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	<title>Personnalité historique Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<title>Personnalité historique Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<item>
		<title>Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Mshangama bin Mwalimu</title>
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					<comments>https://beshelea.com/msafumu-recit-mshangama-mwalimu/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 17:10:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Personnalité historique]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Mshangama bin Mwalimu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Mshangama Mwalimu s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte : </strong>À l’exemple de <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-hamadi-wadi/">Hamaɗi Waɗi</a>, Mshangama bin Mwalimu est un soldat ayant pris part à la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja. Il se distingue par le fait d’avoir servi successivement les sultans Msafumu wa Fefumu puis Saïd Ali wa Saïd Omar. En cette année 1883, il revient sur son différend avec le premier, au sujet de l’abolition de l’esclavage après le traité du 13 octobre 1882<sup data-fn="e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90" class="fn"><a id="e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90-link" href="#e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90">1</a></sup>. Il évoque également la capture de Msafumu, dresse une estimation du bilan humain de la guerre, décrit la répression qui s’ensuivit, marquée notamment par une recrudescence du trafic d’esclaves. Enfin, il livre, en conclusion de son récit, une analyse lucide des intentions de Saïd Ali, laquelle se révélera par la suite exacte.</em></p>



<p><em><strong>Note du consul britannique Frederic Holmwood</strong></em><sup data-fn="2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6" class="fn"><a id="2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6-link" href="#2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6">2</a></sup><em><strong>:</strong> « Cet homme était un officier de Msafumu, mais il fit défection pour rejoindre Saïd Ali avec le marchand d’esclaves <em>Ntiɓe</em> Mbamba, qui était son supérieur immédiat. Peu après l’assassinat de Msafumu, il refusa de servir plus longtemps Saïd Ali et s’évada de Mroni sur un boutre, tandis que je me trouvais à Mwali. Il arriva à Zanzibar trois jours après le navire de Sa Majesté, le « Tourmaline », mais refusa de me donner la moindre information jusqu’à ce que Son Altesse le Sultan</em><sup data-fn="86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0" class="fn"><a id="86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0-link" href="#86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0">3</a></sup><em>lui ordonnât de comparaître et de témoigner. »</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le récit de Mshangama bin Mwalimu</h3>



<p>« Son Altesse Saïd Barghash m’a promis que je ne recevrai aucun châtiment pour le rôle que j’ai joué contre Msafumu, et il m’a ordonné de ne rien vous cacher concernant cette affaire. Je dirai donc toute la vérité, car je regrette d’avoir été conduit à rejoindre Saïd Ali, maintenant qu’il a tué notre Sultan. Mais j’espère que vous demanderez au peuple de Ngazidja présent ici de me pardonner. Lorsque Ntiɓe Mbamba passa du côté de Saïd Ali, je le suivis, car j’étais également opposé à l’abolition de la traite des esclaves, que projetait Msafumu. Je fus nommé second commandant des soldats wangazidja de Saïd Ali ; Kari wa Djae en était le chef.</p>



<p>La capture de Msafumu se fit entièrement par ruse. Saïd Ali proposa la paix à condition qu’il s’engageât à ne plus soutenir le sultan Abdallah<sup data-fn="2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e" class="fn"><a id="2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e-link" href="#2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e">4</a></sup> dans une attaque contre Mroni. Il envoya le Jamadar anjouanais Mohamed Alawi avec son vizir pour conclure l’arrangement par écrit. Ils furent admis de nuit par les portes d’Itsandraya, mais Mohammed bin Hasan al Beisa avait déjà trahi et convenu de livrer ce poste aux soldats de Saïd Ali. Certains d’entre eux accompagnaient les envoyés et parvinrent ainsi à pénétrer dans la ville. Une fois celle-ci entrée, toute résistance était impossible, car les soldats, à demi affamés, se montraient presque indifférents à ce qui se passait.</p>



<p>Ils saisirent Msafumu et l’amenèrent à Mroni, mais le sultan Abdallah bin Hamza s’échappa par la porte de Ntsudjini et gagna finalement sain et sauf Mwali à bord d’un boutre. J’étais parti en mission spéciale à Ntsudjini et ce ne fut qu’à mon retour que j’appris que Msafumu était en captivité<sup data-fn="2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957" class="fn"><a id="2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957-link" href="#2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957">5</a></sup>.</p>



<p>Kari wa Djae prit possession de la maison de Msafumu à Itsandraya après que les soldats anjouanais eurent emmené ce dernier. Ils s’emparèrent de toute sa famille et de tous ses biens. Je poursuivis jusqu’à Ntsudjini avec mes hommes et, selon mes ordres, capturai treize des parents de Msafumu. J’emportai aussi 3 000 dollars noirs que Msafumu avait dans un coffre sur place<sup data-fn="f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c" class="fn"><a id="f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c-link" href="#f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c">6</a></sup>. Je ne permis à personne d’insulter ces captifs. Toutes étaient jeunes, élevées « twaâ<sup data-fn="3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21" class="fn"><a id="3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21-link" href="#3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21">7</a></sup> ». Toutefois, Saïd Ali en donna une à Ntiɓe Mbamba pour son harem, en prit une autre comme concubine, et envoya les restantes au roi de Ndzuani<sup data-fn="09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8" class="fn"><a id="09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8-link" href="#09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8">8</a></sup> dans le boutre d’Awathi, conformément à leur accord.</p>



<p>Après cela, les soldats anjouanais montèrent à Ntsudjini et s’emparèrent de la mère de Msafumu, [Djana] Nema binti Djumɓe Fumu, et de sa sœur, Mmadjamu binti Fefumu, que j’avais laissées libres. Ils les dépouillèrent entièrement devant leur peuple, les humiliant si gravement qu’elles s’allongèrent et moururent toutes deux<sup data-fn="64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae" class="fn"><a id="64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae-link" href="#64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae">9</a></sup>, davantage, je pense, de honte que des sévices subis.</p>



<p>Msafumu fut gardé enchaîné dans une chambre durant environ une semaine. J’entendis dire que Saïd Ali avait tenté de l’empoisonner, mais il en fut averti par une esclave qui lui apportait sa nourriture. Lorsque les Anjouanais revinrent de Ntsudjini, ils ramenèrent tous les gens de Msafumu, esclaves comme hommes libres, ainsi que tous leurs biens. Ils apportèrent aussi les traités anglais signés par Msafumu et le sultan Abdallah. Saïd Ali les lut et les remit au Jamadar anjouanais, qui les porta aussitôt dans la prison de Msafumu. Là, il les déchira en morceaux, tandis que les soldats anjouanais et les partisans de Saïd Ali se tenaient autour en se moquant de lui, lui demandant s’il fallait aller chercher Saïd Barghash ou ses amis anglais. Puis ils l’étranglèrent.</p>



<p>Après avoir emmené les onze jeunes femmes à Ndzuani, le boutre d’Awathi retourna à Mroni et fit deux autres voyages semblables, transportant chaque fois un grand nombre de jeunes filles wangazidja pour le roi de Ndzuani.</p>



<p>Ensuite, il envoya les Anjouanais dans les villages où résidaient les esclaves familiaux de Msafumu. Ils étaient pratiquement libres, mais issus de familles serviles anciennes qui avaient gardé le bétail de la famille des chefs durant des générations. Les villages se nommaient « Igadjuu », « Mɓaleni », « Hamanvu Mbwani », « Ngole » et « Nɗuɓweni ». Ils emmenèrent toutes les âmes : hommes, femmes et enfants. Quand je les vis, ils campaient à l’extérieur de Mroni, prêts à l’embarquement. Il n’y avait parmi eux aucun vieillard. Les Anjouanais me dirent qu’environ deux cents de ces personnes avaient été séparées puis tuées dans une partie dense de la forêt au cours du trajet. Le nombre ramené atteignait certainement plus de cinq cents.</p>



<p>Nous reçûmes plusieurs visites de deux Français. J’ignore leurs noms. Ils étaient accompagnés de deux commis dont j’ai connu les noms à l’époque, mais que j’ai oubliés. Ils venaient de Maore pour enregistrer les esclaves que leur vendait Saïd Ali. La plus grande partie de leurs cargaisons fut expédiée sur deux navires qui firent chacun deux voyages à Maore. Les propriétaires étaient des Arabes, mais je ne remarquai pas le pavillon qu’ils arboraient. Ils achetèrent et embarquèrent au total 300 esclaves et 120 wangazidja libres. Tous, esclaves et libres, étaient ligotés, les mains derrière le dos, jusqu’à leur mise à bord.</p>



<p>Les Français logeaient l’un chez Abdullah Felahi, l’Indien, et l’autre chez Ali Sham, autre homme d’affaires de Saïd Ali. Ils tenaient toute la comptabilité. Le règlement du prix de ces esclaves causa beaucoup de difficultés, mais il fut finalement convenu que tant les esclaves que les libres seraient comptés à 40 dollars par tête, et qu’une pièce de 5 francs ou deux roupies vaudraient un dollar. L’argent fut immédiatement scellé et envoyé par Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi au roi de Ndzuani. La première fois il emporta plus de 10 000 dollars, la seconde, je crois, 6 000.</p>



<p>Saïd Ali reconnut sa dette totale envers le roi Abdallah pour les soldats, le transport, les vivres et les munitions à hauteur de 25 000 dollars<sup data-fn="459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91" class="fn"><a id="459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91-link" href="#459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91">10</a></sup>, mais le roi répondit qu’elle s’élevait à 40 000 dollars, exigeant ainsi son profit. Peu avant mon départ, Ɓuku Hamaɗi fut renvoyé sur le boutre d’Awathi pour déclarer que Saïd Ali considérait avoir entièrement réglé sa dette, le seul profit qu’il consentait étant d’avoir livré toutes les plus belles femmes de Ngazidja, condition qu’il avait scrupuleusement respectée. Il lui avait envoyé 3 000 dollars (sham) pris à Msafumu, 120 esclaves de plantation valant 5 000 dollars, et les sommes reçues des Français. On pensait que cette réclamation conduirait à une querelle.</p>



<p>Outre ces expéditions, Saïd Ali envoyait constamment de petits lots d’esclaves à Maore et à Ndzuani, dont il gardait le produit, et nous avions tous, en particulier les Anjouanais, la liberté de capturer quiconque et de le vendre aux boutres arabes et français, pourvu que nous ne contrecarrions pas les arrangements de notre chef. Pendant la famine, nous en vendîmes beaucoup pour quelques livres de riz ou de grain, mais lorsque la disette cessa, Saïd Ali devint avide et vendit nombre d’esclaves que nous avions rassemblés pour nous-mêmes. Il en écoula certains des miens que je gardais dans une maison à Itsandraya, et alors je me disputai avec lui. Je n’étais plus en bons termes avec lui depuis qu’il avait ordonné la mort de Msafumu.</p>



<p>Presque toutes les troupes wanyamwezi envoyées par Saïd Barghash pour aider Msafumu furent capturées et vendues aux Français pour 40 dollars par tête. Dix d’entre eux furent toutefois autorisés à entrer au service de Saïd Ali. Il y avait parmi eux plusieurs esclaves affranchis des Anglais, élevés dans la mission de Zanzibar. Ceux-ci écrivirent au consul, mais Saïd Ali découvrit leurs lettres et les déchira. Les Français connaissaient toute l’affaire de Msafumu, mais disaient que cela ne les concernait pas, puisqu’ils ne venaient que pour acheter des esclaves. Après ma querelle avec Saïd Ali, je saisis la première occasion de quitter Mroni, que j’ai abandonné il y a vingt jours à bord du boutre de Rashid<sup data-fn="2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22" class="fn"><a id="2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22-link" href="#2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22">11</a></sup>.</p>



<p>Lorsque je partis, la famine était complètement terminée, mais les principautés d’Ikoni<sup data-fn="80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0" class="fn"><a id="80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0-link" href="#80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0">12</a></sup> et d’Itsandraya étaient presque dépeuplés. Je ne pense pas qu’il restât une seule personne vivante dans le premier ; environ 1 200 y moururent. Dans les grandes villes d’Itsandraya, seuls les plus pauvres moururent effectivement de faim, bien que des centaines succombassent à la « fièvre de famine » qui se répandit dans l’île.</p>



