L’histoire de Mwali, petite île de l’archipel des Comores, est marquée par des événements complexes et des luttes de pouvoir qui ont façonné son destin. L’un des épisodes les plus intrigants est celui de l’éviction de Saïd Hamadi [Mohamed] bin Nasser Mkadara, époux de la sultane Djumɓe Fatima binti Abdurahmane. Pourquoi cet homme, venu de Zanzibar, fut-il finalement chassé de l’île ? Pour répondre à cette question, il est essentiel de retracer les événements marquants de cette époque, en s’appuyant notamment sur le témoignage rare du Premier ministre Tsivandini [Ratsivandi] en 1861 et de précieuses informations fournies par l’Allemand Otto Kersten en 1864.
L’accession au pouvoir de Djumɓe Fatima
Au milieu du XIXe siècle, l’archipel des Comores, en tant que carrefour commercial et stratégique, attire les convoitises coloniales européennes. La position géographique de Mwali en faisait un point de passage important pour le commerce maritime entre l’Afrique de l’Est, le Moyen-Orient et l’Asie. C’est dans ce contexte géopolitique complexe que se déroule l’histoire de Saïd Hamadi bin Nasser, un prince omanais de Zanzibar, dont les ambitions et les méthodes autocratiques allaient finalement conduire à son expulsion.
Le 26 mai 1849 marque un tournant décisif avec le couronnement précipité de la jeune Djumɓe Fatima binti Abdurahmane, âgée de treize ans, par la marine française. Cet événement, survenu à la suite d’une régence1 et de diverses influences étrangères à la cour de Fumɓoni, plonge immédiatement la jeune souveraine dans un tourbillon de machinations politiques. La question de son mariage devient centrale, avec diverses factions cherchant à imposer leur candidat pour orienter la destinée de l’île. Parmi eux, Tsivandini, ancien conseiller de son défunt père, régent écarté et exilé depuis la première intervention française de 1846, réactive sa piste zanzibarite en envoyant en 1851 le prince omanais Saïd Hamadi bin Nasser, neveu et conseiller du Sultan Sayyid Saïd al-Busaid2, avec l’espoir d’obtenir à la fois le mariage et son retour en grâce auprès des notables de l’île.
Le mariage avec Saïd Hamadi bin Nasser
Cependant, la demande en mariage de Saïd Hamadi bin Nasser est fermement refusée par Djumɓe Fatima. Néanmoins, persistant, le prince parvient à obtenir la faveur de Tsivandini par les notables de Mwali. Parallèlement, la figure de Mme Droit3, gouvernante imposée par les Français en 1847 pour offrir une éducation « française et chrétienne » à la sultane, devient de plus en plus contestée4. En 1851, les notables et la population exigent son renvoi, voyant en elle une ombre française pesante. Le refus de Djumɓe Fatima de se séparer d’elle mena à une révolte à Fumɓoni, au cours de laquelle Mme Droit fut chassée vers Maore, où elle mourut peu après dans des circonstances suspectes5.
L’année suivante, en 1852, cédant aux réalités politiques de son règne, la Sultane accepte finalement la proposition de mariage de Tsivandini, devenu entre-temps ministre, et épouse Saïd Hamadi bin Nasser, de trois décennies son aîné. De cette union naîtront trois enfants : Muhammad, Abdurahmane et Mahmudu. Ce mariage, cependant, ne garantit pas une stabilité durable. En 1859, sous la pression des notables, il s’exile volontairement de l’île, part pour Zanzibar, puis revient en novembre et se voit interdire l’entrée au palais de Fumɓoni par les ministres de son épouse. Il se réfugie alors à Ngazidja.
L’escale de Livingstone et les révélations de 1861
« Nous avons aperçu Ngazidja très tôt le matin du 2 avril et nous avons jeté l’ancre près de Mwali, vers midi. Mwali est la plus petite des Comores, mais certainement la plus belle ; c’est avant tout une île de beauté. », rapporte Henry Rowley, qui, à bord du Pioneer avec David Livingstone et John Kirk, avait quitté les rives du lac Nyasa à destination de Ndzuani. Ils avaient jeté l’ancre en face d’un village au nord de Mwali, « cinq ou six milles plus loin » de Fumɓoni le long de la côte, probablement à Hoani. Un homme parlant anglais, venu en canot, s’approcha pour se renseigner. Après avoir obtenu les informations nécessaires, il les informa que pour s’approvisionner (commercer sur place), il fallait l’aval de la reine résidant à Fumɓoni et que des émissaires seraient envoyés pour l’en informer.
« Nous descendîmes à terre. Le village était bien entretenu, propre et ordonné. Les indigènes, population mixte d’Arabes, de Malgaches et d’Africains, n’étaient pas si malpropres ; les enfants étaient prévenants et intelligents. Des hommes étaient assis sous les arbres et récitaient le Coran, étant en pleine ferveur du Ramadan, durant lequel tous les bons musulmans jeûnent et prient du lever au coucher du soleil, mais festoient et pèchent du coucher au lever du soleil. Les bananes et autres fruits tentaient le palais dans toutes les directions, mais nous ne pouvions rien acheter jusqu’à ce que la reine autorise la vente ».
