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	<title>Angleterre Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<title>Angleterre Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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		<title>Échec des abolitions : témoignage du général Abderahman bin Omar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 07:40:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abderahman bin Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Earl Granville]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Barrett Miles]]></category>
		<category><![CDATA[Scott J. B. Willcox]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La prolifération des actes et traités d’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle<sup data-fn="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517" class="fn"><a href="#21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517" id="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517-link">1</a></sup>, reflète les difficultés considérables rencontrées dans leur application. Tantôt, d’un côté, une volonté assumée de ne pas appliquer ces dispositions ou de les détourner vers d’autres formes de traite — <a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">comme ce fut le cas à Maore</a>, où l’ordonnance d’abolition promulguée par les autorités coloniales françaises donna lieu à des pratiques ambiguës<sup data-fn="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0" class="fn"><a href="#d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0" id="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0-link">2</a></sup> —, tantôt, de l’autre, des sultans peu enclins à respecter les engagements qu’ils avaient eux-mêmes souscrits<sup data-fn="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38" class="fn"><a href="#325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38" id="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38-link">3</a></sup>. À cela s’ajoutaient les obstacles liés aux oppositions internes au sein même de l’aristocratie comorienne.</p>



<p>C’est précisément ce dernier aspect qui retient ici notre attention. Après la signature du <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">traité anglo-anjouanais du 10 octobre 1882</a>, le deuxième du genre pour l’île, une rébellion éclata presque aussitôt contre le sultan Abdallah bin Salim [Abdallah III]. Cette insurrection s’inscrivait notamment dans un contexte de refus d’appliquer les dispositions du traité par une partie de l’élite locale.</p>



<p>Nous présentons ici le témoignage clé d’un homme qui fut témoin direct de ces événements et qui livra son analyse des raisons de cet échec. Il s’agit du général Abderahman bin Omar, petit-fils du sultan Alawi bin Husein et proche du sultan Abdallah III. Il fut notamment le commandant du contingent anjouanais envoyé à Ngazidja pour prêter main-forte au sultan Saïd Ali wa Saïd Omar dans sa guerre<sup data-fn="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1" class="fn"><a href="#0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1" id="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1-link">4</a></sup>. Cet engagement militaire ne fit d’ailleurs pas non plus l’unanimité à Mtsamɗu.</p>



<p>Ce témoignage d’Abderahman bin Omar fut recueilli lors d’une entrevue avec le consul britannique Frederic Holmwood, en novembre 1883. Toutefois, avant d’y venir, il nous a semblé utile de présenter un extrait d’une lettre de l’Anglais Samuel Barrett Miles, alors en poste à Zanzibar, adressée à Granville George Leveson, comte Granville et secrétaire aux Affaires étrangères. Celle-ci relate les faits rapportés par le commandant britannique <a href="https://beshelea.com/americain-famille-ndzuani-1883/">Scott J. B. Willcox</a>, qui se trouvait à Ndzuani au moment de la rébellion.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mise en contexte avec un extrait d’une lettre du Lieutenant-Colonel Miles à l’Earl Granville</h4>



<p class="has-text-align-right"><em>Zanzibar, 15 décembre 1882</em></p>



<p>« Depuis l’envoi de ma lettre du 18 novembre dernier, transmettant le rapport de M. Holmwood sur les îles Comores, d’importantes nouvelles ont été reçues par divers canaux, tant de Ndzuani que de Ngazidja. Le navire de Sa Majesté <em>Harrier</em> est arrivé hier, après avoir quitté Ndzuani le 6 du courant, dans le but de présenter devant la Cour de l’Amirauté ici le cas d’une goélette britannique appartenant aux Seychelles que le capitaine Willcox avait saisie pour trafic d’esclaves entre Ndzuani et l’île française de Glorioso, laquelle, si j’ai bien compris, a été louée pour plusieurs années à un créole des Seychelles.</p>



<p>Lorsque le <em>Harrier</em> atteignit Ndzuani, deux des frères du roi étaient en rébellion<sup data-fn="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e" class="fn"><a href="#f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e" id="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e-link">5</a></sup> ouverte contre lui et avaient pris Mtsamɗu, la capitale, dont les habitants étaient déjà enclins à causer des troubles en raison du nouveau traité au moment du départ de M. Holmwood. Le roi écrivit au capitaine Willcox pour lui déclarer que sa vie était en danger et demander assistance, laquelle lui avait été promise au cas où son autorité serait menacée en raison des concessions assez étendues qu’il nous avait accordées dans la nouvelle convention.</p>



<p>Les instructions que le capitaine Willcox avait reçues de l’officier naval supérieur ici présent l’empêchèrent d’accéder à la demande du roi, et il ne put que lui offrir un asile à bord de son navire. Finalement, un certain nombre de sujets locaux se rallièrent au roi et l’un des frères fut amené à revenir à son allégeance. Le roi réoccupa alors la capitale, tandis que son frère, le prince Muhammad, se retira dans une ville reculée où il demeure à présent.</p>



<p>Il est probable que, si Son Altesse n’avait pas renvoyé ses soldats hors de l&rsquo;île, il aurait encouru peu ou point de danger de cette rébellion, et son intervention dans les affaires de Ngazidja a ainsi amené son propre châtiment. Je ne doute pas que la présence de l’un de nos navires à Ndzuani empêchera toute violence effective d’être exercée contre le roi, dont l’alarme est grandement aggravée par sa cécité et l’impuissance qui en résulte<sup data-fn="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95" class="fn"><a href="#8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95" id="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95-link">6</a></sup> ; et la perte financière due à l’arrêt de sa sucrerie, bien que très sérieuse, pourra servir de leçon utile pour l’avenir. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Déclaration du général Abderahman bin Omar lors d&rsquo;un entretien avec Holmwood</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Ndzuani, novembre 1883</em></p>



<p>« La position du Roi est des plus difficiles. N’eût été la crainte que son moulin à sucre<sup data-fn="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971" class="fn"><a href="#10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971" id="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971-link">7</a></sup> puisse, à tout moment, être détruit par un navire de guerre, ou qu’on puisse exiger de lui le versement d’une indemnité, il se serait depuis longtemps entièrement rangé à l’opinion populaire. En l’état, je ne puis dire qu’il ait accompli beaucoup, bien qu’il ait honnêtement tenté de mettre en œuvre le nouveau Traité en ce qui concerne ses sujets. Il donna l’ordre au cheikh Muhammad de procéder à l’enregistrement, mais les propriétaires d’esclaves refusèrent unanimement ; et comme ils savaient que le Roi lui-même n’avait fait qu’une vaine apparence d’enregistrer ses propres esclaves, il dut renoncer.</p>



<p>Par la suite, il fit saisir plusieurs esclaves qui avaient été vendus ou transférés en violation du Traité, et infligea des amendes aux propriétaires. Cela provoqua une rébellion, et sans le retour d’un certain nombre des meilleurs soldats du Roi, rapportant à ce moment-là un abondant butin<sup data-fn="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff" class="fn"><a href="#5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff" id="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff-link">8</a></sup> de Ngazidja, la situation aurait fort mal tourné pour Son Altesse. Quoi qu’il en soit, l’un des soldats envoyés pour empêcher l’entrée du prince Muhammad à Mtsamɗu fut abattu, et personne ne fut puni pour cet acte.</p>



<p>Le Roi se rendit alors dans la capitale et fit la paix avec la population. Il promit de ne plus prendre aucune mesure pour imposer le Traité, affirmant avoir reçu de Zanzibar la nouvelle que j’avais été rappelé en Angleterre avec disgrâce pour avoir conclu ce Traité, lequel n’aurait été qu’une erreur, et qu’il s’écoulerait des années avant qu’ils ne revoient un consul anglais. Les Anciens lui déclarèrent qu’il pouvait dire ce qu’il voulait, mais qu’il ne devait plus s’engager à signer quoi que ce soit, sans quoi ils le déposeraient ; et s’il se montrait trop puissant pour eux, ils pourraient à tout moment faire appel aux Français.</p>



<p>Je crois être la seule personne dans le pays à croire réellement que les Anglais feront jamais autre chose que proférer des menaces ; mais j’ai passé toute ma vie parmi des officiers britanniques. Il ne fait toutefois aucun doute que votre réapparition a suscité de grands doutes, et que l’île entière est en état d’alerte depuis qu’il est su que vous vous trouviez à bord du « Tourmaline ».</p>



<p>Le Roi ne sera pas en mesure d’imposer le Traité, et je lui conseillerai fermement de ne plus prétendre qu’il en est capable. Les habitants de la ville résisteront à coup sûr, et la rébellion s’étendrait à tout le pays. Depuis six mois, de nouveaux fusils Chassepot arrivent de Maore, accompagnés d’un important approvisionnement en munitions, et il n’est guère de maison où une telle arme ne soit dissimulée.</p>



<p>Le Roi, toutefois, craint les Français tout autant que son propre peuple, car ils lui ont montré qu’ils étaient prêts à tirer parti de la moindre ouverture qu’il pourrait leur offrir ; et même le prince Muhammad les préférerait au Traité.</p>



<p>Le Roi a encore près de 8 000 livres sterling à rembourser au titre de sa machinerie sucrière. Le coût initial, intérêts et assurance compris, s’élevait à 16 000 livres. Il doit déjà avoir versé cette somme, mais l’intérêt composé tous les six mois a lourdement alourdi la dette. Houdlette et Cie, de Maurice, ainsi que l’Oriental Bank, lui ont avancé l’équipement ; ils ont leurs propres agents pour produire le sucre et le surveiller, mais Son Altesse est fort habile.</p>



<p>Bien entendu, je sais à peu près ce qui s’est passé depuis votre départ, et je suis certain, d’après vos propos, que vous avez été bien informé ; toutefois, je ne dois pas m’étendre sur de tels sujets. La seule manière dont je puisse conseiller le Roi, même indirectement, est d’agir sur sa crainte du mécontentement anglais. Il répond toujours : « Vous savez bien qu’ils n’emploieront jamais la force, et leurs paroles ne nous inquiètent pas » — et que puis-je répliquer ? En vérité, il a de bonnes raisons de parler ainsi.</p>



<p>J’admets avoir acheté des esclaves récemment. Il est exact que les deux jeunes filles que vous avez vues dans ma maison venaient de Ngazidja ; mais il n’est pas une personne aisée dans cette île qui n’ait tiré profit de l’affaire de Ngazidja. Il est facile au prince Muhammad et à Othman de dire que Son Altesse a été fort imprudente de s’immiscer dans les affaires de Ngazidja et de Saïd Ali ; cela est peut-être vrai, mais tous deux auraient agi de même s’ils s’étaient trouvés à sa place. Il fut soumis à de grandes tentations, et il a du moins pour excuse d’avoir été vivement conseillé par les Français. À présent, il voit peut-être qu’ils se servent de lui pour accomplir leur sale besogne ; mais il a pris grand soin d’en être dûment rémunéré. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>



<li>British and Foreign State Papers 1882-1883, Vol. LXXIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1890)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517"><em>Il y eut, au total, entre 1844 et 1904, onze actes, ordonnances et traités visant officiellement à abolir l’esclavage dans l’archipel des Comores.</em> <a href="#21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0"><em>Dans les faits, cette abolition ne fut souvent qu’une façade. Par la même ordonnance censée supprimer l’esclavage, la France mit en place un système d’engagisme qui, en réalité, constituait une continuité à peine voilée de la traite.</em> <a href="#d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38"><em>Parmi les sultans signataires de ces actes, la plupart étaient eux-mêmes, à l’instar d’Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh (Mwinyi Mkuu) de Ngazidja, de grands esclavagistes et n’envisageaient nullement d’abandonner une pratique qui leur procurait d’importants revenus.</em> <a href="#325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1"><em>La seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e"><em>L’instigateur de cette insurrection est le prince Muhammad, épaulé par le prince Othman.</em> <a href="#f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95"><em>Atteint de cataracte, le sultan Abdallah bin Salim avait complètement perdu la vue vers 1876-1877. Il ne la recouvra qu’à la suite d’un voyage à Maurice. Le 18 mars 1879, il y fut opéré par le docteur O. Beaugeard, assisté de ses confrères Vitry, Roger, Pouget et Sakir, précise un article du journal <em>La Sentinelle de Maurice</em> publié la même année. Mais, à son retour à Ndzuani, il perdit de nouveau la vue quelques années plus tard, n’ayant pas observé les prescriptions que le médecin mauricien lui avait recommandées, affirme Saïd Ahmed Zaki dans sa chronique de 1927.</em> <a href="#8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971"><em>Se trouvant dans son domaine de Ɓamɓao Mtsanga. </em> <a href="#10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff"><em>Le butin en question était constitué à la fois d’esclaves et de sommes d’argent que le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja devait au sultan Abdallah bin Salim, en contrepartie de l’aide militaire et des vivres que ce dernier lui avait fournis dans sa guerre.</em> <a href="#5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Engagement d&#8217;Abdallah III concernant la protection des immigrants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 22:02:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte — Dans le souci de consolider ses relations avec les Britanniques, le sultan Abdallah bin Salim multiplie, depuis son accession au pouvoir à Ndzuani1, les gestes d’ouverture. Des intérêts britanniques sont d’ailleurs déjà présents sur l’île, à l’exemple des concessions sucrières accordées à l’ancien consul résident William Sunley.2 Dans une lettre adressée à Sir [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte</strong> — Dans le souci de consolider ses relations avec les Britanniques, le sultan Abdallah bin Salim multiplie, depuis son accession au pouvoir à Ndzuani</em><sup data-fn="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462" class="fn"><a id="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462-link" href="#3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462">1</a></sup><em>, les gestes d’ouverture. Des intérêts britanniques sont d’ailleurs déjà présents sur l’île, à l’exemple des concessions sucrières accordées à l’ancien consul résident William Sunley.</em><sup data-fn="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc" class="fn"><a id="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc-link" href="#778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc">2</a></sup><em> Dans une lettre adressée à Sir Bartle Frere, le souverain s’engage à accorder sa protection aux immigrants susceptibles de se trouver sur l’île de Ndzuani.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Ndzuani, le 8 mars 1873</em></p>



