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	<title>Msafumu wa Fefumu Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<description>Se souvenir, c&#039;est vivre deux fois</description>
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	<title>Msafumu wa Fefumu Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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		<title>Mémorandum à l’attention de Byles concernant Ngazidja (1881)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 12:07:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains boutriers engagés dans le commerce d’esclaves, en complicité avec des Français établis à Maore, recourent à divers stratagèmes afin d’échapper aux poursuites britanniques.</p>



<p>Dans cette missive, Holmwood évoque un rapport dont un double a été remis au capitaine Mather Byles, commandant du <em>HMS Seagull</em>, lors de son départ pour Ndzuani et les îles Comores, le 1ᵉʳ septembre. Ce document se compose principalement de déclarations émanant « d’un sultan de Ngazidja [Abdallah bin Hamza de Ɓamɓao], récemment déposé par le fils d’un homme de Ndzuani résidant à Maore [Saïd Ali, fils de Saïd Omar], ce dernier étant sujet français et occupant, selon toute vraisemblance, une fonction officielle dans cette colonie. Chaque détail fourni a été confirmé par le vizir de ce sultan, ainsi que par le vizir d’un second sultan comorien évincé [un vizir de Msafumu wa Fefumu] par le même individu qui gouverne aujourd’hui l’île. »</p>



<p>Holmwood remet ce mémorandum à Byles en lui demandant d’obtenir, si l’occasion s’en présente, la version des faits de Saïd Ali concernant les événements liés aux récents bouleversements survenus à Ngazidja, tout en plaçant auprès de lui un interprète de confiance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum à l’attention du capitaine Byles, du navire de Sa Majesté <em>Seagull</em></h4>



<p>« Au cours des dernières années, cette île a été gouvernée par les sultans indigènes Msafumu<sup data-fn="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25" class="fn"><a id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25">1</a></sup> et le sultan Abdallah<sup data-fn="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea" class="fn"><a id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea">2</a></sup>. La succession, dans ce pays, se transmet par la ligne féminine, mais d’une manière particulière ; il suffit pratiquement de préciser qu’un sultan doit être soit le fils de la fille d’un sultan, soit l’époux de la fille d’un sultan.</p>



<p>Les principaux ports de l’île sont Mroni et Shinɗini. Dans le premier, les esclaves proviennent généralement de la côte du Mozambique ; du second, ils sont en règle générale expédiés vers Ndzuani et Maore. Ces esclaves semblent être invariablement des Makua, embarqués depuis la côte du Mozambique.</p>



<p>Ceux achetés à Ngazidja par des agents français sont formellement inscrits sur un registre auquel est annexé <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">un engagement promettant de les renvoyer à l’expiration d’une date fixée</a>. Il m’est indiqué qu’on ne connaît aucun cas où un esclave aurait effectivement été renvoyé, et il serait opportun d’enquêter sur ce point. S’agissant des esclaves achetés pour le sultan de Ndzuani à l’île de Ngazidja<sup data-fn="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516" class="fn"><a id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516">3</a></sup>, je n’entends parler d’aucun accord <em>pro forma</em> de ce type.</p>



<p>Il y a quelques mois, les deux sultans, Msafumu et le sultan Abdallah, ont été déposés par un certain Saïd Ali, fils d’un sujet français et petit fonctionnaire indigène résidant à Maore, nommé Saïd Omar. Le père et le fils entretiennent actuellement des relations étroites avec le sultan de Ndzuani.</p>



<p>Le sultan déposé, Abdallah, m’informe qu’il y a quelques années, il s’était entendu avec le sultan de Ndzuani pour autoriser le débarquement d’esclaves à Mroni et leur passage à travers l’île jusqu’à Shinɗini en vue de leur expédition. Pour cela, il recevait 500 dollars par an. Mais il y a environ un an, lui et Msafumu, ayant appris que le sultan de Zanzibar, qu’ils considèrent comme leur suzerain, avait interdit toute traite des esclaves, annoncèrent aux agents du sultan [de Ndzuani], Mohedin et Saïd Bakari<sup data-fn="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" class="fn"><a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link">4</a></sup>, maître du navire qui apporte les esclaves depuis la côte pour son compte, qu’ils ne pouvaient plus autoriser le débarquement d’esclaves.</p>



<p>À la suite de cela, Mohedin se rendit auprès de Saïd Ali, qui complotait depuis longtemps pour obtenir le sultanat de Mroni, et ils convinrent rapidement avec le sultan Abdullah [bin Salim] d’envoyer 400 hommes armés depuis Ndzuani, tandis que Mohamed Sidi, secrétaire indigène français de Maore, faisait envoyer, sous le commandement de son fils Salim, 60 hommes vêtus à l’européenne et s’exerçant à la manière française, pour prêter main-forte. Cette troupe attaqua soudainement les différentes localités et les maîtrisa rapidement. Msafumu est maintenant caché dans la brousse, et le sultan Abdallah est ici réfugié avec son vizir.</p>



<p>Les détails de cette affaire, toutefois, vous apparaîtront plus clairement après que vous aurez visité les lieux. J’envoie Salim, mon interprète, pour vous assister et servir d’interprète confidentiel.</p>



<p>Vous pourrez probablement, une fois sur place, vérifier ces déclarations, ainsi que celles que vous entendrez de Saïd Ali, l’actuel sultan de Mroni, qui, sans doute, donnera une version très différente de cette affaire. Saïd Ali parle français. À Shinɗini, un certain cheikh Uma<sup data-fn="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d" class="fn"><a id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d">5</a></sup> est sultan sous l’autorité de Saïd Ali. C’est un trafiquant d’esclaves notoire, et c’est dans son port que seraient embarqués tous les esclaves destinés à Ndzuani et Maore. Je ne pense pas, toutefois, que ces expéditions dépassent 150 individus par an pour chacune des deux îles.</p>



<p>Les autres ports de Ngazidja sont Mitsamihuli, Mbuɗe, Itsandraya et Ikoni. Il serait utile de déterminer leurs capacités en tant que mouillages.</p>



<p>Je dois mentionner que deux boutres sont actuellement engagés dans la traite des esclaves à Ngazidja. Le seul que je puisse identifier est celui de Mohamed bin Tayib, régulièrement affrété par le sultan Abdallah ou par son agent, Saïd Bakari, pour transporter des esclaves. Cet homme fut capturé avec son boutre par le navire de Sa Majesté <em>Thetis</em>, et fut détenu quelque temps dans le fort ici<sup data-fn="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" class="fn"><a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link">6</a></sup>.</p>



<p>D’après ce mémorandum, il semblerait qu’une violation grave des traités conclus respectivement entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Grande-Bretagne et Ndzuani</a> et entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/">Grande-Bretagne et Ngazidja</a> soit en train de se produire. Mais, compte tenu de toutes les circonstances, je pense qu’il serait judicieux, dans les deux endroits, de nous en tenir pour l’instant à une observation attentive et aux seules investigations que permet une visite ordinaire. J’annexe quelques notes qui pourraient vous être utiles dans le cadre de votre visite. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>



<p>« Treize mois se sont écoulés depuis que Hamed Simɓamwona [Simɓauma ?] est déclaré être arrivé à Mroni afin d’y acheter des esclaves pour le compte de M. Goda, de Maore. Il attendit l’arrivée du boutre de Saïd Bakari en provenance de la côte du Mozambique, et acheta cent esclaves. Ce Saïd Bakari effectue des voyages constants vers la côte, et accomplit également, en alternance, des traversées avec des esclaves makua destinés au sultan Abdallah, à Ndzuani.</p>



<p>Le <em>San Yusuf</em>, boutre appartenant à Muhammed bin Salim, de Maore, arborant les couleurs françaises entre Ngazidja et Maore, mais soupçonné d’amener à disparaître ce pavillon lorsqu’il se trouve sur la côte du Mozambique, arriva à Ngazidja il y a environ un an avec un marchand français dont le nom semblait être « Goda ». Il était accompagné d’un officier français portant une seule bande, et ils achetèrent 150 esclaves (dont 15 femmes seulement) pour un prix de 40 à 50 dollars chacun, et en embarquèrent une partie à bord du boutre. Ils furent entassés dans la cale et maintenus entravés pendant la nuit.</p>



<p>Les documents habituels furent signés, indiquant qu’ils seraient renvoyés après un délai déterminé, mais aucune déclaration de ce genre ne fut faite aux esclaves, toutes les parties concernées sachant qu’il s’agissait d’esclaves récemment débarqués de la côte du Mozambique, achetés au prix courant. On dit qu’au moins 50 de ces esclaves ne purent être transportés et furent placés sur la plantation d’Abdullah Felahi, où ils attendent encore leur embarquement. »</p>



<p><strong>FREDERIC HOLMWOOD.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>British and Foreign State Papers 1880-1881, Vol. LXXII., <em>Foreign Office (1888)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea"><em>Abdallah bin Saïd Hamza, sultan de Ɓamɓao.</em> <a href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516"><em>Entre le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani et le nouveau sultan Ntiɓe de Ngazidja, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4"><em>Dans la transcription anglaise, « Sayyid Bukhari ». Il s’agit de Saïd Bakari wa Mwinyi Mkuu de Mroni, propriétaire de boutres et impliqué dans la traite, ainsi que son demi-frère Mhuɗini wa Mwinyi Mkuu. Ce dernier est aussi un trafiquant d’esclaves notoire, travaillant de longue date pour le compte du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d"><em>Le vieux Uma Ɗari, sultan de Mbadjini.</em> <a href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98"><em>Dans le fort de Zanzibar</em> <a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Mshangama bin Mwalimu</title>
		<link>https://beshelea.com/msafumu-recit-mshangama-mwalimu/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 17:10:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Personnalité historique]]></category>
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		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Mshangama Mwalimu s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte : </strong>À l’exemple de <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-hamadi-wadi/">Hamaɗi Waɗi</a>, Mshangama bin Mwalimu est un soldat ayant pris part à la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja. Il se distingue par le fait d’avoir servi successivement les sultans Msafumu wa Fefumu puis Saïd Ali wa Saïd Omar. En cette année 1883, il revient sur son différend avec le premier, au sujet de l’abolition de l’esclavage après le traité du 13 octobre 1882<sup data-fn="e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90" class="fn"><a id="e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90-link" href="#e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90">1</a></sup>. Il évoque également la capture de Msafumu, dresse une estimation du bilan humain de la guerre, décrit la répression qui s’ensuivit, marquée notamment par une recrudescence du trafic d’esclaves. Enfin, il livre, en conclusion de son récit, une analyse lucide des intentions de Saïd Ali, laquelle se révélera par la suite exacte.</em></p>



<p><em><strong>Note du consul britannique Frederic Holmwood</strong></em><sup data-fn="2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6" class="fn"><a id="2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6-link" href="#2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6">2</a></sup><em><strong>:</strong> « Cet homme était un officier de Msafumu, mais il fit défection pour rejoindre Saïd Ali avec le marchand d’esclaves <em>Ntiɓe</em> Mbamba, qui était son supérieur immédiat. Peu après l’assassinat de Msafumu, il refusa de servir plus longtemps Saïd Ali et s’évada de Mroni sur un boutre, tandis que je me trouvais à Mwali. Il arriva à Zanzibar trois jours après le navire de Sa Majesté, le « Tourmaline », mais refusa de me donner la moindre information jusqu’à ce que Son Altesse le Sultan</em><sup data-fn="86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0" class="fn"><a id="86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0-link" href="#86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0">3</a></sup><em>lui ordonnât de comparaître et de témoigner. »</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le récit de Mshangama bin Mwalimu</h3>



<p>« Son Altesse Saïd Barghash m’a promis que je ne recevrai aucun châtiment pour le rôle que j’ai joué contre Msafumu, et il m’a ordonné de ne rien vous cacher concernant cette affaire. Je dirai donc toute la vérité, car je regrette d’avoir été conduit à rejoindre Saïd Ali, maintenant qu’il a tué notre Sultan. Mais j’espère que vous demanderez au peuple de Ngazidja présent ici de me pardonner. Lorsque Ntiɓe Mbamba passa du côté de Saïd Ali, je le suivis, car j’étais également opposé à l’abolition de la traite des esclaves, que projetait Msafumu. Je fus nommé second commandant des soldats wangazidja de Saïd Ali ; Kari wa Djae en était le chef.</p>



<p>La capture de Msafumu se fit entièrement par ruse. Saïd Ali proposa la paix à condition qu’il s’engageât à ne plus soutenir le sultan Abdallah<sup data-fn="2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e" class="fn"><a id="2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e-link" href="#2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e">4</a></sup> dans une attaque contre Mroni. Il envoya le Jamadar anjouanais Mohamed Alawi avec son vizir pour conclure l’arrangement par écrit. Ils furent admis de nuit par les portes d’Itsandraya, mais Mohammed bin Hasan al Beisa avait déjà trahi et convenu de livrer ce poste aux soldats de Saïd Ali. Certains d’entre eux accompagnaient les envoyés et parvinrent ainsi à pénétrer dans la ville. Une fois celle-ci entrée, toute résistance était impossible, car les soldats, à demi affamés, se montraient presque indifférents à ce qui se passait.</p>



<p>Ils saisirent Msafumu et l’amenèrent à Mroni, mais le sultan Abdallah bin Hamza s’échappa par la porte de Ntsudjini et gagna finalement sain et sauf Mwali à bord d’un boutre. J’étais parti en mission spéciale à Ntsudjini et ce ne fut qu’à mon retour que j’appris que Msafumu était en captivité<sup data-fn="2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957" class="fn"><a id="2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957-link" href="#2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957">5</a></sup>.</p>



<p>Kari wa Djae prit possession de la maison de Msafumu à Itsandraya après que les soldats anjouanais eurent emmené ce dernier. Ils s’emparèrent de toute sa famille et de tous ses biens. Je poursuivis jusqu’à Ntsudjini avec mes hommes et, selon mes ordres, capturai treize des parents de Msafumu. J’emportai aussi 3 000 dollars noirs que Msafumu avait dans un coffre sur place<sup data-fn="f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c" class="fn"><a id="f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c-link" href="#f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c">6</a></sup>. Je ne permis à personne d’insulter ces captifs. Toutes étaient jeunes, élevées « twaâ<sup data-fn="3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21" class="fn"><a id="3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21-link" href="#3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21">7</a></sup> ». Toutefois, Saïd Ali en donna une à Ntiɓe Mbamba pour son harem, en prit une autre comme concubine, et envoya les restantes au roi de Ndzuani<sup data-fn="09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8" class="fn"><a id="09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8-link" href="#09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8">8</a></sup> dans le boutre d’Awathi, conformément à leur accord.</p>



<p>Après cela, les soldats anjouanais montèrent à Ntsudjini et s’emparèrent de la mère de Msafumu, [Djana] Nema binti Djumɓe Fumu, et de sa sœur, Mmadjamu binti Fefumu, que j’avais laissées libres. Ils les dépouillèrent entièrement devant leur peuple, les humiliant si gravement qu’elles s’allongèrent et moururent toutes deux<sup data-fn="64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae" class="fn"><a id="64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae-link" href="#64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae">9</a></sup>, davantage, je pense, de honte que des sévices subis.</p>



