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	<title>Maore Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<title>Maore Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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		<title>Colonisation française : Prise de possession de Maore, juin 1843</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 11:23:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Andriantsuli]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Omar Abubakari]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Passot]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Omar wa Saïd Hasan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : À la suite du traité controversé du 25 avril 1841 relatif à la cession de Maore, la France ne procéda pas immédiatement à la prise de possession de l’île. Il fallut attendre près de deux années pour qu’un officier, en l’occurrence Pierre Passot — signataire et principal négociateur dudit traité — soit effectivement [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><strong>Contexte :</strong> À la suite du traité controversé du 25 avril 1841 relatif à la <a href="https://beshelea.com/colonisation-traite-25-avril-1841/">cession de Maore</a>, la France ne procéda pas immédiatement à la prise de possession de l’île. Il fallut attendre près de deux années pour qu’un officier, en l’occurrence Pierre Passot — signataire et principal négociateur dudit traité — soit effectivement dépêché sur place. Ce délai traduit les hésitations des autorités françaises, soucieuses de ne pas provoquer de réaction hostile de la Grande-Bretagne<sup data-fn="0c00c276-5b55-4c97-a94f-0d70b6e36cd7" class="fn"><a href="#0c00c276-5b55-4c97-a94f-0d70b6e36cd7" id="0c00c276-5b55-4c97-a94f-0d70b6e36cd7-link">1</a></sup>, alors très influente dans l’archipel, ni du sultanat de Zanzibar, qui considérait cette zone comme relevant de sa sphère d’influence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette prudence diplomatique s’ajoutait une difficulté majeure : la contestation formelle de la cession par Ndzuani. En effet, au-delà de la suzeraineté ancienne, quoique intermittente, exercée par les sultans anjouanais sur Maore, un traité conclu le 19 novembre 1835<sup data-fn="d9a3a986-a046-4b92-a596-6c743abe0f37" class="fn"><a href="#d9a3a986-a046-4b92-a596-6c743abe0f37" id="d9a3a986-a046-4b92-a596-6c743abe0f37-link">2</a></sup> avait entériné la cession de l’île au sultanat de Ndzuani, après que le sultan Abdallah bin Alawi (Abdallah II, mort en 1836) eut libéré cette dernière du joug de Ramanetaka. En droit comme en pratique, une telle situation rendait toute nouvelle cession invalide sans l’assentiment préalable de Ndzuani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Consciente de cet obstacle, la France adopta, après 1841, une stratégie en deux temps. Elle chercha d’abord à fragiliser le pouvoir du sultan Salim bin Alawi (Salim II), issu d’un contexte de rivalités internes, en alimentant la rumeur d’un retour du prince Saïd Hamza<sup data-fn="5a9d5ed0-ae7f-4a34-a70b-f3192539d1f4" class="fn"><a href="#5a9d5ed0-ae7f-4a34-a70b-f3192539d1f4" id="5a9d5ed0-ae7f-4a34-a70b-f3192539d1f4-link">3</a></sup>, partisan du souverain déchu Alawi bin Abdallah (Alawi Mtiti, mort en 1842). Dans un second temps, elle s’appuya sur le prince Saïd Omar bin Hasan<sup data-fn="a0ff5937-85b0-4a4e-84ef-30d7eef8130d" class="fn"><a href="#a0ff5937-85b0-4a4e-84ef-30d7eef8130d" id="a0ff5937-85b0-4a4e-84ef-30d7eef8130d-link">4</a></sup>, notable anjouanais, francophile convaincu acquis à sa cause et installé à Maore, pour exercer une pression politique directe sur le sultan Salim. L’objectif était d’obtenir de ce dernier une renonciation écrite à ses prétentions sur l’île, accompagnée de la reconnaissance du traité du 25 avril 1841. Cette manœuvre aboutit le 19 septembre 1843, lorsque le sultan finit par céder aux exigences françaises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le discours ci-après a été prononcé lors de la prise de possession, le 16 djumad al-awal 1259, au lieu-dit Pangahari, sur l’îlot de Ndzaudze, en présence de l’ex-« sultan » Andriantsuli bin Uza, des cadis et notables de l’île, d’Auguste-Léopold Protet, commandant de la gabare <em>La Lionne</em>, des officiers de ce bâtiment, ainsi que de deux détachements d’infanterie et d’artillerie destinés à tenir garnison sur l’île.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Proclamation du commandant Passot, premier commandant particulier de Maore.</h3>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Ndzaudze, 13 juin 1843</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Habitants de Maore,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le haut et puissant monarque qui règne sur des millions de sujets tant musulmans que chrétiens, dont les possessions s&rsquo;étendent du levant au couchant et les navires sillonnent toutes les mers, Louis-Philippe Ier, Roi des Français, a bien voulu accepter l&rsquo;offre que vous lui avez faite de la cession en toute propriété de la souveraineté de l&rsquo;île Maore, et son représentant à Bourbon<sup data-fn="83581102-da22-42c3-859e-5a8f5fb74622" class="fn"><a href="#83581102-da22-42c3-859e-5a8f5fb74622" id="83581102-da22-42c3-859e-5a8f5fb74622-link">5</a></sup> m&rsquo;a envoyé vers vous pour vous commander et vous protéger de vos ennemis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Habitants de Maore, le règne du roi des Français est le règne de la justice et de l&rsquo;équité, les peuples qu&rsquo;il gouverne, aussi nombreux que les étoiles du ciel, bénissent chaque jour son nom et prie Dieu et le grand Muhammad de prolonger la vie qui leur est si chère. Mayottais, depuis près d&rsquo;un siècle la guerre règne dans votre île, elle a diminué la population et détruit jusqu&rsquo;aux traces de cultures et fait disparaître vos villes qui ne sont plus que des monceaux de ruines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vos sultans tour à tour élus et décapités<sup data-fn="9917668f-59c2-4bdf-be21-95e8712965e0" class="fn"><a href="#9917668f-59c2-4bdf-be21-95e8712965e0" id="9917668f-59c2-4bdf-be21-95e8712965e0-link">6</a></sup> n&rsquo;ont usé de leur autorité passagère que pour vous enlever vos biens et souvent pour attenter à votre vie, mais le règne de la terreur est passé. Vous ne serez plus gouvernés par le caprice mais seulement par les lois : votre port, libre de tout droit, et pour toutes les nations, va bientôt se couvrir de navires qui vous apporteront les produits des diverses contrées de la terre en échange de ceux de votre île<sup data-fn="65a66a74-03eb-44b9-b492-86ab5468b9a0" class="fn"><a href="#65a66a74-03eb-44b9-b492-86ab5468b9a0" id="65a66a74-03eb-44b9-b492-86ab5468b9a0-link">7</a></sup> ; l&rsquo;abondance et la richesse vont succéder à la misère et aux privations que vous avez endurées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Habitants de Maore, rendez-vous à vos mosquées et remerciez Dieu et son prophète de cet heureux changement et par votre conduite envers celui qui est appelé à vous commander, rendez-vous dignes d&rsquo;un aussi grand bienfait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le commandant particulier. »</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Signé : PIERRE PASSOT</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Archives nationales d&rsquo;outre-mer, Aix-en-Provence</li>



<li>Histoire des îles Ha’Ngazidja, Hi’Ndzou’ani, Maïota et Mwali, <em>présentation critique des manuscrits arabe et swahili émanant du Grand Qadi de Ndzaoudzé</em>, Oumar Aboubakari Housséni (1865), <em>Djahazi Edition (1997)</em>.</li>



<li>Chroniques mahoraises, <em>Jean-François Gourlet (2003)</em></li>



<li>Comores : quatre îles entre pirates et planteurs, Tome 1 – Razzias, malgaches et rivalités internationales (fin XVIIIe-1875), <em>Jean Martin (1983)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="0c00c276-5b55-4c97-a94f-0d70b6e36cd7"><em>Une instruction française datée du 16 février 1843 précisait, par exemple, que dans l’hypothèse où les Anglais viendraient à s’installer à Maore entre la ratification du traité de cession — intervenue le 10 février 1843 sous Louis-Philippe — et la prise de possession effective de l’île, la France invoquerait l’antériorité de ses droits, fondés sur le traité du 25 avril 1841. Toutefois, dans le cas où les autorités britanniques se montreraient inflexibles, il conviendrait alors de se retirer en évitant tout incident, non sans avoir, au préalable, formulé une protestation officielle.</em> <a href="#0c00c276-5b55-4c97-a94f-0d70b6e36cd7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d9a3a986-a046-4b92-a596-6c743abe0f37"><em>Bien que ce traité ait bel et bien existé, son original a disparu dans les flammes lors d’incendies survenus au cours de conflits intra-mahorais, lorsque le rebelle Andrianavi attaqua Ndzaudze. Un autre exemplaire original était conservé à Ndzuani, mais il disparut à son tour après l’exil du sultan Alawi en 1840.</em> <em>Il fut réécrit en 1843 à la demande de Passot, lequel enjoignit au cadi Omar Abubakar de préciser que la souveraineté de l’île de Maore avait été cédée au sultan Abdallah bin Salim, puis à son fils Alawi, et qu’à leur mort, l’île reviendrait automatiquement à ses habitants. Selon le cadi Omar Abubakar, Passot déclara : « J’en ai besoin pour le faire porter à Ndzuani, afin que le sultan Salim y appose sa signature. » Il convient de souligner que cette réécriture, ne comportant pas de date, intervint plusieurs années après la mort d’Abdallah, et peu de temps après celle d’Alawi Mtiti. Du côté anjouanais, le traité n’avait jamais mentionné de durée et ne faisait pas davantage référence aux dispositions à prendre après la mort desdits souverains. Le capitaine anglais John Marshall, envoyé en mission à Mtsamdu, écrivait ainsi, le 30 décembre 1843, que « les notables de Ndzuani ont affirmé solennellement que le traité original n’indiquait aucune limite à la domination des rois de Ndzuani sur Maore ».</em> <a href="#d9a3a986-a046-4b92-a596-6c743abe0f37-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5a9d5ed0-ae7f-4a34-a70b-f3192539d1f4"><em>Par exemple, Charles Léon Joseph Bazoche, gouverneur de Bourbon, écrit à Pierre Passot, le 27 mai 1843 : « Vous ferez comprendre au sultan de Ndzuani que, dans la position précaire où il se trouve, son intérêt est de rechercher notre alliance, afin que nous ne prenions pas en main la cause de son compétiteur. »</em> <a href="#5a9d5ed0-ae7f-4a34-a70b-f3192539d1f4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a0ff5937-85b0-4a4e-84ef-30d7eef8130d"><em>Saïd Omar bin Hasan arriva à Ndzuani, accompagné de Favin-Lévêque, commandant du Heroine, et se présenta à Salim II, qui refusa de signer un document qu’il jugeait non authentique. Dans sa chronique de 1875, Saïd Omar rapporte que Salim lui avait rappelé : « Andriantsuli n’était que gouverneur de Maore et ne pouvait, à ce titre, céder une île qui ne lui appartenait pas. Cette île appartenait légitimement, par droit de conquête et par donation, à la couronne de Ndzuani ; ainsi Abdallah, sultan de Ndzuani, et ses successeurs étaient maîtres de Maore. Ni Andriantsuli, ni Ramanetaka, ni Ɓwana Kombo n’avaient donc le moindre droit sur cette île […]. Et si, à la mort d’Abdallah et d’Alawi, Maore devait devenir libre et indépendante de la couronne de Ndzuani, pourquoi monsieur Bazoche attachait-il tant de prix à ma signature ? »</em> <a href="#a0ff5937-85b0-4a4e-84ef-30d7eef8130d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="83581102-da22-42c3-859e-5a8f5fb74622"><em>Il s&rsquo;agit de Mathieu de Hell.</em> <a href="#83581102-da22-42c3-859e-5a8f5fb74622-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9917668f-59c2-4bdf-be21-95e8712965e0"><em>Peut-être fait-il référence à l’assassinat du sultan <em>Ɓ</em>wana Kombo bin Hadj par des pirates malgaches en 1787, ainsi qu’aux régicides survenus au sein des familles royales mahoraises, qui conduisirent aux meurtres des sultans Salim bin <em>Ɓ</em>wana bin Klasmel et Swalih bin Muhammad en 1817, puis à celui du sultan Mawana Ahamadi en 1829, et enfin à l’exécution du sultan <em>Ɓ</em>wana Kombo bin Ahamadi, en 1836, dans la prison de Fumɓoni (Mwali), sur ordre du sultan Abderhaman (Ramanetaka).</em> <a href="#9917668f-59c2-4bdf-be21-95e8712965e0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65a66a74-03eb-44b9-b492-86ab5468b9a0"><em>L&rsquo;objectif de la France était tout d&rsquo;abord de faire de Maore une colonie agricole, une sorte de « colonie modèle » et un « centre économique florissant » au bénéfice de l’Empire et des planteurs. Un objectif au final qui ne sera pas atteint.</em> <a href="#65a66a74-03eb-44b9-b492-86ab5468b9a0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Colonisation française des Comores : Traité du 25 avril 1841</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 14:15:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Andriantsuli]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Noël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série à travers laquelle Ɓeshelea s’est fixé pour objectif de publier l’intégralité des traités et actes relatifs à la colonisation française de l’archipel des Comores.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans l’histoire de l’archipel des Comores, la parenthèse de la colonisation française demeure, jusqu’à aujourd’hui, un sujet de débats et de controverses. Ces discussions portent aussi bien sur l’interprétation, à l’européenne, de la notion d’« État-nation » que sur la lecture et l’analyse de certains documents historiques. C’est précisément sur ce dernier aspect que nous nous penchons ici, puisque la colonisation française aux Comores débute officiellement le 25 avril 1841, à la suite d’une controverse liée au traité de cession de l’île de Maore.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Par Kori Tari avec Rabouba Jr al Shahashahani</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce document, dont il existe plusieurs versions, contient des informations qui ne concordent pas toujours. L’interprétation des événements ayant conduit à cette cession ne fait, encore aujourd’hui, l’unanimité, tant l’histoire se révèle plus complexe qu’il n’y paraît. Ainsi, selon Cadi Omar Abubakar<sup data-fn="9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97" class="fn"><a href="#9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97" id="9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97-link">1</a></sup>, cette cession aurait été envisagée dans le but de protéger sa famille et l’île de Maore d’un coup de force préparé par Andriantsuli, lequel cherchait à s’emparer de l’île. Pour parvenir à ses fins, il lui aurait fallu éliminer toute la famille royale qui lui était opposée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le statut même de « sultan » au moment de la signature du traité demeure discutable. Nous y reviendrons plus loin, mais il convient de souligner qu&rsquo;Andriantsuli reconnaît lui-même, dans un échange avec le Français Vincent Noël, que, s’agissant du sultan de Ndzuani, « il ne se considérait que comme son lieutenant et ne pouvait disposer de l’île sans un ordre exprès de ce prince ». À cela s’ajoutent les intrigues des ministres Fiunzuna et Nahiku<sup data-fn="51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d" class="fn"><a href="#51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d" id="51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d-link">2</a></sup>, ainsi que la position particulière de Cadi Omar depuis le traité de cession de l’île de 1835 au sultan de Ndzuani. Autant d’éléments qui rendent la situation bien plus complexe que la présentation souvent réductrice proposée sur certains plateaux de télévision ou dans certaines revues de presse, lesquelles s’appuient sur une lecture strictement française des faits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre le fait colonial, il ne suffit pas de se limiter à la version officielle produite par la puissance occupante, d’autant plus lorsque les documents concernés ont été rédigés dans des langues différentes. C’est le cas de la cession de Maore : le document original fut rédigé en arabe par Cadi Omar Abubakar avant d’être traduit en français. Or cette traduction, établie par l’agent consulaire de France à Zanzibar, Vincent Noël, qui accompagnait Pierre Passot, pose plusieurs problèmes. C’est pourquoi nous avons choisi, dans cet article, de présenter les deux versions du texte, d’y adjoindre une traduction française récente du document original, d’en dégager les différences et d’apporter quelques précisions nécessaires.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img width="491" height="652" data-id="1120"  alt="Version originale en arabe du Traité du 25 avril 1841" class="wp-image-1120 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-1.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-1.jpg 491w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-1-226x300.jpg 226w" sizes="(max-width: 491px) 100vw, 491px" /><figcaption class="wp-element-caption">Version originale en arabe du Traité du 25 avril 1841</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="768" height="1024" data-id="1119"  alt="Version originale en arabe du Traité du 25 avril 1841 (suite)" class="wp-image-1119 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-768x1024.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-768x1024.jpg 768w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-225x300.jpg 225w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-1152x1536.jpg 1152w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Version originale du Traité du 25 avril 1841 (suite)</figcaption></figure>
</figure>