<p>« Monsieur,</p>



<p>J’ai l’honneur d’informer Votre Excellence que, à compter de ce jour, je m’engage à assurer à tous les immigrants dans cette île de Ndzuani les droits et privilèges des natifs libres de Ndzuani. Je m’engage en particulier à protéger toute personne qui serait secourue de l’esclavage par les bâtiments de la Marine de Sa Majesté Britannique, et qui serait autorisée, par ordre du Gouvernement de Sa Majesté, à résider dans cette île.</p>



<p>J’ai l’honneur d’être, etc. »<br><strong>SULTAN ABDALLAH</strong></p>



<p>À<br><strong>Sir Bartle Frere, G.C.S.I., K.C.B., etc.</strong><br>En mission spéciale à Zanzibar et Mascate</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. XIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1880)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462"><em>Abdallah III accède au trône de Ndzuani en 1855, à la mort de son père, le sultan Salim bin Alawi, qui entretenait déjà de bonnes relations avec les Britanniques</em>. <a href="#3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc"><em>Avant son décès, le sultan Salim bin Alawi avait accordé à Sunley une concession de quarante ans à Pomoni, au sud-ouest de l’île. Celle-ci couvrait une superficie de 280 hectares, s’étendant de la plaine de Pomoni jusqu’au massif forestier central. Entre 1855 et 1856, Sunley entame ses activités agricoles et industrielles, après avoir obtenu du souverain l’assurance d’un droit de jouissance foncière. Son domaine commence à prospérer à partir de 1860, principalement grâce à la culture de la canne à sucre. Sunley y avait également implanté des plantations de caféiers et de cocotiers.</em> <a href="#778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Mémorandum à l’attention de Byles concernant Ngazidja (1881)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 12:07:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
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		<category><![CDATA[Maore]]></category>
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		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
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		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains boutriers engagés dans le commerce d’esclaves, en complicité avec des Français établis à Maore, recourent à divers stratagèmes afin d’échapper aux poursuites britanniques.</p>



<p>Dans cette missive, Holmwood évoque un rapport dont un double a été remis au capitaine Mather Byles, commandant du <em>HMS Seagull</em>, lors de son départ pour Ndzuani et les îles Comores, le 1ᵉʳ septembre. Ce document se compose principalement de déclarations émanant « d’un sultan de Ngazidja [Abdallah bin Hamza de Ɓamɓao], récemment déposé par le fils d’un homme de Ndzuani résidant à Maore [Saïd Ali, fils de Saïd Omar], ce dernier étant sujet français et occupant, selon toute vraisemblance, une fonction officielle dans cette colonie. Chaque détail fourni a été confirmé par le vizir de ce sultan, ainsi que par le vizir d’un second sultan comorien évincé [un vizir de Msafumu wa Fefumu] par le même individu qui gouverne aujourd’hui l’île. »</p>



<p>Holmwood remet ce mémorandum à Byles en lui demandant d’obtenir, si l’occasion s’en présente, la version des faits de Saïd Ali concernant les événements liés aux récents bouleversements survenus à Ngazidja, tout en plaçant auprès de lui un interprète de confiance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum à l’attention du capitaine Byles, du navire de Sa Majesté <em>Seagull</em></h4>



<p>« Au cours des dernières années, cette île a été gouvernée par les sultans indigènes Msafumu<sup data-fn="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25" class="fn"><a id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25">1</a></sup> et le sultan Abdallah<sup data-fn="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea" class="fn"><a id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea">2</a></sup>. La succession, dans ce pays, se transmet par la ligne féminine, mais d’une manière particulière ; il suffit pratiquement de préciser qu’un sultan doit être soit le fils de la fille d’un sultan, soit l’époux de la fille d’un sultan.</p>



<p>Les principaux ports de l’île sont Mroni et Shinɗini. Dans le premier, les esclaves proviennent généralement de la côte du Mozambique ; du second, ils sont en règle générale expédiés vers Ndzuani et Maore. Ces esclaves semblent être invariablement des Makua, embarqués depuis la côte du Mozambique.</p>



<p>Ceux achetés à Ngazidja par des agents français sont formellement inscrits sur un registre auquel est annexé <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">un engagement promettant de les renvoyer à l’expiration d’une date fixée</a>. Il m’est indiqué qu’on ne connaît aucun cas où un esclave aurait effectivement été renvoyé, et il serait opportun d’enquêter sur ce point. S’agissant des esclaves achetés pour le sultan de Ndzuani à l’île de Ngazidja<sup data-fn="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516" class="fn"><a id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516">3</a></sup>, je n’entends parler d’aucun accord <em>pro forma</em> de ce type.</p>



<p>Il y a quelques mois, les deux sultans, Msafumu et le sultan Abdallah, ont été déposés par un certain Saïd Ali, fils d’un sujet français et petit fonctionnaire indigène résidant à Maore, nommé Saïd Omar. Le père et le fils entretiennent actuellement des relations étroites avec le sultan de Ndzuani.</p>



<p>Le sultan déposé, Abdallah, m’informe qu’il y a quelques années, il s’était entendu avec le sultan de Ndzuani pour autoriser le débarquement d’esclaves à Mroni et leur passage à travers l’île jusqu’à Shinɗini en vue de leur expédition. Pour cela, il recevait 500 dollars par an. Mais il y a environ un an, lui et Msafumu, ayant appris que le sultan de Zanzibar, qu’ils considèrent comme leur suzerain, avait interdit toute traite des esclaves, annoncèrent aux agents du sultan [de Ndzuani], Mohedin et Saïd Bakari<sup data-fn="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" class="fn"><a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link">4</a></sup>, maître du navire qui apporte les esclaves depuis la côte pour son compte, qu’ils ne pouvaient plus autoriser le débarquement d’esclaves.</p>



<p>À la suite de cela, Mohedin se rendit auprès de Saïd Ali, qui complotait depuis longtemps pour obtenir le sultanat de Mroni, et ils convinrent rapidement avec le sultan Abdullah [bin Salim] d’envoyer 400 hommes armés depuis Ndzuani, tandis que Mohamed Sidi, secrétaire indigène français de Maore, faisait envoyer, sous le commandement de son fils Salim, 60 hommes vêtus à l’européenne et s’exerçant à la manière française, pour prêter main-forte. Cette troupe attaqua soudainement les différentes localités et les maîtrisa rapidement. Msafumu est maintenant caché dans la brousse, et le sultan Abdallah est ici réfugié avec son vizir.</p>



<p>Les détails de cette affaire, toutefois, vous apparaîtront plus clairement après que vous aurez visité les lieux. J’envoie Salim, mon interprète, pour vous assister et servir d’interprète confidentiel.</p>



<p>Vous pourrez probablement, une fois sur place, vérifier ces déclarations, ainsi que celles que vous entendrez de Saïd Ali, l’actuel sultan de Mroni, qui, sans doute, donnera une version très différente de cette affaire. Saïd Ali parle français. À Shinɗini, un certain cheikh Uma<sup data-fn="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d" class="fn"><a id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d">5</a></sup> est sultan sous l’autorité de Saïd Ali. C’est un trafiquant d’esclaves notoire, et c’est dans son port que seraient embarqués tous les esclaves destinés à Ndzuani et Maore. Je ne pense pas, toutefois, que ces expéditions dépassent 150 individus par an pour chacune des deux îles.</p>



<p>Les autres ports de Ngazidja sont Mitsamihuli, Mbuɗe, Itsandraya et Ikoni. Il serait utile de déterminer leurs capacités en tant que mouillages.</p>



<p>Je dois mentionner que deux boutres sont actuellement engagés dans la traite des esclaves à Ngazidja. Le seul que je puisse identifier est celui de Mohamed bin Tayib, régulièrement affrété par le sultan Abdallah ou par son agent, Saïd Bakari, pour transporter des esclaves. Cet homme fut capturé avec son boutre par le navire de Sa Majesté <em>Thetis</em>, et fut détenu quelque temps dans le fort ici<sup data-fn="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" class="fn"><a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link">6</a></sup>.</p>



<p>D’après ce mémorandum, il semblerait qu’une violation grave des traités conclus respectivement entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Grande-Bretagne et Ndzuani</a> et entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/">Grande-Bretagne et Ngazidja</a> soit en train de se produire. Mais, compte tenu de toutes les circonstances, je pense qu’il serait judicieux, dans les deux endroits, de nous en tenir pour l’instant à une observation attentive et aux seules investigations que permet une visite ordinaire. J’annexe quelques notes qui pourraient vous être utiles dans le cadre de votre visite. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>



<p>« Treize mois se sont écoulés depuis que Hamed Simɓamwona [Simɓauma ?] est déclaré être arrivé à Mroni afin d’y acheter des esclaves pour le compte de M. Goda, de Maore. Il attendit l’arrivée du boutre de Saïd Bakari en provenance de la côte du Mozambique, et acheta cent esclaves. Ce Saïd Bakari effectue des voyages constants vers la côte, et accomplit également, en alternance, des traversées avec des esclaves makua destinés au sultan Abdallah, à Ndzuani.</p>



<p>Le <em>San Yusuf</em>, boutre appartenant à Muhammed bin Salim, de Maore, arborant les couleurs françaises entre Ngazidja et Maore, mais soupçonné d’amener à disparaître ce pavillon lorsqu’il se trouve sur la côte du Mozambique, arriva à Ngazidja il y a environ un an avec un marchand français dont le nom semblait être « Goda ». Il était accompagné d’un officier français portant une seule bande, et ils achetèrent 150 esclaves (dont 15 femmes seulement) pour un prix de 40 à 50 dollars chacun, et en embarquèrent une partie à bord du boutre. Ils furent entassés dans la cale et maintenus entravés pendant la nuit.</p>



<p>Les documents habituels furent signés, indiquant qu’ils seraient renvoyés après un délai déterminé, mais aucune déclaration de ce genre ne fut faite aux esclaves, toutes les parties concernées sachant qu’il s’agissait d’esclaves récemment débarqués de la côte du Mozambique, achetés au prix courant. On dit qu’au moins 50 de ces esclaves ne purent être transportés et furent placés sur la plantation d’Abdullah Felahi, où ils attendent encore leur embarquement. »</p>



<p><strong>FREDERIC HOLMWOOD.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>British and Foreign State Papers 1880-1881, Vol. LXXII., <em>Foreign Office (1888)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea"><em>Abdallah bin Saïd Hamza, sultan de Ɓamɓao.</em> <a href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516"><em>Entre le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani et le nouveau sultan Ntiɓe de Ngazidja, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4"><em>Dans la transcription anglaise, « Sayyid Bukhari ». Il s’agit de Saïd Bakari wa Mwinyi Mkuu de Mroni, propriétaire de boutres et impliqué dans la traite, ainsi que son demi-frère Mhuɗini wa Mwinyi Mkuu. Ce dernier est aussi un trafiquant d’esclaves notoire, travaillant de longue date pour le compte du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d"><em>Le vieux Uma Ɗari, sultan de Mbadjini.</em> <a href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98"><em>Dans le fort de Zanzibar</em> <a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Traité du 24 octobre 1882</title>
		<link>https://beshelea.com/traite-24-octobre-1882/</link>
					<comments>https://beshelea.com/traite-24-octobre-1882/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 21:09:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdurahmane bin Saïd Hamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Abudu wa Tsivandini]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Mwali]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
<p>The post <a href="https://beshelea.com/traite-24-octobre-1882/">Abolitions de l&rsquo;esclavage aux Comores : Traité du 24 octobre 1882</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Après avoir conclu, le 10 octobre, un traité d’abolition de l’esclavage avec le sultan <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Abdallah bin Salim de Ndzuani</a>, puis deux traités à Ngazidja, le 13 octobre, avec les sultans <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-mshangama-mwalimu/">Msafumu wa Fefumu</a> (Itsandraya) et Abdallah bin Saïd Hamza (Ɓamɓao), le nouveau consul britannique Frederic Holmwood parvint à obtenir un accord similaire à Mwali. Un texte analogue aux précédents fut en effet signé à Hoani avec le jeune sultan Abdurahman bin Saïd Hamaɗi<sup data-fn="f90b0625-c6a9-46ff-a34f-640d12b9c10b" class="fn"><a id="f90b0625-c6a9-46ff-a34f-640d12b9c10b-link" href="#f90b0625-c6a9-46ff-a34f-640d12b9c10b">1</a></sup>. Destiné à interdire la traite et à abolir progressivement l’esclavage, cet accord constituait le second du genre pour l’île, vingt-huit ans après le premier traité conclu par sa mère, la sultane <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-16-septembre-1854/">Djumɓe Fatima binti Abdurahman</a>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">CONVENTION entre la Grande-Bretagne et Mwali pour la suppression de l’esclavage et de la traite des esclaves</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Signée à Hoani, le 24 octobre 1882.<br>Ratifiée par Sa Majesté, le 28 février 1883.</em></p>



