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	<title>Ndzuani Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<title>Ndzuani Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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		<title>Échec des abolitions : témoignage du général Abderahman bin Omar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 07:40:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abderahman bin Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Earl Granville]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Barrett Miles]]></category>
		<category><![CDATA[Scott J. B. Willcox]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La prolifération des actes et traités d’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle<sup data-fn="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517" class="fn"><a href="#21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517" id="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517-link">1</a></sup>, reflète les difficultés considérables rencontrées dans leur application. Tantôt, d’un côté, une volonté assumée de ne pas appliquer ces dispositions ou de les détourner vers d’autres formes de traite — <a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">comme ce fut le cas à Maore</a>, où l’ordonnance d’abolition promulguée par les autorités coloniales françaises donna lieu à des pratiques ambiguës<sup data-fn="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0" class="fn"><a href="#d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0" id="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0-link">2</a></sup> —, tantôt, de l’autre, des sultans peu enclins à respecter les engagements qu’ils avaient eux-mêmes souscrits<sup data-fn="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38" class="fn"><a href="#325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38" id="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38-link">3</a></sup>. À cela s’ajoutaient les obstacles liés aux oppositions internes au sein même de l’aristocratie comorienne.</p>



<p>C’est précisément ce dernier aspect qui retient ici notre attention. Après la signature du <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">traité anglo-anjouanais du 10 octobre 1882</a>, le deuxième du genre pour l’île, une rébellion éclata presque aussitôt contre le sultan Abdallah bin Salim [Abdallah III]. Cette insurrection s’inscrivait notamment dans un contexte de refus d’appliquer les dispositions du traité par une partie de l’élite locale.</p>



<p>Nous présentons ici le témoignage clé d’un homme qui fut témoin direct de ces événements et qui livra son analyse des raisons de cet échec. Il s’agit du général Abderahman bin Omar, petit-fils du sultan Alawi bin Husein et proche du sultan Abdallah III. Il fut notamment le commandant du contingent anjouanais envoyé à Ngazidja pour prêter main-forte au sultan Saïd Ali wa Saïd Omar dans sa guerre<sup data-fn="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1" class="fn"><a href="#0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1" id="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1-link">4</a></sup>. Cet engagement militaire ne fit d’ailleurs pas non plus l’unanimité à Mtsamɗu.</p>



<p>Ce témoignage d’Abderahman bin Omar fut recueilli lors d’une entrevue avec le consul britannique Frederic Holmwood, en novembre 1883. Toutefois, avant d’y venir, il nous a semblé utile de présenter un extrait d’une lettre de l’Anglais Samuel Barrett Miles, alors en poste à Zanzibar, adressée à Granville George Leveson, comte Granville et secrétaire aux Affaires étrangères. Celle-ci relate les faits rapportés par le commandant britannique <a href="https://beshelea.com/americain-famille-ndzuani-1883/">Scott J. B. Willcox</a>, qui se trouvait à Ndzuani au moment de la rébellion.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mise en contexte avec un extrait d’une lettre du Lieutenant-Colonel Miles à l’Earl Granville</h4>



<p class="has-text-align-right"><em>Zanzibar, 15 décembre 1882</em></p>



<p>« Depuis l’envoi de ma lettre du 18 novembre dernier, transmettant le rapport de M. Holmwood sur les îles Comores, d’importantes nouvelles ont été reçues par divers canaux, tant de Ndzuani que de Ngazidja. Le navire de Sa Majesté <em>Harrier</em> est arrivé hier, après avoir quitté Ndzuani le 6 du courant, dans le but de présenter devant la Cour de l’Amirauté ici le cas d’une goélette britannique appartenant aux Seychelles que le capitaine Willcox avait saisie pour trafic d’esclaves entre Ndzuani et l’île française de Glorioso, laquelle, si j’ai bien compris, a été louée pour plusieurs années à un créole des Seychelles.</p>



<p>Lorsque le <em>Harrier</em> atteignit Ndzuani, deux des frères du roi étaient en rébellion<sup data-fn="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e" class="fn"><a href="#f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e" id="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e-link">5</a></sup> ouverte contre lui et avaient pris Mtsamɗu, la capitale, dont les habitants étaient déjà enclins à causer des troubles en raison du nouveau traité au moment du départ de M. Holmwood. Le roi écrivit au capitaine Willcox pour lui déclarer que sa vie était en danger et demander assistance, laquelle lui avait été promise au cas où son autorité serait menacée en raison des concessions assez étendues qu’il nous avait accordées dans la nouvelle convention.</p>



<p>Les instructions que le capitaine Willcox avait reçues de l’officier naval supérieur ici présent l’empêchèrent d’accéder à la demande du roi, et il ne put que lui offrir un asile à bord de son navire. Finalement, un certain nombre de sujets locaux se rallièrent au roi et l’un des frères fut amené à revenir à son allégeance. Le roi réoccupa alors la capitale, tandis que son frère, le prince Muhammad, se retira dans une ville reculée où il demeure à présent.</p>



<p>Il est probable que, si Son Altesse n’avait pas renvoyé ses soldats hors de l&rsquo;île, il aurait encouru peu ou point de danger de cette rébellion, et son intervention dans les affaires de Ngazidja a ainsi amené son propre châtiment. Je ne doute pas que la présence de l’un de nos navires à Ndzuani empêchera toute violence effective d’être exercée contre le roi, dont l’alarme est grandement aggravée par sa cécité et l’impuissance qui en résulte<sup data-fn="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95" class="fn"><a href="#8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95" id="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95-link">6</a></sup> ; et la perte financière due à l’arrêt de sa sucrerie, bien que très sérieuse, pourra servir de leçon utile pour l’avenir. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Déclaration du général Abderahman bin Omar lors d&rsquo;un entretien avec Holmwood</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Ndzuani, novembre 1883</em></p>



<p>« La position du Roi est des plus difficiles. N’eût été la crainte que son moulin à sucre<sup data-fn="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971" class="fn"><a href="#10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971" id="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971-link">7</a></sup> puisse, à tout moment, être détruit par un navire de guerre, ou qu’on puisse exiger de lui le versement d’une indemnité, il se serait depuis longtemps entièrement rangé à l’opinion populaire. En l’état, je ne puis dire qu’il ait accompli beaucoup, bien qu’il ait honnêtement tenté de mettre en œuvre le nouveau Traité en ce qui concerne ses sujets. Il donna l’ordre au cheikh Muhammad de procéder à l’enregistrement, mais les propriétaires d’esclaves refusèrent unanimement ; et comme ils savaient que le Roi lui-même n’avait fait qu’une vaine apparence d’enregistrer ses propres esclaves, il dut renoncer.</p>



<p>Par la suite, il fit saisir plusieurs esclaves qui avaient été vendus ou transférés en violation du Traité, et infligea des amendes aux propriétaires. Cela provoqua une rébellion, et sans le retour d’un certain nombre des meilleurs soldats du Roi, rapportant à ce moment-là un abondant butin<sup data-fn="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff" class="fn"><a href="#5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff" id="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff-link">8</a></sup> de Ngazidja, la situation aurait fort mal tourné pour Son Altesse. Quoi qu’il en soit, l’un des soldats envoyés pour empêcher l’entrée du prince Muhammad à Mtsamɗu fut abattu, et personne ne fut puni pour cet acte.</p>



<p>Le Roi se rendit alors dans la capitale et fit la paix avec la population. Il promit de ne plus prendre aucune mesure pour imposer le Traité, affirmant avoir reçu de Zanzibar la nouvelle que j’avais été rappelé en Angleterre avec disgrâce pour avoir conclu ce Traité, lequel n’aurait été qu’une erreur, et qu’il s’écoulerait des années avant qu’ils ne revoient un consul anglais. Les Anciens lui déclarèrent qu’il pouvait dire ce qu’il voulait, mais qu’il ne devait plus s’engager à signer quoi que ce soit, sans quoi ils le déposeraient ; et s’il se montrait trop puissant pour eux, ils pourraient à tout moment faire appel aux Français.</p>



<p>Je crois être la seule personne dans le pays à croire réellement que les Anglais feront jamais autre chose que proférer des menaces ; mais j’ai passé toute ma vie parmi des officiers britanniques. Il ne fait toutefois aucun doute que votre réapparition a suscité de grands doutes, et que l’île entière est en état d’alerte depuis qu’il est su que vous vous trouviez à bord du « Tourmaline ».</p>



<p>Le Roi ne sera pas en mesure d’imposer le Traité, et je lui conseillerai fermement de ne plus prétendre qu’il en est capable. Les habitants de la ville résisteront à coup sûr, et la rébellion s’étendrait à tout le pays. Depuis six mois, de nouveaux fusils Chassepot arrivent de Maore, accompagnés d’un important approvisionnement en munitions, et il n’est guère de maison où une telle arme ne soit dissimulée.</p>



<p>Le Roi, toutefois, craint les Français tout autant que son propre peuple, car ils lui ont montré qu’ils étaient prêts à tirer parti de la moindre ouverture qu’il pourrait leur offrir ; et même le prince Muhammad les préférerait au Traité.</p>



<p>Le Roi a encore près de 8 000 livres sterling à rembourser au titre de sa machinerie sucrière. Le coût initial, intérêts et assurance compris, s’élevait à 16 000 livres. Il doit déjà avoir versé cette somme, mais l’intérêt composé tous les six mois a lourdement alourdi la dette. Houdlette et Cie, de Maurice, ainsi que l’Oriental Bank, lui ont avancé l’équipement ; ils ont leurs propres agents pour produire le sucre et le surveiller, mais Son Altesse est fort habile.</p>



<p>Bien entendu, je sais à peu près ce qui s’est passé depuis votre départ, et je suis certain, d’après vos propos, que vous avez été bien informé ; toutefois, je ne dois pas m’étendre sur de tels sujets. La seule manière dont je puisse conseiller le Roi, même indirectement, est d’agir sur sa crainte du mécontentement anglais. Il répond toujours : « Vous savez bien qu’ils n’emploieront jamais la force, et leurs paroles ne nous inquiètent pas » — et que puis-je répliquer ? En vérité, il a de bonnes raisons de parler ainsi.</p>



<p>J’admets avoir acheté des esclaves récemment. Il est exact que les deux jeunes filles que vous avez vues dans ma maison venaient de Ngazidja ; mais il n’est pas une personne aisée dans cette île qui n’ait tiré profit de l’affaire de Ngazidja. Il est facile au prince Muhammad et à Othman de dire que Son Altesse a été fort imprudente de s’immiscer dans les affaires de Ngazidja et de Saïd Ali ; cela est peut-être vrai, mais tous deux auraient agi de même s’ils s’étaient trouvés à sa place. Il fut soumis à de grandes tentations, et il a du moins pour excuse d’avoir été vivement conseillé par les Français. À présent, il voit peut-être qu’ils se servent de lui pour accomplir leur sale besogne ; mais il a pris grand soin d’en être dûment rémunéré. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>