<p>Cependant, en chassant les esclaves pour notre propre compte dans les villages de montagne, nous n’y trouvâmes pour la plupart que des squelettes, gisant sur les sentiers où ils s’étaient traînés à la recherche de racines. Il est impossible d’évaluer la mortalité dans ce vaste pays, mais elle ne fut pas inférieure à 3 000 ou 4 000 personnes. Nous ne pûmes pénétrer sur la côte orientale de l’île<sup data-fn="3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697" class="fn"><a id="3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697-link" href="#3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697">13</a></sup>, mais, d’après ce que j’entendis, la détresse y fut relativement légère. Ces principautés ne participèrent pas activement à la guerre, et je ne pense pas que Saïd Ali y étendra ses raids, car en ce cas ils deviendraient probablement hostiles et se rallieraient en bloc au frère<sup data-fn="884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945" class="fn"><a id="884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945-link" href="#884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945">14</a></sup> de Msafumu, à Hamahame.</p>



<p>Saïd Ali espérait vivement — ou feignait d’espérer — obtenir la protection française. Si on lui permettait d’arborer le pavillon français, nul ne saurait dire jusqu’où il irait<sup data-fn="cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1" class="fn"><a id="cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1-link" href="#cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1">15</a></sup>. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1883-84, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90"><em>Le 13 octobre 1882, deux traités visant à abolir l’esclavage furent signés entre, d’une part, Msafumu wa Fefumu (Itsandraya) et Abdallah bin Saïd Hamza (Ɓamɓao), et d’autre part, le consul britannique Frederic Holmwood.</em> <a href="#e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6"><em>Consul britannique à Zanzibar.</em> <a href="#2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0"><em>Barghash bin Saïd, sultan de Zanzibar et allié de Msafumu.</em> <a href="#86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e"><em>Abdallah bin Hamza, ancien sultan du Ɓamɓao renversé par son cousin Saïd Ali, est le beau-frère et l’allié de Msafumu.</em> <a href="#2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957"><em>Dans la maison de Mze Suluhu, à Ɓaiɗi.</em> <a href="#2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c"><em>Selon <a href="https://beshelea.com/mbafumu-wa-madjuani-1883/">Mɓafumu wa Madjuani</a>, il s’agissait d’une somme destinée à couvrir les frais d’un projet de pèlerinage de Msafumu.</em> <a href="#f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21"><em>Le terme <em>Twaâ</em> désigne l’obéissance et la bonne éducation.</em> <a href="#3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8"><em>Sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae"><em>Il convient de préciser que Djana Nema, mère de Msafumu, n’est pas décédée durant la semaine de captivité de son fils, puisqu’il est établi qu’elle assista aux funérailles de ce dernier. Il semble plutôt s’agir d’une tournure d’expression comorienne destinée à signifier que Djana Nema et sa fille Mmadjamu étaient « <em>wafu ha hamu na djuɗi / waoneswa haya</em> » (mortes de chagrin et de tristesse / accablées de honte), en raison de l’humiliation publique qu’elles subirent. Il ne s’agit donc en aucun cas d’une mort réelle, au sens strict du terme.</em> <a href="#64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91"><em>Saïd Ali, soutenu militairement et logistiquement par le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani, dut honorer une lourde dette « nau » de guerre envers ce dernier.</em> <a href="#459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22"><em>Rashid bin Saïd al Suri, témoin envoyé à Ngazidja par Saïd Barghash. Sujet zanzibarite, son boutre, le « Sahala », navigue sous pavillon de Zanzibar.</em> <a href="#2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0"><em>Comprendre le Ɓamɓao, dont Ikoni fut longtemps le chef-lieu.</em> <a href="#80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697"><em>Dans le Hamahame, le Washili et le Ɗimani, principautés Inya Fwamɓaya.</em> <a href="#3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945"><em>Mɓafumu wa Ɓwana Hadji, un oncle maternel Msafumu wa Fefumu</em>. <a href="#884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1"><em>L&rsquo;histoire donnera raison à cette analyse de Mshangama bin Mwalimu.</em> <a href="#cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-mshangama-mwalimu/">Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Mshangama bin Mwalimu</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 11:04:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Personnalité historique]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Hamaɗi Waɗi s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao est un ancien esclave nyamwezi, affranchi par une cour du consulat britannique de Zanzibar. En février 1882, il comptait parmi les soldats envoyés par le sultan Barghash bin Saïd pour prêter main-forte au sultan <em>Ntiɓe</em> Msafumu. Un an plus tard, en 1883, il livra au consul britannique Frederic Holmwood le récit de son aventure à Ngazidja : les raisons, selon lui, de leur échec, la capture de Msafumu, ainsi que les scènes de chaos et de famine qui ravagèrent l’île.</em></p>



<p>« J’ai été capturé il y a trois ans, sur un boutre venant de Kilwa<sup data-fn="04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4" class="fn"><a id="04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4-link" href="#04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4">1</a></sup>, et libéré par le consul anglais<sup data-fn="83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63" class="fn"><a id="83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63-link" href="#83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63">2</a></sup>. L’an dernier, n’ayant à ce moment aucun travail convenable, je me suis enrôlé dans la troupe de Kara Hadji<sup data-fn="dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835" class="fn"><a id="dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835-link" href="#dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835">3</a></sup> et suis allé à la Ngazidja. Nous étions pour la plupart des Nyamwezi<sup data-fn="8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b" class="fn"><a id="8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b-link" href="#8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b">4</a></sup>, mais certains de mes amis, qui avaient également été libérés par les Anglais, ainsi que Konop, qui avait été instituteur dans la mission anglaise, et quelques-uns de ses compagnons, nous rejoignirent. Nous disposions de carabines Enfield<sup data-fn="53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021" class="fn"><a id="53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021-link" href="#53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021">5</a></sup> et de nombreuses cartouches, et si nous avions eu un chef véritable, nous aurions pu refouler sans délai Saïd Ali dans la mer<sup data-fn="30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f" class="fn"><a id="30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f-link" href="#30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f">6</a></sup>. Mais des divisions surgirent entre nous dès le début, et nous découvrîmes ensuite que Mohammed bin Hasan [al-Beisa], qui nous avait été envoyé comme agent confidentiel de Saïd Barghash<sup data-fn="0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969" class="fn"><a id="0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969-link" href="#0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969">7</a></sup>, était depuis toujours en correspondance avec Saïd Ali.</p>



<p>Après votre départ d’Itsandraya, nous eûmes vite consommé le riz que vous nous aviez laissé, et, lorsque la cargaison de grain arriva enfin de Zanzibar, une terrible famine faisait déjà rage. Msafumu, voyant ses gens mourir par centaines chaque jour, proposa la paix à Saïd Ali, qui feignit de vouloir la conclure, à condition qu’on le laissât en possession tranquille de Mroni<sup data-fn="00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900" class="fn"><a id="00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900-link" href="#00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900">8</a></sup>. L’arrangement fut conduit par Mohammed bin Hasan, qui se rendit librement à Mroni pour négocier avec Saïd Ali. Il déclara avoir obtenu des conditions très favorables et annonça que le Jamadar<sup data-fn="e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5" class="fn"><a id="e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5-link" href="#e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5">9</a></sup> viendrait chercher la ratification de Msafumu. Sans doute fûmes-nous bien imprudents de laisser sans garde les portes qui s’étaient révélées imprenables, mais nous croyions tous al-Beisa quand il affirmait que la guerre était finie. Il plaça quelques gardes de son entourage aux postes de garde, et ceux-ci laissèrent entrer les soldats anjouanais avec leurs officiers. Msafumu et tous ceux qui ne purent s’échapper furent saisis.</p>



<p>Je parvins à m’enfuir à Shinɗini<sup data-fn="2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace" class="fn"><a id="2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace-link" href="#2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace">10</a></sup>, avec le sultan Abdallah bin Hamza et l’ancien vizir. Hashimu, le chef, nous cacha et fit conduire le sultan Abdallah jusqu’à la côte. Comme j’étais peu connu des hommes de Saïd Ali, je partis à pied vers Ikoni, où je savais l’existence d’un bois contenant des fruits sauvages auxquels nous avions eu recours lorsque nous assiégions Mroni. Toute la route vers cet endroit était jonchée de cadavres, et l’on y voyait encore quelques survivants, principalement des enfants, qui s’étaient maintenus en se nourrissant d’herbes. Personne n’avait encore découvert les fruits, mais la plupart avaient pourri.</p>



<p>J’entrai dans la ville que je connaissais bien depuis le siège de Mroni. Toute âme y avait péri. Les morts gisaient sans sépulture, pourrissant en tas ou isolés. Presque chaque maison contenait des cadavres, manifestement morts de faim. Devant la maison de l’ancien chef, je tombai sur lui (Muhammad Mshangama), étendu mort, réduit à l’état de squelette, bien qu’il fût évident qu’il n’était décédé que depuis quelques heures. Je ne rencontrai pas un seul être vivant de toute la journée et gagnai Selea<sup data-fn="73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd" class="fn"><a id="73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd-link" href="#73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd">11</a></sup>, où j’obtins un peu de nourriture ; mais je fus arrêté par les soldats de Saïd Ali et vendu, contre un sac de grain, à Buku Hamaɗi<sup data-fn="91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42" class="fn"><a id="91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42-link" href="#91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42">12</a></sup>, à Mroni. N’ayant pas été reconnu comme l’un des soldats de Msafumu, je fus ensuite vendu à un Arabe Suri<sup data-fn="2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40" class="fn"><a id="2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40-link" href="#2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40">13</a></sup>, nommé Hamaɗi, contre du riz. Il m’embarqua sur son boutre, mais il m’arrivait souvent de descendre à terre pour des affaires du nahuza<sup data-fn="65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c" class="fn"><a id="65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c-link" href="#65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c">14</a></sup> Ɓwana Husein.</p>



<p>Je connus la grand-mère<sup data-fn="1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0" class="fn"><a id="1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0-link" href="#1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0">15</a></sup> de Msafumu. Elle demeura dans sa vieille maison de Mroni. On ne l’inquiéta pas. Le jeune fils<sup data-fn="9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271" class="fn"><a id="9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271-link" href="#9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271">16</a></sup> de Msafumu fut amené, avec sa nourrice que vous aviez libérée, dans sa maison. Je l’y vis, en bonne santé, avant mon départ. Mes compagnons furent tous vendus aux Français, qui les embarquèrent pour Maore. Quelques-uns toutefois rallièrent Saïd Ali, mais ils furent envoyés en service à Mitsamihuli. Je vis la hutte où Msafumu était enfermé<sup data-fn="03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99" class="fn"><a id="03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99-link" href="#03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99">17</a></sup>. Saïd Ali tenta de l’empoisonner. Une petite esclave lui apportait de la nourriture de chez sa grand-mère, et les soldats reçurent l’ordre de l’arrêter et d’empoisonner la nourriture. Saïd Ali leur donna une poudre blanche à y mêler. Soit que l’esclave en avertît Msafumu, soit que le poison n’eût pas d’effet, il était encore vivant le lendemain. Quelques soldats, qui montèrent à bord ce soir-là, en parlèrent à leur maître. Ils croyaient cependant qu’il serait certainement éliminé.</p>



