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	<title>Saïd Ali wa Saïd Omar Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<title>Saïd Ali wa Saïd Omar Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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		<title>Mémorandum à l’attention de Byles concernant Ngazidja (1881)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 12:07:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains boutriers engagés dans le commerce d’esclaves, en complicité avec des Français établis à Maore, recourent à divers stratagèmes afin d’échapper aux poursuites britanniques.</p>



<p>Dans cette missive, Holmwood évoque un rapport dont un double a été remis au capitaine Mather Byles, commandant du <em>HMS Seagull</em>, lors de son départ pour Ndzuani et les îles Comores, le 1ᵉʳ septembre. Ce document se compose principalement de déclarations émanant « d’un sultan de Ngazidja [Abdallah bin Hamza de Ɓamɓao], récemment déposé par le fils d’un homme de Ndzuani résidant à Maore [Saïd Ali, fils de Saïd Omar], ce dernier étant sujet français et occupant, selon toute vraisemblance, une fonction officielle dans cette colonie. Chaque détail fourni a été confirmé par le vizir de ce sultan, ainsi que par le vizir d’un second sultan comorien évincé [un vizir de Msafumu wa Fefumu] par le même individu qui gouverne aujourd’hui l’île. »</p>



<p>Holmwood remet ce mémorandum à Byles en lui demandant d’obtenir, si l’occasion s’en présente, la version des faits de Saïd Ali concernant les événements liés aux récents bouleversements survenus à Ngazidja, tout en plaçant auprès de lui un interprète de confiance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum à l’attention du capitaine Byles, du navire de Sa Majesté <em>Seagull</em></h4>



<p>« Au cours des dernières années, cette île a été gouvernée par les sultans indigènes Msafumu<sup data-fn="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25" class="fn"><a id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25">1</a></sup> et le sultan Abdallah<sup data-fn="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea" class="fn"><a id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea">2</a></sup>. La succession, dans ce pays, se transmet par la ligne féminine, mais d’une manière particulière ; il suffit pratiquement de préciser qu’un sultan doit être soit le fils de la fille d’un sultan, soit l’époux de la fille d’un sultan.</p>



<p>Les principaux ports de l’île sont Mroni et Shinɗini. Dans le premier, les esclaves proviennent généralement de la côte du Mozambique ; du second, ils sont en règle générale expédiés vers Ndzuani et Maore. Ces esclaves semblent être invariablement des Makua, embarqués depuis la côte du Mozambique.</p>



<p>Ceux achetés à Ngazidja par des agents français sont formellement inscrits sur un registre auquel est annexé <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">un engagement promettant de les renvoyer à l’expiration d’une date fixée</a>. Il m’est indiqué qu’on ne connaît aucun cas où un esclave aurait effectivement été renvoyé, et il serait opportun d’enquêter sur ce point. S’agissant des esclaves achetés pour le sultan de Ndzuani à l’île de Ngazidja<sup data-fn="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516" class="fn"><a id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516">3</a></sup>, je n’entends parler d’aucun accord <em>pro forma</em> de ce type.</p>



<p>Il y a quelques mois, les deux sultans, Msafumu et le sultan Abdallah, ont été déposés par un certain Saïd Ali, fils d’un sujet français et petit fonctionnaire indigène résidant à Maore, nommé Saïd Omar. Le père et le fils entretiennent actuellement des relations étroites avec le sultan de Ndzuani.</p>



<p>Le sultan déposé, Abdallah, m’informe qu’il y a quelques années, il s’était entendu avec le sultan de Ndzuani pour autoriser le débarquement d’esclaves à Mroni et leur passage à travers l’île jusqu’à Shinɗini en vue de leur expédition. Pour cela, il recevait 500 dollars par an. Mais il y a environ un an, lui et Msafumu, ayant appris que le sultan de Zanzibar, qu’ils considèrent comme leur suzerain, avait interdit toute traite des esclaves, annoncèrent aux agents du sultan [de Ndzuani], Mohedin et Saïd Bakari<sup data-fn="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" class="fn"><a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link">4</a></sup>, maître du navire qui apporte les esclaves depuis la côte pour son compte, qu’ils ne pouvaient plus autoriser le débarquement d’esclaves.</p>



<p>À la suite de cela, Mohedin se rendit auprès de Saïd Ali, qui complotait depuis longtemps pour obtenir le sultanat de Mroni, et ils convinrent rapidement avec le sultan Abdullah [bin Salim] d’envoyer 400 hommes armés depuis Ndzuani, tandis que Mohamed Sidi, secrétaire indigène français de Maore, faisait envoyer, sous le commandement de son fils Salim, 60 hommes vêtus à l’européenne et s’exerçant à la manière française, pour prêter main-forte. Cette troupe attaqua soudainement les différentes localités et les maîtrisa rapidement. Msafumu est maintenant caché dans la brousse, et le sultan Abdallah est ici réfugié avec son vizir.</p>



<p>Les détails de cette affaire, toutefois, vous apparaîtront plus clairement après que vous aurez visité les lieux. J’envoie Salim, mon interprète, pour vous assister et servir d’interprète confidentiel.</p>



<p>Vous pourrez probablement, une fois sur place, vérifier ces déclarations, ainsi que celles que vous entendrez de Saïd Ali, l’actuel sultan de Mroni, qui, sans doute, donnera une version très différente de cette affaire. Saïd Ali parle français. À Shinɗini, un certain cheikh Uma<sup data-fn="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d" class="fn"><a id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d">5</a></sup> est sultan sous l’autorité de Saïd Ali. C’est un trafiquant d’esclaves notoire, et c’est dans son port que seraient embarqués tous les esclaves destinés à Ndzuani et Maore. Je ne pense pas, toutefois, que ces expéditions dépassent 150 individus par an pour chacune des deux îles.</p>



<p>Les autres ports de Ngazidja sont Mitsamihuli, Mbuɗe, Itsandraya et Ikoni. Il serait utile de déterminer leurs capacités en tant que mouillages.</p>



<p>Je dois mentionner que deux boutres sont actuellement engagés dans la traite des esclaves à Ngazidja. Le seul que je puisse identifier est celui de Mohamed bin Tayib, régulièrement affrété par le sultan Abdallah ou par son agent, Saïd Bakari, pour transporter des esclaves. Cet homme fut capturé avec son boutre par le navire de Sa Majesté <em>Thetis</em>, et fut détenu quelque temps dans le fort ici<sup data-fn="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" class="fn"><a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link">6</a></sup>.</p>



<p>D’après ce mémorandum, il semblerait qu’une violation grave des traités conclus respectivement entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Grande-Bretagne et Ndzuani</a> et entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/">Grande-Bretagne et Ngazidja</a> soit en train de se produire. Mais, compte tenu de toutes les circonstances, je pense qu’il serait judicieux, dans les deux endroits, de nous en tenir pour l’instant à une observation attentive et aux seules investigations que permet une visite ordinaire. J’annexe quelques notes qui pourraient vous être utiles dans le cadre de votre visite. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>



<p>« Treize mois se sont écoulés depuis que Hamed Simɓamwona [Simɓauma ?] est déclaré être arrivé à Mroni afin d’y acheter des esclaves pour le compte de M. Goda, de Maore. Il attendit l’arrivée du boutre de Saïd Bakari en provenance de la côte du Mozambique, et acheta cent esclaves. Ce Saïd Bakari effectue des voyages constants vers la côte, et accomplit également, en alternance, des traversées avec des esclaves makua destinés au sultan Abdallah, à Ndzuani.</p>



<p>Le <em>San Yusuf</em>, boutre appartenant à Muhammed bin Salim, de Maore, arborant les couleurs françaises entre Ngazidja et Maore, mais soupçonné d’amener à disparaître ce pavillon lorsqu’il se trouve sur la côte du Mozambique, arriva à Ngazidja il y a environ un an avec un marchand français dont le nom semblait être « Goda ». Il était accompagné d’un officier français portant une seule bande, et ils achetèrent 150 esclaves (dont 15 femmes seulement) pour un prix de 40 à 50 dollars chacun, et en embarquèrent une partie à bord du boutre. Ils furent entassés dans la cale et maintenus entravés pendant la nuit.</p>



<p>Les documents habituels furent signés, indiquant qu’ils seraient renvoyés après un délai déterminé, mais aucune déclaration de ce genre ne fut faite aux esclaves, toutes les parties concernées sachant qu’il s’agissait d’esclaves récemment débarqués de la côte du Mozambique, achetés au prix courant. On dit qu’au moins 50 de ces esclaves ne purent être transportés et furent placés sur la plantation d’Abdullah Felahi, où ils attendent encore leur embarquement. »</p>



<p><strong>FREDERIC HOLMWOOD.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>British and Foreign State Papers 1880-1881, Vol. LXXII., <em>Foreign Office (1888)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea"><em>Abdallah bin Saïd Hamza, sultan de Ɓamɓao.</em> <a href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516"><em>Entre le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani et le nouveau sultan Ntiɓe de Ngazidja, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4"><em>Dans la transcription anglaise, « Sayyid Bukhari ». Il s’agit de Saïd Bakari wa Mwinyi Mkuu de Mroni, propriétaire de boutres et impliqué dans la traite, ainsi que son demi-frère Mhuɗini wa Mwinyi Mkuu. Ce dernier est aussi un trafiquant d’esclaves notoire, travaillant de longue date pour le compte du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d"><em>Le vieux Uma Ɗari, sultan de Mbadjini.</em> <a href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98"><em>Dans le fort de Zanzibar</em> <a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>Lettre de Saïd Ali wa Saïd Omar à Jules Grévy (1885)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 01:18:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Ayant longtemps souhaité — et supplié — l’instauration d’un protectorat français depuis le début de la décennie 1880, au point de « verser des torrents de larmes1 », selon ses propres mots, Saïd Ali wa Saïd Omar ne manque jamais une occasion de manifester ce désir à tout Français disposé à l’entendre. Ce [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Ayant longtemps souhaité — et supplié — l’instauration d’un protectorat français depuis le début de la décennie 1880, au point de « verser des torrents de larmes</em><sup data-fn="f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338" class="fn"><a id="f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338-link" href="#f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338">1</a></sup><em> », selon ses propres mots, Saïd Ali wa Saïd Omar ne manque jamais une occasion de manifester ce désir à tout Français disposé à l’entendre. Ce sultan, qui se décrivait lui-même comme « au cœur français dans un corps arabe », adressa plusieurs missives à des représentants français. L’une d’elles, datée du 15 janvier 1883, plaidait explicitement en faveur du protectorat.</em></p>



<p><em>Après sa victoire totale lors de la <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">seconde nkoɗo nkuu</a></em><sup data-fn="8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e" class="fn"><a id="8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e-link" href="#8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e">2</a></sup><em>, obtenue dans des conditions désastreuses et sans avoir reçu la moindre réponse de Paris, il renvoya la même lettre le 20 août de la même année au gouverneur de Maore ainsi qu’à celui de Nosy-Be, les suppliant d’appuyer sa demande. Car, écrivait-il, « si la France ne vient pas à mon aide en accordant à mon pays et à moi-même ce protectorat que je sollicite, tout est perdu ». Il savait en effet que son autorité demeurait fragile, toujours contestée, y compris au sein de sa propre famille et parmi ses anciens alliés</em><sup data-fn="f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa" class="fn"><a id="f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa-link" href="#f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa">3</a></sup><em>.</em></p>



<p><em>Francophile à l’excès, formé auprès de l’administration coloniale à Maore, il ne vivait et ne jurait que par la France. C’est dans ce contexte qu’il tente un nouveau coup, à l’arrivée à Ngazidja, en septembre 1884</em><sup data-fn="328c9416-c995-4692-8581-81b857694301" class="fn"><a id="328c9416-c995-4692-8581-81b857694301-link" href="#328c9416-c995-4692-8581-81b857694301">4</a></sup><em>, d’un botaniste français, Léon Humblot. Les deux hommes se découvrent rapidement des intérêts communs, le second nourrissant le projet d’exploiter les ressources de l’île</em><sup data-fn="cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766" class="fn"><a id="cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766-link" href="#cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766">5</a></sup><em>. Le sultan lui confie ainsi, lors de son départ en janvier 1885, le pouvoir de le représenter dans toutes ses démarches, accompagné d’une lettre adressée au président français Jules Grévy. Saïd Ali l’ignore encore, mais son obstination à obtenir le protectorat le conduit alors à commettre l’une de ses plus graves erreurs : s’associer à Humblot.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Lettre du sultan Saïd Ali au président Grévy</h3>



<p>« Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux,</p>



<p>À Son Excellence M. le Président de la République Française,</p>



<p>MONSIEUR LE PRÉSIDENT,</p>



<p>J&rsquo;ai l&rsquo;honneur de vous annoncer que, d&rsquo;accord avec mon Conseil et tous mes Ministres, j&rsquo;ai donné à M. Humblot, naturaliste, chargé par le Ministère de l&rsquo;Instruction publique d&rsquo;une mission scientifique dans mon royaume, plein pouvoir pour solliciter la bienveillance du Gouvernement Français, pour avoir son protectorat ou faire un traité qui permette aux Français de venir s&rsquo;établir dans mon pays.</p>



<p>M. Humblot a également tout pouvoir pour donner des concessions de terre selon les conditions arrêtées entre moi et lui.<br>M. Humblot connaît Ngazidja mieux que personne, il est le seul qui soit allé partout.<br>M. Humblot a acquis toute ma confiance par sa conduite, le bon exemple du travail et du courage qu&rsquo;il a apporté dans mon royaume.</p>



<p>Dans l&rsquo;espoir, Monsieur le Président, que vous voudrez bien considérer M. Humblot comme moi-même, et accorder les bienfaits de la France sur mon peuple qui, comme moi, aime les Français, j&rsquo;ai l&rsquo;honneur, Monsieur le Président, de vous présenter mes respects.</p>



<p>Veuillez me croire votre très respectueux,</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>SAÏD ALI WA SAÏD OMAR</strong>,<br><em>Sultan de Ngazidja</em></p>



<p>Fait de ma main à Mroni, le 10 janvier 1885.</p>



<p>Approuvé par mes Ministres. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>La Grande-Comore, 1884 &#8211; 1909, <em>Charles Legros (1909)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Note</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338"><em>En date du 20 août 1883, lettre envoyée au gouverneur de Maore ainsi qu’à celui de Nosy-Be : « [&#8230;] Je verse des torrents de larmes, j&rsquo;ai un cœur français dans un corps arabe. Je suis sultan par droit de contrat, par testament et par la force des armes. Mais si la France ne vient pas à mon aide en accordant à mon pays et à moi-même ce protectorat que je sollicite, tout est perdu. »</em> <a href="#f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e"><em>La seconde nkoɗo nkuu (grande guerre) de Ngazidja, au 19e siècle, désigne le conflit qui opposa, de 1880 à 1883, les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa"><em>À peine la guerre achevée, il s’opposa à certains de ses oncles, parmi lesquels Hashim wa Mwinyi Mkuu, sultan de Mbadjini, le plus influent de ses anciens alliés durant le conflit.</em> <a href="#f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="328c9416-c995-4692-8581-81b857694301"><em>Le 5 septembre 1884 à bord du bateau Le Prophète.</em> <a href="#328c9416-c995-4692-8581-81b857694301-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766"><em>Le 5 novembre 1885, Saïd Ali et Léon Humblot signent un traité d’exploitation de l’île. À la faveur de cet accord, Humblot devient, quelques années plus tard, propriétaire d’une très vaste portion du territoire grâce à la société qu’il fonde en 1887, au sein de laquelle il lance plusieurs chantiers. Il refuse toute ingérence dans ses affaires.</em> <a href="#cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Mis en esclavage par Saïd Ali : témoignage de Juma Waɗi Hasan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 18:00:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
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		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Juma Waɗi Hasan et à Mohammed bin Masud s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 20 décembre 1883, un boutre du nom de <em>Salamati</em>, battant pavillon zanzibari, fut intercepté par Percy Luxmoore, officier supérieur de la Marine britannique et commandant du navire de Sa Majesté <em>London</em>. Il appartenait à Msellim bin Ali. À son bord se trouvaient deux esclaves — un homme et une femme — originaires de Zanzibar.</p>