<p>Msafumu fut gardé enchaîné dans une chambre durant environ une semaine. J’entendis dire que Saïd Ali avait tenté de l’empoisonner, mais il en fut averti par une esclave qui lui apportait sa nourriture. Lorsque les Anjouanais revinrent de Ntsudjini, ils ramenèrent tous les gens de Msafumu, esclaves comme hommes libres, ainsi que tous leurs biens. Ils apportèrent aussi les traités anglais signés par Msafumu et le sultan Abdallah. Saïd Ali les lut et les remit au Jamadar anjouanais, qui les porta aussitôt dans la prison de Msafumu. Là, il les déchira en morceaux, tandis que les soldats anjouanais et les partisans de Saïd Ali se tenaient autour en se moquant de lui, lui demandant s’il fallait aller chercher Saïd Barghash ou ses amis anglais. Puis ils l’étranglèrent.</p>



<p>Après avoir emmené les onze jeunes femmes à Ndzuani, le boutre d’Awathi retourna à Mroni et fit deux autres voyages semblables, transportant chaque fois un grand nombre de jeunes filles wangazidja pour le roi de Ndzuani.</p>



<p>Ensuite, il envoya les Anjouanais dans les villages où résidaient les esclaves familiaux de Msafumu. Ils étaient pratiquement libres, mais issus de familles serviles anciennes qui avaient gardé le bétail de la famille des chefs durant des générations. Les villages se nommaient « Igadjuu », « Mɓaleni », « Hamanvu Mbwani », « Ngole » et « Nɗuɓweni ». Ils emmenèrent toutes les âmes : hommes, femmes et enfants. Quand je les vis, ils campaient à l’extérieur de Mroni, prêts à l’embarquement. Il n’y avait parmi eux aucun vieillard. Les Anjouanais me dirent qu’environ deux cents de ces personnes avaient été séparées puis tuées dans une partie dense de la forêt au cours du trajet. Le nombre ramené atteignait certainement plus de cinq cents.</p>



<p>Nous reçûmes plusieurs visites de deux Français. J’ignore leurs noms. Ils étaient accompagnés de deux commis dont j’ai connu les noms à l’époque, mais que j’ai oubliés. Ils venaient de Maore pour enregistrer les esclaves que leur vendait Saïd Ali. La plus grande partie de leurs cargaisons fut expédiée sur deux navires qui firent chacun deux voyages à Maore. Les propriétaires étaient des Arabes, mais je ne remarquai pas le pavillon qu’ils arboraient. Ils achetèrent et embarquèrent au total 300 esclaves et 120 wangazidja libres. Tous, esclaves et libres, étaient ligotés, les mains derrière le dos, jusqu’à leur mise à bord.</p>



<p>Les Français logeaient l’un chez Abdullah Felahi, l’Indien, et l’autre chez Ali Sham, autre homme d’affaires de Saïd Ali. Ils tenaient toute la comptabilité. Le règlement du prix de ces esclaves causa beaucoup de difficultés, mais il fut finalement convenu que tant les esclaves que les libres seraient comptés à 40 dollars par tête, et qu’une pièce de 5 francs ou deux roupies vaudraient un dollar. L’argent fut immédiatement scellé et envoyé par Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi au roi de Ndzuani. La première fois il emporta plus de 10 000 dollars, la seconde, je crois, 6 000.</p>



<p>Saïd Ali reconnut sa dette totale envers le roi Abdallah pour les soldats, le transport, les vivres et les munitions à hauteur de 25 000 dollars<sup data-fn="459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91" class="fn"><a id="459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91-link" href="#459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91">10</a></sup>, mais le roi répondit qu’elle s’élevait à 40 000 dollars, exigeant ainsi son profit. Peu avant mon départ, Ɓuku Hamaɗi fut renvoyé sur le boutre d’Awathi pour déclarer que Saïd Ali considérait avoir entièrement réglé sa dette, le seul profit qu’il consentait étant d’avoir livré toutes les plus belles femmes de Ngazidja, condition qu’il avait scrupuleusement respectée. Il lui avait envoyé 3 000 dollars (sham) pris à Msafumu, 120 esclaves de plantation valant 5 000 dollars, et les sommes reçues des Français. On pensait que cette réclamation conduirait à une querelle.</p>



<p>Outre ces expéditions, Saïd Ali envoyait constamment de petits lots d’esclaves à Maore et à Ndzuani, dont il gardait le produit, et nous avions tous, en particulier les Anjouanais, la liberté de capturer quiconque et de le vendre aux boutres arabes et français, pourvu que nous ne contrecarrions pas les arrangements de notre chef. Pendant la famine, nous en vendîmes beaucoup pour quelques livres de riz ou de grain, mais lorsque la disette cessa, Saïd Ali devint avide et vendit nombre d’esclaves que nous avions rassemblés pour nous-mêmes. Il en écoula certains des miens que je gardais dans une maison à Itsandraya, et alors je me disputai avec lui. Je n’étais plus en bons termes avec lui depuis qu’il avait ordonné la mort de Msafumu.</p>



<p>Presque toutes les troupes wanyamwezi envoyées par Saïd Barghash pour aider Msafumu furent capturées et vendues aux Français pour 40 dollars par tête. Dix d’entre eux furent toutefois autorisés à entrer au service de Saïd Ali. Il y avait parmi eux plusieurs esclaves affranchis des Anglais, élevés dans la mission de Zanzibar. Ceux-ci écrivirent au consul, mais Saïd Ali découvrit leurs lettres et les déchira. Les Français connaissaient toute l’affaire de Msafumu, mais disaient que cela ne les concernait pas, puisqu’ils ne venaient que pour acheter des esclaves. Après ma querelle avec Saïd Ali, je saisis la première occasion de quitter Mroni, que j’ai abandonné il y a vingt jours à bord du boutre de Rashid<sup data-fn="2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22" class="fn"><a id="2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22-link" href="#2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22">11</a></sup>.</p>



<p>Lorsque je partis, la famine était complètement terminée, mais les principautés d’Ikoni<sup data-fn="80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0" class="fn"><a id="80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0-link" href="#80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0">12</a></sup> et d’Itsandraya étaient presque dépeuplés. Je ne pense pas qu’il restât une seule personne vivante dans le premier ; environ 1 200 y moururent. Dans les grandes villes d’Itsandraya, seuls les plus pauvres moururent effectivement de faim, bien que des centaines succombassent à la « fièvre de famine » qui se répandit dans l’île.</p>



<p>Cependant, en chassant les esclaves pour notre propre compte dans les villages de montagne, nous n’y trouvâmes pour la plupart que des squelettes, gisant sur les sentiers où ils s’étaient traînés à la recherche de racines. Il est impossible d’évaluer la mortalité dans ce vaste pays, mais elle ne fut pas inférieure à 3 000 ou 4 000 personnes. Nous ne pûmes pénétrer sur la côte orientale de l’île<sup data-fn="3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697" class="fn"><a id="3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697-link" href="#3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697">13</a></sup>, mais, d’après ce que j’entendis, la détresse y fut relativement légère. Ces principautés ne participèrent pas activement à la guerre, et je ne pense pas que Saïd Ali y étendra ses raids, car en ce cas ils deviendraient probablement hostiles et se rallieraient en bloc au frère<sup data-fn="884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945" class="fn"><a id="884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945-link" href="#884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945">14</a></sup> de Msafumu, à Hamahame.</p>



<p>Saïd Ali espérait vivement — ou feignait d’espérer — obtenir la protection française. Si on lui permettait d’arborer le pavillon français, nul ne saurait dire jusqu’où il irait<sup data-fn="cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1" class="fn"><a id="cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1-link" href="#cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1">15</a></sup>. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1883-84, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90"><em>Le 13 octobre 1882, deux traités visant à abolir l’esclavage furent signés entre, d’une part, Msafumu wa Fefumu (Itsandraya) et Abdallah bin Saïd Hamza (Ɓamɓao), et d’autre part, le consul britannique Frederic Holmwood.</em> <a href="#e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6"><em>Consul britannique à Zanzibar.</em> <a href="#2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0"><em>Barghash bin Saïd, sultan de Zanzibar et allié de Msafumu.</em> <a href="#86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e"><em>Abdallah bin Hamza, ancien sultan du Ɓamɓao renversé par son cousin Saïd Ali, est le beau-frère et l’allié de Msafumu.</em> <a href="#2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957"><em>Dans la maison de Mze Suluhu, à Ɓaiɗi.</em> <a href="#2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c"><em>Selon <a href="https://beshelea.com/mbafumu-wa-madjuani-1883/">Mɓafumu wa Madjuani</a>, il s’agissait d’une somme destinée à couvrir les frais d’un projet de pèlerinage de Msafumu.</em> <a href="#f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21"><em>Le terme <em>Twaâ</em> désigne l’obéissance et la bonne éducation.</em> <a href="#3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8"><em>Sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae"><em>Il convient de préciser que Djana Nema, mère de Msafumu, n’est pas décédée durant la semaine de captivité de son fils, puisqu’il est établi qu’elle assista aux funérailles de ce dernier. Il semble plutôt s’agir d’une tournure d’expression comorienne destinée à signifier que Djana Nema et sa fille Mmadjamu étaient « <em>wafu ha hamu na djuɗi / waoneswa haya</em> » (mortes de chagrin et de tristesse / accablées de honte), en raison de l’humiliation publique qu’elles subirent. Il ne s’agit donc en aucun cas d’une mort réelle, au sens strict du terme.</em> <a href="#64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91"><em>Saïd Ali, soutenu militairement et logistiquement par le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani, dut honorer une lourde dette « nau » de guerre envers ce dernier.</em> <a href="#459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22"><em>Rashid bin Saïd al Suri, témoin envoyé à Ngazidja par Saïd Barghash. Sujet zanzibarite, son boutre, le « Sahala », navigue sous pavillon de Zanzibar.</em> <a href="#2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0"><em>Comprendre le Ɓamɓao, dont Ikoni fut longtemps le chef-lieu.</em> <a href="#80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697"><em>Dans le Hamahame, le Washili et le Ɗimani, principautés Inya Fwamɓaya.</em> <a href="#3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945"><em>Mɓafumu wa Ɓwana Hadji, un oncle maternel Msafumu wa Fefumu</em>. <a href="#884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1"><em>L&rsquo;histoire donnera raison à cette analyse de Mshangama bin Mwalimu.</em> <a href="#cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-mshangama-mwalimu/">Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Mshangama bin Mwalimu</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 11:04:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Personnalité historique]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://beshelea.com/?p=870</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Hamaɗi Waɗi s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao est un ancien esclave nyamwezi, affranchi par une cour du consulat britannique de Zanzibar. En février 1882, il comptait parmi les soldats envoyés par le sultan Barghash bin Saïd pour prêter main-forte au sultan <em>Ntiɓe</em> Msafumu. Un an plus tard, en 1883, il livra au consul britannique Frederic Holmwood le récit de son aventure à Ngazidja : les raisons, selon lui, de leur échec, la capture de Msafumu, ainsi que les scènes de chaos et de famine qui ravagèrent l’île.</em></p>



<p>« J’ai été capturé il y a trois ans, sur un boutre venant de Kilwa<sup data-fn="04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4" class="fn"><a id="04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4-link" href="#04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4">1</a></sup>, et libéré par le consul anglais<sup data-fn="83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63" class="fn"><a id="83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63-link" href="#83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63">2</a></sup>. L’an dernier, n’ayant à ce moment aucun travail convenable, je me suis enrôlé dans la troupe de Kara Hadji<sup data-fn="dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835" class="fn"><a id="dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835-link" href="#dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835">3</a></sup> et suis allé à la Ngazidja. Nous étions pour la plupart des Nyamwezi<sup data-fn="8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b" class="fn"><a id="8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b-link" href="#8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b">4</a></sup>, mais certains de mes amis, qui avaient également été libérés par les Anglais, ainsi que Konop, qui avait été instituteur dans la mission anglaise, et quelques-uns de ses compagnons, nous rejoignirent. Nous disposions de carabines Enfield<sup data-fn="53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021" class="fn"><a id="53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021-link" href="#53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021">5</a></sup> et de nombreuses cartouches, et si nous avions eu un chef véritable, nous aurions pu refouler sans délai Saïd Ali dans la mer<sup data-fn="30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f" class="fn"><a id="30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f-link" href="#30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f">6</a></sup>. Mais des divisions surgirent entre nous dès le début, et nous découvrîmes ensuite que Mohammed bin Hasan [al-Beisa], qui nous avait été envoyé comme agent confidentiel de Saïd Barghash<sup data-fn="0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969" class="fn"><a id="0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969-link" href="#0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969">7</a></sup>, était depuis toujours en correspondance avec Saïd Ali.</p>



<p>Après votre départ d’Itsandraya, nous eûmes vite consommé le riz que vous nous aviez laissé, et, lorsque la cargaison de grain arriva enfin de Zanzibar, une terrible famine faisait déjà rage. Msafumu, voyant ses gens mourir par centaines chaque jour, proposa la paix à Saïd Ali, qui feignit de vouloir la conclure, à condition qu’on le laissât en possession tranquille de Mroni<sup data-fn="00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900" class="fn"><a id="00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900-link" href="#00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900">8</a></sup>. L’arrangement fut conduit par Mohammed bin Hasan, qui se rendit librement à Mroni pour négocier avec Saïd Ali. Il déclara avoir obtenu des conditions très favorables et annonça que le Jamadar<sup data-fn="e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5" class="fn"><a id="e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5-link" href="#e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5">9</a></sup> viendrait chercher la ratification de Msafumu. Sans doute fûmes-nous bien imprudents de laisser sans garde les portes qui s’étaient révélées imprenables, mais nous croyions tous al-Beisa quand il affirmait que la guerre était finie. Il plaça quelques gardes de son entourage aux postes de garde, et ceux-ci laissèrent entrer les soldats anjouanais avec leurs officiers. Msafumu et tous ceux qui ne purent s’échapper furent saisis.</p>



<p>Je parvins à m’enfuir à Shinɗini<sup data-fn="2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace" class="fn"><a id="2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace-link" href="#2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace">10</a></sup>, avec le sultan Abdallah bin Hamza et l’ancien vizir. Hashimu, le chef, nous cacha et fit conduire le sultan Abdallah jusqu’à la côte. Comme j’étais peu connu des hommes de Saïd Ali, je partis à pied vers Ikoni, où je savais l’existence d’un bois contenant des fruits sauvages auxquels nous avions eu recours lorsque nous assiégions Mroni. Toute la route vers cet endroit était jonchée de cadavres, et l’on y voyait encore quelques survivants, principalement des enfants, qui s’étaient maintenus en se nourrissant d’herbes. Personne n’avait encore découvert les fruits, mais la plupart avaient pourri.</p>



