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	<title>Barghash bin Saïd Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<description>Se souvenir, c&#039;est vivre deux fois</description>
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	<title>Barghash bin Saïd Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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		<title>Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2025 08:27:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
		<category><![CDATA[Abdurahmane bin Saïd Hamadi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : En mai 1882, la ville de Mroni, où s’est retranché le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar, demeure assiégée par les troupes du sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu. Des correspondances britanniques nous livrent des détails sur les débuts de ce conflit, la seconde nkoɗo nkuu, jusqu’à ce stade des événements. Deux de ces [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> En mai 1882, la ville de Mroni, où s’est retranché le sultan <a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Saïd Ali wa Saïd Omar</a>, demeure assiégée par les troupes du sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu. Des correspondances britanniques nous livrent des détails sur les débuts de ce conflit, la seconde nkoɗo nkuu, jusqu’à ce stade des événements.</em></p>



<p><em>Deux de ces documents sont des lettres de Samuel Barrett Miles adressées à Granville George Leveson, <a href="https://beshelea.com/said-ali-wa-said-omar-octobre-1883/">comte Granville</a> et secrétaire aux Affaires étrangères. L’une évoque le recrutement de soldats à Zanzibar pour soutenir Msafumu, tandis que l’autre est accompagnée d’un mémorandum relatif à une mission effectuée par l’un des agents de Miles en avril 1882 à Ngazidja. Entre ces deux lettres figure également un courrier envoyé par cet agent, Rider Garforth, à Percy Luxmoore, officier supérieur de la Marine et agent politique intérimaire à Zanzibar.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Lieutenant-colonel Miles à Earl Granville (1)</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Zanzibar, 8 mars 1882</em></p>



<p><em>[Extrait]</em></p>



<p>« Entre-temps, je dois signaler que les frères<sup data-fn="d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37" class="fn"><a id="d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37-link" href="#d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37">1</a></sup> de Msafumu, l’un des chefs de Ngazidja déposés par Saïd Ali, ont quitté ce lieu avec une troupe d’environ 200 hommes bien armés<sup data-fn="6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd" class="fn"><a id="6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd-link" href="#6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd">2</a></sup>, afin de rejoindre leur frère, lequel a rassemblé, dans une position forte des montagnes de Ngazidja, un grand nombre de ses partisans, mais mal armés. À moins qu’une aide extérieure ne soit accordée à l’usurpateur<sup data-fn="98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2" class="fn"><a id="98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2-link" href="#98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2">3</a></sup>, les deux forces réunies n’auront guère de difficulté à le chasser du pays.</p>



<p>Son Altesse Saïd Barghash a, je crois, secrètement fourni à cette troupe armes, munitions et fonds, et elle est accompagnée de son agent de confiance<sup data-fn="4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8" class="fn"><a id="4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8-link" href="#4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8">4</a></sup>, qui a organisé clandestinement l’expédition.</p>



<p>Son Altesse n’a d’ailleurs pas caché son opposition à la présence de ces réfugiés, bien que cela suffise à peine à expliquer son attitude actuelle. Il est cependant notoire que l’échec de Saïd Ali à rembourser le roi de Ndzuani des lourdes dépenses qu’il a récemment engagées en sa faveur a provoqué une tension considérable dans leurs relations, et il n’est pas improbable que le roi<sup data-fn="b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5" class="fn"><a id="b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5-link" href="#b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5">5</a></sup> se retourne entièrement contre le chef de Ngazidja<sup data-fn="9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d" class="fn"><a id="9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d-link" href="#9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d">6</a></sup> si cette négligence devait se poursuivre. Cela s’est peut-être déjà produit, et les faits auraient été communiqués à Son Altesse Saïd Barghash.</p>



<p>Le sultan Abdallah<sup data-fn="eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf" class="fn"><a id="eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf-link" href="#eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf">7</a></sup> ne s’est pas joint à ce groupe, mais il est depuis parti pour Ngazidja avec dix-sept partisans, sans doute dans le but d’observer l’évolution des événements.</p>