<p>Or, le même boutre avait déjà fait l’objet d’un signalement par une esclave nommée Shihuji<sup data-fn="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0" class="fn"><a id="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0-link" href="#6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0">1</a></sup>. Un autre esclave, Juma Waɗi Hasan, s’était également plaint auprès du tribunal du consul général de Sa Majesté à Zanzibar, accusant directement Mohammed bin Masud, l’un des passagers dudit navire. S’ouvrirent alors les audiences des protagonistes. Nous présentons ici leurs déclarations ainsi que les notes consignées dans les procès-verbaux.</p>



<p>Cette affaire illustre la recrudescence du trafic d’esclaves dans l’archipel, favorisée par le système des « engagés » instauré par les Français et par les penchants esclavagistes du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja, de son père, du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani, ainsi que de plusieurs notables locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Juma Waɗi Hasan :</h2>



<p class="has-text-align-right"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar</em><sup data-fn="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6" class="fn"><a id="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6-link" href="#593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6">2</a></sup></p>



<p>« Je suis esclave de Shehiri Mohammed bin Amer. Je me suis enrôlé dans la troupe de Kara Hadji<sup data-fn="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d" class="fn"><a id="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d-link" href="#b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d">3</a></sup> pour Ngazidja, après que le nouveau [sultan] Saïd Ali m’eut demandé de venir à Mroni<sup data-fn="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44" class="fn"><a id="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44-link" href="#a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44">4</a></sup>, en nous promettant protection jusqu’à notre retour à Zanzibar. Nous avons refusé, à moins qu’il n’envoie un drapeau blanc par son jemadar. Après quelques jours, il envoya le jemadar avec un drapeau blanc, disant :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Je vous promets que personne ne vous molestera, car il y a la paix. »</p>
</blockquote>



<p>Nous nous rendîmes donc à Mroni, escortés par le porteur du drapeau blanc, mais à peine entrés dans la ville, nous fûmes saisis, ligotés et enfermés ensemble dans une grande hutte. Le lendemain matin, chaque homme reçut quinze coups de <em>ɓakora</em><sup data-fn="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3" class="fn"><a id="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3-link" href="#c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3">5</a></sup> sur le dos. Après quelque temps, tous — sauf l’esclave de Mohammed bin Hasan — furent emmenés dans un <em>shamba</em> (plantation) situé au-dessus de Mroni, où nous travaillions chaque jour pour Saïd Ali.</p>



<p>Quand la famine fut à son comble, beaucoup d’entre nous moururent de faim, mais Saïd Ali ne nous donna aucune nourriture et nous força à continuer le travail. Par la suite, nous fûmes ramenés en ville, et Saïd Ali déclara :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« J’attends l’arrivée du boutre pour vous vendre aux Français<sup data-fn="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f" class="fn"><a id="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f-link" href="#3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f">6</a></sup>. »</p>
</blockquote>



<p>Toute la ville en fut informée, et à chaque arrivée de boutre, Mohammed bin Masud<sup data-fn="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7" class="fn"><a id="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7-link" href="#137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7">7</a></sup> demandait aux capitaines d’accepter une charte, mais tous refusaient, craignant d’être capturés par les Anglais ou par Saïd Barghash<sup data-fn="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9" class="fn"><a id="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9-link" href="#9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9">8</a></sup>. Cet homme, Mohammed bin Masud, était de petite taille, avec une barbe noire très fournie. Il était venu pour négocier notre achat au nom de certains planteurs, mais nous ne sûmes jamais quel prix avait été payé pour nous.</p>



<p>Lorsque Saïd Ali eut fini de nous vendre, Mohammed Masud tenta de convaincre l’un des boutres de se rendre à Maore pour y porter ses lettres, car les trois boutres français avaient déjà embarqué leurs cargaisons d’« engagés » et ne devaient pas revenir. Aucun ne voulut prendre ses lettres, mais il finit par en trouver un qui accepta, toutefois il ne les porta que jusqu’à Mwali, d’où le Nahoza<sup data-fn="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea" class="fn"><a id="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea-link" href="#4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea">9</a></sup> les renvoya, disant qu’il craignait de s’impliquer dans cette affaire.</p>



<p>Mohammed Masud envoya alors la baleinière du sultan Abdallah de Ndzuani à Maore, avec des lettres. Peu de temps après, le boutre d’Awathi<sup data-fn="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14" class="fn"><a id="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14-link" href="#7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14">10</a></sup> arriva à Mroni avec cinquante <em>djunia</em> [sacs] de riz et plusieurs caisses de piastres françaises. Ces biens furent remis à Saïd Ali comme prix de soixante d’entre nous qu’il avait vendus. Nous étions les plus forts et les plus vigoureux du groupe. Saïd Ali convoqua immédiatement les anciens d’Itsandraya<sup data-fn="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4" class="fn"><a id="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4-link" href="#b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4">11</a></sup> et de Mbadjini (ceux qui restaient), et leur dit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Prenez chacun un tiers du riz comme argent, prix de ces gens de Zanzibar, et partagez-le entre vous en compensation des pertes que vous avez subies. »</p>
</blockquote>



<p>Les anciens refusèrent tous, disant que cette affaire apporterait des malheurs pires encore que la vente de la famille de Msafumu en esclavage, car nous étions tous soit des affranchis des Anglais, soit des gens de Saïd Barghash. Alors Saïd Ali prit les cinquante sacs de riz, y ajouta du grain qu’il acheta, et l’envoya à Itsandraya et à Mbadjini, le distribuant de maison en maison, afin qu’on ne pût dire qu’il avait gardé l’argent.</p>



<p>[Le boutre] Awathi avait remplacé son pavillon de Zanzibar par un drapeau français. Il nourrissait une vive rancune contre le sultan [Barghash] et les Anglais, et il descendit sur la plage où nous étions alignés, attachés par des cordes de sorte que nous ne pouvions bouger. Il prit un lourd <em>ɓakora</em> et, commençant par le premier, frappa chacun d’entre nous avec brutalité — à la tête, aux bras et aux jambes — tout en insultant les Anglais qui avaient poursuivi son boutre, disant :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Vous verrez qu’il n’y aura aucun secours pour vous délivrer de l’esclavage où vous allez, et ni Saïd Barghash ni les chiens d’Anglais n’oseront arrêter mon boutre maintenant que je suis sous pavillon français. »</p>
</blockquote>



<p>Il y avait trois Français : deux maigres et un très gros, au ventre énorme<sup data-fn="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c" class="fn"><a id="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c-link" href="#21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c">12</a></sup>. C’était l’homme du <em>Sirkal</em> (gouvernement<sup data-fn="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e" class="fn"><a id="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e-link" href="#61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e">13</a></sup>). On l’appelait « M. Falfeh ». Nous fûmes conduits devant lui, et il nous demanda si nous consentions à aller à Maore pour travailler dans les <em>shambas</em> des Européens, pour un salaire de 2,5 dollars par mois. Nous répondîmes que nous ne voulions pas y aller, que nous n’étions pas esclaves, et que si les Anglais apprenaient que Saïd Ali nous avait réduits en esclavage, ils le puniraient. Nous ajoutâmes que nous ne pouvions refuser d’être embarqués, car Saïd Ali avait menacé de tous nous tuer si nous résistions, mais que nous l’avertissions que, si un navire de guerre britannique interceptait le boutre, nous nous plaindrions d’avoir été vendus en esclavage contre notre volonté.</p>



<p>Mohammed bin Masud traduisait pour nous. Abdullah Aɓuɗu, l’interprète du <em>Sirkal</em>, était présent, mais n’agissait pas comme interprète. Ceux d’entre nous qui étaient des hommes libres sous la protection du consul britannique dirent qu’on violait la loi anglaise en les réduisant en esclavage, mais on leur ordonna de se taire. Mohammed bin Masud dit au Français que ces paroles nous avaient été apprises par un ou deux mauvais sujets parmi nous, et qu’une fois à bord du boutre, il se chargerait de dire que nous consentions volontairement à partir.</p>



<p>Nos noms furent inscrits sur un papier, mais nous ne signâmes pas, ni ne fîmes de marques. Nous ne fûmes plus liés ensuite, mais enfermés dans une maison en pierre — celle du commis et gendre d’Abdallah Fellahi. La maison était gardée jour et nuit par des soldats de Ndzuani. Nous y restâmes douze jours, et chaque jour des chèvres étaient abattues pour nous, comme pour tous les esclaves vendus aux Français. Puis nous fûmes conduits sur la plage, et Abdullah Fellahi vint dire qu’il y avait déjà trente esclaves de Ngazidja à bord, et qu’il n’y avait de place que pour trente d’entre nous.</p>



<p>On en choisit trente parmi nous, et au moment où ils furent envoyés à bord du boutre d’Awathi, on demanda à chacun s’il comprenait le travail qu’il allait faire. Tous répondirent comme auparavant, mais rien ne fut traduit à l’officier français, qui se contenta d’acquiescer de la tête à chaque passage.</p>



<p>J’avais été choisi, étant fort et en bonne santé, mais je dis au commis d’Abdallah Fellahi que je refusais d’y aller, et que si l’on me forçait à monter à bord, je saisirais la première occasion de me plaindre aux autorités françaises. Il en parla à Mohammed Masud, disant qu’il serait peut-être plus prudent de me laisser, mais qu’il veillerait à ce que j’en souffre. Les trente autres furent alors ramenés, et on nous dit de ne pas espérer nous en tirer, car le boutre d’Awathi ou un autre navire reviendrait bientôt pour nous. Mes compagnons furent renvoyés travailler au <em>shamba</em>, en attendant un autre navire.</p>



<p>Pour ma part, je fus remis comme esclave à Ɓukher Hamaɗi<sup data-fn="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9" class="fn"><a id="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9-link" href="#86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9">14</a></sup>, le commis de Said Ali.<br>Il me faisait exécuter des tâches de femmes, en plus de couper du bois, et me battait chaque jour avec une sandale, parfois aussi avec un <em>ɓakora</em>. Il m’obligeait à travailler nu et ne me permettait pas de porter de vêtements, même dans la maison. Peu après, le boutre de Khamis bin Mbarak entra au port — Ɓakari, mon frère, y était marin. Il me vit à terre et convint de me donner un signal au moment du départ du navire. À minuit, avant qu’ils ne lèvent l’ancre, je reçus le signal, me glissai dehors et nageai jusqu’au boutre. Mon frère me cacha sous des ballots de fil de coco. Nous arrivâmes ainsi à Zanzibar. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Liste des esclaves acquis à Mroni et dans d’autres localités de Ngazidja, le <a href="https://beshelea.com/calendriers-aux-comores/">20 Rajab 1300</a> [27 mai 1883].</h5>



<p><em>Tel que écrit dans le ɗaftar [registre] trouvé avec Mahommed bin Masud :</em></p>



<figure class="wp-block-table is-style-regular"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><th class="has-text-align-left" data-align="left"></th><th>Noms des Nyamwezi :</th><th></th><th></th><th>Des esclaves ont été vendus par :</th><th></th></tr></thead><tbody><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Musa</td><td>Ulaiɗi</td><td>Également trois boutres</td><td></td><td>Shalam</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Suɗi</td><td>Salmin</td><td><strong>Des esclaves ont été vendus par :</strong></td><td></td><td>Abdullah Murhaj</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Matano</td><td>Juma</td><td>Ali Sham</td><td><strong>1</strong></td><td>Abubakr bin Abdurahman</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Majaliwa</td><td>Hasan M.</td><td>Mohedin bin Sultan<sup data-fn="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae" class="fn"><a id="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae-link" href="#1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae">15</a></sup></td><td><strong>2</strong></td><td>Abdurrahman bin Mohammed</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma Waɗi</td><td>Khamis</td><td>Samɓauma</td><td><strong>1</strong></td><td>Seif bin Masud</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Ɓaraka</td><td>Seɗi</td><td>Mze bin Wazir</td><td><strong>1</strong></td><td>Ɓwanaheri bin Hasan</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma</td><td>Othman</td><td>Sloohu Wafabr</td><td><strong>1</strong></td><td>Mze Aɗa bin Minju</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Maukaɓa</td><td>Almasi</td><td>Abdu Malem</td><td><strong>3</strong></td><td>Mohamed bin Juma</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Kuleen</td><td>Saɗalla</td><td>Wazir bin Maftray</td><td><strong>1</strong></td><td>Abdallah bin Ahmed bin Othman</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Hasan</td><td>Nasiɓi</td><td><strong>Ceux de la Maison de Djihadi ayant vendu des esclaves :</strong></td><td></td><td>Fatuma binti Saliman</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Saeed</td><td>Mashaka</td><td>Ɓakar</td><td><strong>3</strong></td><td>Mze Azi</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khamis</td><td>Mlaiɗi</td><td>Abdallah bin Ali</td><td><strong>1</strong></td><td>Mohammed bin Miraji</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Sururi</td><td>Gim</td><td>Djumɓe Yakuni</td><td><strong>1</strong></td><td>Saidina bin Saïd Omar<sup data-fn="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc" class="fn"><a id="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc-link" href="#8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc">16</a></sup></td><td><strong>6</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Neeni</td><td>Wasin</td><td>Abdallah bin Saleh</td><td><strong>1</strong></td><td>Ahmed wa Fefumu</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Fataki</td><td>Almose</td><td>Mohammed bin Hasan</td><td><strong>2</strong></td><td>Simɓa Jumba</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Ibrahim</td><td>Mye Ɓakari</td><td>Abdurahman Kombo</td><td><strong>1</strong></td><td>Saleh bin Mohammed</td><td><strong>7</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"><strong>15<br>14<br>__<br>49<br>135<br>__<br>184</strong></td><td>Waɗi Njinga</td><td>Ali bin Saliman</td><td><strong>2</strong></td><td>Awathi<sup data-fn="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d" class="fn"><a id="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d-link" href="#ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d">17</a></sup></td><td><strong>5</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Mnoobi</td><td>Marjan</td><td> Saleh Koliba</td><td><strong>1</strong></td><td>Sultan Ntiɓe Mbamba</td><td><strong>50</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Mɓurak</td><td>Maɓruki</td><td>Hasun bin Fumbamba</td><td><strong>1</strong></td><td>Djumɓe Fumu Um</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khuri</td><td>Mze Omar</td><td>Maɗihali</td><td><strong>1</strong></td><td>Mɗwahoma Ntiɓe</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Maktuɓu</td><td>Uleiɗi</td><td>Hamaɗi bin Othman</td><td><strong>4</strong></td><td>Saïd Ɓakar bin Sultan<sup data-fn="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5" class="fn"><a id="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5-link" href="#afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5">18</a></sup></td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Khamis</td><td>Hasan Omar</td><td>Mohammed bin Hamed</td><td><strong>1</strong></td><td>Swafaini</td><td><strong>3</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Kasan</td><td>Risasi</td><td></td><td><strong>33<br>102<br>__<br>135</strong></td><td>Abdallah bin Sakhi</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">Juma</td><td>Abdallah</td><td></td><td></td><td>Saleh bin Saïd</td><td><strong>2</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Nasser</td><td></td><td></td><td>Wameh binti Abdallah</td><td><strong>1</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Waɗi Hasan</td><td></td><td></td><td></td><td><strong>__<br>102</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Nasiɓ</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Faraj</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Maɓruki</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Juma</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Ɓaruti</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Waɗi Nasiɓ</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Mwinye Waɗi</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td>Omar</td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td><strong>34</strong></td><td></td><td></td><td></td><td></td></tr></tbody></table></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Poursuite de l’interrogatoire :</h3>



<p>« Tous ceux-là étaient mes compagnons. La plupart, au moment où les soixante premiers d’entre nous furent vendus, étaient trop malades pour être déplacés.<br>Beaucoup étaient des esclaves affranchis par le consul anglais et confiés à la mission anglaise (liste relue une seconde fois).</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Uleɗi, Salmin et Juma se trouvaient à la Mission universitaire de Mkunazini<sup data-fn="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f" class="fn"><a id="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f-link" href="#cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f">19</a></sup>.</li>



<li>Hasan venait de Mɓweni<sup data-fn="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840" class="fn"><a id="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840-link" href="#8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840">20</a></sup> ; c’était un grand ami à moi.</li>



<li>Khamis, Saɗalla, Nasibu, Mashaka, Uleɗi et Wasin, tous libres sous protection anglaise, se trouvaient à la mission de Mkunazini.</li>



<li>Musa, Suɗi et Majaliwa étaient à la mission de Mɓweni.</li>



<li>Parije venait de Mkunazini : il avait menacé d’écrire au consul anglais, et c’est pourquoi on ne l’avait pas inclus dans le premier envoi, bien qu’il ne sût pas vraiment écrire.</li>