L’entretien avec le Premier Ministre Tsivandini
Au matin suivant, un messager répondant au nom d’Abdallah Ben Ali arriva. Trésorier de la reine et revendeur généraliste, il déclara pouvoir fournir tout ce dont ils avaient besoin : des œufs ou du bois de chauffage, des bœufs ou des esclaves. Ils reprirent alors la mer en direction de la capitale. En cours de route, dans leurs échanges, il mentionna la sultane. « La reine était-elle mariée ? », demandai-je à Abdallah Ben Ali. « Oui, elle était mariée ; cependant, son mari n’était pas à Mwali ; il était parti à Zanzibar, et on ne s’attendait pas à ce qu’il revienne : mais il n’y avait rien de désagréable dans cette situation arrangée, tout le monde était content ; c’était exactement comme il se doit ». Le cas de Saïd Hamadi Nasser est ainsi évoqué pour la première fois.
Une fois à Fumɓoni, après une audience au palais avec la Sultane, les Anglais furent conviés à rendre visite au Premier ministre, alors alité, n’avait pu assister à la réception. Rowley décrit ce dernier comme « un gros vieillard, à la peau noire et à la barbe blanche ». Il se permet même une remarque déplacée en le qualifiant de « vieillard désagréable, agité, à l’air méchant, dont la maladie était évidemment supposée ». Tsivandini ne parlait pas anglais ; l’interprétation était assurée par un homme originaire de Ndzuani, qui, une heure plus tôt, avait joué le même rôle devant la reine.
L’avènement de la dynastie Ramanetaka selon Tsivandini
L’ancien homme de confiance de Ramanetaka était accompagné du ministre Abdallah Musalim (Rahivomanga). Le Premier ministre entame sa narration par la prise de pouvoir du Malagasy à Mwali, en passant par sa mort, la régence confiée à Tsivandini lui-même, jusqu’à l’accession de Djumɓe Fatima au titre de Sultane.
« Il y a vingt ans6, le frère du roi de Madagascar vint à Mwali. Il amena avec lui de nombreux boutres remplis de personnes, et il fit la guerre aux habitants de Mwali, remportant de nombreuses batailles. Il était très puissant et les habitants de Mwali ne pouvaient pas le vaincre. Cependant, ils étaient de bons musulmans et attachés à leur religion, tandis que les Malgaches, selon eux, ne pratiquaient pas de religion. Ils lui dirent alors : « Si tu veux être notre roi, toi et ton peuple devez embrasser notre religion. Nous ne nous battrons plus. Mais si vous refusez, nous nous battrons chaque jour jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne. »
Il accepta et lui ainsi que tout son peuple se convertirent à l’islam. Nous étions tous heureux à nouveau. Le roi fit venir sa femme, qui apporta avec elle un bébé à naître, notre future reine. Peu après, la vieille reine mourut, suivie du roi. Ils n’eurent qu’un seul enfant7. Avant de mourir, le roi appela ce monsieur (indiquant le premier ministre) et cet autre vieil homme8. Il prit sa petite fille, la future reine, dans ses bras et leur dit : « Soyez bons envers elle, prenez soin d’elle et gouvernez pour elle jusqu’à ce qu’elle devienne femme ». Ils obéirent, et tous furent très heureux. »
La dérive autocratique de Mkadara
Vient alors le sujet qui nous intéresse : son mari, Saïd Hamadi bin Nasser Mkadara. Tsivandini déclare : « Parce qu’il a épousé la reine, il se croyait roi ». Cette assertion révèle le caractère tyrannique supposé du Zanzibari. Toujours d’après le premier ministre, en usant de son pouvoir de manière oppressive, il a non seulement ignoré le statut de sultane de sa femme, mais également maltraité les habitants en les empêchant de commercer avec les étrangers, les privant ainsi de ressources vitales. Le point culminant de cette dérive a été l’accusation de trafic d’êtres humains lors d’un voyage à Zanzibar, où il aurait vendu des hommes en esclavage.
« La reine devient une femme et doit avoir un mari, elle épouse donc un Arabe venu de Zanzibar. Après cela, tous furent très heureux, mais seulement pour peu de temps ; car cet Arabe, parce qu’il avait épousé la reine, se croyait roi et ne laissait personne d’autre que lui gouverner : il ne laissait personne d’autre que lui voir la reine ; et traitait tous les habitants de Mwali comme s’ils étaient des chiens, de la terre, des porcs.