<p>Le sultan <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Abdurahmane de Mwali</a>, arrivé ici il y a un mois en visite auprès de Son Altesse Saïd Barghash, est reparti par courrier pour le Mozambique, sans doute dans l’espoir d’y obtenir rapidement des nouvelles des Comores. Ce prince n’a reçu aucun encouragement de la part de Son Altesse Saïd Barghash, qui connaît parfaitement son caractère<sup data-fn="eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843" class="fn"><a id="eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843-link" href="#eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843">8</a></sup>. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Capitaine Garforth au Capitaine Luxmoore</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>« Éclipse », en mer, 20 avril 1882</em></p>



<p>« À notre arrivée à Mroni, île de Ngazidja, le 15 avril, je trouvai la ville, ceinte de murailles, occupée par l’actuel prétendu chef de l’île, Saïd Ali, et ses partisans. En même temps, elle était assiégée par l’ancien chef de Ngazidja, Msafumu, dont le quartier général se trouvait au village d’Itsandraya, à environ quatorze milles de là. Celui-ci était assisté d’environ 150 soldats envoyés par le sultan de Zanzibar, il y a de cela deux mois.</p>



<p>Saïd Ali et ses partisans étaient entièrement encerclés et ne pouvaient sortir de la ville. Un boutre était récemment arrivé avec une cargaison de riz, ce qui pourrait lui permettre de tenir un peu plus longtemps. Les embarcations qui débarquaient la cargaison, à une encablure de ce navire, furent prises pour cible par les gens de Msafumu après notre arrivée.</p>



<p>J’eus un entretien à bord de ce navire avec Msafumu et l’officier commandant les soldats du sultan<sup data-fn="f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4" class="fn"><a id="f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4-link" href="#f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4">9</a></sup>. Ils m’assurèrent que, s’ils s’emparaient de la ville de Mroni — ce qui, étant donné l’encerclement, n’était qu’une question de temps — ils respecteraient toute propriété privée et enverraient Saïd Ali à Zanzibar. J’informai le chef qu’il s’agissait là d’une affaire sur laquelle je ne pouvais émettre aucune opinion personnelle, mais qu’au moment de la prise de la ville, toute privation inutile imposée aux habitants ne manquerait pas d’attirer le mécontentement du gouvernement anglais.</p>



<p>Je revisite l’île le 19 du courant et constatai qu’aucun changement n’était intervenu dans la situation. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Lieutenant-colonel Miles à Earl Granville (2)</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Zanzibar, 5 mai 1882</em></p>



<p>« Comme le navire de Sa Majesté <em>« Philomel »</em> avait reçu l’ordre de se rendre aux îles Comores, j’ai profité de l’occasion pour y envoyer un officier afin de suivre les événements. Il quitta Zanzibar le 13 avril et revint le 22 à bord du navire de Sa Majesté <em>« Eclipse »</em>, et j’ai l’honneur de joindre un mémorandum des notes qu’il a prises.<br>J’y joins également copie d’un rapport du capitaine Garforth, commandant le navire de Sa Majesté <em>« Eclipse »</em>, qui m’a été obligeamment communiqué par l’officier supérieur de la marine présent ici, le capitaine Luxmoore, C.B.<br>Le départ de l’expédition organisée et expédiée par Son Altesse Saïd Barghash avec les frères de Msafumu a été signalé dans ma dépêche du 8 mars, et, d’après les informations maintenant reçues, il semble y avoir peu de doute quant à son succès final dans l’expulsion de Saïd Ali de Mroni. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum</h4>



<p>« Il arriva à Ngazidja le 19 avril 1882 et se rendit à Itsandraya, où je trouvai Msafumu<sup data-fn="61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070" class="fn"><a id="61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070-link" href="#61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070">10</a></sup> et Abdallah bin Hamza<sup data-fn="b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a" class="fn"><a id="b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a-link" href="#b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a">11</a></sup>. Msafumu m’informa que Mroni avait autrefois appartenu à Saïd Ahmed<sup data-fn="b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f" class="fn"><a id="b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f-link" href="#b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f">12</a></sup>, qui, à sa mort, l’avait légué à son fils Muhammad. Saïd Muhammad l’avait transmis à Mwinyi Mdji qui, avant de mourir, en donna la préférence à Saïd Abdallah bin Hamza, plus âgé que son demi-frère<sup data-fn="4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9" class="fn"><a id="4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9-link" href="#4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9">13</a></sup> Saïd Ali. Il y a quatre ans<sup data-fn="90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501" class="fn"><a id="90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501-link" href="#90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501">14</a></sup>, Saïd Ali se rendit auprès de Msafumu et lui demanda de lui remettre Mroni. Msafumu répondit qu’Ali était trop jeune, mais que, d’ici deux ou trois ans, il le ferait. Ali se rendit alors à Zanzibar et obtint de Saïd Barghash une lettre en sa faveur adressée à Msafumu. Cependant, lorsque ce dernier la reçut, il répondit la même chose qu’auparavant, à savoir qu’il fallait attendre.</p>



