527a-link">5</a></sup>. Quant au reste des habitants de Ngazidja, ils furent conduits à Ndzuani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la guerre, une terrible famine éclata. Les soldats de Ndzuani<sup data-fn="1689198d-36ae-4264-bfb9-33c3e01ffe2e" class="fn"><a href="#1689198d-36ae-4264-bfb9-33c3e01ffe2e" id="1689198d-36ae-4264-bfb9-33c3e01ffe2e-link">6</a></sup> avaient détruit les récoltes ainsi que les cocotiers, et tout le bétail avait été emporté ou abattu. Le grain que vous aviez envoyé permit aux habitants de la ville de survivre pendant environ trois semaines ; mais ensuite chacun dut se nourrir d’herbe. Presque tous moururent. À Ikoni, pas une seule âme ne survécut. Des milliers de personnes périrent ; nul ne saura jamais combien exactement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette époque, de nombreux boutres arabes arrivèrent chargés de grain et achetèrent beaucoup d’esclaves au prix de sept livres de riz par personne. Les esclaves eux-mêmes étaient très heureux de partir, car ils mouraient de faim. Durant cette période, Saïd Ali et ses soldats n’embarquaient que des esclaves. Sans cela, il ne fait guère de doute que la plupart seraient morts. Les seuls habitants libres de Ngazidja qui furent saisis alors étaient quelques jeunes filles de la famille de Msafumu, envoyées à Ndzuani pour le harem du roi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le départ de <a href="https://beshelea.com/hashim-brouille-said-ali/">Saïd Hashim</a>, Saïd Ali et Binti Haɗidja<sup data-fn="047c602f-5a94-4a54-847d-55e40840c70e" class="fn"><a href="#047c602f-5a94-4a54-847d-55e40840c70e" id="047c602f-5a94-4a54-847d-55e40840c70e-link">7</a></sup> vendent tous ceux qu’ils peuvent capturer et qui sont aptes au travail forcé. Les Français traversaient la mer environ tous les mois ou toutes les trois semaines. Auparavant, ils ne venaient qu’à Mbadjini, mais désormais ils viennent jusqu’à Mroni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le boutre d’Awathi commerce régulièrement avec Maore. <a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Ɓuku Hamaɗi</a><sup data-fn="7d0d5448-61df-47e3-bd3f-5222c72046f7" class="fn"><a href="#7d0d5448-61df-47e3-bd3f-5222c72046f7" id="7d0d5448-61df-47e3-bd3f-5222c72046f7-link">8</a></sup> partit lors de son dernier voyage. Il est le secrétaire de Saïd Ali et a été envoyé pour régler un différend avec le sultan Abdullah de Ndzuani. Celui-ci réclame 40 000 dollars à Saïd Ali et souhaite ne compter chaque esclave qu’à 40 dollars ; mais Saïd Ali n’en reconnaît que 25 000 et se crédite lui-même de 50 dollars par esclave. Il a également envoyé une somme considérable en argent, qu’il avait prise aux parents de Msafumu. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>



<li>British and Foreign State Papers 1882-1883, Vol. LXXIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1890)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="5715a93c-25ac-498c-8007-a0ca11d00d26"><em>La troupe menée par Kara Hadji [Abubakar bin Hadji], arrivée à Itsandraya Mdjini le 27 février 1882 en soutien à la faction du sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu, comptait dans ses rangs de nombreux soldats issus de l’ethnie Nyamwezi.</em> <a href="#5715a93c-25ac-498c-8007-a0ca11d00d26-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="77cbeceb-8f7f-4176-8991-77f08fa8e26c"><em>La majorité des boutriers de cette période, engagés dans le trafic des esclaves dits « engagés », utilisaient régulièrement le stratagème des pavillons afin d’échapper à la saisie de leurs navires par la marine britannique, alors mobilisée contre la traite esclavagiste dans la région.</em> <a href="#77cbeceb-8f7f-4176-8991-77f08fa8e26c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6bcc37b8-7439-4236-aa72-760e8a906b76"><em>Ancien sultan du Ɓamɓao, il est de la même famille que Saïd Ali. Après la mort de Msafumu, il s’est exilé à Mwali auprès de Sultan Abdurahman bin Saïd Hamaɗi.</em> <a href="#6bcc37b8-7439-4236-aa72-760e8a906b76-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="170f0511-dd67-428a-9055-43f4d3467cf6"><em>Abdurahman bin Saïd Hamadi, sultan de Mwali.</em> <a href="#170f0511-dd67-428a-9055-43f4d3467cf6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d3acf4eb-c164-458b-a267-8d566604527a"><em>Abdallah bin Salim, sultan de Ndzuani.</em> <a href="#d3acf4eb-c164-458b-a267-8d566604527a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1689198d-36ae-4264-bfb9-33c3e01ffe2e"><em>Le contingent envoyé par le sultan Abdallah bin Salim au secours du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar était dirigé par le général Abderahman bin Omar et le jemadar Mohamed Alawi.</em> <a href="#1689198d-36ae-4264-bfb9-33c3e01ffe2e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="047c602f-5a94-4a54-847d-55e40840c70e"><em>Haɗidja binti Ahmed, sultane de Mbadjini et grande sœur de Saïd Hashim. </em> <a href="#047c602f-5a94-4a54-847d-55e40840c70e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7d0d5448-61df-47e3-bd3f-5222c72046f7"><em>Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi, propriétaire du boutre Awathi, était un Moronien très impliqué dans le trafic d’esclaves</em>. <a href="#7d0d5448-61df-47e3-bd3f-5222c72046f7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/mze-bin-mfwahaya/">L&rsquo;après nkoɗo nkuu : le témoignage de Mze bin Mfwahaya</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Désignation du prince Salim comme héritier présomptif d&#8217;Abdallah III</title>
		<link>https://beshelea.com/prince-salim-heritier/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 08:47:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Salim bin Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Huit jours seulement après la signature, le 10 octobre 1882, du traité anglo-anjouanais relatif à l’abolition de l’esclavage, le sultan Abdallah bin Salim rend publique sa décision concernant sa succession. À l’instar de son père, qui avait procédé de même en 1852, il désigne son fils aîné, Salim, alors âgé de 18 ans, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte :</strong> Huit jours seulement après la signature, le 10 octobre 1882, du <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">traité anglo-anjouanais relatif à l’abolition de l’esclavage</a></em><sup data-fn="305d3feb-448f-4fe3-85fb-29f8775e956f" class="fn"><a href="#305d3feb-448f-4fe3-85fb-29f8775e956f" id="305d3feb-448f-4fe3-85fb-29f8775e956f-link">1</a></sup><em>, le sultan Abdallah bin Salim rend publique sa décision concernant sa succession. À l’instar de son père, qui avait procédé de même en 1852, il désigne son fils aîné, Salim</em><sup data-fn="5256fbe4-6087-4dbe-82d1-af40339b05f3" class="fn"><a href="#5256fbe4-6087-4dbe-82d1-af40339b05f3" id="5256fbe4-6087-4dbe-82d1-af40339b05f3-link">2</a></sup><em>, alors âgé de 18 ans, comme héritier présomptif.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce choix, tout comme le moment auquel il intervient, ne relève en rien du hasard. Durant les négociations ayant précédé la signature du traité d’abolition, des frictions sont apparues au sein de la classe politique et jusque dans sa propre famille, au premier rang desquelles l’opposition de ses propres frères, les princes Muhammad et Othman. Dans ce climat de défiance, le risque d’une révolte</em><sup data-fn="f4d3362b-a5d9-4763-acef-582d409e72c1" class="fn"><a href="#f4d3362b-a5d9-4763-acef-582d409e72c1" id="f4d3362b-a5d9-4763-acef-582d409e72c1-link">3</a></sup><em> contre son autorité se fait alors sentir, susceptible de compromettre une succession pacifique</em><sup data-fn="3c1f04ea-c52f-4aaa-9e7c-d4a9f96474a8" class="fn"><a href="#3c1f04ea-c52f-4aaa-9e7c-d4a9f96474a8" id="3c1f04ea-c52f-4aaa-9e7c-d4a9f96474a8-link">4</a></sup><em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>À ces considérations politiques s’ajoute l’état de santé du sultan. Atteint de cataracte, Abdallah bin Salim avait perdu la vue vers 1876-1877, avant de la recouvrer à la suite d’une opération pratiquée à Maurice en mars 1879. En cette année 1882, sa vue commence à nouveau à se dégrader, le rendant d’autant plus vulnérable face à l’influence que pourraient exercer ses frères sur l’avenir du sultanat.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>C’est d’ailleurs ce qu’il confia au consul britannique Frederic Holmwood, dans la matinée du 10 octobre, peu après la signature du traité :</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je vieillis</em><sup data-fn="6667352f-45be-4faf-9784-a0dadbbc9ffa" class="fn"><a href="#6667352f-45be-4faf-9784-a0dadbbc9ffa" id="6667352f-45be-4faf-9784-a0dadbbc9ffa-link">5</a></sup><em> et, bien que toujours actif, ma cécité croissante me confinera bientôt complètement. Depuis quelque temps, je songe à déclarer publiquement que j’ai désigné le prince Salim, mon fils aîné, pour me succéder. Mon père m’avait lui-même reconnu de cette manière</em><sup data-fn="872ad7e8-d6c5-4ffb-bac9-37810e4cdf50" class="fn"><a href="#872ad7e8-d6c5-4ffb-bac9-37810e4cdf50" id="872ad7e8-d6c5-4ffb-bac9-37810e4cdf50-link">6</a></sup><em>, et maintenant que j’ai signé le traité contre la volonté de la majorité de mon peuple, je suis d’autant plus préoccupé par cette question. Je sens que j’ai profondément offensé mes sujets</em><sup data-fn="dac47782-f878-4c16-9c6a-b62eabae1a69" class="fn"><a href="#dac47782-f878-4c16-9c6a-b62eabae1a69" id="dac47782-f878-4c16-9c6a-b62eabae1a69-link">7</a></sup><em>, et à moins d’être soutenu par les Anglais, ma position deviendra périlleuse. »</em></p>



