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	<title>Ngazidja Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<title>Ngazidja Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<item>
		<title>Quelques éléments du âɗa de Mroni au début du 20e siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jan 2026 19:06:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mila]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Wazir]]></category>
		<category><![CDATA[Mroni]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série consacrée à d’anciens témoignages comoriens portant sur les notions de nɗola / harusi et de âɗa na mila à Ngazidja.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En matière d’âɗa na mila, chaque génération, au fil du temps, porte ses propres spécificités. Et même au sein d’une même génération, bien qu’il existe un socle commun, les coutumes ne sont pas uniformes à Ngazidja. Selon les localités, certains usages varient, tant dans leur forme que dans leur ampleur. La ville de Mroni n’échappe pas à cette réalité. Nous en avons aujourd’hui une connaissance plus fine grâce au témoignage du Ntsudjinien Abdallah bin Wazir, qui éclaire certaines subtilités du <a href="https://beshelea.com/mariage-coutumes-19e-ngazidja/">nɗola ya âɗa</a> dans cette localité du Ɓamɓao à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle. Son récit a été recueilli à Hambourg en 1913 par le chercheur allemand Martin Heepe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Haɓari za âɗa za Mroni, par Abdallah bin Wazir (19 juillet 1913)</h3>



<p>« Rapports de Ngazidja provenant de la ville de Mroni :</p>



<p>Ainsi en est-il de leur coutume : lorsqu’une personne entre dans un <a href="https://beshelea.com/anciennes-traditions-ndola-ngazidja/">hirimu</a><sup data-fn="40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8" class="fn"><a id="40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8-link" href="#40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8">1</a></sup>, elle a pour habitude d’abattre (et de faire cuire) un <em>mɓuzi ya hirimu</em><sup data-fn="8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63" class="fn"><a id="8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63-link" href="#8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63">2</a></sup>. Ces chèvres des classes d’âge sont, depuis les temps anciens, un usage établi. Chez les gens d’autrefois, les chèvres qu’ils abattaient lors de leurs fêtes de mariage étaient peu nombreuses. L’un abattait une chèvre pour 5 rials<sup data-fn="65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3" class="fn"><a id="65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3-link" href="#65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3">3</a></sup>, un autre une chèvre pour 10 rials. Cela représentait une très grande chèvre pour les gens d’autrefois. En revanche, les chèvres que nous possédons aujourd’hui et que nous abattons maintenant dépassent de loin celles qu’ils avaient jadis lors de leurs festins de noces. La dépense pour les chèvres qu’une personne abat aujourd’hui s’élève déjà à 150 ou 200 rials.</p>



<p>Il en est ainsi des chèvres des classes d’âge [mɓuzi za hirimu] dans la ville de Mroni. Quant aux chèvres lors des mariages, elles sont innombrables. Chacun se marie selon ses moyens. Les gens apportent de nombreuses choses. Un homme a coutume d’apporter 250, ou 300, ou 400, ou 450 rials. Telle est la somme que l’on apporte aujourd’hui.</p>



<p>Et lorsque quelqu’un apporte ces biens, les femmes ont coutume de s’y rendre, de s’asseoir dans la maison de la femme à laquelle les biens ont été apportés, et de chanter et de danser. Lorsque les hommes arrivent avec les biens et qu’ils apportent environ 200 rials, les gens de la ville en reçoivent 100 rials. C’est le <em>karam</em><sup data-fn="68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607" class="fn"><a id="68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607-link" href="#68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607">4</a></sup> de la ville. Si quelqu’un apporte 300 rials, il organise un karam pour 140 rials ; si quelqu’un apporte 400 rials, il en dépense 160 rials : c’est le karam de la ville, financée à partir des biens qui ont été apportés.</p>



<p>Lorsque quelqu’un a entièrement livré les biens et offert le karam ya mdji, il retourne ensuite abattre de nouveau des <em>mɓe za karam</em><sup data-fn="8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650" class="fn"><a id="8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650-link" href="#8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650">5</a></sup> pour la célébration. Il abat un mfulwa mɓe<sup data-fn="a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3" class="fn"><a id="a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3-link" href="#a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3">6</a></sup>, un mɓe ɗume [taureau] et une mɓe nene [vache grasse]. Tels sont les bovins destinés à la fête. Puis il se repose. Et il met en ordre les biens qu’il enverra lorsque le marié fera son mdjio ɗahoni<sup data-fn="680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541" class="fn"><a id="680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541-link" href="#680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541">7</a></sup>. Telles sont les informations concernant le père de la femme.</p>



<p>De son côté, l’homme, après avoir apporté les biens, donné le karam et fait abattre les bovins pour la célébration [mɓe za karam], a coutume de préparer le « <em>ipamkono</em><sup data-fn="0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9" class="fn"><a id="0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9-link" href="#0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9">8</a></sup> » pour la femme. L’homme prend 10 <em>pauni</em><sup data-fn="4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97" class="fn"><a id="4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97-link" href="#4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97">9</a></sup> et les remet à l’orfèvre, puis il prend 15 pauni, et 12 pauni, et 3 pauni, et 5 pauni, et 2 pauni, et une pauni. Il les donne à l’orfèvre afin que celui-ci lui fabrique les objets destinés au ipamkono pour sa femme. Au moment où l’homme entre dans la maison, il emporte ces objets comme ipamkono et les remet à la femme.</p>



<p>Lorsqu’il est entré, il demeure jusqu’au quatrième jour ; alors il apporte 50 roupies, cinq sacs de riz décortiqué<sup data-fn="893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43" class="fn"><a id="893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43-link" href="#893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43">10</a></sup>, un mfule<sup data-fn="f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385" class="fn"><a id="f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385-link" href="#f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385">11</a></sup>, cinq charges de noix de coco<sup data-fn="2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f" class="fn"><a id="2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f-link" href="#2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f">12</a></sup> et cinq régimes de bananes<sup data-fn="330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167" class="fn"><a id="330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167-link" href="#330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167">13</a></sup>, qu’il fait entrer dans la maison. Le sixième jour, il apporte 60 roupies, deux mfule et six sacs de riz, et les introduit dans la maison. Et le neuvième jour, il apporte le <em>vao</em><sup data-fn="7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320" class="fn"><a id="7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320-link" href="#7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320">14</a></sup>. Ce neuvième jour, l’homme apporte 150 roupies, un très grand bœuf et 130 vêtements : ce sont les habits [vao] qu’il leur remet dans la maison.</p>



<p>Il fait forger : le pectoral (kiɗani<sup data-fn="87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68" class="fn"><a id="87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68-link" href="#87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68">15</a></sup>), le bandeau frontal (mɓo), les bracelets de bras (kekee<sup data-fn="d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4" class="fn"><a id="d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4-link" href="#d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4">16</a></sup>), le triple bracelet (ɓin agiri), les anneaux de cheville (mitale), les boucles d’oreilles (zitali<sup data-fn="05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac" class="fn"><a id="05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac-link" href="#05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac">17</a></sup>), le collier (mkufu<sup data-fn="417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e" class="fn"><a id="417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e-link" href="#417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e">18</a></sup>), l’ornement nasal (ipini<sup data-fn="65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea" class="fn"><a id="65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea-link" href="#65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea">19</a></sup>) et deux bagues (mbere) ; tel est le « Ipamkono » que les gens apportent de nos jours. Le pectoral est en or, le bandeau frontal est en or, les boucles d’oreilles sont en or, les bracelets de bras sont en or, le triple bracelet est en or, l’ornement nasal est en or, les deux bagues sont en or, tandis que les anneaux de cheville sont en argent et le collier en argent. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8"><em>Classe d’âge à laquelle appartient un groupe d’individus.</em> <a href="#40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63"><em>Une chèvre destinée à la classe d’âge</em>. <a href="#8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3"><em>À cette époque, un rial équivaut à deux roupies (riali ndzima = rupia mɓili).</em> <a href="#65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607"><em>Repas de fête, festin. Dans le cas présent, il s’agit du <em>karamu ya mdji</em>, littéralement le festin de la ville.</em> <a href="#68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650"><em>Expression signifiant littéralement « bovins de festin ».</em> <a href="#8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3"><em>Contraction de <em>mfule ya mɓe</em>, qui désigne un bœuf castré.</em> <a href="#a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541"><em>La procession dite de « l’entrée dans la maison », marquant l’arrivée du marié chez la mariée.</em> <a href="#680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9"><em>Ensemble de bijoux en or offerts à la mariée par le mari lors du grand mariage, pour un poids estimé à plus de trois kilos d’or.</em> <a href="#0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97"><em>Pièces de monnaie anglaises en or.</em> <a href="#4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43"><em>Madjunia matsanu ya ntsohole.</em> <a href="#893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385"><em>Bouc castré.</em> <a href="#f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f"><em>Midzo mitsanu ya nazi.</em> <a href="#2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167"><em>Mirengo mitsanu ya ndrovi.</em> <a href="#330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320"><em>Ensemble des habits d’apparat offerts par l’un des époux à l’autre lors des festivités de mariage.</em> <a href="#7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68"><em>Grand collier en or, composé de plusieurs médaillons couvrant la poitrine ; il fait partie des bijoux constituant le <em>ipamkono</em>.</em> <a href="#87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4"><em>Bracelet large et rigide, en argent ou en or, fermé par une clavette. Il fait partie des bijoux offerts à la mariée lors d’un grand mariage.</em> <a href="#d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac"><em>Également appelé <em>zipuli</em>.</em> <a href="#05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e"><em>Chaîne portée par les femmes autour du cou. On distingue deux types de <em>mkufu</em> : le <em>mkufu wa dhahaɓu</em> (chaîne en or) et le <em>mkufu wa sulutri</em> (chaîne en or épinglée dans les cheveux et descendant sur le front depuis les deux oreilles). Le terme <em>mkufu</em> désigne également une tresse de cheveux allant du front à la nuque.</em> <a href="#417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea"><em>Bijou en or ou en argent porté dans un trou percé au nez, assimilable à un piercing.</em> <a href="#65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