Il leur a pris leurs biens ; il ne laissait aucun navire venir sur l’île pour acheter ce que nous avions à vendre ; il a rendu le peuple très pauvre ; puis il partit pour Zanzibar et emmena avec lui 300 hommes pour montrer au peuple de Zanzibar quel grand homme il était. Mais quand il est revenu à Mwali, il n’a ramené que 100 hommes et a déclaré que tous les autres étaient morts. Il a dit cela, mais nous ne l’avons pas cru. On dit qu’il les vendit comme esclaves. Alors les habitants de Mwali furent très en colère et le chassèrent de l’île et jurèrent par Allah qu’il ne reviendrait plus jamais. »
La réaction paradoxale de la Reine
Malgré le comportement de son mari, Djumɓe Fatima persistait à le réclamer. Elle demandait qu’on lui permette de revenir. Ce phénomène constitue l’un des nombreux paradoxes qui ont marqué son règne. Une attitude que même Tsivandini, qui avait œuvré pour le mariage de Mkadara, jugeait gênante et incompréhensible. Il affirmait : « She has a very good heart, but a very bad head ».
« Mais écoutez encore. Cet Arabe se rend à Zanzibar, et la reine est vraiment désolée que son mari soit loin d’elle ; elle a un très bon cœur, mais une très mauvaise tête. Aucun sens, aucun, les femmes n’en ont jamais eu ; aussi, elle n’est pas heureuse sans son mari, elle souhaite qu’il revienne, et elle en souffre beaucoup ». De son côté, le missionnaire français Père Finos Finaz, s’appuyant d’une lettre d’un Hova9 en date du 16 janvier 1854, laissait sous-entendre qu’elle avait fini par s’attacher au mari qu’on lui avait imposé quelques années auparavant. « Je ne voulais pas épouser Saïd Hamadi, on m’y a forcée et maintenant, on veut chasser mon époux. Malheur à ceux qui le chasseront », aurait-elle déclaré.
Saïd Hamadi rejette tout en bloc et joue sa partition
En 1859, Makadara se voit interdit d’entrer au palais de Fumɓoni par les ministres de son épouse, à son retour de Zanzibar, avant d’être finalement chassé. Au début du mois de février 1860, Finaz rencontre ce dernier en exil à Ngazidja et le décrit comme « un homme d’un extérieur peu attrayant, mais qui a de la vie, de l’entrain et parle avec feu ». Il est important de noter que le missionnaire éprouvait une profonde aversion pour le Zanzibari.
Lorsqu’il évoqua les faits qui lui étaient reprochés à Mwali, Saïd Hamadi répondit que de faux rapports avaient été faits à son sujet ; que Ratsivandi et les autres chefs étaient les véritables oppresseurs de la reine, preuve en est qu’ils l’avaient chassé lui-même de Mwali, car il défendait les intérêts de son épouse. Djumɓe Fatima, qui venait de donner naissance à son deuxième fils, Abdurahmane, sollicite l’aide de la France, accusant ses ministres de conspiration. Dans une lettre en avril 1861, elle demande officiellement la protection et une intervention rapide de la France, comme son mari le lui aurait secrètement conseillé quelques semaines auparavant dans une lettre apportée par le Mathilde de retour de Ngazidja.
Lettre de Djumɓe Fatima au Commandant de Maore
Fumɓoni, le 20 avril 1861
Monsieur le Commandant Supérieur,
Je suis à la dernière extrémité, et si l’on ne vient promptement à mon secours, je suis perdue sans ressource. Les chefs ne se sont pas contentés de s’emparer du gouvernement, de se mêler des affaires de ma maison, et de m’interdire tout rapport avec mes amis; ils ont été jusqu’à me déshonorer publiquement lors d’un kabary10. Il ne leur reste plus qu’à se débarrasser de moi, comme ils cherchent à se débarrasser de ceux qui me témoignent de l’intérêt11. Monsieur le Commandant, je mets ma personne, celle de mes enfants, et mon île sous la protection de la France.
Pour premier acte de ce protectorat, envoyez-moi immédiatement un navire avec des forces afin de me délivrer, d’une manière ou d’une autre, de mes oppresseurs, qui pressurent également mon peuple. Monsieur de Langle ne paraît pas, et en une journée, il se passe beaucoup d’événements. Que le Très-Haut vous ait en sa garde.