<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center">PROCLAMATION</h4>



<p class="wp-block-paragraph">« Moi, Sultan Abdallah bin Sultan Salim, sultan de Ndzuani, ordonne en ce jour ce qui suit :—</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’après ma mort, mon fils aîné, le prince Salim, me succédera comme sultan de ce pays, et j’ordonne qu’à compter de ce jour il prenne rang et préséance en qualité d’héritier présomptif de ce royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon vizir est chargé de la promulgation du présent décret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fait à Mtsamɗu, ce 18 octobre 1882. »</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">(L.S.)<br>(Signé) <strong>Sultan Abdallah bin Salim</strong>.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1882-83, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (N°1, 1883)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="305d3feb-448f-4fe3-85fb-29f8775e956f"><em>Le deuxième du genre pour l’île après celui de 1844.</em> <a href="#305d3feb-448f-4fe3-85fb-29f8775e956f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5256fbe4-6087-4dbe-82d1-af40339b05f3"><em>Né à Mtsamɗu</em> <em>en 1864, il est le fils d’Abdallah et de sa cousine originaire de Ɗomoni, Ɓweni Malali.</em> <a href="#5256fbe4-6087-4dbe-82d1-af40339b05f3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f4d3362b-a5d9-4763-acef-582d409e72c1"><em>Et effectivement, une rébellion éclata presque aussitôt, au mois de novembre, contre Abdallah bin Salim. Elle s’inscrivait notamment dans un contexte de refus d’appliquer les dispositions du traité par une partie de l’élite locale. Deux de ses frères étaient alors en rébellion ouverte contre lui et avaient pris Mtsamɗu, la capitale. Une autre insurrection éclata également en 1884.</em> <a href="#f4d3362b-a5d9-4763-acef-582d409e72c1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3c1f04ea-c52f-4aaa-9e7c-d4a9f96474a8"><em>À la mort d’Abdallah, le 3 février 1891, un conflit de succession s’installa entre, d’un côté, le prince Salim, qui s’était autoproclamé sultan, et, de l’autre, son oncle Othman, qui nourrissait les mêmes ambitions.</em> <a href="#3c1f04ea-c52f-4aaa-9e7c-d4a9f96474a8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6667352f-45be-4faf-9784-a0dadbbc9ffa"><em>Il était alors âgé de 45 ans.</em> <a href="#6667352f-45be-4faf-9784-a0dadbbc9ffa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="872ad7e8-d6c5-4ffb-bac9-37810e4cdf50"><em>Son père, le sultan Salim bin Alawi, le désigna héritier présomptif de son vivant en 1852. Abdallah accéda au pouvoir trois ans plus tard, en 1855, après le décès de son père.</em> <a href="#872ad7e8-d6c5-4ffb-bac9-37810e4cdf50-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dac47782-f878-4c16-9c6a-b62eabae1a69"><em>Un sentiment corroboré par le témoignage du général <a href="https://beshelea.com/echec-abolition-abderahman-bin-omar/">Abderahman bin Omar</a>, en novembre 1883, qui donnait des détails sur le climat de vulnérabilité du pouvoir régnant à Ndzuani durant la période ayant suivi la signature du traité du 10 octobre 1882.</em> <a href="#dac47782-f878-4c16-9c6a-b62eabae1a69-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/prince-salim-heritier/">Désignation du prince Salim comme héritier présomptif d&rsquo;Abdallah III</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<item>
		<title>Colonisation française des Comores : Traité du 6 janvier 1886</title>
		<link>https://beshelea.com/traite-6-janvier-1886/</link>
					<comments>https://beshelea.com/traite-6-janvier-1886/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 07:40:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gerville-Réache]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série à travers laquelle Ɓeshelea s’est fixé pour objectif de publier l’intégralité des traités et actes relatifs à la colonisation française de l’archipel des Comores.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte :</strong> Longtemps convoité par le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar depuis les premières années de la décennie 1880 — au point d’en implorer l’octroi auprès des autorités françaises</em><sup data-fn="54dc21c3-afcb-4e09-aeae-9af070c0ce85" class="fn"><a href="#54dc21c3-afcb-4e09-aeae-9af070c0ce85" id="54dc21c3-afcb-4e09-aeae-9af070c0ce85-link">1</a></sup><em>— le protectorat français sur Ngazidja devient finalement réalité au tout début de l’année 1886. Pour le nouveau Ntiɓe, fragilisé sur le plan politique malgré sa victoire totale lors de la seconde Nkoɗo nkuu</em><sup data-fn="dc130fe6-f8cd-4900-8c18-572610abafe1" class="fn"><a href="#dc130fe6-f8cd-4900-8c18-572610abafe1" id="dc130fe6-f8cd-4900-8c18-572610abafe1-link">2</a></sup><em>, l’enjeu est alors existentiel. Contesté au sein même de sa famille, notamment depuis sa rupture à l’été 1883 avec son oncle maternel et ancien allié <a href="https://beshelea.com/hashim-brouille-said-ali/">Hashim wa Mwinyi Mkuu</a>, sultan du Mbadjini, Saïd Ali cherche dans l’appui français le moyen de consolider un pouvoir devenu précaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sa francophilie, presque obsessionnelle</em><sup data-fn="2c660c47-9549-45ab-9285-7cea053a98f0" class="fn"><a href="#2c660c47-9549-45ab-9285-7cea053a98f0" id="2c660c47-9549-45ab-9285-7cea053a98f0-link">3</a></sup><em>, joue alors un rôle décisif. Saïd Ali, qui place dans la France une confiance sans réserve, voit en elle l’unique puissance capable d’assurer son autorité. Cette disposition le rend particulièrement vulnérable aux ambitions de Léon Humblot, botaniste français de passage à Ngazidja en septembre 1884. Habile et opportuniste, il promet au sultan de défendre ses multiples requêtes de protectorat auprès de Paris. Séduit, Saïd Ali lui remet, le 10 janvier 1885, les pleins pouvoirs pour le représenter dans ses démarches, accompagnés d’une <a href="https://beshelea.com/said-ali-jules-grevy-1885/">lettre destinée au président Jules Grévy</a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mais derrière la promesse diplomatique se profile une entreprise autrement plus lucrative. Flairant l’immense profit qu’il peut tirer de la situation, Humblot agit avec empressement. À son retour à Mroni, il conclut le 5 novembre 1885 une convention commerciale directement avec le sultan Saïd Ali. Ce traité, signé bien avant l’officialisation de la tutelle française, lui accorde des droits exorbitants : « le droit d’exploiter toute l’étendue de l’île, toutes les richesses naturelles quelconques et toutes les terres qu’il voudra mettre en culture ». En contrepartie, le sultan percevrait « 10 % sur les bénéfices réalisés dans les différentes branches de l’exploitation de l’île ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Trois mois plus tard, la France recueille presque sans effort le contrôle de l’île. Quarante-cinq ans après l’acquisition controversée de Maore</em><sup data-fn="f2a7d36d-d774-48d2-b55e-7e2009466226" class="fn"><a href="#f2a7d36d-d774-48d2-b55e-7e2009466226" id="f2a7d36d-d774-48d2-b55e-7e2009466226-link">4</a></sup><em>, Ngazidja devient la deuxième île de l’archipel à entrer dans l’orbite coloniale française, après des décennies de tentatives infructueuses, notamment sur Mwali. L’année 1886 marque dès lors un basculement décisif. Car une fois cette brèche ouverte, l’expansion française s’accélère avec une redoutable efficacité : trois mois seulement après Ngazidja, Ndzuani tombe à son tour sous protectorat le 21 avril, suivie de Mwali le 26 avril.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Traité conclu le 6 janvier 1886 avec le Sultan Ntiɓe de Ngazidja</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Entre :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son Altesse Saïd Ali wa Saïd Omar, sultan Ntiɓe de Ngazidja,<br>assisté de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mohammed bin Ahmed<sup data-fn="01091dd4-e86c-4df2-8fb9-07e2ba18dca2" class="fn"><a href="#01091dd4-e86c-4df2-8fb9-07e2ba18dca2" id="01091dd4-e86c-4df2-8fb9-07e2ba18dca2-link">5</a></sup>, premier ministre,</li>



<li>Abderahman, deuxième ministre,</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">et en présence des princes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Saïd Bakari wa Sultan Ahmed<sup data-fn="2e52393c-e4cd-4bde-9687-d67fecf3336f" class="fn"><a href="#2e52393c-e4cd-4bde-9687-d67fecf3336f" id="2e52393c-e4cd-4bde-9687-d67fecf3336f-link">6</a></sup>,</li>



<li><a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">Ɓwana Fumu wa Mɓafumu</a>, sultan particulier de Mitsamihuli,</li>



<li>Mohammed Sidi wa Saïd Omar<sup data-fn="486e779b-acc0-4bb9-8402-2e03391a527f" class="fn"><a href="#486e779b-acc0-4bb9-8402-2e03391a527f" id="486e779b-acc0-4bb9-8402-2e03391a527f-link">7</a></sup>, frère de Son Altesse,</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">d’une part ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le gouvernement de la République Française, représenté par M. Gerville-Réache, commandant de Maore,<br>en présence de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>M. de Bausset Roquefort Duchaine d’Arbaud, capitaine de frégate, officier de la Légion d’honneur, commandant de l’aviso de l’État <em>Le Labourdonnais</em>,</li>



<li>MM. Riche, médecin de 1er classe de la marine, chevalier de la Légion d’honneur,</li>



<li>de Lestrac, sous-commissaire de la marine,</li>



<li>Ropars et Rouhet, enseignes de vaisseau,</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">d’autre part ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été convenu ce qui suit :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 1</strong> : Le gouvernement de Son Altesse, désirant assurer l’indépendance de Ngazidja et resserrer les liens d’amitié existant depuis longtemps entre lui et la France, déclare accorder une situation prépondérante au gouvernement français dans les affaires de cette île à l’exclusion de toute autre nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 2</strong> : Il s’engage à ne céder aucune partie du territoire et à ne traiter avec aucune puissance sans avoir obtenu préalablement l’assentiment du gouvernement français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 3</strong> : Son Altesse, voulant en même temps assurer la paix et la tranquillité de son État et éviter les compétitions entre les différents chefs subalternes du territoire, offre de laisser subsister les cinq sultanats existant actuellement, à savoir :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Ɓamɓao</li>



<li>Itsandraya</li>



<li>Mitsamihuli</li>



<li>Mbuɗe</li>



<li>Mbadjini</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Chacun sera dirigé par un chef portant le titre de sultan, placé directement sous l’autorité du sultan Ntiɓe, lequel conserve la direction spéciale du sultanat de Ɓamɓao, dont la capitale est Mroni.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 4</strong> : Son Altesse prend l’engagement :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>De ne déplacer ni révoquer aucun souverain de l’île sans l’assentiment du délégué du gouvernement français ;</li>