<p><em>Sa Majesté la Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, et le Sultan <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Abdurahman bin Saïd</a>, Sultan de Mwali, désireux de coopérer à l’extinction de tout trafic d’esclaves et à l’abolition définitive de l’esclavage, ont résolu de conclure une Convention dans ce but, et, à cet effet, ont nommé pour leurs Plénipotentiaires :</em></p>



<p><em>Sa Majesté la Reine de Grande-Bretagne et d’Irlande, M. Frederic Holmwood, consul de Sa Majesté pour les États du Sultan de Zanzibar et consul intérimaire pour les îles Comores ;</em></p>



<p><em>Et le Sultan de Mwali, Abudu wa Tsivandini al-Mwali <sup data-fn="91fc274b-ef64-4ffa-812e-5b390053e9ad" class="fn"><a id="91fc274b-ef64-4ffa-812e-5b390053e9ad-link" href="#91fc274b-ef64-4ffa-812e-5b390053e9ad">2</a></sup> ;</em></p>



<p><em>Lesquels, après s’être communiqués leurs pleins pouvoirs respectifs et s’être reconnus mutuellement en cette qualité, sont convenus des articles suivants :</em></p>



<p><strong>Article I :</strong> Le Sultan de Mwali s’engage à interdire l’introduction ou l’importation d’esclaves dans son territoire, et à faire exécuter cette interdiction par la loi avec la plus grande vigilance. Toutes les personnes arrivant ou étant amenées désormais dans ses États sont et seront absolument libres.</p>



<p><strong>Article II :</strong> Le Sultan de Mwali autorise les croiseurs britanniques à saisir tout navire appartenant à ses sujets, où qu’il soit trouvé, transportant des esclaves ou contenant des aménagements destinés à la traite, ou encore lorsqu’il y aura des raisons de soupçonner que le navire a récemment servi au transport d’esclaves.<br>Toutes ces saisies — comprenant le navire, les esclaves, la cargaison et toutes personnes impliquées dans la violation du présent Traité — pourront être portées devant l’autorité britannique la plus proche ou la plus compétente ayant juridiction d’Amirauté, conformément aux règlements et instructions du Gouvernement de Sa Majesté.</p>



<p><strong>Article III :</strong> Le Sultan de Mwali s’engage à interdire dorénavant la vente, l’achat ou le transfert d’esclaves dans ses États (à l’exception seulement du transfert d’esclaves appartenant à des personnes décédées à leurs héritiers légitimes).</p>



<p><strong>Article IV :</strong> Le Sultan de Mwali s’engage à nommer un Registraire chargé de tenir un registre de tous les esclaves existant dans ses États, avec les noms de leurs maîtres, ainsi que des transferts effectués conformément à l’article III de la présente Convention. Tous les esclaves qui ne seront pas ainsi enregistrés dans les six mois suivant la date de cette Convention auront droit à la liberté.</p>



<p><strong>Article V :</strong> Le Sultan de Mwali s’engage à fixer des moments spéciaux pour entendre les plaintes que les esclaves pourraient désirer lui présenter, et à permettre à tout esclave souffrant d’injustice ou de mauvais traitements, de la part ou avec la connivence de son maître, de faire appel personnellement à lui. En cas de plainte prouvée pour mauvais traitements ou injustice manifeste, l’esclave sera immédiatement affranchi.</p>



<p><strong>Article VI :</strong> Le Sultan de Mwali accorde au consul britannique, ou à tout agent consulaire autorisé par lui à visiter ses États, le droit de visiter tous les lieux du pays et d’inspecter toutes les plantations ; il lui accorde également libre accès au registre des esclaves, la faculté d’entendre les plaintes des esclaves et de convoquer devant lui les plaignants ou tout autre esclave qu’il jugera utile d’interroger, ainsi que leurs maîtres et les témoins nécessaires. Le Sultan délèguera à cet effet une personne compétente et impartiale, investie de l’autorité nécessaire pour l’assister dans ces enquêtes. Dans le cas où le consul ou l’agent consulaire constaterait des preuves suffisantes qu’un esclave a droit à la manumission en vertu de la présente Convention, il pourra l’affranchir immédiatement.</p>



<p><strong>Article VII :</strong> En outre, le Sultan de Mwali s’engage, après un délai déterminé, à savoir le 4 août 1889, à abolir totalement l’esclavage dans tous ses États. Il s’engage à promulguer une loi, dont le texte sera annexé au présent Traité, ordonnant que l’institution de l’esclavage cessera d’exister dans ses États à ladite date du 4 août 1889, et qu’à partir de ce jour toutes les personnes du pays seront absolument libres.</p>



<p><strong>Article VIII :</strong> Abdurahman bin Saïd, Sultan de Mwali, déclare et s’engage par les présentes à ce que la présente Convention soit obligatoire pour lui-même ainsi que pour ses héritiers et successeurs.</p>



<p><strong>Article IX :</strong> Le présent Traité sera ratifié et entrera en vigueur dès que notification aura été faite au Sultan de Mwali de sa ratification par Sa Majesté la Reine.</p>



<p>En foi de quoi, les Plénipotentiaires respectifs ont signé le présent acte et y ont apposé leurs sceaux.</p>



<p>Fait à Hoani, île de Mwali, le 24 octobre 1882.</p>



<p><em>(L.S.)</em> <strong>Frederic Holmwood</strong><br><em>(L.S.)</em> <strong>Abudu wa Tsivandini al-Mwali</strong></p>



<p>Ce Traité est ratifié.<br><em>(L.S.)</em> <strong>Abdurahman bin Saïd</strong>, Sultan de Mwali.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Annexe A</strong> <em>[Décret prohibant le trafic d’esclaves]</em></h4>



<p>Moi, Abdurahman bin Saïd, Sultan de Mwali, conformément aux termes du Traité conclu ce jour entre Sa Majesté la Reine d’Angleterre et moi-même, ordonne ce qui suit :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>L’importation ou l’introduction d’esclaves dans mon pays est désormais interdite, et toute personne contrevenant à cette loi sera passible de travaux forcés et de la confiscation de ses biens.</li>



<li>La vente, l’achat ou le transfert d’esclaves dans mes États est à partir d’aujourd’hui entièrement prohibé (sauf le transfert des esclaves de personnes décédées à leurs héritiers légitimes). Tout esclave vendu ou transféré, sauf dans le cas précité, aura par ce fait droit à la liberté.</li>



<li>Tout propriétaire d’esclaves devra, sans délai, se présenter devant mon Registraire et déclarer tout esclave qu’il possède.<br>Tout esclave non enregistré par son maître dans les six mois à compter de la date du présent décret aura droit à la liberté.<br>Tout esclave transféré en vertu du second article du présent décret devra être enregistré dans le mois suivant ce transfert.</li>
</ol>



<p><em>(L.S.)</em> <strong>Abdurahman bin Saïd</strong><br>Fait le 24 octobre 1882.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>A</strong>nnexe<strong> B</strong> <em>[Décret fixant la date limite pour l’abolition de l’esclavage]</em></h4>



<p>Moi, Abdurahman bin Saïd, Sultan de Mwali, conformément à la Convention conclue avec Sa Majesté la Reine d’Angleterre, ordonne ce qui suit :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Après une période de sept années à compter de ce jour, c’est-à-dire le 4 août 1889 (la date correspondante selon le calendrier hégirien sera ultérieurement promulguée), l’esclavage cessera d’exister dans mes États, et toutes les personnes, sans distinction d’âge, de condition ou de nationalité, seront et demeureront absolument libres.</li>
</ol>



<p><em>(L.S.)</em> <strong>Abdurahman bin Saïd</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>ORDRE DU CONSEIL BRITANNIQUE</strong>, pour l’exécution de la Convention relative à la traite des esclaves conclue avec Mwali, le 24 octobre 1882.</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>À la Cour de Balmoral, le 6 novembre 1883.</em></p>



<p><strong>Présente : Sa Très Excellente Majesté la Reine.</strong></p>



<p>Vu qu’une loi adoptée lors de la 37e année du règne de Sa Majesté (chapitre 88), intitulée <em>« The Slave Trade Act, 1873 »</em>, dispose notamment que, lorsqu’un traité relatif à la traite des esclaves sera conclu, après la promulgation de ladite loi, par ou au nom de Sa Majesté avec tout État étranger, Sa Majesté pourra, par Ordre en Conseil, décréter qu’à compter d’une date fixée (non antérieure à celle du traité), ledit traité sera réputé être un traité existant sur la traite des esclaves au sens de ladite loi ; et qu’à partir de cette date, toutes les dispositions de ladite loi s’appliqueront et seront interprétées en conséquence :</p>



<p>Considérant qu’un traité ou une convention pour la suppression de la traite africaine des esclaves a été conclu le 24 octobre 1882 entre Sa Majesté et le Sultan de Mwali, en les termes susmentionnés ;<br><em>[Suit ici la Convention]</em></p>



<p>Et considérant qu’il est opportun que ce traité soit soumis à l’application de ladite loi de 1873 ;</p>



<p>Sa Majesté, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés et avec l’avis de son Conseil privé, ordonne ce qui suit :</p>



<p>Le traité ou la convention susdits, datés du 24 octobre 1882, seront réputés avoir été, à partir de cette date, un <em>Traité existant sur la traite des esclaves</em> au sens de <em>The Slave Trade Act, 1873</em>.</p>



<p>Les Lords Commissaires du Trésor de Sa Majesté, le très honorable <a href="https://beshelea.com/said-ali-wa-said-omar-octobre-1883/">Earl Granville</a><sup data-fn="7ec681ae-6250-4af6-9283-52066b686038" class="fn"><a id="7ec681ae-6250-4af6-9283-52066b686038-link" href="#7ec681ae-6250-4af6-9283-52066b686038">3</a></sup>, l’un des principaux secrétaires d’État de Sa Majesté, et les Lords Commissaires de l’Amirauté sont chargés de prendre les mesures nécessaires à cet effet, chacun en ce qui le concerne.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>C. L. Peel.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. XV., <em>Edward Hertslet (1885)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes </h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="f90b0625-c6a9-46ff-a34f-640d12b9c10b"><em>Abdurahman II, devenu sultan en 1878 à la mort de sa mère, fut assassiné en 1884 par son propre peuple, révolté contre sa tyrannie.</em> <a href="#f90b0625-c6a9-46ff-a34f-640d12b9c10b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="91fc274b-ef64-4ffa-812e-5b390053e9ad"><em>Ministre du gouvernement du sultan et interprète, il avait auparavant exercé les fonctions de secrétaire auprès de la sultane Djumɓe Fatima, mère d’Abdurahman II.</em> <a href="#91fc274b-ef64-4ffa-812e-5b390053e9ad-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7ec681ae-6250-4af6-9283-52066b686038"><em>Granville George Leveson</em>. <a href="#7ec681ae-6250-4af6-9283-52066b686038-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/traite-24-octobre-1882/">Abolitions de l&rsquo;esclavage aux Comores : Traité du 24 octobre 1882</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<item>
		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Traité du 20 septembre 1854</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-traite-20-septembre-1854/</link>
					<comments>https://beshelea.com/esclavage-traite-20-septembre-1854/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 20:12:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ɓwana Fumu wa Mɓafumu Kalwauso]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
		<category><![CDATA[William Sunley]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
<p>The post <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-20-septembre-1854/">Abolitions de l&rsquo;esclavage aux Comores : Traité du 20 septembre 1854</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Quatre jours après avoir conclu un traité d’abolition de l’esclavage avec la sultane <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-16-septembre-1854/">Djumɓe Fatima binti Abdurahman de Mwali</a>, le nouveau consul résident britannique, William Sunley<sup data-fn="4bd5c73d-829c-4970-8c94-1f97b26da874" class="fn"><a id="4bd5c73d-829c-4970-8c94-1f97b26da874-link" href="#4bd5c73d-829c-4970-8c94-1f97b26da874">1</a></sup>, parvint à obtenir un accord similaire à Ngazidja, en ce mois de septembre 1854. Lors de son passage sur l’île, un traité analogue fut signé avec le sultan Ɓwana Fumu wa Mɓafumu Kalwauso<sup data-fn="556986c7-f6dc-41c6-9eeb-68b3b3e8beba" class="fn"><a id="556986c7-f6dc-41c6-9eeb-68b3b3e8beba-link" href="#556986c7-f6dc-41c6-9eeb-68b3b3e8beba">2</a></sup> d’Itsandraya, à Ngazidja. Tout comme son prédécesseur, Fumɓavu wa Fefumu, Ɓwana Fumu était impliqué dans la traite des êtres humains.</p>