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		<title>Anciennes traditions de Nɗola ya Âɗa à Ngazidja</title>
		<link>https://beshelea.com/anciennes-traditions-ndola-ngazidja/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 19:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mila]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Muhamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Wazir]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série consacrée à d’anciens témoignages comoriens portant sur les notions de nɗola / harusi et de âɗa na mila à Ngazidja.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’anthropologue Sultan Chouzour écrit dans son œuvre majeure <em>Le Pouvoir de l’honneur</em><sup data-fn="c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71" class="fn"><a id="c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71-link" href="#c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71">1</a></sup> que : « Aux Comores, où le rôle dominant du groupe est réaffirmé à chaque occasion, la prise en charge de l’enfant afin d’en faire un élément digne de la société constitue une préoccupation majeure. » Il est en effet pertinent de rappeler que, d’un point de vue coutumier, le Comorien — particulièrement à Ngazidja — ne naît pas accompli : il le devient au fil de son existence. De la naissance à la mort, il franchit, au sein de son <em><em><em>ɓ</em></em>ea</em> (classe d’âge), une succession d’étapes au terme desquelles, <em>hirimu</em><sup data-fn="20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d" class="fn"><a id="20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d-link" href="#20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d">2</a></sup> après <em>hirimu</em>, il ou elle se rapproche de la figure idéale et respectable définie par la société coutumière.</p>



<p><a href="https://beshelea.com/mariage-coutumes-19e-ngazidja/">Dans un précédent article</a>, nous avons montré que les festivités de mariage, quels qu’en soient les coûts, répondent avant tout à une nécessité sociologique. Il en va de même des autres jalons de la vie sociale : la naissance d’un enfant, sa circoncision lorsqu’il s’agit d’un garçon, sa mise à l’honneur par un <em>karamu</em><sup data-fn="847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb" class="fn"><a id="847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb-link" href="#847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb">3</a></sup> lorsqu’il s’agit d’une fille, l’apprentissage des règles de bonne conduite en présence et face aux aînés, entre autres. En somme, il s’agit d’un système fondé sur le partage, au sein de la cité, des biens, du prestige et du savoir-vivre.</p>



<p>Or, chaque génération, à travers le temps, porte ses spécificités. Les traditions évoluent, naissent et parfois s’éteignent. C’est dans cette perspective que nous poursuivons la restitution des témoignages recueillis à Hambourg au début du XXᵉ siècle, plus précisément entre 1910 et 1920, par les équipes de Carl Meinhof et de Martin Heepe auprès de navigateurs et aventuriers comoriens. Cette fois, l’attention se porte sur les récits d’Abdallah bin Wazir et d’Abdallah bin Muhamadi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nɗola ya shiNgazidja, par Abdallah bin Wazir (18 juillet 1913)</h2>



<p>« Ceci est un mariage<sup data-fn="fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380" class="fn"><a id="fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380-link" href="#fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380">4</a></sup> de Ngazidja.<br>[Lorsqu’une personne se mariait autrefois — les gens d’autrefois, leur manière de se marier et de donner en mariage —] quand quelqu’un désirait se marier, il apportait des biens ; et les biens que l’on avait coutume d’apporter autrefois ne consistaient pas en argent. Les biens que l’on apportait étaient des vêtements et des esclaves. Un homme avait coutume d’apporter cinq vêtements, trois esclaves femmes wadjahazi et deux esclaves hommes. Tels étaient les biens que l’on apportait en premier lieu. Et lorsque quelqu’un avait apporté ces biens, les gens de la ville avaient coutume de recevoir deux vêtements et un bœuf. Cela constituait leur karamu.</p>



<p>Ensuite, le père de la femme avait coutume de donner, à cette fin, six bœufs et 25 rials<sup data-fn="36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266" class="fn"><a id="36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266-link" href="#36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266">5</a></sup>, qu’il distribuait aux gens de la ville. Cela constituait le karamu de la ville à l’occasion du mariage de sa fille. Le père de la femme se mettait alors à préparer les biens pour le mariage de sa fille : il se procurait beaucoup de riz, beaucoup de noix de coco, beaucoup de miel et beaucoup de chèvres, puis il se tenait prêt à attendre le mari de sa fille afin de le laisser venir et entrer lorsqu’il était prêt et souhaitait entrer dans la maison<sup data-fn="28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739" class="fn"><a id="28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739-link" href="#28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739">6</a></sup>.</p>



<p>Et pour le jour où le marié souhaite entrer dans la maison, les gens préparent des pains, des crêpes et des pâtisseries<sup data-fn="0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6" class="fn"><a id="0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6-link" href="#0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6">7</a></sup>, ainsi que des chèvres, dont on en abat dix, quinze, ou même vingt, selon les capacités de chacun. Lorsque le marié est entré dans la maison, on partage ces pains, ces crêpes, ces pâtisseries et la viande de chèvre rôtie<sup data-fn="e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349" class="fn"><a id="e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349-link" href="#e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349">8</a></sup>. Les gens les partagent entre eux et les emportent chez eux.</p>



<p>Puis viennent les habitants de la ville : le premier hirimu est celui des <em>wafomamdji</em><sup data-fn="3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d" class="fn"><a id="3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d-link" href="#3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d">9</a></sup> [notables de la ville] ; ils reçoivent six pains, quatre chèvres et les crêpes correspondantes ; ils les partagent<sup data-fn="3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205" class="fn"><a id="3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205-link" href="#3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205">10</a></sup> et rentrent chez eux. Vient ensuite le second hirimu, celui des <em>wanazikofia</em><sup data-fn="f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9" class="fn"><a id="f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9-link" href="#f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9">11</a></sup> ; ils reçoivent cinq pains, les crêpes correspondantes et trois chèvres ; ils les partagent, les emportent et rentrent chez eux. Puis vient le hirimu des <em>nganashe</em><sup data-fn="3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e" class="fn"><a id="3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e-link" href="#3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e">12</a></sup> [<em>wanashe</em> ?, jeunes gens] ; ils reçoivent trois pains et deux chèvres, les partagent, les emportent et rentrent chez eux. Les gens retournent ensuite appeler les <em>wanamdji</em><sup data-fn="9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770" class="fn"><a id="9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770-link" href="#9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770">13</a></sup> afin qu’ils viennent manger (boire) la soupe<sup data-fn="3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11" class="fn"><a id="3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11-link" href="#3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11">14</a></sup> et prendre leur repas <em>ɗumɓuso</em>, celui des non-mariés.</p>



<p>C’est là le jour où le marié fait son mwenɗo ɗahoni [entrée dans la maison]. Le lendemain, les gens préparent cinq pains pour les notables de la ville et abattent trois chèvres. Et la seconde nuit, les notables de la ville mangent les plats. Le troisième jour, alors que le marié est encore dans la maison, on a coutume d’apporter une chèvre, quatre sacs de riz<sup data-fn="dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169" class="fn"><a id="dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169-link" href="#dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169">15</a></sup>, quatre charges de bananes portées sur perches<sup data-fn="31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad" class="fn"><a id="31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad-link" href="#31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad">16</a></sup> et quatre charges de noix de coco<sup data-fn="d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13" class="fn"><a id="d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13-link" href="#d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13">17</a></sup>.</p>



<p>Le quatrième jour, on prépare quatre pains et deux chèvres pour les wanazikofia ; ils mangent ce quatrième jour. Le cinquième jour, les jeunes gens viennent et reçoivent trois pains et une chèvre. Le sixième jour a lieu une cérémonie dite <em>keso</em><sup data-fn="17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b" class="fn"><a id="17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b-link" href="#17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b">18</a></sup> durant toute la nuit. Les gens veillent pendant la nuit et récitent le Maulid<sup data-fn="2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9" class="fn"><a id="2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9-link" href="#2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9">19</a></sup> pour le marié. Et celui-ci apporte cinq sacs de riz, deux mfule<sup data-fn="bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942" class="fn"><a id="bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942-link" href="#bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942">20</a></sup>, cinq doubles charges de bananes et cinq charges de noix de coco, qu’il apporte pour le keso.</p>



<p>Le septième jour, les gens ont coutume de préparer quatre pains, d’apporter deux mfule et les crêpes correspondantes. Les wafomamdji viennent alors manger. Le huitième jour, il y a trois pains et un mfule ; les wanazikofia viennent manger. Le neuvième jour vient le dernier hirimu. Ils reçoivent deux pains, les crêpes correspondantes et un mfule ; ils viennent manger puis rentrent chez eux.</p>



<p>Ainsi s’achève le mariage pour la ville. Le neuvième jour, <em>ntswashenɗa</em>, le marié apporte des biens dans la maison de la mariée. Il apporte cinquante sacs de riz, un bœuf, cinquante charges de noix de coco et cinquante doubles charges de bananes. Il apporte également douze vêtements de soie<sup data-fn="efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4" class="fn"><a id="efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4-link" href="#efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4">21</a></sup>, cinquante vêtements en fil<sup data-fn="5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8" class="fn"><a id="5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8-link" href="#5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8">22</a></sup>, six anneaux de cheville<sup data-fn="20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d" class="fn"><a id="20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d-link" href="#20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d">23</a></sup> en argent (trois à porter à chaque cheville), deux bracelets<sup data-fn="9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db" class="fn"><a id="9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db-link" href="#9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db">24</a></sup> en argent ou en or, un bandeau frontal<sup data-fn="cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2" class="fn"><a id="cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2-link" href="#cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2">25</a></sup> en or et un collier<sup data-fn="23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe" class="fn"><a id="23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe-link" href="#23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe">26</a></sup> en argent. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Uliha ze mɓe za harusi à Ngazidja, par Abdallah bin Muhamadi (3 mars 1920)</h3>



<p>« Lorsqu’à Ngazidja quelqu’un abat des bœufs [fête de mariage dite <em>uliha ze mɓe za harusi</em>], il appelle les bouviers<sup data-fn="ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c" class="fn"><a id="ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c-link" href="#ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c">27</a></sup>, et ceux-ci coupent des bâtons de l’arbre mynemɓa (qui sont légers et souples). Puis ils se rendent avec eux au mfureni<sup data-fn="3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004" class="fn"><a id="3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004-link" href="#3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004">28</a></sup>, et ils mettent à part trente bœufs et les font sortir. L’un a coutume de marcher devant et de porter <em>ze âmali</em><sup data-fn="d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33" class="fn"><a id="d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33-link" href="#d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33">29</a></sup>, et les bœufs ont coutume de le suivre, de sorte qu’ils ne se dispersent pas ; on les attire et on les pousse (en avant) jusqu’à ce qu’on arrive avec eux à la ville et qu’on les fasse entrer là au pasheni [dans l’enclos].</p>