<h3 class="wp-block-heading">Traité du 25 avril 1841 &#8211; Version traduite par Vincent Noël en 1841</h3>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Au nom du Dieu clément et miséricordieux. C’est en Lui que nous mettons notre confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le traité suivant, négocié par le capitaine Passot, envoyé de M. de Hell, contre-amiral gouverneur de Bourbon, a été conclu entre S.A. Andriantsuli, fils d’Uza, ancien roi des Sakalaves, aujourd’hui sultan de Maore, et le gouvernement français, sauf l’approbation de Sa Majesté Louis-Philippe Ier, roi des Français, ou de son représentant, le gouverneur de Bourbon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 1 :</strong> Le sultan Andriantsuli cède à la France, en toute propriété, l’île de Maore, qu’il possède par droit de conquête et par convention, et sur laquelle il règne depuis treize ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 2 :</strong> En retour de la présente cession, le gouvernement français fera au sultan Andriantsuli une rente viagère de mille piastres. Cette rente, qui sera payée par trimestre, ne sera pas réversible sur les enfants du sultan Andriantsuli mais deux de ses fils pourront être envoyés à Bourbon pour y être élevés aux frais du gouvernement français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 3 :</strong> Le sultan Andriantsuli pourra continuer à habiter Maore ; il conservera la jouissance de toutes ses propriétés particulières, mais il ne devra en aucune manière s’opposer aux ordres donnés par le représentant à Maore du roi des Français. Il devra, au contraire, faire tout ce qui dépendra de lui pour en assurer l’exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 4 :</strong> Si le sultan Andriantsuli voulait retourner à Madagascar, le gouvernement français s’engage à le déposer, lui et ceux de ses gens qui désireraient le suivre, sur le point qu’il désignera, sans autre condition. Mais alors, la pension de mille piastres qui lui est allouée cesserait à dater du jour de son départ de Maore.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 5 :</strong> Toutes les propriétés sont inviolables. Ainsi, les terres cultivées, soit par les Sakalaves, soit par les autres habitants de l’île Maore, continuent à leur appartenir. Cependant, si pour la sûreté et la défense de l’île, il était nécessaire d’occuper un terrain habité par un individu quelconque, celui-ci devrait aller s’établir dans une autre partie de l’île, à son choix, mais sans être en droit d’exiger une indemnité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 6 :</strong> Les terres non reconnues propriétés particulières appartiennent de droit au gouvernement français, qui seul pourra en disposer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 7 :</strong> Les discussions, disputes ou différends quelconques qui s’élèveraient entre les Français et les anciens habitants de Maore seront jugés par des hommes sages et éclairés, choisis dans les deux populations et désignés par Sa Majesté le Roi des Français ou par son représentant à Maore.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 8 :</strong> En considération des liens de parenté et d’amitié qui unissent le sultan Andriantsuli au sultan Alawi<sup data-fn="7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac" class="fn"><a href="#7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac" id="7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac-link">3</a></sup>, si ce dernier veut résider à Bourbon, Maore ou Nosy Be, il sera traité de la manière la plus favorable par tout commandant pour le roi des Français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 9 :</strong> Le présent acte, rédigé en français et en arabe, a été fait en triple exécution dans chacune des deux langues. Il recevra son exécution lorsqu’il aura été sanctionné par Sa Majesté le Roi des Français ou par son représentant le gouverneur de Bourbon, et à dater du jour où le pavillon national de la France sera arboré sur un point quelconque de Maore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fait à Maore, le dimanche deuxième du mois de Rabi-el-Awal, 1257 de l’hégire, date correspondante au 25 avril 1841.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Signataires [selon une des versions]:</strong><br>Passot — Andriantsuli, Fiunzuna [vizir] — Bakari Kusu [vizir] — Madani Tauria [vizir] — Nahiku [vizir] — Anaha [vizir] — Saïd bin Athuman [vizir] — Omar bin Masulaha [vizir] — Fuadi Ahmadi bin Athuman [Cadi]. »</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img width="713" height="1024" data-id="1125"  alt="Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe. (1)" class="wp-image-1125 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-713x1024.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-713x1024.jpg 713w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-209x300.jpg 209w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-768x1104.jpg 768w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-1069x1536.jpg 1069w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3.jpg 1425w" sizes="(max-width: 713px) 100vw, 713px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="1024" height="763" data-id="1126"  alt="Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe. (2)" class="wp-image-1126 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-1024x763.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-1024x763.jpg 1024w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-300x223.jpg 300w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-768x572.jpg 768w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-1536x1144.jpg 1536w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe. (suite)</figcaption></figure>
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<h3 class="wp-block-heading">Traité du 25 avril 1841 &#8211; Version traduite par Zaïneb Ben Abdelhafidh en 2025</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Et c’est par Lui que nous cherchons assistance. Voici ce qui a été convenu entre Son Excellence le Sultan Andriantsuli, Sultan de Maore, fils du Sultan Uza, Sultan des Sakalaves, ainsi que le capitaine Passot, chambellan du gouverneur de Bourbon et émissaire auprès du Sultan susmentionné, sous réserve d’accord de Sa Majesté le roi Louis-Philippe Iᵉʳ, Souverain des Français, et par son représentant à Bourbon, Son Altesse Mathieu de Hell.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Première condition</strong> : Son Excellence le Sultan Andriantsuli, Sultan de Maore, cède entièrement et sans restriction l’île mentionnée à Sa Majesté, Souverain des Français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Seconde condition</strong> : Sa Majesté, Souverain des Français, versera à Son Excellence le Sultan Andriantsuli, comme rétribution pour lui avoir cédé l’île, une rente viagère de mille piastres, tant que le Sultan Andriantsuli résidera sur l’île de Maore et, si Son Excellence vient à décider, ses enfants ne pourront prétendre à ce qui appartient à leur père. Toutefois, Son Excellence le Sultan Andriantsuli est en droit d’envoyer deux de ses enfants à Bourbon, auquel cas leur éducation sera financièrement prise en charge par le Souverain suprême (français).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Troisième condition</strong> : Tant que Son Excellence le Sultan Andriantsuli demeure à Maore, aucune de ses possessions ne lui sera confisquée, à condition qu’il n’aille pas à l’encontre des ordres de Son Altesse le Souverain des Français ou de son représentant nommé par lui. Au contraire, si le représentant de Son Altesse le Souverain des Français requiert quelque chose, Son Excellence le Sultan Andriantsuli devra lui apporter toute l’assistance nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quatrième condition</strong> : Les Français doivent garantir au Sultan Andriantsuli et à son entourage de se rendre dans tout lieu de la région où il souhaiterait voyager. Toutefois, à partir du moment où il quittera Maore, le versement des mille piastres mentionnées cessera.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cinquième condition</strong> : Tous les biens des Sakalaves et des autres peuples de Maore resteront sous leur contrôle absolu. Cependant, si un habitant réside dans un endroit qui se trouve être un lieu nécessaire à la protection de l’île, celui-ci pourra être relogé dans un autre lieu de son choix, sauf si ce lieu appartient à un propriétaire, auquel cas son installation nécessitera l’accord de ce dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sixième condition</strong> : Toute terre n’appartenant à personne par droit de propriété et n’ayant pas été cultivée appartient au Souverain suprême (français), et le représentant de Son Altesse pourra en disposer à sa guise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Septième condition</strong> : En cas de litige entre un Mahorais et un Français, leur jugement sera rendu par un représentant des Français et un représentant des populations de l’île, choisis parmi les personnes les plus sages et instruites par Son Altesse le Souverain des Français ou son représentant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Huitième condition</strong> : Si le Sultan Alawi souhaite résider à Bourbon ou à Nosy Be et Maore, il pourra, si Allah le veut, y séjourner auprès de ceux qui servent Sa Majesté le Souverain des Français, et il y sera traité avec bienveillance, honneur et une grande considération. Cela est ordonné par le Souverain suprême (français), en raison des liens de parenté entre le Sultan Andriantsuli et Alawi, et de l’amitié qui s’est établie entre eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce document a été rédigé en trois exemplaires, et son contenu prendra effet dès qu’il sera validé par Sa Majesté le roi Louis-Philippe Iᵉʳ, Souverain des Français, ou par son représentant à Bourbon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été déposé en un lieu désigné de l’île de Maore, sous le pavillon français, le dimanche 2 Rabīʿ al-Awwal 1257 de l’Hégire. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Signataires :</strong><br>Passot — Ont signé Fiunzuna [vizir] — Bakari Kusu [vizir] — Madani Tauria [vizir] — Nahiku [vizir] — Anaha [vizir] — Saïd bin Athuman [vizir] — Omar bin Masulaha [vizir] — Fuadi Ahmadi bin Athuman [Cadi] — Et celui qui a rédigé cela, sous leur autorité, et s&rsquo;en porte garant, c&rsquo;est Cadi Omar bin Abubakar. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Quelques points à relever sur les deux traductions :</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison des deux versions révèle que des ajouts ont été introduits par le traducteur Vincent Noël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant la première condition, la version originale et la traduction proposée par Zaïneb Ben Abdelhafidh concordent parfaitement. En revanche, l’ajout des treize années de règne attribuées à Andriantsuli semble avoir été introduit afin de le légitimer comme sultan incontesté. Or, dans les faits, l’Ampanzaka<sup data-fn="2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950" class="fn"><a href="#2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950" id="2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950-link">4</a></sup> ne s’installe définitivement sur le sol mahorais qu’en 1832. Un simple calcul montre qu’entre 1832 et 1841, date de la signature du traité, neuf années seulement se sont écoulées. Andriantsuli n’a d’ailleurs été sultan de Maore que de 1832 à 1833, avant d’être destitué la même année par Ramanetaka<sup data-fn="18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39" class="fn"><a href="#18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39" id="18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39-link">5</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, il devient gouverneur pour le compte des sultans de Ndzuani à partir de 1835, fonction qu’il conserve jusqu’à la signature du traité de 1841. Cette situation découle d’un accord conclu en 1835 entre les nobles de Maore et le sultan Abdallah II<sup data-fn="1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e" class="fn"><a href="#1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e" id="1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e-link">6</a></sup> (1823-1835) de Ndzuani, lorsque ce dernier les libéra du joug de Ramanetaka.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La quatrième condition du traité mentionne, dans la version de Vincent Noël, la terre de Madagascar, alors que la traduction de Zaïneb Ben Abdelhafidh, conforme à l’original, n’y fait pas référence. Il apparaît ainsi qu&rsquo;Andriantsuli pouvait se rendre où bon lui semblait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, la cinquième condition évoque, dans le texte original, une entente entre autochtones dans le cas où l’un souhaiterait s’installer, et non une indemnité due au représentant français. Là encore, la traduction de Zaïneb Ben Abdelhafidh restitue fidèlement le sens du document original.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, s’agissant des signataires, il est désormais établi que le nom de Andriantsuli n’apparaît pas dans le document original, alors qu’il figure dans la version traduite par Vincent Noël. À l’inverse, le nom de Cadi Omar bin Abubakar, présent dans l’original, disparaît dans l&rsquo;une des versions françaises de 1841.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enseignement à tirer d’une telle situation est clair : il est indispensable de vérifier chaque document afin d’éviter toute méprise dans la compréhension de notre histoire. Celle-ci est complexe, et certains cherchent, volontairement ou non, à la simplifier à l’excès. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Archives départementales de La Réunion</li>



<li>Histoire des îles Ha&rsquo;Ngazidja, Hi&rsquo;Ndzou&rsquo;ani, Maïota et Mwali, <em>présentation critique des manuscrits arabe et swahili émanant du Grand Qadi de Ndzaoudzé</em>, Oumar Aboubakari Housséni (1865), <em>Djahazi Edition (1997)</em>.</li>