<p><strong>TRAITÉS entre la Grande-Bretagne et certains chefs de la côte orientale d’Afrique, pour l’abolition, la répression et la prévention de la traite des esclaves.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Traité avec Ɓwana Fumu, un des principaux sultans de Ngazidja</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Itsandraya, le 20 septembre 1854</em></p>



<p><em>DÉCLARATION de la réquisition adressée à Ɓwana Fumu, l’un des principaux sultans de Ngazidja, par William Sunley, Esquire, consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores, et Henry A. Kerr, Esquire, commandant du sloop de Sa Majesté Nerbudda (agissant sous les ordres de Henry G. Morris, Esquire, commandant du navire de Sa Majesté Hydra et officier supérieur sur la côte orientale d’Afrique).</em></p>



<p><strong>I.</strong> Le sultan s’engage à abolir à jamais la traite des esclaves dans son territoire.</p>



<p><strong>II.</strong> Le sultan ordonnera la saisie de tout navire appartenant à ses sujets qui serait trouvé exerçant la traite des esclaves à l’étranger, et fera arrêter et punir le capitaine et l’équipage comme pirates. Tout autre navire amenant des esclaves dans son territoire sera traité de la même manière.</p>



<p><strong>III.</strong> Le sultan punira toute personne parmi ses sujets servant à bord de navires négriers et qui n’aura pas informé le sultan de son implication dans la traite.</p>



<p><strong>IV.</strong> Tout navire possédant à son bord des instruments servant à la traite des esclaves — tels que fers, boulons, menottes, chaînes, fouets ou fers à marquer — sera considéré comme s’il transportait effectivement des esclaves.</p>



<p><strong>V.</strong> Le sultan autorise les croiseurs britanniques à saisir tout navire appartenant à ses sujets trouvé avec des esclaves ou des instruments de traite à bord, après un délai de quatre mois à compter de cette date.</p>



<p><strong>VI.</strong> Le sultan ou le gouverneur devra munir tous les navires appartenant à ses sujets de laissez-passer (ou permissions de port) ; tout navire trouvé sans ce document pourra être saisi, conformément à la cinquième réquisition, par tout croiseur britannique le rencontrant.</p>



<p><strong>VII.</strong> Tous les navires saisis par les croiseurs britanniques seront envoyés devant la cour de vice-amirauté britannique la plus proche ou la plus commode, pour y être jugés. En cas de condamnation, les navires et leurs cargaisons seront vendus au profit du sultan et du gouvernement britannique, mais les esclaves seront affranchis dans une colonie britannique.</p>



<p><strong>VIII.</strong> Le sultan proclamera immédiatement une loi rendant publiques, auprès de tout son peuple, les stipulations du présent accord.</p>



<p><em>ACCORD conclu entre Ɓwana Fumu, l’un des principaux sultans des Comores, et William Sunley, Esquire, consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores, ainsi que Henry A. Kerr, Esquire, commandant du sloop de Sa Majesté Nerbudda.</em></p>



<p><strong>I.</strong> Il n’y aura pas de commerce d’esclaves dans mon territoire.</p>



<p><strong>II.</strong> Tous mes sujets qui traiteront des esclaves seront punis comme ceux qui volent des hommes ; et tout autre navire amenant des esclaves dans mon territoire sera saisi.</p>



<p><strong>III.</strong> Tous mes sujets travaillant à bord de navires négriers, ou aidant la traite des esclaves, seront punis.</p>



<p><strong>IV.</strong> Tout navire ayant à bord des fers ou autres objets destinés à enchaîner les esclaves sera saisi, de la même manière que les navires transportant effectivement des esclaves.</p>



<p><strong>V.</strong> Les bâtiments de guerre anglais pourront saisir tout navire appartenant à mes sujets qui commerce des esclaves.</p>



<p><strong>VI.</strong> Tous les navires de mes sujets devront obtenir des passeports.</p>



<p><strong>VII.</strong> Tout navire saisi sera envoyé dans un lieu anglais pour y être jugé ; les esclaves seront libérés, et le navire ainsi que sa cargaison vendus — une moitié du produit revenant à moi, et l’autre au gouvernement anglais.</p>



<p><strong>VIII.</strong> Le sultan a fait connaître cet accord à tout son peuple.</p>



<p>Fait en double original à Itsandraya, île de Ngazidja, le 20 septembre 1854.</p>



<p class="has-text-align-right"><em><span>(L.S.) </span><strong>Ɓwana Fumu wa Mɓafumu Kalwauso</strong>, Sultan d’Itsandraya, île de Ngazidja.<br><strong>William Sunley</strong>, Consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores<br><strong>H. A. Kerr</strong>, Commandant de la goélette de Sa Majesté « Nerbudda »</em></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. X., <em>Lewiw Hertslet (1859)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="4bd5c73d-829c-4970-8c94-1f97b26da874"><em>Il fut le second et dernier consul résident à Ndzuani. Il succéda à Josiah Napier, en poste de 1848 jusqu’à sa mort le 20 septembre 1850. Sunley occupa cette fonction jusqu’en 1866.</em> <a href="#4bd5c73d-829c-4970-8c94-1f97b26da874-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="556986c7-f6dc-41c6-9eeb-68b3b3e8beba"><em>Le vieux sultan avait autrefois porté le titre de Ntiɓe. Cependant, à cette année précise, au lendemain de la première Nkoɗo nkuu (grande guerre), c’est à sultan Ahmed bin Saïd Ali, son allié durant le conflit contre Fumɓavu, que revenait désormais ce titre.</em> <a href="#556986c7-f6dc-41c6-9eeb-68b3b3e8beba-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Traité du 16 septembre 1854</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-traite-16-septembre-1854/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 18:08:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Djumɓe Fatima binti Abdurahmane]]></category>
		<category><![CDATA[Mwali]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
		<category><![CDATA[William Sunley]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
<p>The post <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-16-septembre-1854/">Abolitions de l&rsquo;esclavage aux Comores : Traité du 16 septembre 1854</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Devenue très jeune sultane de Mwali en 1849<sup data-fn="adf32010-eaff-46f1-9d34-e360b3e82366" class="fn"><a id="adf32010-eaff-46f1-9d34-e360b3e82366-link" href="#adf32010-eaff-46f1-9d34-e360b3e82366">1</a></sup>, Djumɓe Fatima binti Abdurahman éprouve des difficultés à exercer pleinement ses fonctions, en raison des puissantes influences politiques qui dominent sa cour. Son mariage, en 1852, avec l’Omanais <a href="https://beshelea.com/said-hamadi-nasser-mwali/">Saïd Hamadi bin Nasser</a>, ne fut d’ailleurs pas de son propre choix. Elle assure néanmoins son rôle de souveraine et veille à l’économie de l’île, y compris aux revenus liés au trafic d’esclaves.</p>



<p>Toutefois, les Britanniques, qui avaient déjà conclu un <a href="https://beshelea.com/esclavage-raite-8-novembre-1844/">traité d’abolition avec Ndzuani en 1844</a>, parviennent, par l’intermédiaire de leur nouveau consul résident William Sunley<sup data-fn="9454d831-28c8-4bf0-86e2-824b1474742d" class="fn"><a href="#9454d831-28c8-4bf0-86e2-824b1474742d" id="9454d831-28c8-4bf0-86e2-824b1474742d-link">2</a></sup>, à obtenir un accord similaire à Mwali en septembre 1854. Le même traité sera signé quatre jours plus tard avec le sultan <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-20-septembre-1854/">Ɓwana Fumu wa Mɓafumu Kalwauso</a> de Ngazidja.</p>



<p><em><strong>TRAITÉS entre la Grande-Bretagne et certains chefs de la côte orientale d’Afrique, pour l’abolition, la répression et la prévention de la traite des esclaves.</strong></em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Traité avec la Reine de Mwali.</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Fumɓoni, le 16 septembre 1854.</em></p>



<p><em>EXPOSÉ de la réquisition adressée à Sa Majesté la Reine de Mwali, par William Sunley, consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores, et Henry A. Kerr, écuyer, commandant la goélette de Sa Majesté « Nerbudda », agissant sous les ordres de Henry G. Morris, écuyer, commandant du navire de Sa Majesté « Hydra », et officier supérieur de la côte orientale d’Afrique.</em></p>



<p><strong>I.</strong> La Reine s’engage à abolir à jamais la traite étrangère des esclaves dans ses États.</p>



<p><strong>II.</strong> La Reine ordonnera la saisie de tout navire appartenant à ses sujets et trouvé en train de se livrer à la traite étrangère des esclaves, et à faire arrêter et punir le capitaine et l’équipage comme pirates ; tous autres navires introduisant des esclaves dans son île seront traités de la même manière.</p>



<p><strong>III.</strong> La Reine punira toutes personnes parmi ses sujets qui auront servi à bord de navires négriers et qui n’auront pas dénoncé au souverain ou à ses gouverneurs qu’elles avaient pris part à la traite des esclaves.</p>



<p><strong>IV.</strong> Tout navire trouvé porteur d’instruments servant à la traite — tels que fers, entraves, menottes, chaînes, fouets, fers à marquer — sera considéré comme s’il transportait effectivement des esclaves.</p>



<p><strong>V.</strong> La Reine autorisera les croiseurs britanniques à saisir tout navire appartenant à ses sujets et trouvé, après un délai de quatre mois à compter de ce jour, porteur d’esclaves ou d’instruments servant à la traite.</p>



<p><strong>VI.</strong> La Reine ou ses gouverneurs délivreront à tous les navires appartenant à ses sujets des passeports (permissions de port) ; tout navire trouvé sans un tel document pourra être saisi, conformément à la cinquième clause, par tout croiseur britannique rencontré en mer.</p>



<p><strong>VII.</strong> Tous les navires saisis par les croiseurs britanniques seront conduits devant le tribunal britannique de la vice-amirauté le plus proche ou le plus convenable, pour y être jugés. En cas de condamnation, les navires et leurs cargaisons seront vendus au profit des deux gouvernements, tandis que les esclaves seront libérés dans une colonie britannique.</p>



<p><strong>VIII.</strong> La Reine proclamera immédiatement une loi par laquelle les stipulations du présent engagement seront rendues publiques à tout son peuple.</p>



<p><em>ACCORD conclu par la Reine de Mwali avec William Sunley, écuyer, consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores, et Henry A. Kerr, écuyer, commandant la goélette de Sa Majesté « Nerbudda ».</em></p>



<p><strong>I.</strong> Il ne sera plus permis de faire commerce d’esclaves dans mon pays.</p>



<p><strong>II.</strong> Tous mes sujets qui feront le commerce des esclaves seront punis comme ceux qui volent des hommes ; tout autre navire amenant des esclaves dans mon pays sera saisi.</p>



<p><strong>III.</strong> Tous mes sujets qui travailleront à bord de navires négriers, ainsi que ceux qui aideront à la traite des esclaves, seront punis.</p>



<p><strong>IV.</strong> Tout navire trouvé porteur de fers ou d’autres instruments servant à enchaîner des esclaves sera saisi de la même manière que ceux ayant des esclaves à bord.</p>



<p><strong>V.</strong> Les bâtiments de guerre anglais pourront saisir les navires de Mwali qui se livreraient à la traite des esclaves.</p>



<p><strong>VI.</strong> Tous les navires de Mwali devront être munis de passeports.</p>



<p><strong>VII.</strong> Tout navire saisi sera envoyé dans un port anglais pour y être jugé ; les esclaves seront mis en liberté, et le navire ainsi que la cargaison seront vendus, moitié au profit de la Reine, moitié au profit du gouvernement anglais.</p>



<p><strong>VIII.</strong> La Reine a communiqué le présent accord à tous ses sujets.</p>