<p>Si un bœuf est récalcitrant, les bouviers se mettent en route, prennent le bâton [magique, ze âmali], vont le chercher jusqu’à ce qu’ils le trouvent, et lui tendent le bâton. Alors il a coutume de les suivre ; ils le prennent et viennent avec lui et le mettent dans l’enclos (en ville). Ils restent là jusqu’au matin. Alors les jeunes gens viennent à la porte de cet enclos et se tiennent là, et d’autres s’agenouillent sur le ɓangwe<sup data-fn="b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd" class="fn"><a id="b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd-link" href="#b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd">30</a></sup>. Un bouvier entre dans l’enclos et laisse sortir les bœufs un à un.</p>



<p>Ensuite les wanamdji en saisissent un : l’un le prend d’un côté et un autre le saisit par une corne ; alors le bœuf a coutume de bondir et de les faire tomber. Les autres restent agenouillés, et lorsque le bœuf arrive, ils le saisissent par les cornes ; il s’enfuit rapidement, et les gens le suivent, vont l’attraper, l’abattent, puis reviennent et attendent. Les autres bœufs qui sont dans l’enclos sont, de la même manière, laissés sortir un à un et abattus.</p>



<p>Et lorsqu’ils ont abattu les trente bœufs, ils sont découpés et répartis, et apportés dans les maisons des <em>wandrwadzima</em><sup data-fn="c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2" class="fn"><a id="c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2-link" href="#c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2">31</a></sup>. La viande est cuite avec des bananes, et les wanamdji qui saisissaient les bœufs sont appelés, reçoivent la viande de bœuf, s’en vont et mangent. Ceci est le récit de ce qui se fait lorsqu’on abat des bœufs à l’occasion d’un mariage.</p>



<h4 class="wp-block-heading">De la mort d&rsquo;un membre de l&rsquo;aristocratie</h4>



<p>Et lorsqu’à Ngazidja un sultan ou un homme de rang élevé meurt, les esclaves femmes wadjahazi prennent des feuilles de bananier sèches et se les enroulent autour de la tête comme un turban, et d’autres feuilles, elles se les mettent autour du cou, et elles vont au ɓangweni, se lamentent et dansent. Et le neuvième jour, les bœufs du deuil<sup data-fn="f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd" class="fn"><a id="f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd-link" href="#f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd">32</a></sup> (de l’enterrement) sont abattus ; du riz est cuit et donné aux gens, et ils mangent. Et ils reçoivent aussi de l’argent (en moyenne une roupie chacun). Ils accomplissent des <em>tahalili</em><sup data-fn="97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab" class="fn"><a id="97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab-link" href="#97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab">33</a></sup>, puis ils distribuent l’argent et rentrent chez eux dans leurs maisons. Ceci est le récit de ce qui se fait lorsqu’à Ngazidja un sultan ou un homme de rang élevé meurt. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71"><em>Le pouvoir de l&rsquo;honneur: Tradition et contestation en Grande Comores, Sultan Chouzour (1994).</em> <a href="#c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d"><em>Classe d’âge à laquelle appartient un groupe d&rsquo;individus.</em> <a href="#20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb"><em>Repas de fête. Un festin, abattage cérémoniel au profit du fiancé / marié.</em> <a href="#847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380"><em>Il est question ici d&rsquo;un nɗola nkuu (grand mariage).</em> <a href="#fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266"><em>À cette époque, un rial équivaut à deux roupies (riali ndzima = rupia mɓili).</em> <a href="#36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739"><em>Au moment où il sera prêt à faire le mdjio ɗahoni. La procession dite de « l’entrée dans la maison », marquant l’arrivée du marié chez la mariée. </em> <a href="#28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6"><em>Mikatre na zikatre na zom<em>ɓ</em>o.</em> <a href="#0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349"><em>Nyama ya mɓuzi ya hohwa</em>. <a href="#e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d"><em>Wafomamdji (sing. <em>Mfoma mdji</em>), littéralement « rois de la cité » ou « rois de la ville » (<em>mfaume wa mdji</em>). Ce terme désigne le <em>hirimu</em> (groupe) des personnes ayant accompli leur grand mariage ainsi que celui de leur fille aînée.</em> <a href="#3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205"><em>Il utilise le verbe waâna, alors qu’aujourd’hui on emploierait plus volontiers wanyisa (partager).</em> <a href="#3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9"><em>Wanazikofia (sing. <em>Mna ikofia</em>), littéralement « porteurs de calotte » (<em>kofia</em>, petit bonnet). Il s’agit du nom attribué au <em>hirimu</em> des hommes ayant réalisé leur grand mariage.</em> <a href="#f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e"><em>Le sens exact de ce terme demeure incertain, bien que l’on suppose qu’il puisse signifier « jeunes gens ». S’il s’agit d’une erreur de transcription, le mot approprié serait Wanashe (sing. <em>Mwanashe</em>), qui signifie « cadet » ou « serviteur », une acception qui, dans les faits, renvoie à une condition comparable.</em> <a href="#3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770"><em>Wanamdji (sing. <em>Mna Mdji</em>). Ce nom désigne le <em>hirimu</em> des jeunes adultes n’ayant pas encore accompli leur grand mariage. Cette classe d’âge se subdivise en plusieurs sous-groupes hiérarchisés, allant du rang le plus bas au plus élevé : <em>washondje</em>, <em>wazuguwa</em> et <em>wafomanamdji</em>.</em> <a href="#9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11"><em>Uɓu.</em> <a href="#3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169"><em>Zigozi zine za maele.</em> <a href="#dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad"><em>Mirengo (sing, mrengo) mine ya ndrovi.</em> <a href="#31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13"><em>Midzo mine ya nazi.</em> <a href="#d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b"><em>La festivité du sixième jour du grand mariage est marquée par l’invitation des notables, réunis pour la lecture d’une prière.</em> <a href="#17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9"><em>Mauliɗa ya keso</em> <a href="#2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942"><em>Boucs castrés.</em> <a href="#bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4"><em>Nguo kume na m<em>ɓ</em>ili za hariri.</em> <a href="#efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8"><em>Nguo mengo mitsanu za uzi.</em> <a href="#5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d"><em>Nkunku ndra<em><em>ɗ</em></em>aru za feza.</em> <a href="#20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db"><em>Kekee mɓili za feza au dhahaɓu</em>. <a href="#9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2"><em>Mɓo wa dhahaɓu</em>. <a href="#cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe"><em>Mkufu wa feza.</em> <a href="#23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c"><em>Watswam<em>ɓ</em>e.</em> <a href="#ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004"><em>Vaste enclos, ouvert, généralement situé dans les champs..</em> <a href="#3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33"><em>Elle implique l’usage d’un objet assimilé à un bâton rituel, accompagné d’autres accessoires. Cet outil peut consister en une tige, ou en la nervure d’une feuille de bananier, sur laquelle sont inscrites des lettres à caractère magique, tirées du Coran.</em> <a href="#d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd"><em>Place publique. </em>L’enclos (<em>pashe</em>) était le plus souvent installé à l’entrée du <em>ɓangwe</em>. <a href="#b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2"><em>Wandrwadzima (sing. <em>Mndru Mdzima</em>). Cette appellation désigne les hommes ayant uniquement accompli leur propre grand mariage. Il s’agit d’un statut acquis automatiquement, mais situé à un échelon inférieur. L’individu est alors appelé <em>Mna ikofia</em>.</em> <a href="#c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd"><em>Mɓe za madziho.</em> <a href="#f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 32"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab"><em>Les prescriptions rituelles effectuées sur la tombe d’un défunt, en guise de prières pour le repos de son âme, sont désignées en shiKomori par l’expression « uvura tahalili ».</em> <a href="#97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 33"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Mariage et coutumes à la fin du 19e siècle à Ngazidja</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 20:18:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mila]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Muhamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd bin Amur]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série consacrée à d’anciens témoignages comoriens portant sur les notions de nɗola / harusi et de âɗa na mila à Ngazidja.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Certains diraient, en évoquant les festivités du nɗola nkuu<sup data-fn="c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7" class="fn"><a id="c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7-link" href="#c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7">1</a></sup> à Ngazidja : « C’était mieux avant ». « Il est temps de le réformer », rétorqueront d’autres. La question du mariage traditionnel continue ainsi de passionner, opposant réformateurs — partisans de la notion dite <em>katiɓa</em><sup data-fn="c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08" class="fn"><a id="c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08-link" href="#c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08">2</a></sup> — et conservateurs, résolument anti-<em>katiɓa</em>. Néanmoins, contrairement à une idée largement répandue, les notions d’<em>â<em>ɗ</em>a na mila</em> (us et coutumes) se réforment souvent d’elles-mêmes. Elles s’adaptent aux époques sans qu’il soit nécessaire qu’un mouvement humain coordonné et structuré ne les accompagne.</p>



<p>La division autour de la notion de <em>kati<em>ɓ</em>a</em> réside essentiellement, et en grande partie, dans la question des dépenses. Or, la notion même de richesse varie selon les périodes. Autrefois, être considéré comme riche, au sens monétaire du terme, pouvait se résumer, pour un Comorien, à la possession d’une centaine de rials. Pourtant, l’on sait bien que la richesse comorienne résidait surtout ailleurs : dans le patrimoine foncier, le bétail et divers biens matériels.</p>



<p>Enfin, s’agissant des us et coutumes, il n’est guère besoin de rappeler que certaines pratiques disparaissent sans qu’une volonté humaine n’y mette fin, dès lors que leurs fondements sociologiques ne sont plus d’actualité. C’est le cas du <em>mawaha</em> et d’autres usages, aujourd’hui présents uniquement dans certaines localités de Ngazidja. Les traditions évoluent, naissent et s’éteignent au fil du temps.</p>