<li>British and Foreign State Papers 1882-1883, Vol. LXXIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1890)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517"><em>Il y eut, au total, entre 1844 et 1904, onze actes, ordonnances et traités visant officiellement à abolir l’esclavage dans l’archipel des Comores.</em> <a href="#21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0"><em>Dans les faits, cette abolition ne fut souvent qu’une façade. Par la même ordonnance censée supprimer l’esclavage, la France mit en place un système d’engagisme qui, en réalité, constituait une continuité à peine voilée de la traite.</em> <a href="#d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38"><em>Parmi les sultans signataires de ces actes, la plupart étaient eux-mêmes, à l’instar d’Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh (Mwinyi Mkuu) de Ngazidja, de grands esclavagistes et n’envisageaient nullement d’abandonner une pratique qui leur procurait d’importants revenus.</em> <a href="#325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1"><em>La seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e"><em>L’instigateur de cette insurrection est le prince Muhammad, épaulé par le prince Othman.</em> <a href="#f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95"><em>Atteint de cataracte, le sultan Abdallah bin Salim avait complètement perdu la vue vers 1876-1877. Il ne la recouvra qu’à la suite d’un voyage à Maurice. Le 18 mars 1879, il y fut opéré par le docteur O. Beaugeard, assisté de ses confrères Vitry, Roger, Pouget et Sakir, précise un article du journal <em>La Sentinelle de Maurice</em> publié la même année. Mais, à son retour à Ndzuani, il perdit de nouveau la vue quelques années plus tard, n’ayant pas observé les prescriptions que le médecin mauricien lui avait recommandées, affirme Saïd Ahmed Zaki dans sa chronique de 1927.</em> <a href="#8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971"><em>Se trouvant dans son domaine de Ɓamɓao Mtsanga. </em> <a href="#10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff"><em>Le butin en question était constitué à la fois d’esclaves et de sommes d’argent que le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja devait au sultan Abdallah bin Salim, en contrepartie de l’aide militaire et des vivres que ce dernier lui avait fournis dans sa guerre.</em> <a href="#5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Lettre d&#8217;Alawi Mtiti à l&#8217;Américain Aaron H. Palmer (mars 1837)</title>
		<link>https://beshelea.com/alawi-mtiti-aaron-palmer/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 16:55:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Aaron H. Palmer]]></category>
		<category><![CDATA[Alawi bin Abdallah bin Alawi]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis d'Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Devenu sultan de Ndzuani en 1836, à tout juste dix-sept ou dix-neuf ans, dans des circonstances tragiques — après la mort en détention, en avril de la même année à Mwali, de son père et de deux de ses oncles paternels1 — Alawi bin Abdallah, dit Alawi Mtiti2, hérite d’un pouvoir profondément instable. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Devenu sultan de Ndzuani en 1836, à tout juste dix-sept ou dix-neuf ans, dans des circonstances tragiques — après la mort en détention, en avril de la même année à Mwali, de son père et de deux de ses oncles paternels<sup data-fn="c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819" class="fn"><a id="c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819-link" href="#c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819">1</a></sup> — Alawi bin Abdallah, dit Alawi Mtiti<sup data-fn="209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb" class="fn"><a id="209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb-link" href="#209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb">2</a></sup>, hérite d’un pouvoir profondément instable. À peine intronisé, il entend reprendre, dès le mois de novembre, le conflit engagé par son père, le sultan Abdallah bin Alawi (Abdallah II), contre <a href="https://beshelea.com/said-hamadi-nasser-mwali/">Ramanetaka</a><sup data-fn="805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6" class="fn"><a id="805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6-link" href="#805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6">3</a></sup>, sultan de Mwali.</em> <em>Mais ce projet est rapidement contrarié : dès le début de 1837, il fait face à une rébellion conduite par plusieurs de ses oncles paternels, au premier rang desquels Hasan, futur sultan Salim II<sup data-fn="179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6" class="fn"><a id="179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6-link" href="#179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6">4</a></sup>.</em></p>



<p><em>Au-delà de ces dissensions interfamiliales, Alawi Mtiti n’ignorait pas que l’île devait impérativement renouer avec le commerce des nations étrangères, pilier essentiel de son économie. C’est ainsi que, parallèlement à la <a href="https://beshelea.com/justice-affaire-comores-londres-1670/">relation privilégiée</a> entretenue par le sultanat de Ndzuani avec les Britanniques, il tenta de jeter, en mars 1837, les bases d’un partenariat comparable avec les États-Unis d’Amérique, par l’entremise d’un commerçant new-yorkais du nom d’Aaron H. Palmer. Il l’invita également à dépêcher un représentant résident sur l’île, afin de consolider et de pérenniser cette relation naissante.</em></p>



<p class="has-text-align-right">« À la cité américaine de New-York :<br>Pour le bien-aimé Cheikh Aaron H. Palmer, n° 49, Wall Street.<br>Qu’Allah soit son guide ! Amen ! Badooh !</p>



<p>Par la grâce du Très-Haut,</p>



<p>Au très cher, au très glorieux, au très généreux Cheikh Aaron H. Palmer, l’honoré, l’exalté, le magnifique, le comblé.<br>Qu’Allah, le Très-Haut, soit son guide ! Amen !</p>



<p>À présent, après t’avoir offert l’honneur et la protection de la cité de Ndzuani et de ses habitants, voici ce que je t’adresse :</p>



<p>Ta noble lettre est arrivée et nous l’avons lue. Ton ami en a bien compris le contenu. Qu’Allah te récompense abondamment ! Tu dis dans ta lettre que tu désires commercer — vendre et acheter — dans notre pays, et que tu souhaites entretenir avec nous des relations d’amitié. Sois le bienvenu. Nous te remercions et acceptons ton offre. Tu nous dis aussi de t’informer de tout ce dont nous aurions besoin de ta part.</p>



<p>De nouveau, nous te remercions et t’informons que tu peux nous envoyer un représentant de ta maison qui résidera dans le pays de Ndzuani. Ainsi, tes affaires pourront s’y établir pleinement. Un bazar des marchands et tout ce qu’il faut dans le pays sera préparé de notre côté, s’il plaît à Dieu. Tout ce qui sera demandé dans ces contrées sera payé comptant à la livraison. Moi et tout le peuple de Ndzuani te demandons de nous unir aux peuples américains par l’amitié et la bonne entente, comme nous le sommes avec les Anglais, et nous vous servirons tous comme nous les servons.</p>



<p>Nous éprouvons désormais un grand désir de nous rapprocher des peuples américains. Dis-leur de nous envoyer leurs lettres, ou bien un navire de guerre en leur nom, et nous nous lierons à eux par un traité solennel. Ce que nous désirons et demandons de toi à présent, ce sont des lettres scellées de recommandation, pour notre assurance. Et afin que tu saches que cette lettre vient bien de nous, nous l’avons marquée de notre sceau.</p>



<p>Nous te prions de nous envoyer toutes sortes de tissus de lin et de cotonnades, blanches et brunes, des étoffes à fines rayures, toutes sortes de draps de laine, dix lits et soixante chaises, toutes sortes d’objets en verre, des lampes grandes et petites — certaines pour poser sur la table — ainsi que de beaux mouchoirs de soie. Voilà ce que nous t’écrivons. À présent, que salutations et prospérité soient avec toi à jamais !</p>



<p>Daté du 10e jour du mois de dhu al-hijjah, 1252<br><em>(correspondant environ au 16 mars 1837)</em><sup data-fn="3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa" class="fn"><a id="3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa-link" href="#3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa">5</a></sup>.</p>



<p>De ton ami, le <strong>Sultan ALAWI</strong><sup data-fn="7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057" class="fn"><a id="7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057-link" href="#7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057">6</a></sup>, fils du Sultan, Abdallah bin Alawi, Al Shirazi. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Dashes at life with a free pencil : The American short story series, Volume 30,&nbsp;<em>Burgess (Stringer &amp; Co., 1845) / Nathaniel P. Willis (1969)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819"><em>Le sultan de Ndzuani, Abdallah bin Alawi, ses frères Husein et Ali, l’ancien sultan de Maore Ɓwana Kombo bin Ahamadi, ainsi que neuf officiers waNdzuani, malmenés en mer par une violente tempête et pensant bénéficier d’une trêve, mirent pied à terre à Fumɓoni. À leur grande surprise, ils furent capturés par les hommes de Ramanetaka et moururent dans les prisons de ce dernier. Certains, dont Abdallah II, auraient été laissés mourir de faim.</em> <a href="#c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb"><em>Alawi Mtiti (Alawi le Jeune), également connu sous le nom de sultan Alawi II</em>. <a href="#209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6"><em>Un Malgache, converti à l’islam et connu sous le nom de sultan Abdurahman, est par ailleurs le père de la sultane Djumɓe Fatima.</em> <a href="#805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6"><em>Hasan bin Alawi devenu Salim, un des frères d&rsquo;Abdallah II. le conflit se prolongea durant quatre années et prit fin le 25 octobre 1840 avec l’exil du jeune sultan Alawi II et de ses conseillers, parmi lesquels figurait son grand-oncle, le vizir Saïd Hamza.</em> <a href="#179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa"><em>La note relative à la correspondance avec le calendrier grégorien, avançant la date au 16 mars, a été ajoutée par le traducteur américain. Toutefois, la date exacte devrait correspondre au 20 mars 1837.</em> <a href="#3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057"><em>Il est enfin à noter que le traducteur américain de la lettre commit une erreur en traduisant littéralement, depuis l’arabe, le nom « Alawi » par « Sublime ». Cette traduction fautive donna la formule suivante : <em>“the Sooltan the sublime, son of the Sooltan, Abdallah the sublime”</em> (« le Sultan le sublime, fils du Sultan, Abdallah le sublime »).</em> <a href="#7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Engagement d&#8217;Abdallah III concernant la protection des immigrants</title>
		<link>https://beshelea.com/engagement-protection-immigrants/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 22:02:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte — Dans le souci de consolider ses relations avec les Britanniques, le sultan Abdallah bin Salim multiplie, depuis son accession au pouvoir à Ndzuani1, les gestes d’ouverture. Des intérêts britanniques sont d’ailleurs déjà présents sur l’île, à l’exemple des concessions sucrières accordées à l’ancien consul résident William Sunley.2 Dans une lettre adressée à Sir [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte</strong> — Dans le souci de consolider ses relations avec les Britanniques, le sultan Abdallah bin Salim multiplie, depuis son accession au pouvoir à Ndzuani</em><sup data-fn="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462" class="fn"><a id="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462-link" href="#3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462">1</a></sup><em>, les gestes d’ouverture. Des intérêts britanniques sont d’ailleurs déjà présents sur l’île, à l’exemple des concessions sucrières accordées à l’ancien consul résident William Sunley.</em><sup data-fn="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc" class="fn"><a id="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc-link" href="#778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc">2</a></sup><em> Dans une lettre adressée à Sir Bartle Frere, le souverain s’engage à accorder sa protection aux immigrants susceptibles de se trouver sur l’île de Ndzuani.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Ndzuani, le 8 mars 1873</em></p>



<p>« Monsieur,</p>



<p>J’ai l’honneur d’informer Votre Excellence que, à compter de ce jour, je m’engage à assurer à tous les immigrants dans cette île de Ndzuani les droits et privilèges des natifs libres de Ndzuani. Je m’engage en particulier à protéger toute personne qui serait secourue de l’esclavage par les bâtiments de la Marine de Sa Majesté Britannique, et qui serait autorisée, par ordre du Gouvernement de Sa Majesté, à résider dans cette île.</p>



<p>J’ai l’honneur d’être, etc. »<br><strong>SULTAN ABDALLAH</strong></p>



<p>À<br><strong>Sir Bartle Frere, G.C.S.I., K.C.B., etc.</strong><br>En mission spéciale à Zanzibar et Mascate</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. XIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1880)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462"><em>Abdallah III accède au trône de Ndzuani en 1855, à la mort de son père, le sultan Salim bin Alawi, qui entretenait déjà de bonnes relations avec les Britanniques</em>. <a href="#3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc"><em>Avant son décès, le sultan Salim bin Alawi avait accordé à Sunley une concession de quarante ans à Pomoni, au sud-ouest de l’île. Celle-ci couvrait une superficie de 280 hectares, s’étendant de la plaine de Pomoni jusqu’au massif forestier central. Entre 1855 et 1856, Sunley entame ses activités agricoles et industrielles, après avoir obtenu du souverain l’assurance d’un droit de jouissance foncière. Son domaine commence à prospérer à partir de 1860, principalement grâce à la culture de la canne à sucre. Sunley y avait également implanté des plantations de caféiers et de cocotiers.</em> <a href="#778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Mémorandum à l’attention de Byles concernant Ngazidja (1881)</title>
		<link>https://beshelea.com/memorandum-1881-ngazidja/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 12:07:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Mather Byles]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains boutriers engagés dans le commerce d’esclaves, en complicité avec des Français établis à Maore, recourent à divers stratagèmes afin d’échapper aux poursuites britanniques.</p>



<p>Dans cette missive, Holmwood évoque un rapport dont un double a été remis au capitaine Mather Byles, commandant du <em>HMS Seagull</em>, lors de son départ pour Ndzuani et les îles Comores, le 1ᵉʳ septembre. Ce document se compose principalement de déclarations émanant « d’un sultan de Ngazidja [Abdallah bin Hamza de Ɓamɓao], récemment déposé par le fils d’un homme de Ndzuani résidant à Maore [Saïd Ali, fils de Saïd Omar], ce dernier étant sujet français et occupant, selon toute vraisemblance, une fonction officielle dans cette colonie. Chaque détail fourni a été confirmé par le vizir de ce sultan, ainsi que par le vizir d’un second sultan comorien évincé [un vizir de Msafumu wa Fefumu] par le même individu qui gouverne aujourd’hui l’île. »</p>