<p>Fait à Fumɓoni, île de Mwali, en deux exemplaires originaux, le 16 septembre 1854.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>(L.S.) <strong><em>Djumɓe Fatima binti Sultan Abdurahman</em></strong>, Reine de Mwali.<br><strong>William Sunley</strong>, Consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores.<br><strong>H. A. Kerr</strong>, Commandant de la goélette de Sa Majesté « Nerbudda »</em>.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. X.,&nbsp;<em>Lewiw Hertslet (1859)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes </h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="adf32010-eaff-46f1-9d34-e360b3e82366"><em>Elle n’avait que treize ans lors de son couronnement, précipité par l’intervention de la marine française.</em> <a href="#adf32010-eaff-46f1-9d34-e360b3e82366-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9454d831-28c8-4bf0-86e2-824b1474742d"><em>Il fut le second et dernier consul résident à Ndzuani. Il succéda à Josiah Napier, en poste de 1848 jusqu’à sa mort le 20 septembre 1850. Sunley occupa cette fonction jusqu’en 1866.</em> <a href="#9454d831-28c8-4bf0-86e2-824b1474742d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Accord du 29 juillet 1861</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 12:37:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh]]></category>
		<category><![CDATA[Algernon Frederick Rous de Horsey]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Sultan du Ɓamɓao et Ntiɓe<sup data-fn="e4aa057d-0c7a-4b8e-aac3-3fb68466db69" class="fn"><a id="e4aa057d-0c7a-4b8e-aac3-3fb68466db69-link" href="#e4aa057d-0c7a-4b8e-aac3-3fb68466db69">1</a></sup> de Ngazidja au début de la décennie 1860, Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh, dit <em>Mwinyi Mkuu</em>, avait, comme la plupart de ses pairs comoriens, bâti sa richesse en partie sur le commerce d’esclaves<sup data-fn="537ed915-b247-419b-931b-190c2a92a86d" class="fn"><a id="537ed915-b247-419b-931b-190c2a92a86d-link" href="#537ed915-b247-419b-931b-190c2a92a86d">2</a></sup>. En visite dans l’archipel, l’officier britannique Sir Algernon de Horsey parvint, lors de son passage à Mroni, à négocier un accord visant à interdire le commerce étranger d’esclaves sur l’île<sup data-fn="765cd6b6-481e-4ef9-a53b-9094108d7b4b" class="fn"><a id="765cd6b6-481e-4ef9-a53b-9094108d7b4b-link" href="#765cd6b6-481e-4ef9-a53b-9094108d7b4b">3</a></sup>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">ACCORD avec le sultan de Mroni, à Ngazidja, pour l’abolition de la traite des esclaves.</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Mroni, le 29 juillet 1861.</em></p>



<p>Accord conclu entre le sultan Ahmed, chef de Mroni<sup data-fn="6355ea58-806d-4c8b-8db6-452ad9c17ab4" class="fn"><a href="#6355ea58-806d-4c8b-8db6-452ad9c17ab4" id="6355ea58-806d-4c8b-8db6-452ad9c17ab4-link">4</a></sup> et d’autres localités de l’île de Ngazidja, d’une part, et Algernon Frederick R. de Horsey, capitaine du navire de Sa Majesté britannique <em>Brisk</em> et officier supérieur sur la côte orientale d’Afrique, ainsi que William Sunley, consul de Sa Majesté Britannique aux îles Comores, d’autre part, en vue de l’abolition de la traite des esclaves dans les États du sultan.</p>



<p><strong>Article I.</strong><br>Le sultan Ahmed s’engage par le présent accord à interdire tout commerce étranger d’esclaves dans ses territoires, et à ne permettre l’introduction d’aucun esclave à Mroni ni dans aucune autre localité placée sous sa domination.</p>



<p><strong>Article II.</strong><br>Le sultan consent par les présentes à ce que les navires de guerre de Sa Majesté la Reine d’Angleterre puissent saisir tout bâtiment battant son pavillon qui serait rencontré avec des esclaves à bord, ou muni d’aménagements destinés à la traite, ou qui ne serait pas pourvu d’un laissez-passer dûment signé de la main du sultan.</p>



<p>Fait à Mroni, île de Ngazidja, en double exemplaire, ce 29 juillet 1861.</p>



<p class="has-text-align-right"><em><strong>Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh,</strong> Sultan de Mroni<br><strong>A. F. R. de Horsey</strong>, capitaine du navire de Sa Majesté Brisk et officier supérieur sur la côte orientale d’Afrique<br><strong>W. Sunley</strong>, consul de Sa Majesté Britannique aux îles Comores</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em><strong>Témoin :</strong> E. S. Adeane, lieutenant du navire de Sa Majesté Brisk.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. XI., <em>Lewiw Hertslet (1864)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e4aa057d-0c7a-4b8e-aac3-3fb68466db69"><em>Le titre de Ntiɓe de Ngazidja désigne le roi suprême. Il détient la prérogative essentielle d’introniser tous les sultans de l’île, aussi bien dans les territoires relevant de son propre Inya que dans les autres. Ce titre n’est pas héréditaire : il s’acquiert, selon l’adage, « à l’épée ».</em> <a href="#e4aa057d-0c7a-4b8e-aac3-3fb68466db69-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="537ed915-b247-419b-931b-190c2a92a86d"><em>À la fois par le trafic d’esclaves ordinaire et au système de traite des « engagés » instauré par les Français depuis Maore.</em> <a href="#537ed915-b247-419b-931b-190c2a92a86d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="765cd6b6-481e-4ef9-a53b-9094108d7b4b"><em>Un accord qui ne sera jamais réellement respecté dans les faits.</em> <a href="#765cd6b6-481e-4ef9-a53b-9094108d7b4b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6355ea58-806d-4c8b-8db6-452ad9c17ab4"><em>Le sultan du Ɓamɓao exerce traditionnellement son autorité sur les principautés de lignée Inya Matswa Pirusa. Mais en sa qualité de Ntiɓe, Mwinyi Mkuu est aussi indirectement chef des autres principautés de l&rsquo;île ne relevant pas de sa lignée.</em> <a href="#6355ea58-806d-4c8b-8db6-452ad9c17ab4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>1883 : un Américain choisit Ndzuani pour offrir liberté à sa famille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 17:37:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Alawi bin Saïd Âkili]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Henry N. Smith]]></category>
		<category><![CDATA[Madagascar]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Barrett Miles]]></category>
		<category><![CDATA[Scott J. B. Willcox]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Le 8 juin 1883, un boutre nommé Elf Swala fut saisi au port de Mtsamɗu par le lieutenant Scott J. B. Willcox, commandant du HMS Harrier. Ce navire, appartenant à Alawi bin Saïd Âkili, était soupçonné d’avoir servi à l’achat d’esclaves à Madagascar et fut, pour cette raison, confisqué. La suspicion qui conduisit [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><strong>Contexte :</strong> Le 8 juin 1883, un boutre nommé <em>Elf Swala</em> fut saisi au port de Mtsamɗu par le lieutenant Scott J. B. Willcox, commandant du HMS <em>Harrier</em>. Ce navire, appartenant à Alawi bin Saïd Âkili, était soupçonné d’avoir servi à l’achat d’esclaves à Madagascar et fut, pour cette raison, confisqué.</p>



<p>La suspicion qui conduisit à sa saisie tenait notamment au fait que, bien qu’il battît pavillon arabe (zanzibari), le capitaine Alawi ne possédait aucun document relatif à son boutre ni à ses activités commerciales. Cependant, il s’avéra par la suite que l’officier britannique avait été induit en erreur par son interprète, et que les personnes présentées comme esclaves à bord n’en étaient pas réellement.</p>



<p>Des papiers d’affranchissement, fournis par le capitaine, confirmaient leur statut d’hommes et de femmes libres de ces passagers. Parmi les documents produits figurait également une lettre rédigée par Henry N. Smith, un Américain établi à Maintirano<sup data-fn="3e5f9430-bb04-4e06-a967-ffd010eeb0a2" class="fn"><a id="3e5f9430-bb04-4e06-a967-ffd010eeb0a2-link" href="#3e5f9430-bb04-4e06-a967-ffd010eeb0a2">1</a></sup> et employé de son compatriote George Ropes, marchand à Madagascar. La missive, adressée au sultan Abdallah de Ndzuani, expliquait la situation.</p>



<p>Smith, qui vivait avec une compagne d’origine servile à laquelle il avait accordé la liberté, avait également affranchi plusieurs membres de sa famille. Craignant pour leur sécurité, il les avait fait embarquer à bord du <em>Elf Swala</em> à destination de Ndzuani, où la traite était alors « officiellement » proscrite.</p>



<p>Le 4 juillet 1883, après audience, le juge Samuel Barrett Miles, siégeant au tribunal du consul général de Sa Majesté à Zanzibar, ordonna la restitution du boutre. Le jugement précise :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Les papiers d’affranchissement remis par M. Smith à ses esclaves ont été produits devant le tribunal, et je les ai transmis au sultan de Ndzuani, le priant d’avoir l’obligeance de les remettre à leurs propriétaires et de les protéger à l’avenir en tant que personnes libres. »</p>
</blockquote>



<h3 class="wp-block-heading">Lettre d&rsquo;Henry N. Smith à Abdallah bin Salim</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Maintirano, le 7 mai 1883</em></p>



<p>« Au roi Abdallah<sup data-fn="ff61c7d2-bb73-4e78-9750-22bc144a0a1f" class="fn"><a id="ff61c7d2-bb73-4e78-9750-22bc144a0a1f-link" href="#ff61c7d2-bb73-4e78-9750-22bc144a0a1f">2</a></sup> de Ndzuani, ou à qui de droit,</p>



<p>Je soussigné, Henry N. Smith, originaire de Boston (Amérique), demeurant actuellement à Maintirano en qualité d’agent de George Ropes, de Boston, certifie avoir affrété un passage sur le boutre <em>Elf Swala</em>, appartenant à Alawi bin Saïd Âkili, pour ma famille et mes domestiques, à savoir : mon fils Dana ; Amina, la mère de Dana ; Mama, Hishima, nourrices ; Hishima, idem ; Hasha, sœur de lait de Dana ; Sitikalli, frère de lait de Dana ; et Mabruki, mon ancien domestique. Les six dernières personnes nommées sont chacune munies d’un acte de liberté signé de ma main et attesté.</p>



<p>Je souhaite que cette famille s’embarque pour Ndzuani et y réside jusqu’à mon arrivée, que j’espère pouvoir effectuer dans un délai de trois mois. Mon intendant principal, nommé Asumani, les accompagne et veillera sur eux jusqu’à mon retour.</p>



<p>J’ai pris des dispositions suffisantes pour subvenir à leurs besoins jusqu’à mon arrivée, ayant remis à Alawi bin Saïd la somme de 1 000 roupies, à employer pour leur bien, selon ses instructions. J’ai également chargé sur le boutre six caisses de fer ondulé, poutres, planches, etc., destinées à la construction d’une maison confortable pour eux. J’ai aussi fait embarquer cinq sacs de riz à leur usage.</p>



<p>Mon intention en les envoyant à Ndzuani est qu’ils puissent jouir de la liberté que je leur ai accordée, liberté qui, s’ils demeuraient ici, leur serait sans aucun doute retirée dès mon départ : les autorités sakalava<sup data-fn="85ee5fa2-854d-4b14-ba69-d4bcbd47f081" class="fn"><a id="85ee5fa2-854d-4b14-ba69-d4bcbd47f081-link" href="#85ee5fa2-854d-4b14-ba69-d4bcbd47f081">3</a></sup> les réduiraient de nouveau en esclavage, comme cela s’est produit à maintes reprises.</p>



<p>Ayant appris récemment que l’esclavage était aboli ou sur le point de l’être à Ndzuani<sup data-fn="2a9be15c-aa78-4c1c-8038-b2c4ad4ddd8f" class="fn"><a id="2a9be15c-aa78-4c1c-8038-b2c4ad4ddd8f-link" href="#2a9be15c-aa78-4c1c-8038-b2c4ad4ddd8f">4</a></sup>, j’ai choisi cette île pour leur résidence.</p>



<p>Puissent toutes les autorités leur venir en aide, et que Dieu les protège !</p>



<p class="has-text-align-right"><em>(Signé) <strong>H. N. SMITH</strong></em><br><em>Agent de George Ropes,<br>Maintirano, côte ouest de Madagascar.</em></p>