<li>De ne faire ni laisser faire aucune guerre dans ses États sans avoir pris au préalable l’avis de l’autorité française.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 5</strong> : Dans le cas où Son Altesse viendrait à décéder par suite de mort violente, elle entend laisser à la France le soin de régler sa succession comme elle le jugera nécessaire au bien du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 6</strong> : Son Altesse confirme les concessions de terres ou autorisations d’exploitation déjà accordées aux Français à Ngazidja, et s’engage à faciliter à l’avenir l’établissement des ressortissants français qui viendront y habiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fait à Mroni, le 6 janvier 1886.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">Ont signé :<br><strong>Saïd Ali wa Saïd Omar</strong>, sultan de Ngazidja<br><strong>Gerville-Réache</strong>, commandant de Maore</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">(<em>Signatures des témoins</em>).</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les traités de protectorat conclus par la France en Afrique, 1870-1895,&nbsp;<em>Edgard Rouard de Card&nbsp;(1897)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Note</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="54dc21c3-afcb-4e09-aeae-9af070c0ce85"><em>En date du 20 août 1883, lettre envoyée au gouverneur de Maore ainsi qu’à celui de Nosy-Be : « […] Je verse des torrents de larmes, j’ai un cœur français dans un corps arabe. Je suis sultan par droit de contrat, par testament et par la force des armes. Mais si la France ne vient pas à mon aide en accordant à mon pays et à moi-même ce protectorat que je sollicite, tout est perdu. »</em> <a href="#54dc21c3-afcb-4e09-aeae-9af070c0ce85-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dc130fe6-f8cd-4900-8c18-572610abafe1"><em>Dernier conflit majeur du 19ᵉ siècle à Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#dc130fe6-f8cd-4900-8c18-572610abafe1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2c660c47-9549-45ab-9285-7cea053a98f0"><em>Formé auprès de l’administration coloniale à Maore, il se décrivait lui-même comme « au cœur français dans un corps arabe ».</em> <a href="#2c660c47-9549-45ab-9285-7cea053a98f0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f2a7d36d-d774-48d2-b55e-7e2009466226"><em>À la suite du controversé traité de cession de Maore, signé le 25 avril 1841.</em> <a href="#f2a7d36d-d774-48d2-b55e-7e2009466226-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="01091dd4-e86c-4df2-8fb9-07e2ba18dca2"><em>Wazir d&rsquo;Ikoni.</em> <a href="#01091dd4-e86c-4df2-8fb9-07e2ba18dca2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2e52393c-e4cd-4bde-9687-d67fecf3336f"><em>L’un des oncles maternels de Saïd Ali, personnage très influent et ancien sultan du Ɓamɓao.</em> <a href="#2e52393c-e4cd-4bde-9687-d67fecf3336f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="486e779b-acc0-4bb9-8402-2e03391a527f"><em>Un prince de Ndzuani, demi-frère de Saïd Ali.</em> <a href="#486e779b-acc0-4bb9-8402-2e03391a527f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/traite-6-janvier-1886/">Colonisation française des Comores : Traité du 6 janvier 1886</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La version du sultan Hashim sur sa brouille avec le sultan Saïd Ali</title>
		<link>https://beshelea.com/hashim-brouille-said-ali/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 14:27:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Hashim wa Mwinyi Mkuu]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Alliés durant la seconde <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">Nkoɗo nkuu</a> de Ngazidja, les sultans Saïd Hashim bin Ahmed<sup data-fn="aefde5aa-3612-4941-864d-0b3c594f478e" class="fn"><a href="#aefde5aa-3612-4941-864d-0b3c594f478e" id="aefde5aa-3612-4941-864d-0b3c594f478e-link">1</a></sup> (Mbadjini) et Saïd Ali wa Saïd Omar (Ɓamɓao) basculent dans l’hostilité dès l’issue du conflit. L’oncle et le neveu laissent apparaître leurs premières dissensions au début de l’année 1883, principalement autour des circonstances entourant la mort de leur rival, le sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu (Itsandraya).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des mois, la rupture se confirme et s’aggrave durant l’été de la même année, jusqu’à entraîner l’exil de Hashim à Mwali. C’est dans ce contexte qu’il y rencontre, en novembre, le consul britannique Frederic Holmwood, alors de passage dans l’archipel. À cette occasion, il livre un témoignage détaillé, exposant sa lecture des événements et revenant sur les raisons qui l’avaient initialement conduit à soutenir Saïd Ali. Il met notamment en lumière la question du commerce d’esclaves dits « engagés » avec les Français, dont il tirait des bénéfices, ainsi que les origines de leur brouille, liées à la désignation de Haɗidja binti Ahmed comme sultane de Mbadjini.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Saïd Hashim, sultan de Mbadjini, en exil temporaire à Mwali : </h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Je n’avais aucun différend avec Msafumu. Il était parfaitement libre de refuser d’importer des esclaves, ou de refuser d’en vendre aux Français. Mais le sultan Abdallah bin Hamza<sup data-fn="0827079f-8a30-4b56-a733-89b53e009a3e" class="fn"><a href="#0827079f-8a30-4b56-a733-89b53e009a3e" id="0827079f-8a30-4b56-a733-89b53e009a3e-link">2</a></sup> n’en avait pas le droit. J’étais sultan de Mbadjini, relevant de lui par naissance<sup data-fn="372d6de3-7531-4f2f-a74f-a11fd1f1ecda" class="fn"><a href="#372d6de3-7531-4f2f-a74f-a11fd1f1ecda" id="372d6de3-7531-4f2f-a74f-a11fd1f1ecda-link">3</a></sup>, et mes revenus dépendaient du commerce des engagés. Il en avait lui-même tiré une part légitime de profits. Je ne dis pas qu’il avait tort d’affranchir ses propres esclaves, mais dès lors qu’il s’est immiscé dans les affaires des Makuas, il est devenu nécessaire de soutenir un autre sultan ; et, me fiant aux promesses françaises, je me suis rangé du côté de Saïd Ali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je l’ai aidé à combattre le sultan Abdallah, mais j’ai refusé de me quereller avec Msafumu jusqu’à ce qu’il signe ce traité avec les Anglais<sup data-fn="cb9c6d45-d527-4b34-809d-549254392237" class="fn"><a href="#cb9c6d45-d527-4b34-809d-549254392237" id="cb9c6d45-d527-4b34-809d-549254392237-link">4</a></sup>, qui visait à ruiner notre commerce. Ce n’est pas de notre faute si nous avons commencé à vendre des gens de Ngazidja. Les navires anglais ont arrêté les boutres en provenance du Mozambique, qui ont toujours fourni les engagés makuas. Nous étions endettés envers les Français et devions leur fournir des esclaves. Je regrette aujourd’hui d’avoir exporté des habitants de Ngazidja. Saïd Ali a commencé, pour payer le sultan de Ndzuani<sup data-fn="f3044df9-2d2b-49cf-a637-b92d8a84e322" class="fn"><a href="#f3044df9-2d2b-49cf-a637-b92d8a84e322" id="f3044df9-2d2b-49cf-a637-b92d8a84e322-link">5</a></sup>. Je ne nierai pas que j’ai moi aussi expédié des gens de Ngazidja vers Ndzuani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai quitté Ngazidja parce que Saïd Ali m’a ordonné de me rendre à Mitsamihuli comme chef, et a envoyé sa sœur<sup data-fn="3223ba82-7d39-4f36-b10b-5dc34f09866d" class="fn"><a href="#3223ba82-7d39-4f36-b10b-5dc34f09866d" id="3223ba82-7d39-4f36-b10b-5dc34f09866d-link">6</a></sup>, Haɗidja binti Ahmed, pour me remplacer. Ce fut une trahison de sa part, et je me suis brouillé avec lui. Il était cependant trop puissant pour moi, et j’ai dû partir. Haɗidja vend tous ceux dont elle peut s’emparer, qu’ils soient esclaves ou libres. Pour ma part, je ne saisissais que des esclaves. Je ne dirai pas que je n’ai jamais pris de personnes nées libres, mais, si cela s’est produit, ce n’était que parmi les plus pauvres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis encore en bons termes avec le père de Saïd Ali (Saïd Omar). Il souhaite vivement que je me réconcilie avec son fils et que je revienne, mais je ne renoncerai jamais à mon droit sur Mbadjini. Je préférerais me réconcilier avec Abdallah bin Hamza et accepter le traité anglais. Ces traités n’existent plus désormais. Saïd Ali les a trouvés parmi les effets de Msafumu et <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-mshangama-mwalimu/">les a déchirés sous ses yeux avant de le tuer</a>. Les soldats de Ndzuani se tenaient autour, riant et se moquant<sup data-fn="07b8420a-6838-45d0-8ebe-a4187980cfc9" class="fn"><a href="#07b8420a-6838-45d0-8ebe-a4187980cfc9" id="07b8420a-6838-45d0-8ebe-a4187980cfc9-link">7</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïd Ali était en très mauvaise posture lorsque vous êtes arrivé à Mroni. Les Français avaient totalement refusé de l’aider, et sans les renforts venus de Ndzuani, il aurait dû se rendre. S’il l’avait fait, j’aurais été tué. Même aujourd’hui, sans la crainte de Ndzuani, toute la population se soulèverait contre Saïd Ali. Il le sait et prend des précautions. Saïd Omar m’écrit qu’il espère vivement que les Français lui accorderont désormais leur pavillon pour l’emporter à Ngazidja. Il n’attend plus qu’une réponse finale de Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sultan de Ndzuani m’a écrit il y a quelques jours pour me demander de le rejoindre, promettant d’organiser une réconciliation entre Saïd Ali et moi, afin que je puisse retourner à Mbadjini. Mais je le connais trop bien pour me fier à lui. Soit, ayant tiré tout ce qu’il pouvait de Saïd Ali, il souhaite que j’aille combattre à ses côtés, soit il a l’intention de m’éliminer discrètement, craignant que je n’entrave ses projets. Vous pouvez être certain que tout ce qu’il fait ne sert que ses propres intérêts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous prie de bien vouloir m’accorder un passage pour Zanzibar. Là, je pourrais voir <a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">Saïd Barghash</a>, [le véritable] sultan de Masiwani<sup data-fn="1ef8fb8b-9447-43ff-86fb-d4f4e94d0dc2" class="fn"><a href="#1ef8fb8b-9447-43ff-86fb-d4f4e94d0dc2" id="1ef8fb8b-9447-43ff-86fb-d4f4e94d0dc2-link">8</a></sup>, et lui demander d’intervenir. Il semble avoir complètement oublié Ngazidja. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1884-85, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (november 1885)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes </h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="aefde5aa-3612-4941-864d-0b3c594f478e"><em>Saïd Hashim bin Ahmed, également connu sous le nom de Hashim wa Mwinyi Mkuu, issu de la lignée Inya Mɗomɓozi, naît en 1860 à Fumɓuni et meurt le 18 juin 1889 à Nyumamilima ya Mbadjini.</em> <a href="#aefde5aa-3612-4941-864d-0b3c594f478e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0827079f-8a30-4b56-a733-89b53e009a3e"><em><em>Abdallah bin Saïd Hamza est le petit-fils du sultan Ahmed « Mwinyi Mkuu », lequel n’est autre que le père de Saïd Hashim.</em></em> <a href="#0827079f-8a30-4b56-a733-89b53e009a3e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="372d6de3-7531-4f2f-a74f-a11fd1f1ecda"><em>Abdallah bin Saïd Hamza est un petit fils de sultan Ahmed « Mwinyi Mkuu », père de Saïd Hashim.</em> <a href="#372d6de3-7531-4f2f-a74f-a11fd1f1ecda-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cb9c6d45-d527-4b34-809d-549254392237"><em>Le 13 octobre 1882, les sultans Msafumu wa Fefumu (Itsandraya) et Abdallah bin Saïd Hamza (Bamɓao) signèrent deux traités avec le consul britannique Frederic Holmwood, visant à abolir l’esclavage à Ngazidja.</em> <a href="#cb9c6d45-d527-4b34-809d-549254392237-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f3044df9-2d2b-49cf-a637-b92d8a84e322"><em>Le sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III). Devenu Ntiɓe, Saïd Ali, soutenu militairement et logistiquement par Ndzuani, dut honorer une lourde dette de guerre envers Abdallah III.</em> <a href="#f3044df9-2d2b-49cf-a637-b92d8a84e322-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3223ba82-7d39-4f36-b10b-5dc34f09866d"><em>En réalité, Haɗidja est la sœur aînée de Saïd Hashim et la tante de Saïd Ali. Dans le Mbadjini, la succession du sultan Uma Ɗari s’effectua selon un système de règne alterné entre Haɗidja et Hashim, une pratique attestée à l’époque dans certains sultanats de Ngazidja afin de résoudre les questions de succession.</em> <a href="#3223ba82-7d39-4f36-b10b-5dc34f09866d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="07b8420a-6838-45d0-8ebe-a4187980cfc9"><em>Cette scène est corroborée par le soldat Mshangama Mwalimu.</em> <a href="#07b8420a-6838-45d0-8ebe-a4187980cfc9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1ef8fb8b-9447-43ff-86fb-d4f4e94d0dc2"><em>Celui-ci emploie le terme « Masiwani » pour désigner l’archipel des Comores, laissant entendre que Barghash apparaissait comme l’autorité suprême vers laquelle les sultans comoriens se tournaient en dernier ressort pour régler leurs différends. Traditionnellement, les sultans de l’archipel reconnaissaient au sultan de Zanzibar un rôle de supérieur et de protecteur, selon une formule relevant davantage de la politesse diplomatique que d’une réelle sujétion.</em> <a href="#1ef8fb8b-9447-43ff-86fb-d4f4e94d0dc2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/hashim-brouille-said-ali/">La version du sultan Hashim sur sa brouille avec le sultan Saïd Ali</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Colonisation française des Comores : Traité du 25 avril 1841</title>
		<link>https://beshelea.com/colonisation-traite-25-avril-1841/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 14:15:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Andriantsuli]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Omar Abubakari]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Passot]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Noël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série à travers laquelle Ɓeshelea s’est fixé pour objectif de publier l’intégralité des traités et actes relatifs à la colonisation française de l’archipel des Comores.</p>
<p>The post <a href="https://beshelea.com/colonisation-traite-25-avril-1841/">Colonisation française des Comores : Traité du 25 avril 1841</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans l’histoire de l’archipel des Comores, la parenthèse de la colonisation française demeure, jusqu’à aujourd’hui, un sujet de débats et de controverses. Ces discussions portent aussi bien sur l’interprétation, à l’européenne, de la notion d’« État-nation » que sur la lecture et l’analyse de certains documents historiques. C’est précisément sur ce dernier aspect que nous nous penchons ici, puisque la colonisation française aux Comores débute officiellement le 25 avril 1841, à la suite d’une controverse liée au traité de cession de l’île de Maore.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Par Kori Tari avec Rabouba Jr al Shahashahani</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce document, dont il existe plusieurs versions, contient des informations qui ne concordent pas toujours. L’interprétation des événements ayant conduit à cette cession ne fait, encore aujourd’hui, l’unanimité, tant l’histoire se révèle plus complexe qu’il n’y paraît. Ainsi, selon Cadi Omar Abubakar<sup data-fn="9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97" class="fn"><a href="#9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97" id="9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97-link">1</a></sup>, cette cession aurait été envisagée dans le but de protéger sa famille et l’île de Maore d’un coup de force préparé par Andriantsuli, lequel cherchait à s’emparer de l’île. Pour parvenir à ses fins, il lui aurait fallu éliminer toute la famille royale qui lui était opposée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le statut même de « sultan » au moment de la signature du traité demeure discutable. Nous y reviendrons plus loin, mais il convient de souligner qu&rsquo;Andriantsuli reconnaît lui-même, dans un échange avec le Français Vincent Noël, que, s’agissant du sultan de Ndzuani, « il ne se considérait que comme son lieutenant et ne pouvait disposer de l’île sans un ordre exprès de ce prince ». À cela s’ajoutent les intrigues des ministres Fiunzuna et Nahiku<sup data-fn="51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d" class="fn"><a href="#51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d" id="51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d-link">2</a></sup>, ainsi que la position particulière de Cadi Omar depuis le traité de cession de l’île de 1835 au sultan de Ndzuani. Autant d’éléments qui rendent la situation bien plus complexe que la présentation souvent réductrice proposée sur certains plateaux de télévision ou dans certaines revues de presse, lesquelles s’appuient sur une lecture strictement française des faits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre le fait colonial, il ne suffit pas de se limiter à la version officielle produite par la puissance occupante, d’autant plus lorsque les documents concernés ont été rédigés dans des langues différentes. C’est le cas de la cession de Maore : le document original fut rédigé en arabe par Cadi Omar Abubakar avant d’être traduit en français. Or cette traduction, établie par l’agent consulaire de France à Zanzibar, Vincent Noël, qui accompagnait Pierre Passot, pose plusieurs problèmes. C’est pourquoi nous avons choisi, dans cet article, de présenter les deux versions du texte, d’y adjoindre une traduction française récente du document original, d’en dégager les différences et d’apporter quelques précisions nécessaires.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img width="491" height="652" data-id="1120"  alt="Version originale en arabe du Traité du 25 avril 1841" class="wp-image-1120 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-1.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-1.jpg 491w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-1-226x300.jpg 226w" sizes="(max-width: 491px) 100vw, 491px" /><figcaption class="wp-element-caption">Version originale en arabe du Traité du 25 avril 1841</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="768" height="1024" data-id="1119"  alt="Version originale en arabe du Traité du 25 avril 1841 (suite)" class="wp-image-1119 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-768x1024.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-768x1024.jpg 768w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-225x300.jpg 225w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-1152x1536.jpg 1152w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Version originale du Traité du 25 avril 1841 (suite)</figcaption></figure>
</figure>