<p>Holmwood remet ce mémorandum à Byles en lui demandant d’obtenir, si l’occasion s’en présente, la version des faits de Saïd Ali concernant les événements liés aux récents bouleversements survenus à Ngazidja, tout en plaçant auprès de lui un interprète de confiance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum à l’attention du capitaine Byles, du navire de Sa Majesté <em>Seagull</em></h4>



<p>« Au cours des dernières années, cette île a été gouvernée par les sultans indigènes Msafumu<sup data-fn="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25" class="fn"><a id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25">1</a></sup> et le sultan Abdallah<sup data-fn="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea" class="fn"><a id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea">2</a></sup>. La succession, dans ce pays, se transmet par la ligne féminine, mais d’une manière particulière ; il suffit pratiquement de préciser qu’un sultan doit être soit le fils de la fille d’un sultan, soit l’époux de la fille d’un sultan.</p>



<p>Les principaux ports de l’île sont Mroni et Shinɗini. Dans le premier, les esclaves proviennent généralement de la côte du Mozambique ; du second, ils sont en règle générale expédiés vers Ndzuani et Maore. Ces esclaves semblent être invariablement des Makua, embarqués depuis la côte du Mozambique.</p>



<p>Ceux achetés à Ngazidja par des agents français sont formellement inscrits sur un registre auquel est annexé <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">un engagement promettant de les renvoyer à l’expiration d’une date fixée</a>. Il m’est indiqué qu’on ne connaît aucun cas où un esclave aurait effectivement été renvoyé, et il serait opportun d’enquêter sur ce point. S’agissant des esclaves achetés pour le sultan de Ndzuani à l’île de Ngazidja<sup data-fn="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516" class="fn"><a id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516">3</a></sup>, je n’entends parler d’aucun accord <em>pro forma</em> de ce type.</p>



<p>Il y a quelques mois, les deux sultans, Msafumu et le sultan Abdallah, ont été déposés par un certain Saïd Ali, fils d’un sujet français et petit fonctionnaire indigène résidant à Maore, nommé Saïd Omar. Le père et le fils entretiennent actuellement des relations étroites avec le sultan de Ndzuani.</p>



<p>Le sultan déposé, Abdallah, m’informe qu’il y a quelques années, il s’était entendu avec le sultan de Ndzuani pour autoriser le débarquement d’esclaves à Mroni et leur passage à travers l’île jusqu’à Shinɗini en vue de leur expédition. Pour cela, il recevait 500 dollars par an. Mais il y a environ un an, lui et Msafumu, ayant appris que le sultan de Zanzibar, qu’ils considèrent comme leur suzerain, avait interdit toute traite des esclaves, annoncèrent aux agents du sultan [de Ndzuani], Mohedin et Saïd Bakari<sup data-fn="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" class="fn"><a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link">4</a></sup>, maître du navire qui apporte les esclaves depuis la côte pour son compte, qu’ils ne pouvaient plus autoriser le débarquement d’esclaves.</p>



<p>À la suite de cela, Mohedin se rendit auprès de Saïd Ali, qui complotait depuis longtemps pour obtenir le sultanat de Mroni, et ils convinrent rapidement avec le sultan Abdullah [bin Salim] d’envoyer 400 hommes armés depuis Ndzuani, tandis que Mohamed Sidi, secrétaire indigène français de Maore, faisait envoyer, sous le commandement de son fils Salim, 60 hommes vêtus à l’européenne et s’exerçant à la manière française, pour prêter main-forte. Cette troupe attaqua soudainement les différentes localités et les maîtrisa rapidement. Msafumu est maintenant caché dans la brousse, et le sultan Abdallah est ici réfugié avec son vizir.</p>



<p>Les détails de cette affaire, toutefois, vous apparaîtront plus clairement après que vous aurez visité les lieux. J’envoie Salim, mon interprète, pour vous assister et servir d’interprète confidentiel.</p>



<p>Vous pourrez probablement, une fois sur place, vérifier ces déclarations, ainsi que celles que vous entendrez de Saïd Ali, l’actuel sultan de Mroni, qui, sans doute, donnera une version très différente de cette affaire. Saïd Ali parle français. À Shinɗini, un certain cheikh Uma<sup data-fn="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d" class="fn"><a id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d">5</a></sup> est sultan sous l’autorité de Saïd Ali. C’est un trafiquant d’esclaves notoire, et c’est dans son port que seraient embarqués tous les esclaves destinés à Ndzuani et Maore. Je ne pense pas, toutefois, que ces expéditions dépassent 150 individus par an pour chacune des deux îles.</p>



<p>Les autres ports de Ngazidja sont Mitsamihuli, Mbuɗe, Itsandraya et Ikoni. Il serait utile de déterminer leurs capacités en tant que mouillages.</p>



<p>Je dois mentionner que deux boutres sont actuellement engagés dans la traite des esclaves à Ngazidja. Le seul que je puisse identifier est celui de Mohamed bin Tayib, régulièrement affrété par le sultan Abdallah ou par son agent, Saïd Bakari, pour transporter des esclaves. Cet homme fut capturé avec son boutre par le navire de Sa Majesté <em>Thetis</em>, et fut détenu quelque temps dans le fort ici<sup data-fn="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" class="fn"><a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link">6</a></sup>.</p>



<p>D’après ce mémorandum, il semblerait qu’une violation grave des traités conclus respectivement entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Grande-Bretagne et Ndzuani</a> et entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/">Grande-Bretagne et Ngazidja</a> soit en train de se produire. Mais, compte tenu de toutes les circonstances, je pense qu’il serait judicieux, dans les deux endroits, de nous en tenir pour l’instant à une observation attentive et aux seules investigations que permet une visite ordinaire. J’annexe quelques notes qui pourraient vous être utiles dans le cadre de votre visite. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>



<p>« Treize mois se sont écoulés depuis que Hamed Simɓamwona [Simɓauma ?] est déclaré être arrivé à Mroni afin d’y acheter des esclaves pour le compte de M. Goda, de Maore. Il attendit l’arrivée du boutre de Saïd Bakari en provenance de la côte du Mozambique, et acheta cent esclaves. Ce Saïd Bakari effectue des voyages constants vers la côte, et accomplit également, en alternance, des traversées avec des esclaves makua destinés au sultan Abdallah, à Ndzuani.</p>



<p>Le <em>San Yusuf</em>, boutre appartenant à Muhammed bin Salim, de Maore, arborant les couleurs françaises entre Ngazidja et Maore, mais soupçonné d’amener à disparaître ce pavillon lorsqu’il se trouve sur la côte du Mozambique, arriva à Ngazidja il y a environ un an avec un marchand français dont le nom semblait être « Goda ». Il était accompagné d’un officier français portant une seule bande, et ils achetèrent 150 esclaves (dont 15 femmes seulement) pour un prix de 40 à 50 dollars chacun, et en embarquèrent une partie à bord du boutre. Ils furent entassés dans la cale et maintenus entravés pendant la nuit.</p>



<p>Les documents habituels furent signés, indiquant qu’ils seraient renvoyés après un délai déterminé, mais aucune déclaration de ce genre ne fut faite aux esclaves, toutes les parties concernées sachant qu’il s’agissait d’esclaves récemment débarqués de la côte du Mozambique, achetés au prix courant. On dit qu’au moins 50 de ces esclaves ne purent être transportés et furent placés sur la plantation d’Abdullah Felahi, où ils attendent encore leur embarquement. »</p>



<p><strong>FREDERIC HOLMWOOD.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>British and Foreign State Papers 1880-1881, Vol. LXXII., <em>Foreign Office (1888)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea"><em>Abdallah bin Saïd Hamza, sultan de Ɓamɓao.</em> <a href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516"><em>Entre le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani et le nouveau sultan Ntiɓe de Ngazidja, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4"><em>Dans la transcription anglaise, « Sayyid Bukhari ». Il s’agit de Saïd Bakari wa Mwinyi Mkuu de Mroni, propriétaire de boutres et impliqué dans la traite, ainsi que son demi-frère Mhuɗini wa Mwinyi Mkuu. Ce dernier est aussi un trafiquant d’esclaves notoire, travaillant de longue date pour le compte du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d"><em>Le vieux Uma Ɗari, sultan de Mbadjini.</em> <a href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98"><em>Dans le fort de Zanzibar</em> <a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>1883 : un Américain choisit Ndzuani pour offrir liberté à sa famille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 17:37:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Alawi bin Saïd Âkili]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Henry N. Smith]]></category>
		<category><![CDATA[Madagascar]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Barrett Miles]]></category>
		<category><![CDATA[Scott J. B. Willcox]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Le 8 juin 1883, un boutre nommé Elf Swala fut saisi au port de Mtsamɗu par le lieutenant Scott J. B. Willcox, commandant du HMS Harrier. Ce navire, appartenant à Alawi bin Saïd Âkili, était soupçonné d’avoir servi à l’achat d’esclaves à Madagascar et fut, pour cette raison, confisqué. La suspicion qui conduisit [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><strong>Contexte :</strong> Le 8 juin 1883, un boutre nommé <em>Elf Swala</em> fut saisi au port de Mtsamɗu par le lieutenant Scott J. B. Willcox, commandant du HMS <em>Harrier</em>. Ce navire, appartenant à Alawi bin Saïd Âkili, était soupçonné d’avoir servi à l’achat d’esclaves à Madagascar et fut, pour cette raison, confisqué.</p>



<p>La suspicion qui conduisit à sa saisie tenait notamment au fait que, bien qu’il battît pavillon arabe (zanzibari), le capitaine Alawi ne possédait aucun document relatif à son boutre ni à ses activités commerciales. Cependant, il s’avéra par la suite que l’officier britannique avait été induit en erreur par son interprète, et que les personnes présentées comme esclaves à bord n’en étaient pas réellement.</p>



<p>Des papiers d’affranchissement, fournis par le capitaine, confirmaient leur statut d’hommes et de femmes libres de ces passagers. Parmi les documents produits figurait également une lettre rédigée par Henry N. Smith, un Américain établi à Maintirano<sup data-fn="3e5f9430-bb04-4e06-a967-ffd010eeb0a2" class="fn"><a id="3e5f9430-bb04-4e06-a967-ffd010eeb0a2-link" href="#3e5f9430-bb04-4e06-a967-ffd010eeb0a2">1</a></sup> et employé de son compatriote George Ropes, marchand à Madagascar. La missive, adressée au sultan Abdallah de Ndzuani, expliquait la situation.</p>



<p>Smith, qui vivait avec une compagne d’origine servile à laquelle il avait accordé la liberté, avait également affranchi plusieurs membres de sa famille. Craignant pour leur sécurité, il les avait fait embarquer à bord du <em>Elf Swala</em> à destination de Ndzuani, où la traite était alors « officiellement » proscrite.</p>



<p>Le 4 juillet 1883, après audience, le juge Samuel Barrett Miles, siégeant au tribunal du consul général de Sa Majesté à Zanzibar, ordonna la restitution du boutre. Le jugement précise :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Les papiers d’affranchissement remis par M. Smith à ses esclaves ont été produits devant le tribunal, et je les ai transmis au sultan de Ndzuani, le priant d’avoir l’obligeance de les remettre à leurs propriétaires et de les protéger à l’avenir en tant que personnes libres. »</p>
</blockquote>



<h3 class="wp-block-heading">Lettre d&rsquo;Henry N. Smith à Abdallah bin Salim</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Maintirano, le 7 mai 1883</em></p>



<p>« Au roi Abdallah<sup data-fn="ff61c7d2-bb73-4e78-9750-22bc144a0a1f" class="fn"><a id="ff61c7d2-bb73-4e78-9750-22bc144a0a1f-link" href="#ff61c7d2-bb73-4e78-9750-22bc144a0a1f">2</a></sup> de Ndzuani, ou à qui de droit,</p>