<li>Faki, Khamis, Hasan et Juma, je crois, étaient à la mission de Mkunazini. Cet homme n’a pu être envoyé à Maore, car je l’ai revu à Zanzibar : il m’a dit qu’il s’était échappé. Aucun d’eux ne savait écrire en anglais, ni ne prétendait le parler.</li>



<li>Abdullah, qui avait été embarqué parmi les trente premiers, avait été instituteur à l’école de la Mission. Il parlait bien l’anglais, mais avait oublié comment écrire. Je le sais par un nommé Konop, un grand ami à moi. C’est lui qui avait rédigé la pétition que vous avez reçue lors de votre visite à Ngazidja à bord du <em>Sultani</em>. Sa femme était maîtresse d’école à l’établissement de l’évêque Steere à Zanzibar. Il écrivait parfaitement l’anglais, mais mourut malheureusement, juste avant la maladie contractée durant le temps où nous étions esclaves au <em>shamba</em>.</li>



<li>Le Majaliwa mentionné dans la liste n’était pas Konop, car le nom indigène de Konop était Majaliwa. »</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Mohammed bin Masud Albusaïd :</h2>



<p class="has-text-align-right"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar, 26 décembre 1883</em></p>



<p>« Je suis né à Maore, mais je suis venu assez jeune à Zanzibar, où j’ai longtemps vécu comme sujet du Sultan. Cependant, depuis près de vingt ans, je réside à Maore et suis depuis lors sujet français. Je suis venu plusieurs fois à Mroni pour servir d’interprète aux planteurs français. Je n’ai aucun lien avec le gouvernement colonial, mais j’agis comme courtier ainsi qu’interprète pour les Français qui se rendent à Ngazidja pour y faire des achats.</p>



<p>J’étais à bord du boutre de Msellim bin Ali lorsqu’il transporta des « engagés » à Maore. Cela fait trois mois et six jours que le bâtiment a quitté Mroni avec 178 « engagés ». Ils étaient principalement originaires de Ngazidja, mais il y avait parmi eux plusieurs hommes de Zanzibar et de Mrima<sup data-fn="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c" class="fn"><a id="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c-link" href="#446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c">21</a></sup>. Je suis monté à bord avec les « engagés » à Mroni, où j’avais été engagé depuis quelque temps comme interprète. Dans ce cas précis, j’avais été recruté par M. Villéon comme interprète pour son lot d’« engagés ».</p>



<p>Les Français présents sur le navire étaient Valareit, Délégué de l’Administration, accompagné de son interprète Mohammed Abuɗu, et M. Téri, gérant de la Compagnie de la Grande Comore. Mon rôle consistait à traduire lors du recrutement des travailleurs à terre. M. Valreit rédigeait les papiers ; il était assisté de Mohammed Abuɗu, mais le Commandant ne lui permettait pas de signer aucun document : tout ce qu’il disait, M. Valreit l’écrivait. Selon la loi française, le fait d’inscrire un « engagé » sur un papier suffit à en faire un travailleur libre. Il n’est plus esclave et, peu importe comment on l’appelle, il est « libré » selon la loi française, et à Maore, cela suffit pour que les planteurs s’en contentent.</p>



<p>Je n’ai jamais reçu de lettres de Saïd Omar<sup data-fn="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655" class="fn"><a id="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655-link" href="#4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655">22</a></sup>, ni entendu dire que le sultan Abdallah<sup data-fn="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f" class="fn"><a id="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f-link" href="#24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f">23</a></sup> de Ndzuani ait passé un contrat pour des esclaves ou des « engagés ». Il y a plusieurs lettres dans ma boîte ; si vous y trouvez quoi que ce soit de ce genre, vous pouvez les garder. Mes lettres et mes papiers, à l’exception de quelques-uns que m’a confiés Abdallah bin Ali, concernent uniquement mes affaires personnelles et n’ont aucun lien avec des esclaves ni avec la traite. Vous êtes libre d’examiner mes papiers et de prendre tout ce qui concernerait la traite. »</p>



<p><em><strong>Note.</strong> — La boîte de ce témoin a donc été ouverte au tribunal, en sa présence, et les papiers examinés avec son consentement. Il a désigné le dernier livre de comptes et déclaré qu’il n’y avait aucune mention relative ni à des esclaves ni à des « engagés ». Sur l’un des papiers, toutefois, on a trouvé une longue liste censée être celle des esclaves obtenus à Mroni le 20 Rajab 1300.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Interrogatoire poursuivi :</strong></h5>



<p>« Ma boîte est en ordre. Je n’ai eu aucune objection à remettre la clé au Malim<sup data-fn="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9" class="fn"><a id="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9-link" href="#df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9">24</a></sup>, sachant que l’argent serait en sécurité et qu’elle ne contenait rien concernant des esclaves. J’ai vérifié l’argent, tout est correct.</p>



<p>La page de mon <em>ɗaftar</em> que vous montrez est une liste des « engagés » embarqués sur le boutre de Msellim bin Ali. J’avais été recruté comme interprète de M. Téri pour cette opération. Je me suis d’abord rendu auprès de Saïd Ali pour lui exposer nos besoins, puis je suis allé chercher des gens. Comme il y avait eu récemment trois grands envois d’« engagés » vers Maore, les candidats étaient rares, et il m’a fallu plusieurs jours pour réunir le nombre requis. M. Téri ne voulait pas embarquer les esclaves swahilis — dont nous avons finalement pris quarante-neuf — car leur propriétaire craignait de les envoyer, étant donné qu’ils étaient sujets du Sultan de Zanzibar et avaient été détenus par Saïd Ali.</p>



<p>Cependant, le directeur régla rapidement la question en lui montrant qu’ils devenaient désormais des « engagés » légaux dès lors qu’ils étaient inscrits sur sa liste, et il affirma aux propriétaires que ni les Anglais ni le Sultan n’oseraient intervenir. J’ai servi d’interprète pour le directeur, car je parlais swahili. Chaque personne défilait et je demandais : « Connaissez-vous les termes de votre engagement, à savoir aller travailler sur les plantations de la Compagnie de la Grande Comore pendant cinq ans pour un salaire de 2,5 dollars par mois ? » Chacun répondait : « Oui », son nom était alors inscrit par M. Valreit sur le registre, et il était envoyé à bord. En raison des délais à réunir le nombre requis, plusieurs ont réussi à s’enfuir, mais je crois que le nombre de gens de Zanzibar finalement embarqués était de quarante-neuf.</p>



<p>Saïd Omar n’a rien à voir avec le recrutement des « engagés » ; il a un certain lien avec la délivrance des laissez-passer à Maore, mais je n’en sais rien.<br>Je n’ai jamais entendu dire que le sultan Abdallah de Ndzuani ait envoyé des « engagés » à Maore ni qu’il ait reçu un paiement pour chaque esclave. Saïd Omar ne m’a jamais écrit à ce sujet — en vérité, je n’ai jamais reçu de lettre de lui de ma vie et je lui ai à peine parlé. Vous feriez mieux de fouiller ma boîte si vous doutez de ma parole. N’ai-je pas juré sur le Coran de ne dire que la vérité ?</p>



<p>Je ne possède aucun esclave et n’en ai jamais acheté ; c’est strictement interdit à Maore. Même nous, Arabes, devons présenter nos concubines à l’officier et les enregistrer tous les cinq ans comme « engagées ». Saïd Omar ne m’a jamais donné d’instruction concernant Saïd Ali, ni écrite ni verbale. J’affirme qu’il ne m’a jamais écrit une seule fois. »</p>



<p><em><strong>Note.</strong> — La boîte du témoin fut alors fouillée, et, en plus d’un certain nombre de lettres cachetées destinées à Zanzibar, on trouva un petit paquet de lettres ouvertes dissimulées dans le couvercle arrière. Le témoin semblait avoir oublié le contenu de ces vieilles lettres, car il pria l’interprète de les lire à voix haute au fur et à mesure qu’elles étaient dépliées. En une demi-heure, trois lettres furent traduites, puis montrées au témoin qui, découvrant que deux provenaient de Saïd Omar et qu’une concernait un esclave qu’il avait acheté à Mroni — mais qui s’avérait être manifestement un musulman libre — changea complètement d’attitude : son air assuré et jovial fit place à un profond embarras.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Interrogatoire poursuivi :</strong></h5>



<p>« Vous avez les lettres, comment pourrais-je les nier ? Je pensais avoir détruit tout cela avant de partir, mais c’est mon destin (ma malchance). En vérité, je suis pris au piège. J’ai bien servi les Français, mais la jalousie des scribes arabes (<em>Karanis</em>) m’a toujours nui, et je n’ai jamais eu la chance de toucher le salaire du <em>Sirkal</em> (le gouvernement). Si ce boutre est confisqué, je serai ruiné, car Saïd Omar avait garanti au propriétaire qu’il ne subirait aucun tort.</p>



<p>Je n’ai pas dit la vérité en affirmant que les « engagés » n’avaient pas été achetés par les Français, mais il est vrai que chacun d’eux a déclaré « j’ai accepté » avant que le directeur ne l’inscrive sur la liste. Ce n’était pas difficile, car les Français se fient à la parole de l’interprète, et bien que le Commandant soit très <em>kali</em> (strict), il exige seulement que les papiers soient en règle.</p>



<p>Il est vrai que Saïd Ali a vendu presque tous les travailleurs valides, y compris de nombreux Wangazidja qui ne survivront pas longtemps à Maore. Je sais qu’il a reçu de grandes caisses remplies de pièces de 5 francs, ainsi que plusieurs milliers de sacs de riz des planteurs. Ce n’était pas mon affaire : j’étais payé par le gérant des plantations, et je les ai servis fidèlement, mais ils étaient très <em>shoyo</em> (cupides), et les scribes français empochaient la plus grande part des bénéfices.</p>



<p>Avant mon départ, le Commandant refusa définitivement d’accorder le pavillon français à Saïd Ali. Les habitants, et même son propre père, lui conseillèrent de refuser, craignant que cela ne ruine leurs affaires. Ils le lui conseillèrent parce que le Commandant est très sévère et punit même ses amis si leurs papiers ne sont pas <em>« en règle »</em>.</p>



<p>Les deux compagnies ont acheté environ 700 personnes de Ngazidja cette année, en plus des deux contrats passés avec le sultan Abdallah. Nous avons entendu parler de votre affranchissement des esclaves à Mwali. Le sultan Abdallah bin Hamza perdra la vie pour avoir livré la fille de Ngazidja<sup data-fn="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499" class="fn"><a id="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499-link" href="#4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499">25</a></sup> entre vos mains.<br>Saïd Omar donna aussitôt l’ordre au sultan Abderrahman de l’arrêter et de le remettre au sultan de Ndzuani, et nous savons ce que cela signifie. Les autres chefs de Ngazidja qui avaient aidé les Anglais sont tous morts dans l’année.</p>



<p>J’ai reçu une autre lettre de Saïd Omar, arrivée par le boutre de Msellim : elle m’ordonnait, compte tenu des circonstances, de rassembler le meilleur lot possible, et, si nécessaire, d’accepter de Saïd Ali les prisonniers Wanyamwezi. J’ai détruit cette lettre. Vous pouvez garder les lettres, mais je vous prie de ne pas les montrer au Sultan. Je ne sais rien des gens actuellement à bord, sauf Mohammed bin Sheikh, le gendre de Saïd Omar. J’ignore le but de sa venue ici. Il s’est querellé avec Saïd Ali à Mroni.</p>



<p>Je ne puis rien dire de l’autre lettre ; vous l’avez, et elle me compromet. La lettre adressée à Abdullah bin Masud m’était destinée. Je promets de me présenter à nouveau à tout moment si l’on m’appelle. »</p>



<p><em>Lire ici la <a href="https://beshelea.com/said-omar-bin-said-hasan-1883/">Lettre de Saïd Omar wa Saïd Hasan à Mohammed bin Masud</a></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Déclaration de Msellim bin Ali, Arabe Suri<sup data-fn="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb" class="fn"><a id="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb-link" href="#0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb">26</a></sup></h2>



<p class="has-text-align-right"><em>Tribunal du Consul général de Sa Majesté à Zanzibar, 21 décembre 1883</em></p>



<p>« Le boutre m’appartient. Il s’appelle <em>Salamati</em>. J’ai embarqué 32 passagers masculins et 3 passagères à Mroni. J’ai quitté Maore avec du sucre et 5 passagers indiens. Je suis passé par Mroni et Mitsamihuli.</p>



<p>Mon précédent voyage était un affrètement de Maore à Mroni et retour, avec des « engagés ». J’en ai transporté entre 170 et 180. Ils étaient tous originaires de Ngazidja. J’ai reçu 400 dollars de fret pour ce voyage. Il y avait deux Français à bord. Aucun ne portait d’uniforme.</p>



<p>J’avais d’abord refusé d’accepter l’affrètement, mais les officiers français sont venus me voir et m’ont informé que je recevrais des papiers du <em>Sirkal</em> qui garantiraient la sécurité de mon navire, même s’il venait à être arraisonné par les Anglais. Je n’aimais pas cette affaire, même alors, mais ils m’ont offert le double du fret habituellement payé. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">Abolition de l&rsquo;esclavage aux Comores : ordonnance du 9 décembre 1846</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1884-85, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (november 1885)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0"><em>Son maître était un Arabe suri nommé Abdullah bin Ali, qui se trouvait être un proche de Msellim bin Ali.</em> <a href="#6b109342-0e8f-44f2-946f-1ef241b55af0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6"><em>Bien qu’il ait été entendu en décembre 1883, la date exacte n’a pas été précisée.</em> <a href="#593c5ee0-f868-484e-aef6-c351b6bb4ae6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police de Saïd Barghash.</em> <a href="#b9240769-28c1-4d7d-9c53-43f00da6ea1d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44"><em>Juma Waɗi Hasan et ses compagnons se trouvaient alors à Itsandraya Mdjini.</em> <a href="#a9c62567-002b-485d-b757-1b9b260c2f44-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3"><em>Ɓakwera : littéralement canne de marche en bois. Terme utilisé ici pour désigner les coups de bâton.</em> <a href="#c9f06c51-0192-46af-ba0c-c33b710429b3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f"><em>Les Français occupaient alors l’île de Maore. La transaction s’effectuait selon le système esclavagiste mis en place par la France, dit des « engagés ».</em> <a href="#3c71465c-3c0b-409e-beba-1d12cf645c0f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7"><em>Mohammed bin Masud Albusaid, Arabe originaire de Maore, partit très jeune pour Zanzibar. Il revint plus tard dans son île natale et devint interprète auprès des planteurs français acheteurs d’esclaves « engagés » dans l’archipel, notamment sur l’axe Maore–Ngazidja.</em> <a href="#137c4948-0d89-4b88-8724-412344c242e7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9"><em>Le sultan de Zanzibar.</em> <a href="#9a43bafc-ea8b-4580-a648-46cdb8244bc9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea"><em>Capitaine d&rsquo;un bateau, en shiKomori.</em> <a href="#4da2ed71-3e67-4abf-a108-2c7c428959ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14"><em>Appartenant à Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi, un Moronien très impliqué dans le trafic d’esclaves</em>. <a href="#7e384857-bdde-4d73-b2a5-50ba44e79b14-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4"><em>Les partisans de Ntiɓe Mbamba.</em> <a href="#b12e65a6-3eab-408f-92e1-652366e98de4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c"><em>Selon une déclaration de Masud, étaient concernés : « M. Villéon (directeur des Habitations de la Compagnie des Comores), M. Velroit (délégué de l’Administration) et M. Téri (directeur de la Compagnie de la Grande Comore) ».</em> <a href="#21da8ca1-21f2-4bd1-bd93-07dde422147c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e"><em>Il s’agissait des représentants du gouvernement français, c’est-à-dire des autorités occupant Maore.</em> <a href="#61c4afb9-4652-4700-9568-5a0e77867c1e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9"><em>Ɓuku Hamaɗi</em> ? <a href="#86689d49-3187-4f9a-9752-4e5fbacfd7f9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae"><em>Mohedin wa Mwinyi Mkuu.</em> <a href="#1ffbc938-7c5c-47ef-8e55-329b890961ae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc"><em>Petit frère de Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#8b63875e-8797-4be6-8766-4ea3cc45a1bc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d"><em>Pour plus de clarté, Masud employait le nom du boutre pour désigner son propriétaire, Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi.</em> <a href="#ed49ea28-4d9c-44a9-a2ae-3bb51acdb37d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5"><em>Saïd Ɓakar wa Mwinyi Mkuu.</em> <a href="#afd2cbb5-a798-4e78-b4e4-ad87f4a7b5e5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f"><em>Mkunazini est un quartier historiquement important situé à Stone Town (Mji Mkongwe), à Zanzibar.</em> <a href="#cded1dbd-6634-4d3a-8a1f-163d9e3dce4f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840"><em>Mɓweni est une localité située sur l’île d’Unguja, dans l’archipel de Zanzibar.</em> <a href="#8e8b06d8-5683-45ff-a567-928e6173c840-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c"><em>Il s’agissait d’Africains originaires du continent. Mrima désigne la côte est-africaine faisant face à l’archipel de Zanzibar.</em> <a href="#446697b5-bf54-407a-88e9-127088a64b6c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655"><em>Saïd Omar wa Saïd Hasan, père de Saïd Ali.</em> <a href="#4a4fad8f-bb3c-49f1-870d-0181a2e87655-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f"><em>Abdallah bin Salim.</em> <a href="#24155e41-bf7d-4fba-b9b1-9765f5e4cf2f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9"><em>Littéralement « maître », le terme est ici utilisé pour désigner le juge.</em> <a href="#df1e3139-536a-4a4f-90d9-b2eb705c5ee9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499"><em>Il s’agit de Mariama Hali, réduite en esclavage par Saïd Ali. En cours de route, elle fut récupérée et protégée à Mwali par le sultan Abdallah bin Hamza, alors en exil sur cette île. Il la confia à l’Anglais Frederik Holmwood, afin qu’elle puisse rejoindre son oncle Mwenyi Husein à Zanzibar.</em> <a href="#4083ba70-c043-4b86-b47e-4d84fbecc499-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb"><em>Du mot « Surriyya ». Dans la zone swahilie, un Arabe dit « Suri » désignait une personne dont le père était arabe et dont la mère était une concubine non arabe, souvent d’origine servile.</em> <a href="#0bc2011d-a04e-4c49-a47b-5218d96931eb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">Mis en esclavage par Saïd Ali : témoignage de Juma Waɗi Hasan</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lettre de Saïd Omar wa Saïd Hasan à Mohammed bin Masud</title>
		<link>https://beshelea.com/said-omar-bin-said-hasan-1883/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 12:05:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed bin Masud]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Omar wa Saïd Hasan]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Malgré l’abolition officielle de l’esclavage à Maore, les autorités françaises, nouvellement installées sur l’île, mirent en place parallèlement un système de travail forcé dit des « engagés », destiné à servir les intérêts des colons planteurs. Cette politique eut pour première conséquence de relancer le trafic d’esclaves dans l’ensemble de l’archipel et dans [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte : </strong>Malgré <a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">l’abolition officielle de l’esclavage</a> à Maore, les autorités françaises, nouvellement installées sur l’île, mirent en place parallèlement un système de travail forcé dit des « engagés », destiné à servir les intérêts des colons planteurs. Cette politique eut pour première conséquence de relancer le trafic d’esclaves dans l’ensemble de l’archipel et dans la région.</em></p>



