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	<title>Allemagne Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<title>Allemagne Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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		<title>Quelques éléments de la vie du Comorien Abdallah bin Wazir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 20:19:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Personnalité historique]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Wazir]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Abdallah bin Wazir, originaire de Ngazidja, a été l’un des témoins comoriens essentiels pour la recherche allemande sur l’archipel.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Source importante pour les linguistes allemands Martin Heepe<sup data-fn="064df2e3-d6ea-465b-9a64-83f715a3b97b" class="fn"><a href="#064df2e3-d6ea-465b-9a64-83f715a3b97b" id="064df2e3-d6ea-465b-9a64-83f715a3b97b-link">1</a></sup> et Carl Meinhof<sup data-fn="5f8c80df-5e40-4b0d-8072-7f30535446a0" class="fn"><a href="#5f8c80df-5e40-4b0d-8072-7f30535446a0" id="5f8c80df-5e40-4b0d-8072-7f30535446a0-link">2</a></sup>, <a href="https://beshelea.com/elements-ada-mroni-20e-siecle/">Abdallah bin Wazir</a> a contribué, lors de son séjour à Hambourg, à documenter certains aspects de la mémoire de l’archipel des Comores, selon le point de vue d’un témoin comorien. Toutefois, les informations le concernant demeurent limitées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Né vers 1875, il aurait atteint la quarantaine à la fin des années 1910. Il travailla à bord des navires de la Deutsche Ost-Afrika Linie et se mit à la disposition du Séminaire des langues coloniales pour fournir des renseignements linguistiques lors de ses escales à Hambourg<sup data-fn="1474724a-021c-4fb6-a72d-b84e6fb317ec" class="fn"><a href="#1474724a-021c-4fb6-a72d-b84e6fb317ec" id="1474724a-021c-4fb6-a72d-b84e6fb317ec-link">3</a></sup>. Au début de l’année 1914, il fut employé pendant quelques mois comme assistant de langue. Il envisagea de quitter Hambourg le 3 août 1914, mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale l’obligea à rester en Allemagne. Tombé malade en 1918, il mourut à Hambourg le 15 mai 1919.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la maîtrise de l’alphabet arabe, il possédait également une connaissance de l’alphabet latin. Dans la nécrologie qu’il lui consacra, le professeur Carl Meinhof, alors directeur du séminaire, écrivait : « Depuis mars 1914, il a rendu de précieux services au Séminaire des langues coloniales de l’Institut colonial de Hambourg dans l’enseignement du swahili et dans la recherche sur sa langue maternelle<sup data-fn="224d44c4-9e23-4d40-a478-1a7939af491e" class="fn"><a href="#224d44c4-9e23-4d40-a478-1a7939af491e" id="224d44c4-9e23-4d40-a478-1a7939af491e-link">4</a></sup>, et s’est distingué par sa diligence, son expertise et sa fiabilité. Par sa nature modeste et sérieuse, il a su gagner des amis sincères qui honorent sa mémoire. Tous ceux qui l’ont rencontré peuvent le confirmer. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, Martin Heepe, dont une partie des travaux reposait sur ses contributions, notait que « la mort prématurée de cet homme constitue donc une perte pour notre travail scientifique ». À sa mort, son compatriote <a href="https://beshelea.com/anciennes-traditions-ndola-ngazidja/">Abdallah bin Muhammad</a> lui succéda au Séminaire des langues africaines et de la mer du Sud en tant qu’assistant linguiste pour le swahili.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan familial, l’on sait qu’il était originaire de Ngazidja et né à Ntsudjini. Son père se nommait Wazir bin Djumɓe Fumu. Selon Heepe, l’un de ses oncles maternels, Samɓauma, avait été ministre auprès du sultan Mwinyi Mdji puis du sultan <a href="https://beshelea.com/memorandum-1881-ngazidja/">Saïd Ali wa Saïd Omar</a> à Mroni. L’aînée de sa mère était, quant à elle, la mère de Mwinyi Abudu bin Sultan, également ancien ministre de Saïd Ali wa Saïd Omar. Abdallah bin Wazir avait épousé Amina, fille de Swafein, lui aussi ancien ministre de ce même souverain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On reproduit ci-après un témoignage recueilli en 1912, dans lequel il évoque certains éléments de sa vie ainsi qu’un épisode de son enfance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Propos recueillis le 30 janvier 1912</h4>