<p>Je soussigné, Henry N. Smith, originaire de Boston (Amérique), demeurant actuellement à Maintirano en qualité d’agent de George Ropes, de Boston, certifie avoir affrété un passage sur le boutre <em>Elf Swala</em>, appartenant à Alawi bin Saïd Âkili, pour ma famille et mes domestiques, à savoir : mon fils Dana ; Amina, la mère de Dana ; Mama, Hishima, nourrices ; Hishima, idem ; Hasha, sœur de lait de Dana ; Sitikalli, frère de lait de Dana ; et Mabruki, mon ancien domestique. Les six dernières personnes nommées sont chacune munies d’un acte de liberté signé de ma main et attesté.</p>



<p>Je souhaite que cette famille s’embarque pour Ndzuani et y réside jusqu’à mon arrivée, que j’espère pouvoir effectuer dans un délai de trois mois. Mon intendant principal, nommé Asumani, les accompagne et veillera sur eux jusqu’à mon retour.</p>



<p>J’ai pris des dispositions suffisantes pour subvenir à leurs besoins jusqu’à mon arrivée, ayant remis à Alawi bin Saïd la somme de 1 000 roupies, à employer pour leur bien, selon ses instructions. J’ai également chargé sur le boutre six caisses de fer ondulé, poutres, planches, etc., destinées à la construction d’une maison confortable pour eux. J’ai aussi fait embarquer cinq sacs de riz à leur usage.</p>



<p>Mon intention en les envoyant à Ndzuani est qu’ils puissent jouir de la liberté que je leur ai accordée, liberté qui, s’ils demeuraient ici, leur serait sans aucun doute retirée dès mon départ : les autorités sakalava<sup data-fn="85ee5fa2-854d-4b14-ba69-d4bcbd47f081" class="fn"><a id="85ee5fa2-854d-4b14-ba69-d4bcbd47f081-link" href="#85ee5fa2-854d-4b14-ba69-d4bcbd47f081">3</a></sup> les réduiraient de nouveau en esclavage, comme cela s’est produit à maintes reprises.</p>



<p>Ayant appris récemment que l’esclavage était aboli ou sur le point de l’être à Ndzuani<sup data-fn="2a9be15c-aa78-4c1c-8038-b2c4ad4ddd8f" class="fn"><a id="2a9be15c-aa78-4c1c-8038-b2c4ad4ddd8f-link" href="#2a9be15c-aa78-4c1c-8038-b2c4ad4ddd8f">4</a></sup>, j’ai choisi cette île pour leur résidence.</p>



<p>Puissent toutes les autorités leur venir en aide, et que Dieu les protège !</p>



<p class="has-text-align-right"><em>(Signé) <strong>H. N. SMITH</strong></em><br><em>Agent de George Ropes,<br>Maintirano, côte ouest de Madagascar.</em></p>



<p><strong>P.S. —</strong> Les seuls autres passagers du boutre sont les trois épouses d’Alawi bin Saïd : Hanifa, Fia et Yaffarani Mamwale. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Abolitions de l&rsquo;esclavage aux Comores : Traité du 10 octobre 1882</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3e5f9430-bb04-4e06-a967-ffd010eeb0a2"><em>Ville de la côte occidentale de Madagascar, Maintirano se situe en pays sakalava, ancien territoire du royaume d’Iboina. Elle est aujourd’hui le chef-lieu de la région de Melaky.</em> <a href="#3e5f9430-bb04-4e06-a967-ffd010eeb0a2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ff61c7d2-bb73-4e78-9750-22bc144a0a1f"><em>Sultan Abdallah bin Salim.</em> <a href="#ff61c7d2-bb73-4e78-9750-22bc144a0a1f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="85ee5fa2-854d-4b14-ba69-d4bcbd47f081"><em>À cette époque, l’esclavage n’y est pas encore aboli dans ces contrées.</em> <a href="#85ee5fa2-854d-4b14-ba69-d4bcbd47f081-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a9be15c-aa78-4c1c-8038-b2c4ad4ddd8f"><em>En effet, un traité a été signé le 10 octobre 1882 entre Ndzuani et les Britanniques, prévoyant une abolition progressive de l’esclavage sur l’île.</em> <a href="#2a9be15c-aa78-4c1c-8038-b2c4ad4ddd8f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>Se situer dans le temps : des calendriers aux Comores</title>
		<link>https://beshelea.com/calendriers-aux-comores/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2025 20:59:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Djumɓe Fatima binti Abdurahmane]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Mwali]]></category>
		<category><![CDATA[Nairuz]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Omar Abubakari]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aux Comores, la manière de se situer dans le temps a longtemps obéi à d’autres repères que le calendrier grégorien. Du calendrier hégirien aux mois en shikomori, des décades agricoles au jour du Nairuz, les Comoriens ont développé des repères multiples, profondément enracinée dans la culture locale.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Rien n’est plus banal que d’indiquer une date. Nous le faisons chaque jour sans y songer, avec la même désinvolture qu’un geste du quotidien : « le 23 octobre 2025 », pour dire le jour présent ; « né le 14 août 2008 », pour évoquer une naissance ; ou encore « le 6 juillet 1975 », pour célébrer la fête nationale de l’indépendance. Aux Comores, comme presque partout ailleurs, la majorité de la population se réfère aujourd’hui au calendrier grégorien<sup data-fn="68afc516-cb4e-49e6-a2eb-5448b13a206f" class="fn"><a id="68afc516-cb4e-49e6-a2eb-5448b13a206f-link" href="#68afc516-cb4e-49e6-a2eb-5448b13a206f">1</a></sup>, devenu le standard mondial. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. D’autres manières de mesurer le temps, parfois multiples et entrecroisés, ont longtemps coexisté dans l’archipel, et quelques personnes âgées en font encore usage.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une pluralité de repères temporels</h3>



<p>Dans sa chronique rédigée en 1865, le Cadi Omar Abubakari<sup data-fn="dc27eb62-08ec-4d21-bb61-de6868b69068" class="fn"><a id="dc27eb62-08ec-4d21-bb61-de6868b69068-link" href="#dc27eb62-08ec-4d21-bb61-de6868b69068">2</a></sup> évoque un épisode des plus troublés de l’histoire de Maore : <em>« Cela se passa en l’an 1212 de l’Hégire, c’était l’année du mercredi. L’année du jeudi, ils revinrent en grand nombre à Maore et firent la guerre plusieurs jours à Tsingoni. »</em> Le passage se rapporte aux raids des Betsimisaraka de Madagascar, survenus en 1797, et à la mort tragique du sultan Ɓwana Kombo I l’année suivante.</p>



<p>Au-delà du fait historique, deux enseignements s’en dégagent. D’abord, la référence au calendrier musulman de l’Hégire, comptant les années depuis 622, date de l’exil du Prophète à Médine. Ensuite, la mention d’une autre forme de datation : <em>« l’année du mercredi / mwaha wa mfumtsanu»</em>, <em>« l’année du jeudi / mwaha wa yahoa »</em>, issue du calendrier <em>Nairuz</em><sup data-fn="331efa3e-9958-48d1-a84f-e8b1ea85f8ab" class="fn"><a id="331efa3e-9958-48d1-a84f-e8b1ea85f8ab-link" href="#331efa3e-9958-48d1-a84f-e8b1ea85f8ab">3</a></sup>, d’origine persane. Ce dernier attribue, dans sa version locale, à chaque année le nom du jour de la semaine<sup data-fn="65889755-cbee-4444-ab17-5ea2c509ed9f" class="fn"><a id="65889755-cbee-4444-ab17-5ea2c509ed9f-link" href="#65889755-cbee-4444-ab17-5ea2c509ed9f">4</a></sup> sur lequel tombe le jour de l’an<sup data-fn="582071d5-165e-480e-874d-27d6b7164bc6" class="fn"><a id="582071d5-165e-480e-874d-27d6b7164bc6-link" href="#582071d5-165e-480e-874d-27d6b7164bc6">5</a></sup>. L’archipel avait donc adopté un modèle dérivé, adapté à ses usages propres. Cette combinaison peut sembler complexe, mais pour les Comoriens d’alors, elle allait de soi : deux repères coexistants, complémentaires et sans ambiguïté, l’un religieux, l’autre cyclique et agricole.</p>



<p>L’Hégire demeure cependant le calendrier le plus présent dans les écrits anciens comoriens. On le retrouve dans les actes officiels, les traités diplomatiques, les jugements des cadis ou les lettres des souverains. Ainsi, à titre d&rsquo;exemple, dans une correspondance adressée au sultan d’Oman, Ahmad bin Saïd al-Busaïd, le sultan <a href="https://beshelea.com/said-ahmed-swaleh-19-avril-1750/">Saïd Ahmed bin Swaleh</a> de Ndzuani date sa lettre du <em>12 Jumada al-Awwal 1163</em> (soit  le 19 avril 1750 du calendrier grégorien).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le calendrier de “mfunguo” : un héritage hybride</h3>



<p>Mais les Comoriens allaient plus loin : ils juxtaposaient souvent à l’Hégire un autre calendrier, entièrement formulé en shikomori, et dont les mois portaient des noms vernaculaires. La sultane Djumɓe Fatima de Mwali, au XIXe siècle, en offre un exemple remarquable. Dans ses écrits, elle datte souvent les documents selon un double système : celui de l’Hégire et celui des mois comoriens. <a href="https://beshelea.com/djumbe-fatima-ministres-1861/">Son acte d’accusation</a> du <em>11 mfunguo mɓili 1277</em> [22 mai 1861] en est un parfait témoin. Elle y déclare, indignée :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300">« Plût à Dieu qu’ils m’eussent au moins laissé mon honneur ! Je ne pourrai jamais oublier que, le 6 mfunguo montsi, Ratsivandi et Abdallah Musalimu m’ont calomniée en face et officiellement, me traitant… Dieu et les personnes de ma maison sont témoins de la fausseté de cette accusation ! »</p>
</blockquote>



<p>Ici, la sultane use une double datation : le calendrier hégirien (1277) et celui de mois structurés de façon spécifique, où, bien que calqués sur le rythme lunaire, portent des noms en shikomori. Ce calendrier que l&rsquo;on peut appeler de « <em>mfunguo</em><sup data-fn="cb4e66eb-ff73-4d48-bba0-91d5c66b1a10" class="fn"><a id="cb4e66eb-ff73-4d48-bba0-91d5c66b1a10-link" href="#cb4e66eb-ff73-4d48-bba0-91d5c66b1a10">6</a></sup>« , tout en s’adossant à l’Hégire, en bouleversait pourtant l’ordre. Son premier mois, <em>Mfunguo montsi</em>, ne correspondait pas à Muharram mais à Shawwal ; et le douzième, <em>Mwezi wa tsumu</em>, correspondait à Ramadan. L’année ne commençait pas forcément le premier jour du premier mois : elle s’ouvrait avec le <em>Nairuz</em>, qui pouvait tomber à n’importe quelle date selon le cycle solaire.</p>



<p>La succession des mois, dans l’ordre comorien, était la suivante :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Mfunguo montsi</li>



<li>Mfunguo mɓili</li>



<li>Mfunguo ndraru <em>(mwezi wa hidjazi</em><sup data-fn="95e700d9-c95d-4da7-86d8-270b6e79e9b4" class="fn"><a id="95e700d9-c95d-4da7-86d8-270b6e79e9b4-link" href="#95e700d9-c95d-4da7-86d8-270b6e79e9b4">7</a></sup><em>)</em></li>



<li>Mfunguo nne</li>



<li>Mfunguo ntsanu <em>(mwezi wa Karuna</em><sup data-fn="37b664c8-7e72-4d60-a256-20dafb2274d5" class="fn"><a id="37b664c8-7e72-4d60-a256-20dafb2274d5-link" href="#37b664c8-7e72-4d60-a256-20dafb2274d5">8</a></sup><em>)</em></li>



<li>Mfunguo sita / ndraɗaru <em>(mwezi wa maulida</em><sup data-fn="1878ac8c-6154-4dfd-967c-0d424907b2b0" class="fn"><a id="1878ac8c-6154-4dfd-967c-0d424907b2b0-link" href="#1878ac8c-6154-4dfd-967c-0d424907b2b0">9</a></sup><em>)</em></li>



<li>Mfunguo nfukare</li>



<li>Mfunguo nane</li>



<li>Mfunguo shenɗa</li>



<li>Mfunguo kume <em>(mwezi wa <a href="https://beshelea.com/traditions-comoriennes-jeune-aid/">sohamwedja</a>)</em></li>