<p>J’entrai dans la ville que je connaissais bien depuis le siège de Mroni. Toute âme y avait péri. Les morts gisaient sans sépulture, pourrissant en tas ou isolés. Presque chaque maison contenait des cadavres, manifestement morts de faim. Devant la maison de l’ancien chef, je tombai sur lui (Muhammad Mshangama), étendu mort, réduit à l’état de squelette, bien qu’il fût évident qu’il n’était décédé que depuis quelques heures. Je ne rencontrai pas un seul être vivant de toute la journée et gagnai Selea<sup data-fn="73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd" class="fn"><a id="73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd-link" href="#73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd">11</a></sup>, où j’obtins un peu de nourriture ; mais je fus arrêté par les soldats de Saïd Ali et vendu, contre un sac de grain, à Buku Hamaɗi<sup data-fn="91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42" class="fn"><a id="91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42-link" href="#91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42">12</a></sup>, à Mroni. N’ayant pas été reconnu comme l’un des soldats de Msafumu, je fus ensuite vendu à un Arabe Suri<sup data-fn="2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40" class="fn"><a id="2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40-link" href="#2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40">13</a></sup>, nommé Hamaɗi, contre du riz. Il m’embarqua sur son boutre, mais il m’arrivait souvent de descendre à terre pour des affaires du nahuza<sup data-fn="65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c" class="fn"><a id="65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c-link" href="#65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c">14</a></sup> Ɓwana Husein.</p>



<p>Je connus la grand-mère<sup data-fn="1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0" class="fn"><a id="1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0-link" href="#1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0">15</a></sup> de Msafumu. Elle demeura dans sa vieille maison de Mroni. On ne l’inquiéta pas. Le jeune fils<sup data-fn="9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271" class="fn"><a id="9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271-link" href="#9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271">16</a></sup> de Msafumu fut amené, avec sa nourrice que vous aviez libérée, dans sa maison. Je l’y vis, en bonne santé, avant mon départ. Mes compagnons furent tous vendus aux Français, qui les embarquèrent pour Maore. Quelques-uns toutefois rallièrent Saïd Ali, mais ils furent envoyés en service à Mitsamihuli. Je vis la hutte où Msafumu était enfermé<sup data-fn="03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99" class="fn"><a id="03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99-link" href="#03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99">17</a></sup>. Saïd Ali tenta de l’empoisonner. Une petite esclave lui apportait de la nourriture de chez sa grand-mère, et les soldats reçurent l’ordre de l’arrêter et d’empoisonner la nourriture. Saïd Ali leur donna une poudre blanche à y mêler. Soit que l’esclave en avertît Msafumu, soit que le poison n’eût pas d’effet, il était encore vivant le lendemain. Quelques soldats, qui montèrent à bord ce soir-là, en parlèrent à leur maître. Ils croyaient cependant qu’il serait certainement éliminé.</p>



<p>Nous partîmes pour Mangao, où le Nahuza refusa de me laisser débarquer ; mais, de nuit, je me jetai à la mer et gagnai la côte à la nage, puis je poursuivis ma route à pied jusqu’à Kilwa. Là, je rencontrai un ancien compagnon d’esclavage, et je travaillai avec lui dans une mangrove à couper des perches, pour quoi je reçus un passage gratuit vers Zanzibar à bord du <em>« Mtepe »</em>, appartenant à un Banian. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1883-84, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4"><em>Ancienne cité prospère de la côte swahilie, aujourd’hui intégrée à la Tanzanie.</em> <a href="#04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63"><em>Il est fait référence à John Kirk.</em> <a href="#83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police de Saïd Barghash.</em> <a href="#dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b"><em>Une ethnie de la côte est-africaine.</em> <a href="#8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021"><em>Le fusil Lee-Enfield, fusil militaire à répétition et à verrou, accompagna les troupes britanniques dès la fin du XIXe siècle.</em> <a href="#53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f"><em>La troupe de Kara Hadji arriva le 27 février 1882 à Itsandraya Mdjini. À ce moment-là, le sultan Saïd Ali fut aussitôt assiégé à Mroni par le sultan Ntiɓe Msafumu.</em> <a href="#30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969"><em>Sultan de Zanzibar et allié de Msafumu.</em> <a href="#0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900"><em>Selon Hamaɗi Waɗi, Saïd Ali, dans sa ruse, aurait consenti à mettre fin à la guerre à condition de demeurer sultan du Ɓamɓao.</em> <a href="#00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5"><em>Mohamed Alawi, commandant des soldats anjouanais envoyés par le sultan Abdallah bin Salim en soutien à Saïd Ali.</em> <a href="#e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace"><em>Dans le Mbadjini, fief de Hashim wa Mwinyi Mkuu, oncle et allié de Saïd Ali durant la guerre.</em> <a href="#2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd"><em>Un village du Ɓamɓao, situé à quelques kilomètres au sud de Mroni.</em> <a href="#73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42"><em>Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi, un Moronien très impliqué dans le trafic d’esclaves, notamment avec son boutre Awathi.</em> <a href="#91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40"><em>Du mot « Surriyya ». Dans la zone swahilie, un Arabe dit « Suri » désignait une personne dont le père était arabe et dont la mère était une concubine non arabe, souvent d’origine servile.</em> <a href="#2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c"><em>Capitaine en shikomori</em>. <a href="#65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0"><em>S’agit-il de Singa, mère de Djana Nema — laquelle donna naissance à Msafumu wa Fefumu — et épouse de Djumbe Fumu, ancien sultan du Ɓamɓao ? Ou bien s’agit-il de Mwana Wetru, mère d’Anziza et belle-mère de Msafumu ?</em> <a href="#1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271"><em>Il s’agirait de Rashid [Shanfi ?] wa Msafumu, selon une note de Holmwood fondée sur les témoignages de Mze Salim Djumbamba et Rashid bin Saïd al Suri, qui organisèrent son exfiltration, avec quelques membres de sa famille, de Ngazidja vers Zanzibar.</em> <a href="#9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99"><em>La maison de Mze Suluhu, à Ɓaiɗi.</em> <a href="#03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-hamadi-wadi/">Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lettre de Mɓafumu wa Madjuani à Frederic Holmwood (1883)</title>
		<link>https://beshelea.com/mbafumu-wa-madjuani-1883/</link>
					<comments>https://beshelea.com/mbafumu-wa-madjuani-1883/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 10:44:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Mɓafumu wa Madjuani]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://beshelea.com/?p=838</guid>

					<description><![CDATA[<p>Contexte. Dans sa lettre adressée au consul britannique Frederic Holmwood1, Mɓafumu wa Madjuani met en lumière un autre aspect apparu au cours de la seconde nkoɗo nkuu, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar. Il rappelle la question des traités d’abolition de l’esclavage à Ngazidja, signés le 13 octobre [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte.</strong> Dans sa lettre adressée au consul britannique Frederic Holmwood</em><sup data-fn="c2e16191-69be-4187-a057-4b5b8ab59e81" class="fn"><a id="c2e16191-69be-4187-a057-4b5b8ab59e81-link" href="#c2e16191-69be-4187-a057-4b5b8ab59e81">1</a></sup><em>, Mɓafumu wa Madjuani met en lumière un autre aspect apparu au cours de la seconde nkoɗo nkuu, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar. Il rappelle la question des traités d’abolition de l’esclavage à Ngazidja, signés le 13 octobre 1882 par Msafumu et Abdallah Saïd Hamza avec les Britanniques. Dans sa missive, il dénonce l’inaction anglaise face à l’assassinat de Msafumu et leur lenteur à réagir à la reprise massive du trafic d’êtres humains.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Itsandraya, 1883</em><sup data-fn="0fe148e9-5c95-4ef3-9206-12069919a25e" class="fn"><a id="0fe148e9-5c95-4ef3-9206-12069919a25e-link" href="#0fe148e9-5c95-4ef3-9206-12069919a25e">2</a></sup></p>



<p><em>[Après compliments.]</em></p>



<p>« J’écris pour vous informer que les gens de Ndzuani<sup data-fn="6f590882-928c-4af5-879a-48ba23053137" class="fn"><a id="6f590882-928c-4af5-879a-48ba23053137-link" href="#6f590882-928c-4af5-879a-48ba23053137">3</a></sup> sont revenus ici, et qu’eux, avec Saïd Ali, ont trompé votre ami (Msafumu) en feignant une paix mensongère<sup data-fn="bbce7aa5-a35d-4d21-9420-758cd7678f85" class="fn"><a id="bbce7aa5-a35d-4d21-9420-758cd7678f85-link" href="#bbce7aa5-a35d-4d21-9420-758cd7678f85">4</a></sup> avec lui. Ils l’ont emmené à Mroni, où ils l’ont retenu pendant huit jours<sup data-fn="a199cc00-85d8-40fa-897d-a61b911cf2c7" class="fn"><a id="a199cc00-85d8-40fa-897d-a61b911cf2c7-link" href="#a199cc00-85d8-40fa-897d-a61b911cf2c7">5</a></sup>, puis, à huit heures du soir, ils l’ont tué.</p>



<p>Telle est la nouvelle, et la raison pour laquelle cela est arrivé, c’est qu’il avait accepté les termes de votre lettre concernant l’affranchissement des esclaves.</p>



<p>Le sultan Abdallah de Ndzuani envoya une lettre à Saïd Ali pour convenir de le tuer. Puis arriva de Ndzuani une autre nouvelle à propos de l’Anglais venu avec ledit Traité : qu’il avait été enchaîné et envoyé en Angleterre, parce qu’il n’avait pas autorité pour le conclure, et que cela était arrivé à la suite d’une lettre de plainte envoyée par le sultan Abdallah à son Gouvernement.</p>



<p>Nous avons donc subi de nouvelles punitions de la part de Saïd Ali, et les deux Traités<sup data-fn="5ed2d68a-78d6-4442-b3b1-6c7402991418" class="fn"><a id="5ed2d68a-78d6-4442-b3b1-6c7402991418-link" href="#5ed2d68a-78d6-4442-b3b1-6c7402991418">6</a></sup> que nous avions conclus furent confisqués par Abdallah Alawi (le Jemadar de Ndzuani), et Saïd Ali les déchira.</p>



<p>Il expédia ensuite à Ndzuani environ 200 des esclaves qui avaient été affranchis en vertu du Traité, et d’autres furent envoyés à Maore par l’intermédiaire de Saleh Madi, le commis des Français. Saleh lui-même arriva sur le navire d’Awathi<sup data-fn="44864010-622a-4541-bb18-9dccc54b1cb9" class="fn"><a id="44864010-622a-4541-bb18-9dccc54b1cb9-link" href="#44864010-622a-4541-bb18-9dccc54b1cb9">7</a></sup>.</p>



<p>Et maintenant, il ne nous reste plus rien, car les gens de Ndzuani ont tout pris de chez nous, nous disant : « Où sont donc vos Chrétiens<sup data-fn="877b720c-5f7e-4504-b333-533c5c850a05" class="fn"><a id="877b720c-5f7e-4504-b333-533c5c850a05-link" href="#877b720c-5f7e-4504-b333-533c5c850a05">8</a></sup> et votre Saïd Barghash<sup data-fn="753fb30e-8cfa-490a-98c0-f7a1e0014032" class="fn"><a id="753fb30e-8cfa-490a-98c0-f7a1e0014032-link" href="#753fb30e-8cfa-490a-98c0-f7a1e0014032">9</a></sup> à présent ? » Et dans la maison de Msafumu, ils ont pris les 3 000 dollars (noirs) qu’il gardait pour les frais du pèlerinage<sup data-fn="df82bd74-b819-48e2-b3b7-1065108e1191" class="fn"><a id="df82bd74-b819-48e2-b3b7-1065108e1191-link" href="#df82bd74-b819-48e2-b3b7-1065108e1191">10</a></sup>.</p>



<p>S’il est vrai que lesdits esclaves ont été garantis libres par vous, vous devez venir rapidement, car on les embarque chaque jour, et nous n’avons aucune force pour les en empêcher ; nous montrons le Traité qui avait été conclu par feu notre frère, Msafumu, mais les gens de Ndzuani n’en tiennent aucun compte. Ils disent : « Vous qui avez conclu le Traité, vous devez maintenant consentir à ce que les esclaves affranchis par cet accord soient repris et vendus. »</p>



<p>Souvenez-vous, vous avez conclu ce Traité avec un Sultan, fût-il petit, et de plus, il se confiait à votre protection. Maintenant, il a été emmené et tué, et pourtant aucune question n’a été soulevée en sa faveur, contrairement à ce que nous pensions devoir être ; et cependant tous disent qu’il n’est point de nation véritable comme les Anglais, qui respectent leurs engagements. Mais nous voyons maintenant le contraire, ou bien est-ce parce que vous n’êtes pas informés de ce qui s’est passé ?</p>



<p>De plus, vous avez écrit des papiers de liberté pour les esclaves d’Abdallah Falahi<sup data-fn="f3f9af1f-3172-4154-8017-ed4234cff556" class="fn"><a id="f3f9af1f-3172-4154-8017-ed4234cff556-link" href="#f3f9af1f-3172-4154-8017-ed4234cff556">11</a></sup>, l’Indien, et ceux-ci ont été réduits de nouveau en esclavage, et il les vend, ainsi que d’autres encore.</p>



<p>Veuillez venir rapidement à nous, sinon les gens de Ndzuani nous détruiront à cause de vous.</p>