<p><em>Certains notables locaux profitèrent de la situation pour en tirer avantage, à l’image du vieux prince Saïd Omar wa Saïd Hasan de Ndzuani, exilé à Maore, francophile et dévoué à la cause coloniale, ainsi que de son fils Saïd Ali wa Saïd Omar, alors sultan de Ngazidja. La lettre adressée au courtier et interprète Mohammed bin Masud illustre la nature et l’ampleur de leur implication dans ce commerce d’êtres humains.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Maore, 1883</em><sup data-fn="300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee" class="fn"><a id="300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee-link" href="#300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee">1</a></sup></p>



<p>« Votre lettre, très intéressante et importante, m’est bien parvenue, et que Dieu veuille que vous puissiez mener toutes vos affaires selon vos désirs. La personne à qui vous aviez confié votre lettre s’est attardée plusieurs jours en route<sup data-fn="c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c" class="fn"><a id="c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c-link" href="#c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c">2</a></sup>, et il ne reste à présent que six jours avant le départ du navire, ce qui m’ennuie beaucoup, car il sera impossible d’achever vos affaires à temps.</p>



<p>Cependant, toutes les choses seront envoyées par les mains de Mohammed bin Abderrahman. Même le riz, je ne puis l’expédier avant ce moment-là, car j’avais déjà achevé de charger le navire avec les marchandises des Européens<sup data-fn="ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6" class="fn"><a id="ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6-link" href="#ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6">3</a></sup> avant que votre lettre ne m’arrivât. Mais vous savez qu’ils sont tous de notre côté ; en vérité, j’ai moi-même un petit intérêt dans leur entreprise.</p>



<p>Et maintenant, je vous prie instamment d’avertir Saïd Ali de ne rien changer ni revenir sur aucun de mes contrats ou promesses faits aux Européens ; et si un autre Français arrivait, désireux d’acheter des esclaves, dites à Ali qu’aucun de ceux dont j’ai déjà convenu ne doit leur être vendu, quel que soit le prix offert. Il devra dire que son père les a déjà promis en bloc à M. Routier<sup data-fn="793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93" class="fn"><a id="793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93-link" href="#793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93">4</a></sup> et à M. Villéon<sup data-fn="23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0" class="fn"><a id="23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0-link" href="#23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0">5</a></sup>, et qu’ils ne peuvent être ni partagés ni vendus à qui que ce soit d’autre.</p>



<p>Je dois ajouter, pour votre gouverne, que le <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">sultan Abdallah</a> de Ndzuani a conclu un contrat avec les deux amis que j’ai mentionnés, afin de leur fournir 200 esclaves à raison de 50 dollars par tête, depuis Ndzuani, à livrer dans le port de Maore. Il a déjà envoyé un lot de 30 esclaves, à titre d’acompte et pour marquer son intention d’exécuter le contrat, et il fait parvenir le reste par petits groupes, selon les occasions. Dès que le contrat fut connu, certains planteurs offrirent au sultan Abdallah un prix plus élevé s’il consentait à leur céder les esclaves ; mais il refusa de conclure tout autre marché avant d’avoir livré la totalité des 200 esclaves convenus. Cet incident doit rester strictement secret, car le sultan Abdallah désire ardemment le dissimuler<sup data-fn="8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec" class="fn"><a id="8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec-link" href="#8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec">6</a></sup>.</p>



<p>Toute votre famille ici se porte très bien et vous envoie ses salutations. Cette lettre est écrite par votre ami Saïd Omar bin Saïd Hasan.</p>



<p><strong>P.-S.</strong> — Dites à Saïd Ali que M. Delval<sup data-fn="1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4" class="fn"><a id="1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4-link" href="#1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4">7</a></sup>, Routier, Bundervoët<sup data-fn="ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b" class="fn"><a id="ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b-link" href="#ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b">8</a></sup> et Villéon souhaitent obtenir un document, et qu’il serait préférable qu’ils l’obtiennent pendant que vous serez présent. Mohammed bin Abudu (le secrétaire) sait quels papiers il faudra rédiger. Et, si possible, menez leur affaire rapidement à bien, car ils m’importunent pour obtenir le document, et il ne serait pas convenable de les laisser repartir les mains vides. De plus, Mohammed bin Sheikh<sup data-fn="74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e" class="fn"><a id="74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e-link" href="#74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e">9</a></sup> a remis un document à M. … »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>SAÏD OMAR BIN SAÏD HASAN</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1884-85, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (november 1885)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee"><em>Dans la source que nous avons consultée, aucune date n’est indiquée pour ce document. L’on estime toutefois qu’il fut rédigé dans la première moitié de l&rsquo;année 1883.</em> <a href="#300cae87-65cf-4cf0-b5ff-bb1c7cb676ee-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c"><em>Mohammed bin Masud se trouvait alors à Ngazidja, à Mroni chez Ali Sham, pour procéder à l’achat d’esclaves dits « engagés ».</em> <a href="#c0758b26-510d-4976-8f7a-60abf6d44d2c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6"><em>Des colons français, voulait-il dire plus précisément.</em> <a href="#ac33ed5a-6db9-4cb9-bf18-16cf8c1378f6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93"><em>A. Routier, directeur de l&rsquo;Établissement de Soulou</em>. <a href="#793459d9-0644-41cd-8dd3-f111c29f4c93-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0"><em>V. Villéon, directeur des Habitations de la Compagnie des Comores.</em> <a href="#23f0d891-7be0-45fa-aa7b-31801dffe4d0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec"><em>En effet, le même sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani avait conclu avec les Britanniques un traité d’abolition de l’esclavage près d’un an plus tôt, le 10 octobre 1882. Il parvint cependant à contourner cet engagement en vendant secrètement des esclaves aux Français établis à Maore.</em> <a href="#8720cc9b-7111-4139-a0f3-ad9810e4ccec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4"><em>H. Delval, Chef du Service de l&rsquo;Intérieur par intérim.</em> <a href="#1ff217c9-3b63-4348-9e7d-6affb14d6fb4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b"><em>G. Bundervoët, propriétaire d&rsquo;Ironi-Keli.</em> <a href="#ba5a3c5c-e5eb-45bb-8b21-7343b70b292b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e"><em>Gendre de Saïd Omar.</em> <a href="#74c58aef-d1f3-4c96-b486-fba54397ee7e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Mshangama bin Mwalimu</title>
		<link>https://beshelea.com/msafumu-recit-mshangama-mwalimu/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 17:10:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Personnalité historique]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Mshangama bin Mwalimu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Mshangama Mwalimu s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte : </strong>À l’exemple de <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-hamadi-wadi/">Hamaɗi Waɗi</a>, Mshangama bin Mwalimu est un soldat ayant pris part à la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja. Il se distingue par le fait d’avoir servi successivement les sultans Msafumu wa Fefumu puis Saïd Ali wa Saïd Omar. En cette année 1883, il revient sur son différend avec le premier, au sujet de l’abolition de l’esclavage après le traité du 13 octobre 1882<sup data-fn="e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90" class="fn"><a id="e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90-link" href="#e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90">1</a></sup>. Il évoque également la capture de Msafumu, dresse une estimation du bilan humain de la guerre, décrit la répression qui s’ensuivit, marquée notamment par une recrudescence du trafic d’esclaves. Enfin, il livre, en conclusion de son récit, une analyse lucide des intentions de Saïd Ali, laquelle se révélera par la suite exacte.</em></p>



<p><em><strong>Note du consul britannique Frederic Holmwood</strong></em><sup data-fn="2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6" class="fn"><a id="2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6-link" href="#2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6">2</a></sup><em><strong>:</strong> « Cet homme était un officier de Msafumu, mais il fit défection pour rejoindre Saïd Ali avec le marchand d’esclaves <em>Ntiɓe</em> Mbamba, qui était son supérieur immédiat. Peu après l’assassinat de Msafumu, il refusa de servir plus longtemps Saïd Ali et s’évada de Mroni sur un boutre, tandis que je me trouvais à Mwali. Il arriva à Zanzibar trois jours après le navire de Sa Majesté, le « Tourmaline », mais refusa de me donner la moindre information jusqu’à ce que Son Altesse le Sultan</em><sup data-fn="86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0" class="fn"><a id="86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0-link" href="#86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0">3</a></sup><em>lui ordonnât de comparaître et de témoigner. »</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le récit de Mshangama bin Mwalimu</h3>



<p>« Son Altesse Saïd Barghash m’a promis que je ne recevrai aucun châtiment pour le rôle que j’ai joué contre Msafumu, et il m’a ordonné de ne rien vous cacher concernant cette affaire. Je dirai donc toute la vérité, car je regrette d’avoir été conduit à rejoindre Saïd Ali, maintenant qu’il a tué notre Sultan. Mais j’espère que vous demanderez au peuple de Ngazidja présent ici de me pardonner. Lorsque Ntiɓe Mbamba passa du côté de Saïd Ali, je le suivis, car j’étais également opposé à l’abolition de la traite des esclaves, que projetait Msafumu. Je fus nommé second commandant des soldats wangazidja de Saïd Ali ; Kari wa Djae en était le chef.</p>



<p>La capture de Msafumu se fit entièrement par ruse. Saïd Ali proposa la paix à condition qu’il s’engageât à ne plus soutenir le sultan Abdallah<sup data-fn="2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e" class="fn"><a id="2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e-link" href="#2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e">4</a></sup> dans une attaque contre Mroni. Il envoya le Jamadar anjouanais Mohamed Alawi avec son vizir pour conclure l’arrangement par écrit. Ils furent admis de nuit par les portes d’Itsandraya, mais Mohammed bin Hasan al Beisa avait déjà trahi et convenu de livrer ce poste aux soldats de Saïd Ali. Certains d’entre eux accompagnaient les envoyés et parvinrent ainsi à pénétrer dans la ville. Une fois celle-ci entrée, toute résistance était impossible, car les soldats, à demi affamés, se montraient presque indifférents à ce qui se passait.</p>



<p>Ils saisirent Msafumu et l’amenèrent à Mroni, mais le sultan Abdallah bin Hamza s’échappa par la porte de Ntsudjini et gagna finalement sain et sauf Mwali à bord d’un boutre. J’étais parti en mission spéciale à Ntsudjini et ce ne fut qu’à mon retour que j’appris que Msafumu était en captivité<sup data-fn="2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957" class="fn"><a id="2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957-link" href="#2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957">5</a></sup>.</p>



<p>Kari wa Djae prit possession de la maison de Msafumu à Itsandraya après que les soldats anjouanais eurent emmené ce dernier. Ils s’emparèrent de toute sa famille et de tous ses biens. Je poursuivis jusqu’à Ntsudjini avec mes hommes et, selon mes ordres, capturai treize des parents de Msafumu. J’emportai aussi 3 000 dollars noirs que Msafumu avait dans un coffre sur place<sup data-fn="f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c" class="fn"><a id="f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c-link" href="#f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c">6</a></sup>. Je ne permis à personne d’insulter ces captifs. Toutes étaient jeunes, élevées « twaâ<sup data-fn="3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21" class="fn"><a id="3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21-link" href="#3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21">7</a></sup> ». Toutefois, Saïd Ali en donna une à Ntiɓe Mbamba pour son harem, en prit une autre comme concubine, et envoya les restantes au roi de Ndzuani<sup data-fn="09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8" class="fn"><a id="09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8-link" href="#09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8">8</a></sup> dans le boutre d’Awathi, conformément à leur accord.</p>



<p>Après cela, les soldats anjouanais montèrent à Ntsudjini et s’emparèrent de la mère de Msafumu, [Djana] Nema binti Djumɓe Fumu, et de sa sœur, Mmadjamu binti Fefumu, que j’avais laissées libres. Ils les dépouillèrent entièrement devant leur peuple, les humiliant si gravement qu’elles s’allongèrent et moururent toutes deux<sup data-fn="64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae" class="fn"><a id="64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae-link" href="#64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae">9</a></sup>, davantage, je pense, de honte que des sévices subis.</p>



<p>Msafumu fut gardé enchaîné dans une chambre durant environ une semaine. J’entendis dire que Saïd Ali avait tenté de l’empoisonner, mais il en fut averti par une esclave qui lui apportait sa nourriture. Lorsque les Anjouanais revinrent de Ntsudjini, ils ramenèrent tous les gens de Msafumu, esclaves comme hommes libres, ainsi que tous leurs biens. Ils apportèrent aussi les traités anglais signés par Msafumu et le sultan Abdallah. Saïd Ali les lut et les remit au Jamadar anjouanais, qui les porta aussitôt dans la prison de Msafumu. Là, il les déchira en morceaux, tandis que les soldats anjouanais et les partisans de Saïd Ali se tenaient autour en se moquant de lui, lui demandant s’il fallait aller chercher Saïd Barghash ou ses amis anglais. Puis ils l’étranglèrent.</p>



<p>Après avoir emmené les onze jeunes femmes à Ndzuani, le boutre d’Awathi retourna à Mroni et fit deux autres voyages semblables, transportant chaque fois un grand nombre de jeunes filles wangazidja pour le roi de Ndzuani.</p>