<h3 class="wp-block-heading">Traité du 25 avril 1841 &#8211; Version traduite par Vincent Noël en 1841</h3>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Au nom du Dieu clément et miséricordieux. C’est en Lui que nous mettons notre confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le traité suivant, négocié par le capitaine Passot, envoyé de M. de Hell, contre-amiral gouverneur de Bourbon, a été conclu entre S.A. Andriantsuli, fils d’Uza, ancien roi des Sakalaves, aujourd’hui sultan de Maore, et le gouvernement français, sauf l’approbation de Sa Majesté Louis-Philippe Ier, roi des Français, ou de son représentant, le gouverneur de Bourbon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 1 :</strong> Le sultan Andriantsuli cède à la France, en toute propriété, l’île de Maore, qu’il possède par droit de conquête et par convention, et sur laquelle il règne depuis treize ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 2 :</strong> En retour de la présente cession, le gouvernement français fera au sultan Andriantsuli une rente viagère de mille piastres. Cette rente, qui sera payée par trimestre, ne sera pas réversible sur les enfants du sultan Andriantsuli mais deux de ses fils pourront être envoyés à Bourbon pour y être élevés aux frais du gouvernement français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 3 :</strong> Le sultan Andriantsuli pourra continuer à habiter Maore ; il conservera la jouissance de toutes ses propriétés particulières, mais il ne devra en aucune manière s’opposer aux ordres donnés par le représentant à Maore du roi des Français. Il devra, au contraire, faire tout ce qui dépendra de lui pour en assurer l’exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 4 :</strong> Si le sultan Andriantsuli voulait retourner à Madagascar, le gouvernement français s’engage à le déposer, lui et ceux de ses gens qui désireraient le suivre, sur le point qu’il désignera, sans autre condition. Mais alors, la pension de mille piastres qui lui est allouée cesserait à dater du jour de son départ de Maore.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 5 :</strong> Toutes les propriétés sont inviolables. Ainsi, les terres cultivées, soit par les Sakalaves, soit par les autres habitants de l’île Maore, continuent à leur appartenir. Cependant, si pour la sûreté et la défense de l’île, il était nécessaire d’occuper un terrain habité par un individu quelconque, celui-ci devrait aller s’établir dans une autre partie de l’île, à son choix, mais sans être en droit d’exiger une indemnité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 6 :</strong> Les terres non reconnues propriétés particulières appartiennent de droit au gouvernement français, qui seul pourra en disposer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 7 :</strong> Les discussions, disputes ou différends quelconques qui s’élèveraient entre les Français et les anciens habitants de Maore seront jugés par des hommes sages et éclairés, choisis dans les deux populations et désignés par Sa Majesté le Roi des Français ou par son représentant à Maore.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 8 :</strong> En considération des liens de parenté et d’amitié qui unissent le sultan Andriantsuli au sultan Alawi<sup data-fn="7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac" class="fn"><a href="#7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac" id="7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac-link">3</a></sup>, si ce dernier veut résider à Bourbon, Maore ou Nosy Be, il sera traité de la manière la plus favorable par tout commandant pour le roi des Français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 9 :</strong> Le présent acte, rédigé en français et en arabe, a été fait en triple exécution dans chacune des deux langues. Il recevra son exécution lorsqu’il aura été sanctionné par Sa Majesté le Roi des Français ou par son représentant le gouverneur de Bourbon, et à dater du jour où le pavillon national de la France sera arboré sur un point quelconque de Maore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fait à Maore, le dimanche deuxième du mois de Rabi-el-Awal, 1257 de l’hégire, date correspondante au 25 avril 1841.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Signataires [selon une des versions]:</strong><br>Passot — Andriantsuli, Fiunzuna [vizir] — Bakari Kusu [vizir] — Madani Tauria [vizir] — Nahiku [vizir] — Anaha [vizir] — Saïd bin Athuman [vizir] — Omar bin Masulaha [vizir] — Fuadi Ahmadi bin Athuman [Cadi]. »</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img width="713" height="1024" data-id="1125"  alt="Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe. (1)" class="wp-image-1125 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-713x1024.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-713x1024.jpg 713w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-209x300.jpg 209w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-768x1104.jpg 768w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-1069x1536.jpg 1069w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3.jpg 1425w" sizes="(max-width: 713px) 100vw, 713px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="1024" height="763" data-id="1126"  alt="Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe. (2)" class="wp-image-1126 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-1024x763.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-1024x763.jpg 1024w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-300x223.jpg 300w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-768x572.jpg 768w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-1536x1144.jpg 1536w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe. (suite)</figcaption></figure>
</figure>



<h3 class="wp-block-heading">Traité du 25 avril 1841 &#8211; Version traduite par Zaïneb Ben Abdelhafidh en 2025</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Et c’est par Lui que nous cherchons assistance. Voici ce qui a été convenu entre Son Excellence le Sultan Andriantsuli, Sultan de Maore, fils du Sultan Uza, Sultan des Sakalaves, ainsi que le capitaine Passot, chambellan du gouverneur de Bourbon et émissaire auprès du Sultan susmentionné, sous réserve d’accord de Sa Majesté le roi Louis-Philippe Iᵉʳ, Souverain des Français, et par son représentant à Bourbon, Son Altesse Mathieu de Hell.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Première condition</strong> : Son Excellence le Sultan Andriantsuli, Sultan de Maore, cède entièrement et sans restriction l’île mentionnée à Sa Majesté, Souverain des Français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Seconde condition</strong> : Sa Majesté, Souverain des Français, versera à Son Excellence le Sultan Andriantsuli, comme rétribution pour lui avoir cédé l’île, une rente viagère de mille piastres, tant que le Sultan Andriantsuli résidera sur l’île de Maore et, si Son Excellence vient à décider, ses enfants ne pourront prétendre à ce qui appartient à leur père. Toutefois, Son Excellence le Sultan Andriantsuli est en droit d’envoyer deux de ses enfants à Bourbon, auquel cas leur éducation sera financièrement prise en charge par le Souverain suprême (français).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Troisième condition</strong> : Tant que Son Excellence le Sultan Andriantsuli demeure à Maore, aucune de ses possessions ne lui sera confisquée, à condition qu’il n’aille pas à l’encontre des ordres de Son Altesse le Souverain des Français ou de son représentant nommé par lui. Au contraire, si le représentant de Son Altesse le Souverain des Français requiert quelque chose, Son Excellence le Sultan Andriantsuli devra lui apporter toute l’assistance nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quatrième condition</strong> : Les Français doivent garantir au Sultan Andriantsuli et à son entourage de se rendre dans tout lieu de la région où il souhaiterait voyager. Toutefois, à partir du moment où il quittera Maore, le versement des mille piastres mentionnées cessera.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cinquième condition</strong> : Tous les biens des Sakalaves et des autres peuples de Maore resteront sous leur contrôle absolu. Cependant, si un habitant réside dans un endroit qui se trouve être un lieu nécessaire à la protection de l’île, celui-ci pourra être relogé dans un autre lieu de son choix, sauf si ce lieu appartient à un propriétaire, auquel cas son installation nécessitera l’accord de ce dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sixième condition</strong> : Toute terre n’appartenant à personne par droit de propriété et n’ayant pas été cultivée appartient au Souverain suprême (français), et le représentant de Son Altesse pourra en disposer à sa guise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Septième condition</strong> : En cas de litige entre un Mahorais et un Français, leur jugement sera rendu par un représentant des Français et un représentant des populations de l’île, choisis parmi les personnes les plus sages et instruites par Son Altesse le Souverain des Français ou son représentant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Huitième condition</strong> : Si le Sultan Alawi souhaite résider à Bourbon ou à Nosy Be et Maore, il pourra, si Allah le veut, y séjourner auprès de ceux qui servent Sa Majesté le Souverain des Français, et il y sera traité avec bienveillance, honneur et une grande considération. Cela est ordonné par le Souverain suprême (français), en raison des liens de parenté entre le Sultan Andriantsuli et Alawi, et de l’amitié qui s’est établie entre eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce document a été rédigé en trois exemplaires, et son contenu prendra effet dès qu’il sera validé par Sa Majesté le roi Louis-Philippe Iᵉʳ, Souverain des Français, ou par son représentant à Bourbon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été déposé en un lieu désigné de l’île de Maore, sous le pavillon français, le dimanche 2 Rabīʿ al-Awwal 1257 de l’Hégire. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Signataires :</strong><br>Passot — Ont signé Fiunzuna [vizir] — Bakari Kusu [vizir] — Madani Tauria [vizir] — Nahiku [vizir] — Anaha [vizir] — Saïd bin Athuman [vizir] — Omar bin Masulaha [vizir] — Fuadi Ahmadi bin Athuman [Cadi] — Et celui qui a rédigé cela, sous leur autorité, et s&rsquo;en porte garant, c&rsquo;est Cadi Omar bin Abubakar. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Quelques points à relever sur les deux traductions :</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison des deux versions révèle que des ajouts ont été introduits par le traducteur Vincent Noël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant la première condition, la version originale et la traduction proposée par Zaïneb Ben Abdelhafidh concordent parfaitement. En revanche, l’ajout des treize années de règne attribuées à Andriantsuli semble avoir été introduit afin de le légitimer comme sultan incontesté. Or, dans les faits, l’Ampanzaka<sup data-fn="2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950" class="fn"><a href="#2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950" id="2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950-link">4</a></sup> ne s’installe définitivement sur le sol mahorais qu’en 1832. Un simple calcul montre qu’entre 1832 et 1841, date de la signature du traité, neuf années seulement se sont écoulées. Andriantsuli n’a d’ailleurs été sultan de Maore que de 1832 à 1833, avant d’être destitué la même année par Ramanetaka<sup data-fn="18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39" class="fn"><a href="#18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39" id="18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39-link">5</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, il devient gouverneur pour le compte des sultans de Ndzuani à partir de 1835, fonction qu’il conserve jusqu’à la signature du traité de 1841. Cette situation découle d’un accord conclu en 1835 entre les nobles de Maore et le sultan Abdallah II<sup data-fn="1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e" class="fn"><a href="#1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e" id="1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e-link">6</a></sup> (1823-1835) de Ndzuani, lorsque ce dernier les libéra du joug de Ramanetaka.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La quatrième condition du traité mentionne, dans la version de Vincent Noël, la terre de Madagascar, alors que la traduction de Zaïneb Ben Abdelhafidh, conforme à l’original, n’y fait pas référence. Il apparaît ainsi qu&rsquo;Andriantsuli pouvait se rendre où bon lui semblait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, la cinquième condition évoque, dans le texte original, une entente entre autochtones dans le cas où l’un souhaiterait s’installer, et non une indemnité due au représentant français. Là encore, la traduction de Zaïneb Ben Abdelhafidh restitue fidèlement le sens du document original.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, s’agissant des signataires, il est désormais établi que le nom de Andriantsuli n’apparaît pas dans le document original, alors qu’il figure dans la version traduite par Vincent Noël. À l’inverse, le nom de Cadi Omar bin Abubakar, présent dans l’original, disparaît dans l&rsquo;une des versions françaises de 1841.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enseignement à tirer d’une telle situation est clair : il est indispensable de vérifier chaque document afin d’éviter toute méprise dans la compréhension de notre histoire. Celle-ci est complexe, et certains cherchent, volontairement ou non, à la simplifier à l’excès. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Archives départementales de La Réunion</li>



<li>Histoire des îles Ha&rsquo;Ngazidja, Hi&rsquo;Ndzou&rsquo;ani, Maïota et Mwali, <em>présentation critique des manuscrits arabe et swahili émanant du Grand Qadi de Ndzaoudzé</em>, Oumar Aboubakari Housséni (1865), <em>Djahazi Edition (1997)</em>.</li>



<li>Comores : quatre îles entre pirates et planteurs, Tome 1 &#8211; Razzias, malgaches et rivalités internationales (fin XVIIIe-1875), <em>Jean Martin (1983)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97"><em>Un prince, membre de la famille royale de Maore, expose dans une chronique rédigée en 1865 sa propre version des faits concernant l’histoire de l’île ainsi que la question relative à la cession de 1841.</em> <a href="#9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d"><em>Chacun prétendait, de son côté, être le véritable gouvernant de Maore, soutenant que Andriantsuli avait perdu de son influence.</em> <a href="#51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac"><em>Alawi bin Abdallah bin Alawi, dit Alawi II ou Alawi Mtiti (« le jeune »), était le sultan déchu de Ndzuani. Il était également le souverain auquel <em>Andriantsuli</em> avait prêté allégeance et au nom duquel il gouvernait Maore depuis la mort du père de celui-ci, en 1836.</em> <a href="#7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950"><em>Terme malgache générique servant à désigner le souverain, qu’il s’agisse d’un roi ou d’une reine.</em> <a href="#2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39"><em>Sultan de Mwali.</em> <a href="#18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e"><em>Abdallah bin Alawi.</em> <a href="#1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Lettre d&#8217;Alawi Mtiti à l&#8217;Américain Aaron H. Palmer (mars 1837)</title>
		<link>https://beshelea.com/alawi-mtiti-aaron-palmer/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 16:55:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Aaron H. Palmer]]></category>
		<category><![CDATA[Alawi bin Abdallah bin Alawi]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis d'Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Devenu sultan de Ndzuani en 1836, à tout juste dix-sept ou dix-neuf ans, dans des circonstances tragiques — après la mort en détention, en avril de la même année à Mwali, de son père et de deux de ses oncles paternels1 — Alawi bin Abdallah, dit Alawi Mtiti2, hérite d’un pouvoir profondément instable. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte :</strong> Devenu sultan de Ndzuani en 1836, à tout juste dix-sept ou dix-neuf ans, dans des circonstances tragiques — après la mort en détention, en avril de la même année à Mwali, de son père et de deux de ses oncles paternels<sup data-fn="c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819" class="fn"><a id="c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819-link" href="#c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819">1</a></sup> — Alawi bin Abdallah, dit Alawi Mtiti<sup data-fn="209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb" class="fn"><a id="209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb-link" href="#209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb">2</a></sup>, hérite d’un pouvoir profondément instable. À peine intronisé, il entend reprendre, dès le mois de novembre, le conflit engagé par son père, le sultan Abdallah bin Alawi (Abdallah II), contre <a href="https://beshelea.com/said-hamadi-nasser-mwali/">Ramanetaka</a><sup data-fn="805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6" class="fn"><a id="805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6-link" href="#805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6">3</a></sup>, sultan de Mwali.</em> <em>Mais ce projet est rapidement contrarié : dès le début de 1837, il fait face à une rébellion conduite par plusieurs de ses oncles paternels, au premier rang desquels Hasan, futur sultan Salim II<sup data-fn="179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6" class="fn"><a id="179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6-link" href="#179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6">4</a></sup>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Au-delà de ces dissensions interfamiliales, Alawi Mtiti n’ignorait pas que l’île devait impérativement renouer avec le commerce des nations étrangères, pilier essentiel de son économie. C’est ainsi que, parallèlement à la <a href="https://beshelea.com/justice-affaire-comores-londres-1670/">relation privilégiée</a> entretenue par le sultanat de Ndzuani avec les Britanniques, il tenta de jeter, en mars 1837, les bases d’un partenariat comparable avec les États-Unis d’Amérique, par l’entremise d’un commerçant new-yorkais du nom d’Aaron H. Palmer. Il l’invita également à dépêcher un représentant résident sur l’île, afin de consolider et de pérenniser cette relation naissante.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">« À la cité américaine de New-York :<br>Pour le bien-aimé Cheikh Aaron H. Palmer, n° 49, Wall Street.<br>Qu’Allah soit son guide ! Amen ! Badooh !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la grâce du Très-Haut,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au très cher, au très glorieux, au très généreux Cheikh Aaron H. Palmer, l’honoré, l’exalté, le magnifique, le comblé.<br>Qu’Allah, le Très-Haut, soit son guide ! Amen !</p>