<p>Salam<sup data-fn="467f417f-7ba2-4e2b-ad56-0f21c6397699" class="fn"><a id="467f417f-7ba2-4e2b-ad56-0f21c6397699-link" href="#467f417f-7ba2-4e2b-ad56-0f21c6397699">12</a></sup>. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>MƁAFUMU WA MADJUANI</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1883-84, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c2e16191-69be-4187-a057-4b5b8ab59e81"><em>Holmwood mentionne dans ses notes qu’une lettre similaire avait été reçue des Anciens et de l’ensemble du peuple d’Itsandraya</em>. <a href="#c2e16191-69be-4187-a057-4b5b8ab59e81-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0fe148e9-5c95-4ef3-9206-12069919a25e"><em>Dans la source que nous avons consultée, aucune date n’est indiquée pour ce document. L’on estime toutefois qu’il fut rédigé entre la mi-février et le mois d’avril 1883.</em> <a href="#0fe148e9-5c95-4ef3-9206-12069919a25e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6f590882-928c-4af5-879a-48ba23053137"><em>Des troupes anjouanaises furent envoyées par le sultan Abdallah bin Salim en appui à Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#6f590882-928c-4af5-879a-48ba23053137-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bbce7aa5-a35d-4d21-9420-758cd7678f85"><em>Assiégé pendant plusieurs mois dans le fort d’Itsandraya Mdjini, le sultan Msafumu wa Fefumu fut finalement capturé à la suite d’un piège ourdi par ses ennemis, avec la complicité de certaines figures influentes de son propre camp.</em> <a href="#bbce7aa5-a35d-4d21-9420-758cd7678f85-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a199cc00-85d8-40fa-897d-a61b911cf2c7"><em>Il fut emprisonné à Ɓaiɗi, dans la demeure de Mze Suluhu.</em> <a href="#a199cc00-85d8-40fa-897d-a61b911cf2c7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5ed2d68a-78d6-4442-b3b1-6c7402991418"><em>Le 13 octobre 1882, deux traités similaires visant à abolir l’esclavage furent signés entre, d’une part, Msafumu wa Fefumu (Itsandraya) et Abdallah bin Saïd Hamza (Ɓamɓao), et d’autre part, le consul britannique Frederic Holmwood.</em> <a href="#5ed2d68a-78d6-4442-b3b1-6c7402991418-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="44864010-622a-4541-bb18-9dccc54b1cb9"><em>Un boutre appartenant à un Moronien, <em>Ɓ</em>uku [<em>Ɓ</em>unu] Hamaɗi, très impliqué dans le trafic d’esclaves</em>. <a href="#44864010-622a-4541-bb18-9dccc54b1cb9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="877b720c-5f7e-4504-b333-533c5c850a05"><em>Comprendre les Anglais.</em> <a href="#877b720c-5f7e-4504-b333-533c5c850a05-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="753fb30e-8cfa-490a-98c0-f7a1e0014032"><em>Le sultan de Zanzibar, allié des Britanniques et de Msafumu</em>. <a href="#753fb30e-8cfa-490a-98c0-f7a1e0014032-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="df82bd74-b819-48e2-b3b7-1065108e1191"><em><em>Le vol de cette somme d’argent est également rapporté par l’un des protagonistes, Mshangama bin Mwalimu, ancien officier des troupes de Msafumu, avant qu’il ne déserte et ne rejoigne le camp de Saïd Ali.</em></em> <a href="#df82bd74-b819-48e2-b3b7-1065108e1191-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f3f9af1f-3172-4154-8017-ed4234cff556"><em>Un commerçant influent, proche de Saïd Ali</em>. <a href="#f3f9af1f-3172-4154-8017-ed4234cff556-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="467f417f-7ba2-4e2b-ad56-0f21c6397699"><em>Il s’agit d’une formule de salutation d’usage en fin de lettre, qui veut dire « que la paix soit avec vous ».</em> <a href="#467f417f-7ba2-4e2b-ad56-0f21c6397699-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</title>
		<link>https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/</link>
					<comments>https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2025 08:27:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
		<category><![CDATA[Abdurahmane bin Saïd Hamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Barghash bin Saïd]]></category>
		<category><![CDATA[Earl Granville]]></category>
		<category><![CDATA[Kara Hadji]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Percy Luxmoore]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Omar wa Saïd Hasan]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Barrett Miles]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : En mai 1882, la ville de Mroni, où s’est retranché le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar, demeure assiégée par les troupes du sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu. Des correspondances britanniques nous livrent des détails sur les débuts de ce conflit, la seconde nkoɗo nkuu, jusqu’à ce stade des événements. Deux de ces [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> En mai 1882, la ville de Mroni, où s’est retranché le sultan <a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Saïd Ali wa Saïd Omar</a>, demeure assiégée par les troupes du sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu. Des correspondances britanniques nous livrent des détails sur les débuts de ce conflit, la seconde nkoɗo nkuu, jusqu’à ce stade des événements.</em></p>



<p><em>Deux de ces documents sont des lettres de Samuel Barrett Miles adressées à Granville George Leveson, <a href="https://beshelea.com/said-ali-wa-said-omar-octobre-1883/">comte Granville</a> et secrétaire aux Affaires étrangères. L’une évoque le recrutement de soldats à Zanzibar pour soutenir Msafumu, tandis que l’autre est accompagnée d’un mémorandum relatif à une mission effectuée par l’un des agents de Miles en avril 1882 à Ngazidja. Entre ces deux lettres figure également un courrier envoyé par cet agent, Rider Garforth, à Percy Luxmoore, officier supérieur de la Marine et agent politique intérimaire à Zanzibar.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Lieutenant-colonel Miles à Earl Granville (1)</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Zanzibar, 8 mars 1882</em></p>



<p><em>[Extrait]</em></p>



<p>« Entre-temps, je dois signaler que les frères<sup data-fn="d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37" class="fn"><a id="d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37-link" href="#d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37">1</a></sup> de Msafumu, l’un des chefs de Ngazidja déposés par Saïd Ali, ont quitté ce lieu avec une troupe d’environ 200 hommes bien armés<sup data-fn="6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd" class="fn"><a id="6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd-link" href="#6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd">2</a></sup>, afin de rejoindre leur frère, lequel a rassemblé, dans une position forte des montagnes de Ngazidja, un grand nombre de ses partisans, mais mal armés. À moins qu’une aide extérieure ne soit accordée à l’usurpateur<sup data-fn="98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2" class="fn"><a id="98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2-link" href="#98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2">3</a></sup>, les deux forces réunies n’auront guère de difficulté à le chasser du pays.</p>



<p>Son Altesse Saïd Barghash a, je crois, secrètement fourni à cette troupe armes, munitions et fonds, et elle est accompagnée de son agent de confiance<sup data-fn="4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8" class="fn"><a id="4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8-link" href="#4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8">4</a></sup>, qui a organisé clandestinement l’expédition.</p>



<p>Son Altesse n’a d’ailleurs pas caché son opposition à la présence de ces réfugiés, bien que cela suffise à peine à expliquer son attitude actuelle. Il est cependant notoire que l’échec de Saïd Ali à rembourser le roi de Ndzuani des lourdes dépenses qu’il a récemment engagées en sa faveur a provoqué une tension considérable dans leurs relations, et il n’est pas improbable que le roi<sup data-fn="b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5" class="fn"><a id="b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5-link" href="#b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5">5</a></sup> se retourne entièrement contre le chef de Ngazidja<sup data-fn="9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d" class="fn"><a id="9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d-link" href="#9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d">6</a></sup> si cette négligence devait se poursuivre. Cela s’est peut-être déjà produit, et les faits auraient été communiqués à Son Altesse Saïd Barghash.</p>



<p>Le sultan Abdallah<sup data-fn="eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf" class="fn"><a id="eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf-link" href="#eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf">7</a></sup> ne s’est pas joint à ce groupe, mais il est depuis parti pour Ngazidja avec dix-sept partisans, sans doute dans le but d’observer l’évolution des événements.</p>



<p>Le sultan <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Abdurahmane de Mwali</a>, arrivé ici il y a un mois en visite auprès de Son Altesse Saïd Barghash, est reparti par courrier pour le Mozambique, sans doute dans l’espoir d’y obtenir rapidement des nouvelles des Comores. Ce prince n’a reçu aucun encouragement de la part de Son Altesse Saïd Barghash, qui connaît parfaitement son caractère<sup data-fn="eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843" class="fn"><a id="eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843-link" href="#eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843">8</a></sup>. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Capitaine Garforth au Capitaine Luxmoore</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>« Éclipse », en mer, 20 avril 1882</em></p>



<p>« À notre arrivée à Mroni, île de Ngazidja, le 15 avril, je trouvai la ville, ceinte de murailles, occupée par l’actuel prétendu chef de l’île, Saïd Ali, et ses partisans. En même temps, elle était assiégée par l’ancien chef de Ngazidja, Msafumu, dont le quartier général se trouvait au village d’Itsandraya, à environ quatorze milles de là. Celui-ci était assisté d’environ 150 soldats envoyés par le sultan de Zanzibar, il y a de cela deux mois.</p>



<p>Saïd Ali et ses partisans étaient entièrement encerclés et ne pouvaient sortir de la ville. Un boutre était récemment arrivé avec une cargaison de riz, ce qui pourrait lui permettre de tenir un peu plus longtemps. Les embarcations qui débarquaient la cargaison, à une encablure de ce navire, furent prises pour cible par les gens de Msafumu après notre arrivée.</p>



<p>J’eus un entretien à bord de ce navire avec Msafumu et l’officier commandant les soldats du sultan<sup data-fn="f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4" class="fn"><a id="f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4-link" href="#f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4">9</a></sup>. Ils m’assurèrent que, s’ils s’emparaient de la ville de Mroni — ce qui, étant donné l’encerclement, n’était qu’une question de temps — ils respecteraient toute propriété privée et enverraient Saïd Ali à Zanzibar. J’informai le chef qu’il s’agissait là d’une affaire sur laquelle je ne pouvais émettre aucune opinion personnelle, mais qu’au moment de la prise de la ville, toute privation inutile imposée aux habitants ne manquerait pas d’attirer le mécontentement du gouvernement anglais.</p>



<p>Je revisite l’île le 19 du courant et constatai qu’aucun changement n’était intervenu dans la situation. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Lieutenant-colonel Miles à Earl Granville (2)</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Zanzibar, 5 mai 1882</em></p>



<p>« Comme le navire de Sa Majesté <em>« Philomel »</em> avait reçu l’ordre de se rendre aux îles Comores, j’ai profité de l’occasion pour y envoyer un officier afin de suivre les événements. Il quitta Zanzibar le 13 avril et revint le 22 à bord du navire de Sa Majesté <em>« Eclipse »</em>, et j’ai l’honneur de joindre un mémorandum des notes qu’il a prises.<br>J’y joins également copie d’un rapport du capitaine Garforth, commandant le navire de Sa Majesté <em>« Eclipse »</em>, qui m’a été obligeamment communiqué par l’officier supérieur de la marine présent ici, le capitaine Luxmoore, C.B.<br>Le départ de l’expédition organisée et expédiée par Son Altesse Saïd Barghash avec les frères de Msafumu a été signalé dans ma dépêche du 8 mars, et, d’après les informations maintenant reçues, il semble y avoir peu de doute quant à son succès final dans l’expulsion de Saïd Ali de Mroni. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum</h4>



<p>« Il arriva à Ngazidja le 19 avril 1882 et se rendit à Itsandraya, où je trouvai Msafumu<sup data-fn="61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070" class="fn"><a id="61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070-link" href="#61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070">10</a></sup> et Abdallah bin Hamza<sup data-fn="b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a" class="fn"><a id="b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a-link" href="#b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a">11</a></sup>. Msafumu m’informa que Mroni avait autrefois appartenu à Saïd Ahmed<sup data-fn="b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f" class="fn"><a id="b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f-link" href="#b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f">12</a></sup>, qui, à sa mort, l’avait légué à son fils Muhammad. Saïd Muhammad l’avait transmis à Mwinyi Mdji qui, avant de mourir, en donna la préférence à Saïd Abdallah bin Hamza, plus âgé que son demi-frère<sup data-fn="4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9" class="fn"><a id="4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9-link" href="#4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9">13</a></sup> Saïd Ali. Il y a quatre ans<sup data-fn="90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501" class="fn"><a id="90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501-link" href="#90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501">14</a></sup>, Saïd Ali se rendit auprès de Msafumu et lui demanda de lui remettre Mroni. Msafumu répondit qu’Ali était trop jeune, mais que, d’ici deux ou trois ans, il le ferait. Ali se rendit alors à Zanzibar et obtint de Saïd Barghash une lettre en sa faveur adressée à Msafumu. Cependant, lorsque ce dernier la reçut, il répondit la même chose qu’auparavant, à savoir qu’il fallait attendre.</p>



<p>Saïd Ali s’adressa alors à son père à Maore pour obtenir de l’aide, et celui-ci lui donna une lettre de recommandation pour le sultan Abdallah de Ndzuani, dans laquelle il s’engageait à couvrir toutes les dépenses encourues par le sultan pour envoyer des soldats aider son fils à obtenir Mroni. Le sultan Abdallah promit son assistance et dit à Saïd Ali de retourner à Ngazidja et d’attendre à Shinɗini<sup data-fn="122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8" class="fn"><a id="122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8-link" href="#122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8">15</a></sup>. Peu de temps après, il envoya 150 soldats armés sur l’un de ses propres boutres. C’était il y a environ six mois.</p>



<p>Msafumu, percevant les intentions hostiles d’Ali, en informa aussitôt Saïd Barghash, qui envoya son homme Kara Hadji, un natif de Ngazidja. Kara ne fut pas écouté par Saïd Ali, qui le rattrapa sur la route après qu’il eut été congédié, et l’aurait tué si Kara n’avait réussi à s’échapper à bord d’un boutre arabe. Ali attaqua également un certain Muttar bin Abdullah, un autre émissaire envoyé par Saïd Barghash pour affaires, et faillit le tuer. Mais Muttar parvint à s’enfuir.</p>



<p>Said Ali attaqua ensuite la maison de son frère à Mroni, mais Saïd Abdallah et son épouse s’échappèrent à bord d’un boutre arabe. La ville, en revanche, fut prise, et 49 personnes, dont trois femmes, furent tuées dans l’affaire. Après avoir quitté Mroni, Ali se rendit à Itsandraya pour en expulser Msafumu. Celui-ci, n’ayant pas la force de résister, s’enfuit, et Itsandraya fut facilement pris<sup data-fn="e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22" class="fn"><a id="e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22-link" href="#e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22">16</a></sup> et remis à Ntiɓe Mbamba, cousin de Msafumu.</p>



<p>Depuis Itsandraya, Ali écrivit à <a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">Ɓwana Fumu</a><sup data-fn="97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0" class="fn"><a id="97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0-link" href="#97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0">17</a></sup>, le sultan de Mitsamihuli, le menaçant de l’attaquer à moins qu’il ne se soumît. Ɓwana Fumu céda et fut envoyé par Ali demander la soumission de Singa<sup data-fn="7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95" class="fn"><a id="7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95-link" href="#7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95">18</a></sup>, la sultane de Mbuɗe. La reine n’opposant aucune résistance, Ali marcha ensuite sur Ntsudjini, un lieu appartenant à Msafumu et tenu par l’un de ses hommes. Dans cette expédition, il réussit également et chassa l’homme de Msafumu. Il se rendit ensuite à Hamahame et s’en empara aussi<sup data-fn="9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1" class="fn"><a id="9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1-link" href="#9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1">19</a></sup>, saisissant tous les esclaves du sultan Abdallah sur ses deux plantations, nommées Silleit et Ɓiladi. Saïd Ali s’empara de tous les biens de Msafumu à Itsandraya — esclaves, ornements, argent — et fit couper les mains de sa belle-mère.</p>