<p>Nous partîmes pour Mangao, où le Nahuza refusa de me laisser débarquer ; mais, de nuit, je me jetai à la mer et gagnai la côte à la nage, puis je poursuivis ma route à pied jusqu’à Kilwa. Là, je rencontrai un ancien compagnon d’esclavage, et je travaillai avec lui dans une mangrove à couper des perches, pour quoi je reçus un passage gratuit vers Zanzibar à bord du <em>« Mtepe »</em>, appartenant à un Banian. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1883-84, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4"><em>Ancienne cité prospère de la côte swahilie, aujourd’hui intégrée à la Tanzanie.</em> <a href="#04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63"><em>Il est fait référence à John Kirk.</em> <a href="#83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police de Saïd Barghash.</em> <a href="#dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b"><em>Une ethnie de la côte est-africaine.</em> <a href="#8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021"><em>Le fusil Lee-Enfield, fusil militaire à répétition et à verrou, accompagna les troupes britanniques dès la fin du XIXe siècle.</em> <a href="#53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f"><em>La troupe de Kara Hadji arriva le 27 février 1882 à Itsandraya Mdjini. À ce moment-là, le sultan Saïd Ali fut aussitôt assiégé à Mroni par le sultan Ntiɓe Msafumu.</em> <a href="#30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969"><em>Sultan de Zanzibar et allié de Msafumu.</em> <a href="#0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900"><em>Selon Hamaɗi Waɗi, Saïd Ali, dans sa ruse, aurait consenti à mettre fin à la guerre à condition de demeurer sultan du Ɓamɓao.</em> <a href="#00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5"><em>Mohamed Alawi, commandant des soldats anjouanais envoyés par le sultan Abdallah bin Salim en soutien à Saïd Ali.</em> <a href="#e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace"><em>Dans le Mbadjini, fief de Hashim wa Mwinyi Mkuu, oncle et allié de Saïd Ali durant la guerre.</em> <a href="#2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd"><em>Un village du Ɓamɓao, situé à quelques kilomètres au sud de Mroni.</em> <a href="#73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42"><em>Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi, un Moronien très impliqué dans le trafic d’esclaves, notamment avec son boutre Awathi.</em> <a href="#91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40"><em>Du mot « Surriyya ». Dans la zone swahilie, un Arabe dit « Suri » désignait une personne dont le père était arabe et dont la mère était une concubine non arabe, souvent d’origine servile.</em> <a href="#2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c"><em>Capitaine en shikomori</em>. <a href="#65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0"><em>S’agit-il de Singa, mère de Djana Nema — laquelle donna naissance à Msafumu wa Fefumu — et épouse de Djumbe Fumu, ancien sultan du Ɓamɓao ? Ou bien s’agit-il de Mwana Wetru, mère d’Anziza et belle-mère de Msafumu ?</em> <a href="#1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271"><em>Il s’agirait de Rashid [Shanfi ?] wa Msafumu, selon une note de Holmwood fondée sur les témoignages de Mze Salim Djumbamba et Rashid bin Saïd al Suri, qui organisèrent son exfiltration, avec quelques membres de sa famille, de Ngazidja vers Zanzibar.</em> <a href="#9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99"><em>La maison de Mze Suluhu, à Ɓaiɗi.</em> <a href="#03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-hamadi-wadi/">Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Sultan Abdurahmane II, tyran, assassiné par son peuple</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Sep 2024 10:39:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Personnalité historique]]></category>
		<category><![CDATA[Abdurahmane bin Saïd Hamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Djumɓe Fatima binti Abdurahmane]]></category>
		<category><![CDATA[Fumɓoni]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Abdurahmane bin Saïd Hamadi n'aurait jamais imaginé que son règne finirait sous les coups de ceux qu'il gouvernait. Renversé par une révolte populaire à Fumɓoni, il symbolise la chute brutale de la dynastie Ramanetaka après un demi-siècle de pouvoir.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Au cœur des tumultes de l&rsquo;histoire des Comores, rares sont les souverains dont le règne s&rsquo;est achevé dans le sang, renversés par la main même de leur peuple. Parmi ces exceptions se dresse la figure d&rsquo;Abdurahmane bin Saïd Hamadi, Sultan de Mwali à partir de 1878, dont le destin tragique s&rsquo;accomplit à Fumɓoni en 1884. Ce régicide, fruit d&rsquo;une révolte populaire, marque la chute brutale de la dynastie Ramanetaka après un demi-siècle de pouvoir. Comment en est-on arrivé là ? Quelles furent les forces qui ont précipité cette chute ? Les traditions orales, couplés aux maigres sources historiques disponibles, nous offrent des éléments pour tenter de percer les mystères de ce drame.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ils sont deux dans ce cas</h3>



<p>Avant de s&rsquo;attarder sur le cas d&rsquo;Abdurahmane II, il est nécessaire de rappeler un précédent qui remonte au 16e siècle, sur l&rsquo;île de Ngazidja. Le sultan Ɗari wa Ntiɓe<sup data-fn="f97bf35f-af4b-422f-93da-6b58bca69a77" class="fn"><a id="f97bf35f-af4b-422f-93da-6b58bca69a77-link" href="#f97bf35f-af4b-422f-93da-6b58bca69a77">1</a></sup>, troisième souverain du Mbadjini, appartenant à la lignée des Mɗomɓozi, s&rsquo;était acquis une réputation de cruauté sans égale. Obsédé par la crainte d&rsquo;être renversé, il conçut un plan sinistre visant à éliminer tous les garçons nés dans sa lignée, y compris ses propres descendants. Cependant, sa tyrannie atteignit un point de rupture lorsqu&rsquo;un Conseil secret de notables, les maɓedja, décida de prendre les armes contre lui. Traqué jusque dans la forêt de Mwamɓani, Ɗari wa Ntiɓe fut finalement capturé et exécuté, son corps traîné jusqu&rsquo;à la colline de Hainawali.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le contexte du règne d&rsquo;Abdurahmane II</h3>



<p>Né en 1860, Abdurahmane bin Saïd Hamadi est le deuxième fils de la Sultane Djumɓe Fatima et de <a href="https://beshelea.com/said-hamadi-nasser-mwali/">Saïd Hamadi bin Nasser Mkadara</a>. Le jeune prince naquit dans une période politiquement troublée. Sa mère, sous la pression d&rsquo;influences étrangères, signa en 1865 un contrat d&rsquo;exploitation avec le Français Joseph Lambert, concédant à ce dernier 42 % des terres cultivables de l&rsquo;île. Ce contrat, perçu comme inégalitaire, fit perdre à Djumɓe Fatima le contrôle de son île. Conseillée par ses beaux-fils, les Zanzibari Seïf et Abdallah Saïd Hamadi<sup data-fn="48939f56-4aeb-4851-904e-f4e14079355a" class="fn"><a id="48939f56-4aeb-4851-904e-f4e14079355a-link" href="#48939f56-4aeb-4851-904e-f4e14079355a">2</a></sup>, elle abdiqua en 1867 en faveur de son fils aîné, Muhammad bin Saïd Hamadi, alors âgé de seulement neuf ans. Elle espérait par ce geste pouvoir dénoncer l’accord. La réponse française fut brutale : en novembre de la même année, Fumɓoni fut bombardée.</p>



<p>Après un périple en Europe<sup data-fn="b06a7564-41b1-4b08-a75a-c37845894d44" class="fn"><a id="b06a7564-41b1-4b08-a75a-c37845894d44-link" href="#b06a7564-41b1-4b08-a75a-c37845894d44">3</a></sup>, Djumɓe Fatima rentra à Mwali en janvier 1871, sans succès. La révolte contre Lambert enfla, mais la marine française bombarda à nouveau Fumɓoni en juin 1871. En 1874, le jeune sultan Muhammad mourut de maladie, et Djumɓe Fatima reprit le trône jusqu’à sa mort en mai 1878. C’est dans ce contexte troublé qu’Abdurahmane, à peine âgé de 18 ans, accéda au pouvoir. Contrairement à son frère aîné, il n’avait pas bénéficié d’une éducation adaptée à un futur règne. Enfant, il avait grandi avec un certain laisser-aller et sous l’influence des Français présents à la cour de Fumɓoni, tels que Lambert<sup data-fn="5e564d83-4f26-46a7-bf73-a91d5b2ef348" class="fn"><a id="5e564d83-4f26-46a7-bf73-a91d5b2ef348-link" href="#5e564d83-4f26-46a7-bf73-a91d5b2ef348">4</a></sup> et Fleuriot de Langle<sup data-fn="379a14c5-903a-4ebe-9996-1b59b11a4664" class="fn"><a id="379a14c5-903a-4ebe-9996-1b59b11a4664-link" href="#379a14c5-903a-4ebe-9996-1b59b11a4664">5</a></sup>, ou de l&rsquo;Anglais William&nbsp;Sunley<sup data-fn="f6ae45fb-a010-47db-ac8e-907540a225b7" class="fn"><a id="f6ae45fb-a010-47db-ac8e-907540a225b7-link" href="#f6ae45fb-a010-47db-ac8e-907540a225b7">6</a></sup>, qui influencèrent négativement son comportement.</p>



<p>Mal préparé, il rompit avec la tradition conciliante de ses prédécesseurs, ignorant les conseils de ses proches. S’adonnant à l’alcool, notamment au <em>trembo</em>, une boisson locale fermentée à partir de la sève de cocotier, il sombra dans des pratiques contraires aux mœurs. On raconte qu’il abusait de son pouvoir pour retenir des jeunes femmes, mariées ou non, les gardant parfois en harem. Ce qui provoqua un profond dégoût et une colère grandissante parmi la population.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le début de la fin</h3>



<p>Paradoxalement, Abdurahmane II, bien que tyran, avait une passion pour la culture. Il était un virtuose du <em>gabusi</em> et un grand compositeur de chants de <em>lenga</em>. Il n’hésitait pas à inviter la population à assister à ses performances. Mais ces moments de culture servaient également à satisfaire ses penchants les plus dégradants. Sa passion pour la danse <em>lenga</em>, connue pour son érotisme, enflammait particulièrement les esprits. Le sultan, se donnant en spectacle, obligeait des jeunes filles, même de la noblesse, à danser en tenues légères, exacerbant ainsi la colère de ses sujets.</p>



<p>Face à ces excès, la contestation grandit sur l’île. Le sultan, conscient de l’hostilité croissante à son égard, sombre dans une paranoïa qui le pousse à éliminer toute personne qu’il soupçonne de comploter contre lui. Le meurtre de trop survient après son retour de Zanzibar en 1882, où il avait obtenu l’approbation du sultan Barghash bin Saïd pour son règne. Informé d’un complot contre lui, il fait exécuter de nombreux suspects, dont le Cadi et trois de ses ministres.</p>



<p>Mais le sultan ne s’arrête pas là. Lors d&rsquo;un déplacement à Hoani, au nord-ouest de l&rsquo;île, il commit l&rsquo;irréparable en violant l&rsquo;épouse d&rsquo;un cadi respecté, Madi bin Ali. Ce dernier, blessé dans son honneur, décida d’éliminer physiquement Abdurahmane II. Avec quelques proches, il ourdit un plan pour l&rsquo;assassiner. Ils se concertent secrètement à Ngamarumɓo<sup data-fn="545d877e-ad54-46fd-8672-6d70e1be027b" class="fn"><a id="545d877e-ad54-46fd-8672-6d70e1be027b-link" href="#545d877e-ad54-46fd-8672-6d70e1be027b">7</a></sup>, aujourd’hui quartier de Hoani, jurant sur le Coran de ne pas faillir à leur mission. Pour ce faire, ils usèrent également de forces mystiques et une machette qui aurait été spécialement conçue à Male<sup data-fn="da569a61-312a-48db-8320-243aa869dc9d" class="fn"><a id="da569a61-312a-48db-8320-243aa869dc9d-link" href="#da569a61-312a-48db-8320-243aa869dc9d">8</a></sup>, à Ngazidja, est préparée pour l’acte fatal.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La fin d&rsquo;un règne</h3>



<p>Le jour fixé pour le coup, il ne restait qu’à localiser le sultan, qui ne résidait pas régulièrement <a href="https://beshelea.com/protocole-djum%c9%93e-fum%c9%93oni/">au palais</a>, changeant souvent de résidence par crainte d’un renversement<sup data-fn="e13507d5-f79e-4815-b9d5-20c7e138b666" class="fn"><a id="e13507d5-f79e-4815-b9d5-20c7e138b666-link" href="#e13507d5-f79e-4815-b9d5-20c7e138b666">9</a></sup>. Ce jour-là, il se trouvait dans une résidence proche du Pangahari<sup data-fn="f0dffcd2-dda9-4aae-9d90-3d84f72bf33d" class="fn"><a id="f0dffcd2-dda9-4aae-9d90-3d84f72bf33d-link" href="#f0dffcd2-dda9-4aae-9d90-3d84f72bf33d">10</a></sup>, autrefois appartenant à Tsivandini, ancien premier ministre de sa mère. Trois des conjurés se rendirent sur place, dissimulant leurs armes dans un panier et prétendant apporter du <em>trembo</em> commandé par le sultan. Les gardes, croyant à cette ruse, les laissèrent entrer. À l&rsquo;intérieur, ils trouvèrent Abdurahmane en plein massage. Ils firent signe aux jeunes femmes de ne pas crier et achevèrent le sultan, alors âgé de 24 ans. Les conspirateurs poursuivirent leur purge, éliminant ceux qui avaient soutenu l&rsquo;autoritarisme du défunt roi, déclenchant ainsi une révolte généralisée à Fumɓoni et dans toute l&rsquo;île.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La révolte et ses conséquences</h3>