Divergence d’opinions entre Djumɓe Fatima et ses ministres
En effet, quelques mois plutôt, le 16 décembre 1860, un conseil crucial se tint au palais, rassemblant la sultane, ses ministres, ainsi qu’une grande partie de la notabilité locale. Parmi les participants se trouvaient également les Français Père Finaz, Fleuriau de Langle, le commandant Desprez et Marius Arnaud. L’objet principal de la réunion était la question du retour éventuel de Saïd Hamadi, comme le demandait Djumɓe Fatima. En prenant la parole, Ratsivandi, après avoir consulté ses collègues, affirma que Saïd Hamadi avait quitté le pays de sa propre volonté et non à leur initiative. Cependant, il exprima la ferme décision de ne pas autoriser son retour, arguant que Saïd Hamadi avait semé le trouble par ses vols et ses concussions, et ajouta : « Nous avons promis d’obéir à notre reine, mais nous n’avons pas promis de nous laisser égorger par un homme qui n’est pas notre roi. »
En réponse, la reine tenta de réfuter ces charges en arguant que son époux était victime de calomnies, ou que ses actions résultaient de ses ordres souverains. Au fil des discussions, la reine, acceptant que son époux ne participe plus aux affaires gouvernementales, manifesta toutefois son désir de le voir revenir en tant que simple particulier. Cependant, les membres du conseil se montrèrent inflexibles, rejetant cette proposition. « Non, répondirent-ils, car nous avons l’expérience que Saïd Hamadi ne tient pas ses promesses. Nos femmes elles-mêmes n’en veulent pas ; et s’il nous est imposé par la force, nous nous sauverons dans les montagnes. »
Très critique contre les missionnaires français
D’ailleurs, en mentionnant le missionnaire français présent à Fumɓoni lors de l’arrivée des Anglais, le Premier ministre et ses partisans adressent des critiques tant à lui qu’à Marius Arnaud, qui est présenté comme un supposé agriculteur. « Vous les traitez comme s’ils étaient les maîtres chez vous, et vous voulez nous faire tuer par eux. Si M. Marius Arnaud est consul français à Mwali, qu’il le fasse connaître et qu’on sache à quoi s’en tenir », disaient-ils, s’adressant à Djumɓe Fatima dans un kabary le 7 avril. Mais ce n’est pas sa seule préoccupation. Tsivandini et les chefs locaux se trouvaient dans une position délicate, ne sachant plus sur quel soutien s’appuyer. L’arrivée inopinée de l’amiral des forces navales de Zanzibar à Fumɓoni, le 11 mars, quelques semaines avant les Anglais, n’avait fait qu’accentuer cette confusion.
L’alliance surprenante de Zanzibar
L’amiral, en quête d’explications, chercha à comprendre pourquoi les chefs avaient écarté Saïd Hamadi et pourquoi ils persistaient à refuser de l’accueillir. Lors d’une audience solennelle avec la reine, il l’informa des accords récemment conclus entre le sultan Saïd Majid et le commandant français M. de Langle, concernant Mwali. Cet accord prévoit le retour imminent de la corvette arabe, cette fois accompagnée de vaisseaux français. Cette annonce laisse présager une alliance franco-arabe qui pourrait bouleverser l’équilibre des forces. Après un séjour de six jours dans la rade de Fumɓoni, l’amiral se dirigea vers Ngazidja, emmenant avec lui Mkadara, qu’il conduisit à Zanzibar. Ce départ précipite alors de grands conseils, où les chefs s’interrogent sur la suite à donner à cette alliance franco-zanzibarite naissante.
« Eh bien, cet Arabe a peur de revenir seul, alors il essaie d’abord de convaincre le roi de Zanzibar de le ramener ; puis il va chez les Français, et ils écoutent ce qu’il dit et envoient deux hommes ici. L’un d’eux dit qu’il vient pour enseigner, l’autre dit qu’il vient pour la ferme ; mais ils n’enseignent pas et ne cultivent pas. Ils vont chez la reine jour après jour, et ils lui parlent beaucoup ; ce qu’ils disent, personne ne le sait ; mais les Zanzibari nous disent que les Français vont ramener l’homme arabe, et si nous ne l’avons pas, alors ils prendront Mwali eux-mêmes, donneront de l’argent à la reine, donneront de l’argent à l’homme arabe et feront de Mwali comme Maore, un endroit où ils peuvent cultiver du sucre. »
L’aversion de Tsivandini pour les Français
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, de nombreux dignitaires comoriens de cette époque comprenaient parfaitement la géopolitique régionale. Quant à la forte influence politique des Français sur l’île, Tsivandini redoutait le pire. En effet, parmi les nombreuses manipulations auxquelles Djumɓe Fatima était soumise, les Français figuraient parmi les acteurs principaux, exerçant une pression considérable sur le sultanat. Très perspicace, le Premier ministre prévoyait même l’avenir. Il n’hésitait pas non plus à exprimer son aversion pour les Français et leurs méthodes. « We hate the French », affirmait-il, préférant établir des relations cordiales avec les Anglais, comme à Ndzuani12.
« Nous ne souhaitons pas que les Français viennent, car ils font travailler très dur les gens et ne les paient pas. Nous aimerions avoir un consul, comme M. Sunley à Ndzuani, et alors les Français resteront à l’écart. Nous n’aimons pas les Français, nous détestons les Français. S’ils viennent, les habitants de Mwali jurent par Allah qu’ils partiront tous. Mais ils viendront, nous le craignons, et ils feront venir cet Arabe aussi. »
L’expulsion des « semeurs de troubles »
Mkadara obtient finalement son retour à la fin de l’année 1861 après l’intervention de la marine française. La France arrête et déporte les ministres hostiles à elle, dont l’incontournable Tsivandini, contraint à l’exil. Cependant, ce n’est pas uniquement l’épisode de Mkadara qui est à l’origine de cette intervention. Le Père Finaz et Marius Arnaud n’étaient pas bien vus par la population. Selon Rowley, même les enfants « détestaient intensément les Français, et chaque fois que l’on parlait du Père Finaz et d’Arnaud, leurs visages se fermaient, et ils crachaient tous avec véhémence par terre, avec dégoût et vexation ».