<p>Pendant ce temps, Msafumu, qui s’était réfugié dans la brousse<sup data-fn="e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45" class="fn"><a id="e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45-link" href="#e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45">20</a></sup>, se rendit à Galiani<sup data-fn="c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905" class="fn"><a id="c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905-link" href="#c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905">21</a></sup>, d’où il recruta 100 hommes pour l’aider contre Ali. Marchant ensuite vers Maweni<sup data-fn="44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af" class="fn"><a id="44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af-link" href="#44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af">22</a></sup>, un lieu proche de Ntsudjini, il écrivit à Ali, alors à Mbuɗe, lui proposant le combat. Ali retourna aussitôt à Ntsudjini et, après avoir observé la position de Msafumu, se mit en marche contre lui. C’était le 17 rabi el-awal<sup data-fn="1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab" class="fn"><a id="1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab-link" href="#1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab">23</a></sup>. Au même moment, Msafumu, laissant la moitié de ses forces à Maweni, prit l’autre moitié avec lui et, faisant un détour, entra à Ntsudjini qu’Ali venait de quitter<sup data-fn="ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533" class="fn"><a id="ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533-link" href="#ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533">24</a></sup>. Ali eut un léger accrochage avec les hommes de Msafumu, au cours duquel trois furent tués, puis, laissant Msafumu maître de Ntsudjini, il retourna à Mroni.</p>



<p>Le 8 du mois suivant (rabi el-akhir<sup data-fn="42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81" class="fn"><a id="42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81-link" href="#42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81">25</a></sup>), le boutre<sup data-fn="887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0" class="fn"><a id="887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0-link" href="#887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0">26</a></sup> transportant les troupes de Saïd Barghash, sous le commandement de Kara Hadji, arriva au large de Itsandraya. À leur vue, l’homme d’Ali, Ntiɓe Mbamba, se replia aussitôt sur Mroni. Kara Hadji débarqua ses troupes et envoya Mohammed Jan chercher Msafumu. À son arrivée, tout le groupe se rendit à Mroni, où Saïd Ali est désormais assiégé. Mroni possède cinq portes, et cinquante hommes sont placés à chacune d’elles pour empêcher les assiégés de sortir.</p>



<p>Le 26 rabi el-akhir<sup data-fn="775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b" class="fn"><a id="775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b-link" href="#775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b">27</a></sup>, Saïd Omar, qui avait rejoint son fils Ali depuis Maore, s’enfuit à Mwali avec Mohammed Othman, l’agent du sultan de Ndzuani. On dit que Saïd Ali a muré les portes de Mroni de l’intérieur. Msafumu a depuis pris les villages suivants, outre de plus petits hameaux : Mvuni, Unkazi, Nyumadzaha, Vuvuni<sup data-fn="af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529" class="fn"><a id="af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529-link" href="#af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529">28</a></sup> et Mɗe. Ikoni, un grand village de l’intérieur, fut pris, pillé et incendié, mais personne n’y fut tué.</p>



<p>Saïd Abdallah bin Hamza arriva à Ngazidja sur un boutre distinct de celui de Kara Hadji et rejoignit son frère Ali, avec qui il demeura trois jours. Ali lui proposa de partager Mroni à condition qu’il ne se joigne pas à Msafumu. Abdallah, toutefois, sous prétexte de se rendre à sa plantation de Mroni, partit pour Itsandraya et rejoignit Msafumu, qui le posta à Mkongoni, à l’extrémité nord du port de Mroni, pour empêcher les boutres d’y mouiller.</p>



<p>Dans les combats qui ont eu lieu à Mroni, Saïd Ali a perdu 21 hommes, dont 15 esclaves Makua. Msafumu a perdu 13 tués et 6 blessés. Des troupes de Saïd Barghash, 2 ont été tués et 3 blessés.</p>



<p>Lorsque Saïd Omar se rendit à Mwali, il demanda de l’aide à Abdurahmane, frère du sultan<sup data-fn="14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f" class="fn"><a id="14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f-link" href="#14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f">29</a></sup>, mais celle-ci fut refusée au motif que quarante soldats avaient déjà été donnés à Saïd Ali lors de sa première expédition, et que le sultan n’avait pas reçu sa part du butin en retour. Saïd Omar se rendit alors à Maore, mais n’y obtint aucun soutien. Il est désormais parti à Marambosi pour solliciter l’aide de Mohammed bin Abdullah Ba Kushweni, ancien gouverneur de Mombasa, et Msafumu a envoyé des espions à sa suite pour observer ses démarches. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1882-83, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (N°1, 1883)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37"><em>Il s’agit du sultan Abdallah bin Hamza de <em>Ɓamɓao</em>, des princes d’Itsandraya Fumu Mhanɗa et Mlanau Hinye, ainsi que d’Ahmed bin Mshangama, ancien vizir d’Itsandraya.</em> <a href="#d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd"><em>La majorité d’entre eux appartient à l’ethnie nyamwezi.</em> <a href="#6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2"><em>Comprendre sultan Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police de Saïd Barghash.</em> <a href="#4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5"><em>Sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d"><em>Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf"><em>Abdallah bin Hamza</em>. <a href="#eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843"><em>Le jeune sultan Abdurahmane bin Saïd Hamadi jouissait d’une réputation de tyran imprévisible, enclin à l’alcool et aux mauvaises mœurs.</em> <a href="#eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4"><em>Cet officier pourrait être Kara Hadji ou Maɗi wa Hamaɗi.</em> <a href="#f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntibe de Ngazidja.</em> <a href="#61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a"><em>Sultan du Ɓamɓao, beau-frère et allié de Msafumu.</em> <a href="#b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f"><em>Ahmed bin Said Ali bin Swaleh, ancien sultan du Ɓamɓao et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9"><em>Cette confusion, relevée tout au long du rapport, provient du fait qu’ils étaient cousins.</em> <a href="#4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501"><em>Cela situe ainsi le retour de Saïd Ali à Ngazidja en 1878.</em> <a href="#90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8"><em>Ville qui abritait le principal port du sud de l’île, au Mbadjini.</em> <a href="#122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22"><em>En avril 1880.</em> <a href="#e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0"><em>Ɓwana Fumu wa Mɓafumu</em>. <a href="#97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95"><em>La sultane Singa wa Madi Djimba.</em> <a href="#7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1"><em>Saïd Ali devient donc pour la première fois Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45"><em>Il s&rsquo;est refugié dans le Mbwankuu.</em> <a href="#e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905"><em>On peut se demander s’il ne s’agit pas de Shezani, réfugié dans le Mbwankuu.</em> <a href="#c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af"><em>Selon le récit d’Abdallah bin Wazir, il s’agirait plutôt de Dzahadjuu (Dzahani).</em> <a href="#44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab"><em>Le 17 rabi el-awal 1298, correspondant au lundi 6 février 1882</em>. <a href="#1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533"><em>Il y ramena ses troupes pour camper dans un lieu appelé Mifumɓuni, non loin de Dzahani.</em> <a href="#ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81"><em>Le 8 rabi el-akhir 1298, correspondant au lundi 27 février 1882.</em> <a href="#42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0"><em>Ce boutre aurait appartenu à un certain Saïd wa Suɓeta.</em> <a href="#887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b"><em>Le 26 rabi el-akhir 1298, correspondant au vendredi 17 mars 1882.</em> <a href="#775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529"><em>Dans la lettre, il est mentionné Mfoongoni. Cette appellation correspond, selon notre analyse, à Vuvuni, tant par la prononciation que par la mention immédiate de la ville voisine de Mɗe. Toutefois, il pourrait également s’agir, dans une autre hypothèse, de Mapvinguni.</em> <a href="#af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f"><em>Il s’agit d’une erreur : Abdurahmane (bin Saïd Hamaɗi) est en réalité le sultan lui-même.</em> <a href="#14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Lettre de Ɓwana Fumu wa Mɓafumu à Barghash bin Saïd (1883)</title>
		<link>https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/</link>
					<comments>https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Aug 2025 20:11:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Barghash bin Saïd]]></category>
		<category><![CDATA[Ɓwana Fumu wa Mɓafumu]]></category>
		<category><![CDATA[Mitsamihuli]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : L’assassinat du sultan Ntiɓe1 Msafumu wa Fe Fumu dans sa cellule a suscité l’indignation générale, y compris au sein du camp des alliés du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar. Cet acte, unanimement perçu comme contraire aux valeurs et aux traditions comoriennes, a profondément choqué. C’est dans ce climat que Ɓwana Fumu wa [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> L’assassinat du sultan Ntiɓe</em><sup data-fn="03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc" class="fn"><a id="03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc-link" href="#03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc">1</a></sup><em> Msafumu wa Fe Fumu dans sa cellule a suscité l’indignation générale, y compris au sein du camp des alliés du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar. Cet acte, unanimement perçu comme contraire aux valeurs et aux traditions comoriennes, a profondément choqué. C’est dans ce climat que Ɓwana Fumu wa Mɓafumu, sultan de Mitsamihuli</em><sup data-fn="2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867" class="fn"><a id="2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867-link" href="#2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867">2</a></sup><em>, adresse une lettre à Barghash bin Saïd, sultan de Zanzibar et ancien allié du souverain déchu, afin de se dédouaner de toute responsabilité.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Mitsamihuli, 27 jamad al-akhir 1300 [5 mai 1883]</em></p>



<p><em>[Après les compliments.]</em></p>



<p>« J’écris ceci depuis le port de Mitsamihuli<sup data-fn="e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6" class="fn"><a id="e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6-link" href="#e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6">3</a></sup>.</p>



<p>Il ne s’est rien passé, sinon ce qui nous est arrivé. Vous savez que vos serviteurs, Msafumu et Ali bin Omar, se combattaient<sup data-fn="a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65" class="fn"><a href="#a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65" id="a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65-link">4</a></sup>. Or, Ali bin Omar a vaincu, il s’est emparé de Msafumu et l’a fait enfermer<sup data-fn="5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36" class="fn"><a href="#5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36" id="5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36-link">5</a></sup>. Nous l’avons vu en prison le septième jour, en bonne santé ; mais le lendemain matin, nous avons appris qu’il était mort<sup data-fn="7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83" class="fn"><a href="#7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83" id="7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83-link">6</a></sup>, mais ce qu’on lui a fait, nous ne saurions le dire<sup data-fn="1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf" class="fn"><a href="#1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf" id="1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf-link">7</a></sup>.</p>



<p>Et puis, ô mon maître, les Chrétiens<sup data-fn="d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079" class="fn"><a id="d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079-link" href="#d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079">8</a></sup> sont venus de Maore pour acheter des esclaves, et Ali bin Omar a pris tous les gens qui étaient avec Msafumu et les a tous vendus aux Chrétiens, sans l’autorisation des chefs de Ngazidja<sup data-fn="5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3" class="fn"><a id="5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3-link" href="#5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3">9</a></sup>. Ils ont pris, de plus, environ soixante personnes, toutes libres, d’Itsandraya, et Saïd Ali les a vendues aux Chrétiens.</p>



<p>Ô mon maître, nous, vos serviteurs, ne nous sommes pas mêlés à cette affaire d’Ali bin Omar. Je suis votre serviteur<sup data-fn="02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553" class="fn"><a id="02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553-link" href="#02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553">10</a></sup>, et j’attends humblement vos ordres. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>ƁWANA FUMU WA MƁAFUMU</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc"><em>Le roi suprême, ou Ntiɓe de Ngazidja, détient la prérogative essentielle d’introniser tous les sultans de l’île, aussi bien dans les territoires relevant de son propre <em>Inya</em> que dans les autres. Ce titre n’est pas héréditaire. Il s’obtient, selon l’adage, « à l’épée ».</em> <a href="#03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867"><em>La principauté de Mitsamihuli relève par nature de la lignée royale Inya Matswa Pirusa et se trouve, de ce fait, alliée de facto au sultan de Ɓamɓao, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6"><em>À Dzinɗani, aujourd’hui connu sous le nom de « Trou du Prophète », se trouvait l’ancien port principal de Mitsamihuli, l’un des plus importants de Ngazidja. Particularité rare à l’époque, il se situait paradoxalement hors des remparts de la ville.</em> <a href="#e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65"><em>La seconde Nkoɗo nkuu (grande guerre) qui ravagea Ngazidja au début des années 1880.</em> <a href="#a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36"><em>Msafumu est emprisonné à Ɓaiɗi, quartier de Mroni.</em> <a href="#5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83"><em>Msafumu fut assassiné dans sa cellule, étranglé, le 7 février 1883.</em> <a href="#7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf"><em>Par l’expression « nous ne saurions le dire », Ɓwana Fumu fait référence à une tournure comorienne qui, pour éviter d’évoquer les horreurs d’un fait, recourt à la formule : <em>Mwendza haya kayamɓa</em> (« un homme digne n’en parle pas »).</em> <a href="#1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079"><em>Par « Chrétiens », il désigne les Français, qui occupent l’île de Maore depuis 1841.</em> <a href="#d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3"><em>Sans l’aval des kori [sultans] des sultanats particuliers d’où étaient prélevées ces personnes.</em> <a href="#5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553"><em>Traditionnellement, les sultans de l’archipel reconnaissaient au sultan de Zanzibar un rôle de supérieur et de protecteur, selon une formule relevant davantage de la politesse diplomatique que d’une réelle sujétion.</em> <a href="#02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">Lettre de Ɓwana Fumu wa Mɓafumu à Barghash bin Saïd (1883)</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 14:14:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
		<category><![CDATA[Bambao]]></category>
		<category><![CDATA[Comores]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les récits d’esclaves comoriens sont rares. Non pas parce que la mémoire aurait fait défaut, mais parce qu’elle fut systématiquement ignorée. À l’époque, ni les chroniqueurs locaux ni les aristocraties n’accordaient de valeur au témoignage des individus issus de la servitude.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Aux Comores, la mémoire de l’esclavage<sup data-fn="e7aae1c7-68cc-45c9-aba0-6951d944c62d" class="fn"><a id="e7aae1c7-68cc-45c9-aba0-6951d944c62d-link" href="#e7aae1c7-68cc-45c9-aba0-6951d944c62d">1</a></sup> est partielle, morcelée, silencieuse. Elle n’a pas été seulement oubliée : elle fut volontairement étouffée. L’histoire orale, les généalogies officielles, les écrits royaux, tous ont soigneusement évité de donner voix aux esclaves et aux captifs. <a href="https://beshelea.com/ideologie-esclavage-comores/">Leur souffrance, leur statut, leur humanité même, furent niés par les classes dirigeantes</a>, dans un effort d’effacement systématique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une société cloisonnée par naissance</h3>



<p>À la fin du XIXᵉ siècle, cependant, cette chape de silence fut partiellement brisée. Entre 1880 et 1883, Frederic Holmwood, consul britannique à Zanzibar, recueillit des témoignages rares et précieux de personnes mises en esclavage. Ces témoignages, livrent un pan méconnu de l’histoire comorienne : celui d’enfants, d’adolescents et de femmes arrachés à leur foyer, et vendus comme esclaves dans le cadre d’accords entre pouvoirs locaux. Ces pages constituent un rare éclairage sur une période d’ombre, où la logique guerrière, les calculs politiques et la cupidité s’unirent pour renverser l’ordre moral de toute une société.</p>