<p class="wp-block-paragraph">« Je suis né à Ntsudjini<sup data-fn="e40a23bb-8536-40c0-99b8-a40dcccd314e" class="fn"><a href="#e40a23bb-8536-40c0-99b8-a40dcccd314e" id="e40a23bb-8536-40c0-99b8-a40dcccd314e-link">5</a></sup>, c’est le nom d’une ville. Je partis de Ntsudjini et me rendis à Itsandraya Mdjini. Je voyageai et allai à Mroni. Je rencontrai un navire, montai à bord et naviguai avec lui jusqu’à ce que j’arrive à Zanzibar. Là, je débarquai et poursuivis mon chemin. Et le navire continua sa route et suivit son cap. Puis je réembarquai et naviguai jusqu’à Dar es-Salaam. Là, je trouvai du travail. Et je restai et travaillai là-bas durant trois ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, je me remis en route, retournai au pays et poursuivis mon chemin jusqu’à ma terre natale. Puis je repartis et cheminai jusqu’à atteindre Mitsamihuli Mdjini. Et je m’embarquai (jusqu’à ce que je parvinsse) à Madagascar. Et je naviguai jusqu’à Nosy Be. Là, je trouvai une barque et naviguai avec elle jusqu’à Fasi<sup data-fn="7956aadf-d618-4b60-bdf4-3637f2b35344" class="fn"><a href="#7956aadf-d618-4b60-bdf4-3637f2b35344" id="7956aadf-d618-4b60-bdf4-3637f2b35344-link">6</a></sup> (nom d&rsquo;une ville). J’y débarquai et m’y installai. J’y fis du commerce : j’achetais des bovins, les abattais et en vendais la viande. Je tins ce commerce durant deux ans. Puis je revins et abandonnai l’activité que j’y avais exercée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je repris ensuite la route et me rendis à Nosy Be. J’y achetai du riz, le chargeai sur un navire, pris la mer et atteignis finalement Mroni. J’y déchargeai le riz et le vendis. Puis je pris l’argent et rentrai chez moi. Et je demeurai là. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Propos recueillis le 12 août 1912</h4>



<p class="wp-block-paragraph">« Un jour, je sortis avec mes amis Ali, Himidi et Sharifu Mzee, et nous nous rendîmes en plein air, dans les champs. Nous marchâmes pour chercher des fruits à cueillir. Nous avançâmes, cueillîmes les fruits, puis nous rentrâmes et arrivâmes à la ville. Nous atteignîmes la route, en haut, et rencontrâmes un homme nommé Mgomri, qui faisait paître les bœufs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors un bœuf (un taureau<sup data-fn="f4cd49dd-3970-428b-a457-fcc5c13c30c8" class="fn"><a href="#f4cd49dd-3970-428b-a457-fcc5c13c30c8" id="f4cd49dd-3970-428b-a457-fcc5c13c30c8-link">7</a></sup>) s’approcha, nous poursuivit rapidement et voulut nous encorner ; nous courûmes de toutes nos forces. Mes amis couraient plus vite que moi. J’étais encore un enfant, je ne pouvais pas les suivre ; je m’arrêtai, me penchai, pris deux pierres, poussai un cri, appelai Mgomri et lui dis ceci : « Rappelle ton bœuf, qu’il ne me tue pas. » Alors il me répondit ainsi : « Lance-lui une pierre. » Je lui demandai : « Où dois-je le frapper ? » Il me dit : « Lance-lui dans l’œil. » Je jetai la pierre et elle l’atteignit à l’œil, et l’œil sortit de son orbite. Le bœuf tomba à terre et mourut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mgomri, de son côté, quand il vit le bœuf tomber à terre, tira son couteau et se lança à ma poursuite pour m’égorger avec son arme. Alors je courus vite, m’échappai et rentrai à la ville. Lui aussi arriva en ville, se rendit au palais royal, déposa plainte et dit : « Abdallah bin Wazir a jeté une pierre à mon bœuf et celui-ci est mort. » Alors des envoyés du palais royal vinrent appeler mon père<sup data-fn="41f65fda-de29-40a5-b5dd-ccd38ce21b0e" class="fn"><a href="#41f65fda-de29-40a5-b5dd-ccd38ce21b0e" id="41f65fda-de29-40a5-b5dd-ccd38ce21b0e-link">8</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon père les suivit et ils allèrent ensemble au palais. Le roi lui dit ceci : « Ton fils Abdallah a tué le bœuf de Mgomri. » Il répondit : « Je ne suis pas au courant. Allez donc l’appeler, qu’il vienne et que vous lui demandiez si c’est vrai. » Le roi, Mwinyi Mdji, déclara : « Ton fils Abdallah n’a pas de discernement. Il est encore un enfant. » Mon père lui demanda : « Que désires-tu donc ? » Le roi répondit : « Je réclame trois femmes et dix bœufs. » Alors mon père dit : « Faites venir Abdallah, qu’il vienne et que vous lui demandiez si c’est réellement lui qui a tué son bœuf. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un policier<sup data-fn="f1c52bd9-6799-4a52-8668-cc66425b925d" class="fn"><a href="#f1c52bd9-6799-4a52-8668-cc66425b925d" id="f1c52bd9-6799-4a52-8668-cc66425b925d-link">9</a></sup> fut alors envoyé. Il se rendit auprès de ma mère, puis m’appela. Je me levai, le suivis et nous allâmes au palais. Le roi me demanda : « Est-il vrai, Abdallah, que c’est toi qui as tué le bœuf de Mgomri ? » Je répondis : « C’est vrai, c’est moi qui l’ai tué. » — « Que signifie cela, que tu tues le bœuf d’autrui ? » Je lui dis : « Le bœuf de Mgomri nous poursuivait à toute allure et voulait nous tuer. Alors j’ai appelé Mgomri et je lui ai dit : “Rappelle ton bœuf, qu’il ne nous tue pas.” Et Mgomri me dit : “Lance-lui une pierre.” Je lui demandai : “Où dois-je le frapper ?” Il me répondit : “Lance-lui dans l’œil.” Alors je jetai la pierre et le frappai à l’œil. Le bœuf tomba à terre. Alors Mgomri tira son sabre et me poursuivit pour me tuer. Je courus vite, m’échappai et gagnai la ville. Telle est ma déclaration. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roi interrogea alors Mgomri et lui dit : « Les paroles qu’Abdallah a dites — son récit — sont-elles vraies ? » Il répondit : « Elles sont vraies. Ce sont bien les paroles que je lui ai adressées. » Alors le roi lui dit : « C’est toi qui paieras le bœuf. Car c’est toi qui l’as fait tuer. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="064df2e3-d6ea-465b-9a64-83f715a3b97b"><em>Martin Heepe (1887-1961).</em> <a href="#064df2e3-d6ea-465b-9a64-83f715a3b97b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5f8c80df-5e40-4b0d-8072-7f30535446a0"><em>Carl Friedrich Michael Meinhof (1857-1944)</em>. <a href="#5f8c80df-5e40-4b0d-8072-7f30535446a0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1474724a-021c-4fb6-a72d-b84e6fb317ec"><em><em>À l’exemple de certains Comoriens travaillant à l’époque pour des compagnies allemandes ou au service de citoyens allemands, et partageant leur temps entre l’Afrique de l’Est et l’Allemagne.</em></em> <a href="#1474724a-021c-4fb6-a72d-b84e6fb317ec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="224d44c4-9e23-4d40-a478-1a7939af491e"><em>Le shiKomori, en particulier dans sa variété linguistique shiNgazidja.</em> <a href="#224d44c4-9e23-4d40-a478-1a7939af491e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e40a23bb-8536-40c0-99b8-a40dcccd314e"><em>Ville du centre-ouest de Ngazidja, ancien chef-lieu du sultanat d’Itsandraya.</em> <a href="#e40a23bb-8536-40c0-99b8-a40dcccd314e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7956aadf-d618-4b60-bdf4-3637f2b35344"><em>Petit village situé au nord de Ngazidja, à proximité immédiate de Mitsamihuli Mdjini</em>. <a href="#7956aadf-d618-4b60-bdf4-3637f2b35344-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f4cd49dd-3970-428b-a457-fcc5c13c30c8"><em>Mɓe ɗume</em>. <a href="#f4cd49dd-3970-428b-a457-fcc5c13c30c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="41f65fda-de29-40a5-b5dd-ccd38ce21b0e"><em>Wazir bin Djumɓe Fumu.</em> <a href="#41f65fda-de29-40a5-b5dd-ccd38ce21b0e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f1c52bd9-6799-4a52-8668-cc66425b925d"><em>Mdrowani.</em> <a href="#f1c52bd9-6799-4a52-8668-cc66425b925d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>De Zanzibar à Hambourg : itinéraire et vie de Mze bin Abubakari</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 17:21:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Mze bin Abubakari]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