Arnaud a affirmé qu’on avait tenté de l’empoisonner. Ils étaient soupçonnés d’essayer de convertir la sultane au catholicisme. La population, et surtout l’entourage de la reine, mécontents, les chassèrent de l’île. Les autorités françaises établies à Maore prirent cela comme prétexte pour lancer un assaut contre l’île de Mwali. Cette intervention eut lieu le 4 juillet 1861 sous le commandement du capitaine Bertin. Avec une troupe d’une cinquantaine d’hommes, Bertin débarqua à Fumɓoni et, sans combat, réussit à persuader la reine de lui livrer les « semeurs de troubles » : Tsivandini et ses compagnons, Abdallah Musalim et Ali Mwalimu.
Ces trois individus furent immédiatement embarqués pour être déportés à Maore sans autre forme de jugement. Les déportés furent logés et nourris à Pamandzi. Tsivandini mourut en 1863. Abdallah Musalim et Ali Mwalimu furent graciés et autorisés à quitter Maore en 1868. Ils se rendirent à Ngazidja avant de retourner à Mwali en 1871.
L’impopularité persistante de Saïd Hamadi

Bien qu’il soit devenu impopulaire, Mkadara demeura sur l’île. Sa présence nous fut d’abord confirmée par le Français Désiré Charnay en 1863, date à laquelle il fut accueilli au palais par le Zanzibari. « À notre arrivée, le prince consort, qui nous avait accompagnés, nous précéda dans cette première salle du rez-de-chaussée, étroite et longue […] nous montrant le chemin, et nous le suivîmes ». Un an plus tard, l’Allemand Otto Kersten, qui visita Mwali en avril 1864, confirma également sa présence. Il prit soin d’immortaliser son image dans un portrait, probablement sa seule représentation (Saïd Hamadi est mort le 11 septembre de la même année). Lors de son bref séjour sur l’île, Kersten offrit un récit intéressant sur l’aménagement de la capitale Fumɓoni. Il semble être le seul, à notre connaissance, à avoir correctement orthographié le nom de cette ville selon sa prononciation.
Extrait :
« Là se trouvait le Fumɓoni tant désiré avec son fond de palmiers et ses montagnes magnifiquement formées et parfumées : une longue maison blanche (le palais de la reine) avec de nombreuses embrasures, à droite de celle-ci une mosquée en pierre, et tout autour les indigènes, des cabanes, une image particulière, différente de tout ce que j’ai vu lors de mes voyages jusqu’à présent. La route étroite est fermée par des talus bas et est assez plate, nous avons donc dû nous éloigner. »
À son arrivée à Fumɓoni le 18 avril, l’explorateur fut accueilli avec une grande hospitalité par le prince consort. Ce dernier, soucieux du confort de son hôte, lui offrit une résidence agréable à proximité du palais royal. Afin de subvenir à ses besoins, il lui fit parvenir des provisions variées. Il mit également à sa disposition un interprète anglophone, chargé de l’assister en tout temps, tant pour ses excursions que pour la moindre de ses requêtes. Saïd Hamadi lui conseilla cependant de ne traiter qu’avec lui seul. Une stratégie manifeste de monopolisation du marché, au détriment des commerçants locaux, comme l’avait précédemment signalé Tsivandini dans son entretien avec Rowley.
Au-delà de cette façade commerciale, Kersten découvrit en Saïd Hamadi un personnage aux multiples facettes : un collectionneur d’objets divers, un homme cultivé, ouvert aux autres et à la culture, qui acceptait avec empressement d’être photographié – une rareté pour les dignitaires musulmans de l’époque. Par ailleurs, il nourrissait un goût prononcé pour la musique, organisant régulièrement des représentations en sa présence.
Sa première rencontre avec Mkadara, le commerçant et homme de culture
« Saïd Hamadi, le Sultan ou époux de la reine de Mwali, m’a reçu très gentiment. Il m’a montré une jolie petite maison non loin de celle où il fait bon vivre, m’a envoyé des chèvres, des œufs, du riz et des noix de coco et m’a dit que si j’avais besoin de quelque chose, je devrais me tourner vers lui parce que j’allais bien et que je ne devais rien accepter des autres. Parallèlement, il a mis à ma disposition un homme anglophone, qui devait rester près de moi toute la journée, s’occuper immédiatement de toutes mes commandes et m’accompagner dans mes excursions en tant que guide et interprète.
Dans l’après-midi, j’ai rendu visite au sultan dans sa maison majestueuse et extrêmement élégante. Il possède de nombreux canons, fusils, appareils électroménagers européens, ainsi que du vin et des étrangleurs, pour la plupart des cadeaux de visiteurs précédents. Étant l’un des membres éclairés de sa tribu, il montra un goût pour les traditions européennes et n’adhéra pas aux prescriptions du Coran avec une rigueur excessive : il me permit donc, contrairement aux saints de Muhammad, de prendre son image. Comme je l’ai découvert plus tard, il dédaignait cela, mais appréciait la bonne humeur, du moins quand il était seul.