<p class="wp-block-paragraph">À présent, après t’avoir offert l’honneur et la protection de la cité de Ndzuani et de ses habitants, voici ce que je t’adresse :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ta noble lettre est arrivée et nous l’avons lue. Ton ami en a bien compris le contenu. Qu’Allah te récompense abondamment ! Tu dis dans ta lettre que tu désires commercer — vendre et acheter — dans notre pays, et que tu souhaites entretenir avec nous des relations d’amitié. Sois le bienvenu. Nous te remercions et acceptons ton offre. Tu nous dis aussi de t’informer de tout ce dont nous aurions besoin de ta part.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nouveau, nous te remercions et t’informons que tu peux nous envoyer un représentant de ta maison qui résidera dans le pays de Ndzuani. Ainsi, tes affaires pourront s’y établir pleinement. Un bazar des marchands et tout ce qu’il faut dans le pays sera préparé de notre côté, s’il plaît à Dieu. Tout ce qui sera demandé dans ces contrées sera payé comptant à la livraison. Moi et tout le peuple de Ndzuani te demandons de nous unir aux peuples américains par l’amitié et la bonne entente, comme nous le sommes avec les Anglais, et nous vous servirons tous comme nous les servons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous éprouvons désormais un grand désir de nous rapprocher des peuples américains. Dis-leur de nous envoyer leurs lettres, ou bien un navire de guerre en leur nom, et nous nous lierons à eux par un traité solennel. Ce que nous désirons et demandons de toi à présent, ce sont des lettres scellées de recommandation, pour notre assurance. Et afin que tu saches que cette lettre vient bien de nous, nous l’avons marquée de notre sceau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous te prions de nous envoyer toutes sortes de tissus de lin et de cotonnades, blanches et brunes, des étoffes à fines rayures, toutes sortes de draps de laine, dix lits et soixante chaises, toutes sortes d’objets en verre, des lampes grandes et petites — certaines pour poser sur la table — ainsi que de beaux mouchoirs de soie. Voilà ce que nous t’écrivons. À présent, que salutations et prospérité soient avec toi à jamais !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Daté du 10e jour du mois de dhu al-hijjah, 1252<br><em>(correspondant environ au 16 mars 1837)</em><sup data-fn="3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa" class="fn"><a id="3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa-link" href="#3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa">5</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De ton ami, le <strong>Sultan ALAWI</strong><sup data-fn="7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057" class="fn"><a id="7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057-link" href="#7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057">6</a></sup>, fils du Sultan, Abdallah bin Alawi, Al Shirazi. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Dashes at life with a free pencil : The American short story series, Volume 30,&nbsp;<em>Burgess (Stringer &amp; Co., 1845) / Nathaniel P. Willis (1969)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819"><em>Le sultan de Ndzuani, Abdallah bin Alawi, ses frères Husein et Ali, l’ancien sultan de Maore Ɓwana Kombo bin Ahamadi, ainsi que neuf officiers waNdzuani, malmenés en mer par une violente tempête et pensant bénéficier d’une trêve, mirent pied à terre à Fumɓoni. À leur grande surprise, ils furent capturés par les hommes de Ramanetaka et moururent dans les prisons de ce dernier. Certains, dont Abdallah II, auraient été laissés mourir de faim.</em> <a href="#c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb"><em>Alawi Mtiti (Alawi le Jeune), également connu sous le nom de sultan Alawi II</em>. <a href="#209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6"><em>Un Malgache, converti à l’islam et connu sous le nom de sultan Abdurahman, est par ailleurs le père de la sultane Djumɓe Fatima.</em> <a href="#805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6"><em>Hasan bin Alawi devenu Salim, un des frères d&rsquo;Abdallah II. le conflit se prolongea durant quatre années et prit fin le 25 octobre 1840 avec l’exil du jeune sultan Alawi II et de ses conseillers, parmi lesquels figurait son grand-oncle, le vizir Saïd Hamza.</em> <a href="#179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa"><em>La note relative à la correspondance avec le calendrier grégorien, avançant la date au 16 mars, a été ajoutée par le traducteur américain. Toutefois, la date exacte devrait correspondre au 20 mars 1837.</em> <a href="#3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057"><em>Il est enfin à noter que le traducteur américain de la lettre commit une erreur en traduisant littéralement, depuis l’arabe, le nom « Alawi » par « Sublime ». Cette traduction fautive donna la formule suivante : <em>“the Sooltan the sublime, son of the Sooltan, Abdallah the sublime”</em> (« le Sultan le sublime, fils du Sultan, Abdallah le sublime »).</em> <a href="#7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Quelques éléments du âɗa de Mroni au début du 20e siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jan 2026 19:06:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mila]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Wazir]]></category>
		<category><![CDATA[Mroni]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série consacrée à d’anciens témoignages comoriens portant sur les notions de nɗola / harusi et de âɗa na mila à Ngazidja.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">En matière d’âɗa na mila, chaque génération, au fil du temps, porte ses propres spécificités. Et même au sein d’une même génération, bien qu’il existe un socle commun, les coutumes ne sont pas uniformes à Ngazidja. Selon les localités, certains usages varient, tant dans leur forme que dans leur ampleur. La ville de Mroni n’échappe pas à cette réalité. Nous en avons aujourd’hui une connaissance plus fine grâce au témoignage du Ntsudjinien Abdallah bin Wazir, qui éclaire certaines subtilités du <a href="https://beshelea.com/mariage-coutumes-19e-ngazidja/">nɗola ya âɗa</a> dans cette localité du Ɓamɓao à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle. Son récit a été recueilli à Hambourg en 1913 par le chercheur allemand Martin Heepe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Haɓari za âɗa za Mroni, par Abdallah bin Wazir (19 juillet 1913)</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Rapports de Ngazidja provenant de la ville de Mroni :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi en est-il de leur coutume : lorsqu’une personne entre dans un <a href="https://beshelea.com/anciennes-traditions-ndola-ngazidja/">hirimu</a><sup data-fn="40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8" class="fn"><a id="40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8-link" href="#40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8">1</a></sup>, elle a pour habitude d’abattre (et de faire cuire) un <em>mɓuzi ya hirimu</em><sup data-fn="8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63" class="fn"><a id="8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63-link" href="#8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63">2</a></sup>. Ces chèvres des classes d’âge sont, depuis les temps anciens, un usage établi. Chez les gens d’autrefois, les chèvres qu’ils abattaient lors de leurs fêtes de mariage étaient peu nombreuses. L’un abattait une chèvre pour 5 rials<sup data-fn="65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3" class="fn"><a id="65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3-link" href="#65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3">3</a></sup>, un autre une chèvre pour 10 rials. Cela représentait une très grande chèvre pour les gens d’autrefois. En revanche, les chèvres que nous possédons aujourd’hui et que nous abattons maintenant dépassent de loin celles qu’ils avaient jadis lors de leurs festins de noces. La dépense pour les chèvres qu’une personne abat aujourd’hui s’élève déjà à 150 ou 200 rials.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en est ainsi des chèvres des classes d’âge [mɓuzi za hirimu] dans la ville de Mroni. Quant aux chèvres lors des mariages, elles sont innombrables. Chacun se marie selon ses moyens. Les gens apportent de nombreuses choses. Un homme a coutume d’apporter 250, ou 300, ou 400, ou 450 rials. Telle est la somme que l’on apporte aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et lorsque quelqu’un apporte ces biens, les femmes ont coutume de s’y rendre, de s’asseoir dans la maison de la femme à laquelle les biens ont été apportés, et de chanter et de danser. Lorsque les hommes arrivent avec les biens et qu’ils apportent environ 200 rials, les gens de la ville en reçoivent 100 rials. C’est le <em>karam</em><sup data-fn="68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607" class="fn"><a id="68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607-link" href="#68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607">4</a></sup> de la ville. Si quelqu’un apporte 300 rials, il organise un karam pour 140 rials ; si quelqu’un apporte 400 rials, il en dépense 160 rials : c’est le karam de la ville, financée à partir des biens qui ont été apportés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque quelqu’un a entièrement livré les biens et offert le karam ya mdji, il retourne ensuite abattre de nouveau des <em>mɓe za karam</em><sup data-fn="8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650" class="fn"><a id="8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650-link" href="#8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650">5</a></sup> pour la célébration. Il abat un mfulwa mɓe<sup data-fn="a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3" class="fn"><a id="a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3-link" href="#a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3">6</a></sup>, un mɓe ɗume [taureau] et une mɓe nene [vache grasse]. Tels sont les bovins destinés à la fête. Puis il se repose. Et il met en ordre les biens qu’il enverra lorsque le marié fera son mdjio ɗahoni<sup data-fn="680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541" class="fn"><a id="680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541-link" href="#680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541">7</a></sup>. Telles sont les informations concernant le père de la femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, l’homme, après avoir apporté les biens, donné le karam et fait abattre les bovins pour la célébration [mɓe za karam], a coutume de préparer le « <em>ipamkono</em><sup data-fn="0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9" class="fn"><a id="0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9-link" href="#0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9">8</a></sup> » pour la femme. L’homme prend 10 <em>pauni</em><sup data-fn="4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97" class="fn"><a id="4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97-link" href="#4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97">9</a></sup> et les remet à l’orfèvre, puis il prend 15 pauni, et 12 pauni, et 3 pauni, et 5 pauni, et 2 pauni, et une pauni. Il les donne à l’orfèvre afin que celui-ci lui fabrique les objets destinés au ipamkono pour sa femme. Au moment où l’homme entre dans la maison, il emporte ces objets comme ipamkono et les remet à la femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’il est entré, il demeure jusqu’au quatrième jour ; alors il apporte 50 roupies, cinq sacs de riz décortiqué<sup data-fn="893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43" class="fn"><a id="893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43-link" href="#893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43">10</a></sup>, un mfule<sup data-fn="f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385" class="fn"><a id="f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385-link" href="#f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385">11</a></sup>, cinq charges de noix de coco<sup data-fn="2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f" class="fn"><a id="2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f-link" href="#2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f">12</a></sup> et cinq régimes de bananes<sup data-fn="330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167" class="fn"><a id="330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167-link" href="#330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167">13</a></sup>, qu’il fait entrer dans la maison. Le sixième jour, il apporte 60 roupies, deux mfule et six sacs de riz, et les introduit dans la maison. Et le neuvième jour, il apporte le <em>vao</em><sup data-fn="7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320" class="fn"><a id="7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320-link" href="#7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320">14</a></sup>. Ce neuvième jour, l’homme apporte 150 roupies, un très grand bœuf et 130 vêtements : ce sont les habits [vao] qu’il leur remet dans la maison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fait forger : le pectoral (kiɗani<sup data-fn="87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68" class="fn"><a id="87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68-link" href="#87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68">15</a></sup>), le bandeau frontal (mɓo), les bracelets de bras (kekee<sup data-fn="d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4" class="fn"><a id="d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4-link" href="#d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4">16</a></sup>), le triple bracelet (ɓin agiri), les anneaux de cheville (mitale), les boucles d’oreilles (zitali<sup data-fn="05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac" class="fn"><a id="05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac-link" href="#05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac">17</a></sup>), le collier (mkufu<sup data-fn="417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e" class="fn"><a id="417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e-link" href="#417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e">18</a></sup>), l’ornement nasal (ipini<sup data-fn="65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea" class="fn"><a id="65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea-link" href="#65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea">19</a></sup>) et deux bagues (mbere) ; tel est le « Ipamkono » que les gens apportent de nos jours. Le pectoral est en or, le bandeau frontal est en or, les boucles d’oreilles sont en or, les bracelets de bras sont en or, le triple bracelet est en or, l’ornement nasal est en or, les deux bagues sont en or, tandis que les anneaux de cheville sont en argent et le collier en argent. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8"><em>Classe d’âge à laquelle appartient un groupe d’individus.</em> <a href="#40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63"><em>Une chèvre destinée à la classe d’âge</em>. <a href="#8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3"><em>À cette époque, un rial équivaut à deux roupies (riali ndzima = rupia mɓili).</em> <a href="#65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607"><em>Repas de fête, festin. Dans le cas présent, il s’agit du <em>karamu ya mdji</em>, littéralement le festin de la ville.</em> <a href="#68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650"><em>Expression signifiant littéralement « bovins de festin ».</em> <a href="#8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3"><em>Contraction de <em>mfule ya mɓe</em>, qui désigne un bœuf castré.</em> <a href="#a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541"><em>La procession dite de « l’entrée dans la maison », marquant l’arrivée du marié chez la mariée.</em> <a href="#680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9"><em>Ensemble de bijoux en or offerts à la mariée par le mari lors du grand mariage, pour un poids estimé à plus de trois kilos d’or.</em> <a href="#0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97"><em>Pièces de monnaie anglaises en or.</em> <a href="#4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43"><em>Madjunia matsanu ya ntsohole.</em> <a href="#893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385"><em>Bouc castré.</em> <a href="#f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f"><em>Midzo mitsanu ya nazi.</em> <a href="#2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167"><em>Mirengo mitsanu ya ndrovi.</em> <a href="#330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320"><em>Ensemble des habits d’apparat offerts par l’un des époux à l’autre lors des festivités de mariage.</em> <a href="#7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68"><em>Grand collier en or, composé de plusieurs médaillons couvrant la poitrine ; il fait partie des bijoux constituant le <em>ipamkono</em>.</em> <a href="#87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4"><em>Bracelet large et rigide, en argent ou en or, fermé par une clavette. Il fait partie des bijoux offerts à la mariée lors d’un grand mariage.</em> <a href="#d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac"><em>Également appelé <em>zipuli</em>.</em> <a href="#05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e"><em>Chaîne portée par les femmes autour du cou. On distingue deux types de <em>mkufu</em> : le <em>mkufu wa dhahaɓu</em> (chaîne en or) et le <em>mkufu wa sulutri</em> (chaîne en or épinglée dans les cheveux et descendant sur le front depuis les deux oreilles). Le terme <em>mkufu</em> désigne également une tresse de cheveux allant du front à la nuque.</em> <a href="#417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea"><em>Bijou en or ou en argent porté dans un trou percé au nez, assimilable à un piercing.</em> <a href="#65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Anciennes traditions de Nɗola ya Âɗa à Ngazidja</title>