<li>Comores : quatre îles entre pirates et planteurs, Tome 1 &#8211; Razzias, malgaches et rivalités internationales (fin XVIIIe-1875), <em>Jean Martin (1983)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97"><em>Un prince, membre de la famille royale de Maore, expose dans une chronique rédigée en 1865 sa propre version des faits concernant l’histoire de l’île ainsi que la question relative à la cession de 1841.</em> <a href="#9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d"><em>Chacun prétendait, de son côté, être le véritable gouvernant de Maore, soutenant que Andriantsuli avait perdu de son influence.</em> <a href="#51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac"><em>Alawi bin Abdallah bin Alawi, dit Alawi II ou Alawi Mtiti (« le jeune »), était le sultan déchu de Ndzuani. Il était également le souverain auquel <em>Andriantsuli</em> avait prêté allégeance et au nom duquel il gouvernait Maore depuis la mort du père de celui-ci, en 1836.</em> <a href="#7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950"><em>Terme malgache générique servant à désigner le souverain, qu’il s’agisse d’un roi ou d’une reine.</em> <a href="#2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39"><em>Sultan de Mwali.</em> <a href="#18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e"><em>Abdallah bin Alawi.</em> <a href="#1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Mémorandum à l’attention de Byles concernant Ngazidja (1881)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 12:07:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
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		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains boutriers engagés dans le commerce d’esclaves, en complicité avec des Français établis à Maore, recourent à divers stratagèmes afin d’échapper aux poursuites britanniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette missive, Holmwood évoque un rapport dont un double a été remis au capitaine Mather Byles, commandant du <em>HMS Seagull</em>, lors de son départ pour Ndzuani et les îles Comores, le 1ᵉʳ septembre. Ce document se compose principalement de déclarations émanant « d’un sultan de Ngazidja [Abdallah bin Hamza de Ɓamɓao], récemment déposé par le fils d’un homme de Ndzuani résidant à Maore [Saïd Ali, fils de Saïd Omar], ce dernier étant sujet français et occupant, selon toute vraisemblance, une fonction officielle dans cette colonie. Chaque détail fourni a été confirmé par le vizir de ce sultan, ainsi que par le vizir d’un second sultan comorien évincé [un vizir de Msafumu wa Fefumu] par le même individu qui gouverne aujourd’hui l’île. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Holmwood remet ce mémorandum à Byles en lui demandant d’obtenir, si l’occasion s’en présente, la version des faits de Saïd Ali concernant les événements liés aux récents bouleversements survenus à Ngazidja, tout en plaçant auprès de lui un interprète de confiance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum à l’attention du capitaine Byles, du navire de Sa Majesté <em>Seagull</em></h4>



<p class="wp-block-paragraph">« Au cours des dernières années, cette île a été gouvernée par les sultans indigènes Msafumu<sup data-fn="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25" class="fn"><a id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25">1</a></sup> et le sultan Abdallah<sup data-fn="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea" class="fn"><a id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea">2</a></sup>. La succession, dans ce pays, se transmet par la ligne féminine, mais d’une manière particulière ; il suffit pratiquement de préciser qu’un sultan doit être soit le fils de la fille d’un sultan, soit l’époux de la fille d’un sultan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les principaux ports de l’île sont Mroni et Shinɗini. Dans le premier, les esclaves proviennent généralement de la côte du Mozambique ; du second, ils sont en règle générale expédiés vers Ndzuani et Maore. Ces esclaves semblent être invariablement des Makua, embarqués depuis la côte du Mozambique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux achetés à Ngazidja par des agents français sont formellement inscrits sur un registre auquel est annexé <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">un engagement promettant de les renvoyer à l’expiration d’une date fixée</a>. Il m’est indiqué qu’on ne connaît aucun cas où un esclave aurait effectivement été renvoyé, et il serait opportun d’enquêter sur ce point. S’agissant des esclaves achetés pour le sultan de Ndzuani à l’île de Ngazidja<sup data-fn="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516" class="fn"><a id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516">3</a></sup>, je n’entends parler d’aucun accord <em>pro forma</em> de ce type.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques mois, les deux sultans, Msafumu et le sultan Abdallah, ont été déposés par un certain Saïd Ali, fils d’un sujet français et petit fonctionnaire indigène résidant à Maore, nommé Saïd Omar. Le père et le fils entretiennent actuellement des relations étroites avec le sultan de Ndzuani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sultan déposé, Abdallah, m’informe qu’il y a quelques années, il s’était entendu avec le sultan de Ndzuani pour autoriser le débarquement d’esclaves à Mroni et leur passage à travers l’île jusqu’à Shinɗini en vue de leur expédition. Pour cela, il recevait 500 dollars par an. Mais il y a environ un an, lui et Msafumu, ayant appris que le sultan de Zanzibar, qu’ils considèrent comme leur suzerain, avait interdit toute traite des esclaves, annoncèrent aux agents du sultan [de Ndzuani], Mohedin et Saïd Bakari<sup data-fn="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" class="fn"><a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link">4</a></sup>, maître du navire qui apporte les esclaves depuis la côte pour son compte, qu’ils ne pouvaient plus autoriser le débarquement d’esclaves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la suite de cela, Mohedin se rendit auprès de Saïd Ali, qui complotait depuis longtemps pour obtenir le sultanat de Mroni, et ils convinrent rapidement avec le sultan Abdullah [bin Salim] d’envoyer 400 hommes armés depuis Ndzuani, tandis que Mohamed Sidi, secrétaire indigène français de Maore, faisait envoyer, sous le commandement de son fils Salim, 60 hommes vêtus à l’européenne et s’exerçant à la manière française, pour prêter main-forte. Cette troupe attaqua soudainement les différentes localités et les maîtrisa rapidement. Msafumu est maintenant caché dans la brousse, et le sultan Abdallah est ici réfugié avec son vizir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les détails de cette affaire, toutefois, vous apparaîtront plus clairement après que vous aurez visité les lieux. J’envoie Salim, mon interprète, pour vous assister et servir d’interprète confidentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous pourrez probablement, une fois sur place, vérifier ces déclarations, ainsi que celles que vous entendrez de Saïd Ali, l’actuel sultan de Mroni, qui, sans doute, donnera une version très différente de cette affaire. Saïd Ali parle français. À Shinɗini, un certain cheikh Uma<sup data-fn="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d" class="fn"><a id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d">5</a></sup> est sultan sous l’autorité de Saïd Ali. C’est un trafiquant d’esclaves notoire, et c’est dans son port que seraient embarqués tous les esclaves destinés à Ndzuani et Maore. Je ne pense pas, toutefois, que ces expéditions dépassent 150 individus par an pour chacune des deux îles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autres ports de Ngazidja sont Mitsamihuli, Mbuɗe, Itsandraya et Ikoni. Il serait utile de déterminer leurs capacités en tant que mouillages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je dois mentionner que deux boutres sont actuellement engagés dans la traite des esclaves à Ngazidja. Le seul que je puisse identifier est celui de Mohamed bin Tayib, régulièrement affrété par le sultan Abdallah ou par son agent, Saïd Bakari, pour transporter des esclaves. Cet homme fut capturé avec son boutre par le navire de Sa Majesté <em>Thetis</em>, et fut détenu quelque temps dans le fort ici<sup data-fn="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" class="fn"><a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link">6</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après ce mémorandum, il semblerait qu’une violation grave des traités conclus respectivement entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Grande-Bretagne et Ndzuani</a> et entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/">Grande-Bretagne et Ngazidja</a> soit en train de se produire. Mais, compte tenu de toutes les circonstances, je pense qu’il serait judicieux, dans les deux endroits, de nous en tenir pour l’instant à une observation attentive et aux seules investigations que permet une visite ordinaire. J’annexe quelques notes qui pourraient vous être utiles dans le cadre de votre visite. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>



<p class="wp-block-paragraph">« Treize mois se sont écoulés depuis que Hamed Simɓamwona [Simɓauma ?] est déclaré être arrivé à Mroni afin d’y acheter des esclaves pour le compte de M. Goda, de Maore. Il attendit l’arrivée du boutre de Saïd Bakari en provenance de la côte du Mozambique, et acheta cent esclaves. Ce Saïd Bakari effectue des voyages constants vers la côte, et accomplit également, en alternance, des traversées avec des esclaves makua destinés au sultan Abdallah, à Ndzuani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>San Yusuf</em>, boutre appartenant à Muhammed bin Salim, de Maore, arborant les couleurs françaises entre Ngazidja et Maore, mais soupçonné d’amener à disparaître ce pavillon lorsqu’il se trouve sur la côte du Mozambique, arriva à Ngazidja il y a environ un an avec un marchand français dont le nom semblait être « Goda ». Il était accompagné d’un officier français portant une seule bande, et ils achetèrent 150 esclaves (dont 15 femmes seulement) pour un prix de 40 à 50 dollars chacun, et en embarquèrent une partie à bord du boutre. Ils furent entassés dans la cale et maintenus entravés pendant la nuit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents habituels furent signés, indiquant qu’ils seraient renvoyés après un délai déterminé, mais aucune déclaration de ce genre ne fut faite aux esclaves, toutes les parties concernées sachant qu’il s’agissait d’esclaves récemment débarqués de la côte du Mozambique, achetés au prix courant. On dit qu’au moins 50 de ces esclaves ne purent être transportés et furent placés sur la plantation d’Abdullah Felahi, où ils attendent encore leur embarquement. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>FREDERIC HOLMWOOD.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>British and Foreign State Papers 1880-1881, Vol. LXXII., <em>Foreign Office (1888)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea"><em>Abdallah bin Saïd Hamza, sultan de Ɓamɓao.</em> <a href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516"><em>Entre le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani et le nouveau sultan Ntiɓe de Ngazidja, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4"><em>Dans la transcription anglaise, « Sayyid Bukhari ». Il s’agit de Saïd Bakari wa Mwinyi Mkuu de Mroni, propriétaire de boutres et impliqué dans la traite, ainsi que son demi-frère Mhuɗini wa Mwinyi Mkuu. Ce dernier est aussi un trafiquant d’esclaves notoire, travaillant de longue date pour le compte du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d"><em>Le vieux Uma Ɗari, sultan de Mbadjini.</em> <a href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98"><em>Dans le fort de Zanzibar</em> <a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Mis en esclavage par Saïd Ali : témoignage de Juma Waɗi Hasan</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 18:00:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Juma Waɗi Hasan]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed bin Masud]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Percy Luxmoore]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Omar wa Saïd Hasan]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Juma Waɗi Hasan et à Mohammed bin Masud s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 20 décembre 1883, un boutre du nom de <em>Salamati</em>, battant pavillon zanzibari, fut intercepté par Percy Luxmoore, officier supérieur de la Marine britannique et commandant du navire de Sa Majesté <em>London</em>. Il appartenait à Msellim bin Ali. À son bord se trouvaient deux esclaves — un homme et une femme — originaires de Zanzibar.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, le même boutre avait déjà fait l’objet d’un signalement par une esclave nommée Shihuji<sup data-fn="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0" class="fn"><a id="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0-link" href="#6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0">1</a></sup>. Un autre esclave, Juma Waɗi Hasan, s’était également plaint auprès du tribunal du consul général de Sa Majesté à Zanzibar, accusant directement Mohammed bin Masud, l’un des passagers dudit navire. S’ouvrirent alors les audiences des protagonistes. Nous présentons ici leurs déclarations ainsi que les notes consignées dans les procès-verbaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette affaire illustre la recrudescence du trafic d’esclaves dans l’archipel, favorisée par le système des « engagés » instauré par les Français et par les penchants esclavagistes du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja, de son père, du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani, ainsi que de plusieurs notables locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Juma Waɗi Hasan :</h2>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar</em><sup data-fn="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6" class="fn"><a id="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6-link" href="#593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6">2</a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je suis esclave de Shehiri Mohammed bin Amer. Je me suis enrôlé dans la troupe de Kara Hadji<sup data-fn="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d" class="fn"><a id="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d-link" href="#b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d">3</a></sup> pour Ngazidja, après que le nouveau [sultan] Saïd Ali m’eut demandé de venir à Mroni<sup data-fn="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44" class="fn"><a id="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44-link" href="#a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44">4</a></sup>, en nous promettant protection jusqu’à notre retour à Zanzibar. Nous avons refusé, à moins qu’il n’envoie un drapeau blanc par son jemadar. Après quelques jours, il envoya le jemadar avec un drapeau blanc, disant :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Je vous promets que personne ne vous molestera, car il y a la paix. »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Nous nous rendîmes donc à Mroni, escortés par le porteur du drapeau blanc, mais à peine entrés dans la ville, nous fûmes saisis, ligotés et enfermés ensemble dans une grande hutte. Le lendemain matin, chaque homme reçut quinze coups de <em>ɓakora</em><sup data-fn="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3" class="fn"><a id="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3-link" href="#c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3">5</a></sup> sur le dos. Après quelque temps, tous — sauf l’esclave de Mohammed bin Hasan — furent emmenés dans un <em>shamba</em> (plantation) situé au-dessus de Mroni, où nous travaillions chaque jour pour Saïd Ali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand la famine fut à son comble, beaucoup d’entre nous moururent de faim, mais Saïd Ali ne nous donna aucune nourriture et nous força à continuer le travail. Par la suite, nous fûmes ramenés en ville, et Saïd Ali déclara :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« J’attends l’arrivée du boutre pour vous vendre aux Français<sup data-fn="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f" class="fn"><a id="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f-link" href="#3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f">6</a></sup>. »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la ville en fut informée, et à chaque arrivée de boutre, Mohammed bin Masud<sup data-fn="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7" class="fn"><a id="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7-link" href="#137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7">7</a></sup> demandait aux capitaines d’accepter une charte, mais tous refusaient, craignant d’être capturés par les Anglais ou par Saïd Barghash<sup data-fn="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9" class="fn"><a id="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9-link" href="#9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9">8</a></sup>. Cet homme, Mohammed bin Masud, était de petite taille, avec une barbe noire très fournie. Il était venu pour négocier notre achat au nom de certains planteurs, mais nous ne sûmes jamais quel prix avait été payé pour nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Saïd Ali eut fini de nous vendre, Mohammed Masud tenta de convaincre l’un des boutres de se rendre à Maore pour y porter ses lettres, car les trois boutres français avaient déjà embarqué leurs cargaisons d’« engagés » et ne devaient pas revenir. Aucun ne voulut prendre ses lettres, mais il finit par en trouver un qui accepta, toutefois il ne les porta que jusqu’à Mwali, d’où le Nahoza<sup data-fn="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea" class="fn"><a id="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea-link" href="#4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea">9</a></sup> les renvoya, disant qu’il craignait de s’impliquer dans cette affaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mohammed Masud envoya alors la baleinière du sultan Abdallah de Ndzuani à Maore, avec des lettres. Peu de temps après, le boutre d’Awathi<sup data-fn="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14" class="fn"><a id="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14-link" href="#7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14">10</a></sup> arriva à Mroni avec cinquante <em>djunia</em> [sacs] de riz et plusieurs caisses de piastres françaises. Ces biens furent remis à Saïd Ali comme prix de soixante d’entre nous qu’il avait vendus. Nous étions les plus forts et les plus vigoureux du groupe. Saïd Ali convoqua immédiatement les anciens d’Itsandraya<sup data-fn="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4" class="fn"><a id="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4-link" href="#b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4">11</a></sup> et de Mbadjini (ceux qui restaient), et leur dit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Prenez chacun un tiers du riz comme argent, prix de ces gens de Zanzibar, et partagez-le entre vous en compensation des pertes que vous avez subies. »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les anciens refusèrent tous, disant que cette affaire apporterait des malheurs pires encore que la vente de la famille de Msafumu en esclavage, car nous étions tous soit des affranchis des Anglais, soit des gens de Saïd Barghash. Alors Saïd Ali prit les cinquante sacs de riz, y ajouta du grain qu’il acheta, et l’envoya à Itsandraya et à Mbadjini, le distribuant de maison en maison, afin qu’on ne pût dire qu’il avait gardé l’argent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[Le boutre] Awathi avait remplacé son pavillon de Zanzibar par un drapeau français. Il nourrissait une vive rancune contre le sultan [Barghash] et les Anglais, et il descendit sur la plage où nous étions alignés, attachés par des cordes de sorte que nous ne pouvions bouger. Il prit un lourd <em>ɓakora</em> et, commençant par le premier, frappa chacun d’entre nous avec brutalité — à la tête, aux bras et aux jambes — tout en insultant les Anglais qui avaient poursuivi son boutre, disant :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Vous verrez qu’il n’y aura aucun secours pour vous délivrer de l’esclavage où vous allez, et ni Saïd Barghash ni les chiens d’Anglais n’oseront arrêter mon boutre maintenant que je suis sous pavillon français. »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il y avait trois Français : deux maigres et un très gros, au ventre énorme<sup data-fn="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c" class="fn"><a id="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c-link" href="#21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c">12</a></sup>. C’était l’homme du <em>Sirkal</em> (gouvernement<sup data-fn="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e" class="fn"><a id="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e-link" href="#61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e">13</a></sup>). On l’appelait « M. Falfeh ». Nous fûmes conduits devant lui, et il nous demanda si nous consentions à aller à Maore pour travailler dans les <em>shambas</em> des Européens, pour un salaire de 2,5 dollars par mois. Nous répondîmes que nous ne voulions pas y aller, que nous n’étions pas esclaves, et que si les Anglais apprenaient que Saïd Ali nous avait réduits en esclavage, ils le puniraient. Nous ajoutâmes que nous ne pouvions refuser d’être embarqués, car Saïd Ali avait menacé de tous nous tuer si nous résistions, mais que nous l’avertissions que, si un navire de guerre britannique interceptait le boutre, nous nous plaindrions d’avoir été vendus en esclavage contre notre volonté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mohammed bin Masud traduisait pour nous. Abdullah Aɓuɗu, l’interprète du <em>Sirkal</em>, était présent, mais n’agissait pas comme interprète. Ceux d’entre nous qui étaient des hommes libres sous la protection du consul britannique dirent qu’on violait la loi anglaise en les réduisant en esclavage, mais on leur ordonna de se taire. Mohammed bin Masud dit au Français que ces paroles nous avaient été apprises par un ou deux mauvais sujets parmi nous, et qu’une fois à bord du boutre, il se chargerait de dire que nous consentions volontairement à partir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos noms furent inscrits sur un papier, mais nous ne signâmes pas, ni ne fîmes de marques. Nous ne fûmes plus liés ensuite, mais enfermés dans une maison en pierre — celle du commis et gendre d’Abdallah Fellahi. La maison était gardée jour et nuit par des soldats de Ndzuani. Nous y restâmes douze jours, et chaque jour des chèvres étaient abattues pour nous, comme pour tous les esclaves vendus aux Français. Puis nous fûmes conduits sur la plage, et Abdullah Fellahi vint dire qu’il y avait déjà trente esclaves de Ngazidja à bord, et qu’il n’y avait de place que pour trente d’entre nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On en choisit trente parmi nous, et au moment où ils furent envoyés à bord du boutre d’Awathi, on demanda à chacun s’il comprenait le travail qu’il allait faire. Tous répondirent comme auparavant, mais rien ne fut traduit à l’officier français, qui se contenta d’acquiescer de la tête à chaque passage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’avais été choisi, étant fort et en bonne santé, mais je dis au commis d’Abdallah Fellahi que je refusais d’y aller, et que si l’on me forçait à monter à bord, je saisirais la première occasion de me plaindre aux autorités françaises. Il en parla à Mohammed Masud, disant qu’il serait peut-être plus prudent de me laisser, mais qu’il veillerait à ce que j’en souffre. Les trente autres furent alors ramenés, et on nous dit de ne pas espérer nous en tirer, car le boutre d’Awathi ou un autre navire reviendrait bientôt pour nous. Mes compagnons furent renvoyés travailler au <em>shamba</em>, en attendant un autre navire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ma part, je fus remis comme esclave à Ɓukher Hamaɗi<sup data-fn="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9" class="fn"><a id="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9-link" href="#86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9">14</a></sup>, le commis de Said Ali.<br>Il me faisait exécuter des tâches de femmes, en plus de couper du bois, et me battait chaque jour avec une sandale, parfois aussi avec un <em>ɓakora</em>. Il m’obligeait à travailler nu et ne me permettait pas de porter de vêtements, même dans la maison. Peu après, le boutre de Khamis bin Mbarak entra au port — Ɓakari, mon frère, y était marin. Il me vit à terre et convint de me donner un signal au moment du départ du navire. À minuit, avant qu’ils ne lèvent l’ancre, je reçus le signal, me glissai dehors et nageai jusqu’au boutre. Mon frère me cacha sous des ballots de fil de coco. Nous arrivâmes ainsi à Zanzibar. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Liste des esclaves acquis à Mroni et dans d’autres localités de Ngazidja, le <a href="https://beshelea.com/calendriers-aux-comores/">20 Rajab 1300</a> [27 mai 1883].</h5>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Tel que écrit dans le ɗaftar [registre] trouvé avec Mahommed bin Masud :</em></p>