Pour ma part, Majid13 aime beaucoup son petit ‘warde’ ; néanmoins, ses batteurs et ses joueurs de cornemuse étaient bien mieux entraînés que ceux que j’ai entendus à Zanzibar. Ils jouaient plus fréquemment, plus longtemps et avec plus de variété. »
Ce que Kersten sait de la dynastie Ramanetaka
« Cependant, je n’ai pas pu voir son épouse, la « plus aimable de toutes les reines de couleur », dont j’avais déjà tant entendu parler ; je ne pouvais réprimer un sentiment de ressentiment face au fait que Saïd Hamadi s’habituait à sa liberté de Malgache. La femme grâce à laquelle il a obtenu sa position en premier lieu a été traitée de manière arabe. Djumbe Fatima, la reine de Mwali, vénérée et admirée par tous les Malgaches, est originaire de la région occidentale de Radama14 ; son père, Ramanetaka, déjà mentionné, fut le seul de tous les princes de la maison royale à échapper à la mort lorsque la sanglante Ranavalona arriva au pouvoir en 1828
Il s’enfuit à Mwali, fut accueilli par les habitants, élu dirigeant, et joua un rôle non négligeable dans l’histoire de Madagascar (dans les soulèvements des Sakalava du Nord en 1835 et 1836) et des Comores. Après la mort de son père, Djumɓe Fatima a repris le règne de Mwali. Elle a épousé un Arabe de Zanzibar, Saïd Hamadi. Leur mariage semble être resté stérile ; on ne peut pas dire avec certitude si elle était heureuse, mais on raconte que la belle reine avait autrefois l’intention de divorcer de son mari pour épouser son amant, Rakoto (Radama II)15, qui l’aimait tendrement. Le zèle de la future reine Rosaherina et le déclenchement des bouleversements de l’État malgache en 1863 auraient empêché cela. »
Éclaircissements sur les revenus de Saïd Hamadi
Enfin, pour en revenir à Mkadara, Otto Kersten a pu obtenir des éclaircissements sur les revenus de ce dernier. L’explorateur allemand note que les recettes générées par les droits de douane au port de Fumɓoni étaient insuffisantes pour soutenir le train de vie somptueux du prince consort, une observation corroborée par l’intéressé lui-même. Ce dernier révèle qu’une partie significative de ses revenus provient d’une taxe annuelle sur les habitations, équivalente à un thaler16, ce qui représente une somme considérable compte tenu du fait que, selon Henry Rowley, la capitale comptait alors entre trois cents et quatre cents maisons.
« Plus tard, je rencontrais généralement Saïd Hamadi dans l’après-midi, sur le banc de pierre devant la petite mosquée sur la plage. Ici, il donnait des audiences, conversait avec les habitants de la ville et profitait de l’air frais de la mer et des vues agréables. Je devais lui parler de l’Europe et des conditions qui y règnent. Pour ne pas être le seul à donner, j’ai aussi pris la liberté de lui poser une question, assez franche d’ailleurs : je lui ai demandé d’où il tirait ses revenus, puisqu’ils semblaient minimes. Les visites à son port ne pouvaient pas subvenir aux frais de son ménage excellemment meublé avec les revenus des droits de douane, comme le faisait Saïd Majid. »
Une taxe foncière
« Il m’a avoué en souriant que c’était impossible ; en revanche, il taxait les appartements de son île et demandait à chaque propriétaire de lui donner un thaler chaque année. Le montant de cette « taxe foncière » ne devait pas être négligeable, car la ville de Fumɓoni comptait à elle seule plusieurs centaines de maisons, et il y en a en outre seize plus grandes dans d’autres beaux villages de l’île dont mon interprète m’a donné les noms. Par ailleurs, Saïd Hamadi fait probablement du commerce ; puisqu’il subvient à ses besoins alimentaires grâce à son propre argent et à ses troupeaux, il peut facilement agir comme un petit roi. »
Acte d’accusation de Djumɓe Fatima envers ses ministres
Fumɓoni, le 22 mai 1861
Djumɓe Fatima17, reine de Mwali, pour servir autant que besoin sera.
Que Dieu protège ceux qui ont le cœur droit !
Je fais connaître par les présentes la position à laquelle je suis réduite, et la félonie de mes deux ministres : Ratsivandi et Abdallah Musalim, anciens esclaves de mon père Ramanetaka, auxquels s’est adjoint le chef mohélien Ali Mwalimu. Ils se sont emparés de mon gouvernement, disposent en maîtres, et même, contre moi, de mes esclaves et de mes propriétés, s’arrogeant le droit de diriger l’intérieur de mon palais, où je suis comme leur prisonnière, sans avoir même la faculté de recevoir ceux qui me sont dévoués. Enfin, ils m’ont déshonorée officiellement par une infâme calomnie. Voilà pour ma personne.