<p>L&rsquo;assassinat d&rsquo;Abdurahmane II, perçu comme une libération, souleva toutefois la question épineuse de la succession. Une faction, dirigée par Madi bin Ali, proclame la fin du règne de la dynastie Ramanetaka<sup data-fn="403a89b3-075e-4808-8f2b-0f96c263bf79" class="fn"><a id="403a89b3-075e-4808-8f2b-0f96c263bf79-link" href="#403a89b3-075e-4808-8f2b-0f96c263bf79">11</a></sup>, refusant de confier le pouvoir au frère cadet d&rsquo;Abdurahmane, Mahmudu bin Saïd Hamadi. Malgré l&rsquo;opposition, Mahmudu s&rsquo;auto-proclama sultan, soutenu par ses partisans de Wala<sup data-fn="d0c16604-14c1-45cd-9ecf-2ff4dd3f09b6" class="fn"><a id="d0c16604-14c1-45cd-9ecf-2ff4dd3f09b6-link" href="#d0c16604-14c1-45cd-9ecf-2ff4dd3f09b6">12</a></sup>, Djanɗo, Mdjwaezi et une partie de Fumɓoni<sup data-fn="6d7bb582-0cc9-4cb5-bbee-f07361db9070" class="fn"><a id="6d7bb582-0cc9-4cb5-bbee-f07361db9070-link" href="#6d7bb582-0cc9-4cb5-bbee-f07361db9070">13</a></sup>. Cependant, sa résistance s&rsquo;effondra après quelques mois de conflit armé. Madi bin Ali et ses alliés tentent alors de restaurer l&rsquo;ancienne dynastie régnante. Ils firent appel à Muhammad bin Cheikh, fils de l&rsquo;ancien gouverneur Cheikh Muhdhwar<sup data-fn="4aa6d56b-ab59-4275-959e-14935d4aaf66" class="fn"><a id="4aa6d56b-ab59-4275-959e-14935d4aaf66-link" href="#4aa6d56b-ab59-4275-959e-14935d4aaf66">14</a></sup>, qui fut intronisé sultan, mais son règne fut de courte durée.</p>



<p>Confronté à la résurgence des partisans de Mahmudu, Muhammad bin Cheikh dut s&rsquo;exiler après seulement six mois. Le pouvoir passa alors à Mardjani bin Abudu<sup data-fn="dd926817-59da-4760-8c8c-f90b7a1528ec" class="fn"><a id="dd926817-59da-4760-8c8c-f90b7a1528ec-link" href="#dd926817-59da-4760-8c8c-f90b7a1528ec">15</a></sup>, neveu de Cheikh Muhdhwar, mais lui aussi fut contraint à l&rsquo;exil deux ans après, en 1888. La France profita des conflits internes pour renforcer sa domination sur l&rsquo;île. Acculés, Madi bin Ali et ses partisans sollicitèrent l’aide des Français et signent le 26 avril 1886 un traité de protectorat. Ce traité ouvrit la voie à la colonisation française de Mwali, avec la nomination d’un Résident, véritable détenteur du pouvoir sur l’île. Mahmudu continua à réclamer ses droits et à dénoncer le traité. Finalement, après la fuite de Mardjani, les chefs lui confièrent le pouvoir en tant que Sultan et non régent comme l&rsquo;avancent certains<sup data-fn="ba6c7a70-c6f9-4ffa-ace8-40deeb19ae48" class="fn"><a id="ba6c7a70-c6f9-4ffa-ace8-40deeb19ae48-link" href="#ba6c7a70-c6f9-4ffa-ace8-40deeb19ae48">16</a></sup>. Il fut déporté à son tour et interné sur l’île de la Réunion, où il mourut en octobre 1898.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Djoumbe Fatima (1836-1878) reine de Mohéli entre histoire et mémoire, Issouf Charafoudine (2008)</li>



<li>Musique et société aux Comores, Damir Ben Ali (2020)</li>



<li>Traditions orales rapportées en 2019 par feu Salim Djabir, sociologue et historien.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="f97bf35f-af4b-422f-93da-6b58bca69a77"><em>Voir Damir Ben Ali dans « Approche historique des structures administratives des Comores », APOI (1989).</em> <a href="#f97bf35f-af4b-422f-93da-6b58bca69a77-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="48939f56-4aeb-4851-904e-f4e14079355a"><em>Saïd Hamadi bin Nasser les avait eu d&rsquo;une précédente union avec une zanzibarite.</em> <a href="#48939f56-4aeb-4851-904e-f4e14079355a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b06a7564-41b1-4b08-a75a-c37845894d44"><em>Elle effectue un voyage en France en 1867 dans l&rsquo;optique d&rsquo;annuler le contrat auprès de Napoléon III. Elle n&rsquo;a pas pu rencontrer l&#8217;empereur français et son voyage se solda par un échec. </em> <a href="#b06a7564-41b1-4b08-a75a-c37845894d44-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5e564d83-4f26-46a7-bf73-a91d5b2ef348"><em>Mort en 1873 à Fumɓoni, il lui ait attribué d&rsquo;avoir entretenu des relations intimes avec la sultane Djumɓe Fatima. </em> <a href="#5e564d83-4f26-46a7-bf73-a91d5b2ef348-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="379a14c5-903a-4ebe-9996-1b59b11a4664"><em>Il a eu deux enfants hors-mariage avec la sultane : Salima Mashamɓa (1874) et Bakoko.</em> <a href="#379a14c5-903a-4ebe-9996-1b59b11a4664-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f6ae45fb-a010-47db-ac8e-907540a225b7"><em>Consul britannique aux îles Comores, avec résidence à Pomoni, Ndzuani.</em> <a href="#f6ae45fb-a010-47db-ac8e-907540a225b7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="545d877e-ad54-46fd-8672-6d70e1be027b"><em>Au lieu-dit « Ɓwe lavule ». Ngamarumɓo signifie littéralement « relier les intestins ».</em> <a href="#545d877e-ad54-46fd-8672-6d70e1be027b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="da569a61-312a-48db-8320-243aa869dc9d"><em>Male, ville du sud de Ngazidja, est réputée pour être une citée des sciences occultes. </em> <a href="#da569a61-312a-48db-8320-243aa869dc9d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e13507d5-f79e-4815-b9d5-20c7e138b666"><em>Il passait la plus part de son temps dans sa résidence de Komodjuu, près de Mdjwaezi.</em> <a href="#e13507d5-f79e-4815-b9d5-20c7e138b666-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f0dffcd2-dda9-4aae-9d90-3d84f72bf33d"><em>Place publique de Fumɓoni</em>. <a href="#f0dffcd2-dda9-4aae-9d90-3d84f72bf33d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="403a89b3-075e-4808-8f2b-0f96c263bf79"><em>Malgache converti à l&rsquo;islam sous le nom de Sultan Abdurahmane, grand-père d&rsquo;Abdurahmane bin Saïd Hamadi</em> <a href="#403a89b3-075e-4808-8f2b-0f96c263bf79-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d0c16604-14c1-45cd-9ecf-2ff4dd3f09b6"><em>Ce village est le fief de la dynastie Ramanetaka</em> <a href="#d0c16604-14c1-45cd-9ecf-2ff4dd3f09b6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6d7bb582-0cc9-4cb5-bbee-f07361db9070"><em>Komɓani</em>. <a href="#6d7bb582-0cc9-4cb5-bbee-f07361db9070-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4aa6d56b-ab59-4275-959e-14935d4aaf66"><em>Était un gouverneur nommé par le souverain de Ndzuani qui exerçait une suzeraineté sur Mwali. Il sera renversé par Ramanetaka qui en même temps proclame l&rsquo;indépendance de l&rsquo;île. </em> <a href="#4aa6d56b-ab59-4275-959e-14935d4aaf66-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dd926817-59da-4760-8c8c-f90b7a1528ec"><em>Fils d&rsquo;une sœur à Cheikh Muhdhwar.</em> <a href="#dd926817-59da-4760-8c8c-f90b7a1528ec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ba6c7a70-c6f9-4ffa-ace8-40deeb19ae48"><em>Les Français, qui avançaient la piste de sa demi-sœur Salima Mashamɓa comme héritière, font passer Mahmudu comme ayant assuré la régence de cette dernière.</em> <a href="#ba6c7a70-c6f9-4ffa-ace8-40deeb19ae48-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Sultan Abdurahmane II, tyran, assassiné par son peuple</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Pourquoi le Zanzibari Saïd Hamadi bin Nasser fut chassé de Mwali ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Sep 2024 16:39:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Personnalité historique]]></category>
		<category><![CDATA[Désiré Charnay]]></category>
		<category><![CDATA[Djumɓe Fatima binti Abdurahmane]]></category>
		<category><![CDATA[Finos Finaz]]></category>
		<category><![CDATA[Henry Rowley]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mwali]]></category>
		<category><![CDATA[Otto Kersten]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Hamaɗi Nasser Mkaɗara]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Tsivandini]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce prince zanzibari, époux de la sultane Djumɓe Fatima, a joué un rôle controversé dans les luttes de pouvoir de Mwali. Il est au centre d'une intrigue complexe mêlant ambitions personnelles et influences étrangères.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’histoire de Mwali, petite île de l’archipel des Comores, est marquée par des événements complexes et des luttes de pouvoir qui ont façonné son destin. L’un des épisodes les plus intrigants est celui de l&rsquo;éviction de Saïd Hamadi [Mohamed] bin Nasser Mkadara, époux de la sultane Djumɓe Fatima binti Abdurahmane. Pourquoi cet homme, venu de Zanzibar, fut-il finalement chassé de l&rsquo;île ? Pour répondre à cette question, il est essentiel de retracer les événements marquants de cette époque, en s&rsquo;appuyant notamment sur le témoignage rare du Premier ministre Tsivandini [Ratsivandi] en 1861 et de précieuses informations fournies par l&rsquo;Allemand Otto Kersten en 1864.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;accession au pouvoir de Djumɓe Fatima</h3>



<p>Au milieu du XIXe siècle, l&rsquo;archipel des Comores, en tant que carrefour commercial et stratégique, attire les convoitises coloniales européennes. La position géographique de Mwali en faisait un point de passage important pour le commerce maritime entre l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est, le Moyen-Orient et l&rsquo;Asie. C&rsquo;est dans ce contexte géopolitique complexe que se déroule l&rsquo;histoire de Saïd Hamadi bin Nasser, un prince omanais de Zanzibar, dont les ambitions et les méthodes autocratiques allaient finalement conduire à son expulsion.</p>



<p>Le 26 mai 1849 marque un tournant décisif avec le couronnement précipité de la jeune Djumɓe Fatima binti Abdurahmane, âgée de treize ans, par la marine française. Cet événement, survenu à la suite d’une régence<sup data-fn="e0d63443-80b6-404b-a8de-5090fd061345" class="fn"><a id="e0d63443-80b6-404b-a8de-5090fd061345-link" href="#e0d63443-80b6-404b-a8de-5090fd061345">1</a></sup> et de diverses influences étrangères à la cour de Fumɓoni, plonge immédiatement la jeune souveraine dans un tourbillon de machinations politiques. La question de son mariage devient centrale, avec diverses factions cherchant à imposer leur candidat pour orienter la destinée de l&rsquo;île. Parmi eux, Tsivandini, ancien conseiller de son défunt père, régent écarté et exilé depuis la première intervention française de 1846, réactive sa piste zanzibarite en envoyant en 1851 le prince omanais Saïd Hamadi bin Nasser, <a href="https://royalark.net/Oman/oman2.htm">neveu et conseiller</a> du Sultan Sayyid Saïd al-Busaid<sup data-fn="9e3938f1-9fe3-44ab-8f0d-d84f21754538" class="fn"><a id="9e3938f1-9fe3-44ab-8f0d-d84f21754538-link" href="#9e3938f1-9fe3-44ab-8f0d-d84f21754538">2</a></sup>, avec l’espoir d’obtenir à la fois le mariage et son retour en grâce auprès des notables de l&rsquo;île.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le mariage avec Saïd Hamadi bin Nasser</h3>



<p>Cependant, la demande en mariage de Saïd Hamadi bin Nasser est fermement refusée par Djumɓe Fatima. Néanmoins, persistant, le prince parvient à obtenir la faveur de Tsivandini par les notables de Mwali. Parallèlement, la figure de Mme Droit<sup data-fn="e4954449-9deb-41e1-ac20-f787fcbca711" class="fn"><a id="e4954449-9deb-41e1-ac20-f787fcbca711-link" href="#e4954449-9deb-41e1-ac20-f787fcbca711">3</a></sup>, gouvernante imposée par les Français en 1847 pour offrir une éducation « française et chrétienne » à la sultane, devient de plus en plus contestée<sup data-fn="30f64a6b-c6fa-4423-8a4f-7a92afdd080a" class="fn"><a id="30f64a6b-c6fa-4423-8a4f-7a92afdd080a-link" href="#30f64a6b-c6fa-4423-8a4f-7a92afdd080a">4</a></sup>. En 1851, les notables et la population exigent son renvoi, voyant en elle une ombre française pesante. Le refus de Djumɓe Fatima de se séparer d&rsquo;elle mena à une révolte à Fumɓoni, au cours de laquelle Mme Droit fut chassée vers Maore, où elle mourut peu après dans des circonstances suspectes<sup data-fn="20221c2a-493e-4358-8908-ca759eb8af2a" class="fn"><a id="20221c2a-493e-4358-8908-ca759eb8af2a-link" href="#20221c2a-493e-4358-8908-ca759eb8af2a">5</a></sup>.</p>