<p>Avant de comprendre l’ampleur du drame, il faut saisir les structures profondes qui modelaient la société comorienne de jadis. Celle-ci se divisait en plusieurs strates dont les limites étaient aussi nettes qu’infranchissables. D’un côté se tenaient les familles dites libres, généralement issues de l’aristocratie et des lignées royales. En face, se trouvait l’ensemble hétérogène des esclaves, au sein duquel plusieurs degrés étaient distingués<sup data-fn="9c6e6893-17c5-433f-9e98-ab164e01fee8" class="fn"><a id="9c6e6893-17c5-433f-9e98-ab164e01fee8-link" href="#9c6e6893-17c5-433f-9e98-ab164e01fee8">2</a></sup>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La traite et la colonisation : la dynamique du XIXᵉ siècle</h3>



<p>On y trouvait tout d’abord les « étrangers »<sup data-fn="724001f1-b309-4f6e-a725-a61676a1093a" class="fn"><a id="724001f1-b309-4f6e-a725-a61676a1093a-link" href="#724001f1-b309-4f6e-a725-a61676a1093a">3</a></sup>, capturés sur le continent africain, principalement Makua, Ajawa ou Makonɗe, puis les esclaves locaux nés dans l’archipel<sup data-fn="debabf4d-a510-4999-b3e5-502fe160cbad" class="fn"><a id="debabf4d-a510-4999-b3e5-502fe160cbad-link" href="#debabf4d-a510-4999-b3e5-502fe160cbad">4</a></sup>, issus de lignées serviles. À cela s’ajoutait une catégorie encore plus ambiguë : celle des affranchis<sup data-fn="bab17cc4-3388-4eae-b74d-e66dc20a6154" class="fn"><a id="bab17cc4-3388-4eae-b74d-e66dc20a6154-link" href="#bab17cc4-3388-4eae-b74d-e66dc20a6154">5</a></sup> ou descendants d’esclaves ayant conquis leur liberté mais demeurant socialement exclus. Bien qu’émancipées par les faits ou par le temps, ces familles ne pouvaient se marier avec les familles nobles ou dites libres<sup data-fn="27f6e324-8b6a-4479-8441-3a55b2211695" class="fn"><a id="27f6e324-8b6a-4479-8441-3a55b2211695-link" href="#27f6e324-8b6a-4479-8441-3a55b2211695">6</a></sup>. Le poids des origines les poursuivait sans relâche, et la frontière sociale les reléguait à une forme de liberté mutilée.</p>



<p>Le XIXe siècle fut marqué dans l’archipel par une intensification sans précédent de la traite humaine. Cette dynamique s’accentua en 1841 avec la prise de contrôle de Maore par la France<sup data-fn="8442960b-2c19-4481-8e52-4f59997f7eae" class="fn"><a id="8442960b-2c19-4481-8e52-4f59997f7eae-link" href="#8442960b-2c19-4481-8e52-4f59997f7eae">7</a></sup>. Bien que cette dernière ait officiellement aboli l’esclavage sur l’île en 1846, elle mit rapidement en place un système équivalent, fondé sur le travail forcé sous contrat : <em>l’engagisme</em>. Dès 1847, l’esclave fut rebaptisé « travailleur engagé », mais le principe restait le même. Pour répondre au besoin en main-d&rsquo;œuvre de l’exploitation coloniale, la France acheta ou importa massivement des personnes dans la région, incitant les autres îles de l’archipel à lui vendre leurs « propres travailleurs engagés ». Cette frénésie alimenta le développement des réseaux de traite entre les Comores, la côte est-africaine et les possessions françaises.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La Seconde <em>Nkoɗo nkuu</em> et le règne de Sultan Saïd Ali</h3>



<p>Ce qui nous intéresse ici est une période bien particulière : celle de la deuxième <em>Nkoɗo nkuu<sup data-fn="735a2934-5119-46df-915d-318e7dc777b4" class="fn"><a id="735a2934-5119-46df-915d-318e7dc777b4-link" href="#735a2934-5119-46df-915d-318e7dc777b4">8</a></sup> (grande guerre), qui ravagea Ngazidja au début des années 1880. Elle opposa les sultans Msafumu wa Fefumu<sup data-fn="8baf420c-ce7b-4cfc-aa2b-a316454fc0d0" class="fn"><a id="8baf420c-ce7b-4cfc-aa2b-a316454fc0d0-link" href="#8baf420c-ce7b-4cfc-aa2b-a316454fc0d0">9</a></sup> (Inya Fwamɓaya) et Saïd Ali wa Saïd Omar<sup data-fn="cfddc29d-485a-4a39-87f6-8fb072b6300d" class="fn"><a id="cfddc29d-485a-4a39-87f6-8fb072b6300d-link" href="#cfddc29d-485a-4a39-87f6-8fb072b6300d">10</a></sup> (Inya Matswa Pirusa). </em>L<em>e conflit, d’une rare violence, se conclut le </em>7 février 1883 par l’assassinat<sup data-fn="31288332-c79a-43a4-9ef5-57dc800cb5e4" class="fn"><a id="31288332-c79a-43a4-9ef5-57dc800cb5e4-link" href="#31288332-c79a-43a4-9ef5-57dc800cb5e4">11</a></sup> du sultan Ntiɓe<sup data-fn="6c6d12b8-4fc4-4815-804d-6b4cc2500614" class="fn"><a id="6c6d12b8-4fc4-4815-804d-6b4cc2500614-link" href="#6c6d12b8-4fc4-4815-804d-6b4cc2500614">12</a></sup> Msafumu, capturé et emprisonné à Ɓaiɗi<sup data-fn="bc97eb7c-5770-4e8e-83cb-c4b968a37b16" class="fn"><a id="bc97eb7c-5770-4e8e-83cb-c4b968a37b16-link" href="#bc97eb7c-5770-4e8e-83cb-c4b968a37b16">13</a></sup>. Mais la victoire de Saïd Ali ne mit pas fin au désordre. Au contraire, elle inaugura une ère de chaos, de représailles et de pillages. Le pays tout entier sombra dans la disette et la ruine. On estime à 3 000 voire 4 000 le nombre de morts, dont 1 200 victimes de la faim<sup data-fn="2a756375-811e-4698-8cc0-6712d232d523" class="fn"><a id="2a756375-811e-4698-8cc0-6712d232d523-link" href="#2a756375-811e-4698-8cc0-6712d232d523">14</a></sup>. Les principautés d’Itsandraya et de Ɓamɓao furent presque vidées de leurs habitants. Le tissu social, déjà fracturé par les rivalités politiques, fut entièrement déchiré.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter"><img type="image/webp"  alt="Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja" class="wp-image-750 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Said-Ali-wa-Said-Omar-edited.jpg"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Devenu <em>Ntiɓe</em>, Saïd Ali, soutenu militairement et logistiquement par le sultan Abdallah III<sup data-fn="7be4c800-2720-40e5-a20e-f5890b825e41" class="fn"><a id="7be4c800-2720-40e5-a20e-f5890b825e41-link" href="#7be4c800-2720-40e5-a20e-f5890b825e41">15</a></sup> de Ndzuani, dut honorer une lourde dette de guerre envers ce dernier. Pour payer ce <em>nau</em><sup data-fn="7958e020-f056-42fc-b30f-08d5f3940880" class="fn"><a id="7958e020-f056-42fc-b30f-08d5f3940880-link" href="#7958e020-f056-42fc-b30f-08d5f3940880">16</a></sup> (tribut), il s’empara des biens – y compris humains – de ses anciens ennemis, confisquant les richesses de la famille de Msafumu et de son allié exilé Abdallah bin Saïd Hamza<sup data-fn="a5d79898-986f-4c32-9082-4322d6f791cc" class="fn"><a id="a5d79898-986f-4c32-9082-4322d6f791cc-link" href="#a5d79898-986f-4c32-9082-4322d6f791cc">17</a></sup>. En toute violation des coutumes, il mit en esclavage des personnes libres et les expédia à Ndzuani en règlement de sa dette.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une dette de guerre payée en êtres humains</h3>



<p>Son oncle, Hashim wa Mwinyi Mkuu, sultan de Mbadjini, qui l’avait soutenu durant la guerre avant de s’en éloigner, confirma cette pratique dans un entretien avec Frederic Holmwood<sup data-fn="8cb3a7dd-a5a6-4006-8709-b1db5a9cbf3c" class="fn"><a id="8cb3a7dd-a5a6-4006-8709-b1db5a9cbf3c-link" href="#8cb3a7dd-a5a6-4006-8709-b1db5a9cbf3c">18</a></sup> :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Ce n’est pas de notre faute si nous avons commencé à vendre les habitants de Ngazidja. Les navires anglais ont intercepté les boutres venus du Mozambique, qui nous avaient toujours fourni des engagés makua. Nous étions endettés envers les Français et contraints de leur livrer des esclaves. Je regrette aujourd’hui d’avoir exporté des gens de Ngazidja. C’est Saïd Ali qui a commencé, pour payer le sultan de Ndzuani. »</p>
</blockquote>



<p>Mshangama bin Mwalimu était un ancien officier des troupes de Msafumu avant de déserter et de rejoindre le camp de Saïd Ali. Il était le second de Kari wa Djae, commandant en chef des troupes du Kori<sup data-fn="43fb66db-81dc-42aa-937c-d87623547647" class="fn"><a id="43fb66db-81dc-42aa-937c-d87623547647-link" href="#43fb66db-81dc-42aa-937c-d87623547647">19</a></sup> de Ɓamɓao. Il rapporte ce qui s’est produit tout juste après l’enfermement de Msafumu dans sa prison de Ɓaiɗi :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Je me suis rendu à Ntsudjini<sup data-fn="38273a6d-c590-44fc-a13d-4bb2bb269d51" class="fn"><a id="38273a6d-c590-44fc-a13d-4bb2bb269d51-link" href="#38273a6d-c590-44fc-a13d-4bb2bb269d51">20</a></sup> avec mes hommes et j’ai pris treize jeunes filles proches de Msafumu, conformément à mes ordres. J’ai également emporté 3 000 dollars noirs que Msafumu avait dans son coffre. Je n’ai permis à personne d’être insulté. Elles étaient toutes jeunes, élevées dans le “twaâ”<sup data-fn="6da8ae4f-ca88-4a43-880c-9bf096336dba" class="fn"><a id="6da8ae4f-ca88-4a43-880c-9bf096336dba-link" href="#6da8ae4f-ca88-4a43-880c-9bf096336dba">21</a></sup>. Saïd Ali, cependant, en a donné une à Ntiɓe Mbamba<sup data-fn="b43bf762-e877-4023-98a4-edfdbddb416d" class="fn"><a id="b43bf762-e877-4023-98a4-edfdbddb416d-link" href="#b43bf762-e877-4023-98a4-edfdbddb416d">22</a></sup> pour son harem, en a pris une comme concubine<sup data-fn="45a92195-82a1-4d96-8646-0a8f5508d212" class="fn"><a id="45a92195-82a1-4d96-8646-0a8f5508d212-link" href="#45a92195-82a1-4d96-8646-0a8f5508d212">23</a></sup> et a envoyé le reste au sultan de Ndzuani sur le boutre d’Awathi, car cela faisait partie de leur accord. »</p>
</blockquote>



<p>Une semaine plus tard, toujours selon Mshangama, le boutre d’Awathi retourna à Mroni et effectua deux autres voyages similaires, emmenant à chaque fois un grand nombre de jeunes filles de Ngazidja pour Ndzuani. D’après Mze bin Mfwahaya, ancien boutrier à Zanzibar revenu à Ntsudjini au début de la guerre, Ɓuku Hamaɗi<sup data-fn="9d7cbe9c-8b1b-414a-a54d-f1b00fee7bec" class="fn"><a id="9d7cbe9c-8b1b-414a-a54d-f1b00fee7bec-link" href="#9d7cbe9c-8b1b-414a-a54d-f1b00fee7bec">24</a></sup>, commis de Saïd Ali, se rendit à Ndzuani à bord du boutre d’Awathi pour régler cette affaire avec le sultan Abdallah III. Il rapporte :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Il [Sultan Abdallah] demande 40 000 dollars à Saïd Ali et compte seulement 40 dollars par esclave ; mais Saïd Ali n’accorde que 25 000 dollars et se crédite de 50 dollars par esclave. Il a également envoyé une somme considérable, prélevée auprès des proches de Msafumu. »</p>
</blockquote>



<p>Une version corroborée par Mshangama bin Mwalimu :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« La première fois, Ɓuku Hamaɗi a pris plus de 10 000 dollars, et la fois suivante, je crois, 6 000 dollars. Saïd Ali a reconnu sa dette totale envers le roi Abdallah, au titre des soldats, des moyens de transport, des provisions et des munitions, s’élevant à 25 000 dollars, mais le roi a répondu qu’elle s’élevait à 40 000 dollars, car il exigeait son bénéfice. Juste avant mon départ, Ɓuku Hamaɗi a été de nouveau envoyé sur le boutre d’Awathi pour dire que Saïd Ali considérait avoir réglé la totalité de sa dette, car le seul bénéfice qu’il avait accepté de donner était le meilleur des femmes de Ngazidja, et il avait scrupuleusement respecté cette condition. Il lui a envoyé 3 000 dollars prélevés sur Msafumu, 120 esclaves de plantation d’une valeur de 5 000 dollars, et les sommes qu’il avait reçues des Français. On pensait que cette réclamation allait mener à une querelle. »</p>
</blockquote>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img type="image/webp"  alt="Sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III, Mawana) de Ndzuani" class="wp-image-752 lws-optimize-lazyload" style="width:404px;height:auto"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Abdallah-bin-Salim-Abdallah-III-Mawana-edited.jpg"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III, Mawana) de Ndzuani</em></figcaption></figure>
</div>


<p>D’après divers témoignages, on sait que ces rafles se faisaient en grande partie dans les zones Inya Fwamɓaya<sup data-fn="45336222-3002-4408-afe7-82461d9c7bff" class="fn"><a id="45336222-3002-4408-afe7-82461d9c7bff-link" href="#45336222-3002-4408-afe7-82461d9c7bff">25</a></sup>. Elles étaient coordonnées par Mohamed bin Alawi, commandant des troupes anjouanaises au service de Saïd Ali. Deux des trois témoignages principaux du présent article proviennent de filles de cette zone : Wamonɗoha de Ntsudjini et Mariama Hali de Hantsambu. Sur le plan commercial, ce sont les commerçants Abdullah Felahi, l’Indien, et Ali Sham qui s’en chargeaient pour le compte de Saïd Ali.</p>



<p>Mshangama ajoute :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Outre ces expéditions, Saïd Ali envoyait constamment des esclaves en petit nombre à Maore et en Ndzuani, dont il conservait le profit. Nous étions tous, et en particulier les soldats anjouanais, libres de capturer qui que ce soit et de le vendre aux boutres arabes et français, à condition de ne pas interférer avec les décisions de notre chef. »</p>
</blockquote>



<h3 class="wp-block-heading">L’implication de la sultane Haɗidja de Mbadjini</h3>