<p>C’est dans cet esprit que nous avons jugé nécessaire de partager des témoignages de Comoriens nés vers la fin du XIXᵉ siècle, évoquant le mariage sous toutes ses formes ainsi que la notion d’<em>âɗa na mila</em> telle qu’elle existait à leur époque. Ces témoignages ont été recueillis à Hambourg, en Allemagne, en 1912 et 1913, par les équipes de Carl Meinhof et Martin Heepe, auprès de Saïd bin Âmur et d’Abdallah bin Muhamadi.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Nɗola ntiti (Le petit mariage), par Saïd bin Âmur (24 juin 1912)</h3>



<p>« Lorsque je veux me marier, je dois avant toute chose réunir de l’argent. Il s’agit d’un petit mariage, et non d’un grand mariage<sup data-fn="d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa" class="fn"><a id="d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa-link" href="#d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa">3</a></sup>. J’apporterai 200 rials<sup data-fn="f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120" class="fn"><a id="f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120-link" href="#f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120">4</a></sup> en argent pour la femme, à ses parents. Ces 200 rials constituent le commencement du mariage. Ensuite, ils prendront cet argent et iront acheter les affaires destinées à la femme. Ils iront acheter un lit, des matelas et des oreillers<sup data-fn="4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27" class="fn"><a id="4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27-link" href="#4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27">5</a></sup>, des miroirs et des chaises, des cruches<sup data-fn="8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715" class="fn"><a id="8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715-link" href="#8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715">6</a></sup> et des poêles, des plats<sup data-fn="255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987" class="fn"><a id="255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987-link" href="#255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987">7</a></sup> et des marmites, ainsi que des récipients pour la farine<sup data-fn="fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be" class="fn"><a id="fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be-link" href="#fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be">8</a></sup> et des ustensiles pour le tamisage<sup data-fn="edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496" class="fn"><a id="edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496-link" href="#edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496">9</a></sup>.</p>



<p>Après cela, lorsque tu auras apporté cet argent, ils te diront : « Maintenant, nous sommes prêts », c’est-à-dire les parents de la femme. Et tu demanderas alors un jour pour entrer dans la maison. Ils te diront : « Lorsque dix jours se seront écoulés, nous serons prêts. » Tu iras alors trouver tes amis pour leur dire : « Quand les dix jours seront passés, j’entrerai dans la maison. »</p>



<p>Tes amis viendront te chercher et t’accompagneront jusqu’à la maison afin d’entrer à la célébration du mariage. Tu demeureras dans la maison pendant sept jours. Tu n’auras aucune dépense, ni pour le repas de midi ni pour celui du soir. Tous les frais incombent à la femme pendant sept jours. Lorsque ces sept jours seront achevés, la subsistance quotidienne t’incombera, jour après jour, jusqu’à ce que l’homme ou la femme meure<sup data-fn="add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27" class="fn"><a id="add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27-link" href="#add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27">10</a></sup>. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Nɗola na Âɗa za shiNgazidja (Mariage et coutumes de Ngazidja), par Abdallah bin Muhamadi (11 février 1913)</h3>



<p>« Si tu organises une fête de mariage à Ngazidja, tu dois fournir du rôti de chèvre<sup data-fn="4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0" class="fn"><a id="4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0-link" href="#4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0">11</a></sup> (de la viande). Et pour ce rôti de chèvre, on abat quatre mfule<sup data-fn="8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf" class="fn"><a id="8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf-link" href="#8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf">12</a></sup>, dont l’un doit être un grand, nourri uniquement de terre<sup data-fn="a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc" class="fn"><a id="a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc-link" href="#a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc">13</a></sup>. En effet, cela donne beaucoup de graisse lorsqu’il ne reçoit pas de fourrage vert. Et cela est destiné à son hirimu<sup data-fn="bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac" class="fn"><a id="bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac-link" href="#bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac">14</a></sup>.</p>



<p>Ensuite, il faut préparer du riz dit maele ya suri : trois mesures de riz cuit, qui doivent être remplies et entassées jusqu’à hauteur de poitrine<sup data-fn="cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488" class="fn"><a id="cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488-link" href="#cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488">15</a></sup>. Et cela est destiné à son hirimu. Puis il faut beaucoup de bétel<sup data-fn="66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9" class="fn"><a id="66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9-link" href="#66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9">16</a></sup> et de pain ; pendant trois jours, les gens mangent de ces pains. Le quatrième jour, on fait préparer du riz dit maele ya hirimu. À l’heure de midi, les gens de la classe d’âge sont appelés ; ils viennent et mangent.</p>



<p>Un plat (de riz) suri est habituellement consommé par huit ou neuf personnes, et ils le mangent sec, accompagné de viande. À côté de cela, il y a 60 jarres<sup data-fn="73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b" class="fn"><a id="73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b-link" href="#73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b">17</a></sup> de lait, ainsi que beaucoup de bétel et de tabac<sup data-fn="0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553" class="fn"><a id="0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553-link" href="#0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553">18</a></sup>. Quand on a fini de manger, on boit le lait, puis on apporte le bétel et le tabac et on les distribue<sup data-fn="bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6" class="fn"><a id="bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6-link" href="#bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6">19</a></sup>. Les frais s’élèvent, en tout, à 400 roupies. Et lorsque tu te maries, tu dois apporter 400 roupies d’argent afin de demander la femme en mariage<sup data-fn="f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537" class="fn"><a id="f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537-link" href="#f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537">20</a></sup>. Et tu dois encore te procurer de l’argent supplémentaire pour le mdjio ɗahoni<sup data-fn="efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054" class="fn"><a id="efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054-link" href="#efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054">21</a></sup>.</p>



<p>Chez la femme, le jour où tu apportes cet argent, quatre bœufs sont abattus et donnés aux gens de la ville pour être mangés. Ainsi est la coutume<sup data-fn="7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762" class="fn"><a id="7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762-link" href="#7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762">22</a></sup> dans la ville : quiconque organise une fête de mariage abat quatre bœufs et les donne aux gens de la ville pour le repas.</p>



<p>Et lorsque tu t’es procuré de l’argent, tu achètes des vêtements pour toi et pour la femme, et tu fais fabriquer (forger) les bijoux (hulia<sup data-fn="8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80" class="fn"><a id="8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80-link" href="#8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80">23</a></sup>) pour la femme. Quand tu as reçu les bijoux en or et en argent, alors tu peux faire ton entrée dans la maison. Et lorsque tu es entré dans la maison, tu donnes à la femme ses bijoux, et le père de la femme a coutume d’offrir un karamu<sup data-fn="a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a" class="fn"><a id="a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a-link" href="#a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a">24</a></sup> (un repas de fête) pour toute la ville, pendant neuf jours (il les nourrit).</p>



<p>Le premier jour, on abat vingt chèvres ; les autres jours, deux, trois ou quatre, jusqu’au neuvième jour. Le neuvième jour, on apporte vingt sacs<sup data-fn="fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6" class="fn"><a id="fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6-link" href="#fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6">25</a></sup> de riz, deux cents noix de coco, dix charges de bananes portées sur des perches<sup data-fn="889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b" class="fn"><a id="889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b-link" href="#889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b">26</a></sup>, un bœuf et quarante étoffes, dont la moitié est destinée à la femme, et l’autre moitié à sa mère et à ses aides (servantes) lors de la fête de mariage.</p>



<p>Quand les neuf jours sont écoulés, le marié a coutume de sortir, d’aller auprès de ses parents et de les saluer ; ensuite, il revient et s’installe dans la maison de sa femme. Et tous les gens rentrent chez eux. Les frais pour cela s’élèvent à 1450 roupies. Ce sont les dépenses de l’homme ; celles de la femme n’y sont pas encore comprises.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La naissance d&rsquo;un enfant et la circoncision des garçons</h4>



<p>Lorsque la femme a accouché, on apporte vingt sacs de riz, ainsi que des bananes, des noix de coco et un bœuf. Et si l’enfant est une fille, on organise pour elle une fête de mariage semblable, lorsqu’elle se mariera plus tard. Si c’est un garçon, son père le circoncit et abat à cette occasion six bœufs, et il donne de l’argent aux gens de la ville, parce qu’il veut faire circoncire son enfant.</p>



<p>Et le jour de la circoncision, on abat un bœuf et on récite le <em>Halal Badiri</em><sup data-fn="6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367" class="fn"><a id="6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367-link" href="#6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367">27</a></sup>. Ensuite, on circoncit l’enfant<sup data-fn="893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e" class="fn"><a id="893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e-link" href="#893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e">28</a></sup>. Après cela, il reste trois jours dans la maison, et le jour où il sort, tous ses parents ont coutume de cuire du riz en son honneur et d’inviter les gens à manger.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Quelques coutumes de la vie quotidienne</h4>



<p>Si, à Ngazidja, tu n’es pas encore marié, tu n’as pas le droit de porter un manteau djoho<sup data-fn="9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f" class="fn"><a id="9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f-link" href="#9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f">29</a></sup> ou ɓushti<sup data-fn="7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91" class="fn"><a id="7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91-link" href="#7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91">30</a></sup> ni un djamɓia<sup data-fn="419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab" class="fn"><a id="419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab-link" href="#419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab">31</a></sup>, à moins que tu n’organises une fête de mariage [nɗola nkuu]. Ce n’est qu’après t’être marié que tu peux les porter. Les gens te réprimanderaient si tu portais de beaux (fins) vêtements tant que tu n’es pas marié. Si tu souhaites porter de beaux habits, va d’abord organiser une fête de mariage ; ce n’est qu’ensuite que tu pourras t’habiller élégamment.</p>



<p>À Ngazidja, un enfant n’a pas le droit de manger avec les adultes (de sa maison). Il ne doit pas s’asseoir pour manger ; il doit manger debout. Et il ne doit pas manger d’accompagnement (de viande), sauf si on lui en donne. En revanche, il doit leur laver les mains. Et sur la véranda, il n’ose pas passer ni s’y asseoir lorsque les adultes (de sa maison) s’y trouvent. Et lorsqu’il y a de la viande ou du poisson, il n’ose pas en prendre avant qu’on ne lui en donne ; ce n’est qu’alors qu’il en prend. Si on ne lui donne rien, il ne prend rien pour lui-même. Et s’il traverse la véranda, qu’on lui ordonne de partir et qu’il n’obéit pas, alors il est puni par les adultes.</p>