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		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 1913, Mze bin Abubakari, fils de Comoriens installés à Zanzibar, raconte son parcours : de la côte swahilie aux ports d’Allemagne, il livre le témoignage rare d’une vie entre îles, continents et mondes européens.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, d’importants flux de Comoriens émigrent vers Zanzibar, devenu alors le principal centre culturel, commercial et politique de la sous-région. Beaucoup intègrent l’administration du sultanat ; d’autres s’établissent dans l’artisanat, le commerce ou les métiers ordinaires qui rythment la vie urbaine. Il arrivait également que certains gagnent le continent, notamment Dar es-Salaam, ou prennent le large en s’embarquant sur des navires européens, comme interprètes, hommes d’équipage ou simples matelots.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte de mobilité intense que s’inscrit le parcours de Mze bin Abubakari, né vers 1888, fils d’immigrés comoriens établis à Zanzibar. Son itinéraire singulier le mène jusqu’en Allemagne, à Hambourg, au tournant du XXe siècle. En 1913, au cours d’entretiens accordés aux chercheurs allemands Karl Meinhof et Martin Heepe, il livre une partie de son histoire personnelle — un témoignage rare que nous reproduisons ici dans son intégralité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueilli le 14 janvier 1913</em> :</p>



<h3 class="wp-block-heading">Présentation de sa famille</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mon père s’appelle Ɓakari wa Hamaɗi wa Ɓuna Shirazi<sup data-fn="ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26" class="fn"><a id="ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26-link" href="#ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26">1</a></sup>. Ma mère était Fatima Djumɓe Fumu wa Mwamɓa wa Mɗwauhoma, elle aussi Shirazi. Mon père et ma mère sont tous deux Shirazi. Mon père naquit à Ntsudjini et fut élevé dans la ville de Mitsamihuli. Lorsqu’il fut adulte, il se rendit à Zanzibar à l’âge de trente-sept ans. Il fit alors le service militaire<sup data-fn="f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35" class="fn"><a id="f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35-link" href="#f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35">2</a></sup> sous le règne de Barghash, jusqu’à ce que celui-ci eût vaincu ses ennemis ; puis il s’établit, vécut de ses économies, épousa ma mère et ils me donnèrent le jour. Ma mère a aujourd’hui cinquante-trois ans, mon père soixante-dix-huit ans, et moi-même j’ai vingt-cinq ans.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ses premiers jobs avec des Européens</h3>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai commencé à travailler à l’âge de dix ans. Je suis allé à Dar es-Salaam, où je recevais quinze roupies par mois. L’Européen pour lequel je travaillais habitait dans le bâtiment de la poste de la ville et s’appelait Bader. Je restai auprès de lui trois ans, puis il repartit pour son pays d’origine et me confia à un autre Européen. À présent, je veux rentrer chez moi. Il est déjà le soir ; je veux y aller pour manger quelque chose. Si j’attends trop longtemps avant de partir, celui qui prépare le repas sera déjà rentré chez lui. Je n’aurai alors plus aucune occasion de me procurer à manger, car il fermera la cuisine. Je ne pourrai plus avoir d’eau chaude non plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces informations sont exactes, mon cher Monsieur ; je te prie de m’excuser, ne te fâche pas et ne t’irrite pas. Si le Dieu tout-puissant m’accorde encore la vie, nous — toi et moi — échangerons bien des paroles. Lorsque je serai allé à Zanzibar et revenu, si le temps n’est pas froid, je reviendrai ici. Car je connais cette maison.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis du 11 au 16 septembre 1913</em> :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kwezi ! Amba ! haɓari za imo ?