<p>L&rsquo;année suivante, en 1852, cédant aux réalités politiques de son règne, la Sultane accepte finalement la proposition de mariage de Tsivandini, devenu entre-temps ministre, et épouse Saïd Hamadi bin Nasser, de trois décennies son aîné. De cette union naîtront trois enfants : Muhammad, Abdurahmane et Mahmudu. Ce mariage, cependant, ne garantit pas une stabilité durable. En 1859, sous la pression des notables, il s&rsquo;exile volontairement de l&rsquo;île, part pour Zanzibar, puis revient en novembre et se voit interdire l’entrée au palais de Fumɓoni par les ministres de son épouse. Il se réfugie alors à Ngazidja.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;escale de Livingstone et les révélations de 1861</h4>



<p><em>« Nous avons aperçu Ngazidja très tôt le matin du 2 avril et nous avons jeté l&rsquo;ancre près de Mwali, vers midi. Mwali est la plus petite des Comores, mais certainement la plus belle ; c&rsquo;est avant tout une île de beauté. »</em>, rapporte <a href="https://beshelea.com/description-fum%C9%93oni-19e-siecle">Henry Rowley</a>, qui, à bord du <em>Pioneer</em> avec David Livingstone et John Kirk, avait quitté les rives du lac Nyasa à destination de Ndzuani. Ils avaient jeté l&rsquo;ancre en face d&rsquo;un village au nord de Mwali, « cinq ou six milles plus loin » de Fumɓoni le long de la côte, probablement à Hoani. Un homme parlant anglais, venu en canot, s&rsquo;approcha pour se renseigner. Après avoir obtenu les informations nécessaires, il les informa que pour s&rsquo;approvisionner (commercer sur place), il fallait l&rsquo;aval de la reine résidant à Fumɓoni et que des émissaires seraient envoyés pour l&rsquo;en informer.</p>



<p>« <em>Nous descendîmes à terre. Le village était bien entretenu, propre et ordonné. Les indigènes, population mixte d&rsquo;Arabes, de Malgaches et d&rsquo;Africains, n&rsquo;étaient pas si malpropres ; les enfants étaient prévenants et intelligents. Des hommes étaient assis sous les arbres et récitaient le Coran, étant en pleine ferveur du Ramadan, durant lequel tous les bons musulmans jeûnent et prient du lever au coucher du soleil, mais festoient et pèchent du coucher au lever du soleil. Les bananes et autres fruits tentaient le palais dans toutes les directions, mais nous ne pouvions rien acheter jusqu&rsquo;à ce que la reine autorise la vente ».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;entretien avec le Premier Ministre Tsivandini</h3>



<p>Au matin suivant, un messager répondant au nom d&rsquo;Abdallah Ben Ali arriva. Trésorier de la reine et revendeur généraliste, il déclara pouvoir fournir tout ce dont ils avaient besoin : des œufs ou du bois de chauffage, des bœufs ou des esclaves. Ils reprirent alors la mer en direction de la capitale. En cours de route, dans leurs échanges, il mentionna la sultane. <em>« La reine était-elle mariée ? », demandai-je à Abdallah Ben Ali. « Oui, elle était mariée ; cependant, son mari n&rsquo;était pas à Mwali ; il était parti à Zanzibar, et on ne s&rsquo;attendait pas à ce qu&rsquo;il revienne : mais il n&rsquo;y avait rien de désagréable dans cette situation arrangée, tout le monde était content ; c&rsquo;était exactement comme il se doit ».</em> Le cas de Saïd Hamadi Nasser est ainsi évoqué pour la première fois.</p>



<p>Une fois à Fumɓoni, après une audience au palais avec la Sultane, les Anglais furent conviés à rendre visite au Premier ministre, alors alité, n’avait pu assister à la réception. Rowley décrit ce dernier comme <em>« un gros vieillard, à la peau noire et à la barbe blanche »</em>. Il se permet même une remarque déplacée en le qualifiant de <em>« vieillard désagréable, agité, à l&rsquo;air méchant, dont la maladie était évidemment supposée »</em>. Tsivandini ne parlait pas anglais ; l&rsquo;interprétation était assurée par un homme originaire de Ndzuani, qui, une heure plus tôt, avait joué le même rôle devant la reine.</p>



<h5 class="wp-block-heading">L&rsquo;avènement de la dynastie Ramanetaka selon Tsivandini</h5>



<p>L&rsquo;ancien homme de confiance de Ramanetaka était accompagné du ministre Abdallah Musalim (Rahivomanga). Le Premier ministre entame sa narration par la prise de pouvoir du Malagasy à Mwali, en passant par sa mort, la régence confiée à Tsivandini lui-même, jusqu&rsquo;à l’accession de Djumɓe Fatima au titre de Sultane.</p>



<p>« <em>Il y a vingt ans</em><sup data-fn="8630a404-78eb-4f39-82da-8910758c21a9" class="fn"><a id="8630a404-78eb-4f39-82da-8910758c21a9-link" href="#8630a404-78eb-4f39-82da-8910758c21a9">6</a></sup><em>, le frère du roi de Madagascar vint à Mwali. Il amena avec lui de nombreux boutres remplis de personnes, et il fit la guerre aux habitants de Mwali, remportant de nombreuses batailles. Il était très puissant et les habitants de Mwali ne pouvaient pas le vaincre. Cependant, ils étaient de bons musulmans et attachés à leur religion, tandis que les Malgaches, selon eux, ne pratiquaient pas de religion. Ils lui dirent alors : «&nbsp;Si tu veux être notre roi, toi et ton peuple devez embrasser notre religion. Nous ne nous battrons plus. Mais si vous refusez, nous nous battrons chaque jour jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il ne reste plus personne.</em> »</p>



<p><em>Il accepta et lui ainsi que tout son peuple se convertirent à l&rsquo;islam. Nous étions tous heureux à nouveau. Le roi fit venir sa femme, qui apporta avec elle un bébé à naître, notre future reine. Peu après, la vieille reine mourut, suivie du roi. Ils n&rsquo;eurent qu&rsquo;un seul enfant</em><sup data-fn="542b6d25-a3e2-44ee-a583-830deff97ce5" class="fn"><a id="542b6d25-a3e2-44ee-a583-830deff97ce5-link" href="#542b6d25-a3e2-44ee-a583-830deff97ce5">7</a></sup><em>. Avant de mourir, le roi appela ce monsieur (indiquant le premier ministre) et cet autre vieil homme</em><sup data-fn="96d7b474-c508-4e10-9f86-344c3ad25625" class="fn"><a id="96d7b474-c508-4e10-9f86-344c3ad25625-link" href="#96d7b474-c508-4e10-9f86-344c3ad25625">8</a></sup><em>. Il prit sa petite fille, la future reine, dans ses bras et leur dit : « Soyez bons envers elle, prenez soin d&rsquo;elle et gouvernez pour elle jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle devienne femme ». Ils obéirent, et tous furent très heureux.</em> »</p>



<h4 class="wp-block-heading">La dérive autocratique de Mkadara</h4>



<p>Vient alors le sujet qui nous intéresse : son mari, Saïd Hamadi bin Nasser Mkadara. Tsivandini déclare : <em>«</em> <em>Parce qu&rsquo;il a épousé la reine, il se croyait roi</em> ». Cette assertion révèle le caractère tyrannique supposé du Zanzibari. Toujours d&rsquo;après le premier ministre, en usant de son pouvoir de manière oppressive, il a non seulement ignoré le statut de sultane de sa femme, mais également maltraité les habitants en les empêchant de commercer avec les étrangers, les privant ainsi de ressources vitales. Le point culminant de cette dérive a été l’accusation de trafic d’êtres humains lors d’un voyage à Zanzibar, où il aurait vendu des hommes en esclavage.</p>



<p><em>« La reine devient une femme et doit avoir un mari, elle épouse donc un Arabe venu de Zanzibar. Après cela, tous furent très heureux, mais seulement pour peu de temps ; car cet Arabe, parce qu&rsquo;il avait épousé la reine, se croyait roi et ne laissait personne d&rsquo;autre que lui gouverner : il ne laissait personne d&rsquo;autre que lui voir la reine ; et traitait tous les habitants de Mwali comme s&rsquo;ils étaient des chiens, de la terre, des porcs</em>.</p>



<p><em>Il leur a pris leurs biens ; il ne laissait aucun navire venir sur l&rsquo;île pour acheter ce que nous avions à vendre ; il a rendu le peuple très pauvre ; puis il partit pour Zanzibar et emmena avec lui 300 hommes pour montrer au peuple de Zanzibar quel grand homme il était. Mais quand il est revenu à Mwali, il n&rsquo;a ramené que 100 hommes et a déclaré que tous les autres étaient morts. Il a dit cela, mais nous ne l&rsquo;avons pas cru. On dit qu&rsquo;il les vendit comme esclaves. Alors les habitants de Mwali furent très en colère et le chassèrent de l&rsquo;île et jurèrent par Allah qu&rsquo;il ne reviendrait plus jamais. »</em></p>



<h4 class="wp-block-heading">La réaction paradoxale de la Reine</h4>



<p>Malgré le comportement de son mari, Djumɓe Fatima persistait à le réclamer. Elle demandait qu&rsquo;on lui permette de revenir. Ce phénomène constitue l&rsquo;un des nombreux paradoxes qui ont marqué son règne. Une attitude que même Tsivandini, qui avait œuvré pour le mariage de Mkadara, jugeait gênante et incompréhensible. Il affirmait : <em>« She has a very good heart, but a very bad head »</em>.</p>



<p><em>« Mais écoutez encore. Cet Arabe se rend à Zanzibar, et la reine est vraiment désolée que son mari soit loin d&rsquo;elle ; elle a un très bon cœur, mais une très mauvaise tête. Aucun sens, aucun, les femmes n’en ont jamais eu ; aussi, elle n&rsquo;est pas heureuse sans son mari, elle souhaite qu&rsquo;il revienne, et elle en souffre beaucoup ».</em> De son côté, le missionnaire français Père Finos Finaz, s&rsquo;appuyant d&rsquo;une lettre d&rsquo;un Hova<sup data-fn="78c85393-e452-4aaf-928d-c9ab088c3ca8" class="fn"><a id="78c85393-e452-4aaf-928d-c9ab088c3ca8-link" href="#78c85393-e452-4aaf-928d-c9ab088c3ca8">9</a></sup> en date du 16 janvier 1854, laissait sous-entendre qu&rsquo;elle avait fini par s&rsquo;attacher au mari qu’on lui avait imposé quelques années auparavant. <em>« Je ne voulais pas épouser Saïd Hamadi, on m’y a forcée et maintenant, on veut chasser mon époux. Malheur à ceux qui le chasseront »</em>, aurait-elle déclaré.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Saïd Hamadi rejette tout en bloc et joue sa partition</h4>



<p>En 1859, Makadara se voit interdit d&rsquo;entrer au palais de Fumɓoni par les ministres de son épouse, à son retour de Zanzibar, avant d&rsquo;être finalement chassé. Au début du mois de février 1860, Finaz rencontre ce dernier en exil à Ngazidja et le décrit comme <em>« un homme d&rsquo;un extérieur peu attrayant, mais qui a de la vie, de l&rsquo;entrain et parle avec feu »</em>. Il est important de noter que le missionnaire éprouvait une profonde aversion pour le Zanzibari.</p>



<p>Lorsqu&rsquo;il évoqua les faits qui lui étaient reprochés à Mwali, Saïd Hamadi répondit que de faux rapports avaient été faits à son sujet ; que Ratsivandi et les autres chefs étaient les véritables oppresseurs de la reine, preuve en est qu&rsquo;ils l&rsquo;avaient chassé lui-même de Mwali, car il défendait les intérêts de son épouse. Djumɓe Fatima, qui venait de donner naissance à son deuxième fils, Abdurahmane, sollicite l&rsquo;aide de la France, accusant ses ministres de conspiration. Dans une lettre en avril 1861, elle demande officiellement la protection et une intervention rapide de la France, comme son mari le lui aurait secrètement conseillé quelques semaines auparavant dans une lettre apportée par le <em>Mathilde</em> de retour de Ngazidja.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Lettre de Djumɓe Fatima au Commandant de Maore</h5>