<p>Ensuite, il envoya les Anjouanais dans les villages où résidaient les esclaves familiaux de Msafumu. Ils étaient pratiquement libres, mais issus de familles serviles anciennes qui avaient gardé le bétail de la famille des chefs durant des générations. Les villages se nommaient « Igadjuu », « Mɓaleni », « Hamanvu Mbwani », « Ngole » et « Nɗuɓweni ». Ils emmenèrent toutes les âmes : hommes, femmes et enfants. Quand je les vis, ils campaient à l’extérieur de Mroni, prêts à l’embarquement. Il n’y avait parmi eux aucun vieillard. Les Anjouanais me dirent qu’environ deux cents de ces personnes avaient été séparées puis tuées dans une partie dense de la forêt au cours du trajet. Le nombre ramené atteignait certainement plus de cinq cents.</p>



<p>Nous reçûmes plusieurs visites de deux Français. J’ignore leurs noms. Ils étaient accompagnés de deux commis dont j’ai connu les noms à l’époque, mais que j’ai oubliés. Ils venaient de Maore pour enregistrer les esclaves que leur vendait Saïd Ali. La plus grande partie de leurs cargaisons fut expédiée sur deux navires qui firent chacun deux voyages à Maore. Les propriétaires étaient des Arabes, mais je ne remarquai pas le pavillon qu’ils arboraient. Ils achetèrent et embarquèrent au total 300 esclaves et 120 wangazidja libres. Tous, esclaves et libres, étaient ligotés, les mains derrière le dos, jusqu’à leur mise à bord.</p>



<p>Les Français logeaient l’un chez Abdullah Felahi, l’Indien, et l’autre chez Ali Sham, autre homme d’affaires de Saïd Ali. Ils tenaient toute la comptabilité. Le règlement du prix de ces esclaves causa beaucoup de difficultés, mais il fut finalement convenu que tant les esclaves que les libres seraient comptés à 40 dollars par tête, et qu’une pièce de 5 francs ou deux roupies vaudraient un dollar. L’argent fut immédiatement scellé et envoyé par Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi au roi de Ndzuani. La première fois il emporta plus de 10 000 dollars, la seconde, je crois, 6 000.</p>



<p>Saïd Ali reconnut sa dette totale envers le roi Abdallah pour les soldats, le transport, les vivres et les munitions à hauteur de 25 000 dollars<sup data-fn="459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91" class="fn"><a id="459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91-link" href="#459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91">10</a></sup>, mais le roi répondit qu’elle s’élevait à 40 000 dollars, exigeant ainsi son profit. Peu avant mon départ, Ɓuku Hamaɗi fut renvoyé sur le boutre d’Awathi pour déclarer que Saïd Ali considérait avoir entièrement réglé sa dette, le seul profit qu’il consentait étant d’avoir livré toutes les plus belles femmes de Ngazidja, condition qu’il avait scrupuleusement respectée. Il lui avait envoyé 3 000 dollars (sham) pris à Msafumu, 120 esclaves de plantation valant 5 000 dollars, et les sommes reçues des Français. On pensait que cette réclamation conduirait à une querelle.</p>



<p>Outre ces expéditions, Saïd Ali envoyait constamment de petits lots d’esclaves à Maore et à Ndzuani, dont il gardait le produit, et nous avions tous, en particulier les Anjouanais, la liberté de capturer quiconque et de le vendre aux boutres arabes et français, pourvu que nous ne contrecarrions pas les arrangements de notre chef. Pendant la famine, nous en vendîmes beaucoup pour quelques livres de riz ou de grain, mais lorsque la disette cessa, Saïd Ali devint avide et vendit nombre d’esclaves que nous avions rassemblés pour nous-mêmes. Il en écoula certains des miens que je gardais dans une maison à Itsandraya, et alors je me disputai avec lui. Je n’étais plus en bons termes avec lui depuis qu’il avait ordonné la mort de Msafumu.</p>



<p>Presque toutes les troupes wanyamwezi envoyées par Saïd Barghash pour aider Msafumu furent capturées et vendues aux Français pour 40 dollars par tête. Dix d’entre eux furent toutefois autorisés à entrer au service de Saïd Ali. Il y avait parmi eux plusieurs esclaves affranchis des Anglais, élevés dans la mission de Zanzibar. Ceux-ci écrivirent au consul, mais Saïd Ali découvrit leurs lettres et les déchira. Les Français connaissaient toute l’affaire de Msafumu, mais disaient que cela ne les concernait pas, puisqu’ils ne venaient que pour acheter des esclaves. Après ma querelle avec Saïd Ali, je saisis la première occasion de quitter Mroni, que j’ai abandonné il y a vingt jours à bord du boutre de Rashid<sup data-fn="2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22" class="fn"><a id="2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22-link" href="#2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22">11</a></sup>.</p>



<p>Lorsque je partis, la famine était complètement terminée, mais les principautés d’Ikoni<sup data-fn="80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0" class="fn"><a id="80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0-link" href="#80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0">12</a></sup> et d’Itsandraya étaient presque dépeuplés. Je ne pense pas qu’il restât une seule personne vivante dans le premier ; environ 1 200 y moururent. Dans les grandes villes d’Itsandraya, seuls les plus pauvres moururent effectivement de faim, bien que des centaines succombassent à la « fièvre de famine » qui se répandit dans l’île.</p>



<p>Cependant, en chassant les esclaves pour notre propre compte dans les villages de montagne, nous n’y trouvâmes pour la plupart que des squelettes, gisant sur les sentiers où ils s’étaient traînés à la recherche de racines. Il est impossible d’évaluer la mortalité dans ce vaste pays, mais elle ne fut pas inférieure à 3 000 ou 4 000 personnes. Nous ne pûmes pénétrer sur la côte orientale de l’île<sup data-fn="3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697" class="fn"><a id="3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697-link" href="#3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697">13</a></sup>, mais, d’après ce que j’entendis, la détresse y fut relativement légère. Ces principautés ne participèrent pas activement à la guerre, et je ne pense pas que Saïd Ali y étendra ses raids, car en ce cas ils deviendraient probablement hostiles et se rallieraient en bloc au frère<sup data-fn="884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945" class="fn"><a id="884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945-link" href="#884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945">14</a></sup> de Msafumu, à Hamahame.</p>



<p>Saïd Ali espérait vivement — ou feignait d’espérer — obtenir la protection française. Si on lui permettait d’arborer le pavillon français, nul ne saurait dire jusqu’où il irait<sup data-fn="cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1" class="fn"><a id="cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1-link" href="#cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1">15</a></sup>. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1883-84, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90"><em>Le 13 octobre 1882, deux traités visant à abolir l’esclavage furent signés entre, d’une part, Msafumu wa Fefumu (Itsandraya) et Abdallah bin Saïd Hamza (Ɓamɓao), et d’autre part, le consul britannique Frederic Holmwood.</em> <a href="#e589e537-5ece-4a7c-90f7-ed7f5e332f90-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6"><em>Consul britannique à Zanzibar.</em> <a href="#2bb4f7c5-cdd4-43f4-90b1-063370e48ff6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0"><em>Barghash bin Saïd, sultan de Zanzibar et allié de Msafumu.</em> <a href="#86559807-fcaa-4654-af37-8caeabd698e0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e"><em>Abdallah bin Hamza, ancien sultan du Ɓamɓao renversé par son cousin Saïd Ali, est le beau-frère et l’allié de Msafumu.</em> <a href="#2b1b04a1-58d3-465e-92f5-d580a0c6212e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957"><em>Dans la maison de Mze Suluhu, à Ɓaiɗi.</em> <a href="#2dd12157-819b-465d-8afa-5b40c166a957-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c"><em>Selon <a href="https://beshelea.com/mbafumu-wa-madjuani-1883/">Mɓafumu wa Madjuani</a>, il s’agissait d’une somme destinée à couvrir les frais d’un projet de pèlerinage de Msafumu.</em> <a href="#f8300d77-2c07-49f5-b357-e7cea9b7f13c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21"><em>Le terme <em>Twaâ</em> désigne l’obéissance et la bonne éducation.</em> <a href="#3e2cbe8e-386e-48ef-a931-31e1afafeb21-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8"><em>Sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#09b50e72-e277-4429-bd7b-2558299fa6f8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae"><em>Il convient de préciser que Djana Nema, mère de Msafumu, n’est pas décédée durant la semaine de captivité de son fils, puisqu’il est établi qu’elle assista aux funérailles de ce dernier. Il semble plutôt s’agir d’une tournure d’expression comorienne destinée à signifier que Djana Nema et sa fille Mmadjamu étaient « <em>wafu ha hamu na djuɗi / waoneswa haya</em> » (mortes de chagrin et de tristesse / accablées de honte), en raison de l’humiliation publique qu’elles subirent. Il ne s’agit donc en aucun cas d’une mort réelle, au sens strict du terme.</em> <a href="#64a147f7-084e-4c2b-b8e1-fb9eba6067ae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91"><em>Saïd Ali, soutenu militairement et logistiquement par le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani, dut honorer une lourde dette « nau » de guerre envers ce dernier.</em> <a href="#459fa05b-f8ac-45f3-b26e-bd7178804a91-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22"><em>Rashid bin Saïd al Suri, témoin envoyé à Ngazidja par Saïd Barghash. Sujet zanzibarite, son boutre, le « Sahala », navigue sous pavillon de Zanzibar.</em> <a href="#2d753c2e-8ea0-42c7-854d-e6c53457eb22-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0"><em>Comprendre le Ɓamɓao, dont Ikoni fut longtemps le chef-lieu.</em> <a href="#80c88535-375f-4cf1-bf38-b051255e4ad0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697"><em>Dans le Hamahame, le Washili et le Ɗimani, principautés Inya Fwamɓaya.</em> <a href="#3b6729aa-3a4f-425f-9d6d-d3de3c94c697-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945"><em>Mɓafumu wa Ɓwana Hadji, un oncle maternel Msafumu wa Fefumu</em>. <a href="#884a2175-6e53-43f9-996d-631002a8a945-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1"><em>L&rsquo;histoire donnera raison à cette analyse de Mshangama bin Mwalimu.</em> <a href="#cd3381fd-d02c-45db-be16-7bdfa2bb72b1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-mshangama-mwalimu/">Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Mshangama bin Mwalimu</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 11:04:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Personnalité historique]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Hamaɗi Waɗi s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao est un ancien esclave nyamwezi, affranchi par une cour du consulat britannique de Zanzibar. En février 1882, il comptait parmi les soldats envoyés par le sultan Barghash bin Saïd pour prêter main-forte au sultan <em>Ntiɓe</em> Msafumu. Un an plus tard, en 1883, il livra au consul britannique Frederic Holmwood le récit de son aventure à Ngazidja : les raisons, selon lui, de leur échec, la capture de Msafumu, ainsi que les scènes de chaos et de famine qui ravagèrent l’île.</em></p>



<p>« J’ai été capturé il y a trois ans, sur un boutre venant de Kilwa<sup data-fn="04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4" class="fn"><a id="04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4-link" href="#04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4">1</a></sup>, et libéré par le consul anglais<sup data-fn="83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63" class="fn"><a id="83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63-link" href="#83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63">2</a></sup>. L’an dernier, n’ayant à ce moment aucun travail convenable, je me suis enrôlé dans la troupe de Kara Hadji<sup data-fn="dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835" class="fn"><a id="dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835-link" href="#dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835">3</a></sup> et suis allé à la Ngazidja. Nous étions pour la plupart des Nyamwezi<sup data-fn="8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b" class="fn"><a id="8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b-link" href="#8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b">4</a></sup>, mais certains de mes amis, qui avaient également été libérés par les Anglais, ainsi que Konop, qui avait été instituteur dans la mission anglaise, et quelques-uns de ses compagnons, nous rejoignirent. Nous disposions de carabines Enfield<sup data-fn="53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021" class="fn"><a id="53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021-link" href="#53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021">5</a></sup> et de nombreuses cartouches, et si nous avions eu un chef véritable, nous aurions pu refouler sans délai Saïd Ali dans la mer<sup data-fn="30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f" class="fn"><a id="30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f-link" href="#30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f">6</a></sup>. Mais des divisions surgirent entre nous dès le début, et nous découvrîmes ensuite que Mohammed bin Hasan [al-Beisa], qui nous avait été envoyé comme agent confidentiel de Saïd Barghash<sup data-fn="0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969" class="fn"><a id="0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969-link" href="#0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969">7</a></sup>, était depuis toujours en correspondance avec Saïd Ali.</p>



<p>Après votre départ d’Itsandraya, nous eûmes vite consommé le riz que vous nous aviez laissé, et, lorsque la cargaison de grain arriva enfin de Zanzibar, une terrible famine faisait déjà rage. Msafumu, voyant ses gens mourir par centaines chaque jour, proposa la paix à Saïd Ali, qui feignit de vouloir la conclure, à condition qu’on le laissât en possession tranquille de Mroni<sup data-fn="00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900" class="fn"><a id="00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900-link" href="#00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900">8</a></sup>. L’arrangement fut conduit par Mohammed bin Hasan, qui se rendit librement à Mroni pour négocier avec Saïd Ali. Il déclara avoir obtenu des conditions très favorables et annonça que le Jamadar<sup data-fn="e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5" class="fn"><a id="e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5-link" href="#e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5">9</a></sup> viendrait chercher la ratification de Msafumu. Sans doute fûmes-nous bien imprudents de laisser sans garde les portes qui s’étaient révélées imprenables, mais nous croyions tous al-Beisa quand il affirmait que la guerre était finie. Il plaça quelques gardes de son entourage aux postes de garde, et ceux-ci laissèrent entrer les soldats anjouanais avec leurs officiers. Msafumu et tous ceux qui ne purent s’échapper furent saisis.</p>



<p>Je parvins à m’enfuir à Shinɗini<sup data-fn="2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace" class="fn"><a id="2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace-link" href="#2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace">10</a></sup>, avec le sultan Abdallah bin Hamza et l’ancien vizir. Hashimu, le chef, nous cacha et fit conduire le sultan Abdallah jusqu’à la côte. Comme j’étais peu connu des hommes de Saïd Ali, je partis à pied vers Ikoni, où je savais l’existence d’un bois contenant des fruits sauvages auxquels nous avions eu recours lorsque nous assiégions Mroni. Toute la route vers cet endroit était jonchée de cadavres, et l’on y voyait encore quelques survivants, principalement des enfants, qui s’étaient maintenus en se nourrissant d’herbes. Personne n’avait encore découvert les fruits, mais la plupart avaient pourri.</p>



<p>J’entrai dans la ville que je connaissais bien depuis le siège de Mroni. Toute âme y avait péri. Les morts gisaient sans sépulture, pourrissant en tas ou isolés. Presque chaque maison contenait des cadavres, manifestement morts de faim. Devant la maison de l’ancien chef, je tombai sur lui (Muhammad Mshangama), étendu mort, réduit à l’état de squelette, bien qu’il fût évident qu’il n’était décédé que depuis quelques heures. Je ne rencontrai pas un seul être vivant de toute la journée et gagnai Selea<sup data-fn="73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd" class="fn"><a id="73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd-link" href="#73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd">11</a></sup>, où j’obtins un peu de nourriture ; mais je fus arrêté par les soldats de Saïd Ali et vendu, contre un sac de grain, à Buku Hamaɗi<sup data-fn="91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42" class="fn"><a id="91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42-link" href="#91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42">12</a></sup>, à Mroni. N’ayant pas été reconnu comme l’un des soldats de Msafumu, je fus ensuite vendu à un Arabe Suri<sup data-fn="2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40" class="fn"><a id="2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40-link" href="#2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40">13</a></sup>, nommé Hamaɗi, contre du riz. Il m’embarqua sur son boutre, mais il m’arrivait souvent de descendre à terre pour des affaires du nahuza<sup data-fn="65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c" class="fn"><a id="65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c-link" href="#65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c">14</a></sup> Ɓwana Husein.</p>