<li>Mfunguo kume na mwedja <em>(mwezi wa ndredja za tsumu</em><sup data-fn="712c41f3-52ba-45e2-a608-d7eb2ce76b10" class="fn"><a id="712c41f3-52ba-45e2-a608-d7eb2ce76b10-link" href="#712c41f3-52ba-45e2-a608-d7eb2ce76b10">10</a></sup><em> ou mwezi wa mɗezo</em><sup data-fn="6496433d-b264-40bc-b7d2-7540200b882d" class="fn"><a id="6496433d-b264-40bc-b7d2-7540200b882d-link" href="#6496433d-b264-40bc-b7d2-7540200b882d">11</a></sup><em>)</em></li>



<li>Mwezi wa tsumu</li>
</ol>



<h3 class="wp-block-heading">Le temps agricole : le Nairuz et les “djana”</h3>



<p>Au-delà des écrits des sultans et des cadis, le Comorien, dans sa vie quotidienne, possédait sa propre manière de diviser le temps. L’année traditionnelle suivait le cours des travaux agricoles : la saison des semailles, celle des récoltes, puis la période de repos. Cette structuration reposait sur une logique de cycles de cent jours, appelée djana. L’année était ainsi répartie en trois djana — <em>djana la hanɗa</em> (la première centaine), <em>djana la pvili</em> (la seconde) et <em>djana la raru</em> (la troisième) — suivies d’une quatrième période de soixante jours, <em>idjana kundrwe</em><sup data-fn="3ed343c1-35c1-433b-8b78-5a69910dfc77" class="fn"><a id="3ed343c1-35c1-433b-8b78-5a69910dfc77-link" href="#3ed343c1-35c1-433b-8b78-5a69910dfc77">12</a></sup> (petite centaine incomplète). Les cinq jours excédentaires, considérés hors système, étaient nommés <em>Pandzile</em>.</p>



<p>Pour rendre ce système encore plus précis, l&rsquo;année était subdivisée en 36 périodes de dix jours appelées <em>Mongo</em> (pluriel : Mengo). Ainsi, pour exprimer une date précise, il suffisait d’indiquer le jour, son mongo et son djana. Par exemple, une ancienne fête agricole, <em>Djanyo la mwaha</em> (« jour du partage »), correspondait au <em>3 du 9e mongo du djana la hari</em>, c’est-à-dire au troisième jour de la neuvième décade de la centaine médiane<sup data-fn="d5b1d6c2-6857-472e-8459-bbf8db9fc3f3" class="fn"><a id="d5b1d6c2-6857-472e-8459-bbf8db9fc3f3-link" href="#d5b1d6c2-6857-472e-8459-bbf8db9fc3f3">13</a></sup>.</p>



<p>Les Comoriens associaient également leurs repères temporels aux vents dominants et aux saisons. L’année se partageait en quatre périodes de 90 jours, correspondant chacune à un vent majeur :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mɓeni (<em>Maghiɓu</em>), vent du nord-est, soufflait d’août à novembre ;</li>



<li>Kashkazi (<em>Asihazi</em>), vent du nord-sud, dominait de novembre à février ;</li>



<li>Matulai (<em>Madjatseni</em>), vent du sud-nord, se levait de février à mai ;</li>



<li>Kusi (<em>Husi</em>), autre vent du sud-nord, fermait le cycle de mai à août.</li>
</ul>



<p>Ces vents, familiers des marins et des paysans, n’étaient pas seulement des repères météorologiques : ils rythmaient la vie sociale, les semailles, les récoltes et les fêtes communautaires. L’année commençait au Ntswa mwaha<sup data-fn="16e65243-0bee-4d17-9f19-23649ce1b020" class="fn"><a href="#16e65243-0bee-4d17-9f19-23649ce1b020" id="16e65243-0bee-4d17-9f19-23649ce1b020-link">14</a></sup> (ou Suku ya mwaha) correspondant au jour du Nairuz local<sup data-fn="4dbae19d-9fd0-4004-9726-57f7fc118e35" class="fn"><a id="4dbae19d-9fd0-4004-9726-57f7fc118e35-link" href="#4dbae19d-9fd0-4004-9726-57f7fc118e35">15</a></sup>, souvent situé entre fin juin et août, au premier jour annonçant l&rsquo;arrivée du Mɓeni. Aujourd’hui, le changement climatique complique la détermination exacte du Nairuz : les saisons se décalent, les vents se confondent, et les repères ancestraux se brouillent.</p>



<p>À ce découpage climatique s’ajoutait encore un calendrier zodiacal, calqué sur la tradition arabo-persane. Il apparaît notamment dans une lettre adressée en 1834 par le sultan Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh (Mwinyi Mkuu) de Ngazidja à la reine Ranavalona Iʳᵉ de Madagascar, datée du <em>27 alakoasy (al-kausi) 1250</em>. L’année est hégirienne, le jour est lunaire, mais le mois porte le nom d’un signe astrologique. Ce système divise l’année en douze signes :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Al-hamali (bélier)</li>



<li>Athauru (taureau)</li>



<li>Al-djauz (gémeaux)</li>



<li>Saratani (Cancer).</li>



<li>Al-asaɗi (Lion)</li>



<li>Al Sumɓula (vierge et épi)</li>



<li>Mizani (balance)</li>



<li>Al-akraɓu (scorpion)</li>



<li>Al-kausi (sagittaire)</li>



<li>Al-djeɗi (capricorne)</li>



<li>Aɗayauni (verseau)</li>



<li>Al-uhuti (poissons)</li>
</ol>



<h3 class="wp-block-heading">Et si les Comores recréaient leur propre calendrier ?</h3>



<p>Ailleurs dans le monde, plusieurs peuples ont su préserver leur calendrier propre. L’Éthiopie, par exemple, vient de célébrer l’an 2018 de son calendrier national. L’Iran, la Chine, l’Inde, le Japon, ou encore les Berbères d’Afrique du Nord, continuent de mesurer le temps selon leurs repères historiques ou cosmiques.</p>



<p>Les Comores, elles, n’ont jamais codifié un tel système unifié, bien qu’elles en possèdent les fondations. Plusieurs repères pourraient servir de point de départ à une <em>ère nationale</em>. Nous avançons ici l&rsquo;exemple du départ du Mtswa-Mwindza<sup data-fn="f6e660bc-703d-42a9-ac6d-04eb68cd16d7" class="fn"><a id="f6e660bc-703d-42a9-ac6d-04eb68cd16d7-link" href="#f6e660bc-703d-42a9-ac6d-04eb68cd16d7">16</a></sup> pour La Mecque, au VIIe siècle, ou son retour au pays accompagné de la nouvelle foi islamique, événement majeur de l’histoire religieuse de l’archipel. Cependant, le manque de précisions chronologiques rend difficile toute reconstruction exacte.</p>



<p>Un comité d’historiens et de scientifiques pourrait, à terme, étudier ces repères pour en tirer un système cohérent, à la fois symbolique et pratique. En attendant, la “<em>méthode Djumɓe Fatima”</em> pourrait offrir, de notre point de vue, un compromis élégant : conserver la mesure des années selon l’Hégire, tout en utilisant les mois en shikomori.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’organisation spatiale et sociale de la ville dans l’archipel des Comores, Ya Mkobe, n°6-7, <em>Damir Ben Ali (2000)</em>.</li>



<li>Les rites pré-islamiques à Anjouan. Contribution à une étude culturelle des Comores, <em>Abderemane Bourhane (2019)</em>.</li>



<li>Réponse au questionnaire de l&rsquo;enquête N°1C du 30 décembre 1937, subdivision de la Grande Comore, canton de Ɓamɓao.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="68afc516-cb4e-49e6-a2eb-5448b13a206f"><em>Introduit en 1582 par le pape Grégoire XIII pour corriger le calendrier julien instauré par Jules César en 46 avant J.-C.</em> <a href="#68afc516-cb4e-49e6-a2eb-5448b13a206f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dc27eb62-08ec-4d21-bb61-de6868b69068"><em>Pour plus de détails, lire : « Histoire des iles : ha&rsquo;Ngazidja, hi&rsquo;Ndzoua&rsquo;ani, Maiota et Mwali, Oumar Aboubakari Housséni (1865), Edition Djahazi, 1997 » ou « Chroniques mahoraises, Jean-François Gourlet, L&rsquo;harmattan, 2003 ».</em> <a href="#dc27eb62-08ec-4d21-bb61-de6868b69068-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="331efa3e-9958-48d1-a84f-e8b1ea85f8ab"><em>Noruz ou Nowruz, du persan <em>« no »</em> (nouveau) et <em>« ruz »</em> (jour), correspond à la fête traditionnelle persane célébrant le jour de l’An. Elle marque le premier jour du printemps. Aux Comores, cette fête coïncide avec le premier jour du calendrier agricole, situé entre fin juin et août. Le calendrier local tire d’ailleurs son nom de cette célébration.</em> <a href="#331efa3e-9958-48d1-a84f-e8b1ea85f8ab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65889755-cbee-4444-ab17-5ea2c509ed9f"><em>Les jours de la semaine en shiKomori s’énoncent ainsi, dans leur ordre : mfumontsi (samedi), mfumbili (dimanche), mfumdraru (lundi), mfumnne (mardi), mfumtsanu (mercredi), yahoa (jeudi) et djumwa (vendredi).</em> <a href="#65889755-cbee-4444-ab17-5ea2c509ed9f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="582071d5-165e-480e-874d-27d6b7164bc6"><em>En 1937, le jour de l’An tombait le 8 août, annonçant une <em>année du dimanche</em>. En 1981, il tombait le 27 juillet, marquant une <em>année du lundi</em>.</em> <a href="#582071d5-165e-480e-874d-27d6b7164bc6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cb4e66eb-ff73-4d48-bba0-91d5c66b1a10"><em>Dans ce système, le mois de ramadan (<em>mwezi wa tsumu</em>), douzième du calendrier, occupe une place centrale dans l’année. Les autres mois, appelés « mezi ya mfunguo » — littéralement <em>mois de rupture du jeûne</em> — sont énumérés par ordre croissant : de montsi (<em>un</em>) à kume na mwedja (<em>onze</em>).</em> <a href="#cb4e66eb-ff73-4d48-bba0-91d5c66b1a10-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="95e700d9-c95d-4da7-86d8-270b6e79e9b4"><em>Le mois du pèlerinage à La Mecque.</em> <a href="#95e700d9-c95d-4da7-86d8-270b6e79e9b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="37b664c8-7e72-4d60-a256-20dafb2274d5"><em>Le personnage de Karun, mentionné dans la sourate Al-Qasas (versets 76 à 78).</em> <a href="#37b664c8-7e72-4d60-a256-20dafb2274d5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1878ac8c-6154-4dfd-967c-0d424907b2b0"><em>Le mois de la célébration de la naissance du Prophète.</em> <a href="#1878ac8c-6154-4dfd-967c-0d424907b2b0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="712c41f3-52ba-45e2-a608-d7eb2ce76b10"><em>Le mois précédant le ramadan, les Comoriens avaient pour coutume de rassembler du bois de cuisson (<em>ndredja</em>) afin de faciliter la préparation des repas de rupture du jeûne.</em> <a href="#712c41f3-52ba-45e2-a608-d7eb2ce76b10-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6496433d-b264-40bc-b7d2-7540200b882d"><em>Au cours du siècle dernier, cette tradition a évolué : il est désormais courant d’organiser, durant cette période, des grillades familiales, amicales ou communautaires.</em> <a href="#6496433d-b264-40bc-b7d2-7540200b882d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3ed343c1-35c1-433b-8b78-5a69910dfc77"><em>Le terme kundrwe signifie littéralement <em>bout, morceau ou portion</em>.</em> <a href="#3ed343c1-35c1-433b-8b78-5a69910dfc77-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d5b1d6c2-6857-472e-8459-bbf8db9fc3f3"><em>On peut l’exprimer à l’écrit, à titre d’exemple et de manière simplifiée, sous la forme suivante : 3/9/2 (jour/décade/centaine) + année. Exemple : le 3/9/2 de l’année du dimanche.</em> <a href="#d5b1d6c2-6857-472e-8459-bbf8db9fc3f3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="16e65243-0bee-4d17-9f19-23649ce1b020"><em>Ce jour — premier du calendrier agricole — était célébré localement depuis des siècles par diverses activités et rites. Ces pratiques sont aujourd’hui presque disparues, victimes de l’interdiction imposée par certains mouvements religieux apparus entre les années 1960 et 1980.</em> <a href="#16e65243-0bee-4d17-9f19-23649ce1b020-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4dbae19d-9fd0-4004-9726-57f7fc118e35"><em>Le premier jour du calendrier agricole.</em> <a href="#4dbae19d-9fd0-4004-9726-57f7fc118e35-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f6e660bc-703d-42a9-ac6d-04eb68cd16d7"><em>Il est ici fait référence au personnage de Mtswa-Mwindza, du VIIe siècle.<br>Cependant, son identité réelle demeure sujette à débat : le nom est parfois associé à Mhasi wa Fe Simai, figure historique du XIVe siècle.</em> <a href="#f6e660bc-703d-42a9-ac6d-04eb68cd16d7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Doléances de Maria, esclave makua de Ɓweni Rukia</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Sep 2025 16:41:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Employée au palais Ɗarini, à Ɓamɓao Mtsanga, Maria est une esclave makua appartenant à Ɓweni Rukia, l’une des épouses du sultan Abdallah bin Salim. Après la signature du traité de 1882 entre la Grande-Bretagne et Ndzuani, interdisant la traite et prévoyant l’abolition progressive de l’esclavage, elle se dit trahie par les Anglais. C’est [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Employée au palais Ɗarini, à Ɓamɓao Mtsanga, Maria est une esclave makua appartenant à Ɓweni Rukia, l’une des épouses du sultan Abdallah bin Salim. Après la signature du traité de 1882 entre la Grande-Bretagne et Ndzuani, interdisant la traite et prévoyant l’abolition progressive de l’esclavage, elle se dit trahie par les Anglais. C’est ce qu’elle confia, en novembre 1883, lors d’un entretien informel avec le consul britannique Frederic Holmwood. Le traité stipulait en effet, dans son article V, une clause d’affranchissement immédiat en cas de maltraitance.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Mtsamɗu, novembre 1883.</em></p>