<p>Saïd Ali s’adressa alors à son père à Maore pour obtenir de l’aide, et celui-ci lui donna une lettre de recommandation pour le sultan Abdallah de Ndzuani, dans laquelle il s’engageait à couvrir toutes les dépenses encourues par le sultan pour envoyer des soldats aider son fils à obtenir Mroni. Le sultan Abdallah promit son assistance et dit à Saïd Ali de retourner à Ngazidja et d’attendre à Shinɗini<sup data-fn="122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8" class="fn"><a id="122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8-link" href="#122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8">15</a></sup>. Peu de temps après, il envoya 150 soldats armés sur l’un de ses propres boutres. C’était il y a environ six mois.</p>



<p>Msafumu, percevant les intentions hostiles d’Ali, en informa aussitôt Saïd Barghash, qui envoya son homme Kara Hadji, un natif de Ngazidja. Kara ne fut pas écouté par Saïd Ali, qui le rattrapa sur la route après qu’il eut été congédié, et l’aurait tué si Kara n’avait réussi à s’échapper à bord d’un boutre arabe. Ali attaqua également un certain Muttar bin Abdullah, un autre émissaire envoyé par Saïd Barghash pour affaires, et faillit le tuer. Mais Muttar parvint à s’enfuir.</p>



<p>Said Ali attaqua ensuite la maison de son frère à Mroni, mais Saïd Abdallah et son épouse s’échappèrent à bord d’un boutre arabe. La ville, en revanche, fut prise, et 49 personnes, dont trois femmes, furent tuées dans l’affaire. Après avoir quitté Mroni, Ali se rendit à Itsandraya pour en expulser Msafumu. Celui-ci, n’ayant pas la force de résister, s’enfuit, et Itsandraya fut facilement pris<sup data-fn="e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22" class="fn"><a id="e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22-link" href="#e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22">16</a></sup> et remis à Ntiɓe Mbamba, cousin de Msafumu.</p>



<p>Depuis Itsandraya, Ali écrivit à <a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">Ɓwana Fumu</a><sup data-fn="97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0" class="fn"><a id="97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0-link" href="#97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0">17</a></sup>, le sultan de Mitsamihuli, le menaçant de l’attaquer à moins qu’il ne se soumît. Ɓwana Fumu céda et fut envoyé par Ali demander la soumission de Singa<sup data-fn="7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95" class="fn"><a id="7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95-link" href="#7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95">18</a></sup>, la sultane de Mbuɗe. La reine n’opposant aucune résistance, Ali marcha ensuite sur Ntsudjini, un lieu appartenant à Msafumu et tenu par l’un de ses hommes. Dans cette expédition, il réussit également et chassa l’homme de Msafumu. Il se rendit ensuite à Hamahame et s’en empara aussi<sup data-fn="9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1" class="fn"><a id="9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1-link" href="#9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1">19</a></sup>, saisissant tous les esclaves du sultan Abdallah sur ses deux plantations, nommées Silleit et Ɓiladi. Saïd Ali s’empara de tous les biens de Msafumu à Itsandraya — esclaves, ornements, argent — et fit couper les mains de sa belle-mère.</p>



<p>Pendant ce temps, Msafumu, qui s’était réfugié dans la brousse<sup data-fn="e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45" class="fn"><a id="e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45-link" href="#e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45">20</a></sup>, se rendit à Galiani<sup data-fn="c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905" class="fn"><a id="c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905-link" href="#c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905">21</a></sup>, d’où il recruta 100 hommes pour l’aider contre Ali. Marchant ensuite vers Maweni<sup data-fn="44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af" class="fn"><a id="44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af-link" href="#44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af">22</a></sup>, un lieu proche de Ntsudjini, il écrivit à Ali, alors à Mbuɗe, lui proposant le combat. Ali retourna aussitôt à Ntsudjini et, après avoir observé la position de Msafumu, se mit en marche contre lui. C’était le 17 rabi el-awal<sup data-fn="1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab" class="fn"><a id="1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab-link" href="#1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab">23</a></sup>. Au même moment, Msafumu, laissant la moitié de ses forces à Maweni, prit l’autre moitié avec lui et, faisant un détour, entra à Ntsudjini qu’Ali venait de quitter<sup data-fn="ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533" class="fn"><a id="ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533-link" href="#ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533">24</a></sup>. Ali eut un léger accrochage avec les hommes de Msafumu, au cours duquel trois furent tués, puis, laissant Msafumu maître de Ntsudjini, il retourna à Mroni.</p>