<p>Ces opérations ne furent pas limitées aux territoires d’Inya Fwambaya. Dans le Mbadjini, au sud, des personnes furent aussi enrôlées par la toute nouvelle sultane Haɗidja wa Mwinyi Mkuu, tante et alliée de Saïd Ali. Le témoignage du jeune Mlamali, originaire de cette zone, l’illustre. L’intronisation de Haɗidja, en lieu et place de Hashim, est d’ailleurs l’une des causes de la brouille entre Saïd Ali et son oncle<sup data-fn="72fd8206-a17b-49a5-a6f0-4384eb21d3ef" class="fn"><a id="72fd8206-a17b-49a5-a6f0-4384eb21d3ef-link" href="#72fd8206-a17b-49a5-a6f0-4384eb21d3ef">26</a></sup>. Hashim, tout en reconnaissant avoir agi de même, accusa sa grande sœur :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Haɗidja vend tous ceux qu’elle peut saisir, qu’ils soient esclaves ou libres. Pour ma part, je ne m’en suis pris qu’aux esclaves. Je ne dirai pas que je n’ai pris aucun homme libre, mais si c’était le cas, il s’agissait seulement de gens très pauvres. »</p>
</blockquote>



<p>Ces accusations ne sont pas le fruit d’une vengeance de Hashim. D’autres protagonistes confirment les agissements de la sultane. Mze bin Mfwahaya va dans le même sens :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Depuis que Saïd Hashim est parti, Saïd Ali et Ɓinti Haɗidja vendent tous ceux qu’ils peuvent attraper et qui sont aptes à travailler. Les Français venaient environ tous les mois ou toutes les trois semaines. Auparavant, ils ne venaient qu’à Mbadjini, mais maintenant ils viennent aussi à Mroni. Le boutre d’Awathi fait régulièrement du commerce avec Maore. »</p>
</blockquote>



<p>Abdallah bin Saïd Hamza, quant à lui, va beaucoup plus loin :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Mon pays est maintenant totalement ruiné, et presque tous, sauf les habitants des collines, ont soit été tués soit exportés par Saïd Ali et cette femme cruelle, Haɗidja. La plupart des personnes qui ont été embarquées sont passées par ici ; mais, en général, je n’ai rien pu faire pour eux. »</p>
</blockquote>



<h3 class="wp-block-heading">Trois témoignages de personnes libres mises en esclavage</h3>



<h5 class="wp-block-heading">Wamonɗoha, native de Ngazidja, 25 ans</h5>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:italic;font-weight:300">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Je suis une femme libre de Ntsudjini, près d’Itsandraya. Mon oncle, le frère de ma mère, vit à Zanzibar. Il se nomme Aɓuɗu Waɗi Saïd. Mes parents sont morts. Après la mort de Msafumu, tous les esclaves et de nombreuses personnes libres ont été capturés par les soldats anjouanais envoyés par le sultan Saïd Ali. Beaucoup furent emmenés par lui et envoyés au sultan Abdallah III [de Ndzuani], mais moi, j’ai été retenue avec plusieurs compagnes par les soldats, puis envoyée à la vente à Ndzuani.<br>Ɓweni Djumɓe<sup data-fn="11a573a5-7f02-465c-bbe0-ca475f30e969" class="fn"><a id="11a573a5-7f02-465c-bbe0-ca475f30e969-link" href="#11a573a5-7f02-465c-bbe0-ca475f30e969">27</a></sup> m’a achetée, et elle est très gentille et prévenante. Plusieurs jeunes filles de Ngazidja libres vivent dans la maison de son jeune fils. J’espère qu’elle me permettra d’aller à Zanzibar. J’ai une grande liberté, et je vais régulièrement rendre visite à mes amies qui ont été achetées par différentes personnes à Mtsamɗu. Je peux vous donner les noms de nombreuses filles appartenant à des familles bien connues d’Itsandraya.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li style="font-style:italic;font-weight:300">Mrenɗewa binti Jumɓauma, 16 ans — arrivée dans la dernière cargaison expédiée par Saïd Ali pour le harem du sultan. Elle est retenue dans la maison de Saïd Athumani<sup data-fn="b0f5c9bc-2fd9-42fc-a646-40adb5ce94c9" class="fn"><a id="b0f5c9bc-2fd9-42fc-a646-40adb5ce94c9-link" href="#b0f5c9bc-2fd9-42fc-a646-40adb5ce94c9">28</a></sup>, en attendant son bon plaisir. C’était une vieille amie à moi.</li>



<li style="font-style:italic;font-weight:300">Ringaria binti Karinkonɗo, 20 ans.</li>



<li style="font-style:italic;font-weight:300">Fatima binti Ɓurahimi, 16 ans, avec sa mère Mshe Amina [toutes les deux originaires de Mbadjini].</li>



<li style="font-style:italic;font-weight:300">Mariama binti Mɓaraka, 22 ans [originaire du Ɓamɓao].</li>
</ul>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Ceux qui suivent sont mes compagnons esclaves ici :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li style="font-style:italic;font-weight:300">Filles : Asha binti Idjaɓu, Mhinɗa binti Maruɓoa, Mwandziwa binti Kaleheza, Maliza binti Mshangama, Mbaga binti Hali et Trunɗa bint Hali, sœurs.</li>



<li style="font-style:italic;font-weight:300">Garçons : Ɗauɗu, Ibrahim, Mhoma, Isihaka.</li>
</ul>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Tous ceux-ci sont des esclaves de Ngazidja appartenant à Mɓafumu<sup data-fn="bf4c9883-294b-4ffb-af24-e9d722b39673" class="fn"><a id="bf4c9883-294b-4ffb-af24-e9d722b39673-link" href="#bf4c9883-294b-4ffb-af24-e9d722b39673">29</a></sup>, frère de Msafumu, originaire de Hamahame. Ils se trouvent dans la maison de Jamadar Mohamed Alawi, mais j’ignore s’ils sont destinés à la vente.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li style="font-style:italic;font-weight:300">Filles : Mumɗoa, Mwandziwa, Trunɗa binti Mgomri, Mkoa binti Minɗu.</li>



<li style="font-style:italic;font-weight:300">Garçons : Mderwaɓili, Saïd bin Mgomri, Kari bin Mgomri.</li>
</ul>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Ce sont des esclaves appartenant à Hadji Msa, vizir de Msafumu.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Autres esclaves appartenant à Fahamwe wa Athumani, veuve de Msafumu.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Tous ceux-là sont auprès du roi. Ils lui ont été envoyés par Saïd Ali en guise de paiement partiel de sa dette. Mderwaɓili se trouve cependant dans la maison de Salim bin Omar. Les autres, je pense, viennent d’être envoyés à Ɓamɓao<sup data-fn="c337ba61-3498-479e-a45e-6a7a1281bbae" class="fn"><a id="c337ba61-3498-479e-a45e-6a7a1281bbae-link" href="#c337ba61-3498-479e-a45e-6a7a1281bbae">30</a></sup>. Mwanɗauzi bin Yusuf, d’Itsandraya ; Sakarani, idem ; Kari, idem.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Je les ai connus comme esclaves de Amu Hadji. Ils sont maintenant dans la maison de Salim bin Othman, je crois pour le compte du roi. Aucun d’entre eux n’était véritablement esclave à Ngazidja, mais ils appartiennent à des familles de statut servile, qui ne peuvent se marier avec des familles libres. Le dhow d’Awathi est régulièrement employé à faire passer des esclaves à Maore, mais il fait souvent escale ici et en laisse quelques-uns au roi. Il est reparti la veille de votre arrivée. Ɓuku Hamaɗi est arrivé à bord ; il se trouve actuellement en ville. Il tente de régler les comptes de Saïd Ali avec le roi, mais ils ne parviennent pas à s’entendre. Le roi a fait de dix-sept filles de Ngazidja envoyées par Saïd Ali ses concubines. Il devient désormais très sélectif. <em>» </em></p>
</blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Mariama Hali [wa Ali], native de Ngazidja, 17 ans</h5>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>« </em>Je suis née à Hantsambu, près de Itsandraya. J’ai dix-sept ans. J’y ai vécu toute ma vie. Depuis trois ans, je vis seule avec ma mère, qui est veuve. Mon père, Fundi Ɓedja wa Halii, fabriquait du mobilier et des lampes traditionnels. Il est mort il y a quatre ans. Il était Liwali<sup data-fn="55e82bfc-3091-4859-9570-6f3c9ed25dce" class="fn"><a id="55e82bfc-3091-4859-9570-6f3c9ed25dce-link" href="#55e82bfc-3091-4859-9570-6f3c9ed25dce">31</a></sup> de Hantsambu sous Msafumu. Il possédait trois plantations, qui sont désormais entre les mains de ma mère. Elles m’appartiendront. Elles sont louées à des personnes libres qui paient leur loyer en nature.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Je suis fille unique. Le frère de ma mère, Mbeshezi, a vécu avec nous et s’est occupé de l’entreprise après la mort de mon père, mais il est parti à Zanzibar il y a trois ans avec Mwinyi Husein, qui avait épousé la sœur de ma mère.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Nous n’avons pas été très affectés par la guerre, car nous étions aisés et les habitants du village sont pêcheurs. Après la famine, la paix est revenue et je suis allée chaque jour à l’école du village, dirigée par Mwalimu Mbahua, une femme affiliée à la faction de Saïd Ali.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Un jour, alors qu’elle priait, les soldats anjouanais de Saïd Ali sont descendus sur le village et ont, sans avertissement, capturé toutes les filles de l’école. Ils nous ont conduites directement à l’embarcadère situé sous la maison de Saïd Ali à Mroni et nous ont fait monter à bord d’un boutre qui était à l’ancre. Ma mère, ainsi que les parents de plusieurs autres filles, ont suivi les soldats en pleurant. Ma mère les a suppliés de ne pas m’embarquer, car j’étais son unique enfant et elle était âgée. Mais le Jemadar Mohamed Alawi l’a repoussée en disant à ses hommes : « avec elles ».</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Nous étions une trentaine au total. On nous a mises à part, entre filles, et nous pleurions toutes. Lorsque nous avons quitté la côte, nous étions toutes très malades, au point que nous parlions à peine entre nous. Cette nuit-là, un coup de vent a soufflé et nous avons été entraînées en mer. Quelques jours plus tard, nous avons accosté à <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Mwali</a> sans nourriture ni eau.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Le nahodha<sup data-fn="7b5cd20c-0e2f-4b03-8405-dd0b0049ed6b" class="fn"><a id="7b5cd20c-0e2f-4b03-8405-dd0b0049ed6b-link" href="#7b5cd20c-0e2f-4b03-8405-dd0b0049ed6b">32</a></sup> Ɓakari, a fait débarquer les autres hommes pour aller acheter de la nourriture et chercher de l’eau. Nous l’avons entendu dire, en parlant de nous : « Ce ne sont que des enfants, elles auront peur de fuir dans cet endroit étrange. » Aussitôt qu’ils furent hors de vue, mes quatre compagnes et moi avons sauté par-dessus bord, avons pataugé jusqu’au rivage, puis couru à l’intérieur des terres jusqu’à ce que nous atteignions un bois.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Vers le soir, nous avons rencontré un homme qui nous a arrêtées et nous a demandé qui nous étions. Nous lui avons dit la vérité, et il a dit qu’il nous emmènerait chez un ami qui nous protégerait de toute reprise. Il nous a emmenées à Hoani et nous a confiées au sultan Abdallah<sup data-fn="e49d9b63-6bb8-4933-9eaa-a525a0c40be3" class="fn"><a id="e49d9b63-6bb8-4933-9eaa-a525a0c40be3-link" href="#e49d9b63-6bb8-4933-9eaa-a525a0c40be3">33</a></sup> [bin Hamza], qui vivait là en exil.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Quelques jours plus tard, l’une de mes compagnes est morte de la fièvre, et les deux autres travaillent pour se nourrir de l’autre côté de l’île, car le sultan Abdallah était trop pauvre pour les nourrir. J’étais trop faible pour faire des travaux agricoles ; la séparation d’avec ma mère m’avait rendue malade.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">J’étais à Mwali depuis environ quatre mois lorsque vous [Holmwood] êtes arrivé. Le sultan Abdallah n’aurait pas pu me garder plus longtemps, car entre-temps il avait sauvé certains des siens qui avaient été embarqués par Saïd Ali à bord d’un autre boutre ayant fait escale à Mwali.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Dès que j’ai débarqué à Zanzibar, j’ai reconnu sur la plage mon oncle Mwenyi Husein. Je souhaite aller vivre chez ma tante, mais je vous supplie d’écrire à ma mère et, si possible, de la faire venir à Zanzibar si elle vit encore. Elle avait dit qu’elle se rendrait à Mitsamihuli, où nous avons des parents<em>. »</em></p>
</blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Mlamali, natif de Ngazidja, 20 ans</h5>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>«</em> Je suis né à Mroni, mes deux parents étaient des personnes libres. Ils ont déménagé à Mbadjini, de l’autre côté de l’île, alors que j’étais encore très jeune. J’ai toujours vécu dans cette contrée. Sheikh Hashim<sup data-fn="76b87f02-a5e6-4b90-a34f-4237823cf551" class="fn"><a id="76b87f02-a5e6-4b90-a34f-4237823cf551-link" href="#76b87f02-a5e6-4b90-a34f-4237823cf551">34</a></sup> en est le chef depuis de nombreuses années. Son activité consistait à expédier les Makua lorsque les Français arrivaient. Les esclaves makua traversaient la montagne [Karthala] depuis Mroni. Aucun habitant de Ngazidja n’a jamais été vendu aux Français<sup data-fn="d1fd442d-2636-4424-87d7-5f056a8d540d" class="fn"><a id="d1fd442d-2636-4424-87d7-5f056a8d540d-link" href="#d1fd442d-2636-4424-87d7-5f056a8d540d">35</a></sup>. Il y a environ trois ans, le sultan Abdallah de Mroni<sup data-fn="328d9380-468a-44b9-aa12-cf53672bd51d" class="fn"><a id="328d9380-468a-44b9-aa12-cf53672bd51d-link" href="#328d9380-468a-44b9-aa12-cf53672bd51d">36</a></sup> a refusé d’envoyer d’autres esclaves à l’expédition ; Sheikh Hashim s’est alors querellé avec lui et a rejoint Saïd [sic] Ali à son arrivée dans le pays<sup data-fn="3e5366b3-e344-48c3-b6fb-c9adb6423a3d" class="fn"><a id="3e5366b3-e344-48c3-b6fb-c9adb6423a3d-link" href="#3e5366b3-e344-48c3-b6fb-c9adb6423a3d">37</a></sup>.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Après que Saïd Ali a tué Msafumu, Sheikh Hashim s’est mis à expédier des Wangazidja, qu’ils soient libres ou esclaves. J’ai entendu dire que Saïd Ali faisait de même avec tous ceux qu’il pouvait capturer. Beaucoup de Wangazidja saisis ainsi par Sheikh Hashim ont été vendus aux Français ; mais lorsqu’aucun Français n’était présent au port, ils étaient envoyés à Ndzuani. Plusieurs de mes amis ont été exportés de cette manière, principalement vers Maore.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">J’ai été enlevé avec quatre compagnons à la fin du dernier ramadan (août 1883). Ils ont été vendus à un Français arrivé à bord d’un grand dhow<sup data-fn="9903d014-bfb1-464c-978a-5600c160dc7a" class="fn"><a id="9903d014-bfb1-464c-978a-5600c160dc7a-link" href="#9903d014-bfb1-464c-978a-5600c160dc7a">38</a></sup> pour acheter des engagés. C’étaient des esclaves. J’ai été embarqué sur une ɓetela<sup data-fn="f7ed902b-11c8-48fd-8b4d-d47469e7f328" class="fn"><a id="f7ed902b-11c8-48fd-8b4d-d47469e7f328-link" href="#f7ed902b-11c8-48fd-8b4d-d47469e7f328">39</a></sup> battant pavillon anjouanais et emmené à Mwali, où je suis resté quatre jours. Il y avait de nombreux esclaves sur ce bateau. Nous avons tous été embarqués avec des cordes, qui furent ensuite coupées une fois à bord. Mes compagnons ont été vendus à Mwali, puis emmenés à Maore. Pour ma part, j’ai été acheté par un homme de Madagascar. Il m’a emmené à Ndzuani et m’a vendu à Ɓweni Djumɓe, la sœur du roi. Elle m’a envoyé travailler chez le docteur Wilson<sup data-fn="83fc4263-e39a-4ce3-8393-8360f54024af" class="fn"><a id="83fc4263-e39a-4ce3-8393-8360f54024af-link" href="#83fc4263-e39a-4ce3-8393-8360f54024af">40</a></sup>. Elle avait acquis quatre autres Wangazidja nouvellement arrivés, que j’avais déjà aperçus dans notre pays.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Le jeune fils de Ɓweni Djumɓe possédait plusieurs jeunes filles de Ngazidja que sa mère lui avait achetées comme concubines. Durant les trois mois où j’ai travaillé à Ndzuani, j’ai été traité avec beaucoup de bonté, mes compagnons et moi avons eu autant de nourriture que nous pouvions en manger, ainsi que de bons vêtements. Je souhaite retourner au domaine du docteur Wilson dès que possible ; il m’a promis de m’employer à nouveau lorsque je reviendrai avec un certificat de liberté. Je connais un grand nombre d’esclaves de Ngazidja à Ndzuani, surtout sur le domaine royal ; beaucoup d’entre eux étaient des gens libres, envoyés récemment par Saïd Ali.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300">Chaque jour, des gens passent sur notre domaine avec de jeunes enfants de Ngazidja à vendre ; ils ont du mal à les écouler en raison des rumeurs concernant le nouveau traité. Le docteur Wilson l’a expliqué à ses gens, mais les Anjouanais affirment qu’il n’y aura aucun changement. Le roi a envoyé quarante hommes libres de la brousse comme engagés à Maore ; depuis, de nombreux hommes de la brousse sont descendus des collines pour demander protection au docteur Wilson. Il leur a donné du travail, et lorsque le roi a envoyé des policiers pour les faire partir, il les a chassés de son domaine. Lorsque le Tourmaline a jeté l’ancre à Mwali, j’ai reconnu le dhow dans lequel j’avais été embarqué à Mbadjini. Il était au mouillage dans le port <em>»</em>.</p>
</blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>