<sup data-fn="063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98" class="fn"><a id="063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98-link" href="#063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98">3</a></sup> Je suis arrivé aujourd’hui ; j’ignore le jour où nous repartirons. De quoi voulons-nous maintenant écrire ? Écrivons à présent au sujet de l’Européen qui m’a pris à son service. — Cet Européen était un homme très bon, et il me donnait également un salaire exceptionnellement élevé. Je restai auprès de lui deux ans. Il s’appelait Früliauf. Le travail que j’avais à accomplir chez lui consistait à entretenir sa chambre. Après deux ans, il fut atteint d’une maladie et rentra en Europe. Alors, je ne travaillai plus à Dar es-Salaam : je rentrai chez moi et vins à Zanzibar. Puis je partis pour Chinde<sup data-fn="6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019" class="fn"><a id="6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019-link" href="#6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019">4</a></sup>, où je vécus trois ans et travaillai pour un Européen appelé Schare.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les retrouvailles avec sa famille à Zanzibar</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque je fus fatigué, je revins à Zanzibar pour voir ma mère et mon père, afin de savoir s’ils vivaient encore. Je les retrouvai, et mon cœur fut rempli de joie. Un repas de fête fut préparé pour moi ; j’appelai mes amis, ils vinrent, et nous mangeâmes tous ensemble et dansâmes la nuit durant. Ma mère fut très heureuse et fit venir des gens pour chanter et danser le chant de réjouissance suivant : <em>« na hudjiviwa ina wandzo mndru ; ndjema za mwana kazikaliwantsi; za mndru hudja. »</em><sup data-fn="23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb" class="fn"><a id="23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb-link" href="#23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb">5</a></sup></p>



<h3 class="wp-block-heading">Dialogue avec son père à propos des ballons dirigeables et des planeurs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je repartis d’ici et allai à Zanzibar, où je revis mon père : — « Kwezi ! » <em>(Père:)</em> « Amba ! Haɓari za ntsu zinddji ?<sup data-fn="6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107" class="fn"><a href="#6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107" id="6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107-link">6</a></sup> » <em>(Moi:)</em> « Ndjema<sup data-fn="c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527" class="fn"><a href="#c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527" id="c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527-link">7</a></sup> » <em>(Père:)</em> « Haɓari za Ulaya<sup data-fn="c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96" class="fn"><a href="#c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96" id="c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96-link">8</a></sup> » <em>(Moi:)</em> « Salimina<sup data-fn="85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f" class="fn"><a href="#85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f" id="85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f-link">9</a></sup>. J’y ai vu beaucoup de choses que tu ne connais pas. J’y ai vu une grande chose qui s’élève vers le ciel et redescend sur terre, dans laquelle quinze personnes peuvent entrer (un zeppelin<sup data-fn="904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6" class="fn"><a href="#904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6" id="904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6-link">10</a></sup>). Son apparence est celle d’un requin, et il va très vite. En une heure, un Européen a coutume de dépenser trois ou cinq livres sterling. Mais en échange, on s’élève, puis l’on revient (au sol), parcourant en deux heures une distance pour laquelle la locomotive<sup data-fn="8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb" class="fn"><a href="#8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb" id="8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb-link">11</a></sup> met six heures. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(Père:)</em> « Ah, comment as-tu vu cela ? »<br><em>(Moi:)</em> « Je l’ai vu comme un prodige<sup data-fn="f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b" class="fn"><a href="#f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b" id="f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b-link">12</a></sup> : une véritable maison s’élève et part vers le ciel, sans aucune corde. J’en ai vu un autre, semblable à un oiseau de proie<sup data-fn="160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b" class="fn"><a id="160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b-link" href="#160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b">13</a></sup> : un homme y entre également, et il s’élève et va plus vite qu’un bateau à vapeur<sup data-fn="06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34" class="fn"><a href="#06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34" id="06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34-link">14</a></sup>. J’ai été très heureux de voir ces choses merveilleuses. L’Européen chez qui j’étais m’a donné une longue-vue, et je ne pouvais voir des gens que les jambes. Il passa près du navire où nous nous trouvions, et je compris que les Européens ont beaucoup d’ingéniosité. Il n’y a personne qui oserait se lancer en guerre contre eux. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(Père:)</em> « Eh bien ! À quoi ressemblait cette grande chose ? »<br><em>(Moi:)</em> « Tout à fait à un requin. »<br><em>(Père:)</em> « Comment les gens y entrent-ils ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils entrent par une porte et la referment ; puis cela s’élève comme un cerf-volant, mais sans corde. »<br><em>(Père:)</em> « Y es-tu entré toi aussi ? »<br><em>(Moi:)</em> « Non, non ! J’ai peur d’y entrer : on pourrait en tomber. Un Noir ne doit pas oser y entrer pour monter ainsi et aller vers le ciel. Et ce type d’appareil (dirigeable) a été construit uniquement par les Allemands. Les Anglais n’ont fabriqué aucune machine pouvant emporter quinze personnes. Chez les Anglais, seules deux ou trois personnes peuvent y prendre place. Ils n’ont pas encore su fabriquer ce que les Allemands ont fait. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">La ville de Hambourg et ses petits commerces </h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(Père:)</em> « Tu es un menteur. Tu voyages là-bas et tu reviens pour me raconter des mensonges. »<br><em>(Moi:)</em> « Mais père, ces choses sont vraies, et je te montrerai aussi la carte (l’image) sur laquelle cette grande chose est représentée. Voici celle pour quinze personnes, et voici celle pour un seul homme. Celle pour un homme ressemble à un oiseau de proie s’élevant vers le ciel. Et les autres images montrent la belle, la très belle ville de Hambourg : une cité entièrement européenne, avec de belles rues et de très nombreux arbres magnifiques. Dans une rue, trente voitures peuvent se croiser sans se toucher, et les passants ne se heurtent pas tant la rue est large, et, en outre, les gens y vendent des marchandises. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">(<em>Père:)</em> « Que vendent-ils ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils vendent des pommes<sup data-fn="45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283" class="fn"><a href="#45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283" id="45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283-link">15</a></sup> et des oranges européennes. »<br><em>(Père:)</em> « À quel prix les vendent-ils ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils vendent une livre pour deux pesa<sup data-fn="148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5" class="fn"><a href="#148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5" id="148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5-link">16</a></sup>. »<br><em>(Père:)</em> « Sont-elles sucrées ? »<br><em>(Moi:)</em> « Très sucrées. Et il y a aussi des gâteaux sucrés, et d’autres qu’on mange avec le thé. »<br><em>(Père:)</em> « Ah ! Et à quel prix vend-on cela ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils les vendent un pesa, et une tasse de thé aussi pour un pesa. Voilà le prix qu’ils demandent. Voilà les nouvelles d’Europe. Les Allemands sont nos amis. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(Moi:)</em> « Comment vont les choses à Zanzibar ? »<br><em>(Père:)</em> « À Zanzibar, les choses sont maintenant bon marché : si quelqu’un a une roupie, il peut être rassasié ; elle suffit pour toute la journée. »<br><em>(Moi:)</em> « Suffit-elle vraiment ? »<br><em>(Père:)</em> « Elle suffit, et il y a beaucoup de nourriture, et il tombe beaucoup de pluie. Les gens labourent et cultivent les champs ; les cocotiers portent, et les orangers fleurissent. Les gens se réjouissent du bien-être qui règne maintenant dans la ville. Et ici, nous sommes heureux qu’il y ait tant de bananes : trois ou quatre pour un pesa ; et il y a aussi beaucoup de pommes de terre. Et l’on trouve également de grandes ignames : l’une coûte huit pesa, et si elle est très grosse, un surani (soit seize pesa). Voilà le bien-être qui règne à présent dans la ville. Il n’y a pas de maladie. Nous sommes tous en bonne santé ; personne n’est encore mort.<br>Veux-tu repartir ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">(Moi:) « Je repartirai. »<br>(Père:) « Reste ici et repose-toi. S’il y avait quelqu’un parmi nous deux qui devrait travailler, ce serait moi, qui t’ai engendré ; et pourtant, je n’ai rien gagné sinon toi, puisque je t’ai mis au monde. Reste donc ici et repose-toi : tu es malade. Et ta mère n’aime pas du tout que tu repartes. Cherche du travail ici en ville et occupe-toi. »<br><em>(Moi:)</em> « Je partirai tout de même, car l’Européen chez qui je suis est un homme bon, qui sait se comporter avec les gens. »<br><em>(Père:)</em> « Va alors et va dire adieu à ta mère. »<br><em>(Moi:)</em> « Aridjalia<sup data-fn="03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15" class="fn"><a href="#03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15" id="03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15-link">17</a></sup> donc, que tout aille bien, chère mère. »<br><em>(Mère:)</em> « Aridjalia. Nous nous reverrons dans le bonheur. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes </h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26"><em>Issu d&rsquo;une lignée shirazi, c’est-à-dire l’une des familles d’origine arabo-persane dont se réclamaient les sultans et l’aristocratie de l’archipel à l’époque.</em> <a href="#ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35"><em>Il utilise l’expression « hazi ya uwana nkoɗo »</em>. <a href="#f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98"><em>« Bonjour ! Bonjour ! Qu’y a-t-il de nouveau, d’où viens-tu ? »</em> <a href="#063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019"><em>Ville mozambicaine située le long de la rivière du même nom, un affluent du delta du Zambèze.</em> <a href="#6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb"><em>Quiconque aime véritablement une autre personne ne peut rester chez lui lorsqu’il apprend une nouvelle heureuse le concernant ; il se précipite pour partager sa joie avec cette personne ou ses proches.</em> <a href="#23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107"><em>Comment s’est passée tout ce temps ?</em> <a href="#6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527"><em>Bien.</em> <a href="#c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96"><em>Comment était l’Europe ?</em> <a href="#c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f"><em>Tout va bien.</em> <a href="#85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6"><em>Un aérostat de type dirigeable rigide, de fabrication allemande.</em> <a href="#904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb"><em>Il utilise l’expression « gari la moshi ».</em> <a href="#8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b"><em>Mastaâdjab.</em> <a href="#f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b"><em>Il s&rsquo;agit des premiers planneurs.</em> <a href="#160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34"><em>Markaɓu ya moshi.</em> <a href="#06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283"><em>Le terme qu’il a employé pour désigner la pomme est « pera la shizungu », littéralement « goyave européenne ».</em> <a href="#45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5"><em>Une livre et deux pesa (ratili ndzima na maɓwankanga maili).</em> <a href="#148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15"><em>Littéralement : « Adieu ».</em> <a href="#03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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