		<link>https://beshelea.com/anciennes-traditions-ndola-ngazidja/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 19:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mila]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Muhamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Wazir]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série consacrée à d’anciens témoignages comoriens portant sur les notions de nɗola / harusi et de âɗa na mila à Ngazidja.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’anthropologue Sultan Chouzour écrit dans son œuvre majeure <em>Le Pouvoir de l’honneur</em><sup data-fn="c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71" class="fn"><a id="c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71-link" href="#c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71">1</a></sup> que : « Aux Comores, où le rôle dominant du groupe est réaffirmé à chaque occasion, la prise en charge de l’enfant afin d’en faire un élément digne de la société constitue une préoccupation majeure. » Il est en effet pertinent de rappeler que, d’un point de vue coutumier, le Comorien — particulièrement à Ngazidja — ne naît pas accompli : il le devient au fil de son existence. De la naissance à la mort, il franchit, au sein de son <em><em><em>ɓ</em></em>ea</em> (classe d’âge), une succession d’étapes au terme desquelles, <em>hirimu</em><sup data-fn="20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d" class="fn"><a id="20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d-link" href="#20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d">2</a></sup> après <em>hirimu</em>, il ou elle se rapproche de la figure idéale et respectable définie par la société coutumière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://beshelea.com/mariage-coutumes-19e-ngazidja/">Dans un précédent article</a>, nous avons montré que les festivités de mariage, quels qu’en soient les coûts, répondent avant tout à une nécessité sociologique. Il en va de même des autres jalons de la vie sociale : la naissance d’un enfant, sa circoncision lorsqu’il s’agit d’un garçon, sa mise à l’honneur par un <em>karamu</em><sup data-fn="847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb" class="fn"><a id="847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb-link" href="#847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb">3</a></sup> lorsqu’il s’agit d’une fille, l’apprentissage des règles de bonne conduite en présence et face aux aînés, entre autres. En somme, il s’agit d’un système fondé sur le partage, au sein de la cité, des biens, du prestige et du savoir-vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, chaque génération, à travers le temps, porte ses spécificités. Les traditions évoluent, naissent et parfois s’éteignent. C’est dans cette perspective que nous poursuivons la restitution des témoignages recueillis à Hambourg au début du XXᵉ siècle, plus précisément entre 1910 et 1920, par les équipes de Carl Meinhof et de Martin Heepe auprès de navigateurs et aventuriers comoriens. Cette fois, l’attention se porte sur les récits d’Abdallah bin Wazir et d’Abdallah bin Muhamadi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nɗola ya shiNgazidja, par Abdallah bin Wazir (18 juillet 1913)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« Ceci est un mariage<sup data-fn="fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380" class="fn"><a id="fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380-link" href="#fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380">4</a></sup> de Ngazidja.<br>[Lorsqu’une personne se mariait autrefois — les gens d’autrefois, leur manière de se marier et de donner en mariage —] quand quelqu’un désirait se marier, il apportait des biens ; et les biens que l’on avait coutume d’apporter autrefois ne consistaient pas en argent. Les biens que l’on apportait étaient des vêtements et des esclaves. Un homme avait coutume d’apporter cinq vêtements, trois esclaves femmes wadjahazi et deux esclaves hommes. Tels étaient les biens que l’on apportait en premier lieu. Et lorsque quelqu’un avait apporté ces biens, les gens de la ville avaient coutume de recevoir deux vêtements et un bœuf. Cela constituait leur karamu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, le père de la femme avait coutume de donner, à cette fin, six bœufs et 25 rials<sup data-fn="36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266" class="fn"><a id="36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266-link" href="#36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266">5</a></sup>, qu’il distribuait aux gens de la ville. Cela constituait le karamu de la ville à l’occasion du mariage de sa fille. Le père de la femme se mettait alors à préparer les biens pour le mariage de sa fille : il se procurait beaucoup de riz, beaucoup de noix de coco, beaucoup de miel et beaucoup de chèvres, puis il se tenait prêt à attendre le mari de sa fille afin de le laisser venir et entrer lorsqu’il était prêt et souhaitait entrer dans la maison<sup data-fn="28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739" class="fn"><a id="28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739-link" href="#28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739">6</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour le jour où le marié souhaite entrer dans la maison, les gens préparent des pains, des crêpes et des pâtisseries<sup data-fn="0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6" class="fn"><a id="0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6-link" href="#0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6">7</a></sup>, ainsi que des chèvres, dont on en abat dix, quinze, ou même vingt, selon les capacités de chacun. Lorsque le marié est entré dans la maison, on partage ces pains, ces crêpes, ces pâtisseries et la viande de chèvre rôtie<sup data-fn="e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349" class="fn"><a id="e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349-link" href="#e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349">8</a></sup>. Les gens les partagent entre eux et les emportent chez eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis viennent les habitants de la ville : le premier hirimu est celui des <em>wafomamdji</em><sup data-fn="3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d" class="fn"><a id="3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d-link" href="#3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d">9</a></sup> [notables de la ville] ; ils reçoivent six pains, quatre chèvres et les crêpes correspondantes ; ils les partagent<sup data-fn="3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205" class="fn"><a id="3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205-link" href="#3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205">10</a></sup> et rentrent chez eux. Vient ensuite le second hirimu, celui des <em>wanazikofia</em><sup data-fn="f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9" class="fn"><a id="f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9-link" href="#f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9">11</a></sup> ; ils reçoivent cinq pains, les crêpes correspondantes et trois chèvres ; ils les partagent, les emportent et rentrent chez eux. Puis vient le hirimu des <em>nganashe</em><sup data-fn="3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e" class="fn"><a id="3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e-link" href="#3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e">12</a></sup> [<em>wanashe</em> ?, jeunes gens] ; ils reçoivent trois pains et deux chèvres, les partagent, les emportent et rentrent chez eux. Les gens retournent ensuite appeler les <em>wanamdji</em><sup data-fn="9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770" class="fn"><a id="9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770-link" href="#9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770">13</a></sup> afin qu’ils viennent manger (boire) la soupe<sup data-fn="3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11" class="fn"><a id="3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11-link" href="#3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11">14</a></sup> et prendre leur repas <em>ɗumɓuso</em>, celui des non-mariés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là le jour où le marié fait son mwenɗo ɗahoni [entrée dans la maison]. Le lendemain, les gens préparent cinq pains pour les notables de la ville et abattent trois chèvres. Et la seconde nuit, les notables de la ville mangent les plats. Le troisième jour, alors que le marié est encore dans la maison, on a coutume d’apporter une chèvre, quatre sacs de riz<sup data-fn="dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169" class="fn"><a id="dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169-link" href="#dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169">15</a></sup>, quatre charges de bananes portées sur perches<sup data-fn="31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad" class="fn"><a id="31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad-link" href="#31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad">16</a></sup> et quatre charges de noix de coco<sup data-fn="d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13" class="fn"><a id="d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13-link" href="#d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13">17</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le quatrième jour, on prépare quatre pains et deux chèvres pour les wanazikofia ; ils mangent ce quatrième jour. Le cinquième jour, les jeunes gens viennent et reçoivent trois pains et une chèvre. Le sixième jour a lieu une cérémonie dite <em>keso</em><sup data-fn="17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b" class="fn"><a id="17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b-link" href="#17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b">18</a></sup> durant toute la nuit. Les gens veillent pendant la nuit et récitent le Maulid<sup data-fn="2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9" class="fn"><a id="2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9-link" href="#2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9">19</a></sup> pour le marié. Et celui-ci apporte cinq sacs de riz, deux mfule<sup data-fn="bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942" class="fn"><a id="bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942-link" href="#bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942">20</a></sup>, cinq doubles charges de bananes et cinq charges de noix de coco, qu’il apporte pour le keso.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le septième jour, les gens ont coutume de préparer quatre pains, d’apporter deux mfule et les crêpes correspondantes. Les wafomamdji viennent alors manger. Le huitième jour, il y a trois pains et un mfule ; les wanazikofia viennent manger. Le neuvième jour vient le dernier hirimu. Ils reçoivent deux pains, les crêpes correspondantes et un mfule ; ils viennent manger puis rentrent chez eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi s’achève le mariage pour la ville. Le neuvième jour, <em>ntswashenɗa</em>, le marié apporte des biens dans la maison de la mariée. Il apporte cinquante sacs de riz, un bœuf, cinquante charges de noix de coco et cinquante doubles charges de bananes. Il apporte également douze vêtements de soie<sup data-fn="efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4" class="fn"><a id="efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4-link" href="#efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4">21</a></sup>, cinquante vêtements en fil<sup data-fn="5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8" class="fn"><a id="5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8-link" href="#5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8">22</a></sup>, six anneaux de cheville<sup data-fn="20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d" class="fn"><a id="20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d-link" href="#20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d">23</a></sup> en argent (trois à porter à chaque cheville), deux bracelets<sup data-fn="9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db" class="fn"><a id="9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db-link" href="#9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db">24</a></sup> en argent ou en or, un bandeau frontal<sup data-fn="cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2" class="fn"><a id="cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2-link" href="#cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2">25</a></sup> en or et un collier<sup data-fn="23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe" class="fn"><a id="23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe-link" href="#23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe">26</a></sup> en argent. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Uliha ze mɓe za harusi à Ngazidja, par Abdallah bin Muhamadi (3 mars 1920)</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Lorsqu’à Ngazidja quelqu’un abat des bœufs [fête de mariage dite <em>uliha ze mɓe za harusi</em>], il appelle les bouviers<sup data-fn="ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c" class="fn"><a id="ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c-link" href="#ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c">27</a></sup>, et ceux-ci coupent des bâtons de l’arbre mynemɓa (qui sont légers et souples). Puis ils se rendent avec eux au mfureni<sup data-fn="3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004" class="fn"><a id="3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004-link" href="#3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004">28</a></sup>, et ils mettent à part trente bœufs et les font sortir. L’un a coutume de marcher devant et de porter <em>ze âmali</em><sup data-fn="d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33" class="fn"><a id="d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33-link" href="#d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33">29</a></sup>, et les bœufs ont coutume de le suivre, de sorte qu’ils ne se dispersent pas ; on les attire et on les pousse (en avant) jusqu’à ce qu’on arrive avec eux à la ville et qu’on les fasse entrer là au pasheni [dans l’enclos].</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si un bœuf est récalcitrant, les bouviers se mettent en route, prennent le bâton [magique, ze âmali], vont le chercher jusqu’à ce qu’ils le trouvent, et lui tendent le bâton. Alors il a coutume de les suivre ; ils le prennent et viennent avec lui et le mettent dans l’enclos (en ville). Ils restent là jusqu’au matin. Alors les jeunes gens viennent à la porte de cet enclos et se tiennent là, et d’autres s’agenouillent sur le ɓangwe<sup data-fn="b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd" class="fn"><a id="b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd-link" href="#b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd">30</a></sup>. Un bouvier entre dans l’enclos et laisse sortir les bœufs un à un.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite les wanamdji en saisissent un : l’un le prend d’un côté et un autre le saisit par une corne ; alors le bœuf a coutume de bondir et de les faire tomber. Les autres restent agenouillés, et lorsque le bœuf arrive, ils le saisissent par les cornes ; il s’enfuit rapidement, et les gens le suivent, vont l’attraper, l’abattent, puis reviennent et attendent. Les autres bœufs qui sont dans l’enclos sont, de la même manière, laissés sortir un à un et abattus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et lorsqu’ils ont abattu les trente bœufs, ils sont découpés et répartis, et apportés dans les maisons des <em>wandrwadzima</em><sup data-fn="c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2" class="fn"><a id="c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2-link" href="#c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2">31</a></sup>. La viande est cuite avec des bananes, et les wanamdji qui saisissaient les bœufs sont appelés, reçoivent la viande de bœuf, s’en vont et mangent. Ceci est le récit de ce qui se fait lorsqu’on abat des bœufs à l’occasion d’un mariage.</p>