<p>Le 8 du mois suivant (rabi el-akhir<sup data-fn="42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81" class="fn"><a id="42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81-link" href="#42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81">25</a></sup>), le boutre<sup data-fn="887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0" class="fn"><a id="887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0-link" href="#887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0">26</a></sup> transportant les troupes de Saïd Barghash, sous le commandement de Kara Hadji, arriva au large de Itsandraya. À leur vue, l’homme d’Ali, Ntiɓe Mbamba, se replia aussitôt sur Mroni. Kara Hadji débarqua ses troupes et envoya Mohammed Jan chercher Msafumu. À son arrivée, tout le groupe se rendit à Mroni, où Saïd Ali est désormais assiégé. Mroni possède cinq portes, et cinquante hommes sont placés à chacune d’elles pour empêcher les assiégés de sortir.</p>



<p>Le 26 rabi el-akhir<sup data-fn="775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b" class="fn"><a id="775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b-link" href="#775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b">27</a></sup>, Saïd Omar, qui avait rejoint son fils Ali depuis Maore, s’enfuit à Mwali avec Mohammed Othman, l’agent du sultan de Ndzuani. On dit que Saïd Ali a muré les portes de Mroni de l’intérieur. Msafumu a depuis pris les villages suivants, outre de plus petits hameaux : Mvuni, Unkazi, Nyumadzaha, Vuvuni<sup data-fn="af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529" class="fn"><a id="af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529-link" href="#af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529">28</a></sup> et Mɗe. Ikoni, un grand village de l’intérieur, fut pris, pillé et incendié, mais personne n’y fut tué.</p>



<p>Saïd Abdallah bin Hamza arriva à Ngazidja sur un boutre distinct de celui de Kara Hadji et rejoignit son frère Ali, avec qui il demeura trois jours. Ali lui proposa de partager Mroni à condition qu’il ne se joigne pas à Msafumu. Abdallah, toutefois, sous prétexte de se rendre à sa plantation de Mroni, partit pour Itsandraya et rejoignit Msafumu, qui le posta à Mkongoni, à l’extrémité nord du port de Mroni, pour empêcher les boutres d’y mouiller.</p>



<p>Dans les combats qui ont eu lieu à Mroni, Saïd Ali a perdu 21 hommes, dont 15 esclaves Makua. Msafumu a perdu 13 tués et 6 blessés. Des troupes de Saïd Barghash, 2 ont été tués et 3 blessés.</p>