<p>Telles sont les indications concernant la fête de mariage à Ngazidja, et telles sont les prescriptions concernant les enfants (telle est la coutume pour les enfants) à Ngazidja. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7"><em>Grand mariage.</em> <a href="#c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08"><em>Littéralement « convention » ou « contrat social », il s’agit d’un mouvement né au début des années 1960, visant à réformer les festivités du <em>nɗola nkuu</em> (grand mariage) à Ngazidja.</em> <a href="#c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa"><em>« Inu harusi ntsuntsu, tsi harusi nkuu », dit-il.</em> <a href="#d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120"><em>À cette époque, un rial équivaut à deux roupies (riali ndzima = rupia mɓili).</em> <a href="#f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27"><em>Il utilise « miro » à la place de « mitao ».</em> <a href="#4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715"><em>Maɓirika.</em> <a href="#8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987"><em>Sinia.</em> <a href="#255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be">L’outil en question se nomme <em>utseo</em>. <a href="#fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496"><em>Zikuntro.</em> <a href="#edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27"><em>Autrement dit, l’union est scellée jusqu’à ce que la mort les sépare.</em> <a href="#add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0"><em>Cette modeste cérémonie à caractère gastronomique est désignée sous le nom d’<em>upiha mɓuzi</em>.</em> <a href="#4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf"><em>Le <em>mfule</em> désigne un bouc castré.</em> <a href="#8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc">« <em>Yo keli hindru itso nkafu », dit-il.</em> <a href="#a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac"><em>Il est ici question de la classe d’âge à laquelle appartient l’individu concerné.</em> <a href="#bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488"><em>On utilise un récipient en terre cuite d’environ un mètre de diamètre et d’environ un mètre de hauteur.</em> <a href="#cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9"><em>Ramɓuu.</em> <a href="#66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b"><em>Mitsundji (sing, mtsundji).</em> <a href="#73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553"><em>Msi</em>. <a href="#0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6"><em>Il est intéressant de s’arrêter sur le terme en shikomori employé par Âmur pour le verbe « distribuer ». Il utilise l’expression <em>wenɗe waâna, alors qu’aujourd’hui on emploierait plus volontiers wenɗe wanyisa</em> (partager entre eux) ou wenɗe <em>wanika</em> (donner aux gens).</em> <a href="#bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537"><em>Cette demande est appelée <em>uposa</em>. La même phrase permet également d’apprendre qu’à cette période la dot s’élevait en moyenne à 400 roupies.</em> <a href="#f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054"><em>Il est fait référence à la procession dite de « l’entrée dans la maison », marquant l’arrivée du marié chez la mariée. Dans la société comorienne, l’homme s’installe traditionnellement au domicile de son épouse.</em> <a href="#efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762"><em>Il utilise le mot <em>dasturi</em>, employé pour désigner la norme, c’est-à-dire ce qui relève de l’usage établi.</em> <a href="#7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80"><em>Ancien grand collier.</em> <a href="#8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a"><em>Un festin, abattage cérémoniel au profit du fiancé / marié.</em> <a href="#a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6"><em>Zigozi mengo mili za maele.</em> <a href="#fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b"><em>Mirengo kume ya ndrovi.</em> <a href="#889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367"><em>Il s’agit d’une pratique à la fois culturelle, religieuse et mystique, faisant explicitement référence aux <em>ahl al-Badr</em>, c’est-à-dire aux combattants de la bataille de Badr à l’époque du prophète Muhammad.</em> <a href="#6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e"><em>Urina ye mwana.</em> <a href="#893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f"><em>Manteau d&rsquo;homme brodé devant avec du fil doré, porté lors des grandes cérémonies, et offert au marié lors du grand mariage.</em> <a href="#9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91"><em>Manteau d&rsquo;homme d&rsquo;origine omanaise, ample, notamment dans le dos, richement orné et brodé de brocart. Il se distingue par ses manches courtes et ouvertes et est porté lors des grandes cérémonies traditionnelles.</em> <a href="#7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab"><em>Poignard recourbé d&rsquo;apparat.</em> <a href="#419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


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		<title>Mémorandum à l’attention de Byles concernant Ngazidja (1881)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 12:07:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Mather Byles]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains boutriers engagés dans le commerce d’esclaves, en complicité avec des Français établis à Maore, recourent à divers stratagèmes afin d’échapper aux poursuites britanniques.</p>



<p>Dans cette missive, Holmwood évoque un rapport dont un double a été remis au capitaine Mather Byles, commandant du <em>HMS Seagull</em>, lors de son départ pour Ndzuani et les îles Comores, le 1ᵉʳ septembre. Ce document se compose principalement de déclarations émanant « d’un sultan de Ngazidja [Abdallah bin Hamza de Ɓamɓao], récemment déposé par le fils d’un homme de Ndzuani résidant à Maore [Saïd Ali, fils de Saïd Omar], ce dernier étant sujet français et occupant, selon toute vraisemblance, une fonction officielle dans cette colonie. Chaque détail fourni a été confirmé par le vizir de ce sultan, ainsi que par le vizir d’un second sultan comorien évincé [un vizir de Msafumu wa Fefumu] par le même individu qui gouverne aujourd’hui l’île. »</p>



<p>Holmwood remet ce mémorandum à Byles en lui demandant d’obtenir, si l’occasion s’en présente, la version des faits de Saïd Ali concernant les événements liés aux récents bouleversements survenus à Ngazidja, tout en plaçant auprès de lui un interprète de confiance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum à l’attention du capitaine Byles, du navire de Sa Majesté <em>Seagull</em></h4>



<p>« Au cours des dernières années, cette île a été gouvernée par les sultans indigènes Msafumu<sup data-fn="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25" class="fn"><a id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25">1</a></sup> et le sultan Abdallah<sup data-fn="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea" class="fn"><a id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea">2</a></sup>. La succession, dans ce pays, se transmet par la ligne féminine, mais d’une manière particulière ; il suffit pratiquement de préciser qu’un sultan doit être soit le fils de la fille d’un sultan, soit l’époux de la fille d’un sultan.</p>



<p>Les principaux ports de l’île sont Mroni et Shinɗini. Dans le premier, les esclaves proviennent généralement de la côte du Mozambique ; du second, ils sont en règle générale expédiés vers Ndzuani et Maore. Ces esclaves semblent être invariablement des Makua, embarqués depuis la côte du Mozambique.</p>



<p>Ceux achetés à Ngazidja par des agents français sont formellement inscrits sur un registre auquel est annexé <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">un engagement promettant de les renvoyer à l’expiration d’une date fixée</a>. Il m’est indiqué qu’on ne connaît aucun cas où un esclave aurait effectivement été renvoyé, et il serait opportun d’enquêter sur ce point. S’agissant des esclaves achetés pour le sultan de Ndzuani à l’île de Ngazidja<sup data-fn="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516" class="fn"><a id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516">3</a></sup>, je n’entends parler d’aucun accord <em>pro forma</em> de ce type.</p>



<p>Il y a quelques mois, les deux sultans, Msafumu et le sultan Abdallah, ont été déposés par un certain Saïd Ali, fils d’un sujet français et petit fonctionnaire indigène résidant à Maore, nommé Saïd Omar. Le père et le fils entretiennent actuellement des relations étroites avec le sultan de Ndzuani.</p>



<p>Le sultan déposé, Abdallah, m’informe qu’il y a quelques années, il s’était entendu avec le sultan de Ndzuani pour autoriser le débarquement d’esclaves à Mroni et leur passage à travers l’île jusqu’à Shinɗini en vue de leur expédition. Pour cela, il recevait 500 dollars par an. Mais il y a environ un an, lui et Msafumu, ayant appris que le sultan de Zanzibar, qu’ils considèrent comme leur suzerain, avait interdit toute traite des esclaves, annoncèrent aux agents du sultan [de Ndzuani], Mohedin et Saïd Bakari<sup data-fn="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" class="fn"><a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link">4</a></sup>, maître du navire qui apporte les esclaves depuis la côte pour son compte, qu’ils ne pouvaient plus autoriser le débarquement d’esclaves.</p>



<p>À la suite de cela, Mohedin se rendit auprès de Saïd Ali, qui complotait depuis longtemps pour obtenir le sultanat de Mroni, et ils convinrent rapidement avec le sultan Abdullah [bin Salim] d’envoyer 400 hommes armés depuis Ndzuani, tandis que Mohamed Sidi, secrétaire indigène français de Maore, faisait envoyer, sous le commandement de son fils Salim, 60 hommes vêtus à l’européenne et s’exerçant à la manière française, pour prêter main-forte. Cette troupe attaqua soudainement les différentes localités et les maîtrisa rapidement. Msafumu est maintenant caché dans la brousse, et le sultan Abdallah est ici réfugié avec son vizir.</p>



<p>Les détails de cette affaire, toutefois, vous apparaîtront plus clairement après que vous aurez visité les lieux. J’envoie Salim, mon interprète, pour vous assister et servir d’interprète confidentiel.</p>



<p>Vous pourrez probablement, une fois sur place, vérifier ces déclarations, ainsi que celles que vous entendrez de Saïd Ali, l’actuel sultan de Mroni, qui, sans doute, donnera une version très différente de cette affaire. Saïd Ali parle français. À Shinɗini, un certain cheikh Uma<sup data-fn="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d" class="fn"><a id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d">5</a></sup> est sultan sous l’autorité de Saïd Ali. C’est un trafiquant d’esclaves notoire, et c’est dans son port que seraient embarqués tous les esclaves destinés à Ndzuani et Maore. Je ne pense pas, toutefois, que ces expéditions dépassent 150 individus par an pour chacune des deux îles.</p>



<p>Les autres ports de Ngazidja sont Mitsamihuli, Mbuɗe, Itsandraya et Ikoni. Il serait utile de déterminer leurs capacités en tant que mouillages.</p>