<h4 class="wp-block-heading">De la mort d&rsquo;un membre de l&rsquo;aristocratie</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et lorsqu’à Ngazidja un sultan ou un homme de rang élevé meurt, les esclaves femmes wadjahazi prennent des feuilles de bananier sèches et se les enroulent autour de la tête comme un turban, et d’autres feuilles, elles se les mettent autour du cou, et elles vont au ɓangweni, se lamentent et dansent. Et le neuvième jour, les bœufs du deuil<sup data-fn="f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd" class="fn"><a id="f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd-link" href="#f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd">32</a></sup> (de l’enterrement) sont abattus ; du riz est cuit et donné aux gens, et ils mangent. Et ils reçoivent aussi de l’argent (en moyenne une roupie chacun). Ils accomplissent des <em>tahalili</em><sup data-fn="97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab" class="fn"><a id="97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab-link" href="#97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab">33</a></sup>, puis ils distribuent l’argent et rentrent chez eux dans leurs maisons. Ceci est le récit de ce qui se fait lorsqu’à Ngazidja un sultan ou un homme de rang élevé meurt. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71"><em>Le pouvoir de l&rsquo;honneur: Tradition et contestation en Grande Comores, Sultan Chouzour (1994).</em> <a href="#c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d"><em>Classe d’âge à laquelle appartient un groupe d&rsquo;individus.</em> <a href="#20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb"><em>Repas de fête. Un festin, abattage cérémoniel au profit du fiancé / marié.</em> <a href="#847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380"><em>Il est question ici d&rsquo;un nɗola nkuu (grand mariage).</em> <a href="#fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266"><em>À cette époque, un rial équivaut à deux roupies (riali ndzima = rupia mɓili).</em> <a href="#36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739"><em>Au moment où il sera prêt à faire le mdjio ɗahoni. La procession dite de « l’entrée dans la maison », marquant l’arrivée du marié chez la mariée. </em> <a href="#28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6"><em>Mikatre na zikatre na zom<em>ɓ</em>o.</em> <a href="#0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349"><em>Nyama ya mɓuzi ya hohwa</em>. <a href="#e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d"><em>Wafomamdji (sing. <em>Mfoma mdji</em>), littéralement « rois de la cité » ou « rois de la ville » (<em>mfaume wa mdji</em>). Ce terme désigne le <em>hirimu</em> (groupe) des personnes ayant accompli leur grand mariage ainsi que celui de leur fille aînée.</em> <a href="#3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205"><em>Il utilise le verbe waâna, alors qu’aujourd’hui on emploierait plus volontiers wanyisa (partager).</em> <a href="#3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9"><em>Wanazikofia (sing. <em>Mna ikofia</em>), littéralement « porteurs de calotte » (<em>kofia</em>, petit bonnet). Il s’agit du nom attribué au <em>hirimu</em> des hommes ayant réalisé leur grand mariage.</em> <a href="#f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e"><em>Le sens exact de ce terme demeure incertain, bien que l’on suppose qu’il puisse signifier « jeunes gens ». S’il s’agit d’une erreur de transcription, le mot approprié serait Wanashe (sing. <em>Mwanashe</em>), qui signifie « cadet » ou « serviteur », une acception qui, dans les faits, renvoie à une condition comparable.</em> <a href="#3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770"><em>Wanamdji (sing. <em>Mna Mdji</em>). Ce nom désigne le <em>hirimu</em> des jeunes adultes n’ayant pas encore accompli leur grand mariage. Cette classe d’âge se subdivise en plusieurs sous-groupes hiérarchisés, allant du rang le plus bas au plus élevé : <em>washondje</em>, <em>wazuguwa</em> et <em>wafomanamdji</em>.</em> <a href="#9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11"><em>Uɓu.</em> <a href="#3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169"><em>Zigozi zine za maele.</em> <a href="#dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad"><em>Mirengo (sing, mrengo) mine ya ndrovi.</em> <a href="#31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13"><em>Midzo mine ya nazi.</em> <a href="#d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b"><em>La festivité du sixième jour du grand mariage est marquée par l’invitation des notables, réunis pour la lecture d’une prière.</em> <a href="#17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9"><em>Mauliɗa ya keso</em> <a href="#2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942"><em>Boucs castrés.</em> <a href="#bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4"><em>Nguo kume na m<em>ɓ</em>ili za hariri.</em> <a href="#efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8"><em>Nguo mengo mitsanu za uzi.</em> <a href="#5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d"><em>Nkunku ndra<em><em>ɗ</em></em>aru za feza.</em> <a href="#20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db"><em>Kekee mɓili za feza au dhahaɓu</em>. <a href="#9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2"><em>Mɓo wa dhahaɓu</em>. <a href="#cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe"><em>Mkufu wa feza.</em> <a href="#23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c"><em>Watswam<em>ɓ</em>e.</em> <a href="#ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004"><em>Vaste enclos, ouvert, généralement situé dans les champs..</em> <a href="#3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33"><em>Elle implique l’usage d’un objet assimilé à un bâton rituel, accompagné d’autres accessoires. Cet outil peut consister en une tige, ou en la nervure d’une feuille de bananier, sur laquelle sont inscrites des lettres à caractère magique, tirées du Coran.</em> <a href="#d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd"><em>Place publique. </em>L’enclos (<em>pashe</em>) était le plus souvent installé à l’entrée du <em>ɓangwe</em>. <a href="#b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2"><em>Wandrwadzima (sing. <em>Mndru Mdzima</em>). Cette appellation désigne les hommes ayant uniquement accompli leur propre grand mariage. Il s’agit d’un statut acquis automatiquement, mais situé à un échelon inférieur. L’individu est alors appelé <em>Mna ikofia</em>.</em> <a href="#c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd"><em>Mɓe za madziho.</em> <a href="#f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 32"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab"><em>Les prescriptions rituelles effectuées sur la tombe d’un défunt, en guise de prières pour le repos de son âme, sont désignées en shiKomori par l’expression « uvura tahalili ».</em> <a href="#97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 33"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Mariage et coutumes à la fin du 19e siècle à Ngazidja</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 20:18:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mila]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Muhamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd bin Amur]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série consacrée à d’anciens témoignages comoriens portant sur les notions de nɗola / harusi et de âɗa na mila à Ngazidja.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Certains diraient, en évoquant les festivités du nɗola nkuu<sup data-fn="c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7" class="fn"><a id="c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7-link" href="#c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7">1</a></sup> à Ngazidja : « C’était mieux avant ». « Il est temps de le réformer », rétorqueront d’autres. La question du mariage traditionnel continue ainsi de passionner, opposant réformateurs — partisans de la notion dite <em>katiɓa</em><sup data-fn="c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08" class="fn"><a id="c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08-link" href="#c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08">2</a></sup> — et conservateurs, résolument anti-<em>katiɓa</em>. Néanmoins, contrairement à une idée largement répandue, les notions d’<em>â<em>ɗ</em>a na mila</em> (us et coutumes) se réforment souvent d’elles-mêmes. Elles s’adaptent aux époques sans qu’il soit nécessaire qu’un mouvement humain coordonné et structuré ne les accompagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La division autour de la notion de <em>kati<em>ɓ</em>a</em> réside essentiellement, et en grande partie, dans la question des dépenses. Or, la notion même de richesse varie selon les périodes. Autrefois, être considéré comme riche, au sens monétaire du terme, pouvait se résumer, pour un Comorien, à la possession d’une centaine de rials. Pourtant, l’on sait bien que la richesse comorienne résidait surtout ailleurs : dans le patrimoine foncier, le bétail et divers biens matériels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, s’agissant des us et coutumes, il n’est guère besoin de rappeler que certaines pratiques disparaissent sans qu’une volonté humaine n’y mette fin, dès lors que leurs fondements sociologiques ne sont plus d’actualité. C’est le cas du <em>mawaha</em> et d’autres usages, aujourd’hui présents uniquement dans certaines localités de Ngazidja. Les traditions évoluent, naissent et s’éteignent au fil du temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cet esprit que nous avons jugé nécessaire de partager des témoignages de Comoriens nés vers la fin du XIXᵉ siècle, évoquant le mariage sous toutes ses formes ainsi que la notion d’<em>âɗa na mila</em> telle qu’elle existait à leur époque. Ces témoignages ont été recueillis à Hambourg, en Allemagne, en 1912 et 1913, par les équipes de Carl Meinhof et Martin Heepe, auprès de Saïd bin Âmur et d’Abdallah bin Muhamadi.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Nɗola ntiti (Le petit mariage), par Saïd bin Âmur (24 juin 1912)</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Lorsque je veux me marier, je dois avant toute chose réunir de l’argent. Il s’agit d’un petit mariage, et non d’un grand mariage<sup data-fn="d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa" class="fn"><a id="d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa-link" href="#d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa">3</a></sup>. J’apporterai 200 rials<sup data-fn="f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120" class="fn"><a id="f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120-link" href="#f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120">4</a></sup> en argent pour la femme, à ses parents. Ces 200 rials constituent le commencement du mariage. Ensuite, ils prendront cet argent et iront acheter les affaires destinées à la femme. Ils iront acheter un lit, des matelas et des oreillers<sup data-fn="4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27" class="fn"><a id="4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27-link" href="#4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27">5</a></sup>, des miroirs et des chaises, des cruches<sup data-fn="8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715" class="fn"><a id="8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715-link" href="#8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715">6</a></sup> et des poêles, des plats<sup data-fn="255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987" class="fn"><a id="255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987-link" href="#255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987">7</a></sup> et des marmites, ainsi que des récipients pour la farine<sup data-fn="fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be" class="fn"><a id="fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be-link" href="#fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be">8</a></sup> et des ustensiles pour le tamisage<sup data-fn="edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496" class="fn"><a id="edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496-link" href="#edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496">9</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après cela, lorsque tu auras apporté cet argent, ils te diront : « Maintenant, nous sommes prêts », c’est-à-dire les parents de la femme. Et tu demanderas alors un jour pour entrer dans la maison. Ils te diront : « Lorsque dix jours se seront écoulés, nous serons prêts. » Tu iras alors trouver tes amis pour leur dire : « Quand les dix jours seront passés, j’entrerai dans la maison. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tes amis viendront te chercher et t’accompagneront jusqu’à la maison afin d’entrer à la célébration du mariage. Tu demeureras dans la maison pendant sept jours. Tu n’auras aucune dépense, ni pour le repas de midi ni pour celui du soir. Tous les frais incombent à la femme pendant sept jours. Lorsque ces sept jours seront achevés, la subsistance quotidienne t’incombera, jour après jour, jusqu’à ce que l’homme ou la femme meure<sup data-fn="add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27" class="fn"><a id="add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27-link" href="#add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27">10</a></sup>. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Nɗola na Âɗa za shiNgazidja (Mariage et coutumes de Ngazidja), par Abdallah bin Muhamadi (11 février 1913)</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Si tu organises une fête de mariage à Ngazidja, tu dois fournir du rôti de chèvre<sup data-fn="4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0" class="fn"><a id="4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0-link" href="#4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0">11</a></sup> (de la viande). Et pour ce rôti de chèvre, on abat quatre mfule<sup data-fn="8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf" class="fn"><a id="8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf-link" href="#8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf">12</a></sup>, dont l’un doit être un grand, nourri uniquement de terre<sup data-fn="a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc" class="fn"><a id="a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc-link" href="#a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc">13</a></sup>. En effet, cela donne beaucoup de graisse lorsqu’il ne reçoit pas de fourrage vert. Et cela est destiné à son hirimu<sup data-fn="bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac" class="fn"><a id="bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac-link" href="#bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac">14</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, il faut préparer du riz dit maele ya suri : trois mesures de riz cuit, qui doivent être remplies et entassées jusqu’à hauteur de poitrine<sup data-fn="cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488" class="fn"><a id="cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488-link" href="#cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488">15</a></sup>. Et cela est destiné à son hirimu. Puis il faut beaucoup de bétel<sup data-fn="66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9" class="fn"><a id="66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9-link" href="#66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9">16</a></sup> et de pain ; pendant trois jours, les gens mangent de ces pains. Le quatrième jour, on fait préparer du riz dit maele ya hirimu. À l’heure de midi, les gens de la classe d’âge sont appelés ; ils viennent et mangent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un plat (de riz) suri est habituellement consommé par huit ou neuf personnes, et ils le mangent sec, accompagné de viande. À côté de cela, il y a 60 jarres<sup data-fn="73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b" class="fn"><a id="73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b-link" href="#73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b">17</a></sup> de