<p>Lorsque Saïd Omar se rendit à Mwali, il demanda de l’aide à Abdurahmane, frère du sultan<sup data-fn="14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f" class="fn"><a id="14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f-link" href="#14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f">29</a></sup>, mais celle-ci fut refusée au motif que quarante soldats avaient déjà été donnés à Saïd Ali lors de sa première expédition, et que le sultan n’avait pas reçu sa part du butin en retour. Saïd Omar se rendit alors à Maore, mais n’y obtint aucun soutien. Il est désormais parti à Marambosi pour solliciter l’aide de Mohammed bin Abdullah Ba Kushweni, ancien gouverneur de Mombasa, et Msafumu a envoyé des espions à sa suite pour observer ses démarches. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1882-83, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (N°1, 1883)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37"><em>Il s’agit du sultan Abdallah bin Hamza de <em>Ɓamɓao</em>, des princes d’Itsandraya Fumu Mhanɗa et Mlanau Hinye, ainsi que d’Ahmed bin Mshangama, ancien vizir d’Itsandraya.</em> <a href="#d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd"><em>La majorité d’entre eux appartient à l’ethnie nyamwezi.</em> <a href="#6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2"><em>Comprendre sultan Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police de Saïd Barghash.</em> <a href="#4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5"><em>Sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d"><em>Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf"><em>Abdallah bin Hamza</em>. <a href="#eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843"><em>Le jeune sultan Abdurahmane bin Saïd Hamadi jouissait d’une réputation de tyran imprévisible, enclin à l’alcool et aux mauvaises mœurs.</em> <a href="#eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4"><em>Cet officier pourrait être Kara Hadji ou Maɗi wa Hamaɗi.</em> <a href="#f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntibe de Ngazidja.</em> <a href="#61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a"><em>Sultan du Ɓamɓao, beau-frère et allié de Msafumu.</em> <a href="#b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f"><em>Ahmed bin Said Ali bin Swaleh, ancien sultan du Ɓamɓao et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9"><em>Cette confusion, relevée tout au long du rapport, provient du fait qu’ils étaient cousins.</em> <a href="#4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501"><em>Cela situe ainsi le retour de Saïd Ali à Ngazidja en 1878.</em> <a href="#90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8"><em>Ville qui abritait le principal port du sud de l’île, au Mbadjini.</em> <a href="#122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22"><em>En avril 1880.</em> <a href="#e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0"><em>Ɓwana Fumu wa Mɓafumu</em>. <a href="#97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95"><em>La sultane Singa wa Madi Djimba.</em> <a href="#7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1"><em>Saïd Ali devient donc pour la première fois Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45"><em>Il s&rsquo;est refugié dans le Mbwankuu.</em> <a href="#e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905"><em>On peut se demander s’il ne s’agit pas de Shezani, réfugié dans le Mbwankuu.</em> <a href="#c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af"><em>Selon le récit d’Abdallah bin Wazir, il s’agirait plutôt de Dzahadjuu (Dzahani).</em> <a href="#44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab"><em>Le 17 rabi el-awal 1298, correspondant au lundi 6 février 1882</em>. <a href="#1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533"><em>Il y ramena ses troupes pour camper dans un lieu appelé Mifumɓuni, non loin de Dzahani.</em> <a href="#ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81"><em>Le 8 rabi el-akhir 1298, correspondant au lundi 27 février 1882.</em> <a href="#42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0"><em>Ce boutre aurait appartenu à un certain Saïd wa Suɓeta.</em> <a href="#887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b"><em>Le 26 rabi el-akhir 1298, correspondant au vendredi 17 mars 1882.</em> <a href="#775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529"><em>Dans la lettre, il est mentionné Mfoongoni. Cette appellation correspond, selon notre analyse, à Vuvuni, tant par la prononciation que par la mention immédiate de la ville voisine de Mɗe. Toutefois, il pourrait également s’agir, dans une autre hypothèse, de Mapvinguni.</em> <a href="#af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f"><em>Il s’agit d’une erreur : Abdurahmane (bin Saïd Hamaɗi) est en réalité le sultan lui-même.</em> <a href="#14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<item>
		<title>Lettre de Ɓwana Fumu wa Mɓafumu à Barghash bin Saïd (1883)</title>
		<link>https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/</link>
					<comments>https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Aug 2025 20:11:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Barghash bin Saïd]]></category>
		<category><![CDATA[Ɓwana Fumu wa Mɓafumu]]></category>
		<category><![CDATA[Mitsamihuli]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : L’assassinat du sultan Ntiɓe1 Msafumu wa Fe Fumu dans sa cellule a suscité l’indignation générale, y compris au sein du camp des alliés du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar. Cet acte, unanimement perçu comme contraire aux valeurs et aux traditions comoriennes, a profondément choqué. C’est dans ce climat que Ɓwana Fumu wa [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> L’assassinat du sultan Ntiɓe</em><sup data-fn="03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc" class="fn"><a id="03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc-link" href="#03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc">1</a></sup><em> Msafumu wa Fe Fumu dans sa cellule a suscité l’indignation générale, y compris au sein du camp des alliés du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar. Cet acte, unanimement perçu comme contraire aux valeurs et aux traditions comoriennes, a profondément choqué. C’est dans ce climat que Ɓwana Fumu wa Mɓafumu, sultan de Mitsamihuli</em><sup data-fn="2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867" class="fn"><a id="2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867-link" href="#2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867">2</a></sup><em>, adresse une lettre à Barghash bin Saïd, sultan de Zanzibar et ancien allié du souverain déchu, afin de se dédouaner de toute responsabilité.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Mitsamihuli, 27 jamad al-akhir 1300 [5 mai 1883]</em></p>