<p>Je connus la grand-mère<sup data-fn="1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0" class="fn"><a id="1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0-link" href="#1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0">15</a></sup> de Msafumu. Elle demeura dans sa vieille maison de Mroni. On ne l’inquiéta pas. Le jeune fils<sup data-fn="9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271" class="fn"><a id="9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271-link" href="#9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271">16</a></sup> de Msafumu fut amené, avec sa nourrice que vous aviez libérée, dans sa maison. Je l’y vis, en bonne santé, avant mon départ. Mes compagnons furent tous vendus aux Français, qui les embarquèrent pour Maore. Quelques-uns toutefois rallièrent Saïd Ali, mais ils furent envoyés en service à Mitsamihuli. Je vis la hutte où Msafumu était enfermé<sup data-fn="03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99" class="fn"><a id="03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99-link" href="#03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99">17</a></sup>. Saïd Ali tenta de l’empoisonner. Une petite esclave lui apportait de la nourriture de chez sa grand-mère, et les soldats reçurent l’ordre de l’arrêter et d’empoisonner la nourriture. Saïd Ali leur donna une poudre blanche à y mêler. Soit que l’esclave en avertît Msafumu, soit que le poison n’eût pas d’effet, il était encore vivant le lendemain. Quelques soldats, qui montèrent à bord ce soir-là, en parlèrent à leur maître. Ils croyaient cependant qu’il serait certainement éliminé.</p>



<p>Nous partîmes pour Mangao, où le Nahuza refusa de me laisser débarquer ; mais, de nuit, je me jetai à la mer et gagnai la côte à la nage, puis je poursuivis ma route à pied jusqu’à Kilwa. Là, je rencontrai un ancien compagnon d’esclavage, et je travaillai avec lui dans une mangrove à couper des perches, pour quoi je reçus un passage gratuit vers Zanzibar à bord du <em>« Mtepe »</em>, appartenant à un Banian. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1883-84, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4"><em>Ancienne cité prospère de la côte swahilie, aujourd’hui intégrée à la Tanzanie.</em> <a href="#04fe4519-470c-48ad-be8c-9670135bdfd4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63"><em>Il est fait référence à John Kirk.</em> <a href="#83434f96-25e8-4c19-a8e3-2da40aab8a63-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police de Saïd Barghash.</em> <a href="#dd121640-52db-495d-b1c2-667880ff8835-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b"><em>Une ethnie de la côte est-africaine.</em> <a href="#8959949a-05be-413d-b411-ba9ce23b691b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021"><em>Le fusil Lee-Enfield, fusil militaire à répétition et à verrou, accompagna les troupes britanniques dès la fin du XIXe siècle.</em> <a href="#53166bc7-c694-4ec6-b24b-a09c27a5a021-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f"><em>La troupe de Kara Hadji arriva le 27 février 1882 à Itsandraya Mdjini. À ce moment-là, le sultan Saïd Ali fut aussitôt assiégé à Mroni par le sultan Ntiɓe Msafumu.</em> <a href="#30117eec-2b0b-449c-a720-2a59ee9fbe3f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969"><em>Sultan de Zanzibar et allié de Msafumu.</em> <a href="#0aae5006-77cf-4e0d-9bca-d499df1ec969-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900"><em>Selon Hamaɗi Waɗi, Saïd Ali, dans sa ruse, aurait consenti à mettre fin à la guerre à condition de demeurer sultan du Ɓamɓao.</em> <a href="#00df3872-a521-4985-aaa4-bfc870c77900-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5"><em>Mohamed Alawi, commandant des soldats anjouanais envoyés par le sultan Abdallah bin Salim en soutien à Saïd Ali.</em> <a href="#e69f51b6-4b77-4839-96e0-88c3c976f3d5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace"><em>Dans le Mbadjini, fief de Hashim wa Mwinyi Mkuu, oncle et allié de Saïd Ali durant la guerre.</em> <a href="#2c14a623-9bba-445f-9e59-6ea73a224ace-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd"><em>Un village du Ɓamɓao, situé à quelques kilomètres au sud de Mroni.</em> <a href="#73141926-01ee-4786-ae16-4a1e6b3dd1cd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42"><em>Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi, un Moronien très impliqué dans le trafic d’esclaves, notamment avec son boutre Awathi.</em> <a href="#91d8a225-962e-421e-b481-d0f84481ed42-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40"><em>Du mot « Surriyya ». Dans la zone swahilie, un Arabe dit « Suri » désignait une personne dont le père était arabe et dont la mère était une concubine non arabe, souvent d’origine servile.</em> <a href="#2e1e2a78-1a3e-47f7-8485-4a8ddd44ac40-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c"><em>Capitaine en shikomori</em>. <a href="#65bfd3cf-51e7-4c0f-876b-7ca53f982e1c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0"><em>S’agit-il de Singa, mère de Djana Nema — laquelle donna naissance à Msafumu wa Fefumu — et épouse de Djumbe Fumu, ancien sultan du Ɓamɓao ? Ou bien s’agit-il de Mwana Wetru, mère d’Anziza et belle-mère de Msafumu ?</em> <a href="#1bb96521-80b4-4b32-8b26-135401979ee0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271"><em>Il s’agirait de Rashid [Shanfi ?] wa Msafumu, selon une note de Holmwood fondée sur les témoignages de Mze Salim Djumbamba et Rashid bin Saïd al Suri, qui organisèrent son exfiltration, avec quelques membres de sa famille, de Ngazidja vers Zanzibar.</em> <a href="#9d0d6c3d-3b64-4175-88c8-205f7b417271-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99"><em>La maison de Mze Suluhu, à Ɓaiɗi.</em> <a href="#03c0d8af-2c98-41ec-a26e-ce1778b4aa99-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-hamadi-wadi/">Capture de Ntiɓe Msafumu : le récit de Hamaɗi Waɗi Ɓingoti Myao</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Lettre de Mɓafumu wa Madjuani à Frederic Holmwood (1883)</title>
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					<comments>https://beshelea.com/mbafumu-wa-madjuani-1883/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 10:44:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Mɓafumu wa Madjuani]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte. Dans sa lettre adressée au consul britannique Frederic Holmwood1, Mɓafumu wa Madjuani met en lumière un autre aspect apparu au cours de la seconde nkoɗo nkuu, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar. Il rappelle la question des traités d’abolition de l’esclavage à Ngazidja, signés le 13 octobre [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte.</strong> Dans sa lettre adressée au consul britannique Frederic Holmwood</em><sup data-fn="c2e16191-69be-4187-a057-4b5b8ab59e81" class="fn"><a id="c2e16191-69be-4187-a057-4b5b8ab59e81-link" href="#c2e16191-69be-4187-a057-4b5b8ab59e81">1</a></sup><em>, Mɓafumu wa Madjuani met en lumière un autre aspect apparu au cours de la seconde nkoɗo nkuu, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar. Il rappelle la question des traités d’abolition de l’esclavage à Ngazidja, signés le 13 octobre 1882 par Msafumu et Abdallah Saïd Hamza avec les Britanniques. Dans sa missive, il dénonce l’inaction anglaise face à l’assassinat de Msafumu et leur lenteur à réagir à la reprise massive du trafic d’êtres humains.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Itsandraya, 1883</em><sup data-fn="0fe148e9-5c95-4ef3-9206-12069919a25e" class="fn"><a id="0fe148e9-5c95-4ef3-9206-12069919a25e-link" href="#0fe148e9-5c95-4ef3-9206-12069919a25e">2</a></sup></p>



<p><em>[Après compliments.]</em></p>



<p>« J’écris pour vous informer que les gens de Ndzuani<sup data-fn="6f590882-928c-4af5-879a-48ba23053137" class="fn"><a id="6f590882-928c-4af5-879a-48ba23053137-link" href="#6f590882-928c-4af5-879a-48ba23053137">3</a></sup> sont revenus ici, et qu’eux, avec Saïd Ali, ont trompé votre ami (Msafumu) en feignant une paix mensongère<sup data-fn="bbce7aa5-a35d-4d21-9420-758cd7678f85" class="fn"><a id="bbce7aa5-a35d-4d21-9420-758cd7678f85-link" href="#bbce7aa5-a35d-4d21-9420-758cd7678f85">4</a></sup> avec lui. Ils l’ont emmené à Mroni, où ils l’ont retenu pendant huit jours<sup data-fn="a199cc00-85d8-40fa-897d-a61b911cf2c7" class="fn"><a id="a199cc00-85d8-40fa-897d-a61b911cf2c7-link" href="#a199cc00-85d8-40fa-897d-a61b911cf2c7">5</a></sup>, puis, à huit heures du soir, ils l’ont tué.</p>



<p>Telle est la nouvelle, et la raison pour laquelle cela est arrivé, c’est qu’il avait accepté les termes de votre lettre concernant l’affranchissement des esclaves.</p>



<p>Le sultan Abdallah de Ndzuani envoya une lettre à Saïd Ali pour convenir de le tuer. Puis arriva de Ndzuani une autre nouvelle à propos de l’Anglais venu avec ledit Traité : qu’il avait été enchaîné et envoyé en Angleterre, parce qu’il n’avait pas autorité pour le conclure, et que cela était arrivé à la suite d’une lettre de plainte envoyée par le sultan Abdallah à son Gouvernement.</p>



<p>Nous avons donc subi de nouvelles punitions de la part de Saïd Ali, et les deux Traités<sup data-fn="5ed2d68a-78d6-4442-b3b1-6c7402991418" class="fn"><a id="5ed2d68a-78d6-4442-b3b1-6c7402991418-link" href="#5ed2d68a-78d6-4442-b3b1-6c7402991418">6</a></sup> que nous avions conclus furent confisqués par Abdallah Alawi (le Jemadar de Ndzuani), et Saïd Ali les déchira.</p>



<p>Il expédia ensuite à Ndzuani environ 200 des esclaves qui avaient été affranchis en vertu du Traité, et d’autres furent envoyés à Maore par l’intermédiaire de Saleh Madi, le commis des Français. Saleh lui-même arriva sur le navire d’Awathi<sup data-fn="44864010-622a-4541-bb18-9dccc54b1cb9" class="fn"><a id="44864010-622a-4541-bb18-9dccc54b1cb9-link" href="#44864010-622a-4541-bb18-9dccc54b1cb9">7</a></sup>.</p>



<p>Et maintenant, il ne nous reste plus rien, car les gens de Ndzuani ont tout pris de chez nous, nous disant : « Où sont donc vos Chrétiens<sup data-fn="877b720c-5f7e-4504-b333-533c5c850a05" class="fn"><a id="877b720c-5f7e-4504-b333-533c5c850a05-link" href="#877b720c-5f7e-4504-b333-533c5c850a05">8</a></sup> et votre Saïd Barghash<sup data-fn="753fb30e-8cfa-490a-98c0-f7a1e0014032" class="fn"><a id="753fb30e-8cfa-490a-98c0-f7a1e0014032-link" href="#753fb30e-8cfa-490a-98c0-f7a1e0014032">9</a></sup> à présent ? » Et dans la maison de Msafumu, ils ont pris les 3 000 dollars (noirs) qu’il gardait pour les frais du pèlerinage<sup data-fn="df82bd74-b819-48e2-b3b7-1065108e1191" class="fn"><a id="df82bd74-b819-48e2-b3b7-1065108e1191-link" href="#df82bd74-b819-48e2-b3b7-1065108e1191">10</a></sup>.</p>



<p>S’il est vrai que lesdits esclaves ont été garantis libres par vous, vous devez venir rapidement, car on les embarque chaque jour, et nous n’avons aucune force pour les en empêcher ; nous montrons le Traité qui avait été conclu par feu notre frère, Msafumu, mais les gens de Ndzuani n’en tiennent aucun compte. Ils disent : « Vous qui avez conclu le Traité, vous devez maintenant consentir à ce que les esclaves affranchis par cet accord soient repris et vendus. »</p>



<p>Souvenez-vous, vous avez conclu ce Traité avec un Sultan, fût-il petit, et de plus, il se confiait à votre protection. Maintenant, il a été emmené et tué, et pourtant aucune question n’a été soulevée en sa faveur, contrairement à ce que nous pensions devoir être ; et cependant tous disent qu’il n’est point de nation véritable comme les Anglais, qui respectent leurs engagements. Mais nous voyons maintenant le contraire, ou bien est-ce parce que vous n’êtes pas informés de ce qui s’est passé ?</p>



<p>De plus, vous avez écrit des papiers de liberté pour les esclaves d’Abdallah Falahi<sup data-fn="f3f9af1f-3172-4154-8017-ed4234cff556" class="fn"><a id="f3f9af1f-3172-4154-8017-ed4234cff556-link" href="#f3f9af1f-3172-4154-8017-ed4234cff556">11</a></sup>, l’Indien, et ceux-ci ont été réduits de nouveau en esclavage, et il les vend, ainsi que d’autres encore.</p>



<p>Veuillez venir rapidement à nous, sinon les gens de Ndzuani nous détruiront à cause de vous.</p>



<p>Salam<sup data-fn="467f417f-7ba2-4e2b-ad56-0f21c6397699" class="fn"><a id="467f417f-7ba2-4e2b-ad56-0f21c6397699-link" href="#467f417f-7ba2-4e2b-ad56-0f21c6397699">12</a></sup>. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>MƁAFUMU WA MADJUANI</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1883-84, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c2e16191-69be-4187-a057-4b5b8ab59e81"><em>Holmwood mentionne dans ses notes qu’une lettre similaire avait été reçue des Anciens et de l’ensemble du peuple d’Itsandraya</em>. <a href="#c2e16191-69be-4187-a057-4b5b8ab59e81-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0fe148e9-5c95-4ef3-9206-12069919a25e"><em>Dans la source que nous avons consultée, aucune date n’est indiquée pour ce document. L’on estime toutefois qu’il fut rédigé entre la mi-février et le mois d’avril 1883.</em> <a href="#0fe148e9-5c95-4ef3-9206-12069919a25e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6f590882-928c-4af5-879a-48ba23053137"><em>Des troupes anjouanaises furent envoyées par le sultan Abdallah bin Salim en appui à Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#6f590882-928c-4af5-879a-48ba23053137-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bbce7aa5-a35d-4d21-9420-758cd7678f85"><em>Assiégé pendant plusieurs mois dans le fort d’Itsandraya Mdjini, le sultan Msafumu wa Fefumu fut finalement capturé à la suite d’un piège ourdi par ses ennemis, avec la complicité de certaines figures influentes de son propre camp.</em> <a href="#bbce7aa5-a35d-4d21-9420-758cd7678f85-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a199cc00-85d8-40fa-897d-a61b911cf2c7"><em>Il fut emprisonné à Ɓaiɗi, dans la demeure de Mze Suluhu.</em> <a href="#a199cc00-85d8-40fa-897d-a61b911cf2c7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5ed2d68a-78d6-4442-b3b1-6c7402991418"><em>Le 13 octobre 1882, deux traités similaires visant à abolir l’esclavage furent signés entre, d’une part, Msafumu wa Fefumu (Itsandraya) et Abdallah bin Saïd Hamza (Ɓamɓao), et d’autre part, le consul britannique Frederic Holmwood.</em> <a href="#5ed2d68a-78d6-4442-b3b1-6c7402991418-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="44864010-622a-4541-bb18-9dccc54b1cb9"><em>Un boutre appartenant à un Moronien, <em>Ɓ</em>uku [<em>Ɓ</em>unu] Hamaɗi, très impliqué dans le trafic d’esclaves</em>. <a href="#44864010-622a-4541-bb18-9dccc54b1cb9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="877b720c-5f7e-4504-b333-533c5c850a05"><em>Comprendre les Anglais.</em> <a href="#877b720c-5f7e-4504-b333-533c5c850a05-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="753fb30e-8cfa-490a-98c0-f7a1e0014032"><em>Le sultan de Zanzibar, allié des Britanniques et de Msafumu</em>. <a href="#753fb30e-8cfa-490a-98c0-f7a1e0014032-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="df82bd74-b819-48e2-b3b7-1065108e1191"><em><em>Le vol de cette somme d’argent est également rapporté par l’un des protagonistes, Mshangama bin Mwalimu, ancien officier des troupes de Msafumu, avant qu’il ne déserte et ne rejoigne le camp de Saïd Ali.</em></em> <a href="#df82bd74-b819-48e2-b3b7-1065108e1191-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f3f9af1f-3172-4154-8017-ed4234cff556"><em>Un commerçant influent, proche de Saïd Ali</em>. <a href="#f3f9af1f-3172-4154-8017-ed4234cff556-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="467f417f-7ba2-4e2b-ad56-0f21c6397699"><em>Il s’agit d’une formule de salutation d’usage en fin de lettre, qui veut dire « que la paix soit avec vous ».</em> <a href="#467f417f-7ba2-4e2b-ad56-0f21c6397699-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</title>
		<link>https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2025 08:27:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
		<category><![CDATA[Abdurahmane bin Saïd Hamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Barghash bin Saïd]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : En mai 1882, la ville de Mroni, où s’est retranché le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar, demeure assiégée par les troupes du sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu. Des correspondances britanniques nous livrent des détails sur les débuts de ce conflit, la seconde nkoɗo nkuu, jusqu’à ce stade des événements. Deux de ces [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> En mai 1882, la ville de Mroni, où s’est retranché le sultan <a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Saïd Ali wa Saïd Omar</a>, demeure assiégée par les troupes du sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu. Des correspondances britanniques nous livrent des détails sur les débuts de ce conflit, la seconde nkoɗo nkuu, jusqu’à ce stade des événements.</em></p>