<figure class="wp-block-table is-style-regular"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><th class="has-text-align-left" data-align="left"></th><th>Noms des Nyamwezi :</th><th></th><th></th><th>Des esclaves ont été vendus par :</th><th></th></tr></thead><tbody><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Musa</td><td>Ulaiɗi</td><td>Également trois boutres</td><td></td><td>Shalam</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Suɗi</td><td>Salmin</td><td><strong>Des esclaves ont été vendus par :</strong></td><td></td><td>Abdullah Murhaj</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Matano</td><td>Juma</td><td>Ali Sham</td><td><strong>1</strong></td><td>Abubakr bin Abdurahman</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Majaliwa</td><td>Hasan M.</td><td>Mohedin bin Sultan<sup data-fn="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae" class="fn"><a id="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae-link" href="#1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae">15</a></sup></td><td><strong>2</strong></td><td>Abdurrahman bin Mohammed</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma Waɗi</td><td>Khamis</td><td>Samɓauma</td><td><strong>1</strong></td><td>Seif bin Masud</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Ɓaraka</td><td>Seɗi</td><td>Mze bin Wazir</td><td><strong>1</strong></td><td>Ɓwanaheri bin Hasan</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma</td><td>Othman</td><td>Sloohu Wafabr</td><td><strong>1</strong></td><td>Mze Aɗa bin Minju</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Maukaɓa</td><td>Almasi</td><td>Abdu Malem</td><td><strong>3</strong></td><td>Mohamed bin Juma</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Kuleen</td><td>Saɗalla</td><td>Wazir bin Maftray</td><td><strong>1</strong></td><td>Abdallah bin Ahmed bin Othman</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Hasan</td><td>Nasiɓi</td><td><strong>Ceux de la Maison de Djihadi ayant vendu des esclaves :</strong></td><td></td><td>Fatuma binti Saliman</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Saeed</td><td>Mashaka</td><td>Ɓakar</td><td><strong>3</strong></td><td>Mze Azi</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khamis</td><td>Mlaiɗi</td><td>Abdallah bin Ali</td><td><strong>1</strong></td><td>Mohammed bin Miraji</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Sururi</td><td>Gim</td><td>Djumɓe Yakuni</td><td><strong>1</strong></td><td>Saidina bin Saïd Omar<sup data-fn="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc" class="fn"><a id="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc-link" href="#8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc">16</a></sup></td><td><strong>6</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Neeni</td><td>Wasin</td><td>Abdallah bin Saleh</td><td><strong>1</strong></td><td>Ahmed wa Fefumu</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Fataki</td><td>Almose</td><td>Mohammed bin Hasan</td><td><strong>2</strong></td><td>Simɓa Jumba</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Ibrahim</td><td>Mye Ɓakari</td><td>Abdurahman Kombo</td><td><strong>1</strong></td><td>Saleh bin Mohammed</td><td><strong>7</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"><strong>15<br>14<br>__<br>49<br>135<br>__<br>184</strong></td><td>Waɗi Njinga</td><td>Ali bin Saliman</td><td><strong>2</strong></td><td>Awathi<sup data-fn="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d" class="fn"><a id="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d-link" href="#ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d">17</a></sup></td><td><strong>5</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Mnoobi</td><td>Marjan</td><td> Saleh Koliba</td><td><strong>1</strong></td><td>Sultan Ntiɓe Mbamba</td><td><strong>50</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Mɓurak</td><td>Maɓruki</td><td>Hasun bin Fumbamba</td><td><strong>1</strong></td><td>Djumɓe Fumu Um</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khuri</td><td>Mze Omar</td><td>Maɗihali</td><td><strong>1</strong></td><td>Mɗwahoma Ntiɓe</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Maktuɓu</td><td>Uleiɗi</td><td>Hamaɗi bin Othman</td><td><strong>4</strong></td><td>Saïd Ɓakar bin Sultan<sup data-fn="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5" class="fn"><a id="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5-link" href="#afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5">18</a></sup></td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khamis</td><td>Hasan Omar</td><td>Mohammed bin Hamed</td><td><strong>1</strong></td><td>Swafaini</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Kasan</td><td>Risasi</td><td></td><td><strong>33<br>102<br>__<br>135</strong></td><td>Abdallah bin Sakhi</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma</td><td>Abdallah</td><td></td><td></td><td>Saleh bin Saïd</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Nasser</td><td></td><td></td><td>Wameh binti Abdallah</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Waɗi Hasan</td><td></td><td></td><td></td><td><strong>__<br>102</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Nasiɓ</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Faraj</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Maɓruki</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Juma</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Ɓaruti</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Waɗi Nasiɓ</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Mwinye Waɗi</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Omar</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td><strong>34</strong></td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr></tbody></table></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Poursuite de l’interrogatoire :</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Tous ceux-là étaient mes compagnons. La plupart, au moment où les soixante premiers d’entre nous furent vendus, étaient trop malades pour être déplacés.<br>Beaucoup étaient des esclaves affranchis par le consul anglais et confiés à la mission anglaise (liste relue une seconde fois).</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Uleɗi, Salmin et Juma se trouvaient à la Mission universitaire de Mkunazini<sup data-fn="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f" class="fn"><a id="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f-link" href="#cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f">19</a></sup>.</li>



<li>Hasan venait de Mɓweni<sup data-fn="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840" class="fn"><a id="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840-link" href="#8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840">20</a></sup> ; c’était un grand ami à moi.</li>



<li>Khamis, Saɗalla, Nasibu, Mashaka, Uleɗi et Wasin, tous libres sous protection anglaise, se trouvaient à la mission de Mkunazini.</li>



<li>Musa, Suɗi et Majaliwa étaient à la mission de Mɓweni.</li>



<li>Parije venait de Mkunazini : il avait menacé d’écrire au consul anglais, et c’est pourquoi on ne l’avait pas inclus dans le premier envoi, bien qu’il ne sût pas vraiment écrire.</li>



<li>Faki, Khamis, Hasan et Juma, je crois, étaient à la mission de Mkunazini. Cet homme n’a pu être envoyé à Maore, car je l’ai revu à Zanzibar : il m’a dit qu’il s’était échappé. Aucun d’eux ne savait écrire en anglais, ni ne prétendait le parler.</li>



<li>Abdullah, qui avait été embarqué parmi les trente premiers, avait été instituteur à l’école de la Mission. Il parlait bien l’anglais, mais avait oublié comment écrire. Je le sais par un nommé Konop, un grand ami à moi. C’est lui qui avait rédigé la pétition que vous avez reçue lors de votre visite à Ngazidja à bord du <em>Sultani</em>. Sa femme était maîtresse d’école à l’établissement de l’évêque Steere à Zanzibar. Il écrivait parfaitement l’anglais, mais mourut malheureusement, juste avant la maladie contractée durant le temps où nous étions esclaves au <em>shamba</em>.</li>