lait, ainsi que beaucoup de bétel et de tabac<sup data-fn="0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553" class="fn"><a id="0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553-link" href="#0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553">18</a></sup>. Quand on a fini de manger, on boit le lait, puis on apporte le bétel et le tabac et on les distribue<sup data-fn="bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6" class="fn"><a id="bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6-link" href="#bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6">19</a></sup>. Les frais s’élèvent, en tout, à 400 roupies. Et lorsque tu te maries, tu dois apporter 400 roupies d’argent afin de demander la femme en mariage<sup data-fn="f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537" class="fn"><a id="f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537-link" href="#f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537">20</a></sup>. Et tu dois encore te procurer de l’argent supplémentaire pour le mdjio ɗahoni<sup data-fn="efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054" class="fn"><a id="efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054-link" href="#efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054">21</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez la femme, le jour où tu apportes cet argent, quatre bœufs sont abattus et donnés aux gens de la ville pour être mangés. Ainsi est la coutume<sup data-fn="7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762" class="fn"><a id="7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762-link" href="#7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762">22</a></sup> dans la ville : quiconque organise une fête de mariage abat quatre bœufs et les donne aux gens de la ville pour le repas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et lorsque tu t’es procuré de l’argent, tu achètes des vêtements pour toi et pour la femme, et tu fais fabriquer (forger) les bijoux (hulia<sup data-fn="8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80" class="fn"><a id="8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80-link" href="#8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80">23</a></sup>) pour la femme. Quand tu as reçu les bijoux en or et en argent, alors tu peux faire ton entrée dans la maison. Et lorsque tu es entré dans la maison, tu donnes à la femme ses bijoux, et le père de la femme a coutume d’offrir un karamu<sup data-fn="a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a" class="fn"><a id="a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a-link" href="#a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a">24</a></sup> (un repas de fête) pour toute la ville, pendant neuf jours (il les nourrit).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier jour, on abat vingt chèvres ; les autres jours, deux, trois ou quatre, jusqu’au neuvième jour. Le neuvième jour, on apporte vingt sacs<sup data-fn="fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6" class="fn"><a id="fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6-link" href="#fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6">25</a></sup> de riz, deux cents noix de coco, dix charges de bananes portées sur des perches<sup data-fn="889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b" class="fn"><a id="889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b-link" href="#889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b">26</a></sup>, un bœuf et quarante étoffes, dont la moitié est destinée à la femme, et l’autre moitié à sa mère et à ses aides (servantes) lors de la fête de mariage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand les neuf jours sont écoulés, le marié a coutume de sortir, d’aller auprès de ses parents et de les saluer ; ensuite, il revient et s’installe dans la maison de sa femme. Et tous les gens rentrent chez eux. Les frais pour cela s’élèvent à 1450 roupies. Ce sont les dépenses de l’homme ; celles de la femme n’y sont pas encore comprises.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La naissance d&rsquo;un enfant et la circoncision des garçons</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque la femme a accouché, on apporte vingt sacs de riz, ainsi que des bananes, des noix de coco et un bœuf. Et si l’enfant est une fille, on organise pour elle une fête de mariage semblable, lorsqu’elle se mariera plus tard. Si c’est un garçon, son père le circoncit et abat à cette occasion six bœufs, et il donne de l’argent aux gens de la ville, parce qu’il veut faire circoncire son enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le jour de la circoncision, on abat un bœuf et on récite le <em>Halal Badiri</em><sup data-fn="6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367" class="fn"><a id="6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367-link" href="#6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367">27</a></sup>. Ensuite, on circoncit l’enfant<sup data-fn="893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e" class="fn"><a id="893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e-link" href="#893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e">28</a></sup>. Après cela, il reste trois jours dans la maison, et le jour où il sort, tous ses parents ont coutume de cuire du riz en son honneur et d’inviter les gens à manger.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Quelques coutumes de la vie quotidienne</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si, à Ngazidja, tu n’es pas encore marié, tu n’as pas le droit de porter un manteau djoho<sup data-fn="9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f" class="fn"><a id="9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f-link" href="#9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f">29</a></sup> ou ɓushti<sup data-fn="7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91" class="fn"><a id="7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91-link" href="#7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91">30</a></sup> ni un djamɓia<sup data-fn="419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab" class="fn"><a id="419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab-link" href="#419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab">31</a></sup>, à moins que tu n’organises une fête de mariage [nɗola nkuu]. Ce n’est qu’après t’être marié que tu peux les porter. Les gens te réprimanderaient si tu portais de beaux (fins) vêtements tant que tu n’es pas marié. Si tu souhaites porter de beaux habits, va d’abord organiser une fête de mariage ; ce n’est qu’ensuite que tu pourras t’habiller élégamment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Ngazidja, un enfant n’a pas le droit de manger avec les adultes (de sa maison). Il ne doit pas s’asseoir pour manger ; il doit manger debout. Et il ne doit pas manger d’accompagnement (de viande), sauf si on lui en donne. En revanche, il doit leur laver les mains. Et sur la véranda, il n’ose pas passer ni s’y asseoir lorsque les adultes (de sa maison) s’y trouvent. Et lorsqu’il y a de la viande ou du poisson, il n’ose pas en prendre avant qu’on ne lui en donne ; ce n’est qu’alors qu’il en prend. Si on ne lui donne rien, il ne prend rien pour lui-même. Et s’il traverse la véranda, qu’on lui ordonne de partir et qu’il n’obéit pas, alors il est puni par les adultes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Telles sont les indications concernant la fête de mariage à Ngazidja, et telles sont les prescriptions concernant les enfants (telle est la coutume pour les enfants) à Ngazidja. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7"><em>Grand mariage.</em> <a href="#c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08"><em>Littéralement « convention » ou « contrat social », il s’agit d’un mouvement né au début des années 1960, visant à réformer les festivités du <em>nɗola nkuu</em> (grand mariage) à Ngazidja.</em> <a href="#c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa"><em>« Inu harusi ntsuntsu, tsi harusi nkuu », dit-il.</em> <a href="#d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120"><em>À cette époque, un rial équivaut à deux roupies (riali ndzima = rupia mɓili).</em> <a href="#f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27"><em>Il utilise « miro » à la place de « mitao ».</em> <a href="#4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715"><em>Maɓirika.</em> <a href="#8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987"><em>Sinia.</em> <a href="#255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be">L’outil en question se nomme <em>utseo</em>. <a href="#fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496"><em>Zikuntro.</em> <a href="#edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27"><em>Autrement dit, l’union est scellée jusqu’à ce que la mort les sépare.</em> <a href="#add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0"><em>Cette modeste cérémonie à caractère gastronomique est désignée sous le nom d’<em>upiha mɓuzi</em>.</em> <a href="#4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf"><em>Le <em>mfule</em> désigne un bouc castré.</em> <a href="#8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc">« <em>Yo keli hindru itso nkafu », dit-il.</em> <a href="#a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac"><em>Il est ici question de la classe d’âge à laquelle appartient l’individu concerné.</em> <a href="#bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488"><em>On utilise un récipient en terre cuite d’environ un mètre de diamètre et d’environ un mètre de hauteur.</em> <a href="#cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9"><em>Ramɓuu.</em> <a href="#66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b"><em>Mitsundji (sing, mtsundji).</em> <a href="#73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553"><em>Msi</em>. <a href="#0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6"><em>Il est intéressant de s’arrêter sur le terme en shikomori employé par Âmur pour le verbe « distribuer ». Il utilise l’expression <em>wenɗe waâna, alors qu’aujourd’hui on emploierait plus volontiers wenɗe wanyisa</em> (partager entre eux) ou wenɗe <em>wanika</em> (donner aux gens).</em> <a href="#bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537"><em>Cette demande est appelée <em>uposa</em>. La même phrase permet également d’apprendre qu’à cette période la dot s’élevait en moyenne à 400 roupies.</em> <a href="#f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054"><em>Il est fait référence à la procession dite de « l’entrée dans la maison », marquant l’arrivée du marié chez la mariée. Dans la société comorienne, l’homme s’installe traditionnellement au domicile de son épouse.</em> <a href="#efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762"><em>Il utilise le mot <em>dasturi</em>, employé pour désigner la norme, c’est-à-dire ce qui relève de l’usage établi.</em> <a href="#7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80"><em>Ancien grand collier.</em> <a href="#8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a"><em>Un festin, abattage cérémoniel au profit du fiancé / marié.</em> <a href="#a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6"><em>Zigozi mengo mili za maele.</em> <a href="#fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b"><em>Mirengo kume ya ndrovi.</em> <a href="#889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367"><em>Il s’agit d’une pratique à la fois culturelle, religieuse et mystique, faisant explicitement référence aux <em>ahl al-Badr</em>, c’est-à-dire aux combattants de la bataille de Badr à l’époque du prophète Muhammad.</em> <a href="#6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e"><em>Urina ye mwana.</em> <a href="#893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f"><em>Manteau d&rsquo;homme brodé devant avec du fil doré, porté lors des grandes cérémonies, et offert au marié lors du grand mariage.</em> <a href="#9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91"><em>Manteau d&rsquo;homme d&rsquo;origine omanaise, ample, notamment dans le dos, richement orné et brodé de brocart. Il se distingue par ses manches courtes et ouvertes et est porté lors des grandes cérémonies traditionnelles.</em> <a href="#7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab"><em>Poignard recourbé d&rsquo;apparat.</em> <a href="#419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Engagement d&#8217;Abdallah III concernant la protection des immigrants</title>
		<link>https://beshelea.com/engagement-protection-immigrants/</link>
					<comments>https://beshelea.com/engagement-protection-immigrants/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 22:02:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte — Dans le souci de consolider ses relations avec les Britanniques, le sultan Abdallah bin Salim multiplie, depuis son accession au pouvoir à Ndzuani1, les gestes d’ouverture. Des intérêts britanniques sont d’ailleurs déjà présents sur l’île, à l’exemple des concessions sucrières accordées à l’ancien consul résident William Sunley.2 Dans une lettre adressée à Sir [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte</strong> — Dans le souci de consolider ses relations avec les Britanniques, le sultan Abdallah bin Salim multiplie, depuis son accession au pouvoir à Ndzuani</em><sup data-fn="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462" class="fn"><a id="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462-link" href="#3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462">1</a></sup><em>, les gestes d’ouverture. Des intérêts britanniques sont d’ailleurs déjà présents sur l’île, à l’exemple des concessions sucrières accordées à l’ancien consul résident William Sunley.</em><sup data-fn="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc" class="fn"><a id="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc-link" href="#778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc">2</a></sup><em> Dans une lettre adressée à Sir Bartle Frere, le souverain s’engage à accorder sa protection aux immigrants susceptibles de se trouver sur l’île de Ndzuani.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Ndzuani, le 8 mars 1873</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Monsieur,</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai l’honneur d’informer Votre Excellence que, à compter de ce jour, je m’engage à assurer à tous les immigrants dans cette île de Ndzuani les droits et privilèges des natifs libres de Ndzuani. Je m’engage en particulier à protéger toute personne qui serait secourue de l’esclavage par les bâtiments de la Marine de Sa Majesté Britannique, et qui serait autorisée, par ordre du Gouvernement de Sa Majesté, à résider dans cette île.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai l’honneur d’être, etc. »<br><strong>SULTAN ABDALLAH</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À<br><strong>Sir Bartle Frere, G.C.S.I., K.C.B., etc.</strong><br>En mission spéciale à Zanzibar et Mascate</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. XIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1880)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462"><em>Abdallah III accède au trône de Ndzuani en 1855, à la mort de son père, le sultan Salim bin Alawi, qui entretenait déjà de bonnes relations avec les Britanniques</em>. <a href="#3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc"><em>Avant son décès, le sultan Salim bin Alawi avait accordé à Sunley une concession de quarante ans à Pomoni, au sud-ouest de l’île. Celle-ci couvrait une superficie de 280 hectares, s’étendant de la plaine de Pomoni jusqu’au massif forestier central. Entre 1855 et 1856, Sunley entame ses activités agricoles et industrielles, après avoir obtenu du souverain l’assurance d’un droit de jouissance foncière. Son domaine commence à prospérer à partir de 1860, principalement grâce à la culture de la canne à sucre. Sunley y avait également implanté des plantations de caféiers et de cocotiers.</em> <a href="#778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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