<p><em>Deux de ces documents sont des lettres de Samuel Barrett Miles adressées à Granville George Leveson, <a href="https://beshelea.com/said-ali-wa-said-omar-octobre-1883/">comte Granville</a> et secrétaire aux Affaires étrangères. L’une évoque le recrutement de soldats à Zanzibar pour soutenir Msafumu, tandis que l’autre est accompagnée d’un mémorandum relatif à une mission effectuée par l’un des agents de Miles en avril 1882 à Ngazidja. Entre ces deux lettres figure également un courrier envoyé par cet agent, Rider Garforth, à Percy Luxmoore, officier supérieur de la Marine et agent politique intérimaire à Zanzibar.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Lieutenant-colonel Miles à Earl Granville (1)</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Zanzibar, 8 mars 1882</em></p>



<p><em>[Extrait]</em></p>



<p>« Entre-temps, je dois signaler que les frères<sup data-fn="d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37" class="fn"><a id="d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37-link" href="#d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37">1</a></sup> de Msafumu, l’un des chefs de Ngazidja déposés par Saïd Ali, ont quitté ce lieu avec une troupe d’environ 200 hommes bien armés<sup data-fn="6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd" class="fn"><a id="6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd-link" href="#6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd">2</a></sup>, afin de rejoindre leur frère, lequel a rassemblé, dans une position forte des montagnes de Ngazidja, un grand nombre de ses partisans, mais mal armés. À moins qu’une aide extérieure ne soit accordée à l’usurpateur<sup data-fn="98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2" class="fn"><a id="98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2-link" href="#98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2">3</a></sup>, les deux forces réunies n’auront guère de difficulté à le chasser du pays.</p>



<p>Son Altesse Saïd Barghash a, je crois, secrètement fourni à cette troupe armes, munitions et fonds, et elle est accompagnée de son agent de confiance<sup data-fn="4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8" class="fn"><a id="4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8-link" href="#4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8">4</a></sup>, qui a organisé clandestinement l’expédition.</p>



<p>Son Altesse n’a d’ailleurs pas caché son opposition à la présence de ces réfugiés, bien que cela suffise à peine à expliquer son attitude actuelle. Il est cependant notoire que l’échec de Saïd Ali à rembourser le roi de Ndzuani des lourdes dépenses qu’il a récemment engagées en sa faveur a provoqué une tension considérable dans leurs relations, et il n’est pas improbable que le roi<sup data-fn="b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5" class="fn"><a id="b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5-link" href="#b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5">5</a></sup> se retourne entièrement contre le chef de Ngazidja<sup data-fn="9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d" class="fn"><a id="9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d-link" href="#9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d">6</a></sup> si cette négligence devait se poursuivre. Cela s’est peut-être déjà produit, et les faits auraient été communiqués à Son Altesse Saïd Barghash.</p>



<p>Le sultan Abdallah<sup data-fn="eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf" class="fn"><a id="eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf-link" href="#eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf">7</a></sup> ne s’est pas joint à ce groupe, mais il est depuis parti pour Ngazidja avec dix-sept partisans, sans doute dans le but d’observer l’évolution des événements.</p>



<p>Le sultan <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Abdurahmane de Mwali</a>, arrivé ici il y a un mois en visite auprès de Son Altesse Saïd Barghash, est reparti par courrier pour le Mozambique, sans doute dans l’espoir d’y obtenir rapidement des nouvelles des Comores. Ce prince n’a reçu aucun encouragement de la part de Son Altesse Saïd Barghash, qui connaît parfaitement son caractère<sup data-fn="eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843" class="fn"><a id="eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843-link" href="#eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843">8</a></sup>. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Capitaine Garforth au Capitaine Luxmoore</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>« Éclipse », en mer, 20 avril 1882</em></p>



<p>« À notre arrivée à Mroni, île de Ngazidja, le 15 avril, je trouvai la ville, ceinte de murailles, occupée par l’actuel prétendu chef de l’île, Saïd Ali, et ses partisans. En même temps, elle était assiégée par l’ancien chef de Ngazidja, Msafumu, dont le quartier général se trouvait au village d’Itsandraya, à environ quatorze milles de là. Celui-ci était assisté d’environ 150 soldats envoyés par le sultan de Zanzibar, il y a de cela deux mois.</p>



<p>Saïd Ali et ses partisans étaient entièrement encerclés et ne pouvaient sortir de la ville. Un boutre était récemment arrivé avec une cargaison de riz, ce qui pourrait lui permettre de tenir un peu plus longtemps. Les embarcations qui débarquaient la cargaison, à une encablure de ce navire, furent prises pour cible par les gens de Msafumu après notre arrivée.</p>



<p>J’eus un entretien à bord de ce navire avec Msafumu et l’officier commandant les soldats du sultan<sup data-fn="f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4" class="fn"><a id="f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4-link" href="#f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4">9</a></sup>. Ils m’assurèrent que, s’ils s’emparaient de la ville de Mroni — ce qui, étant donné l’encerclement, n’était qu’une question de temps — ils respecteraient toute propriété privée et enverraient Saïd Ali à Zanzibar. J’informai le chef qu’il s’agissait là d’une affaire sur laquelle je ne pouvais émettre aucune opinion personnelle, mais qu’au moment de la prise de la ville, toute privation inutile imposée aux habitants ne manquerait pas d’attirer le mécontentement du gouvernement anglais.</p>



<p>Je revisite l’île le 19 du courant et constatai qu’aucun changement n’était intervenu dans la situation. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Lieutenant-colonel Miles à Earl Granville (2)</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Zanzibar, 5 mai 1882</em></p>



<p>« Comme le navire de Sa Majesté <em>« Philomel »</em> avait reçu l’ordre de se rendre aux îles Comores, j’ai profité de l’occasion pour y envoyer un officier afin de suivre les événements. Il quitta Zanzibar le 13 avril et revint le 22 à bord du navire de Sa Majesté <em>« Eclipse »</em>, et j’ai l’honneur de joindre un mémorandum des notes qu’il a prises.<br>J’y joins également copie d’un rapport du capitaine Garforth, commandant le navire de Sa Majesté <em>« Eclipse »</em>, qui m’a été obligeamment communiqué par l’officier supérieur de la marine présent ici, le capitaine Luxmoore, C.B.<br>Le départ de l’expédition organisée et expédiée par Son Altesse Saïd Barghash avec les frères de Msafumu a été signalé dans ma dépêche du 8 mars, et, d’après les informations maintenant reçues, il semble y avoir peu de doute quant à son succès final dans l’expulsion de Saïd Ali de Mroni. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum</h4>



<p>« Il arriva à Ngazidja le 19 avril 1882 et se rendit à Itsandraya, où je trouvai Msafumu<sup data-fn="61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070" class="fn"><a id="61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070-link" href="#61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070">10</a></sup> et Abdallah bin Hamza<sup data-fn="b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a" class="fn"><a id="b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a-link" href="#b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a">11</a></sup>. Msafumu m’informa que Mroni avait autrefois appartenu à Saïd Ahmed<sup data-fn="b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f" class="fn"><a id="b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f-link" href="#b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f">12</a></sup>, qui, à sa mort, l’avait légué à son fils Muhammad. Saïd Muhammad l’avait transmis à Mwinyi Mdji qui, avant de mourir, en donna la préférence à Saïd Abdallah bin Hamza, plus âgé que son demi-frère<sup data-fn="4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9" class="fn"><a id="4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9-link" href="#4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9">13</a></sup> Saïd Ali. Il y a quatre ans<sup data-fn="90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501" class="fn"><a id="90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501-link" href="#90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501">14</a></sup>, Saïd Ali se rendit auprès de Msafumu et lui demanda de lui remettre Mroni. Msafumu répondit qu’Ali était trop jeune, mais que, d’ici deux ou trois ans, il le ferait. Ali se rendit alors à Zanzibar et obtint de Saïd Barghash une lettre en sa faveur adressée à Msafumu. Cependant, lorsque ce dernier la reçut, il répondit la même chose qu’auparavant, à savoir qu’il fallait attendre.</p>



<p>Saïd Ali s’adressa alors à son père à Maore pour obtenir de l’aide, et celui-ci lui donna une lettre de recommandation pour le sultan Abdallah de Ndzuani, dans laquelle il s’engageait à couvrir toutes les dépenses encourues par le sultan pour envoyer des soldats aider son fils à obtenir Mroni. Le sultan Abdallah promit son assistance et dit à Saïd Ali de retourner à Ngazidja et d’attendre à Shinɗini<sup data-fn="122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8" class="fn"><a id="122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8-link" href="#122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8">15</a></sup>. Peu de temps après, il envoya 150 soldats armés sur l’un de ses propres boutres. C’était il y a environ six mois.</p>



<p>Msafumu, percevant les intentions hostiles d’Ali, en informa aussitôt Saïd Barghash, qui envoya son homme Kara Hadji, un natif de Ngazidja. Kara ne fut pas écouté par Saïd Ali, qui le rattrapa sur la route après qu’il eut été congédié, et l’aurait tué si Kara n’avait réussi à s’échapper à bord d’un boutre arabe. Ali attaqua également un certain Muttar bin Abdullah, un autre émissaire envoyé par Saïd Barghash pour affaires, et faillit le tuer. Mais Muttar parvint à s’enfuir.</p>



<p>Said Ali attaqua ensuite la maison de son frère à Mroni, mais Saïd Abdallah et son épouse s’échappèrent à bord d’un boutre arabe. La ville, en revanche, fut prise, et 49 personnes, dont trois femmes, furent tuées dans l’affaire. Après avoir quitté Mroni, Ali se rendit à Itsandraya pour en expulser Msafumu. Celui-ci, n’ayant pas la force de résister, s’enfuit, et Itsandraya fut facilement pris<sup data-fn="e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22" class="fn"><a id="e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22-link" href="#e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22">16</a></sup> et remis à Ntiɓe Mbamba, cousin de Msafumu.</p>



<p>Depuis Itsandraya, Ali écrivit à <a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">Ɓwana Fumu</a><sup data-fn="97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0" class="fn"><a id="97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0-link" href="#97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0">17</a></sup>, le sultan de Mitsamihuli, le menaçant de l’attaquer à moins qu’il ne se soumît. Ɓwana Fumu céda et fut envoyé par Ali demander la soumission de Singa<sup data-fn="7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95" class="fn"><a id="7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95-link" href="#7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95">18</a></sup>, la sultane de Mbuɗe. La reine n’opposant aucune résistance, Ali marcha ensuite sur Ntsudjini, un lieu appartenant à Msafumu et tenu par l’un de ses hommes. Dans cette expédition, il réussit également et chassa l’homme de Msafumu. Il se rendit ensuite à Hamahame et s’en empara aussi<sup data-fn="9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1" class="fn"><a id="9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1-link" href="#9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1">19</a></sup>, saisissant tous les esclaves du sultan Abdallah sur ses deux plantations, nommées Silleit et Ɓiladi. Saïd Ali s’empara de tous les biens de Msafumu à Itsandraya — esclaves, ornements, argent — et fit couper les mains de sa belle-mère.</p>



<p>Pendant ce temps, Msafumu, qui s’était réfugié dans la brousse<sup data-fn="e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45" class="fn"><a id="e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45-link" href="#e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45">20</a></sup>, se rendit à Galiani<sup data-fn="c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905" class="fn"><a id="c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905-link" href="#c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905">21</a></sup>, d’où il recruta 100 hommes pour l’aider contre Ali. Marchant ensuite vers Maweni<sup data-fn="44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af" class="fn"><a id="44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af-link" href="#44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af">22</a></sup>, un lieu proche de Ntsudjini, il écrivit à Ali, alors à Mbuɗe, lui proposant le combat. Ali retourna aussitôt à Ntsudjini et, après avoir observé la position de Msafumu, se mit en marche contre lui. C’était le 17 rabi el-awal<sup data-fn="1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab" class="fn"><a id="1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab-link" href="#1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab">23</a></sup>. Au même moment, Msafumu, laissant la moitié de ses forces à Maweni, prit l’autre moitié avec lui et, faisant un détour, entra à Ntsudjini qu’Ali venait de quitter<sup data-fn="ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533" class="fn"><a id="ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533-link" href="#ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533">24</a></sup>. Ali eut un léger accrochage avec les hommes de Msafumu, au cours duquel trois furent tués, puis, laissant Msafumu maître de Ntsudjini, il retourna à Mroni.</p>



<p>Le 8 du mois suivant (rabi el-akhir<sup data-fn="42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81" class="fn"><a id="42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81-link" href="#42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81">25</a></sup>), le boutre<sup data-fn="887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0" class="fn"><a id="887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0-link" href="#887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0">26</a></sup> transportant les troupes de Saïd Barghash, sous le commandement de Kara Hadji, arriva au large de Itsandraya. À leur vue, l’homme d’Ali, Ntiɓe Mbamba, se replia aussitôt sur Mroni. Kara Hadji débarqua ses troupes et envoya Mohammed Jan chercher Msafumu. À son arrivée, tout le groupe se rendit à Mroni, où Saïd Ali est désormais assiégé. Mroni possède cinq portes, et cinquante hommes sont placés à chacune d’elles pour empêcher les assiégés de sortir.</p>



<p>Le 26 rabi el-akhir<sup data-fn="775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b" class="fn"><a id="775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b-link" href="#775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b">27</a></sup>, Saïd Omar, qui avait rejoint son fils Ali depuis Maore, s’enfuit à Mwali avec Mohammed Othman, l’agent du sultan de Ndzuani. On dit que Saïd Ali a muré les portes de Mroni de l’intérieur. Msafumu a depuis pris les villages suivants, outre de plus petits hameaux : Mvuni, Unkazi, Nyumadzaha, Vuvuni<sup data-fn="af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529" class="fn"><a id="af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529-link" href="#af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529">28</a></sup> et Mɗe. Ikoni, un grand village de l’intérieur, fut pris, pillé et incendié, mais personne n’y fut tué.</p>



<p>Saïd Abdallah bin Hamza arriva à Ngazidja sur un boutre distinct de celui de Kara Hadji et rejoignit son frère Ali, avec qui il demeura trois jours. Ali lui proposa de partager Mroni à condition qu’il ne se joigne pas à Msafumu. Abdallah, toutefois, sous prétexte de se rendre à sa plantation de Mroni, partit pour Itsandraya et rejoignit Msafumu, qui le posta à Mkongoni, à l’extrémité nord du port de Mroni, pour empêcher les boutres d’y mouiller.</p>



<p>Dans les combats qui ont eu lieu à Mroni, Saïd Ali a perdu 21 hommes, dont 15 esclaves Makua. Msafumu a perdu 13 tués et 6 blessés. Des troupes de Saïd Barghash, 2 ont été tués et 3 blessés.</p>