<p><em>[Après les compliments.]</em></p>



<p>« J’écris ceci depuis le port de Mitsamihuli<sup data-fn="e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6" class="fn"><a id="e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6-link" href="#e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6">3</a></sup>.</p>



<p>Il ne s’est rien passé, sinon ce qui nous est arrivé. Vous savez que vos serviteurs, Msafumu et Ali bin Omar, se combattaient<sup data-fn="a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65" class="fn"><a href="#a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65" id="a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65-link">4</a></sup>. Or, Ali bin Omar a vaincu, il s’est emparé de Msafumu et l’a fait enfermer<sup data-fn="5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36" class="fn"><a href="#5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36" id="5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36-link">5</a></sup>. Nous l’avons vu en prison le septième jour, en bonne santé ; mais le lendemain matin, nous avons appris qu’il était mort<sup data-fn="7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83" class="fn"><a href="#7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83" id="7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83-link">6</a></sup>, mais ce qu’on lui a fait, nous ne saurions le dire<sup data-fn="1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf" class="fn"><a href="#1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf" id="1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf-link">7</a></sup>.</p>



<p>Et puis, ô mon maître, les Chrétiens<sup data-fn="d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079" class="fn"><a id="d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079-link" href="#d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079">8</a></sup> sont venus de Maore pour acheter des esclaves, et Ali bin Omar a pris tous les gens qui étaient avec Msafumu et les a tous vendus aux Chrétiens, sans l’autorisation des chefs de Ngazidja<sup data-fn="5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3" class="fn"><a id="5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3-link" href="#5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3">9</a></sup>. Ils ont pris, de plus, environ soixante personnes, toutes libres, d’Itsandraya, et Saïd Ali les a vendues aux Chrétiens.</p>



<p>Ô mon maître, nous, vos serviteurs, ne nous sommes pas mêlés à cette affaire d’Ali bin Omar. Je suis votre serviteur<sup data-fn="02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553" class="fn"><a id="02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553-link" href="#02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553">10</a></sup>, et j’attends humblement vos ordres. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>ƁWANA FUMU WA MƁAFUMU</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc"><em>Le roi suprême, ou Ntiɓe de Ngazidja, détient la prérogative essentielle d’introniser tous les sultans de l’île, aussi bien dans les territoires relevant de son propre <em>Inya</em> que dans les autres. Ce titre n’est pas héréditaire. Il s’obtient, selon l’adage, « à l’épée ».</em> <a href="#03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867"><em>La principauté de Mitsamihuli relève par nature de la lignée royale Inya Matswa Pirusa et se trouve, de ce fait, alliée de facto au sultan de Ɓamɓao, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6"><em>À Dzinɗani, aujourd’hui connu sous le nom de « Trou du Prophète », se trouvait l’ancien port principal de Mitsamihuli, l’un des plus importants de Ngazidja. Particularité rare à l’époque, il se situait paradoxalement hors des remparts de la ville.</em> <a href="#e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65"><em>La seconde Nkoɗo nkuu (grande guerre) qui ravagea Ngazidja au début des années 1880.</em> <a href="#a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36"><em>Msafumu est emprisonné à Ɓaiɗi, quartier de Mroni.</em> <a href="#5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83"><em>Msafumu fut assassiné dans sa cellule, étranglé, le 7 février 1883.</em> <a href="#7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf"><em>Par l’expression « nous ne saurions le dire », Ɓwana Fumu fait référence à une tournure comorienne qui, pour éviter d’évoquer les horreurs d’un fait, recourt à la formule : <em>Mwendza haya kayamɓa</em> (« un homme digne n’en parle pas »).</em> <a href="#1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079"><em>Par « Chrétiens », il désigne les Français, qui occupent l’île de Maore depuis 1841.</em> <a href="#d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3"><em>Sans l’aval des kori [sultans] des sultanats particuliers d’où étaient prélevées ces personnes.</em> <a href="#5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553"><em>Traditionnellement, les sultans de l’archipel reconnaissaient au sultan de Zanzibar un rôle de supérieur et de protecteur, selon une formule relevant davantage de la politesse diplomatique que d’une réelle sujétion.</em> <a href="#02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">Lettre de Ɓwana Fumu wa Mɓafumu à Barghash bin Saïd (1883)</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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