<p style="font-style:normal;font-weight:300"><em>Fumɓoni, le 20 avril 1861</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Monsieur le Commandant Supérieur,<br>Je suis à la dernière extrémité, et si l&rsquo;on ne vient promptement à mon secours, je suis perdue sans ressource. Les chefs ne se sont pas contentés de s&#8217;emparer du gouvernement, de se mêler des affaires de ma maison, et de m&rsquo;interdire tout rapport avec mes amis; ils ont été jusqu&rsquo;à me déshonorer publiquement lors d&rsquo;un kabary</em><sup data-fn="a3749547-ece6-47fc-91d7-f40366c74b5d" class="fn"><a id="a3749547-ece6-47fc-91d7-f40366c74b5d-link" href="#a3749547-ece6-47fc-91d7-f40366c74b5d">10</a></sup><em>. Il ne leur reste plus qu&rsquo;à se débarrasser de moi, comme ils cherchent à se débarrasser de ceux qui me témoignent de l&rsquo;intérêt</em><sup data-fn="154c9454-5d79-4b40-854a-492995e25e67" class="fn"><a id="154c9454-5d79-4b40-854a-492995e25e67-link" href="#154c9454-5d79-4b40-854a-492995e25e67">11</a></sup><em>. Monsieur le Commandant, je mets ma personne, celle de mes enfants, et mon île sous la protection de la France.<br>Pour premier acte de ce protectorat, envoyez-moi immédiatement un navire avec des forces afin de me délivrer, d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre, de mes oppresseurs, qui pressurent également mon peuple. Monsieur de Langle ne paraît pas, et en une journée, il se passe beaucoup d&rsquo;événements. Que le Très-Haut vous ait en sa garde.</em></p>
</blockquote>



<h3 class="wp-block-heading">Divergence d&rsquo;opinions entre Djumɓe Fatima et ses ministres</h3>



<p>En effet, quelques mois plutôt, le 16 décembre 1860, un conseil crucial se tint au palais, rassemblant la sultane, ses ministres, ainsi qu&rsquo;une grande partie de la notabilité locale. Parmi les participants se trouvaient également les Français Père Finaz, Fleuriau de Langle, le commandant Desprez et Marius Arnaud. L&rsquo;objet principal de la réunion était la question du retour éventuel de Saïd Hamadi, comme le demandait Djumɓe Fatima. En prenant la parole, Ratsivandi, après avoir consulté ses collègues, affirma que Saïd Hamadi avait quitté le pays de sa propre volonté et non à leur initiative. Cependant, il exprima la ferme décision de ne pas autoriser son retour, arguant que Saïd Hamadi avait semé le trouble par ses vols et ses concussions, et ajouta : <em>« Nous avons promis d&rsquo;obéir à notre reine, mais nous n&rsquo;avons pas promis de nous laisser égorger par un homme qui n&rsquo;est pas notre roi. »</em></p>



<p>En réponse, la reine tenta de réfuter ces charges en arguant que son époux était victime de calomnies, ou que ses actions résultaient de ses ordres souverains. Au fil des discussions, la reine, acceptant que son époux ne participe plus aux affaires gouvernementales, manifesta toutefois son désir de le voir revenir en tant que simple particulier. Cependant, les membres du conseil se montrèrent inflexibles, rejetant cette proposition. <em>«</em> <em>Non, répondirent-ils, car nous avons l’expérience que Saïd Hamadi ne tient pas ses promesses. Nos femmes elles-mêmes n’en veulent pas ; et s’il nous est imposé par la force, nous nous sauverons dans les montagnes</em>. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Très critique contre les missionnaires français</h4>



<p>D&rsquo;ailleurs, en mentionnant le missionnaire français présent à Fumɓoni lors de l&rsquo;arrivée des Anglais, le Premier ministre et ses partisans adressent des critiques tant à lui qu&rsquo;à Marius Arnaud, qui est présenté comme un supposé agriculteur. <em>« Vous les traitez comme s&rsquo;ils étaient les maîtres chez vous, et vous voulez nous faire tuer par eux. Si M. Marius Arnaud est consul français à Mwali, qu&rsquo;il le fasse connaître et qu&rsquo;on sache à quoi s&rsquo;en tenir »</em>, disaient-ils, s&rsquo;adressant à Djumɓe Fatima dans un kabary le 7 avril. Mais ce n&rsquo;est pas sa seule préoccupation. Tsivandini et les chefs locaux se trouvaient dans une position délicate, ne sachant plus sur quel soutien s&rsquo;appuyer. L&rsquo;arrivée inopinée de l&rsquo;amiral des forces navales de Zanzibar à Fumɓoni, le 11 mars, quelques semaines avant les Anglais, n&rsquo;avait fait qu&rsquo;accentuer cette confusion.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;alliance surprenante de Zanzibar</h4>



<p>L&rsquo;amiral, en quête d&rsquo;explications, chercha à comprendre pourquoi les chefs avaient écarté Saïd Hamadi et pourquoi ils persistaient à refuser de l&rsquo;accueillir. Lors d&rsquo;une audience solennelle avec la reine, il l&rsquo;informa des accords récemment conclus entre le sultan Saïd Majid et le commandant français M. de Langle, concernant Mwali. Cet accord prévoit le retour imminent de la corvette arabe, cette fois accompagnée de vaisseaux français. Cette annonce laisse présager une alliance franco-arabe qui pourrait bouleverser l&rsquo;équilibre des forces. Après un séjour de six jours dans la rade de Fumɓoni, l&rsquo;amiral se dirigea vers Ngazidja, emmenant avec lui Mkadara, qu&rsquo;il conduisit à Zanzibar. Ce départ précipite alors de grands conseils, où les chefs s’interrogent sur la suite à donner à cette alliance franco-zanzibarite naissante.</p>



<p><em>« Eh bien, cet Arabe a peur de revenir seul, alors il essaie d&rsquo;abord de convaincre le roi de Zanzibar de le ramener ; puis il va chez les Français, et ils écoutent ce qu&rsquo;il dit et envoient deux hommes ici. L&rsquo;un d&rsquo;eux dit qu&rsquo;il vient pour enseigner, l&rsquo;autre dit qu&rsquo;il vient pour la ferme ; mais ils n&rsquo;enseignent pas et ne cultivent pas. Ils vont chez la reine jour après jour, et ils lui parlent beaucoup ; ce qu’ils disent, personne ne le sait ; mais les Zanzibari nous disent que les Français vont ramener l&rsquo;homme arabe, et si nous ne l&rsquo;avons pas, alors ils prendront Mwali eux-mêmes, donneront de l&rsquo;argent à la reine, donneront de l&rsquo;argent à l&rsquo;homme arabe et feront de Mwali comme Maore, un endroit où ils peuvent cultiver du sucre. »</em></p>



<h4 class="wp-block-heading">L’aversion de Tsivandini pour les Français</h4>



<p>Contrairement à ce que l&rsquo;on pourrait croire, de nombreux dignitaires comoriens de cette époque comprenaient parfaitement la géopolitique régionale. Quant à la forte influence politique des Français sur l&rsquo;île, Tsivandini redoutait le pire. En effet, parmi les nombreuses manipulations auxquelles Djumɓe Fatima était soumise, les Français figuraient parmi les acteurs principaux, exerçant une pression considérable sur le sultanat. Très perspicace, le Premier ministre prévoyait même l&rsquo;avenir. Il n&rsquo;hésitait pas non plus à exprimer son aversion pour les Français et leurs méthodes. <em>« We hate the French »</em>, affirmait-il, préférant établir des relations cordiales avec les Anglais, comme à Ndzuani<sup data-fn="d09a199e-2fbb-444a-b0a4-25631d7b65d9" class="fn"><a id="d09a199e-2fbb-444a-b0a4-25631d7b65d9-link" href="#d09a199e-2fbb-444a-b0a4-25631d7b65d9">12</a></sup>.</p>



<p><em>« Nous ne souhaitons pas que les Français viennent, car ils font travailler très dur les gens et ne les paient pas. Nous aimerions avoir un consul, comme M. Sunley à Ndzuani, et alors les Français resteront à l&rsquo;écart. Nous n&rsquo;aimons pas les Français, nous détestons les Français. S’ils viennent, les habitants de Mwali jurent par Allah qu’ils partiront tous. Mais ils viendront, nous le craignons, et ils feront venir cet Arabe aussi. »</em></p>



<h4 class="wp-block-heading">L’expulsion des « semeurs de troubles »</h4>



<p>Mkadara obtient finalement son retour à la fin de l’année 1861 après l’intervention de la marine française. La France arrête et déporte les ministres hostiles à elle, dont l&rsquo;incontournable Tsivandini, contraint à l&rsquo;exil. Cependant, ce n’est pas uniquement l’épisode de Mkadara qui est à l’origine de cette intervention. Le Père Finaz et Marius Arnaud n’étaient pas bien vus par la population. Selon Rowley, même les enfants <em>« détestaient intensément les Français, et chaque fois que l’on parlait du Père Finaz et d’Arnaud, leurs visages se fermaient, et ils crachaient tous avec véhémence par terre, avec dégoût et vexation »</em>.</p>



<p>Arnaud a affirmé qu’on avait tenté de l’empoisonner. Ils étaient soupçonnés d’essayer de convertir la sultane au catholicisme. La population, et surtout l’entourage de la reine, mécontents, les chassèrent de l’île. Les autorités françaises établies à Maore prirent cela comme prétexte pour lancer un assaut contre l’île de Mwali. Cette intervention eut lieu le 4 juillet 1861 sous le commandement du capitaine Bertin. Avec une troupe d’une cinquantaine d’hommes, Bertin débarqua à Fumɓoni et, sans combat, réussit à persuader la reine de lui livrer les <em>« semeurs de troubles »</em> : Tsivandini et ses compagnons, Abdallah Musalim et Ali Mwalimu.</p>



<p>Ces trois individus furent immédiatement embarqués pour être déportés à Maore sans autre forme de jugement. Les déportés furent logés et nourris à Pamandzi. Tsivandini mourut en 1863. Abdallah Musalim et Ali Mwalimu furent graciés et autorisés à quitter Maore en 1868. Ils se rendirent à Ngazidja avant de retourner à Mwali en 1871.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;impopularité persistante de Saïd Hamadi</h3>



<figure class="wp-block-image size-full"><img type="image/webp"  alt="Saïd Hamadi Nasser Mkadara, image prise le 18 avril 1864 par Otto Kersten" class="wp-image-23 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2024/07/Said-Hamadi-Nasser-Makadara.jpg"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Saïd Hamadi bin Nasser « Mkadara », image prise le 18 avril 1864 par Otto Kersten</em></figcaption></figure>



<p>Bien qu&rsquo;il soit devenu impopulaire, Mkadara demeura sur l&rsquo;île. Sa présence nous fut d&rsquo;abord confirmée par le Français <a href="https://beshelea.com/protocole-djum%C9%93e-fum%C9%93oni">Désiré Charnay</a> en 1863, date à laquelle il fut accueilli au palais par le Zanzibari. <em>« À notre arrivée, le prince consort, qui nous avait accompagnés, nous précéda dans cette première salle du rez-de-chaussée, étroite et longue […] nous montrant le chemin, et nous le suivîmes »</em>. Un an plus tard, l&rsquo;Allemand Otto Kersten, qui visita Mwali en avril 1864, confirma également sa présence. Il prit soin d&rsquo;immortaliser son image dans un portrait, probablement sa seule représentation (Saïd Hamadi est mort le 11 septembre de la même année). Lors de son bref séjour sur l&rsquo;île, Kersten offrit un récit intéressant sur l&rsquo;aménagement de la capitale Fumɓoni. Il semble être le seul, à notre connaissance, à avoir correctement orthographié le nom de cette ville selon sa prononciation.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Extrait :</h5>



<p><em>« Là se trouvait le Fumɓoni tant désiré avec son fond de palmiers et ses montagnes magnifiquement formées et parfumées : une longue maison blanche (le palais de la reine) avec de nombreuses embrasures, à droite de celle-ci une mosquée en pierre, et tout autour les indigènes, des cabanes, une image particulière, différente de tout ce que j&rsquo;ai vu lors de mes voyages jusqu&rsquo;à présent. La route étroite est fermée par des talus bas et est assez plate, nous avons donc dû nous éloigner. »</em></p>