<p>« Je suis au service du cuisinier du roi<sup data-fn="2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212" class="fn"><a id="2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212-link" href="#2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212">1</a></sup>, qui vient aujourd’hui dans la capitale<sup data-fn="085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d" class="fn"><a id="085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d-link" href="#085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d">2</a></sup> avec Son Altesse. Je suis l’une des femmes qui vous ont servi l’année dernière lorsque vous concluyiez le <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">traité</a><sup data-fn="dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8" class="fn"><a id="dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8-link" href="#dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8">3</a></sup>. Nous sommes toutes déçues que les Anglais ne soient pas venus nous affranchir, comme nous l’avions cru d’après ce que nous avons entendu lorsque vous parliez avec les officiers du roi.</p>



<p>Il y a beaucoup de Wangazidja<sup data-fn="c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274" class="fn"><a id="c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274-link" href="#c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274">4</a></sup> chez nous [à Ɓamɓao Mtsanga]. Nous avons dix-sept nouvelles filles originaires de Ngazidja à Ɗarini [le palais]. Je ne peux rien vous dire à ce sujet. Si l’on savait que je vous avais parlé, je serais tuée. Nous ne pouvons pas parler, mais si vous m’emmenez sur le navire pour Zanzibar, je n’aurai pas peur. Je faisais partie de celles que vous aviez promises d’affranchir l’année dernière si nous étions maltraitées. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>MARIA</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212"><em>Le sultan Abdallah bin Salim [Abdallah III, dit Mawana].</em> <a href="#2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d"><em>Abdallah III réside plus souvent dans son nouveau palais de Ɓamɓao Mtsanga que dans la capitale Mtsamɗu.</em> <a href="#085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8"><em>Le traité du 10 octobre 1882, conclu à Ɓamɓao Mtsanga entre le sultan Abdallah III et Frederick Holmwood, prévoyait l’abolition de l’esclavage.</em> <a href="#dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274"><em>Il concernait des personnes, pour la plupart libres à l’origine, réduites en servitude par le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja, puis envoyées à Ndzuani en paiement d’un tribut de guerre dû au sultan Abdallah III.</em> <a href="#c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Traité du 10 octobre 1882</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Sep 2025 18:49:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Après plusieurs années de tractations et sous une pression britannique croissante, un traité fut signé en octobre 1882 à Ɓamɓao Mtsanga<sup data-fn="ad18d12f-3cb0-4996-8ab9-b93a38ecd4fc" class="fn"><a id="ad18d12f-3cb0-4996-8ab9-b93a38ecd4fc-link" href="#ad18d12f-3cb0-4996-8ab9-b93a38ecd4fc">1</a></sup> entre la Grande-Bretagne et le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani. Ce texte, destiné à interdire la traite et à abolir progressivement l’esclavage, constituait le deuxième du genre pour l’île, trente-huit ans après <a href="https://beshelea.com/esclavage-raite-8-novembre-1844/">le premier accord conclu par son père</a>, le sultan Salim bin Alawi.</p>



<h3 class="wp-block-heading">CONVENTION entre la Grande-Bretagne et Ndzuani pour la suppression de l’esclavage et de la traite des esclaves.</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Signé à Ɓamɓao, le 10 octobre 1882.<br>Ratifié par Sa Majesté la Reine, le 28 février 1883.</em></p>



<p><em>Sa Majesté la Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, et Son Altesse Abdallah bin Salim, Sultan de Ndzuani, désireux de coopérer à l’extinction de tout trafic d’esclaves et à l’abolition définitive de l’esclavage, ont résolu de conclure une Convention afin d’atteindre ces objectifs, et, à cette fin, ont nommé pour leurs Plénipotentiaires :</em></p>



<p><em>Sa Majesté la Reine de Grande-Bretagne et d’Irlande, Frederic Holmwood, Esquire, Consul de Sa Majesté pour les États du Sultan de Zanzibar, et Consul intérimaire pour les îles Comores ;</em></p>



<p><em>Et Son Altesse le Sultan de Ndzuani, Abdallah bin Mohammed</em><sup data-fn="02bb6447-1d29-4e0c-962f-2cdf1c32c6d7" class="fn"><a id="02bb6447-1d29-4e0c-962f-2cdf1c32c6d7-link" href="#02bb6447-1d29-4e0c-962f-2cdf1c32c6d7">2</a></sup><em> ;</em></p>



<p><em>Lesquels, après s’être communiqué leurs pleins pouvoirs respectifs pour négocier, sont convenus des Articles suivants :</em></p>



<p><strong>Article I.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani s’engage à interdire l’introduction ou l’importation d’esclaves à Ndzuani, et à faire respecter cette interdiction par la loi avec la plus stricte vigilance. Toute personne entrant ou introduite dorénavant dans les États de Son Altesse est et sera absolument libre.</p>



<p><strong>Article II.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani autorise les croiseurs britanniques à saisir tout navire appartenant à ses sujets, où qu’il se trouve, s’il transporte des esclaves ou des équipements destinés à la traite, ou s’il existe des raisons de soupçonner qu’il a récemment transporté des esclaves. Toutes ces saisies — y compris le navire, les esclaves, la cargaison et toute personne impliquée dans la violation du présent Traité — pourront être jugées par l’autorité britannique la plus proche ou la plus convenable compétente en matière d’Amirauté, conformément aux règles et instructions de son Gouvernement.</p>



<p><strong>Article III.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani s’engage à interdire désormais la vente, l’achat ou le transfert d’esclaves dans ses États (sauf le transfert des esclaves de personnes décédées à leurs héritiers légitimes).</p>



<p><strong>Article IV.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani s’engage à nommer un Registraire, chargé de tenir un registre de tous les esclaves de ses États, avec les noms de leurs maîtres et des transferts effectués conformément à l’Article III de la présente Convention. Tout esclave non inscrit dans les six mois à compter de la date de la Convention aura droit à la liberté.</p>



<p><strong>Article V.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani s’engage à fixer des audiences spéciales pour entendre les plaintes que les esclaves souhaiteraient lui soumettre, et à permettre à tout esclave victime d’injustice ou de mauvais traitements, de la part ou avec la complicité de son maître, de faire appel personnellement à lui. En cas de plainte avérée de mauvais traitements ou d’injustice flagrante, l’esclave sera immédiatement affranchi.</p>



<p><strong>Article VI.</strong><br>Le Sultan de Ndzuani accorde au Consul britannique, ou à tout agent consulaire dûment autorisé, le droit de visiter tous les lieux de ses États et d’inspecter toutes les plantations ; il lui permet également un libre accès au registre des esclaves, ainsi que la faculté d’entendre leurs plaintes, de convoquer les plaignants ou tout autre esclave qu’il jugerait utile d’examiner, ainsi que leurs maîtres et les témoins nécessaires. Son Altesse désignera, pour l’assister, une personne compétente et impartiale, dûment autorisée. Et, si le Consul ou l’agent consulaire constate la preuve suffisante qu’un esclave a droit, en vertu du présent Traité, à l’affranchissement, il pourra le libérer immédiatement.</p>



<p><strong>Article VII.</strong><br>De plus, le Sultan de Ndzuani s’engage, après un délai fixé, à savoir le 4 août 1889, à abolir totalement l’esclavage dans ses États, et il s’engage à promulguer une loi — dont le texte sera annexé au présent Traité — stipulant que l’institution de l’esclavage cessera d’exister dans ses États à ladite date, et qu’à partir de ce jour, toutes les personnes dans le pays seront absolument libres.</p>



<p><strong>Article VIII.</strong><br>Abdallah bin Salim, Sultan de Ndzuani, s’engage et déclare que la présente Convention est et restera obligatoire pour lui, ses héritiers<sup data-fn="eff42075-648a-4fcc-b4fa-a6a3a6cd3e21" class="fn"><a id="eff42075-648a-4fcc-b4fa-a6a3a6cd3e21-link" href="#eff42075-648a-4fcc-b4fa-a6a3a6cd3e21">3</a></sup> et ses successeurs.</p>



<p><strong>Article IX.</strong><br>Le présent Traité sera ratifié et entrera en vigueur dès que la ratification par Sa Majesté la Reine d’Angleterre aura été reçue par le Sultan de Ndzuani, ou que notification lui en aura été donnée.</p>



<p>En foi de quoi, les Plénipotentiaires respectifs l’ont signé et y ont apposé leurs sceaux.</p>



<p>Fait à Ɓamɓao, île de Ndzuani, le 10 octobre 1882.</p>



<p>(L.S.) <strong>FREDERIC HOLMWOOD</strong>.<br>(L.S.) <strong>ABDALLAH BIN MOHAMED</strong>.</p>



<p>Ce Traité est ratifié.<br>(L.S.) <strong>SULTAN ABDALLAH BIN SALIM.</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img width="242" height="242"  alt="Sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III, Mawana) de Ndzuani" class="wp-image-752 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Abdallah-bin-Salim-Abdallah-III-Mawana-edited_lwsoptimized.webp" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Abdallah-bin-Salim-Abdallah-III-Mawana-edited_lwsoptimized.webp 242w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Abdallah-bin-Salim-Abdallah-III-Mawana-edited_lwsoptimized-150x150.webp 150w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/08/Sultan-Abdallah-bin-Salim-Abdallah-III-Mawana-edited_lwsoptimized-100x100.webp 100w" sizes="(max-width: 242px) 100vw, 242px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III, Mawana) de Ndzuani </figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading">Annexe (A) <em>[Décret prohibant le trafic d’esclaves]</em> </h4>



<p>Nous, Abdallah bin Salim, Sultan de Ndzuani, conformément aux termes du Traité conclu ce jour avec Sa Majesté la Reine d’Angleterre, ordonnons ce qui suit :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>L’importation ou l’introduction d’esclaves dans nos États est désormais interdite, et toute personne contrevenant à cette Loi sera passible de travaux forcés et de la confiscation de ses biens.</li>



<li>La vente, l’achat ou le transfert d’esclaves dans nos États sont dès ce jour totalement interdits (à l’exception du transfert des esclaves de personnes décédées à leurs héritiers légitimes). Dorénavant, tout esclave vendu ou transféré, sauf dans ce cas, aura droit à la liberté.</li>