<p><strong>P.S. —</strong> Les seuls autres passagers du boutre sont les trois épouses d’Alawi bin Saïd : Hanifa, Fia et Yaffarani Mamwale. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Abolitions de l&rsquo;esclavage aux Comores : Traité du 10 octobre 1882</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3e5f9430-bb04-4e06-a967-ffd010eeb0a2"><em>Ville de la côte occidentale de Madagascar, Maintirano se situe en pays sakalava, ancien territoire du royaume d’Iboina. Elle est aujourd’hui le chef-lieu de la région de Melaky.</em> <a href="#3e5f9430-bb04-4e06-a967-ffd010eeb0a2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ff61c7d2-bb73-4e78-9750-22bc144a0a1f"><em>Sultan Abdallah bin Salim.</em> <a href="#ff61c7d2-bb73-4e78-9750-22bc144a0a1f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="85ee5fa2-854d-4b14-ba69-d4bcbd47f081"><em>À cette époque, l’esclavage n’y est pas encore aboli dans ces contrées.</em> <a href="#85ee5fa2-854d-4b14-ba69-d4bcbd47f081-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a9be15c-aa78-4c1c-8038-b2c4ad4ddd8f"><em>En effet, un traité a été signé le 10 octobre 1882 entre Ndzuani et les Britanniques, prévoyant une abolition progressive de l’esclavage sur l’île.</em> <a href="#2a9be15c-aa78-4c1c-8038-b2c4ad4ddd8f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mis en esclavage par Saïd Ali : témoignage de Juma Waɗi Hasan</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 18:00:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Juma Waɗi Hasan]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed bin Masud]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Percy Luxmoore]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Omar wa Saïd Hasan]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Juma Waɗi Hasan et à Mohammed bin Masud s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 20 décembre 1883, un boutre du nom de <em>Salamati</em>, battant pavillon zanzibari, fut intercepté par Percy Luxmoore, officier supérieur de la Marine britannique et commandant du navire de Sa Majesté <em>London</em>. Il appartenait à Msellim bin Ali. À son bord se trouvaient deux esclaves — un homme et une femme — originaires de Zanzibar.</p>



<p>Or, le même boutre avait déjà fait l’objet d’un signalement par une esclave nommée Shihuji<sup data-fn="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0" class="fn"><a id="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0-link" href="#6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0">1</a></sup>. Un autre esclave, Juma Waɗi Hasan, s’était également plaint auprès du tribunal du consul général de Sa Majesté à Zanzibar, accusant directement Mohammed bin Masud, l’un des passagers dudit navire. S’ouvrirent alors les audiences des protagonistes. Nous présentons ici leurs déclarations ainsi que les notes consignées dans les procès-verbaux.</p>



<p>Cette affaire illustre la recrudescence du trafic d’esclaves dans l’archipel, favorisée par le système des « engagés » instauré par les Français et par les penchants esclavagistes du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja, de son père, du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani, ainsi que de plusieurs notables locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Juma Waɗi Hasan :</h2>



<p class="has-text-align-right"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar</em><sup data-fn="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6" class="fn"><a id="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6-link" href="#593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6">2</a></sup></p>



<p>« Je suis esclave de Shehiri Mohammed bin Amer. Je me suis enrôlé dans la troupe de Kara Hadji<sup data-fn="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d" class="fn"><a id="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d-link" href="#b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d">3</a></sup> pour Ngazidja, après que le nouveau [sultan] Saïd Ali m’eut demandé de venir à Mroni<sup data-fn="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44" class="fn"><a id="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44-link" href="#a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44">4</a></sup>, en nous promettant protection jusqu’à notre retour à Zanzibar. Nous avons refusé, à moins qu’il n’envoie un drapeau blanc par son jemadar. Après quelques jours, il envoya le jemadar avec un drapeau blanc, disant :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Je vous promets que personne ne vous molestera, car il y a la paix. »</p>
</blockquote>



<p>Nous nous rendîmes donc à Mroni, escortés par le porteur du drapeau blanc, mais à peine entrés dans la ville, nous fûmes saisis, ligotés et enfermés ensemble dans une grande hutte. Le lendemain matin, chaque homme reçut quinze coups de <em>ɓakora</em><sup data-fn="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3" class="fn"><a id="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3-link" href="#c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3">5</a></sup> sur le dos. Après quelque temps, tous — sauf l’esclave de Mohammed bin Hasan — furent emmenés dans un <em>shamba</em> (plantation) situé au-dessus de Mroni, où nous travaillions chaque jour pour Saïd Ali.</p>



<p>Quand la famine fut à son comble, beaucoup d’entre nous moururent de faim, mais Saïd Ali ne nous donna aucune nourriture et nous força à continuer le travail. Par la suite, nous fûmes ramenés en ville, et Saïd Ali déclara :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« J’attends l’arrivée du boutre pour vous vendre aux Français<sup data-fn="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f" class="fn"><a id="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f-link" href="#3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f">6</a></sup>. »</p>
</blockquote>



<p>Toute la ville en fut informée, et à chaque arrivée de boutre, Mohammed bin Masud<sup data-fn="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7" class="fn"><a id="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7-link" href="#137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7">7</a></sup> demandait aux capitaines d’accepter une charte, mais tous refusaient, craignant d’être capturés par les Anglais ou par Saïd Barghash<sup data-fn="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9" class="fn"><a id="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9-link" href="#9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9">8</a></sup>. Cet homme, Mohammed bin Masud, était de petite taille, avec une barbe noire très fournie. Il était venu pour négocier notre achat au nom de certains planteurs, mais nous ne sûmes jamais quel prix avait été payé pour nous.</p>



<p>Lorsque Saïd Ali eut fini de nous vendre, Mohammed Masud tenta de convaincre l’un des boutres de se rendre à Maore pour y porter ses lettres, car les trois boutres français avaient déjà embarqué leurs cargaisons d’« engagés » et ne devaient pas revenir. Aucun ne voulut prendre ses lettres, mais il finit par en trouver un qui accepta, toutefois il ne les porta que jusqu’à Mwali, d’où le Nahoza<sup data-fn="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea" class="fn"><a id="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea-link" href="#4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea">9</a></sup> les renvoya, disant qu’il craignait de s’impliquer dans cette affaire.</p>



<p>Mohammed Masud envoya alors la baleinière du sultan Abdallah de Ndzuani à Maore, avec des lettres. Peu de temps après, le boutre d’Awathi<sup data-fn="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14" class="fn"><a id="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14-link" href="#7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14">10</a></sup> arriva à Mroni avec cinquante <em>djunia</em> [sacs] de riz et plusieurs caisses de piastres françaises. Ces biens furent remis à Saïd Ali comme prix de soixante d’entre nous qu’il avait vendus. Nous étions les plus forts et les plus vigoureux du groupe. Saïd Ali convoqua immédiatement les anciens d’Itsandraya<sup data-fn="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4" class="fn"><a id="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4-link" href="#b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4">11</a></sup> et de Mbadjini (ceux qui restaient), et leur dit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Prenez chacun un tiers du riz comme argent, prix de ces gens de Zanzibar, et partagez-le entre vous en compensation des pertes que vous avez subies. »</p>
</blockquote>



<p>Les anciens refusèrent tous, disant que cette affaire apporterait des malheurs pires encore que la vente de la famille de Msafumu en esclavage, car nous étions tous soit des affranchis des Anglais, soit des gens de Saïd Barghash. Alors Saïd Ali prit les cinquante sacs de riz, y ajouta du grain qu’il acheta, et l’envoya à Itsandraya et à Mbadjini, le distribuant de maison en maison, afin qu’on ne pût dire qu’il avait gardé l’argent.</p>



<p>[Le boutre] Awathi avait remplacé son pavillon de Zanzibar par un drapeau français. Il nourrissait une vive rancune contre le sultan [Barghash] et les Anglais, et il descendit sur la plage où nous étions alignés, attachés par des cordes de sorte que nous ne pouvions bouger. Il prit un lourd <em>ɓakora</em> et, commençant par le premier, frappa chacun d’entre nous avec brutalité — à la tête, aux bras et aux jambes — tout en insultant les Anglais qui avaient poursuivi son boutre, disant :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Vous verrez qu’il n’y aura aucun secours pour vous délivrer de l’esclavage où vous allez, et ni Saïd Barghash ni les chiens d’Anglais n’oseront arrêter mon boutre maintenant que je suis sous pavillon français. »</p>
</blockquote>



<p>Il y avait trois Français : deux maigres et un très gros, au ventre énorme<sup data-fn="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c" class="fn"><a id="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c-link" href="#21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c">12</a></sup>. C’était l’homme du <em>Sirkal</em> (gouvernement<sup data-fn="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e" class="fn"><a id="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e-link" href="#61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e">13</a></sup>). On l’appelait « M. Falfeh ». Nous fûmes conduits devant lui, et il nous demanda si nous consentions à aller à Maore pour travailler dans les <em>shambas</em> des Européens, pour un salaire de 2,5 dollars par mois. Nous répondîmes que nous ne voulions pas y aller, que nous n’étions pas esclaves, et que si les Anglais apprenaient que Saïd Ali nous avait réduits en esclavage, ils le puniraient. Nous ajoutâmes que nous ne pouvions refuser d’être embarqués, car Saïd Ali avait menacé de tous nous tuer si nous résistions, mais que nous l’avertissions que, si un navire de guerre britannique interceptait le boutre, nous nous plaindrions d’avoir été vendus en esclavage contre notre volonté.</p>



<p>Mohammed bin Masud traduisait pour nous. Abdullah Aɓuɗu, l’interprète du <em>Sirkal</em>, était présent, mais n’agissait pas comme interprète. Ceux d’entre nous qui étaient des hommes libres sous la protection du consul britannique dirent qu’on violait la loi anglaise en les réduisant en esclavage, mais on leur ordonna de se taire. Mohammed bin Masud dit au Français que ces paroles nous avaient été apprises par un ou deux mauvais sujets parmi nous, et qu’une fois à bord du boutre, il se chargerait de dire que nous consentions volontairement à partir.</p>



<p>Nos noms furent inscrits sur un papier, mais nous ne signâmes pas, ni ne fîmes de marques. Nous ne fûmes plus liés ensuite, mais enfermés dans une maison en pierre — celle du commis et gendre d’Abdallah Fellahi. La maison était gardée jour et nuit par des soldats de Ndzuani. Nous y restâmes douze jours, et chaque jour des chèvres étaient abattues pour nous, comme pour tous les esclaves vendus aux Français. Puis nous fûmes conduits sur la plage, et Abdullah Fellahi vint dire qu’il y avait déjà trente esclaves de Ngazidja à bord, et qu’il n’y avait de place que pour trente d’entre nous.</p>



<p>On en choisit trente parmi nous, et au moment où ils furent envoyés à bord du boutre d’Awathi, on demanda à chacun s’il comprenait le travail qu’il allait faire. Tous répondirent comme auparavant, mais rien ne fut traduit à l’officier français, qui se contenta d’acquiescer de la tête à chaque passage.</p>



<p>J’avais été choisi, étant fort et en bonne santé, mais je dis au commis d’Abdallah Fellahi que je refusais d’y aller, et que si l’on me forçait à monter à bord, je saisirais la première occasion de me plaindre aux autorités françaises. Il en parla à Mohammed Masud, disant qu’il serait peut-être plus prudent de me laisser, mais qu’il veillerait à ce que j’en souffre. Les trente autres furent alors ramenés, et on nous dit de ne pas espérer nous en tirer, car le boutre d’Awathi ou un autre navire reviendrait bientôt pour nous. Mes compagnons furent renvoyés travailler au <em>shamba</em>, en attendant un autre navire.</p>



<p>Pour ma part, je fus remis comme esclave à Ɓukher Hamaɗi<sup data-fn="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9" class="fn"><a id="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9-link" href="#86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9">14</a></sup>, le commis de Said Ali.<br>Il me faisait exécuter des tâches de femmes, en plus de couper du bois, et me battait chaque jour avec une sandale, parfois aussi avec un <em>ɓakora</em>. Il m’obligeait à travailler nu et ne me permettait pas de porter de vêtements, même dans la maison. Peu après, le boutre de Khamis bin Mbarak entra au port — Ɓakari, mon frère, y était marin. Il me vit à terre et convint de me donner un signal au moment du départ du navire. À minuit, avant qu’ils ne lèvent l’ancre, je reçus le signal, me glissai dehors et nageai jusqu’au boutre. Mon frère me cacha sous des ballots de fil de coco. Nous arrivâmes ainsi à Zanzibar. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Liste des esclaves acquis à Mroni et dans d’autres localités de Ngazidja, le <a href="https://beshelea.com/calendriers-aux-comores/">20 Rajab 1300</a> [27 mai 1883].</h5>



<p><em>Tel que écrit dans le ɗaftar [registre] trouvé avec Mahommed bin Masud :</em></p>