<p>À son arrivée à Fumɓoni le 18 avril, l&rsquo;explorateur fut accueilli avec une grande hospitalité par le prince consort. Ce dernier, soucieux du confort de son hôte, lui offrit une résidence agréable à proximité du palais royal. Afin de subvenir à ses besoins, il lui fit parvenir des provisions variées. Il mit également à sa disposition un interprète anglophone, chargé de l’assister en tout temps, tant pour ses excursions que pour la moindre de ses requêtes. Saïd Hamadi lui conseilla cependant de ne traiter qu’avec lui seul. Une stratégie manifeste de monopolisation du marché, au détriment des commerçants locaux, comme l&rsquo;avait précédemment signalé Tsivandini dans son entretien avec Rowley.</p>



<p>Au-delà de cette façade commerciale, Kersten découvrit en Saïd Hamadi un personnage aux multiples facettes : un collectionneur d&rsquo;objets divers, un homme cultivé, ouvert aux autres et à la culture, qui acceptait avec empressement d&rsquo;être photographié – une rareté pour les dignitaires musulmans de l’époque. Par ailleurs, il nourrissait un goût prononcé pour la musique, organisant régulièrement des représentations en sa présence.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Sa première rencontre avec Mkadara, le commerçant et homme de culture</h4>



<p><em>«</em> <em>Saïd Hamadi, le Sultan ou époux de la reine de Mwali, m&rsquo;a reçu très gentiment. Il m&rsquo;a montré une jolie petite maison non loin de celle où il fait bon vivre, m&rsquo;a envoyé des chèvres, des œufs, du riz et des noix de coco et m&rsquo;a dit que si j&rsquo;avais besoin de quelque chose, je devrais me tourner vers lui parce que j&rsquo;allais bien et que je ne devais rien accepter des autres. Parallèlement, il a mis à ma disposition un homme anglophone, qui devait rester près de moi toute la journée, s&rsquo;occuper immédiatement de toutes mes commandes et m&rsquo;accompagner dans mes excursions en tant que guide et interprète.</em></p>



<p><em>Dans l&rsquo;après-midi, j&rsquo;ai rendu visite au sultan dans sa maison majestueuse et extrêmement élégante. Il possède de nombreux canons, fusils, appareils électroménagers européens, ainsi que du vin et des étrangleurs, pour la plupart des cadeaux de visiteurs précédents. Étant l&rsquo;un des membres éclairés de sa tribu, il montra un goût pour les traditions européennes et n&rsquo;adhéra pas aux prescriptions du Coran avec une rigueur excessive : il me permit donc, contrairement aux saints de Muhammad, de prendre son image. Comme je l&rsquo;ai découvert plus tard, il dédaignait cela, mais appréciait la bonne humeur, du moins quand il était seul.</em></p>



<p><em>Pour ma part, Majid</em><sup data-fn="86006ab6-ed7d-4856-abe1-741a6a717dd8" class="fn"><a id="86006ab6-ed7d-4856-abe1-741a6a717dd8-link" href="#86006ab6-ed7d-4856-abe1-741a6a717dd8">13</a></sup><em> aime beaucoup son petit &lsquo;warde&rsquo; ; néanmoins, ses batteurs et ses joueurs de cornemuse étaient bien mieux entraînés que ceux que j&rsquo;ai entendus à Zanzibar. Ils jouaient plus fréquemment, plus longtemps et avec plus de variété. »</em></p>



<h4 class="wp-block-heading">Ce que Kersten sait de la dynastie Ramanetaka</h4>



<p><em>«</em> <em>Cependant, je n&rsquo;ai pas pu voir son épouse, la « plus aimable de toutes les reines de couleur », dont j&rsquo;avais déjà tant entendu parler ; je ne pouvais réprimer un sentiment de ressentiment face au fait que Saïd Hamadi s&rsquo;habituait à sa liberté de Malgache.</em> <em>La femme grâce à laquelle il a obtenu sa position en premier lieu a été traitée de manière arabe. Djumbe Fatima, la reine de Mwali, vénérée et admirée par tous les Malgaches, est originaire de la région occidentale de Radama</em><sup data-fn="ced4ce77-50e0-41e0-9b5a-f0a43797334f" class="fn"><a id="ced4ce77-50e0-41e0-9b5a-f0a43797334f-link" href="#ced4ce77-50e0-41e0-9b5a-f0a43797334f">14</a></sup><em> ; son père, Ramanetaka, déjà mentionné, fut le seul de tous les princes de la maison royale à échapper à la mort lorsque la sanglante Ranavalona arriva au pouvoir en 1828</em></p>



<p><em>Il s&rsquo;enfuit à Mwali, fut accueilli par les habitants, élu dirigeant, et joua un rôle non négligeable dans l&rsquo;histoire de Madagascar (dans les soulèvements des Sakalava du Nord en 1835 et 1836) et des Comores.</em> <em>Après la mort de son père, Djumɓe Fatima a repris le règne de Mwali. Elle a épousé un Arabe de Zanzibar, Saïd Hamadi. Leur mariage semble être resté stérile ; on ne peut pas dire avec certitude si elle était heureuse, mais on raconte que la belle reine avait autrefois l&rsquo;intention de divorcer de son mari pour épouser son amant, Rakoto (Radama II)</em><sup data-fn="025840f5-f051-4e58-954e-7f88f29eff2d" class="fn"><a id="025840f5-f051-4e58-954e-7f88f29eff2d-link" href="#025840f5-f051-4e58-954e-7f88f29eff2d">15</a></sup><em>, qui l&rsquo;aimait tendrement. Le zèle de la future reine Rosaherina et le déclenchement des bouleversements de l&rsquo;État malgache en 1863 auraient empêché cela.</em> »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Éclaircissements sur les revenus de Saïd Hamadi</h4>



<p>Enfin, pour en revenir à Mkadara, Otto Kersten a pu obtenir des éclaircissements sur les revenus de ce dernier. L&rsquo;explorateur allemand note que les recettes générées par les droits de douane au port de Fumɓoni étaient insuffisantes pour soutenir le train de vie somptueux du prince consort, une observation corroborée par l’intéressé lui-même. Ce dernier révèle qu’une partie significative de ses revenus provient d&rsquo;une taxe annuelle sur les habitations, équivalente à un thaler<sup data-fn="e636efb4-8c28-4c63-bdfd-a8f01e84ba0b" class="fn"><a id="e636efb4-8c28-4c63-bdfd-a8f01e84ba0b-link" href="#e636efb4-8c28-4c63-bdfd-a8f01e84ba0b">16</a></sup>, ce qui représente une somme considérable compte tenu du fait que, selon Henry Rowley, la capitale comptait alors entre trois cents et quatre cents maisons.</p>



<p><em>« Plus tard, je rencontrais généralement Saïd Hamadi dans l&rsquo;après-midi, sur le banc de pierre devant la petite mosquée sur la plage. Ici, il donnait des audiences, conversait avec les habitants de la ville et profitait de l&rsquo;air frais de la mer et des vues agréables. Je devais lui parler de l&rsquo;Europe et des conditions qui y règnent. Pour ne pas être le seul à donner, j&rsquo;ai aussi pris la liberté de lui poser une question, assez franche d&rsquo;ailleurs : je lui ai demandé d&rsquo;où il tirait ses revenus, puisqu&rsquo;ils semblaient minimes. Les visites à son port ne pouvaient pas subvenir aux frais de son ménage excellemment meublé avec les revenus des droits de douane, comme le faisait Saïd Majid. »</em></p>



<h5 class="wp-block-heading">Une taxe foncière</h5>



<p><em>« Il m&rsquo;a avoué en souriant que c&rsquo;était impossible ; en revanche, il taxait les appartements de son île et demandait à chaque propriétaire de lui donner un thaler chaque année. Le montant de cette « taxe foncière » ne devait pas être négligeable, car la ville de Fumɓoni comptait à elle seule plusieurs centaines de maisons, et il y en a en outre seize plus grandes dans d&rsquo;autres beaux villages de l&rsquo;île dont mon interprète m&rsquo;a donné les noms. Par ailleurs, Saïd Hamadi fait probablement du commerce ; puisqu’il subvient à ses besoins alimentaires grâce à son propre argent et à ses troupeaux, il peut facilement agir comme un petit roi. »</em></p>



<h5 class="wp-block-heading">Acte d&rsquo;accusation de Djumɓe Fatima envers ses ministres</h5>