<li>Slavery, antislavery, political rivalry and regional networks in East African waters, 1877-1883, <em>Edward A. Alpers (2015)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e7aae1c7-68cc-45c9-aba0-6951d944c62d"><em>Le mot « esclavage » se dit localement « Urumwa » ou « Utrwana ». L’esclave est désigné par « Mrumwa » (pl. Warumwa) ou « Mtrwana » (pl. Watrwana). S’il s’agit d’une femme, on dit « Mdjahazi »</em> <a href="#e7aae1c7-68cc-45c9-aba0-6951d944c62d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9c6e6893-17c5-433f-9e98-ab164e01fee8"><em>Lire la thèse d&rsquo;Ibouroi Ali Tabibou « Des esclaves makua et de leurs descendants aux Comores (2014) » qui s’est déclinée en livres (2 tomes) disponibles aux Éditions Cœlacanthe (2017). Ainsi que « Esclavage et commensalité à Ngazidja, Comores » de Sophie Blanchy (2005).</em> <a href="#9c6e6893-17c5-433f-9e98-ab164e01fee8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="724001f1-b309-4f6e-a725-a61676a1093a"><em>Par « étranger », les Wangazidja désignaient ceux que l’on appelait Mrima — terme neutre désignant les personnes venues de la côte est-africaine — ou Mshendzi, terme plus péjoratif, renvoyant à un esclave africain non acclimaté aux Comores, ne parlant que sa propre langue et ne pratiquant pas l’islam.</em> <a href="#724001f1-b309-4f6e-a725-a61676a1093a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="debabf4d-a510-4999-b3e5-502fe160cbad"><em>Cette catégorie de personnes descendants d&rsquo;esclaves nés sur l&rsquo;île est désignée par le mot « Wadzalia » (sing. Mdzalia).</em> <a href="#debabf4d-a510-4999-b3e5-502fe160cbad-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bab17cc4-3388-4eae-b74d-e66dc20a6154"><em>On désigne la femme esclave libérée par le mot « Mahuria ».</em> <a href="#bab17cc4-3388-4eae-b74d-e66dc20a6154-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="27f6e324-8b6a-4479-8441-3a55b2211695"><em>Waungwana en shKomori (sing. Mungwana).</em> <a href="#27f6e324-8b6a-4479-8441-3a55b2211695-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8442960b-2c19-4481-8e52-4f59997f7eae"><em>À l’issue d’une vente problématique et sujette à controverse, la France coloniale fit son entrée dans l’archipel par le biais de Maore.</em> <a href="#8442960b-2c19-4481-8e52-4f59997f7eae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="735a2934-5119-46df-915d-318e7dc777b4"><em>La première Nkoɗo nkuu avait opposé les sultans Fumɓavu wa Fefumu (Inya Fwamɓaya) et Ahmed wa Said Ali wa Swaleh dit Mwinyi Mkuu (Inya Matswa Pirusa). </em> <a href="#735a2934-5119-46df-915d-318e7dc777b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8baf420c-ce7b-4cfc-aa2b-a316454fc0d0"><em>Sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#8baf420c-ce7b-4cfc-aa2b-a316454fc0d0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cfddc29d-485a-4a39-87f6-8fb072b6300d"><em>Prétendant au titre de sultan du Ɓamɓao et indirectement au titre de Ntiɓe. </em> <a href="#cfddc29d-485a-4a39-87f6-8fb072b6300d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="31288332-c79a-43a4-9ef5-57dc800cb5e4"><em>Des témoignages évoquent un étranglement dans sa cellule survenu quelques jours après une tentative d&#8217;empoisonnement.</em> <a href="#31288332-c79a-43a4-9ef5-57dc800cb5e4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6c6d12b8-4fc4-4815-804d-6b4cc2500614"><em>Le roi suprême, ou Ntiɓe de Ngazidja, détient la prérogative essentielle d’introniser tous les sultans de l’île, aussi bien dans les territoires relevant de son propre <em>Inya</em> que dans les autres. Ce titre n’est pas héréditaire. Il s’obtient, selon l’adage, « à l’épée ».</em> <a href="#6c6d12b8-4fc4-4815-804d-6b4cc2500614-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bc97eb7c-5770-4e8e-83cb-c4b968a37b16"><em>Ɓaiɗi, quartier de Mroni.</em> <a href="#bc97eb7c-5770-4e8e-83cb-c4b968a37b16-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a756375-811e-4698-8cc0-6712d232d523"><em>Ces chiffres sont avancés par Mshangama bin Mwalimu, officier ayant servi les deux camps.</em> <a href="#2a756375-811e-4698-8cc0-6712d232d523-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7be4c800-2720-40e5-a20e-f5890b825e41"><em>Abdallah bin Salim dit Mawana.</em> <a href="#7be4c800-2720-40e5-a20e-f5890b825e41-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7958e020-f056-42fc-b30f-08d5f3940880"><em>Le nau est une rétribution qui est donnée à un sultan, par un allié auquel il a apporté une aide décisive dans une guerre. </em> <a href="#7958e020-f056-42fc-b30f-08d5f3940880-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a5d79898-986f-4c32-9082-4322d6f791cc"><em>Ancien sultan du Ɓamɓao, il est de la même famille que Saïd Ali. Après la mort de Msafumu, il s&rsquo;est exilé à Mwali auprès de Sultan Abdurahmane bin Saïd Hamaɗi.</em> <a href="#a5d79898-986f-4c32-9082-4322d6f791cc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8cb3a7dd-a5a6-4006-8709-b1db5a9cbf3c"><em>Tout comme Abdallah bin Saïd Hamza, Hashim est aussi en exile à Mwali au moment où il rencontre Holmwoold.</em> <a href="#8cb3a7dd-a5a6-4006-8709-b1db5a9cbf3c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="43fb66db-81dc-42aa-937c-d87623547647"><em>En shiNgazidja ancien, Kori désigne roi, sultan.</em> <a href="#43fb66db-81dc-42aa-937c-d87623547647-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="38273a6d-c590-44fc-a13d-4bb2bb269d51"><em>Chef-lieu de la principauté d&rsquo;Itsandraya, fief de Sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu.</em> <a href="#38273a6d-c590-44fc-a13d-4bb2bb269d51-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6da8ae4f-ca88-4a43-880c-9bf096336dba"><em>Twaâ, l&rsquo;obéissance en vers les parents, de bonne éducation.</em> <a href="#6da8ae4f-ca88-4a43-880c-9bf096336dba-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b43bf762-e877-4023-98a4-edfdbddb416d"><em>Il portait Ntiɓe comme prénom et non comme titre. Bien qu’étant cousin de Msafumu, il fut partisan de Saïd Ali, et lorsque ce dernier remporta la guerre, il l’intronisa sultan d’Itsandraya. Il avait déjà occupé ce titre à deux reprises, de manière éphémère, quelques années auparavant.</em> <a href="#b43bf762-e877-4023-98a4-edfdbddb416d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="45a92195-82a1-4d96-8646-0a8f5508d212"><em>Suria en shikomori. Mot d&rsquo;origine arabe.</em> <a href="#45a92195-82a1-4d96-8646-0a8f5508d212-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9d7cbe9c-8b1b-414a-a54d-f1b00fee7bec"><em>L&rsquo;on pense que son véritable est Ɓunu wa Hamaɗi.</em> <a href="#9d7cbe9c-8b1b-414a-a54d-f1b00fee7bec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="45336222-3002-4408-afe7-82461d9c7bff"><em>Mshangama bin Mwalimu cite par exemple Hamanvu Mbwani, Ngole, Nɗuɓweni, Mɓaleni et Igadjuu. </em> <a href="#45336222-3002-4408-afe7-82461d9c7bff-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="72fd8206-a17b-49a5-a6f0-4384eb21d3ef"><em>D’après Hashim, Saïd Ali voulait qu’il devienne sultan de Mitsamihuli, une principauté située au nord de l’île, et qu’il cède sa propre place à Haɗidja.</em> <a href="#72fd8206-a17b-49a5-a6f0-4384eb21d3ef-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="11a573a5-7f02-465c-bbe0-ca475f30e969"><em>Masha Halima, demi-sœur de sultan Abdallah III. Elle résidait à Ɗomoni.</em> <a href="#11a573a5-7f02-465c-bbe0-ca475f30e969-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b0f5c9bc-2fd9-42fc-a646-40adb5ce94c9"><em>Saïd Athumani bin Salim, frère de Sultan Abdallah III. Il est aussi son Aide-de-camp.</em> <a href="#b0f5c9bc-2fd9-42fc-a646-40adb5ce94c9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bf4c9883-294b-4ffb-af24-e9d722b39673"><em>Mɓafumu wa Ɓwana Hadji, un oncle maternel de Msafumu wa Fefumu</em>. <a href="#bf4c9883-294b-4ffb-af24-e9d722b39673-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c337ba61-3498-479e-a45e-6a7a1281bbae"><em>La plantation de <em>Ɓamɓao</em> Mtsanga où se trouve le tout nouveau palais de sultan Abdallah III</em>. <a href="#c337ba61-3498-479e-a45e-6a7a1281bbae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="55e82bfc-3091-4859-9570-6f3c9ed25dce"><em>Gouverneur, chef d&rsquo;une d&rsquo;une ville ou zone précise sous l&rsquo;autorité du sultan.</em> <a href="#55e82bfc-3091-4859-9570-6f3c9ed25dce-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7b5cd20c-0e2f-4b03-8405-dd0b0049ed6b"><em>Nahuza, capitaine.</em> <a href="#7b5cd20c-0e2f-4b03-8405-dd0b0049ed6b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 32"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e49d9b63-6bb8-4933-9eaa-a525a0c40be3"><em>Ancien sultan du Ɓamɓao renversé par Saïd Ali.</em> <a href="#e49d9b63-6bb8-4933-9eaa-a525a0c40be3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 33"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="76b87f02-a5e6-4b90-a34f-4237823cf551"><em>Hashim wa Mwinyi Mkuu, Sultan du Mbadjini.</em> <a href="#76b87f02-a5e6-4b90-a34f-4237823cf551-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 34"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d1fd442d-2636-4424-87d7-5f056a8d540d"><em>Il veut dire par là qu’aucune personne libre originaire de Ngazidja n’avait auparavant été vendue aux Français en tant qu’« engagé ».</em> <a href="#d1fd442d-2636-4424-87d7-5f056a8d540d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 35"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="328d9380-468a-44b9-aa12-cf53672bd51d"><em>Sultan Abdallah wa Saïd Hamza</em>. <a href="#328d9380-468a-44b9-aa12-cf53672bd51d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 36"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3e5366b3-e344-48c3-b6fb-c9adb6423a3d"><em>Né à Mroni vers 1852, Saïd Ali ne grandit pas à Ngazidja. Il rejoignit son père, Saïd Omar, à Maore, à l’âge de dix ans. Ce n’est qu’en 1878 qu’il revint sur l’île.</em> <a href="#3e5366b3-e344-48c3-b6fb-c9adb6423a3d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 37"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9903d014-bfb1-464c-978a-5600c160dc7a"><em>Djahazi, boutre traditionnel d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est.</em> <a href="#9903d014-bfb1-464c-978a-5600c160dc7a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 38"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f7ed902b-11c8-48fd-8b4d-d47469e7f328"><em>Une autre type de boutre traditionnelle.</em> <a href="#f7ed902b-11c8-48fd-8b4d-d47469e7f328-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 39"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="83fc4263-e39a-4ce3-8393-8360f54024af"><em>Benjamin Franklin Wilson, médecin américain ayant une concession à Patsi.</em>  <a href="#83fc4263-e39a-4ce3-8393-8360f54024af-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 40"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


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