<figure class="wp-block-table is-style-regular"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><th class="has-text-align-left" data-align="left"></th><th>Noms des Nyamwezi :</th><th></th><th></th><th>Des esclaves ont été vendus par :</th><th></th></tr></thead><tbody><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Musa</td><td>Ulaiɗi</td><td>Également trois boutres</td><td></td><td>Shalam</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Suɗi</td><td>Salmin</td><td><strong>Des esclaves ont été vendus par :</strong></td><td></td><td>Abdullah Murhaj</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Matano</td><td>Juma</td><td>Ali Sham</td><td><strong>1</strong></td><td>Abubakr bin Abdurahman</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Majaliwa</td><td>Hasan M.</td><td>Mohedin bin Sultan<sup data-fn="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae" class="fn"><a id="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae-link" href="#1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae">15</a></sup></td><td><strong>2</strong></td><td>Abdurrahman bin Mohammed</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma Waɗi</td><td>Khamis</td><td>Samɓauma</td><td><strong>1</strong></td><td>Seif bin Masud</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Ɓaraka</td><td>Seɗi</td><td>Mze bin Wazir</td><td><strong>1</strong></td><td>Ɓwanaheri bin Hasan</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma</td><td>Othman</td><td>Sloohu Wafabr</td><td><strong>1</strong></td><td>Mze Aɗa bin Minju</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Maukaɓa</td><td>Almasi</td><td>Abdu Malem</td><td><strong>3</strong></td><td>Mohamed bin Juma</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Kuleen</td><td>Saɗalla</td><td>Wazir bin Maftray</td><td><strong>1</strong></td><td>Abdallah bin Ahmed bin Othman</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Hasan</td><td>Nasiɓi</td><td><strong>Ceux de la Maison de Djihadi ayant vendu des esclaves :</strong></td><td></td><td>Fatuma binti Saliman</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Saeed</td><td>Mashaka</td><td>Ɓakar</td><td><strong>3</strong></td><td>Mze Azi</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khamis</td><td>Mlaiɗi</td><td>Abdallah bin Ali</td><td><strong>1</strong></td><td>Mohammed bin Miraji</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Sururi</td><td>Gim</td><td>Djumɓe Yakuni</td><td><strong>1</strong></td><td>Saidina bin Saïd Omar<sup data-fn="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc" class="fn"><a id="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc-link" href="#8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc">16</a></sup></td><td><strong>6</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Neeni</td><td>Wasin</td><td>Abdallah bin Saleh</td><td><strong>1</strong></td><td>Ahmed wa Fefumu</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Fataki</td><td>Almose</td><td>Mohammed bin Hasan</td><td><strong>2</strong></td><td>Simɓa Jumba</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Ibrahim</td><td>Mye Ɓakari</td><td>Abdurahman Kombo</td><td><strong>1</strong></td><td>Saleh bin Mohammed</td><td><strong>7</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"><strong>15<br>14<br>__<br>49<br>135<br>__<br>184</strong></td><td>Waɗi Njinga</td><td>Ali bin Saliman</td><td><strong>2</strong></td><td>Awathi<sup data-fn="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d" class="fn"><a id="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d-link" href="#ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d">17</a></sup></td><td><strong>5</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Mnoobi</td><td>Marjan</td><td> Saleh Koliba</td><td><strong>1</strong></td><td>Sultan Ntiɓe Mbamba</td><td><strong>50</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Mɓurak</td><td>Maɓruki</td><td>Hasun bin Fumbamba</td><td><strong>1</strong></td><td>Djumɓe Fumu Um</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khuri</td><td>Mze Omar</td><td>Maɗihali</td><td><strong>1</strong></td><td>Mɗwahoma Ntiɓe</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Maktuɓu</td><td>Uleiɗi</td><td>Hamaɗi bin Othman</td><td><strong>4</strong></td><td>Saïd Ɓakar bin Sultan<sup data-fn="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5" class="fn"><a id="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5-link" href="#afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5">18</a></sup></td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khamis</td><td>Hasan Omar</td><td>Mohammed bin Hamed</td><td><strong>1</strong></td><td>Swafaini</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Kasan</td><td>Risasi</td><td></td><td><strong>33<br>102<br>__<br>135</strong></td><td>Abdallah bin Sakhi</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma</td><td>Abdallah</td><td></td><td></td><td>Saleh bin Saïd</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Nasser</td><td></td><td></td><td>Wameh binti Abdallah</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Waɗi Hasan</td><td></td><td></td><td></td><td><strong>__<br>102</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Nasiɓ</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Faraj</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Maɓruki</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Juma</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Ɓaruti</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Waɗi Nasiɓ</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Mwinye Waɗi</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Omar</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td><strong>34</strong></td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr></tbody></table></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Poursuite de l’interrogatoire :</h3>



<p>« Tous ceux-là étaient mes compagnons. La plupart, au moment où les soixante premiers d’entre nous furent vendus, étaient trop malades pour être déplacés.<br>Beaucoup étaient des esclaves affranchis par le consul anglais et confiés à la mission anglaise (liste relue une seconde fois).</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Uleɗi, Salmin et Juma se trouvaient à la Mission universitaire de Mkunazini<sup data-fn="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f" class="fn"><a id="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f-link" href="#cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f">19</a></sup>.</li>



<li>Hasan venait de Mɓweni<sup data-fn="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840" class="fn"><a id="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840-link" href="#8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840">20</a></sup> ; c’était un grand ami à moi.</li>



<li>Khamis, Saɗalla, Nasibu, Mashaka, Uleɗi et Wasin, tous libres sous protection anglaise, se trouvaient à la mission de Mkunazini.</li>



<li>Musa, Suɗi et Majaliwa étaient à la mission de Mɓweni.</li>



<li>Parije venait de Mkunazini : il avait menacé d’écrire au consul anglais, et c’est pourquoi on ne l’avait pas inclus dans le premier envoi, bien qu’il ne sût pas vraiment écrire.</li>



<li>Faki, Khamis, Hasan et Juma, je crois, étaient à la mission de Mkunazini. Cet homme n’a pu être envoyé à Maore, car je l’ai revu à Zanzibar : il m’a dit qu’il s’était échappé. Aucun d’eux ne savait écrire en anglais, ni ne prétendait le parler.</li>



<li>Abdullah, qui avait été embarqué parmi les trente premiers, avait été instituteur à l’école de la Mission. Il parlait bien l’anglais, mais avait oublié comment écrire. Je le sais par un nommé Konop, un grand ami à moi. C’est lui qui avait rédigé la pétition que vous avez reçue lors de votre visite à Ngazidja à bord du <em>Sultani</em>. Sa femme était maîtresse d’école à l’établissement de l’évêque Steere à Zanzibar. Il écrivait parfaitement l’anglais, mais mourut malheureusement, juste avant la maladie contractée durant le temps où nous étions esclaves au <em>shamba</em>.</li>



<li>Le Majaliwa mentionné dans la liste n’était pas Konop, car le nom indigène de Konop était Majaliwa. »</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Mohammed bin Masud Albusaïd :</h2>



<p class="has-text-align-right"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar, 26 décembre 1883</em></p>



<p>« Je suis né à Maore, mais je suis venu assez jeune à Zanzibar, où j’ai longtemps vécu comme sujet du Sultan. Cependant, depuis près de vingt ans, je réside à Maore et suis depuis lors sujet français. Je suis venu plusieurs fois à Mroni pour servir d’interprète aux planteurs français. Je n’ai aucun lien avec le gouvernement colonial, mais j’agis comme courtier ainsi qu’interprète pour les Français qui se rendent à Ngazidja pour y faire des achats.</p>



<p>J’étais à bord du boutre de Msellim bin Ali lorsqu’il transporta des « engagés » à Maore. Cela fait trois mois et six jours que le bâtiment a quitté Mroni avec 178 « engagés ». Ils étaient principalement originaires de Ngazidja, mais il y avait parmi eux plusieurs hommes de Zanzibar et de Mrima<sup data-fn="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c" class="fn"><a id="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c-link" href="#446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c">21</a></sup>. Je suis monté à bord avec les « engagés » à Mroni, où j’avais été engagé depuis quelque temps comme interprète. Dans ce cas précis, j’avais été recruté par M. Villéon comme interprète pour son lot d’« engagés ».</p>



<p>Les Français présents sur le navire étaient Valareit, Délégué de l’Administration, accompagné de son interprète Mohammed Abuɗu, et M. Téri, gérant de la Compagnie de la Grande Comore. Mon rôle consistait à traduire lors du recrutement des travailleurs à terre. M. Valreit rédigeait les papiers ; il était assisté de Mohammed Abuɗu, mais le Commandant ne lui permettait pas de signer aucun document : tout ce qu’il disait, M. Valreit l’écrivait. Selon la loi française, le fait d’inscrire un « engagé » sur un papier suffit à en faire un travailleur libre. Il n’est plus esclave et, peu importe comment on l’appelle, il est « libré » selon la loi française, et à Maore, cela suffit pour que les planteurs s’en contentent.</p>



<p>Je n’ai jamais reçu de lettres de Saïd Omar<sup data-fn="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655" class="fn"><a id="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655-link" href="#4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655">22</a></sup>, ni entendu dire que le sultan Abdallah<sup data-fn="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f" class="fn"><a id="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f-link" href="#24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f">23</a></sup> de Ndzuani ait passé un contrat pour des esclaves ou des « engagés ». Il y a plusieurs lettres dans ma boîte ; si vous y trouvez quoi que ce soit de ce genre, vous pouvez les garder. Mes lettres et mes papiers, à l’exception de quelques-uns que m’a confiés Abdallah bin Ali, concernent uniquement mes affaires personnelles et n’ont aucun lien avec des esclaves ni avec la traite. Vous êtes libre d’examiner mes papiers et de prendre tout ce qui concernerait la traite. »</p>



<p><em><strong>Note.</strong> — La boîte de ce témoin a donc été ouverte au tribunal, en sa présence, et les papiers examinés avec son consentement. Il a désigné le dernier livre de comptes et déclaré qu’il n’y avait aucune mention relative ni à des esclaves ni à des « engagés ». Sur l’un des papiers, toutefois, on a trouvé une longue liste censée être celle des esclaves obtenus à Mroni le 20 Rajab 1300.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Interrogatoire poursuivi :</strong></h5>



<p>« Ma boîte est en ordre. Je n’ai eu aucune objection à remettre la clé au Malim<sup data-fn="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9" class="fn"><a id="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9-link" href="#df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9">24</a></sup>, sachant que l’argent serait en sécurité et qu’elle ne contenait rien concernant des esclaves. J’ai vérifié l’argent, tout est correct.</p>



<p>La page de mon <em>ɗaftar</em> que vous montrez est une liste des « engagés » embarqués sur le boutre de Msellim bin Ali. J’avais été recruté comme interprète de M. Téri pour cette opération. Je me suis d’abord rendu auprès de Saïd Ali pour lui exposer nos besoins, puis je suis allé chercher des gens. Comme il y avait eu récemment trois grands envois d’« engagés » vers Maore, les candidats étaient rares, et il m’a fallu plusieurs jours pour réunir le nombre requis. M. Téri ne voulait pas embarquer les esclaves swahilis — dont nous avons finalement pris quarante-neuf — car leur propriétaire craignait de les envoyer, étant donné qu’ils étaient sujets du Sultan de Zanzibar et avaient été détenus par Saïd Ali.</p>



<p>Cependant, le directeur régla rapidement la question en lui montrant qu’ils devenaient désormais des « engagés » légaux dès lors qu’ils étaient inscrits sur sa liste, et il affirma aux propriétaires que ni les Anglais ni le Sultan n’oseraient intervenir. J’ai servi d’interprète pour le directeur, car je parlais swahili. Chaque personne défilait et je demandais : « Connaissez-vous les termes de votre engagement, à savoir aller travailler sur les plantations de la Compagnie de la Grande Comore pendant cinq ans pour un salaire de 2,5 dollars par mois ? » Chacun répondait : « Oui », son nom était alors inscrit par M. Valreit sur le registre, et il était envoyé à bord. En raison des délais à réunir le nombre requis, plusieurs ont réussi à s’enfuir, mais je crois que le nombre de gens de Zanzibar finalement embarqués était de quarante-neuf.</p>



<p>Saïd Omar n’a rien à voir avec le recrutement des « engagés » ; il a un certain lien avec la délivrance des laissez-passer à Maore, mais je n’en sais rien.<br>Je n’ai jamais entendu dire que le sultan Abdallah de Ndzuani ait envoyé des « engagés » à Maore ni qu’il ait reçu un paiement pour chaque esclave. Saïd Omar ne m’a jamais écrit à ce sujet — en vérité, je n’ai jamais reçu de lettre de lui de ma vie et je lui ai à peine parlé. Vous feriez mieux de fouiller ma boîte si vous doutez de ma parole. N’ai-je pas juré sur le Coran de ne dire que la vérité ?</p>



<p>Je ne possède aucun esclave et n’en ai jamais acheté ; c’est strictement interdit à Maore. Même nous, Arabes, devons présenter nos concubines à l’officier et les enregistrer tous les cinq ans comme « engagées ». Saïd Omar ne m’a jamais donné d’instruction concernant Saïd Ali, ni écrite ni verbale. J’affirme qu’il ne m’a jamais écrit une seule fois. »</p>