<p style="font-style:normal;font-weight:300"><em>Fumɓoni, le 22 mai 1861</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Djumɓe Fatima</em><sup data-fn="71f9b532-07a5-4d01-9070-8e1a86cc9317" class="fn"><a id="71f9b532-07a5-4d01-9070-8e1a86cc9317-link" href="#71f9b532-07a5-4d01-9070-8e1a86cc9317">17</a></sup><em>, reine de Mwali, pour servir autant que besoin sera.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Que Dieu protège ceux qui ont le cœur droit !</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Je fais connaître par les présentes la position à laquelle je suis réduite, et la félonie de mes deux ministres : Ratsivandi et Abdallah Musalim, anciens esclaves de mon père Ramanetaka, auxquels s&rsquo;est adjoint le chef mohélien Ali Mwalimu. Ils se sont emparés de mon gouvernement, disposent en maîtres, et même, contre moi, de mes esclaves et de mes propriétés, s&rsquo;arrogeant le droit de diriger l&rsquo;intérieur de mon palais, où je suis comme leur prisonnière, sans avoir même la faculté de recevoir ceux qui me sont dévoués. Enfin, ils m&rsquo;ont déshonorée officiellement par une infâme calomnie. Voilà pour ma personne.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>À l&rsquo;égard de mon peuple, ce sont des concussions et des avanies insupportables. Si je n&rsquo;ai pas mis un terme à ces manœuvres, en les remplaçant d&rsquo;abord par d&rsquo;autres chefs dignes de ma confiance, c&rsquo;est que cette nomination eût désigné ceux-ci à la haine de mes oppresseurs et à une mort certaine.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Voici quelques faits : Il y a vingt mois, au retour de mon mari de Zanzibar, j&rsquo;accédais à la demande des susdits chefs, en réglant que Saïd Hamadi ne se mêlerait pas du gouvernement : mais il devait recevoir les honneurs dus à l&rsquo;époux d&rsquo;une souveraine. Au lieu de lui rendre ces honneurs, selon ma volonté et leurs promesses, les chefs l&rsquo;ont traité, soit par eux-mêmes, soit par des personnes députées par eux, comme on ne traiterait pas un esclave : il a été injurié, et à son entrée au palais, les gardes, sous les ordres de Ratsivandi, lui ont tourné le dos.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Chez nous, la résidence royale est sacrée, et c&rsquo;est un crime de lèse-majesté d&rsquo;y frapper ou d&rsquo;y garrotter qui que ce soit. C&rsquo;est encore le même crime d&rsquo;entrer en armes dans l&rsquo;intérieur réservé, à moins que l&rsquo;on ne reçoive l&rsquo;ordre du souverain lui-même. Or, premièrement, à l&rsquo;entrée de mon mari au palais, Ratsivandi en personne battit un homme de confiance de mon époux dans la cour du palais même, et le fit garrotter au même endroit. Secondement, les soldats sont entrés en armes, à deux heures de la nuit (huit heures du soir) dans l&rsquo;intérieur réservé, et ont effrayé tout mon monde par leurs cris et leurs gestes furieux. J&rsquo;ai demandé aux chefs raison de cet attentat, mais ils le nièrent effrontément, car c&rsquo;étaient eux-mêmes qui en avaient donné l’ordre dans le but d’exaspérer mon mari et de le faire mettre sur la défensive, afin d&rsquo;avoir un prétexte de l&rsquo;accuser de menaces avec armes. Ce sont eux qui sont les vrais coupables. Les personnes qui venaient voir mon mari étaient prises et garrottées pour ce seul fait.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Au bout de deux mois d&rsquo;un séjour marqué à chaque instant par des actes de mauvais vouloir et des injures de ces ministres, mon mari voulut partir pour assurer ma tranquillité. Je lui proposai mon boutre, mais les chefs s&rsquo;y opposèrent, ils m&rsquo;ont même refusé de disposer de cette propriété, alors que mon mari proposait de l&rsquo;affréter à quelque prix que ce fût.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Depuis le départ de Saïd Hamadi sur un boutre arabe, ces trois personnages dirigent les affaires de mon gouvernement sans m&rsquo;informer de rien. Ils ont même passé sept mois sans venir me voir ou m&rsquo;envoyer quelqu&rsquo;un de leur part, et je n&rsquo;avais, durant tout ce temps-là, de nouvelles d&rsquo;eux que par les plaintes que me faisaient transmettre mes sujets des tracasseries incessantes qu&rsquo;ils éprouvaient de leur part. Ils ne disposent pas seulement en maîtres des terrains de l&rsquo;île, mais mes propriétés réservées elles-mêmes ne sont pas à l&rsquo;abri de leur rapacité. Ils perçoivent pour eux les produits de mes domaines, et se servent de mes esclaves pour leur avantage particulier, tandis que je ne puis les avoir à ma disposition.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Durant dix-huit mois, je n&rsquo;ai rien reçu, non seulement des droits dus à la reine, mais même des produits de mes propriétés privées, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;on m&rsquo;apporte le strict nécessaire pour vivre au jour le jour, sans que j&rsquo;aie pu obtenir les douceurs que je demandais, et qui se trouvent sur mes domaines administrés par ces chefs. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;à l&rsquo;arrivée d&rsquo;une corvette de Zanzibar</em><sup data-fn="2cec8df7-14c5-4096-a83a-a2d840ca3ec9" class="fn"><a id="2cec8df7-14c5-4096-a83a-a2d840ca3ec9-link" href="#2cec8df7-14c5-4096-a83a-a2d840ca3ec9">18</a></sup><em>, il y a deux mois, que, pour prévenir mes plaintes, ils m&rsquo;apportèrent une seule fois une somme minime en me disant : « Voilà ce qui vous revient », sans me donner de détails. Ils ont interdit aux boutres de Ngazidja de communiquer avec Mwali, et aux gens de Mwali de se rendre à la capitale de Ngazidja, où se trouve mon mari, et cela sans même m&rsquo;en informer.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Ils ont enlevé d&rsquo;auprès de ma personne, et exilé du palais, sans m&rsquo;en donner aucune raison, trois personnes</em><sup data-fn="801c5e9a-224e-4c9c-9d6f-acf4aa97d6c4" class="fn"><a id="801c5e9a-224e-4c9c-9d6f-acf4aa97d6c4-link" href="#801c5e9a-224e-4c9c-9d6f-acf4aa97d6c4">19</a></sup><em> que j&rsquo;avais attachées à mon service. Plus tard, une d&rsquo;elles voulant venir me voir, ils lui ont mis pour condition, sous peine de mort, de ne pas parler de telle chose. Ils s&rsquo;arrogent donc le droit de mort.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Ils ont fait publiquement kabary à deux personnages, parce que, leur ont-ils reproché, ils étaient pour moi et non pour eux. Deux autres individus ont été mis aux fers pendant trois jours pour la même raison que ci-dessus, et avec menace de mort. Ainsi, ils ne se contentent pas de gouverner sans moi, ils gouvernent contre moi. Ils m&rsquo;ont interdit de recevoir aucune lettre de mon mari. Néanmoins, ils avaient promis à M. le commandant français de Langle de me laisser la faculté d&rsquo;écrire à leur proscrit. Dernièrement, ils m&rsquo;ont enlevé cette consolation en défendant à qui que ce soit, sous les peines les plus sévères, de se charger de mes lettres pour Saïd Hamadi.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Des Français</em><sup data-fn="36a207a6-cb1e-4758-8634-b562afd1e717" class="fn"><a id="36a207a6-cb1e-4758-8634-b562afd1e717-link" href="#36a207a6-cb1e-4758-8634-b562afd1e717">20</a></sup><em> sont venus me proposer de faire établissement agricole sur mes terres. J&rsquo;étais à traiter avec eux de conditions avantageuses pour moi et mon pays ; mais cet établissement, devant gêner les chefs dans le droit qu&rsquo;ils se sont arrogé de disposer des terres de mon île, et devant faire cesser, au moins en partie, le désordre, tout à leur profit, de leur administration sur mes domaines, ils m&rsquo;ont déclaré qu&rsquo;ils ne voulaient pas, sous aucune condition, que des blancs cultivassent ma terre. Ce n&rsquo;est pas un conseil qu’ils m&rsquo;ont donné, c&rsquo;est leur volonté qu&rsquo;ils m&rsquo;ont déclarée.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Ils ont défendu aux gardes du palais de m&rsquo;avertir, lorsque ces Français se présenteraient pour me voir, et leur ont donné l&rsquo;ordre de congédier, comme de ma part, ces amis chaque fois qu&rsquo;ils se présenteraient. Ainsi, affaires du gouvernement, affaires particulières, autorité sur mes esclaves, direction de mon intérieur, rapports avec mon mari, ils m&rsquo;ont tout enlevé.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Plût à Dieu qu&rsquo;ils m&rsquo;eussent au moins laissé mon honneur ! Je ne pourrai jamais oublier que, le 6 mfugomontsi</em><sup data-fn="21e47107-31cd-4016-bd72-20a5a0691546" class="fn"><a id="21e47107-31cd-4016-bd72-20a5a0691546-link" href="#21e47107-31cd-4016-bd72-20a5a0691546">21</a></sup><em> (17 avril), Ratsivandi et Abdallah Musalimu m&rsquo;ont calomniée en face et officiellement, me traitant… Dieu et les personnes de ma maison sont témoins de la fausseté de cette accusation ! …me traitant de femme sans honneur. Quant à mon peuple, que je voudrais voir heureux, je reçois chaque jour des plaintes d&rsquo;injustices et d&rsquo;avanies que lui infligent l&rsquo;avarice et l’orgueil de ces trois chefs. Ceux qui sont vexés n&rsquo;osent même pas venir en personne me confier leurs peines.</em></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"></p>



<p style="font-style:italic;font-weight:300"><em>Tout cœur droit jugera que cette situation est insupportable. Que le Très-Haut nous envoie promptement du secours !</em></p>
</blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>The Story of the Universities&rsquo; Mission to Central Africa, Henry Rowley (1866)</li>



<li>Baron Carl Claus von der Decken&rsquo;s » Reisen in Ost-Afrika in den Jahren 1859 bis 1865, <strong>&nbsp;</strong>Carl Claus von der Decken (1870)</li>



<li>Histoire de Madagascar: ses habitants et ses missionnaires, Volume&nbsp;1, Camille de La Vaissière (1884)</li>



<li>Jomby-Soudy : scènes et récits des îles Comores, Louis Langlois (1872)</li>



<li>Djoumbe Fatima (1836-1878) reine de Mohéli entre histoire et mémoire, Issouf Charafoudine (2008)</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e0d63443-80b6-404b-a8de-5090fd061345"><em>Son père Ramanetaka, devenu Sultan Abdurahmane, est mort le 8 avril 1841</em> <a href="#e0d63443-80b6-404b-a8de-5090fd061345-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9e3938f1-9fe3-44ab-8f0d-d84f21754538"><em>Sultan d&rsquo;Oman et Zanzibar</em> <a href="#9e3938f1-9fe3-44ab-8f0d-d84f21754538-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e4954449-9deb-41e1-ac20-f787fcbca711"><em>Fille d&rsquo;un Hova établi à Maurice nommé Rambaovao, elle est l&rsquo;épouse d&rsquo;un Français nommé Droit originaire de Franche-Comté. Fuyant la répression de Ranavalona, ce dernier s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs réfugié à Mwali en 1835 où il mourût deux ans plus tard, le 1er janvier 1837.</em> <a href="#e4954449-9deb-41e1-ac20-f787fcbca711-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="30f64a6b-c6fa-4423-8a4f-7a92afdd080a"><em>Elle avait été imposée par le Commandant supérieur de Maore, Pierre Passot.</em> <a href="#30f64a6b-c6fa-4423-8a4f-7a92afdd080a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="20221c2a-493e-4358-8908-ca759eb8af2a"><em>Chassée en même temps que sa sœur Mme Languedoc, venue depuis peu de temps le rejoindre à Mwali. Certains avancent que Mme Droit avait été empoisonnée.</em> <a href="#20221c2a-493e-4358-8908-ca759eb8af2a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8630a404-78eb-4f39-82da-8910758c21a9"><em>En 1861, c&rsquo;était il presque trente ans que Ramanetaka avait entrepris la conquête de l&rsquo;île aux début des années 1830.</em> <a href="#8630a404-78eb-4f39-82da-8910758c21a9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="542b6d25-a3e2-44ee-a583-830deff97ce5"><em>Ramanetaka avait deux enfants avec deux femmes différentes. Les demi-sœurs Djumɓe Fatima (aînée) et Djumɓe Salama.</em> <a href="#542b6d25-a3e2-44ee-a583-830deff97ce5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="96d7b474-c508-4e10-9f86-344c3ad25625"><em>Abdallah Musalim</em> <a href="#96d7b474-c508-4e10-9f86-344c3ad25625-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="78c85393-e452-4aaf-928d-c9ab088c3ca8"><em>Le terme Hova renvoie au peuple Mernina de Madagascar, une subdivision désignant les gens du commun, différent des Andriana (nobles).</em> <a href="#78c85393-e452-4aaf-928d-c9ab088c3ca8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a3749547-ece6-47fc-91d7-f40366c74b5d"><em>Mot d&rsquo;origine malgache qui désigne grand conseil. Ils se sont organisés plusieurs kabary depuis décembre 1860, et sont devenu récurrents à partir du 7 avril 1861, deux jours après le départ des Anglais. </em> <a href="#a3749547-ece6-47fc-91d7-f40366c74b5d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="154c9454-5d79-4b40-854a-492995e25e67"><em>Finaz et les agents français, ainsi que son oncle Ambilahiasana</em> <a href="#154c9454-5d79-4b40-854a-492995e25e67-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d09a199e-2fbb-444a-b0a4-25631d7b65d9"><em>Peu à peu cet entretien, Tsivandini, qui avait demandé conseil auprès de David Livingston, entame une démarche auprès du consul d&rsquo;Angleterre, réclamant l&rsquo;appui des forces britanniques contre l&rsquo;influence française.</em> <a href="#d09a199e-2fbb-444a-b0a4-25631d7b65d9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="86006ab6-ed7d-4856-abe1-741a6a717dd8"><em>Sultan de Zanzibar</em> <a href="#86006ab6-ed7d-4856-abe1-741a6a717dd8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ced4ce77-50e0-41e0-9b5a-f0a43797334f"><em>Radama 1er, ancien roi de Madagascar.</em> <a href="#ced4ce77-50e0-41e0-9b5a-f0a43797334f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="025840f5-f051-4e58-954e-7f88f29eff2d"><em>Il s&rsquo;agit de manœuvres du Père Finaz pour à la fois assurer une christianisation de Mwali et faciliter l&rsquo;occupation française. </em> <a href="#025840f5-f051-4e58-954e-7f88f29eff2d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e636efb4-8c28-4c63-bdfd-a8f01e84ba0b"><em>Ancienne monnaie allemande</em> <a href="#e636efb4-8c28-4c63-bdfd-a8f01e84ba0b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="71f9b532-07a5-4d01-9070-8e1a86cc9317"><em>Acte rédigée sous l&rsquo;influence du Père Finaz, reprenant une grande partie de son argumentaire.</em> <a href="#71f9b532-07a5-4d01-9070-8e1a86cc9317-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2cec8df7-14c5-4096-a83a-a2d840ca3ec9"><em>Visite de l&rsquo;amiral des forces navales le 11 mars</em> <a href="#2cec8df7-14c5-4096-a83a-a2d840ca3ec9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="801c5e9a-224e-4c9c-9d6f-acf4aa97d6c4"><em>Sa gouvernante Ramana-Zena, sa dame de compagnie Andriambavi et Izuber le capitaine de sa garde</em> <a href="#801c5e9a-224e-4c9c-9d6f-acf4aa97d6c4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="36a207a6-cb1e-4758-8634-b562afd1e717"><em>Il s&rsquo;agit de Marius Arnaud, représentant de Joseph Lambert</em> <a href="#36a207a6-cb1e-4758-8634-b562afd1e717-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="21e47107-31cd-4016-bd72-20a5a0691546"><em>Mfungomontsi (le premier mois après le ramadan). Elle date ses lettres selon le calendrier comorien, le Nairuze, et celle-ci elle est datée du 11 mfungomɓili 1277 (le deuxième mois après le ramadan).<br></em> <a href="#21e47107-31cd-4016-bd72-20a5a0691546-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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