<li>Le Majaliwa mentionné dans la liste n’était pas Konop, car le nom indigène de Konop était Majaliwa. »</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Mohammed bin Masud Albusaïd :</h2>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar, 26 décembre 1883</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je suis né à Maore, mais je suis venu assez jeune à Zanzibar, où j’ai longtemps vécu comme sujet du Sultan. Cependant, depuis près de vingt ans, je réside à Maore et suis depuis lors sujet français. Je suis venu plusieurs fois à Mroni pour servir d’interprète aux planteurs français. Je n’ai aucun lien avec le gouvernement colonial, mais j’agis comme courtier ainsi qu’interprète pour les Français qui se rendent à Ngazidja pour y faire des achats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’étais à bord du boutre de Msellim bin Ali lorsqu’il transporta des « engagés » à Maore. Cela fait trois mois et six jours que le bâtiment a quitté Mroni avec 178 « engagés ». Ils étaient principalement originaires de Ngazidja, mais il y avait parmi eux plusieurs hommes de Zanzibar et de Mrima<sup data-fn="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c" class="fn"><a id="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c-link" href="#446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c">21</a></sup>. Je suis monté à bord avec les « engagés » à Mroni, où j’avais été engagé depuis quelque temps comme interprète. Dans ce cas précis, j’avais été recruté par M. Villéon comme interprète pour son lot d’« engagés ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Français présents sur le navire étaient Valareit, Délégué de l’Administration, accompagné de son interprète Mohammed Abuɗu, et M. Téri, gérant de la Compagnie de la Grande Comore. Mon rôle consistait à traduire lors du recrutement des travailleurs à terre. M. Valreit rédigeait les papiers ; il était assisté de Mohammed Abuɗu, mais le Commandant ne lui permettait pas de signer aucun document : tout ce qu’il disait, M. Valreit l’écrivait. Selon la loi française, le fait d’inscrire un « engagé » sur un papier suffit à en faire un travailleur libre. Il n’est plus esclave et, peu importe comment on l’appelle, il est « libré » selon la loi française, et à Maore, cela suffit pour que les planteurs s’en contentent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai jamais reçu de lettres de Saïd Omar<sup data-fn="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655" class="fn"><a id="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655-link" href="#4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655">22</a></sup>, ni entendu dire que le sultan Abdallah<sup data-fn="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f" class="fn"><a id="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f-link" href="#24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f">23</a></sup> de Ndzuani ait passé un contrat pour des esclaves ou des « engagés ». Il y a plusieurs lettres dans ma boîte ; si vous y trouvez quoi que ce soit de ce genre, vous pouvez les garder. Mes lettres et mes papiers, à l’exception de quelques-uns que m’a confiés Abdallah bin Ali, concernent uniquement mes affaires personnelles et n’ont aucun lien avec des esclaves ni avec la traite. Vous êtes libre d’examiner mes papiers et de prendre tout ce qui concernerait la traite. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Note.</strong> — La boîte de ce témoin a donc été ouverte au tribunal, en sa présence, et les papiers examinés avec son consentement. Il a désigné le dernier livre de comptes et déclaré qu’il n’y avait aucune mention relative ni à des esclaves ni à des « engagés ». Sur l’un des papiers, toutefois, on a trouvé une longue liste censée être celle des esclaves obtenus à Mroni le 20 Rajab 1300.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Interrogatoire poursuivi :</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">« Ma boîte est en ordre. Je n’ai eu aucune objection à remettre la clé au Malim<sup data-fn="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9" class="fn"><a id="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9-link" href="#df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9">24</a></sup>, sachant que l’argent serait en sécurité et qu’elle ne contenait rien concernant des esclaves. J’ai vérifié l’argent, tout est correct.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La page de mon <em>ɗaftar</em> que vous montrez est une liste des « engagés » embarqués sur le boutre de Msellim bin Ali. J’avais été recruté comme interprète de M. Téri pour cette opération. Je me suis d’abord rendu auprès de Saïd Ali pour lui exposer nos besoins, puis je suis allé chercher des gens. Comme il y avait eu récemment trois grands envois d’« engagés » vers Maore, les candidats étaient rares, et il m’a fallu plusieurs jours pour réunir le nombre requis. M. Téri ne voulait pas embarquer les esclaves swahilis — dont nous avons finalement pris quarante-neuf — car leur propriétaire craignait de les envoyer, étant donné qu’ils étaient sujets du Sultan de Zanzibar et avaient été détenus par Saïd Ali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le directeur régla rapidement la question en lui montrant qu’ils devenaient désormais des « engagés » légaux dès lors qu’ils étaient inscrits sur sa liste, et il affirma aux propriétaires que ni les Anglais ni le Sultan n’oseraient intervenir. J’ai servi d’interprète pour le directeur, car je parlais swahili. Chaque personne défilait et je demandais : « Connaissez-vous les termes de votre engagement, à savoir aller travailler sur les plantations de la Compagnie de la Grande Comore pendant cinq ans pour un salaire de 2,5 dollars par mois ? » Chacun répondait : « Oui », son nom était alors inscrit par M. Valreit sur le registre, et il était envoyé à bord. En raison des délais à réunir le nombre requis, plusieurs ont réussi à s’enfuir, mais je crois que le nombre de gens de Zanzibar finalement embarqués était de quarante-neuf.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïd Omar n’a rien à voir avec le recrutement des « engagés » ; il a un certain lien avec la délivrance des laissez-passer à Maore, mais je n’en sais rien.<br>Je n’ai jamais entendu dire que le sultan Abdallah de Ndzuani ait envoyé des « engagés » à Maore ni qu’il ait reçu un paiement pour chaque esclave. Saïd Omar ne m’a jamais écrit à ce sujet — en vérité, je n’ai jamais reçu de lettre de lui de ma vie et je lui ai à peine parlé. Vous feriez mieux de fouiller ma boîte si vous doutez de ma parole. N’ai-je pas juré sur le Coran de ne dire que la vérité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne possède aucun esclave et n’en ai jamais acheté ; c’est strictement interdit à Maore. Même nous, Arabes, devons présenter nos concubines à l’officier et les enregistrer tous les cinq ans comme « engagées ». Saïd Omar ne m’a jamais donné d’instruction concernant Saïd Ali, ni écrite ni verbale. J’affirme qu’il ne m’a jamais écrit une seule fois. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Note.</strong> — La boîte du témoin fut alors fouillée, et, en plus d’un certain nombre de lettres cachetées destinées à Zanzibar, on trouva un petit paquet de lettres ouvertes dissimulées dans le couvercle arrière. Le témoin semblait avoir oublié le contenu de ces vieilles lettres, car il pria l’interprète de les lire à voix haute au fur et à mesure qu’elles étaient dépliées. En une demi-heure, trois lettres furent traduites, puis montrées au témoin qui, découvrant que deux provenaient de Saïd Omar et qu’une concernait un esclave qu’il avait acheté à Mroni — mais qui s’avérait être manifestement un musulman libre — changea complètement d’attitude : son air assuré et jovial fit place à un profond embarras.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Interrogatoire poursuivi :</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">« Vous avez les lettres, comment pourrais-je les nier ? Je pensais avoir détruit tout cela avant de partir, mais c’est mon destin (ma malchance). En vérité, je suis pris au piège. J’ai bien servi les Français, mais la jalousie des scribes arabes (<em>Karanis</em>) m’a toujours nui, et je n’ai jamais eu la chance de toucher le salaire du <em>Sirkal</em> (le gouvernement). Si ce boutre est confisqué, je serai ruiné, car Saïd Omar avait garanti au propriétaire qu’il ne subirait aucun tort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai pas dit la vérité en affirmant que les « engagés » n’avaient pas été achetés par les Français, mais il est vrai que chacun d’eux a déclaré « j’ai accepté » avant que le directeur ne l’inscrive sur la liste. Ce n’était pas difficile, car les Français se fient à la parole de l’interprète, et bien que le Commandant soit très <em>kali</em> (strict), il exige seulement que les papiers soient en règle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est vrai que Saïd Ali a vendu presque tous les travailleurs valides, y compris de nombreux Wangazidja qui ne survivront pas longtemps à Maore. Je sais qu’il a reçu de grandes caisses remplies de pièces de 5 francs, ainsi que plusieurs milliers de sacs de riz des planteurs. Ce n’était pas mon affaire : j’étais payé par le gérant des plantations, et je les ai servis fidèlement, mais ils étaient très <em>shoyo</em> (cupides), et les scribes français empochaient la plus grande part des bénéfices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant mon départ, le Commandant refusa définitivement d’accorder le pavillon français à Saïd Ali. Les habitants, et même son propre père, lui conseillèrent de refuser, craignant que cela ne ruine leurs affaires. Ils le lui conseillèrent parce que le Commandant est très sévère et punit même ses amis si leurs papiers ne sont pas <em>« en règle »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux compagnies ont acheté environ 700 personnes de Ngazidja cette année, en plus des deux contrats passés avec le sultan Abdallah. Nous avons entendu parler de votre affranchissement des esclaves à Mwali. Le sultan Abdallah bin Hamza perdra la vie pour avoir livré la fille de Ngazidja<sup data-fn="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499" class="fn"><a id="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499-link" href="#4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499">25</a></sup> entre vos mains.<br>Saïd Omar donna aussitôt l’ordre au sultan Abderrahman de l’arrêter et de le remettre au sultan de Ndzuani, et nous savons ce que cela signifie. Les autres chefs de Ngazidja qui avaient aidé les Anglais sont tous morts dans l’année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai reçu une autre lettre de Saïd Omar, arrivée par le boutre de Msellim : elle m’ordonnait, compte tenu des circonstances, de rassembler le meilleur lot possible, et, si nécessaire, d’accepter de Saïd Ali les prisonniers Wanyamwezi. J’ai détruit cette lettre. Vous pouvez garder les lettres, mais je vous prie de ne pas les montrer au Sultan. Je ne sais rien des gens actuellement à bord, sauf Mohammed bin Sheikh, le gendre de Saïd Omar. J’ignore le but de sa venue ici. Il s’est querellé avec Saïd Ali à Mroni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne puis rien dire de l’autre lettre ; vous l’avez, et elle me compromet. La lettre adressée à Abdullah bin Masud m’était destinée. Je promets de me présenter à nouveau à tout moment si l’on m’appelle. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Lire ici la <a href="https://beshelea.com/said-omar-bin-said-hasan-1883/">Lettre de Saïd Omar wa Saïd Hasan à Mohammed bin Masud</a></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Msellim bin Ali, Arabe Suri<sup data-fn="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb" class="fn"><a id="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb-link" href="#0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb">26</a></sup></h2>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar, 21 décembre 1883</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le boutre m’appartient. Il s’appelle <em>Salamati</em>. J’ai embarqué 32 passagers masculins et 3 passagères à Mroni. J’ai quitté Maore avec du sucre et 5 passagers indiens. Je suis passé par Mroni et Mitsamihuli.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon précédent voyage était un affrètement de Maore à Mroni et retour, avec des « engagés ». J’en ai transporté entre 170 et 180. Ils étaient tous originaires de Ngazidja. J’ai reçu 400 dollars de fret pour ce voyage. Il y avait deux Français à bord. Aucun ne portait d’uniforme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’avais d’abord refusé d’accepter l’affrètement, mais les officiers français sont venus me voir et m’ont informé que je recevrais des papiers du <em>Sirkal</em> qui garantiraient la sécurité de mon navire, même s’il venait à être arraisonné par les Anglais. Je n’aimais pas cette affaire, même alors, mais ils m’ont offert le double du fret habituellement payé. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">Abolition de l&rsquo;esclavage aux Comores : ordonnance du 9 décembre 1846</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1884-85, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (november 1885)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0"><em>Son maître était un Arabe suri nommé Abdullah bin Ali, qui se trouvait être un proche de Msellim bin Ali.</em> <a href="#6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6"><em>Bien qu’il ait été entendu en décembre 1883, la date exacte n’a pas été précisée.</em> <a href="#593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police de Saïd Barghash.</em> <a href="#b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44"><em>Juma Waɗi Hasan et ses compagnons se trouvaient alors à Itsandraya Mdjini.</em> <a href="#a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3"><em>Ɓakwera : littéralement canne de marche en bois. Terme utilisé ici pour désigner les coups de bâton.</em> <a href="#c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f"><em>Les Français occupaient alors l’île de Maore. La transaction s’effectuait selon le système esclavagiste mis en place par la France, dit des « engagés ».</em> <a href="#3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7"><em>Mohammed bin Masud Albusaid, Arabe originaire de Maore, partit très jeune pour Zanzibar. Il revint plus tard dans son île natale et devint interprète auprès des planteurs français acheteurs d’esclaves « engagés » dans l’archipel, notamment sur l’axe Maore–Ngazidja.</em> <a href="#137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9"><em>Le sultan de Zanzibar.</em> <a href="#9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea"><em>Capitaine d&rsquo;un bateau, en shiKomori.</em> <a href="#4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14"><em>Appartenant à Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi, un Moronien très impliqué dans le trafic d’esclaves</em>. <a href="#7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4"><em>Les partisans de Ntiɓe Mbamba.</em> <a href="#b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c"><em>Selon une déclaration de Masud, étaient concernés : « M. Villéon (directeur des Habitations de la Compagnie des Comores), M. Velroit (délégué de l’Administration) et M. Téri (directeur de la Compagnie de la Grande Comore) ».</em> <a href="#21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e"><em>Il s’agissait des représentants du gouvernement français, c’est-à-dire des autorités occupant Maore.</em> <a href="#61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9"><em>Ɓuku Hamaɗi</em> ? <a href="#86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae"><em>Mohedin wa Mwinyi Mkuu.</em> <a href="#1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc"><em>Petit frère de Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d"><em>Pour plus de clarté, Masud employait le nom du boutre pour désigner son propriétaire, Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi.</em> <a href="#ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5"><em>Saïd Ɓakar wa Mwinyi Mkuu.</em> <a href="#afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f"><em>Mkunazini est un quartier historiquement important situé à Stone Town (Mji Mkongwe), à Zanzibar.</em> <a href="#cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840"><em>Mɓweni est une localité située sur l’île d’Unguja, dans l’archipel de Zanzibar.</em> <a href="#8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c"><em>Il s’agissait d’Africains originaires du continent. Mrima désigne la côte est-africaine faisant face à l’archipel de Zanzibar.</em> <a href="#446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655"><em>Saïd Omar wa Saïd Hasan, père de Saïd Ali.</em> <a href="#4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f"><em>Abdallah bin Salim.</em> <a href="#24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9"><em>Littéralement « maître », le terme est ici utilisé pour désigner le juge.</em> <a href="#df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499"><em>Il s’agit de Mariama Hali, réduite en esclavage par Saïd Ali. En cours de route, elle fut récupérée et protégée à Mwali par le sultan Abdallah bin Hamza, alors en exil sur cette île. Il la confia à l’Anglais Frederik Holmwood, afin qu’elle puisse rejoindre son oncle Mwenyi Husein à Zanzibar.</em> <a href="#4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb"><em>Du mot « Surriyya ». Dans la zone swahilie, un Arabe dit « Suri » désignait une personne dont le père était arabe et dont la mère était une concubine non arabe, souvent d’origine servile.</em> <a href="#0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">Mis en esclavage par Saïd Ali : témoignage de Juma Waɗi Hasan</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lettre de Saïd Omar wa Saïd Hasan à Mohammed bin Masud</title>
		<link>https://beshelea.com/said-omar-bin-said-hasan-1883/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 12:05:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed bin Masud]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Omar wa Saïd Hasan]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Malgré l’abolition officielle de l’esclavage à Maore, les autorités françaises, nouvellement installées sur l’île, mirent en place parallèlement un système de travail forcé dit des « engagés », destiné à servir les intérêts des colons planteurs. Cette politique eut pour première conséquence de relancer le trafic d’esclaves dans l’ensemble de l’archipel et dans [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte : </strong>Malgré <a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">l’abolition officielle de l’esclavage</a> à Maore, les autorités françaises, nouvellement installées sur l’île, mirent en place parallèlement un système de travail forcé dit des « engagés », destiné à servir les intérêts des colons planteurs. Cette politique eut pour première conséquence de relancer le trafic d’esclaves dans l’ensemble de l’archipel et dans la région.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Certains notables locaux profitèrent de la situation pour en tirer avantage, à l’image du vieux prince Saïd Omar wa Saïd Hasan de Ndzuani, exilé à Maore, francophile et dévoué à la cause coloniale, ainsi que de son fils Saïd Ali wa Saïd Omar, alors sultan de Ngazidja. La lettre adressée au courtier et interprète Mohammed bin Masud illustre la nature et l’ampleur de leur implication dans ce commerce d’êtres humains.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Maore, 1883</em><sup data-fn="300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee" class="fn"><a id="300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee-link" href="#300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee">1</a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Votre lettre, très intéressante et importante, m’est bien parvenue, et que Dieu veuille que vous puissiez mener toutes vos affaires selon vos désirs. La personne à qui vous aviez confié votre lettre s’est attardée plusieurs jours en route<sup data-fn="c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c" class="fn"><a id="c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c-link" href="#c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c">2</a></sup>, et il ne reste à présent que six jours avant le départ du navire, ce qui m’ennuie beaucoup, car il sera impossible d’achever vos affaires à temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, toutes les choses seront envoyées par les mains de Mohammed bin Abderrahman. Même le riz, je ne puis l’expédier avant ce moment-là, car j’avais déjà achevé de charger le navire avec les marchandises des Européens<sup data-fn="ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6" class="fn"><a id="ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6-link" href="#ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6">3</a></sup> avant que votre lettre ne m’arrivât. Mais vous savez qu’ils sont tous de notre côté ; en vérité, j’ai moi-même un petit intérêt dans leur entreprise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant, je vous prie instamment d’avertir Saïd Ali de ne rien changer ni revenir sur aucun de mes contrats ou promesses faits aux Européens ; et si un autre Français arrivait, désireux d’acheter des esclaves, dites à Ali qu’aucun de ceux dont j’ai déjà convenu ne doit leur être vendu, quel que soit le prix offert. Il devra dire que son père les a déjà promis en bloc à M. Routier<sup data-fn="793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93" class="fn"><a id="793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93-link" href="#793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93">4</a></sup> et à M. Villéon<sup data-fn="23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0" class="fn"><a id="23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0-link" href="#23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0">5</a></sup>, et qu’ils ne peuvent être ni partagés ni vendus à qui que ce soit d’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je dois ajouter, pour votre gouverne, que le <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">sultan Abdallah</a> de Ndzuani a conclu un contrat avec les deux amis que j’ai mentionnés, afin de leur fournir 200 esclaves à raison de 50 dollars par tête, depuis Ndzuani, à livrer dans le port de Maore. Il a déjà envoyé un lot de 30 esclaves, à titre d’acompte et pour marquer son intention d’exécuter le contrat, et il fait parvenir le reste par petits groupes, selon les occasions. Dès que le contrat fut connu, certains planteurs offrirent au sultan Abdallah un prix plus élevé s’il consentait à leur céder les esclaves ; mais il refusa de conclure tout autre marché avant d’avoir livré la totalité des 200 esclaves convenus. Cet incident doit rester strictement secret, car le sultan Abdallah désire ardemment le dissimuler<sup data-fn="8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec" class="fn"><a id="8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec-link" href="#8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec">6</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute votre famille ici se porte très bien et vous envoie ses salutations. Cette lettre est écrite par votre ami Saïd Omar bin Saïd Hasan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>P.-S.</strong> — Dites à Saïd Ali que M. Delval<sup data-fn="1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4" class="fn"><a id="1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4-link" href="#1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4">7</a></sup>, Routier, Bundervoët<sup data-fn="ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b" class="fn"><a id="ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b-link" href="#ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b">8</a></sup> et Villéon souhaitent obtenir un document, et qu’il serait préférable qu’ils l’obtiennent pendant que vous serez présent. Mohammed bin Abudu (le secrétaire) sait quels papiers il faudra rédiger. Et, si possible, menez leur affaire rapidement à bien, car ils m’importunent pour obtenir le document, et il ne serait pas convenable de les laisser repartir les mains vides. De plus, Mohammed bin Sheikh<sup data-fn="74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e" class="fn"><a id="74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e-link" href="#74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e">9</a></sup> a remis un document à M. … »</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>SAÏD OMAR BIN SAÏD HASAN</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1884-85, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (november 1885)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee"><em>Dans la source que nous avons consultée, aucune date n’est indiquée pour ce document. L’on estime toutefois qu’il fut rédigé dans la première moitié de l&rsquo;année 1883.</em> <a href="#300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c"><em>Mohammed bin Masud se trouvait alors à Ngazidja, à Mroni chez Ali Sham, pour procéder à l’achat d’esclaves dits « engagés ».</em> <a href="#c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6"><em>Des colons français, voulait-il dire plus précisément.</em> <a href="#ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93"><em>A. Routier, directeur de l&rsquo;Établissement de Soulou</em>. <a href="#793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0"><em>V. Villéon, directeur des Habitations de la Compagnie des Comores.</em> <a href="#23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec"><em>En effet, le même sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani avait conclu avec les Britanniques un traité d’abolition de l’esclavage près d’un an plus tôt, le 10 octobre 1882. Il parvint cependant à contourner cet engagement en vendant secrètement des esclaves aux Français établis à Maore.</em> <a href="#8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4"><em>H. Delval, Chef du Service de l&rsquo;Intérieur par intérim.</em> <a href="#1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b"><em>G. Bundervoët, propriétaire d&rsquo;Ironi-Keli.</em> <a href="#ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e"><em>Gendre de Saïd Omar.</em> <a href="#74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Se situer dans le temps : des calendriers aux Comores</title>
		<link>https://beshelea.com/calendriers-aux-comores/</link>
					<comments>https://beshelea.com/calendriers-aux-comores/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2025 20:59:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Djumɓe Fatima binti Abdurahmane]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Mwali]]></category>
		<category><![CDATA[Nairuz]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Omar Abubakari]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aux Comores, la manière de se situer dans le temps a longtemps obéi à d’autres repères que le calendrier grégorien. Du calendrier hégirien aux mois en shikomori, des décades agricoles au jour du Nairuz, les Comoriens ont développé des repères multiples, profondément enracinée dans la culture locale.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Rien n’est plus banal que d’indiquer une date. Nous le faisons chaque jour sans y songer, avec la même désinvolture qu’un geste du quotidien : « le 23 octobre 2025 », pour dire le jour présent ; « né le 14 août 2008 », pour évoquer une naissance ; ou encore « le 6 juillet 1975 », pour célébrer la fête nationale de l’indépendance. Aux Comores, comme presque partout ailleurs, la majorité de la population se réfère aujourd’hui au calendrier grégorien<sup data-fn="68afc516-cb4e-49e6-a2eb-5448b13a206f" class="fn"><a id="68afc516-cb4e-49e6-a2eb-5448b13a206f-link" href="#68afc516-cb4e-49e6-a2eb-5448b13a206f">1</a></sup>, devenu le standard mondial. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. D’autres manières de mesurer le temps, parfois multiples et entrecroisés, ont longtemps coexisté dans l’archipel, et quelques personnes âgées en font encore usage.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une pluralité de repères temporels</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa chronique rédigée en 1865, le Cadi Omar Abubakari<sup data-fn="dc27eb62-08ec-4d21-bb61-de6868b69068" class="fn"><a id="dc27eb62-08ec-4d21-bb61-de6868b69068-link" href="#dc27eb62-08ec-4d21-bb61-de6868b69068">2</a></sup> évoque un épisode des plus troublés de l’histoire de Maore : <em>« Cela se passa en l’an 1212 de l’Hégire, c’était l’année du mercredi. L’année du jeudi, ils revinrent en grand nombre à Maore et firent la guerre plusieurs jours à Tsingoni. »</em> Le passage se rapporte aux raids des Betsimisaraka de Madagascar, survenus en 1797, et à la mort tragique du sultan Ɓwana Kombo I l’année suivante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du fait historique, deux enseignements s’en dégagent. D’abord, la référence au calendrier musulman de l’Hégire, comptant les années depuis 622, date de l’exil du Prophète à Médine. Ensuite, la mention d’une autre forme de datation : <em>« l’année du mercredi / mwaha wa mfumtsanu»</em>, <em>« l’année du jeudi / mwaha wa yahoa »</em>, issue du calendrier <em>Nairuz</em><sup data-fn="331efa3e-9958-48d1-a84f-e8b1ea85f8ab" class="fn"><a id="331efa3e-9958-48d1-a84f-e8b1ea85f8ab-link" href="#331efa3e-9958-48d1-a84f-e8b1ea85f8ab">3</a></sup>, d’origine persane. Ce dernier attribue, dans sa version locale, à chaque année le nom du jour de la semaine<sup data-fn="65889755-cbee-4444-ab17-5ea2c509ed9f" class="fn"><a id="65889755-cbee-4444-ab17-5ea2c509ed9f-link" href="#65889755-cbee-4444-ab17-5ea2c509ed9f">4</a></sup> sur lequel tombe le jour de l’an<sup data-fn="582071d5-165e-480e-874d-27d6b7164bc6" class="fn"><a id="582071d5-165e-480e-874d-27d6b7164bc6-link" href="#582071d5-165e-480e-874d-27d6b7164bc6">5</a></sup>. L’archipel avait donc adopté un modèle dérivé, adapté à ses usages propres. Cette combinaison peut sembler complexe, mais pour les Comoriens d’alors, elle allait de soi : deux repères coexistants, complémentaires et sans ambiguïté, l’un religieux, l’autre cyclique et agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Hégire demeure cependant le calendrier le plus présent dans les écrits anciens comoriens. On le retrouve dans les actes officiels, les traités diplomatiques, les jugements des cadis ou les lettres des souverains. Ainsi, à titre d&rsquo;exemple, dans une correspondance adressée au sultan d’Oman, Ahmad bin Saïd al-Busaïd, le sultan <a href="https://beshelea.com/said-ahmed-swaleh-19-avril-1750/">Saïd Ahmed bin Swaleh</a> de Ndzuani date sa lettre du <em>12 Jumada al-Awwal 1163</em> (soit  le 19 avril 1750 du calendrier grégorien).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le calendrier de “mfunguo” : un héritage hybride</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les Comoriens allaient plus loin : ils juxtaposaient souvent à l’Hégire un autre calendrier, entièrement formulé en shikomori, et dont les mois portaient des noms vernaculaires. La sultane Djumɓe Fatima de Mwali, au XIXe siècle, en offre un exemple remarquable. Dans ses écrits, elle datte souvent les documents selon un double système : celui de l’Hégire et celui des mois comoriens. <a href="https://beshelea.com/djumbe-fatima-ministres-1861/">Son acte d’accusation</a> du <em>11 mfunguo mɓili 1277</em> [22 mai 1861] en est un parfait témoin. Elle y déclare, indignée :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph" style="font-style:italic;font-weight:300">« Plût à Dieu qu’ils m’eussent au moins laissé mon honneur ! Je ne pourrai jamais oublier que, le 6 mfunguo montsi, Ratsivandi et Abdallah Musalimu m’ont calomniée en face et officiellement, me traitant… Dieu et les personnes de ma maison sont témoins de la fausseté de cette accusation ! »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, la sultane use une double datation : le calendrier hégirien (1277) et celui de mois structurés de façon spécifique, où, bien que calqués sur le rythme lunaire, portent des noms en shikomori. Ce calendrier que l&rsquo;on peut appeler de « <em>mfunguo</em><sup data-fn="cb4e66eb-ff73-4d48-bba0-91d5c66b1a10" class="fn"><a id="cb4e66eb-ff73-4d48-bba0-91d5c66b1a10-link" href="#cb4e66eb-ff73-4d48-bba0-91d5c66b1a10">6</a></sup>« , tout en s’adossant à l’Hégire, en bouleversait pourtant l’ordre. Son premier mois, <em>Mfunguo montsi</em>, ne correspondait pas à Muharram mais à Shawwal ; et le douzième, <em>Mwezi wa tsumu</em>, correspondait à Ramadan. L’année ne commençait pas forcément le premier jour du premier mois : elle s’ouvrait avec le <em>Nairuz</em>, qui pouvait tomber à n’importe quelle date selon le cycle solaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La succession des mois, dans l’ordre comorien, était la suivante :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Mfunguo montsi</li>