<li>Tout propriétaire d’esclaves devra, sans délai, se présenter devant notre Registraire et y enregistrer chacun des esclaves qu’il possède. Tout esclave qui ne serait pas ainsi enregistré par son maître dans un délai de six mois à compter de la date du présent décret aura droit à la liberté. Tout esclave transféré en vertu du deuxième article du présent décret devra être enregistré dans le mois suivant ce transfert. À Patsi<sup data-fn="2a5e3e89-2acd-4c5a-95bf-8ea70d203866" class="fn"><a id="2a5e3e89-2acd-4c5a-95bf-8ea70d203866-link" href="#2a5e3e89-2acd-4c5a-95bf-8ea70d203866">4</a></sup>, et dans tout lieu placé en quarantaine pour cause de maladie, le délai d’enregistrement pourra être prolongé jusqu’à six mois après la levée de la quarantaine.</li>
</ol>



<p>(L.S.) <strong>SULTAN ABDALLAH</strong>.<br><em>Fait le 10 octobre 1882.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading">Annexe (B) <em>[Décret fixant la date limite pour l’abolition de l’esclavage]</em></h4>



<p>Nous, Abdallah bin Salim, Sultan de Ndzuani, en confirmation de la Convention conclue avec Sa Majesté la Reine d’Angleterre, avons ordonné et ordonnons ce qui suit :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Qu’après une période de sept ans à compter de ce jour, c’est-à-dire le 4 août 1889 (la date hégirienne correspondante sera publiée ultérieurement), l’esclavage cessera d’exister dans nos États, et toutes les personnes, de tout âge, condition et nationalité, deviendront et seront absolument libres.</li>
</ol>



<p>Ce décret deviendra loi et sera publié dans tout notre pays dès réception de la notification de ratification.</p>



<p>(L.S.) <strong>SULTAN ABDALLAH</strong>.<br><em>Fait le 10 octobre 1882.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>ORDONNANCE DU CONSEIL BRITANNIQUE, pour l’exécution de la Convention sur la traite des esclaves conclue avec Ndzuani le 10 octobre 1882.</strong></h3>



<p class="has-text-align-right"><em>À la Cour de Balmoral, le 6 novembre 1883.</em></p>



<p><strong>Présente : Sa Majesté la Reine, dans sa plus Haute Excellence.</strong></p>



<p>Attendu que, par une loi adoptée au cours de la 37e année du règne de Sa Majesté, chapitre 88, intitulée <em>« The Slave Trade Act, 1873 »</em> (Loi sur la traite des esclaves, 1873), il a notamment été disposé que, lorsqu’un traité relatif à la traite des esclaves serait conclu après la promulgation de ladite loi, par Sa Majesté ou en son nom, avec tout État étranger, Sa Majesté pourrait, par ordonnance du Conseil, prescrire qu’à compter de la date fixée dans ladite ordonnance (cette date ne pouvant être antérieure à celle du traité), ledit traité soit réputé constituer un traité existant sur la traite des esclaves au sens de ladite loi ; et qu’il a en outre été prévu qu’à partir de ladite date (ou, si aucune date n’était spécifiée, à compter de la date de ladite ordonnance), toutes les dispositions de la loi s’appliqueraient et seraient interprétées en conséquence :</p>



<p>Et attendu que, le 10 octobre 1882, un traité ou une convention pour la répression de la traite africaine des esclaves a été conclu entre Sa Majesté et Son Altesse le Sultan de Ndzuani, en les termes suivants, à savoir :<br><em>[Suit ici la Convention]</em></p>



<p>Et attendu qu’il est opportun que ledit traité ou ladite convention soit placé sous l’empire de la <em>Loi sur la traite des esclaves de 1873</em> :</p>



<p>Par conséquent, Sa Majesté, en vertu et en exercice des pouvoirs à cet effet conférés, a jugé bon, de l’avis de son Conseil privé, d’ordonner, et il est par la présente ordonné, ce qui suit :</p>



<p>Le traité ou la convention susmentionné(e) doit, à compter du 10 octobre 1882, date de sa conclusion, être réputé avoir été et être un traité existant relatif à la traite des esclaves au sens de la <em>Loi sur la traite des esclaves de 1873</em>.</p>



<p>Et les Lords Commissaires du Trésor de Sa Majesté, le très honorable <a href="https://beshelea.com/said-ali-wa-said-omar-octobre-1883/">comte Granville</a><sup data-fn="0d75775a-ebe5-4546-8fd8-17fe713b4f94" class="fn"><a id="0d75775a-ebe5-4546-8fd8-17fe713b4f94-link" href="#0d75775a-ebe5-4546-8fd8-17fe713b4f94">5</a></sup>, l’un des principaux secrétaires d’État de Sa Majesté, ainsi que les Lords Commissaires de l’Amirauté, sont chargés de donner, chacun en ce qui le concerne, les instructions nécessaires à l’exécution de la présente ordonnance.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>C. L. PEEL.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. XV., <em>Edward Hertslet (1885)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ad18d12f-3cb0-4996-8ab9-b93a38ecd4fc"><em>Ɓamɓao Mtsanga, où réside le sultan Abdallah bin Salim depuis qu’il y fit construire, en 1863, le tout nouveau palais Ɗarini.</em> <a href="#ad18d12f-3cb0-4996-8ab9-b93a38ecd4fc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="02bb6447-1d29-4e0c-962f-2cdf1c32c6d7"><em>Dit Diamond. Il est gendre du sultan et interprète.</em> <a href="#02bb6447-1d29-4e0c-962f-2cdf1c32c6d7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="eff42075-648a-4fcc-b4fa-a6a3a6cd3e21"><em>Le 18 octobre 1882, soit huit jours plus tard, il publia un décret désignant son fils aîné, le prince Salim, comme son héritier.</em> <a href="#eff42075-648a-4fcc-b4fa-a6a3a6cd3e21-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a5e3e89-2acd-4c5a-95bf-8ea70d203866"><em>Patsi, où le médecin américain Benjamin Franklin Wilson possédait une concession</em>. <a href="#2a5e3e89-2acd-4c5a-95bf-8ea70d203866-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0d75775a-ebe5-4546-8fd8-17fe713b4f94"><em>Granville George Leveson</em>. <a href="#0d75775a-ebe5-4546-8fd8-17fe713b4f94-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Traité du 8 novembre 1844</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-raite-8-novembre-1844/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 08:52:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Cornwallis Ricketts]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Salim bin Alawi]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://beshelea.com/?p=853</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comprendre les abolitions de l’esclavage aux Comores suppose de s’éloigner des dates officielles pour se plonger dans les réalités concrètes de l’époque : traités diplomatiques, jeux de puissance entre France et Grande-Bretagne, stratégies des sultans comoriens, mais aussi témoignages des sociétés insulaires elles-mêmes, prises dans ce lent processus d’émancipation contrariée.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Évoquer l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores, c’est entrer dans un champ semé de paradoxes, de dates éparses et de proclamations contradictoires, où le poids des déclarations officielles contraste avec la persistance des pratiques. L’histoire, telle qu’elle est souvent rapportée dans les récits coloniaux ou reprise dans certaines synthèses contemporaines, paraît simple : <em>l’île de Maore aurait été la première à abolir l’esclavage par ordonnance royale du 9 décembre 1846, proclamation réitérée localement les 1er et 9 juillet 1847, tandis que Ngazidja n’aurait vu la fin juridique de la servitude qu’au 29 février 1904</em>. Une telle chronologie, commode dans sa linéarité, ne reflète pourtant qu’imparfaitement la réalité.</p>



<p>Car l’histoire des abolitions dans cet archipel ne saurait être réduite à une succession de décrets venus d’Europe et appliqués mécaniquement dans les îles. Elle est traversée de tensions politiques, d’arrangements diplomatiques, de stratégies locales et de contradictions coloniales. D’abord, la première déclaration en matière d’abolition ne provient pas, comme on le croit parfois, de la France installée à Maore depuis 1841, mais de Ndzuani : c’est en effet le 8 novembre 1844 qu’un traité est conclu entre le sultan Salim bin Alawi et les Britanniques, ouvrant la voie à une remise en cause partielle de la traite.</p>



<p>Cette initiative, plus précoce que les ordonnances françaises, situe d’emblée le débat dans un contexte régional où l’influence britannique, attachée depuis le Congrès de Vienne<sup data-fn="071ca539-3ef2-4877-8e84-e860b1cef36e" class="fn"><a id="071ca539-3ef2-4877-8e84-e860b1cef36e-link" href="#071ca539-3ef2-4877-8e84-e860b1cef36e">1</a></sup> à la répression du commerce des esclaves, se fait sentir jusque dans ces îles de l’océan Indien. Ensuite, l’abolition proclamée à Maore n’est qu’une façade. Sitôt l’esclavage officiellement aboli, la France met en place, dès 1848, un système d’<em>engagisme</em><sup data-fn="79f26571-292e-47b7-bdac-a94e5a938dba" class="fn"><a id="79f26571-292e-47b7-bdac-a94e5a938dba-link" href="#79f26571-292e-47b7-bdac-a94e5a938dba">2</a></sup> qui n’est en réalité qu’une continuité déguisée de la traite. Les anciens esclaves, désormais qualifiés de <em>« travailleurs engagés »</em>, restent soumis à des conditions de vie et de travail proches de la servitude, tandis que de nouvelles filières de recrutement alimentent les plantations.</p>



<p>Enfin, dans les autres îles – Mwali, Ndzuani et Ngazidja – le XIXᵉ siècle voit se multiplier une série de traités et d’accords qui, sous la pression britannique ou française, visent à mettre fin à la traite négrière. Aucun texte n’apporte cependant une solution immédiate ni définitive : chacun d’eux témoigne au contraire de la lenteur du processus, de la résistance des élites locales attachées à l’institution servile, et de l’ambiguïté des puissances européennes, davantage soucieuses de leurs intérêts stratégiques et économiques que de l’émancipation réelle des captifs.</p>



<p><strong>TRAITÉ entre Sa Majesté la Reine d’Angleterre<sup data-fn="8456e2df-9d1d-494e-bb21-ab724a2b6011" class="fn"><a id="8456e2df-9d1d-494e-bb21-ab724a2b6011-link" href="#8456e2df-9d1d-494e-bb21-ab724a2b6011">3</a></sup> et le Sultan de Ndzuani pour l’abolition de la traite étrangère des esclaves.</strong></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Signé à Mtsamɗu, le 8 novembre 1844.<br>Ratifié le 10 décembre 1845.</em></p>



<p><em>Énoncé des réquisitions adressées à Son Altesse le Sultan Salim de l’île de Ndzuani, par Sir Cornwallis Ricketts, baronnet, commandant la goélette de Sa Majesté « Helena », agissant sous les ordres de Christopher Wyvill, écuyer, capitaine du navire de Sa Majesté « Cleopatra » et officier supérieur sur la côte orientale d’Afrique.</em></p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Le Sultan abolira à jamais la traite étrangère des esclaves dans ses États.</li>



<li>Le Sultan ordonnera la saisie de tout bâtiment appartenant à ses sujets, surpris à se livrer à la traite étrangère des esclaves, et fera arrêter et punir le capitaine et l’équipage comme pirates.</li>



<li>Le Sultan punira toutes les personnes de ses sujets qui, servant à bord de navires négriers, ne donneraient pas avis au Sultan ou à ses gouverneurs de ce qu’ils se sont livrés à la traite des esclaves.</li>



<li>Tout navire trouvé porteur d’instruments propres à la traite des esclaves, tels que fers, boulons, menottes, chaînes, fouets et fers à marquer, sera considéré comme s’il transportait effectivement des esclaves.</li>



<li>Le Sultan autorisera les croiseurs britanniques à saisir tout navire appartenant à ses sujets qui sera trouvé avec des esclaves ou avec des instruments de traite à son bord, après l’expiration d’un délai de quatre mois à compter de ce jour.</li>



<li>Le Sultan ou ses gouverneurs fourniront à tout navire appartenant à ses sujets des sauf-conduits (ou congés de port) ; tout navire trouvé sans un tel congé pourra être saisi, conformément à la cinquième réquisition, par tout croiseur britannique qui viendrait à le rencontrer.</li>