À l’égard de mon peuple, ce sont des concussions et des avanies insupportables. Si je n’ai pas mis un terme à ces manœuvres, en les remplaçant d’abord par d’autres chefs dignes de ma confiance, c’est que cette nomination eût désigné ceux-ci à la haine de mes oppresseurs et à une mort certaine.
Voici quelques faits : Il y a vingt mois, au retour de mon mari de Zanzibar, j’accédais à la demande des susdits chefs, en réglant que Saïd Hamadi ne se mêlerait pas du gouvernement : mais il devait recevoir les honneurs dus à l’époux d’une souveraine. Au lieu de lui rendre ces honneurs, selon ma volonté et leurs promesses, les chefs l’ont traité, soit par eux-mêmes, soit par des personnes députées par eux, comme on ne traiterait pas un esclave : il a été injurié, et à son entrée au palais, les gardes, sous les ordres de Ratsivandi, lui ont tourné le dos.
Chez nous, la résidence royale est sacrée, et c’est un crime de lèse-majesté d’y frapper ou d’y garrotter qui que ce soit. C’est encore le même crime d’entrer en armes dans l’intérieur réservé, à moins que l’on ne reçoive l’ordre du souverain lui-même. Or, premièrement, à l’entrée de mon mari au palais, Ratsivandi en personne battit un homme de confiance de mon époux dans la cour du palais même, et le fit garrotter au même endroit. Secondement, les soldats sont entrés en armes, à deux heures de la nuit (huit heures du soir) dans l’intérieur réservé, et ont effrayé tout mon monde par leurs cris et leurs gestes furieux. J’ai demandé aux chefs raison de cet attentat, mais ils le nièrent effrontément, car c’étaient eux-mêmes qui en avaient donné l’ordre dans le but d’exaspérer mon mari et de le faire mettre sur la défensive, afin d’avoir un prétexte de l’accuser de menaces avec armes. Ce sont eux qui sont les vrais coupables. Les personnes qui venaient voir mon mari étaient prises et garrottées pour ce seul fait.
Au bout de deux mois d’un séjour marqué à chaque instant par des actes de mauvais vouloir et des injures de ces ministres, mon mari voulut partir pour assurer ma tranquillité. Je lui proposai mon boutre, mais les chefs s’y opposèrent, ils m’ont même refusé de disposer de cette propriété, alors que mon mari proposait de l’affréter à quelque prix que ce fût.
Depuis le départ de Saïd Hamadi sur un boutre arabe, ces trois personnages dirigent les affaires de mon gouvernement sans m’informer de rien. Ils ont même passé sept mois sans venir me voir ou m’envoyer quelqu’un de leur part, et je n’avais, durant tout ce temps-là, de nouvelles d’eux que par les plaintes que me faisaient transmettre mes sujets des tracasseries incessantes qu’ils éprouvaient de leur part. Ils ne disposent pas seulement en maîtres des terrains de l’île, mais mes propriétés réservées elles-mêmes ne sont pas à l’abri de leur rapacité. Ils perçoivent pour eux les produits de mes domaines, et se servent de mes esclaves pour leur avantage particulier, tandis que je ne puis les avoir à ma disposition.
Durant dix-huit mois, je n’ai rien reçu, non seulement des droits dus à la reine, mais même des produits de mes propriétés privées, si ce n’est qu’on m’apporte le strict nécessaire pour vivre au jour le jour, sans que j’aie pu obtenir les douceurs que je demandais, et qui se trouvent sur mes domaines administrés par ces chefs. Ce n’est qu’à l’arrivée d’une corvette de Zanzibar18, il y a deux mois, que, pour prévenir mes plaintes, ils m’apportèrent une seule fois une somme minime en me disant : « Voilà ce qui vous revient », sans me donner de détails. Ils ont interdit aux boutres de Ngazidja de communiquer avec Mwali, et aux gens de Mwali de se rendre à la capitale de Ngazidja, où se trouve mon mari, et cela sans même m’en informer.
Ils ont enlevé d’auprès de ma personne, et exilé du palais, sans m’en donner aucune raison, trois personnes19 que j’avais attachées à mon service. Plus tard, une d’elles voulant venir me voir, ils lui ont mis pour condition, sous peine de mort, de ne pas parler de telle chose. Ils s’arrogent donc le droit de mort.
Ils ont fait publiquement kabary à deux personnages, parce que, leur ont-ils reproché, ils étaient pour moi et non pour eux. Deux autres individus ont été mis aux fers pendant trois jours pour la même raison que ci-dessus, et avec menace de mort. Ainsi, ils ne se contentent pas de gouverner sans moi, ils gouvernent contre moi. Ils m’ont interdit de recevoir aucune lettre de mon mari. Néanmoins, ils avaient promis à M. le commandant français de Langle de me laisser la faculté d’écrire à leur proscrit. Dernièrement, ils m’ont enlevé cette consolation en défendant à qui que ce soit, sous les peines les plus sévères, de se charger de mes lettres pour Saïd Hamadi.