<li>Mfunguo mɓili</li>



<li>Mfunguo ndraru <em>(mwezi wa hidjazi</em><sup data-fn="95e700d9-c95d-4da7-86d8-270b6e79e9b4" class="fn"><a id="95e700d9-c95d-4da7-86d8-270b6e79e9b4-link" href="#95e700d9-c95d-4da7-86d8-270b6e79e9b4">7</a></sup><em>)</em></li>



<li>Mfunguo nne</li>



<li>Mfunguo ntsanu <em>(mwezi wa Karuna</em><sup data-fn="37b664c8-7e72-4d60-a256-20dafb2274d5" class="fn"><a id="37b664c8-7e72-4d60-a256-20dafb2274d5-link" href="#37b664c8-7e72-4d60-a256-20dafb2274d5">8</a></sup><em>)</em></li>



<li>Mfunguo sita / ndraɗaru <em>(mwezi wa maulida</em><sup data-fn="1878ac8c-6154-4dfd-967c-0d424907b2b0" class="fn"><a id="1878ac8c-6154-4dfd-967c-0d424907b2b0-link" href="#1878ac8c-6154-4dfd-967c-0d424907b2b0">9</a></sup><em>)</em></li>



<li>Mfunguo nfukare</li>



<li>Mfunguo nane</li>



<li>Mfunguo shenɗa</li>



<li>Mfunguo kume <em>(mwezi wa <a href="https://beshelea.com/traditions-comoriennes-jeune-aid/">sohamwedja</a>)</em></li>



<li>Mfunguo kume na mwedja <em>(mwezi wa ndredja za tsumu</em><sup data-fn="712c41f3-52ba-45e2-a608-d7eb2ce76b10" class="fn"><a id="712c41f3-52ba-45e2-a608-d7eb2ce76b10-link" href="#712c41f3-52ba-45e2-a608-d7eb2ce76b10">10</a></sup><em> ou mwezi wa mɗezo</em><sup data-fn="6496433d-b264-40bc-b7d2-7540200b882d" class="fn"><a id="6496433d-b264-40bc-b7d2-7540200b882d-link" href="#6496433d-b264-40bc-b7d2-7540200b882d">11</a></sup><em>)</em></li>



<li>Mwezi wa tsumu</li>
</ol>



<h3 class="wp-block-heading">Le temps agricole : le Nairuz et les “djana”</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des écrits des sultans et des cadis, le Comorien, dans sa vie quotidienne, possédait sa propre manière de diviser le temps. L’année traditionnelle suivait le cours des travaux agricoles : la saison des semailles, celle des récoltes, puis la période de repos. Cette structuration reposait sur une logique de cycles de cent jours, appelée djana. L’année était ainsi répartie en trois djana — <em>djana la hanɗa</em> (la première centaine), <em>djana la pvili</em> (la seconde) et <em>djana la raru</em> (la troisième) — suivies d’une quatrième période de soixante jours, <em>idjana kundrwe</em><sup data-fn="3ed343c1-35c1-433b-8b78-5a69910dfc77" class="fn"><a id="3ed343c1-35c1-433b-8b78-5a69910dfc77-link" href="#3ed343c1-35c1-433b-8b78-5a69910dfc77">12</a></sup> (petite centaine incomplète). Les cinq jours excédentaires, considérés hors système, étaient nommés <em>Pandzile</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rendre ce système encore plus précis, l&rsquo;année était subdivisée en 36 périodes de dix jours appelées <em>Mongo</em> (pluriel : Mengo). Ainsi, pour exprimer une date précise, il suffisait d’indiquer le jour, son mongo et son djana. Par exemple, une ancienne fête agricole, <em>Djanyo la mwaha</em> (« jour du partage »), correspondait au <em>3 du 9e mongo du djana la hari</em>, c’est-à-dire au troisième jour de la neuvième décade de la centaine médiane<sup data-fn="d5b1d6c2-6857-472e-8459-bbf8db9fc3f3" class="fn"><a id="d5b1d6c2-6857-472e-8459-bbf8db9fc3f3-link" href="#d5b1d6c2-6857-472e-8459-bbf8db9fc3f3">13</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Comoriens associaient également leurs repères temporels aux vents dominants et aux saisons. L’année se partageait en quatre périodes de 90 jours, correspondant chacune à un vent majeur :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mɓeni (<em>Maghiɓu</em>), vent du nord-est, soufflait d’août à novembre ;</li>