<p>Je dois mentionner que deux boutres sont actuellement engagés dans la traite des esclaves à Ngazidja. Le seul que je puisse identifier est celui de Mohamed bin Tayib, régulièrement affrété par le sultan Abdallah ou par son agent, Saïd Bakari, pour transporter des esclaves. Cet homme fut capturé avec son boutre par le navire de Sa Majesté <em>Thetis</em>, et fut détenu quelque temps dans le fort ici<sup data-fn="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" class="fn"><a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link">6</a></sup>.</p>



<p>D’après ce mémorandum, il semblerait qu’une violation grave des traités conclus respectivement entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Grande-Bretagne et Ndzuani</a> et entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/">Grande-Bretagne et Ngazidja</a> soit en train de se produire. Mais, compte tenu de toutes les circonstances, je pense qu’il serait judicieux, dans les deux endroits, de nous en tenir pour l’instant à une observation attentive et aux seules investigations que permet une visite ordinaire. J’annexe quelques notes qui pourraient vous être utiles dans le cadre de votre visite. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>



<p>« Treize mois se sont écoulés depuis que Hamed Simɓamwona [Simɓauma ?] est déclaré être arrivé à Mroni afin d’y acheter des esclaves pour le compte de M. Goda, de Maore. Il attendit l’arrivée du boutre de Saïd Bakari en provenance de la côte du Mozambique, et acheta cent esclaves. Ce Saïd Bakari effectue des voyages constants vers la côte, et accomplit également, en alternance, des traversées avec des esclaves makua destinés au sultan Abdallah, à Ndzuani.</p>



<p>Le <em>San Yusuf</em>, boutre appartenant à Muhammed bin Salim, de Maore, arborant les couleurs françaises entre Ngazidja et Maore, mais soupçonné d’amener à disparaître ce pavillon lorsqu’il se trouve sur la côte du Mozambique, arriva à Ngazidja il y a environ un an avec un marchand français dont le nom semblait être « Goda ». Il était accompagné d’un officier français portant une seule bande, et ils achetèrent 150 esclaves (dont 15 femmes seulement) pour un prix de 40 à 50 dollars chacun, et en embarquèrent une partie à bord du boutre. Ils furent entassés dans la cale et maintenus entravés pendant la nuit.</p>



<p>Les documents habituels furent signés, indiquant qu’ils seraient renvoyés après un délai déterminé, mais aucune déclaration de ce genre ne fut faite aux esclaves, toutes les parties concernées sachant qu’il s’agissait d’esclaves récemment débarqués de la côte du Mozambique, achetés au prix courant. On dit qu’au moins 50 de ces esclaves ne purent être transportés et furent placés sur la plantation d’Abdullah Felahi, où ils attendent encore leur embarquement. »</p>



<p><strong>FREDERIC HOLMWOOD.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>British and Foreign State Papers 1880-1881, Vol. LXXII., <em>Foreign Office (1888)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea"><em>Abdallah bin Saïd Hamza, sultan de Ɓamɓao.</em> <a href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516"><em>Entre le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani et le nouveau sultan Ntiɓe de Ngazidja, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4"><em>Dans la transcription anglaise, « Sayyid Bukhari ». Il s’agit de Saïd Bakari wa Mwinyi Mkuu de Mroni, propriétaire de boutres et impliqué dans la traite, ainsi que son demi-frère Mhuɗini wa Mwinyi Mkuu. Ce dernier est aussi un trafiquant d’esclaves notoire, travaillant de longue date pour le compte du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d"><em>Le vieux Uma Ɗari, sultan de Mbadjini.</em> <a href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98"><em>Dans le fort de Zanzibar</em> <a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


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		<item>
		<title>Lettre de Saïd Ali wa Saïd Omar à Jules Grévy (1885)</title>
		<link>https://beshelea.com/said-ali-jules-grevy-1885/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 01:18:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Jules Grévy]]></category>
		<category><![CDATA[Léon Humblot]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Ayant longtemps souhaité — et supplié — l’instauration d’un protectorat français depuis le début de la décennie 1880, au point de « verser des torrents de larmes1 », selon ses propres mots, Saïd Ali wa Saïd Omar ne manque jamais une occasion de manifester ce désir à tout Français disposé à l’entendre. Ce [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Ayant longtemps souhaité — et supplié — l’instauration d’un protectorat français depuis le début de la décennie 1880, au point de « verser des torrents de larmes</em><sup data-fn="f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338" class="fn"><a id="f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338-link" href="#f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338">1</a></sup><em> », selon ses propres mots, Saïd Ali wa Saïd Omar ne manque jamais une occasion de manifester ce désir à tout Français disposé à l’entendre. Ce sultan, qui se décrivait lui-même comme « au cœur français dans un corps arabe », adressa plusieurs missives à des représentants français. L’une d’elles, datée du 15 janvier 1883, plaidait explicitement en faveur du protectorat.</em></p>



<p><em>Après sa victoire totale lors de la <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">seconde nkoɗo nkuu</a></em><sup data-fn="8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e" class="fn"><a id="8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e-link" href="#8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e">2</a></sup><em>, obtenue dans des conditions désastreuses et sans avoir reçu la moindre réponse de Paris, il renvoya la même lettre le 20 août de la même année au gouverneur de Maore ainsi qu’à celui de Nosy-Be, les suppliant d’appuyer sa demande. Car, écrivait-il, « si la France ne vient pas à mon aide en accordant à mon pays et à moi-même ce protectorat que je sollicite, tout est perdu ». Il savait en effet que son autorité demeurait fragile, toujours contestée, y compris au sein de sa propre famille et parmi ses anciens alliés</em><sup data-fn="f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa" class="fn"><a id="f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa-link" href="#f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa">3</a></sup><em>.</em></p>



<p><em>Francophile à l’excès, formé auprès de l’administration coloniale à Maore, il ne vivait et ne jurait que par la France. C’est dans ce contexte qu’il tente un nouveau coup, à l’arrivée à Ngazidja, en septembre 1884</em><sup data-fn="328c9416-c995-4692-8581-81b857694301" class="fn"><a id="328c9416-c995-4692-8581-81b857694301-link" href="#328c9416-c995-4692-8581-81b857694301">4</a></sup><em>, d’un botaniste français, Léon Humblot. Les deux hommes se découvrent rapidement des intérêts communs, le second nourrissant le projet d’exploiter les ressources de l’île</em><sup data-fn="cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766" class="fn"><a id="cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766-link" href="#cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766">5</a></sup><em>. Le sultan lui confie ainsi, lors de son départ en janvier 1885, le pouvoir de le représenter dans toutes ses démarches, accompagné d’une lettre adressée au président français Jules Grévy. Saïd Ali l’ignore encore, mais son obstination à obtenir le protectorat le conduit alors à commettre l’une de ses plus graves erreurs : s’associer à Humblot.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Lettre du sultan Saïd Ali au président Grévy</h3>



<p>« Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux,</p>



<p>À Son Excellence M. le Président de la République Française,</p>



<p>MONSIEUR LE PRÉSIDENT,</p>



<p>J&rsquo;ai l&rsquo;honneur de vous annoncer que, d&rsquo;accord avec mon Conseil et tous mes Ministres, j&rsquo;ai donné à M. Humblot, naturaliste, chargé par le Ministère de l&rsquo;Instruction publique d&rsquo;une mission scientifique dans mon royaume, plein pouvoir pour solliciter la bienveillance du Gouvernement Français, pour avoir son protectorat ou faire un traité qui permette aux Français de venir s&rsquo;établir dans mon pays.</p>



<p>M. Humblot a également tout pouvoir pour donner des concessions de terre selon les conditions arrêtées entre moi et lui.<br>M. Humblot connaît Ngazidja mieux que personne, il est le seul qui soit allé partout.<br>M. Humblot a acquis toute ma confiance par sa conduite, le bon exemple du travail et du courage qu&rsquo;il a apporté dans mon royaume.</p>



<p>Dans l&rsquo;espoir, Monsieur le Président, que vous voudrez bien considérer M. Humblot comme moi-même, et accorder les bienfaits de la France sur mon peuple qui, comme moi, aime les Français, j&rsquo;ai l&rsquo;honneur, Monsieur le Président, de vous présenter mes respects.</p>



<p>Veuillez me croire votre très respectueux,</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>SAÏD ALI WA SAÏD OMAR</strong>,<br><em>Sultan de Ngazidja</em></p>



<p>Fait de ma main à Mroni, le 10 janvier 1885.</p>



<p>Approuvé par mes Ministres. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>La Grande-Comore, 1884 &#8211; 1909, <em>Charles Legros (1909)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Note</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338"><em>En date du 20 août 1883, lettre envoyée au gouverneur de Maore ainsi qu’à celui de Nosy-Be : « [&#8230;] Je verse des torrents de larmes, j&rsquo;ai un cœur français dans un corps arabe. Je suis sultan par droit de contrat, par testament et par la force des armes. Mais si la France ne vient pas à mon aide en accordant à mon pays et à moi-même ce protectorat que je sollicite, tout est perdu. »</em> <a href="#f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e"><em>La seconde nkoɗo nkuu (grande guerre) de Ngazidja, au 19e siècle, désigne le conflit qui opposa, de 1880 à 1883, les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa"><em>À peine la guerre achevée, il s’opposa à certains de ses oncles, parmi lesquels Hashim wa Mwinyi Mkuu, sultan de Mbadjini, le plus influent de ses anciens alliés durant le conflit.</em> <a href="#f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="328c9416-c995-4692-8581-81b857694301"><em>Le 5 septembre 1884 à bord du bateau Le Prophète.</em> <a href="#328c9416-c995-4692-8581-81b857694301-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766"><em>Le 5 novembre 1885, Saïd Ali et Léon Humblot signent un traité d’exploitation de l’île. À la faveur de cet accord, Humblot devient, quelques années plus tard, propriétaire d’une très vaste portion du territoire grâce à la société qu’il fonde en 1887, au sein de laquelle il lance plusieurs chantiers. Il refuse toute ingérence dans ses affaires.</em> <a href="#cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>De Zanzibar à Hambourg : itinéraire et vie de Mze bin Abubakari</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 17:21:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Mze bin Abubakari]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
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		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 1913, Mze bin Abubakari, fils de Comoriens installés à Zanzibar, raconte son parcours : de la côte swahilie aux ports d’Allemagne, il livre le témoignage rare d’une vie entre îles, continents et mondes européens.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, d’importants flux de Comoriens émigrent vers Zanzibar, devenu alors le principal centre culturel, commercial et politique de la sous-région. Beaucoup intègrent l’administration du sultanat ; d’autres s’établissent dans l’artisanat, le commerce ou les métiers ordinaires qui rythment la vie urbaine. Il arrivait également que certains gagnent le continent, notamment Dar es-Salaam, ou prennent le large en s’embarquant sur des navires européens, comme interprètes, hommes d’équipage ou simples matelots.</p>