<p>Lorsque Saïd Omar se rendit à Mwali, il demanda de l’aide à Abdurahmane, frère du sultan<sup data-fn="14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f" class="fn"><a id="14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f-link" href="#14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f">29</a></sup>, mais celle-ci fut refusée au motif que quarante soldats avaient déjà été donnés à Saïd Ali lors de sa première expédition, et que le sultan n’avait pas reçu sa part du butin en retour. Saïd Omar se rendit alors à Maore, mais n’y obtint aucun soutien. Il est désormais parti à Marambosi pour solliciter l’aide de Mohammed bin Abdullah Ba Kushweni, ancien gouverneur de Mombasa, et Msafumu a envoyé des espions à sa suite pour observer ses démarches. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1882-83, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (N°1, 1883)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37"><em>Il s’agit du sultan Abdallah bin Hamza de <em>Ɓamɓao</em>, des princes d’Itsandraya Fumu Mhanɗa et Mlanau Hinye, ainsi que d’Ahmed bin Mshangama, ancien vizir d’Itsandraya.</em> <a href="#d84b52d8-a66b-471d-a139-35efdab6bf37-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd"><em>La majorité d’entre eux appartient à l’ethnie nyamwezi.</em> <a href="#6268e2a7-6bf6-492e-bab3-2f8230c379bd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2"><em>Comprendre sultan Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#98bb2eb4-8281-4285-8568-756328f0edb2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police de Saïd Barghash.</em> <a href="#4200f7dc-ef11-484b-b94f-455a390cbdb8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5"><em>Sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b19b817b-3c97-401e-967d-35fa4133f2a5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d"><em>Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#9e98c849-30a3-46e8-8d41-4be363400b0d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf"><em>Abdallah bin Hamza</em>. <a href="#eb947a4e-f436-4dbd-985d-e731b6b01ebf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843"><em>Le jeune sultan Abdurahmane bin Saïd Hamadi jouissait d’une réputation de tyran imprévisible, enclin à l’alcool et aux mauvaises mœurs.</em> <a href="#eecd6ced-094a-42e2-9a95-50d78e981843-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4"><em>Cet officier pourrait être Kara Hadji ou Maɗi wa Hamaɗi.</em> <a href="#f05a5570-5c40-4a26-8e19-aceff5e0f6f4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntibe de Ngazidja.</em> <a href="#61a71e02-e807-4f68-9ecd-85a3503c2070-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a"><em>Sultan du Ɓamɓao, beau-frère et allié de Msafumu.</em> <a href="#b538f5e1-413e-4bc6-b127-136afed1684a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f"><em>Ahmed bin Said Ali bin Swaleh, ancien sultan du Ɓamɓao et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#b743a2b8-bc7e-4c4a-989c-b10f1b032d9f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9"><em>Cette confusion, relevée tout au long du rapport, provient du fait qu’ils étaient cousins.</em> <a href="#4ed902b8-444d-4923-b157-3e181763abe9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501"><em>Cela situe ainsi le retour de Saïd Ali à Ngazidja en 1878.</em> <a href="#90e2f23e-6570-4234-99f9-97a8ea616501-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8"><em>Ville qui abritait le principal port du sud de l’île, au Mbadjini.</em> <a href="#122f1883-2165-46e9-acb0-3b45d070e1c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22"><em>En avril 1880.</em> <a href="#e0ddd527-d438-4e89-86c5-60a05fab8d22-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0"><em>Ɓwana Fumu wa Mɓafumu</em>. <a href="#97933e99-7391-4897-98c9-192ed7e6e8b0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95"><em>La sultane Singa wa Madi Djimba.</em> <a href="#7fde2721-57e5-4e18-bf91-76f7caea5e95-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1"><em>Saïd Ali devient donc pour la première fois Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#9c0e117d-c2eb-4b9a-b9ba-11fcead7c4e1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45"><em>Il s&rsquo;est refugié dans le Mbwankuu.</em> <a href="#e22e2a41-faef-473e-a51a-dd604ce9ee45-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905"><em>On peut se demander s’il ne s’agit pas de Shezani, réfugié dans le Mbwankuu.</em> <a href="#c4512f61-d676-46ef-a7e5-cbe407d3b905-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af"><em>Selon le récit d’Abdallah bin Wazir, il s’agirait plutôt de Dzahadjuu (Dzahani).</em> <a href="#44b3a4b2-5e20-4d34-ad47-bea074da88af-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab"><em>Le 17 rabi el-awal 1298, correspondant au lundi 6 février 1882</em>. <a href="#1895db17-5074-472a-8c58-3f833b503dab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533"><em>Il y ramena ses troupes pour camper dans un lieu appelé Mifumɓuni, non loin de Dzahani.</em> <a href="#ee103bf2-d47c-48a4-b603-3ee8770ee533-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81"><em>Le 8 rabi el-akhir 1298, correspondant au lundi 27 février 1882.</em> <a href="#42a1e8bf-2150-4d97-981c-7b83df4b2d81-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0"><em>Ce boutre aurait appartenu à un certain Saïd wa Suɓeta.</em> <a href="#887b55d4-e437-4043-a4bf-ec1efb3643d0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b"><em>Le 26 rabi el-akhir 1298, correspondant au vendredi 17 mars 1882.</em> <a href="#775574b7-d1e9-421c-a216-a614d577468b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529"><em>Dans la lettre, il est mentionné Mfoongoni. Cette appellation correspond, selon notre analyse, à Vuvuni, tant par la prononciation que par la mention immédiate de la ville voisine de Mɗe. Toutefois, il pourrait également s’agir, dans une autre hypothèse, de Mapvinguni.</em> <a href="#af24abc1-d663-4ecf-aea7-7236a62e8529-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f"><em>Il s’agit d’une erreur : Abdurahmane (bin Saïd Hamaɗi) est en réalité le sultan lui-même.</em> <a href="#14036ad9-e27e-43be-a498-0ae11b2c6c8f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Lettre de Saïd Ali wa Saïd Omar à Earl Granville, octobre 1883</title>
		<link>https://beshelea.com/said-ali-wa-said-omar-octobre-1883/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Aug 2025 13:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Earl Granville]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar adresse une lettre au Britannique Granville George Leveson, comte Granville et secrétaire aux Affaires étrangères, afin de réclamer justice après la destruction, début octobre, de trois boutres dans la baie de Kalaweni, à Mroni. L’opération fut menée par le sous-lieutenant Martin, commandant du navire Undine. Les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar adresse une lettre au Britannique Granville George Leveson, comte Granville et secrétaire aux Affaires étrangères, afin de réclamer justice après la destruction, début octobre, de trois boutres dans la baie de Kalaweni, à Mroni. L’opération fut menée par le sous-lieutenant Martin, commandant du navire Undine. Les trois embarcations étaient soupçonnées de participer au trafic d’esclaves.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Mroni, octobre 1883</em><sup data-fn="2fe1fb38-cf39-435f-8812-624b19963284" class="fn"><a id="2fe1fb38-cf39-435f-8812-624b19963284-link" href="#2fe1fb38-cf39-435f-8812-624b19963284">1</a></sup></p>



<p>« Monseigneur,</p>



<p>Le soussigné, humble pétitionnaire, a l’honneur d’informer Votre Seigneurie que le commandant du navire de Sa Majesté <em>Undine</em> a brûlé trois boutres<sup data-fn="d136b997-756d-4155-8db6-aea85919a1c0" class="fn"><a href="#d136b997-756d-4155-8db6-aea85919a1c0" id="d136b997-756d-4155-8db6-aea85919a1c0-link">2</a></sup> sur le rivage de ma ville de Mroni, sans aucun motif ; l’un d’eux m’appartenait, construit à Maore il y a près de trois ans, et n’avait jamais effectué d’autre traversée qu’entre les îles Comores ; les deux autres appartenaient à des citoyens de Ngazidja.</p>



<p>Le premier demeurait sur la plage de Mroni pour réparations depuis trois ans, et venait d’être remis en état de naviguer.</p>



<p>Le troisième avait transporté quelques hommes de Ngazidja, engagés par des propriétaires de plantations de canne à sucre de Maore<sup data-fn="9816fe7b-e46e-449b-ad7f-0a51f953bd33" class="fn"><a id="9816fe7b-e46e-449b-ad7f-0a51f953bd33-link" href="#9816fe7b-e46e-449b-ad7f-0a51f953bd33">3</a></sup>, en présence d’un officier français et d’un interprète de Maore. C’est pourtant ce bâtiment que le sultan Abdallah bin Saïd Hamza<sup data-fn="b34032ce-a8fa-4c81-b0e7-e7bb5ad19aeb" class="fn"><a id="b34032ce-a8fa-4c81-b0e7-e7bb5ad19aeb-link" href="#b34032ce-a8fa-4c81-b0e7-e7bb5ad19aeb">4</a></sup> a dénoncé au commandant de l’<em>Undine</em>, en l’accusant d’avoir servi à convoyer des esclaves vers ladite île.</p>



<p>Or, ces hommes avaient quitté Ngazidja sur ledit navire à l’époque même où le sultan Abdallah<sup data-fn="378b3d0e-e2b5-4ab5-9cee-fd5368107bb3" class="fn"><a id="378b3d0e-e2b5-4ab5-9cee-fd5368107bb3-link" href="#378b3d0e-e2b5-4ab5-9cee-fd5368107bb3">5</a></sup> régnait en personne sur ce territoire.</p>



<p>Dans l’espoir que Votre Seigneurie rétablira la justice en ce qui concerne nos droits. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>SAID ALI WA SAID OMAR</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1883-84, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="2fe1fb38-cf39-435f-8812-624b19963284"><em>La date exacte de la lettre n’est pas indiquée : seuls le mois et l’année sont connus. L’on sait toutefois avec certitude qu’elle fut rédigée dans la seconde moitié d’octobre.</em> <a href="#2fe1fb38-cf39-435f-8812-624b19963284-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d136b997-756d-4155-8db6-aea85919a1c0"><em>Il est question des boutres « <em>Mashasay »</em>, « <em>Malavia »</em> et d’un troisième dont le nom n’a pas été mentionné. Ces navires furent saisis le 12 octobre 1883 à Mroni par l’écuyer-commandant W. P. Ponsford, avant d’être détruits, sur ordre du sous-lieutenant Martin, alors commandant de l’<em>Undine</em>.</em> <a href="#d136b997-756d-4155-8db6-aea85919a1c0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9816fe7b-e46e-449b-ad7f-0a51f953bd33"><em>Il reconnaît néanmoins que son boutre participait au trafic de « travailleurs engagés ».</em> <a href="#9816fe7b-e46e-449b-ad7f-0a51f953bd33-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b34032ce-a8fa-4c81-b0e7-e7bb5ad19aeb"><em>Une erreur s’est glissée dans la retranscription anglaise, où l’on a mentionné « Abdallah bin Saïd Omar » au lieu du nom exact.</em> <a href="#b34032ce-a8fa-4c81-b0e7-e7bb5ad19aeb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="378b3d0e-e2b5-4ab5-9cee-fd5368107bb3">Abdallah bin Saïd Hamza fut sultan du Ɓamɓao avant d’être renversé par son cousin, Saïd Ali wa Saïd Omar. <a href="#378b3d0e-e2b5-4ab5-9cee-fd5368107bb3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lettre de Ɓwana Fumu wa Mɓafumu à Barghash bin Saïd (1883)</title>
		<link>https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Aug 2025 20:11:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Barghash bin Saïd]]></category>
		<category><![CDATA[Ɓwana Fumu wa Mɓafumu]]></category>
		<category><![CDATA[Mitsamihuli]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : L’assassinat du sultan Ntiɓe1 Msafumu wa Fe Fumu dans sa cellule a suscité l’indignation générale, y compris au sein du camp des alliés du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar. Cet acte, unanimement perçu comme contraire aux valeurs et aux traditions comoriennes, a profondément choqué. C’est dans ce climat que Ɓwana Fumu wa [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> L’assassinat du sultan Ntiɓe</em><sup data-fn="03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc" class="fn"><a id="03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc-link" href="#03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc">1</a></sup><em> Msafumu wa Fe Fumu dans sa cellule a suscité l’indignation générale, y compris au sein du camp des alliés du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar. Cet acte, unanimement perçu comme contraire aux valeurs et aux traditions comoriennes, a profondément choqué. C’est dans ce climat que Ɓwana Fumu wa Mɓafumu, sultan de Mitsamihuli</em><sup data-fn="2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867" class="fn"><a id="2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867-link" href="#2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867">2</a></sup><em>, adresse une lettre à Barghash bin Saïd, sultan de Zanzibar et ancien allié du souverain déchu, afin de se dédouaner de toute responsabilité.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Mitsamihuli, 27 jamad al-akhir 1300 [5 mai 1883]</em></p>



<p><em>[Après les compliments.]</em></p>



<p>« J’écris ceci depuis le port de Mitsamihuli<sup data-fn="e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6" class="fn"><a id="e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6-link" href="#e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6">3</a></sup>.</p>



<p>Il ne s’est rien passé, sinon ce qui nous est arrivé. Vous savez que vos serviteurs, Msafumu et Ali bin Omar, se combattaient<sup data-fn="a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65" class="fn"><a href="#a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65" id="a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65-link">4</a></sup>. Or, Ali bin Omar a vaincu, il s’est emparé de Msafumu et l’a fait enfermer<sup data-fn="5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36" class="fn"><a href="#5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36" id="5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36-link">5</a></sup>. Nous l’avons vu en prison le septième jour, en bonne santé ; mais le lendemain matin, nous avons appris qu’il était mort<sup data-fn="7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83" class="fn"><a href="#7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83" id="7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83-link">6</a></sup>, mais ce qu’on lui a fait, nous ne saurions le dire<sup data-fn="1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf" class="fn"><a href="#1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf" id="1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf-link">7</a></sup>.</p>



<p>Et puis, ô mon maître, les Chrétiens<sup data-fn="d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079" class="fn"><a id="d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079-link" href="#d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079">8</a></sup> sont venus de Maore pour acheter des esclaves, et Ali bin Omar a pris tous les gens qui étaient avec Msafumu et les a tous vendus aux Chrétiens, sans l’autorisation des chefs de Ngazidja<sup data-fn="5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3" class="fn"><a id="5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3-link" href="#5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3">9</a></sup>. Ils ont pris, de plus, environ soixante personnes, toutes libres, d’Itsandraya, et Saïd Ali les a vendues aux Chrétiens.</p>



<p>Ô mon maître, nous, vos serviteurs, ne nous sommes pas mêlés à cette affaire d’Ali bin Omar. Je suis votre serviteur<sup data-fn="02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553" class="fn"><a id="02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553-link" href="#02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553">10</a></sup>, et j’attends humblement vos ordres. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>ƁWANA FUMU WA MƁAFUMU</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Article et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc"><em>Le roi suprême, ou Ntiɓe de Ngazidja, détient la prérogative essentielle d’introniser tous les sultans de l’île, aussi bien dans les territoires relevant de son propre <em>Inya</em> que dans les autres. Ce titre n’est pas héréditaire. Il s’obtient, selon l’adage, « à l’épée ».</em> <a href="#03aaa039-67ba-4cc4-bc50-a87eb978d7cc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867"><em>La principauté de Mitsamihuli relève par nature de la lignée royale Inya Matswa Pirusa et se trouve, de ce fait, alliée de facto au sultan de Ɓamɓao, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#2e327da9-7c30-44d0-900a-6bfabfee1867-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6"><em>À Dzinɗani, aujourd’hui connu sous le nom de « Trou du Prophète », se trouvait l’ancien port principal de Mitsamihuli, l’un des plus importants de Ngazidja. Particularité rare à l’époque, il se situait paradoxalement hors des remparts de la ville.</em> <a href="#e164d49f-e00d-4fd6-b97e-321425cacbf6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65"><em>La seconde Nkoɗo nkuu (grande guerre) qui ravagea Ngazidja au début des années 1880.</em> <a href="#a1f6978d-4c6b-480d-bf89-96bddf886f65-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36"><em>Msafumu est emprisonné à Ɓaiɗi, quartier de Mroni.</em> <a href="#5ac61064-af0e-47e3-8c11-0d8d0fbe6c36-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83"><em>Msafumu fut assassiné dans sa cellule, étranglé, le 7 février 1883.</em> <a href="#7dc601c4-bde0-4067-9411-9dd411834e83-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf"><em>Par l’expression « nous ne saurions le dire », Ɓwana Fumu fait référence à une tournure comorienne qui, pour éviter d’évoquer les horreurs d’un fait, recourt à la formule : <em>Mwendza haya kayamɓa</em> (« un homme digne n’en parle pas »).</em> <a href="#1a43c63b-be5c-4b40-97ae-505d83347adf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079"><em>Par « Chrétiens », il désigne les Français, qui occupent l’île de Maore depuis 1841.</em> <a href="#d7835abe-fd51-4a6e-9e07-24ffbc08c079-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3"><em>Sans l’aval des kori [sultans] des sultanats particuliers d’où étaient prélevées ces personnes.</em> <a href="#5b84e36b-60e5-4ce7-8bbd-f02bcd2305d3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553"><em>Traditionnellement, les sultans de l’archipel reconnaissaient au sultan de Zanzibar un rôle de supérieur et de protecteur, selon une formule relevant davantage de la politesse diplomatique que d’une réelle sujétion.</em> <a href="#02f95258-aed6-4c05-af20-097afd624553-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">Lettre de Ɓwana Fumu wa Mɓafumu à Barghash bin Saïd (1883)</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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