<li>Kashkazi (<em>Asihazi</em>), vent du nord-sud, dominait de novembre à février ;</li>



<li>Matulai (<em>Madjatseni</em>), vent du sud-nord, se levait de février à mai ;</li>



<li>Kusi (<em>Husi</em>), autre vent du sud-nord, fermait le cycle de mai à août.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces vents, familiers des marins et des paysans, n’étaient pas seulement des repères météorologiques : ils rythmaient la vie sociale, les semailles, les récoltes et les fêtes communautaires. L’année commençait au Ntswa mwaha<sup data-fn="16e65243-0bee-4d17-9f19-23649ce1b020" class="fn"><a href="#16e65243-0bee-4d17-9f19-23649ce1b020" id="16e65243-0bee-4d17-9f19-23649ce1b020-link">14</a></sup> (ou Suku ya mwaha) correspondant au jour du Nairuz local<sup data-fn="4dbae19d-9fd0-4004-9726-57f7fc118e35" class="fn"><a id="4dbae19d-9fd0-4004-9726-57f7fc118e35-link" href="#4dbae19d-9fd0-4004-9726-57f7fc118e35">15</a></sup>, souvent situé entre fin juin et août, au premier jour annonçant l&rsquo;arrivée du Mɓeni. Aujourd’hui, le changement climatique complique la détermination exacte du Nairuz : les saisons se décalent, les vents se confondent, et les repères ancestraux se brouillent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce découpage climatique s’ajoutait encore un calendrier zodiacal, calqué sur la tradition arabo-persane. Il apparaît notamment dans une lettre adressée en 1834 par le sultan Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh (Mwinyi Mkuu) de Ngazidja à la reine Ranavalona Iʳᵉ de Madagascar, datée du <em>27 alakoasy (al-kausi) 1250</em>. L’année est hégirienne, le jour est lunaire, mais le mois porte le nom d’un signe astrologique. Ce système divise l’année en douze signes :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Al-hamali (bélier)</li>



<li>Athauru (taureau)</li>



<li>Al-djauz (gémeaux)</li>



<li>Saratani (Cancer).</li>



<li>Al-asaɗi (Lion)</li>



<li>Al Sumɓula (vierge et épi)</li>



<li>Mizani (balance)</li>



<li>Al-akraɓu (scorpion)</li>



<li>Al-kausi (sagittaire)</li>



<li>Al-djeɗi (capricorne)</li>



<li>Aɗayauni (verseau)</li>



<li>Al-uhuti (poissons)</li>
</ol>



<h3 class="wp-block-heading">Et si les Comores recréaient leur propre calendrier ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ailleurs dans le monde, plusieurs peuples ont su préserver leur calendrier propre. L’Éthiopie, par exemple, vient de célébrer l’an 2018 de son calendrier national. L’Iran, la Chine, l’Inde, le Japon, ou encore les Berbères d’Afrique du Nord, continuent de mesurer le temps selon leurs repères historiques ou cosmiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Comores, elles, n’ont jamais codifié un tel système unifié, bien qu’elles en possèdent les fondations. Plusieurs repères pourraient servir de point de départ à une <em>ère nationale</em>. Nous avançons ici l&rsquo;exemple du départ du Mtswa-Mwindza<sup data-fn="f6e660bc-703d-42a9-ac6d-04eb68cd16d7" class="fn"><a id="f6e660bc-703d-42a9-ac6d-04eb68cd16d7-link" href="#f6e660bc-703d-42a9-ac6d-04eb68cd16d7">16</a></sup> pour La Mecque, au VIIe siècle, ou son retour au pays accompagné de la nouvelle foi islamique, événement majeur de l’histoire religieuse de l’archipel. Cependant, le manque de précisions chronologiques rend difficile toute reconstruction exacte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un comité d’historiens et de scientifiques pourrait, à terme, étudier ces repères pour en tirer un système cohérent, à la fois symbolique et pratique. En attendant, la “<em>méthode Djumɓe Fatima”</em> pourrait offrir, de notre point de vue, un compromis élégant : conserver la mesure des années selon l’Hégire, tout en utilisant les mois en shikomori.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’organisation spatiale et sociale de la ville dans l’archipel des Comores, Ya Mkobe, n°6-7, <em>Damir Ben Ali (2000)</em>.</li>



<li>Les rites pré-islamiques à Anjouan. Contribution à une étude culturelle des Comores, <em>Abderemane Bourhane (2019)</em>.</li>