<p>C’est dans ce contexte de mobilité intense que s’inscrit le parcours de Mze bin Abubakari, né vers 1888, fils d’immigrés comoriens établis à Zanzibar. Son itinéraire singulier le mène jusqu’en Allemagne, à Hambourg, au tournant du XXe siècle. En 1913, au cours d’entretiens accordés aux chercheurs allemands Karl Meinhof et Martin Heepe, il livre une partie de son histoire personnelle — un témoignage rare que nous reproduisons ici dans son intégralité.</p>



<p><em>Propos recueilli le 14 janvier 1913</em> :</p>



<h3 class="wp-block-heading">Présentation de sa famille</h3>



<p>Mon père s’appelle Ɓakari wa Hamaɗi wa Ɓuna Shirazi<sup data-fn="ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26" class="fn"><a id="ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26-link" href="#ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26">1</a></sup>. Ma mère était Fatima Djumɓe Fumu wa Mwamɓa wa Mɗwauhoma, elle aussi Shirazi. Mon père et ma mère sont tous deux Shirazi. Mon père naquit à Ntsudjini et fut élevé dans la ville de Mitsamihuli. Lorsqu’il fut adulte, il se rendit à Zanzibar à l’âge de trente-sept ans. Il fit alors le service militaire<sup data-fn="f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35" class="fn"><a id="f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35-link" href="#f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35">2</a></sup> sous le règne de Barghash, jusqu’à ce que celui-ci eût vaincu ses ennemis ; puis il s’établit, vécut de ses économies, épousa ma mère et ils me donnèrent le jour. Ma mère a aujourd’hui cinquante-trois ans, mon père soixante-dix-huit ans, et moi-même j’ai vingt-cinq ans.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ses premiers jobs avec des Européens</h3>



<p>J’ai commencé à travailler à l’âge de dix ans. Je suis allé à Dar es-Salaam, où je recevais quinze roupies par mois. L’Européen pour lequel je travaillais habitait dans le bâtiment de la poste de la ville et s’appelait Bader. Je restai auprès de lui trois ans, puis il repartit pour son pays d’origine et me confia à un autre Européen. À présent, je veux rentrer chez moi. Il est déjà le soir ; je veux y aller pour manger quelque chose. Si j’attends trop longtemps avant de partir, celui qui prépare le repas sera déjà rentré chez lui. Je n’aurai alors plus aucune occasion de me procurer à manger, car il fermera la cuisine. Je ne pourrai plus avoir d’eau chaude non plus.</p>



<p>Ces informations sont exactes, mon cher Monsieur ; je te prie de m’excuser, ne te fâche pas et ne t’irrite pas. Si le Dieu tout-puissant m’accorde encore la vie, nous — toi et moi — échangerons bien des paroles. Lorsque je serai allé à Zanzibar et revenu, si le temps n’est pas froid, je reviendrai ici. Car je connais cette maison.</p>



<p><em>Propos recueillis du 11 au 16 septembre 1913</em> :</p>



<p>Kwezi ! Amba ! haɓari za imo ?<sup data-fn="063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98" class="fn"><a id="063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98-link" href="#063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98">3</a></sup> Je suis arrivé aujourd’hui ; j’ignore le jour où nous repartirons. De quoi voulons-nous maintenant écrire ? Écrivons à présent au sujet de l’Européen qui m’a pris à son service. — Cet Européen était un homme très bon, et il me donnait également un salaire exceptionnellement élevé. Je restai auprès de lui deux ans. Il s’appelait Früliauf. Le travail que j’avais à accomplir chez lui consistait à entretenir sa chambre. Après deux ans, il fut atteint d’une maladie et rentra en Europe. Alors, je ne travaillai plus à Dar es-Salaam : je rentrai chez moi et vins à Zanzibar. Puis je partis pour Chinde<sup data-fn="6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019" class="fn"><a id="6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019-link" href="#6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019">4</a></sup>, où je vécus trois ans et travaillai pour un Européen appelé Schare.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les retrouvailles avec sa famille à Zanzibar</h3>



<p>Lorsque je fus fatigué, je revins à Zanzibar pour voir ma mère et mon père, afin de savoir s’ils vivaient encore. Je les retrouvai, et mon cœur fut rempli de joie. Un repas de fête fut préparé pour moi ; j’appelai mes amis, ils vinrent, et nous mangeâmes tous ensemble et dansâmes la nuit durant. Ma mère fut très heureuse et fit venir des gens pour chanter et danser le chant de réjouissance suivant : <em>« na hudjiviwa ina wandzo mndru ; ndjema za mwana kazikaliwantsi; za mndru hudja. »</em><sup data-fn="23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb" class="fn"><a id="23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb-link" href="#23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb">5</a></sup></p>



<h3 class="wp-block-heading">Dialogue avec son père à propos des ballons dirigeables et des planeurs</h3>



<p>Je repartis d’ici et allai à Zanzibar, où je revis mon père : — « Kwezi ! » <em>(Père:)</em> « Amba ! Haɓari za ntsu zinddji ?<sup data-fn="6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107" class="fn"><a href="#6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107" id="6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107-link">6</a></sup> » <em>(Moi:)</em> « Ndjema<sup data-fn="c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527" class="fn"><a href="#c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527" id="c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527-link">7</a></sup> » <em>(Père:)</em> « Haɓari za Ulaya<sup data-fn="c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96" class="fn"><a href="#c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96" id="c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96-link">8</a></sup> » <em>(Moi:)</em> « Salimina<sup data-fn="85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f" class="fn"><a href="#85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f" id="85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f-link">9</a></sup>. J’y ai vu beaucoup de choses que tu ne connais pas. J’y ai vu une grande chose qui s’élève vers le ciel et redescend sur terre, dans laquelle quinze personnes peuvent entrer (un zeppelin<sup data-fn="904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6" class="fn"><a href="#904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6" id="904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6-link">10</a></sup>). Son apparence est celle d’un requin, et il va très vite. En une heure, un Européen a coutume de dépenser trois ou cinq livres sterling. Mais en échange, on s’élève, puis l’on revient (au sol), parcourant en deux heures une distance pour laquelle la locomotive<sup data-fn="8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb" class="fn"><a href="#8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb" id="8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb-link">11</a></sup> met six heures. »</p>



<p><em>(Père:)</em> « Ah, comment as-tu vu cela ? »<br><em>(Moi:)</em> « Je l’ai vu comme un prodige<sup data-fn="f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b" class="fn"><a href="#f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b" id="f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b-link">12</a></sup> : une véritable maison s’élève et part vers le ciel, sans aucune corde. J’en ai vu un autre, semblable à un oiseau de proie<sup data-fn="160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b" class="fn"><a id="160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b-link" href="#160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b">13</a></sup> : un homme y entre également, et il s’élève et va plus vite qu’un bateau à vapeur<sup data-fn="06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34" class="fn"><a href="#06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34" id="06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34-link">14</a></sup>. J’ai été très heureux de voir ces choses merveilleuses. L’Européen chez qui j’étais m’a donné une longue-vue, et je ne pouvais voir des gens que les jambes. Il passa près du navire où nous nous trouvions, et je compris que les Européens ont beaucoup d’ingéniosité. Il n’y a personne qui oserait se lancer en guerre contre eux. »</p>



<p><em>(Père:)</em> « Eh bien ! À quoi ressemblait cette grande chose ? »<br><em>(Moi:)</em> « Tout à fait à un requin. »<br><em>(Père:)</em> « Comment les gens y entrent-ils ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils entrent par une porte et la referment ; puis cela s’élève comme un cerf-volant, mais sans corde. »<br><em>(Père:)</em> « Y es-tu entré toi aussi ? »<br><em>(Moi:)</em> « Non, non ! J’ai peur d’y entrer : on pourrait en tomber. Un Noir ne doit pas oser y entrer pour monter ainsi et aller vers le ciel. Et ce type d’appareil (dirigeable) a été construit uniquement par les Allemands. Les Anglais n’ont fabriqué aucune machine pouvant emporter quinze personnes. Chez les Anglais, seules deux ou trois personnes peuvent y prendre place. Ils n’ont pas encore su fabriquer ce que les Allemands ont fait. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">La ville de Hambourg et ses petits commerces </h3>



<p><em>(Père:)</em> « Tu es un menteur. Tu voyages là-bas et tu reviens pour me raconter des mensonges. »<br><em>(Moi:)</em> « Mais père, ces choses sont vraies, et je te montrerai aussi la carte (l’image) sur laquelle cette grande chose est représentée. Voici celle pour quinze personnes, et voici celle pour un seul homme. Celle pour un homme ressemble à un oiseau de proie s’élevant vers le ciel. Et les autres images montrent la belle, la très belle ville de Hambourg : une cité entièrement européenne, avec de belles rues et de très nombreux arbres magnifiques. Dans une rue, trente voitures peuvent se croiser sans se toucher, et les passants ne se heurtent pas tant la rue est large, et, en outre, les gens y vendent des marchandises. »</p>



<p>(<em>Père:)</em> « Que vendent-ils ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils vendent des pommes<sup data-fn="45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283" class="fn"><a href="#45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283" id="45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283-link">15</a></sup> et des oranges européennes. »<br><em>(Père:)</em> « À quel prix les vendent-ils ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils vendent une livre pour deux pesa<sup data-fn="148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5" class="fn"><a href="#148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5" id="148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5-link">16</a></sup>. »<br><em>(Père:)</em> « Sont-elles sucrées ? »<br><em>(Moi:)</em> « Très sucrées. Et il y a aussi des gâteaux sucrés, et d’autres qu’on mange avec le thé. »<br><em>(Père:)</em> « Ah ! Et à quel prix vend-on cela ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils les vendent un pesa, et une tasse de thé aussi pour un pesa. Voilà le prix qu’ils demandent. Voilà les nouvelles d’Europe. Les Allemands sont nos amis. »</p>