<p><em><strong>Note.</strong> — La boîte du témoin fut alors fouillée, et, en plus d’un certain nombre de lettres cachetées destinées à Zanzibar, on trouva un petit paquet de lettres ouvertes dissimulées dans le couvercle arrière. Le témoin semblait avoir oublié le contenu de ces vieilles lettres, car il pria l’interprète de les lire à voix haute au fur et à mesure qu’elles étaient dépliées. En une demi-heure, trois lettres furent traduites, puis montrées au témoin qui, découvrant que deux provenaient de Saïd Omar et qu’une concernait un esclave qu’il avait acheté à Mroni — mais qui s’avérait être manifestement un musulman libre — changea complètement d’attitude : son air assuré et jovial fit place à un profond embarras.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Interrogatoire poursuivi :</strong></h5>



<p>« Vous avez les lettres, comment pourrais-je les nier ? Je pensais avoir détruit tout cela avant de partir, mais c’est mon destin (ma malchance). En vérité, je suis pris au piège. J’ai bien servi les Français, mais la jalousie des scribes arabes (<em>Karanis</em>) m’a toujours nui, et je n’ai jamais eu la chance de toucher le salaire du <em>Sirkal</em> (le gouvernement). Si ce boutre est confisqué, je serai ruiné, car Saïd Omar avait garanti au propriétaire qu’il ne subirait aucun tort.</p>



<p>Je n’ai pas dit la vérité en affirmant que les « engagés » n’avaient pas été achetés par les Français, mais il est vrai que chacun d’eux a déclaré « j’ai accepté » avant que le directeur ne l’inscrive sur la liste. Ce n’était pas difficile, car les Français se fient à la parole de l’interprète, et bien que le Commandant soit très <em>kali</em> (strict), il exige seulement que les papiers soient en règle.</p>



<p>Il est vrai que Saïd Ali a vendu presque tous les travailleurs valides, y compris de nombreux Wangazidja qui ne survivront pas longtemps à Maore. Je sais qu’il a reçu de grandes caisses remplies de pièces de 5 francs, ainsi que plusieurs milliers de sacs de riz des planteurs. Ce n’était pas mon affaire : j’étais payé par le gérant des plantations, et je les ai servis fidèlement, mais ils étaient très <em>shoyo</em> (cupides), et les scribes français empochaient la plus grande part des bénéfices.</p>



<p>Avant mon départ, le Commandant refusa définitivement d’accorder le pavillon français à Saïd Ali. Les habitants, et même son propre père, lui conseillèrent de refuser, craignant que cela ne ruine leurs affaires. Ils le lui conseillèrent parce que le Commandant est très sévère et punit même ses amis si leurs papiers ne sont pas <em>« en règle »</em>.</p>



<p>Les deux compagnies ont acheté environ 700 personnes de Ngazidja cette année, en plus des deux contrats passés avec le sultan Abdallah. Nous avons entendu parler de votre affranchissement des esclaves à Mwali. Le sultan Abdallah bin Hamza perdra la vie pour avoir livré la fille de Ngazidja<sup data-fn="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499" class="fn"><a id="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499-link" href="#4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499">25</a></sup> entre vos mains.<br>Saïd Omar donna aussitôt l’ordre au sultan Abderrahman de l’arrêter et de le remettre au sultan de Ndzuani, et nous savons ce que cela signifie. Les autres chefs de Ngazidja qui avaient aidé les Anglais sont tous morts dans l’année.</p>



<p>J’ai reçu une autre lettre de Saïd Omar, arrivée par le boutre de Msellim : elle m’ordonnait, compte tenu des circonstances, de rassembler le meilleur lot possible, et, si nécessaire, d’accepter de Saïd Ali les prisonniers Wanyamwezi. J’ai détruit cette lettre. Vous pouvez garder les lettres, mais je vous prie de ne pas les montrer au Sultan. Je ne sais rien des gens actuellement à bord, sauf Mohammed bin Sheikh, le gendre de Saïd Omar. J’ignore le but de sa venue ici. Il s’est querellé avec Saïd Ali à Mroni.</p>



<p>Je ne puis rien dire de l’autre lettre ; vous l’avez, et elle me compromet. La lettre adressée à Abdullah bin Masud m’était destinée. Je promets de me présenter à nouveau à tout moment si l’on m’appelle. »</p>



<p><em>Lire ici la <a href="https://beshelea.com/said-omar-bin-said-hasan-1883/">Lettre de Saïd Omar wa Saïd Hasan à Mohammed bin Masud</a></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Msellim bin Ali, Arabe Suri<sup data-fn="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb" class="fn"><a id="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb-link" href="#0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb">26</a></sup></h2>



<p class="has-text-align-right"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar, 21 décembre 1883</em></p>



<p>« Le boutre m’appartient. Il s’appelle <em>Salamati</em>. J’ai embarqué 32 passagers masculins et 3 passagères à Mroni. J’ai quitté Maore avec du sucre et 5 passagers indiens. Je suis passé par Mroni et Mitsamihuli.</p>



<p>Mon précédent voyage était un affrètement de Maore à Mroni et retour, avec des « engagés ». J’en ai transporté entre 170 et 180. Ils étaient tous originaires de Ngazidja. J’ai reçu 400 dollars de fret pour ce voyage. Il y avait deux Français à bord. Aucun ne portait d’uniforme.</p>



<p>J’avais d’abord refusé d’accepter l’affrètement, mais les officiers français sont venus me voir et m’ont informé que je recevrais des papiers du <em>Sirkal</em> qui garantiraient la sécurité de mon navire, même s’il venait à être arraisonné par les Anglais. Je n’aimais pas cette affaire, même alors, mais ils m’ont offert le double du fret habituellement payé. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">Abolition de l&rsquo;esclavage aux Comores : ordonnance du 9 décembre 1846</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1884-85, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (november 1885)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0"><em>Son maître était un Arabe suri nommé Abdullah bin Ali, qui se trouvait être un proche de Msellim bin Ali.</em> <a href="#6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6"><em>Bien qu’il ait été entendu en décembre 1883, la date exacte n’a pas été précisée.</em> <a href="#593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police de Saïd Barghash.</em> <a href="#b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44"><em>Juma Waɗi Hasan et ses compagnons se trouvaient alors à Itsandraya Mdjini.</em> <a href="#a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3"><em>Ɓakwera : littéralement canne de marche en bois. Terme utilisé ici pour désigner les coups de bâton.</em> <a href="#c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f"><em>Les Français occupaient alors l’île de Maore. La transaction s’effectuait selon le système esclavagiste mis en place par la France, dit des « engagés ».</em> <a href="#3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7"><em>Mohammed bin Masud Albusaid, Arabe originaire de Maore, partit très jeune pour Zanzibar. Il revint plus tard dans son île natale et devint interprète auprès des planteurs français acheteurs d’esclaves « engagés » dans l’archipel, notamment sur l’axe Maore–Ngazidja.</em> <a href="#137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9"><em>Le sultan de Zanzibar.</em> <a href="#9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea"><em>Capitaine d&rsquo;un bateau, en shiKomori.</em> <a href="#4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14"><em>Appartenant à Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi, un Moronien très impliqué dans le trafic d’esclaves</em>. <a href="#7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4"><em>Les partisans de Ntiɓe Mbamba.</em> <a href="#b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c"><em>Selon une déclaration de Masud, étaient concernés : « M. Villéon (directeur des Habitations de la Compagnie des Comores), M. Velroit (délégué de l’Administration) et M. Téri (directeur de la Compagnie de la Grande Comore) ».</em> <a href="#21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e"><em>Il s’agissait des représentants du gouvernement français, c’est-à-dire des autorités occupant Maore.</em> <a href="#61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9"><em>Ɓuku Hamaɗi</em> ? <a href="#86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae"><em>Mohedin wa Mwinyi Mkuu.</em> <a href="#1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc"><em>Petit frère de Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d"><em>Pour plus de clarté, Masud employait le nom du boutre pour désigner son propriétaire, Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi.</em> <a href="#ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5"><em>Saïd Ɓakar wa Mwinyi Mkuu.</em> <a href="#afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f"><em>Mkunazini est un quartier historiquement important situé à Stone Town (Mji Mkongwe), à Zanzibar.</em> <a href="#cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840"><em>Mɓweni est une localité située sur l’île d’Unguja, dans l’archipel de Zanzibar.</em> <a href="#8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c"><em>Il s’agissait d’Africains originaires du continent. Mrima désigne la côte est-africaine faisant face à l’archipel de Zanzibar.</em> <a href="#446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655"><em>Saïd Omar wa Saïd Hasan, père de Saïd Ali.</em> <a href="#4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f"><em>Abdallah bin Salim.</em> <a href="#24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9"><em>Littéralement « maître », le terme est ici utilisé pour désigner le juge.</em> <a href="#df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499"><em>Il s’agit de Mariama Hali, réduite en esclavage par Saïd Ali. En cours de route, elle fut récupérée et protégée à Mwali par le sultan Abdallah bin Hamza, alors en exil sur cette île. Il la confia à l’Anglais Frederik Holmwood, afin qu’elle puisse rejoindre son oncle Mwenyi Husein à Zanzibar.</em> <a href="#4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb"><em>Du mot « Surriyya ». Dans la zone swahilie, un Arabe dit « Suri » désignait une personne dont le père était arabe et dont la mère était une concubine non arabe, souvent d’origine servile.</em> <a href="#0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">Mis en esclavage par Saïd Ali : témoignage de Juma Waɗi Hasan</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Doléances de Maria, esclave makua de Ɓweni Rukia</title>
		<link>https://beshelea.com/doleances-maria-esclave-makua/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Sep 2025 16:41:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Maria]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Employée au palais Ɗarini, à Ɓamɓao Mtsanga, Maria est une esclave makua appartenant à Ɓweni Rukia, l’une des épouses du sultan Abdallah bin Salim. Après la signature du traité de 1882 entre la Grande-Bretagne et Ndzuani, interdisant la traite et prévoyant l’abolition progressive de l’esclavage, elle se dit trahie par les Anglais. C’est [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Employée au palais Ɗarini, à Ɓamɓao Mtsanga, Maria est une esclave makua appartenant à Ɓweni Rukia, l’une des épouses du sultan Abdallah bin Salim. Après la signature du traité de 1882 entre la Grande-Bretagne et Ndzuani, interdisant la traite et prévoyant l’abolition progressive de l’esclavage, elle se dit trahie par les Anglais. C’est ce qu’elle confia, en novembre 1883, lors d’un entretien informel avec le consul britannique Frederic Holmwood. Le traité stipulait en effet, dans son article V, une clause d’affranchissement immédiat en cas de maltraitance.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Mtsamɗu, novembre 1883.</em></p>



<p>« Je suis au service du cuisinier du roi<sup data-fn="2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212" class="fn"><a id="2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212-link" href="#2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212">1</a></sup>, qui vient aujourd’hui dans la capitale<sup data-fn="085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d" class="fn"><a id="085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d-link" href="#085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d">2</a></sup> avec Son Altesse. Je suis l’une des femmes qui vous ont servi l’année dernière lorsque vous concluyiez le <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">traité</a><sup data-fn="dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8" class="fn"><a id="dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8-link" href="#dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8">3</a></sup>. Nous sommes toutes déçues que les Anglais ne soient pas venus nous affranchir, comme nous l’avions cru d’après ce que nous avons entendu lorsque vous parliez avec les officiers du roi.</p>



<p>Il y a beaucoup de Wangazidja<sup data-fn="c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274" class="fn"><a id="c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274-link" href="#c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274">4</a></sup> chez nous [à Ɓamɓao Mtsanga]. Nous avons dix-sept nouvelles filles originaires de Ngazidja à Ɗarini [le palais]. Je ne peux rien vous dire à ce sujet. Si l’on savait que je vous avais parlé, je serais tuée. Nous ne pouvons pas parler, mais si vous m’emmenez sur le navire pour Zanzibar, je n’aurai pas peur. Je faisais partie de celles que vous aviez promises d’affranchir l’année dernière si nous étions maltraitées. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>MARIA</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212"><em>Le sultan Abdallah bin Salim [Abdallah III, dit Mawana].</em> <a href="#2692921c-66a7-45ed-850d-69f334c09212-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d"><em>Abdallah III réside plus souvent dans son nouveau palais de Ɓamɓao Mtsanga que dans la capitale Mtsamɗu.</em> <a href="#085e4f90-fd78-43f5-be39-bd541b74a11d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8"><em>Le traité du 10 octobre 1882, conclu à Ɓamɓao Mtsanga entre le sultan Abdallah III et Frederick Holmwood, prévoyait l’abolition de l’esclavage.</em> <a href="#dc5ed277-4650-41b9-816e-7daafe59f8c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274"><em>Il concernait des personnes, pour la plupart libres à l’origine, réduites en servitude par le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja, puis envoyées à Ndzuani en paiement d’un tribut de guerre dû au sultan Abdallah III.</em> <a href="#c8d1e567-26a9-44b1-a307-7e6b72615274-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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