<li>Réponse au questionnaire de l&rsquo;enquête N°1C du 30 décembre 1937, subdivision de la Grande Comore, canton de Ɓamɓao.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="68afc516-cb4e-49e6-a2eb-5448b13a206f"><em>Introduit en 1582 par le pape Grégoire XIII pour corriger le calendrier julien instauré par Jules César en 46 avant J.-C.</em> <a href="#68afc516-cb4e-49e6-a2eb-5448b13a206f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dc27eb62-08ec-4d21-bb61-de6868b69068"><em>Pour plus de détails, lire : « Histoire des iles : ha&rsquo;Ngazidja, hi&rsquo;Ndzoua&rsquo;ani, Maiota et Mwali, Oumar Aboubakari Housséni (1865), Edition Djahazi, 1997 » ou « Chroniques mahoraises, Jean-François Gourlet, L&rsquo;harmattan, 2003 ».</em> <a href="#dc27eb62-08ec-4d21-bb61-de6868b69068-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="331efa3e-9958-48d1-a84f-e8b1ea85f8ab"><em>Noruz ou Nowruz, du persan <em>« no »</em> (nouveau) et <em>« ruz »</em> (jour), correspond à la fête traditionnelle persane célébrant le jour de l’An. Elle marque le premier jour du printemps. Aux Comores, cette fête coïncide avec le premier jour du calendrier agricole, situé entre fin juin et août. Le calendrier local tire d’ailleurs son nom de cette célébration.</em> <a href="#331efa3e-9958-48d1-a84f-e8b1ea85f8ab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65889755-cbee-4444-ab17-5ea2c509ed9f"><em>Les jours de la semaine en shiKomori s’énoncent ainsi, dans leur ordre : mfumontsi (samedi), mfumbili (dimanche), mfumdraru (lundi), mfumnne (mardi), mfumtsanu (mercredi), yahoa (jeudi) et djumwa (vendredi).</em> <a href="#65889755-cbee-4444-ab17-5ea2c509ed9f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="582071d5-165e-480e-874d-27d6b7164bc6"><em>En 1937, le jour de l’An tombait le 8 août, annonçant une <em>année du dimanche</em>. En 1981, il tombait le 27 juillet, marquant une <em>année du lundi</em>.</em> <a href="#582071d5-165e-480e-874d-27d6b7164bc6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cb4e66eb-ff73-4d48-bba0-91d5c66b1a10"><em>Dans ce système, le mois de ramadan (<em>mwezi wa tsumu</em>), douzième du calendrier, occupe une place centrale dans l’année. Les autres mois, appelés « mezi ya mfunguo » — littéralement <em>mois de rupture du jeûne</em> — sont énumérés par ordre croissant : de montsi (<em>un</em>) à kume na mwedja (<em>onze</em>).</em> <a href="#cb4e66eb-ff73-4d48-bba0-91d5c66b1a10-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="95e700d9-c95d-4da7-86d8-270b6e79e9b4"><em>Le mois du pèlerinage à La Mecque.</em> <a href="#95e700d9-c95d-4da7-86d8-270b6e79e9b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="37b664c8-7e72-4d60-a256-20dafb2274d5"><em>Le personnage de Karun, mentionné dans la sourate Al-Qasas (versets 76 à 78).</em> <a href="#37b664c8-7e72-4d60-a256-20dafb2274d5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1878ac8c-6154-4dfd-967c-0d424907b2b0"><em>Le mois de la célébration de la naissance du Prophète.</em> <a href="#1878ac8c-6154-4dfd-967c-0d424907b2b0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="712c41f3-52ba-45e2-a608-d7eb2ce76b10"><em>Le mois précédant le ramadan, les Comoriens avaient pour coutume de rassembler du bois de cuisson (<em>ndredja</em>) afin de faciliter la préparation des repas de rupture du jeûne.</em> <a href="#712c41f3-52ba-45e2-a608-d7eb2ce76b10-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6496433d-b264-40bc-b7d2-7540200b882d"><em>Au cours du siècle dernier, cette tradition a évolué : il est désormais courant d’organiser, durant cette période, des grillades familiales, amicales ou communautaires.</em> <a href="#6496433d-b264-40bc-b7d2-7540200b882d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3ed343c1-35c1-433b-8b78-5a69910dfc77"><em>Le terme kundrwe signifie littéralement <em>bout, morceau ou portion</em>.</em> <a href="#3ed343c1-35c1-433b-8b78-5a69910dfc77-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d5b1d6c2-6857-472e-8459-bbf8db9fc3f3"><em>On peut l’exprimer à l’écrit, à titre d’exemple et de manière simplifiée, sous la forme suivante : 3/9/2 (jour/décade/centaine) + année. Exemple : le 3/9/2 de l’année du dimanche.</em> <a href="#d5b1d6c2-6857-472e-8459-bbf8db9fc3f3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="16e65243-0bee-4d17-9f19-23649ce1b020"><em>Ce jour — premier du calendrier agricole — était célébré localement depuis des siècles par diverses activités et rites. Ces pratiques sont aujourd’hui presque disparues, victimes de l’interdiction imposée par certains mouvements religieux apparus entre les années 1960 et 1980.</em> <a href="#16e65243-0bee-4d17-9f19-23649ce1b020-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4dbae19d-9fd0-4004-9726-57f7fc118e35"><em>Le premier jour du calendrier agricole.</em> <a href="#4dbae19d-9fd0-4004-9726-57f7fc118e35-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f6e660bc-703d-42a9-ac6d-04eb68cd16d7"><em>Il est ici fait référence au personnage de Mtswa-Mwindza, du VIIe siècle.<br>Cependant, son identité réelle demeure sujette à débat : le nom est parfois associé à Mhasi wa Fe Simai, figure historique du XIVe siècle.</em> <a href="#f6e660bc-703d-42a9-ac6d-04eb68cd16d7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Ordonnance du 9 décembre 1846</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 16:04:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Louis-Philippe]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Ordonnance]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Passot]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Après l’acquisition controversée de l’île de Maore</em><sup data-fn="eaadae81-a0c5-4d07-a647-aa663eaa7d8d" class="fn"><a id="eaadae81-a0c5-4d07-a647-aa663eaa7d8d-link" href="#eaadae81-a0c5-4d07-a647-aa663eaa7d8d">1</a></sup><em> en 1841, la France peine à concrétiser ses projets de colonisation agricole, faute de main-d’œuvre. L’île, marquée par une forte émigration au cours des dernières années, ne compte alors qu’environ 3 300 habitants, dont près de 1 500 d’origine servile. Dès 1845, les premiers colons signalent au commandant Passot la quasi-impossibilité de recruter des travailleurs.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>C’est dans ce contexte qu’Ange René Armand, baron de Mackau, ministre de la Marine et des Colonies, se saisit de la question. Il plaide auprès du roi Louis-Philippe pour obtenir l’abolition de l’esclavage à Maore, afin d’en faire une « colonie modèle » et un « centre économique florissant » au bénéfice de l’Empire et des planteurs. Ce fut le deuxième acte en faveur d’une abolition dans l’archipel des Comores, après <a href="https://beshelea.com/esclavage-raite-8-novembre-1844/">le traité conclu le 8 novembre 1844</a> entre l’Angleterre et l’île de Ndzuani.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mais sitôt proclamée, l’abolition se révèle illusoire : la France instaure un système d’engagisme qui n’est, en réalité, qu’une continuité déguisée de la traite.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">ORDONNANCE du Roi qui ouvre, sur l&rsquo;exercice 1847, un Crédit extraordinaire pour la libération des Esclaves appartenant aux habitants indigènes de l&rsquo;île de Maore.</h3>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Saint-Cloud, 9 décembre 1846</em><sup data-fn="5d2e033d-76f2-4db6-8601-6b790381d3e3" class="fn"><a id="5d2e033d-76f2-4db6-8601-6b790381d3e3-link" href="#5d2e033d-76f2-4db6-8601-6b790381d3e3">2</a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LOUIS-PHILIPPE, Roi des Français ;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Considérant qu&rsquo;à l&rsquo;époque de la prise de possession de Maore, l&rsquo;introduction des esclaves y a été interdite, en vertu des lois prohibitives de la traite des noirs, mais qu&rsquo;il existait dans cette île des noirs esclaves appartenant aux habitants indigènes ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attendu que le recensement authentique de février 1846 a fixé le nombre de ces esclaves à deux mille sept cent trente-trois individus des deux sexes et de tout âge ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Considérant que l&rsquo;extinction de l&rsquo;esclavage, à Maore, est une des premières conséquences qui résultent de l&rsquo;occupation de cette île, et que le régime immédiat du travail libre aura pour effet d&rsquo;y rendre plus facile l&rsquo;introduction d&rsquo;autres travailleurs libres et volontairement engagés<sup data-fn="f5849b68-0c9e-49a0-b9a1-e6ec39448f61" class="fn"><a id="f5849b68-0c9e-49a0-b9a1-e6ec39448f61-link" href="#f5849b68-0c9e-49a0-b9a1-e6ec39448f61">3</a></sup> ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vu, 1° la loi du 3 juillet 1846, portant fixation du budget général des dépenses de l&rsquo;exercice 1847 ;<br>2° Les articles 4 et 6 de la loi du 24 avril 1833, et l&rsquo;article 12 de celle du 23 mai 1834 ;<br>3° Les articles 26, 27 et 28 de noire ordonnance du 31 mai 1838, portant règlement général sur la comptabilité publique;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le rapport de notre ministre secrétaire d&rsquo;étal de la marine et des colonies, et de l&rsquo;avis de notre Conseil des ministres,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Art. premier.</strong> Il est ouvert à notre ministre secrétaire d&rsquo;état de la marine et des colonies, sur l&rsquo;exercice 1847, chapitre xxv (Subvention à divers établissements coloniaux), un crédit extraordinaire de quatre cent soixante et un mille francs. Cette somme sera repartie entre les habitants indigènes de l&rsquo;île de Maore actuellement possesseurs d&rsquo;esclaves<sup data-fn="e9db4f1e-30d2-4e5c-b451-fd6502fecaaf" class="fn"><a id="e9db4f1e-30d2-4e5c-b451-fd6502fecaaf-link" href="#e9db4f1e-30d2-4e5c-b451-fd6502fecaaf">4</a></sup>, à raison de la libération desdits esclaves, lesquels, à dater de leur affranchissement, resteront soumis envers l&rsquo;État à un engagement de travail de cinq années<sup data-fn="e8187428-0fbe-41bf-8ab4-16c5b103ce70" class="fn"><a id="e8187428-0fbe-41bf-8ab4-16c5b103ce70-link" href="#e8187428-0fbe-41bf-8ab4-16c5b103ce70">5</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Art. 2.</strong> La régularisation de ce crédit extraordinaire sera proposée aux Chambres lors de la prochaine session.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Art. 3.</strong> Nos ministres secrétaires d&rsquo;état de la marine et des colonies, et des finances, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l&rsquo;exécution de la présente ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des lois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fait à Saint-Cloud, le 9 Décembre 1846.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Signé <strong>LOUIS-PHILIPPE.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par le Roi : le Vice-Amiral, Pair de France, Ministre Secrétaire d&rsquo;état de la marine et des colonies.<br>Signé <strong>Baron de Mackau</strong>.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Bulletin des lois du Royaume de France, IXe série, tome 34, <em>Imprimerie royale (juillet 1847)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="eaadae81-a0c5-4d07-a647-aa663eaa7d8d"><em>Avec le traité du 21 avril 1841.</em> <a href="#eaadae81-a0c5-4d07-a647-aa663eaa7d8d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5d2e033d-76f2-4db6-8601-6b790381d3e3"><em>L’ordonnance est promulguée sur place, à Maore, par le commandant supérieur Pierre Passot le 1er juillet 1847.</em> <a href="#5d2e033d-76f2-4db6-8601-6b790381d3e3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f5849b68-0c9e-49a0-b9a1-e6ec39448f61"><em>L&rsquo;ordonnance ouvre officiellement la voie à la mise en place du système de l’engagisme, qui s’avérera n’être qu’une forme déguisée de traite d’êtres humains et un relais pour le trafic esclavagiste dans l’ensemble de l’archipel des Comores et de la région. Auparavant, une dépêche du ministre Mackau, datée du 22 octobre 1844, avait autorisé le recrutement de travailleurs aux Comores, à condition que les engagés soient libres depuis au moins un an et établis dans l’archipel depuis plus de deux ans. Le texte limitait l’engagement à quatre années. Une seconde dépêche devait préciser la date du début des opérations de recrutement. Deux ans plus tard, le 16 mars 1846, Passot promulgue deux arrêtés réglementant le recrutement et fixant les conditions des contrats d’engagement. Deux jours plus tard, le 18 mars, il signe un arrêté spécial relatif au recrutement à Ngazidja, puis, le 29 octobre, une convention avec le sultan Salim bin Alawi autorisant le recrutement à Ndzuani.</em> <a href="#f5849b68-0c9e-49a0-b9a1-e6ec39448f61-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e9db4f1e-30d2-4e5c-b451-fd6502fecaaf"><em>Dès 1843, Passot avait estimé la valeur maximale d’un esclave de Maore à 40 piastres, soit environ 200 francs. À l’application de l’ordonnance et au lancement des opérations d’affranchissement, à partir du 19 juillet 1847, un barème est fixé : enfants des deux sexes jusqu’à 15 ans (100 francs) ; hommes valides de 15 à 50 ans (200 francs) ; femmes valides de 15 à 50 ans (150 francs) ; enfin, hommes et femmes de plus de 50 ans, infirmes ou invalides (75 francs).</em> <a href="#e9db4f1e-30d2-4e5c-b451-fd6502fecaaf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e8187428-0fbe-41bf-8ab4-16c5b103ce70"><em>L’ensemble répond à un seul objectif : satisfaire les besoins pressants de main-d’œuvre des planteurs coloniaux dans leurs concessions.</em> <a href="#e8187428-0fbe-41bf-8ab4-16c5b103ce70-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">Abolitions de l&rsquo;esclavage aux Comores : Ordonnance du 9 décembre 1846</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<item>
		<title>Lettre de Saïd Ali wa Saïd Omar à Earl Granville, octobre 1883</title>
		<link>https://beshelea.com/said-ali-wa-said-omar-octobre-1883/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Aug 2025 13:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Earl Granville]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar adresse une lettre au Britannique Granville George Leveson, comte Granville et secrétaire aux Affaires étrangères, afin de réclamer justice après la destruction, début octobre, de trois boutres dans la baie de Kalaweni, à Mroni. L’opération fut menée par le sous-lieutenant Martin, commandant du navire Undine. Les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte :</strong> Le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar adresse une lettre au Britannique Granville George Leveson, comte Granville et secrétaire aux Affaires étrangères, afin de réclamer justice après la destruction, début octobre, de trois boutres dans la baie de Kalaweni, à Mroni. L’opération fut menée par le sous-lieutenant Martin, commandant du navire Undine. Les trois embarcations étaient soupçonnées de participer au trafic d’esclaves.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Mroni, octobre 1883</em><sup data-fn="2fe1fb38-cf39-435f-8812-624b19963284" class="fn"><a id="2fe1fb38-cf39-435f-8812-624b19963284-link" href="#2fe1fb38-cf39-435f-8812-624b19963284">1</a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Monseigneur,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soussigné, humble pétitionnaire, a l’honneur d’informer Votre Seigneurie que le commandant du navire de Sa Majesté <em>Undine</em> a brûlé trois boutres<sup data-fn="d136b997-756d-4155-8db6-aea85919a1c0" class="fn"><a href="#d136b997-756d-4155-8db6-aea85919a1c0" id="d136b997-756d-4155-8db6-aea85919a1c0-link">2</a></sup> sur le rivage de ma ville de Mroni, sans aucun motif ; l’un d’eux m’appartenait, construit à Maore il y a près de trois ans, et n’avait jamais effectué d’autre traversée qu’entre les îles Comores ; les deux autres appartenaient à des citoyens de Ngazidja.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier demeurait sur la plage de Mroni pour réparations depuis trois ans, et venait d’être remis en état de naviguer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième avait transporté quelques hommes de Ngazidja, engagés par des propriétaires de plantations de canne à sucre de Maore<sup data-fn="9816fe7b-e46e-449b-ad7f-0a51f953bd33" class="fn"><a id="9816fe7b-e46e-449b-ad7f-0a51f953bd33-link" href="#9816fe7b-e46e-449b-ad7f-0a51f953bd33">3</a></sup>, en présence d’un officier français et d’un interprète de Maore. C’est pourtant ce bâtiment que le sultan Abdallah bin Saïd Hamza<sup data-fn="b34032ce-a8fa-4c81-b0e7-e7bb5ad19aeb" class="fn"><a id="b34032ce-a8fa-4c81-b0e7-e7bb5ad19aeb-link" href="#b34032ce-a8fa-4c81-b0e7-e7bb5ad19aeb">4</a></sup> a dénoncé au commandant de l’<em>Undine</em>, en l’accusant d’avoir servi à convoyer des esclaves vers ladite île.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, ces hommes avaient quitté Ngazidja sur ledit navire à l’époque même où le sultan Abdallah<sup data-fn="378b3d0e-e2b5-4ab5-9cee-fd5368107bb3" class="fn"><a id="378b3d0e-e2b5-4ab5-9cee-fd5368107bb3-link" href="#378b3d0e-e2b5-4ab5-9cee-fd5368107bb3">5</a></sup> régnait en personne sur ce territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’espoir que Votre Seigneurie rétablira la justice en ce qui concerne nos droits. »</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>SAID ALI WA SAID OMAR</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1883-84, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="2fe1fb38-cf39-435f-8812-624b19963284"><em>La date exacte de la lettre n’est pas indiquée : seuls le mois et l’année sont connus. L’on sait toutefois avec certitude qu’elle fut rédigée dans la seconde moitié d’octobre.</em> <a href="#2fe1fb38-cf39-435f-8812-624b19963284-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d136b997-756d-4155-8db6-aea85919a1c0"><em>Il est question des boutres « <em>Mashasay »</em>, « <em>Malavia »</em> et d’un troisième dont le nom n’a pas été mentionné. Ces navires furent saisis le 12 octobre 1883 à Mroni par l’écuyer-commandant W. P. Ponsford, avant d’être détruits, sur ordre du sous-lieutenant Martin, alors commandant de l’<em>Undine</em>.</em> <a href="#d136b997-756d-4155-8db6-aea85919a1c0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9816fe7b-e46e-449b-ad7f-0a51f953bd33"><em>Il reconnaît néanmoins que son boutre participait au trafic de « travailleurs engagés ».</em> <a href="#9816fe7b-e46e-449b-ad7f-0a51f953bd33-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b34032ce-a8fa-4c81-b0e7-e7bb5ad19aeb"><em>Une erreur s’est glissée dans la retranscription anglaise, où l’on a mentionné « Abdallah bin Saïd Omar » au lieu du nom exact.</em> <a href="#b34032ce-a8fa-4c81-b0e7-e7bb5ad19aeb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="378b3d0e-e2b5-4ab5-9cee-fd5368107bb3">Abdallah bin Saïd Hamza fut sultan du Ɓamɓao avant d’être renversé par son cousin, Saïd Ali wa Saïd Omar. <a href="#378b3d0e-e2b5-4ab5-9cee-fd5368107bb3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Lettre de Djumɓe Fatima au Commandant de Maore, 20 avril 1861</title>
		<link>https://beshelea.com/lettre-djumbe-fatima-20-avril-1861/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Aug 2025 20:32:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Djumɓe Fatima binti Abdurahmane]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Fumɓoni]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Mwali]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : En difficulté sur le plan politique et en conflit avec ses propres ministres, la sultane Djumɓe Fatima binti Abdurahmane sollicite officiellement la protection de la France ainsi qu’une intervention rapide de celle-ci. Fumɓoni, le 20 avril 1861 « Monsieur le Commandant Supérieur1, Je suis à la dernière extrémité, et si l&#8217;on ne vient [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte :</strong> En difficulté sur le plan politique et en conflit avec ses propres ministres, la sultane Djumɓe Fatima binti Abdurahmane sollicite officiellement la protection de la France ainsi qu’une intervention rapide de celle-ci.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="font-style:normal;font-weight:300"><em>Fumɓoni, le 20 avril 1861</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«</em> Monsieur le Commandant Supérieur<sup data-fn="612ad0fb-39b7-497e-bd71-abfbc0f26c80" class="fn"><a id="612ad0fb-39b7-497e-bd71-abfbc0f26c80-link" href="#612ad0fb-39b7-497e-bd71-abfbc0f26c80">1</a></sup>,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis à la dernière extrémité, et si l&rsquo;on ne vient promptement à mon secours, je suis perdue sans ressource. Les chefs<sup data-fn="69461f0c-f896-4c42-8f50-445634c7c149" class="fn"><a id="69461f0c-f896-4c42-8f50-445634c7c149-link" href="#69461f0c-f896-4c42-8f50-445634c7c149">2</a></sup> ne se sont pas contentés de s&#8217;emparer du gouvernement, de se mêler des affaires de ma maison, et de m&rsquo;interdire tout rapport avec mes amis; ils ont été jusqu&rsquo;à me déshonorer publiquement lors d&rsquo;un kabary<sup data-fn="350f8ae5-1989-467b-b34d-afd66f2b1fb6" class="fn"><a id="350f8ae5-1989-467b-b34d-afd66f2b1fb6-link" href="#350f8ae5-1989-467b-b34d-afd66f2b1fb6">3</a></sup> Il ne leur reste plus qu&rsquo;à se débarrasser de moi, comme ils cherchent à se débarrasser de ceux qui me témoignent de l&rsquo;intérêt<sup data-fn="154c9454-5d79-4b40-854a-492995e25e67" class="fn"><a id="154c9454-5d79-4b40-854a-492995e25e67-link" href="#154c9454-5d79-4b40-854a-492995e25e67">4</a></sup><em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Monsieur le Commandant, je mets ma personne, celle de mes enfants, et mon île sous la protection de la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-style:normal;font-weight:400">Pour premier acte de ce protectorat, envoyez-moi immédiatement un navire avec des forces afin de me délivrer, d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre, de mes oppresseurs, qui pressurent également mon peuple. Monsieur de Langle<sup data-fn="6d206ca4-6283-4831-9c11-6a3f2d2fc31d" class="fn"><a id="6d206ca4-6283-4831-9c11-6a3f2d2fc31d-link" href="#6d206ca4-6283-4831-9c11-6a3f2d2fc31d">5</a></sup> ne paraît pas, et en une journée, il se passe beaucoup d&rsquo;événements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que le Très-Haut vous ait en sa garde. <em>»</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>DJUMƁE FATIMA</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/said-hamadi-nasser-mwali/">Pourquoi le Zanzibari Saïd Hamadi bin Nasser fut chassé de Mwali ?</a></li>



<li>Histoire de Madagascar: ses habitants et ses missionnaires, Volume 1, Camille de La Vaissière (1884).</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="612ad0fb-39b7-497e-bd71-abfbc0f26c80"><em>Charles-Louis-Benjamin Gabrié</em>. <a href="#612ad0fb-39b7-497e-bd71-abfbc0f26c80-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="69461f0c-f896-4c42-8f50-445634c7c149"><em>Ses propres ministres dont son Premier Ministre Ratsivandi (Tsivandini)</em> <a href="#69461f0c-f896-4c42-8f50-445634c7c149-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="350f8ae5-1989-467b-b34d-afd66f2b1fb6"><em>Mot d&rsquo;origine malgache qui désigne grand conseil. Ils se sont organisés plusieurs kabary depuis décembre 1860, et sont devenu récurrents à partir du 7 avril 1861, deux jours après le départ des Anglais <a href="https://beshelea.com/description-fumboni-19e-siecle/">Henry Rowley, David Livingstone et John Kirk</a>.</em> <a href="#350f8ae5-1989-467b-b34d-afd66f2b1fb6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="154c9454-5d79-4b40-854a-492995e25e67"><em>Le Père Finaz et les agents français, ainsi que son oncle Ambilahiasana.</em> <a href="#154c9454-5d79-4b40-854a-492995e25e67-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6d206ca4-6283-4831-9c11-6a3f2d2fc31d"><em>Alphonse Fleuriot de Langle, Officier de la Marine française.</em> <a href="#6d206ca4-6283-4831-9c11-6a3f2d2fc31d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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