Des Français20 sont venus me proposer de faire établissement agricole sur mes terres. J’étais à traiter avec eux de conditions avantageuses pour moi et mon pays ; mais cet établissement, devant gêner les chefs dans le droit qu’ils se sont arrogé de disposer des terres de mon île, et devant faire cesser, au moins en partie, le désordre, tout à leur profit, de leur administration sur mes domaines, ils m’ont déclaré qu’ils ne voulaient pas, sous aucune condition, que des blancs cultivassent ma terre. Ce n’est pas un conseil qu’ils m’ont donné, c’est leur volonté qu’ils m’ont déclarée.
Ils ont défendu aux gardes du palais de m’avertir, lorsque ces Français se présenteraient pour me voir, et leur ont donné l’ordre de congédier, comme de ma part, ces amis chaque fois qu’ils se présenteraient. Ainsi, affaires du gouvernement, affaires particulières, autorité sur mes esclaves, direction de mon intérieur, rapports avec mon mari, ils m’ont tout enlevé.
Plût à Dieu qu’ils m’eussent au moins laissé mon honneur ! Je ne pourrai jamais oublier que, le 6 mfugomontsi21 (17 avril), Ratsivandi et Abdallah Musalimu m’ont calomniée en face et officiellement, me traitant… Dieu et les personnes de ma maison sont témoins de la fausseté de cette accusation ! …me traitant de femme sans honneur. Quant à mon peuple, que je voudrais voir heureux, je reçois chaque jour des plaintes d’injustices et d’avanies que lui infligent l’avarice et l’orgueil de ces trois chefs. Ceux qui sont vexés n’osent même pas venir en personne me confier leurs peines.
Tout cœur droit jugera que cette situation est insupportable. Que le Très-Haut nous envoie promptement du secours !
Références :
- The Story of the Universities’ Mission to Central Africa, Henry Rowley (1866)
- Baron Carl Claus von der Decken’s » Reisen in Ost-Afrika in den Jahren 1859 bis 1865, Carl Claus von der Decken (1870)
- Histoire de Madagascar: ses habitants et ses missionnaires, Volume 1, Camille de La Vaissière (1884)
- Jomby-Soudy : scènes et récits des îles Comores, Louis Langlois (1872)
- Djoumbe Fatima (1836-1878) reine de Mohéli entre histoire et mémoire, Issouf Charafoudine (2008)
Notes :
- Son père Ramanetaka, devenu Sultan Abdurahmane, est mort le 8 avril 1841 ↩︎
- Sultan d’Oman et Zanzibar ↩︎
- Fille d’un Hova établi à Maurice nommé Rambaovao, elle est l’épouse d’un Français nommé Droit originaire de Franche-Comté. Fuyant la répression de Ranavalona, ce dernier s’est d’ailleurs réfugié à Mwali en 1835 où il mourût deux ans plus tard, le 1er janvier 1837. ↩︎
- Elle avait été imposée par le Commandant supérieur de Maore, Pierre Passot. ↩︎
- Chassée en même temps que sa sœur Mme Languedoc, venue depuis peu de temps le rejoindre à Mwali. Certains avancent que Mme Droit avait été empoisonnée. ↩︎
- En 1861, c’était il presque trente ans que Ramanetaka avait entrepris la conquête de l’île aux début des années 1830. ↩︎
- Ramanetaka avait deux enfants avec deux femmes différentes. Les demi-sœurs Djumɓe Fatima (aînée) et Djumɓe Salama. ↩︎
- Abdallah Musalim ↩︎
- Le terme Hova renvoie au peuple Mernina de Madagascar, une subdivision désignant les gens du commun, différent des Andriana (nobles). ↩︎
- Mot d’origine malgache qui désigne grand conseil. Ils se sont organisés plusieurs kabary depuis décembre 1860, et sont devenu récurrents à partir du 7 avril 1861, deux jours après le départ des Anglais. ↩︎
- Finaz et les agents français, ainsi que son oncle Ambilahiasana ↩︎
- Peu à peu cet entretien, Tsivandini, qui avait demandé conseil auprès de David Livingston, entame une démarche auprès du consul d’Angleterre, réclamant l’appui des forces britanniques contre l’influence française. ↩︎
- Sultan de Zanzibar ↩︎
- Radama 1er, ancien roi de Madagascar. ↩︎
- Il s’agit de manœuvres du Père Finaz pour à la fois assurer une christianisation de Mwali et faciliter l’occupation française. ↩︎
- Ancienne monnaie allemande ↩︎
- Acte rédigée sous l’influence du Père Finaz, reprenant une grande partie de son argumentaire. ↩︎
- Visite de l’amiral des forces navales le 11 mars ↩︎
- Sa gouvernante Ramana-Zena, sa dame de compagnie Andriambavi et Izuber le capitaine de sa garde ↩︎
- Il s’agit de Marius Arnaud, représentant de Joseph Lambert ↩︎
- Mfungomontsi (le premier mois après le ramadan). Elle date ses lettres selon le calendrier comorien, le Nairuze, et celle-ci elle est datée du 11 mfungomɓili 1277 (le deuxième mois après le ramadan).
↩︎