<li>Tout navire saisi par des croiseurs britanniques sera envoyé devant la Cour britannique de la Vice-Amirauté la plus proche ou la plus commode, afin d’y être jugé.</li>
</ol>



<p>Dans le cas où il serait condamné, le navire et sa cargaison seront vendus au profit des deux gouvernements ; mais les esclaves seront mis en liberté dans une colonie britannique.</p>



<ol start="8" class="wp-block-list">
<li>Le Sultan proclamera immédiatement une loi par laquelle les stipulations du présent engagement seront publiquement portées à la connaissance de tout son peuple.</li>
</ol>



<p><em>Déclaration de l’Accord conclu entre nous, Sultan Salim, fils du Sultan Alawi, et notre auguste frère, le Capitaine Sir Cornwallis Ricketts, baronnet, Commandant de la goélette de Sa Majesté « Helena ».</em></p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Il ne devra y avoir aucun trafic d’esclaves dans notre territoire, et nul esclave ne devra être importé pour être vendu dans notre pays. Nous l’interdisons formellement et absolument.</li>



<li>Et je déclare et ordonne à mes sujets que tous ceux qui capturent des esclaves et les vendent seront saisis, capitaine et équipage, et traités de la même manière que ceux qui interrompent la navigation (pirates).</li>



<li>Tout navire partant d’ici et appartenant à mes sujets, destiné au commerce des esclaves : si cela est fait sans l’ordre du propriétaire, le commandant et l’équipage seront punis ; si cela est fait par ordre du propriétaire, alors ce dernier sera puni.</li>



<li>Tout navire de mes sujets sera traité comme engagé dans le commerce des esclaves, s’il s’y trouve à bord des chaînes, entraves ou fers en nombre supérieur à deux ou trois, suffisants seulement pour la correction de quelque membre d’équipage récalcitrant.</li>



<li>J’autorise qu’il puisse y avoir une inspection, dans le but de découvrir tout commerce d’esclaves, après quatre mois.</li>



<li>Tout navire rencontré en mer qui ne possède pas de document écrit (un passe) muni d’un sceau, fournissant une explication légitime de ses fins, pourra être saisi comme trafiquant d’esclaves.</li>



<li>Lorsqu’un navire chargé d’esclaves, ou qui a enlevé des esclaves, aura été saisi conformément à la loi, avec les esclaves à son bord, et qu’il sera prouvé qu’il est engagé dans le commerce des esclaves, il pourra être envoyé dans un port anglais pour y être jugé, tant à l’égard des esclaves que de la valeur (du navire et de la cargaison). Les esclaves devront être libérés ; les biens seront partagés, et une part reviendra au Sultan d’Angleterre, l’autre au Sultan, c’est-à-dire au Sultan Salim.</li>



<li>S’il plaît à Dieu, ces ordres seront promulgués, afin que le commandement soit publiquement connu et respecté.</li>
</ol>



<p>Fait à Mtsamɗu, Île de Ndzuani, en deux originaux, le 8 novembre 1844<br>(le 26 du mois de Shawwal de l’Hégire<sup data-fn="e84496a1-e24e-43e4-965d-68dd77123738" class="fn"><a id="e84496a1-e24e-43e4-965d-68dd77123738-link" href="#e84496a1-e24e-43e4-965d-68dd77123738">4</a></sup>).</p>



<p class="has-text-align-right">(L.S.) <strong>CORNWALLIS RICKETTS,</strong><br>Commandant de la goélette de Sa Majesté « Helena ».</p>



<p class="has-text-align-right">(L.S.) <strong>SULTAN SALIM.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ratification. 10 décembre 1845</strong></h2>



<p>Nous, soussignés, Sultan Salim, roi de Ndzuani, et Christopher Wyvill, écuyer, capitaine du navire de Sa Majesté Britannique « Cleopatra », et officier supérieur sur la côte orientale de l’Afrique, dûment autorisé par le gouvernement de Sa Majesté Britannique, ayant lu et expliqué l’un à l’autre les différents articles du traité ci-dessus pour la répression de la traite des esclaves, ratifions ledit accord ; et, en foi de quoi, nous avons, ce jour, signé nos noms et apposé nos sceaux.</p>



<p>Qu’il soit connu que le capitaine Wyvill, commandant du navire de Sa Majesté « Cleopatra », envoyé au royaume d’Afrique pour entrer en communication avec le sultan Salim, a eu un entretien avec ledit sultan ; et que nous avons signé ces écrits, et que nous avons l’un et l’autre expliqué, déclaré, certifié et mutuellement lu et exposé les stipulations, telles qu’énoncées ci-dessus, aux fins d’interdire toute relation ayant trait à l’achat et à la vente d’esclaves. Cet accord est définitivement scellé, et des ordres sont donnés pour le châtiment des contrevenants, sans restriction ni réserve ; et nous avons ratifié l’accord par nos signatures et sceaux apposés aux stipulations contenues dans le présent écrit.</p>



<p>Fait à Mtsamɗu, île de Nduzani, en deux originaux, le 10 décembre 1845 (jour de l’Aïd, 10e jour du mois de Dhu al-Hijjah de l’Hégire<sup data-fn="272e0f5b-5eea-451b-adb7-9207fe276cba" class="fn"><a id="272e0f5b-5eea-451b-adb7-9207fe276cba-link" href="#272e0f5b-5eea-451b-adb7-9207fe276cba">5</a></sup> du Prophète, sur lui la paix).</p>



<p>(L.S.) <strong>CHRISTOPHER WYVILL</strong>,<br>Capitaine du navire de Sa Majesté Britannique « Cleopatra ».</p>



<p>(L.S.) <strong>SULTAN SALIM</strong>,<br>Fils du sultan Alawi,<br>Fils du sultan Husein.</p>



<p>Témoins du présent acte :<br><strong>GEOFFREY T. B. HORNBY</strong>, Lieutenant,<br><strong>L. W. R. DENMAN</strong>, Lieutenant des Royal Marines,<br>Navire de S. M. Britannique « Cleopatra ».</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. VIII., <em>Lewis Hertslet (1851)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="071ca539-3ef2-4877-8e84-e860b1cef36e"><em>Du 18 septembre 1814 au 9 juin 1815</em> <a href="#071ca539-3ef2-4877-8e84-e860b1cef36e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="79f26571-292e-47b7-bdac-a94e5a938dba"><em>Lire « Les engagés des plantations de Mayotte et des Comores (1845 &#8211; 1945) », Marie Didierjean (2013).</em> <a href="#79f26571-292e-47b7-bdac-a94e5a938dba-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8456e2df-9d1d-494e-bb21-ab724a2b6011"><em>Le Reine Alexandrina Victoria</em> <a href="#8456e2df-9d1d-494e-bb21-ab724a2b6011-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e84496a1-e24e-43e4-965d-68dd77123738"><em>Le 26 Shawwal 1260</em> <a href="#e84496a1-e24e-43e4-965d-68dd77123738-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="272e0f5b-5eea-451b-adb7-9207fe276cba"><em>Le 10 Dhu al-hijjah 1261</em> <a href="#272e0f5b-5eea-451b-adb7-9207fe276cba-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/esclavage-raite-8-novembre-1844/">Abolitions de l&rsquo;esclavage aux Comores : Traité du 8 novembre 1844</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<item>
		<title>Lettre de Saïd Ahmed bin Swaleh à Ahmad bin Saïd, 19 avril 1750</title>
		<link>https://beshelea.com/said-ahmed-swaleh-19-avril-1750/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Aug 2025 21:18:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Oman]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ahmed bin Swaleh]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Dans sa lettre, le sultan Saïd Ahmed bin Swaleh de Ndzuani tente de convaincre le sultan d’Oman, Ahmad bin Saïd al-Busaïd1, de l’exempter de la requête visant à lui envoyer des hommes pour servir sous ses ordres. Ndzuani, 12 Jumada al-Awwal 1163 [19 avril 1750] « Au nom de Dieu. Après nos salutations [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte</strong> : Dans sa lettre, le sultan Saïd Ahmed bin Swaleh de Ndzuani tente de convaincre le sultan d’Oman, Ahmad bin Saïd al-Busaïd</em><sup data-fn="3166e451-524d-4b6a-9801-8dceceda0ab5" class="fn"><a id="3166e451-524d-4b6a-9801-8dceceda0ab5-link" href="#3166e451-524d-4b6a-9801-8dceceda0ab5">1</a></sup><em>, de l’exempter de la requête visant à lui envoyer des hommes pour servir sous ses ordres.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Ndzuani, 12 Jumada al-Awwal 1163 [19 avril 1750]</em></p>



<p>« Au nom de Dieu.</p>



<p>Après nos salutations et nos vœux les plus sincères pour la préservation de votre auguste santé :</p>



<p>Nous avons reçu votre honorable lettre par l’intermédiaire de notre frère Sulaiman. Elle nous a procuré une grande satisfaction ; nous l’avons lue avec attention et en avons parfaitement compris le contenu.</p>



<p>En ce qui concerne votre demande d’hommes et d’argent<sup data-fn="1d4c3a4d-952f-415d-9ac4-0ef7df0c6c2d" class="fn"><a id="1d4c3a4d-952f-415d-9ac4-0ef7df0c6c2d-link" href="#1d4c3a4d-952f-415d-9ac4-0ef7df0c6c2d">2</a></sup>, nous tenons à vous déclarer que nous sommes tout disposés à vous accorder ce que vous souhaitez. Toutefois, nous avons une requête à vous soumettre : notre pays est très petit ; il ne s’étend qu’à environ une demi-journée de marche, tant en longueur qu’en largeur. Notre population est très réduite et, afin d’accroître notre nombre, nous devons garder nos jeunes gens, les marier et les laisser vivre avec leurs épouses. Si nous les laissions quitter le pays, il se dépeuplerait. Nous sommes peu nombreux et, pour la plupart, pauvres et nécessiteux.</p>



<p>C’est pourquoi nous implorons votre clémence afin d’épargner nos hommes. Vos prédécesseurs ont formulé une demande semblable, mais, lorsque nous leur avons exposé la situation, ils nous ont épargnés. Nous vous serions donc profondément reconnaissants de bien vouloir renoncer à l’exigence portant sur nos jeunes gens. Si toutefois vous persistez à vouloir l’appliquer, nous nous y soumettrons sans objection.</p>



<p>Nous sollicitons également de votre part que vous nous dispensiez du paiement que vous réclamez. Mais si vous insistez pour obtenir à la fois les hommes et l’argent, nous nous y conformerons sans réserve.</p>



<p>En toute circonstance, nous réitérons notre supplique : épargnez-nous l’envoi d’hommes, car notre pays n’est qu’une petite île. Nous vous prions, Monsieur, de nous adresser votre réponse, qu’elle soit favorable ou défavorable. Soyez assuré, Monsieur, que nous vous sommes fidèles, obéissants et que nous nous considérons comme vos sujets ; jamais nous ne nous opposerons à vos volontés.</p>



<p>Wassalam<sup data-fn="546eea6c-fb68-4f76-913b-1b22d9553261" class="fn"><a id="546eea6c-fb68-4f76-913b-1b22d9553261-link" href="#546eea6c-fb68-4f76-913b-1b22d9553261">3</a></sup>. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>SAID AHMED BIN SWALEH</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Trade and Empire in Muscat and Zanzibar &#8211; The roots of British domination,<em> Reda Bhacker (1992)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3166e451-524d-4b6a-9801-8dceceda0ab5"><em>Il porte également le titre d&rsquo;imam des croyants.</em> <a href="#3166e451-524d-4b6a-9801-8dceceda0ab5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1d4c3a4d-952f-415d-9ac4-0ef7df0c6c2d"><em>Les souverains omanais de cette époque estimaient que les territoires placés sous leur influence leur devaient un impôt.</em> <a href="#1d4c3a4d-952f-415d-9ac4-0ef7df0c6c2d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="546eea6c-fb68-4f76-913b-1b22d9553261"><em>Il s&rsquo;agit d’une formule de salutation d&rsquo;usage en fin de lettre, qui veut dire « que la paix soit avec vous ».</em> <a href="#546eea6c-fb68-4f76-913b-1b22d9553261-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/said-ahmed-swaleh-19-avril-1750/">Lettre de Saïd Ahmed bin Swaleh à Ahmad bin Saïd, 19 avril 1750</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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