Contexte : Dans sa lettre, le sultan Saïd Ahmed bin Swaleh de Ndzuani tente de convaincre le sultan d’Oman, Ahmad bin Saïd al-Busaïd1, de l’exempter de la requête visant à lui envoyer des hommes pour servir sous ses ordres.
Ndzuani, 12 Jumada al-Awwal 1163 [19 avril 1750]
« Au nom de Dieu.
Après nos salutations et nos vœux les plus sincères pour la préservation de votre auguste santé :
Nous avons reçu votre honorable lettre par l’intermédiaire de notre frère Sulaiman. Elle nous a procuré une grande satisfaction ; nous l’avons lue avec attention et en avons parfaitement compris le contenu.
En ce qui concerne votre demande d’hommes et d’argent2, nous tenons à vous déclarer que nous sommes tout disposés à vous accorder ce que vous souhaitez. Toutefois, nous avons une requête à vous soumettre : notre pays est très petit ; il ne s’étend qu’à environ une demi-journée de marche, tant en longueur qu’en largeur. Notre population est très réduite et, afin d’accroître notre nombre, nous devons garder nos jeunes gens, les marier et les laisser vivre avec leurs épouses. Si nous les laissions quitter le pays, il se dépeuplerait. Nous sommes peu nombreux et, pour la plupart, pauvres et nécessiteux.
C’est pourquoi nous implorons votre clémence afin d’épargner nos hommes. Vos prédécesseurs ont formulé une demande semblable, mais, lorsque nous leur avons exposé la situation, ils nous ont épargnés. Nous vous serions donc profondément reconnaissants de bien vouloir renoncer à l’exigence portant sur nos jeunes gens. Si toutefois vous persistez à vouloir l’appliquer, nous nous y soumettrons sans objection.
Nous sollicitons également de votre part que vous nous dispensiez du paiement que vous réclamez. Mais si vous insistez pour obtenir à la fois les hommes et l’argent, nous nous y conformerons sans réserve.
En toute circonstance, nous réitérons notre supplique : épargnez-nous l’envoi d’hommes, car notre pays n’est qu’une petite île. Nous vous prions, Monsieur, de nous adresser votre réponse, qu’elle soit favorable ou défavorable. Soyez assuré, Monsieur, que nous vous sommes fidèles, obéissants et que nous nous considérons comme vos sujets ; jamais nous ne nous opposerons à vos volontés.
Wassalam3. »
SAID AHMED BIN SWALEH
Référence :
- Trade and Empire in Muscat and Zanzibar – The roots of British domination, Reda Bhacker (1992).
Notes :