<p><em>(Moi:)</em> « Comment vont les choses à Zanzibar ? »<br><em>(Père:)</em> « À Zanzibar, les choses sont maintenant bon marché : si quelqu’un a une roupie, il peut être rassasié ; elle suffit pour toute la journée. »<br><em>(Moi:)</em> « Suffit-elle vraiment ? »<br><em>(Père:)</em> « Elle suffit, et il y a beaucoup de nourriture, et il tombe beaucoup de pluie. Les gens labourent et cultivent les champs ; les cocotiers portent, et les orangers fleurissent. Les gens se réjouissent du bien-être qui règne maintenant dans la ville. Et ici, nous sommes heureux qu’il y ait tant de bananes : trois ou quatre pour un pesa ; et il y a aussi beaucoup de pommes de terre. Et l’on trouve également de grandes ignames : l’une coûte huit pesa, et si elle est très grosse, un surani (soit seize pesa). Voilà le bien-être qui règne à présent dans la ville. Il n’y a pas de maladie. Nous sommes tous en bonne santé ; personne n’est encore mort.<br>Veux-tu repartir ? »</p>



<p>(Moi:) « Je repartirai. »<br>(Père:) « Reste ici et repose-toi. S’il y avait quelqu’un parmi nous deux qui devrait travailler, ce serait moi, qui t’ai engendré ; et pourtant, je n’ai rien gagné sinon toi, puisque je t’ai mis au monde. Reste donc ici et repose-toi : tu es malade. Et ta mère n’aime pas du tout que tu repartes. Cherche du travail ici en ville et occupe-toi. »<br><em>(Moi:)</em> « Je partirai tout de même, car l’Européen chez qui je suis est un homme bon, qui sait se comporter avec les gens. »<br><em>(Père:)</em> « Va alors et va dire adieu à ta mère. »<br><em>(Moi:)</em> « Aridjalia<sup data-fn="03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15" class="fn"><a href="#03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15" id="03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15-link">17</a></sup> donc, que tout aille bien, chère mère. »<br><em>(Mère:)</em> « Aridjalia. Nous nous reverrons dans le bonheur. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes </h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26"><em>Issu d&rsquo;une lignée shirazi, c’est-à-dire l’une des familles d’origine arabo-persane dont se réclamaient les sultans et l’aristocratie de l’archipel à l’époque.</em> <a href="#ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35"><em>Il utilise l’expression « hazi ya uwana nkoɗo »</em>. <a href="#f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98"><em>« Bonjour ! Bonjour ! Qu’y a-t-il de nouveau, d’où viens-tu ? »</em> <a href="#063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019"><em>Ville mozambicaine située le long de la rivière du même nom, un affluent du delta du Zambèze.</em> <a href="#6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb"><em>Quiconque aime véritablement une autre personne ne peut rester chez lui lorsqu’il apprend une nouvelle heureuse le concernant ; il se précipite pour partager sa joie avec cette personne ou ses proches.</em> <a href="#23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107"><em>Comment s’est passée tout ce temps ?</em> <a href="#6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527"><em>Bien.</em> <a href="#c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96"><em>Comment était l’Europe ?</em> <a href="#c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f"><em>Tout va bien.</em> <a href="#85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6"><em>Un aérostat de type dirigeable rigide, de fabrication allemande.</em> <a href="#904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb"><em>Il utilise l’expression « gari la moshi ».</em> <a href="#8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b"><em>Mastaâdjab.</em> <a href="#f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b"><em>Il s&rsquo;agit des premiers planneurs.</em> <a href="#160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34"><em>Markaɓu ya moshi.</em> <a href="#06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283"><em>Le terme qu’il a employé pour désigner la pomme est « pera la shizungu », littéralement « goyave européenne ».</em> <a href="#45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5"><em>Une livre et deux pesa (ratili ndzima na maɓwankanga maili).</em> <a href="#148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15"><em>Littéralement : « Adieu ».</em> <a href="#03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Lettre de Mwinyi Mkuu à Ranavalona Iʳᵉ en 1834</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 01:23:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh]]></category>
		<category><![CDATA[Madagascar]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Ranavalona 1ère]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : En 1834, une délégation malgache en route pour Zanzibar fait escale à Mroni, à Ngazidja, afin de se ravitailler en eau. La mission, dépêchée par la reine Ranavalona Iʳᵉ, est chargée d’une démarche diplomatique auprès de Sayyid Saïd, sultan de Zanzibar. Mais le contexte géopolitique de l’époque ne permettait aucune halte ni à [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> En 1834, une délégation malgache en route pour Zanzibar fait escale à Mroni, à Ngazidja, afin de se ravitailler en eau. La mission, dépêchée par la reine Ranavalona Iʳᵉ, est chargée d’une démarche diplomatique auprès de Sayyid Saïd, sultan de Zanzibar. Mais le contexte géopolitique de l’époque ne permettait aucune halte ni à Maore ni à Mwali</em><sup data-fn="68204ffe-981b-4d07-8692-28b1e8e0b7cc" class="fn"><a id="68204ffe-981b-4d07-8692-28b1e8e0b7cc-link" href="#68204ffe-981b-4d07-8692-28b1e8e0b7cc">1</a></sup><em>.</em></p>



<p><em>La première est alors administrée, en tant que représentant du sultan de Ndzuani, par un Malgache sakalava, Andriantsuli, ancien rival des Mérina et de Radama Iᵉʳ. La seconde avait pour souverain Ramanetaka (connu également sous le nom de sultan Abdurahman), un Malgache mérina, cousin de Radama Iᵉʳ, qui avait fui la répression sanglante ordonnée par Ranavalona Iʳᵉ. L’escale est donc opérée plus au nord de l’archipel, à Ngazidja, à Mroni, auprès du sultan Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh, dit Mwinyi Mkuu. Un choix dicté par la prudence, mais qui laisse supposer l’existence d’une entente préalable entre les deux parties, possiblement établie dès le règne de Radama Iᵉʳ.</em></p>



<p><em>C’est dans ce contexte que le sultan adresse une lettre à la reine Ranavalona Iʳᵉ, en ce mois d’<a href="https://beshelea.com/calendriers-aux-comores/">Alkausi</a> (entre novembre et décembre) 1250</em><sup data-fn="54ede12b-1522-4894-a7a9-8cb722fede72" class="fn"><a id="54ede12b-1522-4894-a7a9-8cb722fede72-link" href="#54ede12b-1522-4894-a7a9-8cb722fede72">2</a></sup><em>, dans l’intention de consolider ce lien. La souveraine y répondra quelques mois plus tard, au mois d’Athauru (entre avril et mai) de l’année suivante.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Lettre d&rsquo;Ahmed bin Saïd Ali à Ranavalona Iʳᵉ</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Ngazidja, le 27 alkausi 1250</em></p>



<p class="has-text-align-right">À Ranavalomanjaka<sup data-fn="07f2f301-d72c-46f0-9032-4294d26b0931" class="fn"><a id="07f2f301-d72c-46f0-9032-4294d26b0931-link" href="#07f2f301-d72c-46f0-9032-4294d26b0931">3</a></sup>,<br>Tananarive.</p>



<p>« Par la grâce du Très Haut,</p>



<p>Parvenez à la vieillesse et soyez exempte de maladies, ô Ranavalomanjaka, notre pays est calme et tranquille.</p>



<p>Vos cinq envoyés<sup data-fn="99bfa82a-f59d-4f5e-bf07-30689815ef40" class="fn"><a id="99bfa82a-f59d-4f5e-bf07-30689815ef40-link" href="#99bfa82a-f59d-4f5e-bf07-30689815ef40">4</a></sup> et ceux de Sayyid Saïd arrivés sur la terre de Mroni, et ont eu une entrevue avec moi. Ils ont dit que vous êtes en bonne santé et nous leur avons fait part du bon état de la nôtre. Depuis nos ancêtres et notre père<sup data-fn="6cf1620b-b287-4ffb-89f8-8bfcbb8c2d38" class="fn"><a id="6cf1620b-b287-4ffb-89f8-8bfcbb8c2d38-link" href="#6cf1620b-b287-4ffb-89f8-8bfcbb8c2d38">5</a></sup>, le roi ou la reine de Madagascar sont nos pères et mères et nous sommes leurs enfants<sup data-fn="886e3189-7d75-4379-a3dd-a839423cd572" class="fn"><a id="886e3189-7d75-4379-a3dd-a839423cd572-link" href="#886e3189-7d75-4379-a3dd-a839423cd572">6</a></sup>. En ce moment vous êtes notre père et notre mère<sup data-fn="5a62affa-786a-4fc8-b951-06fed9023947" class="fn"><a id="5a62affa-786a-4fc8-b951-06fed9023947-link" href="#5a62affa-786a-4fc8-b951-06fed9023947">7</a></sup> et nous vos enfants, ne nous abandonnez pas, mais veuillez nous visiter pour voir notre situation ici et de notre côté nous vous rendrons visite.</p>



<p>Nous vous demandons, Madame, s’il n’y a pas d’inconvénient de nous dire s’il y a des services que nous pouvons vous rendre car nous les accomplirons. C’est nous qui vous demandons une lettre Madame et votre visite. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Sultan AHMED MWINYI MKUU</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Lettre de Ranavalona Iʳᵉ à Ahmed bin Saïd Ali</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Tananarive, 21 athauru 1835</em><sup data-fn="7bb37f98-2e95-4aaa-a1e9-0920e804132b" class="fn"><a id="7bb37f98-2e95-4aaa-a1e9-0920e804132b-link" href="#7bb37f98-2e95-4aaa-a1e9-0920e804132b">8</a></sup></p>



<p class="has-text-align-right">Au Sultan Ahmed Mwinyi Mkuu,</p>



<p>« J’ai écouté les paroles apportées par mes cinq envoyés et j’ai reçu la lettre que vous m’avez écrite le 27 alkausi 1250. J’en ai pris connaissance, ce que vous dites est vrai, je suis véritablement votre père et votre mère.</p>



<p>Au sujet de vos offres de service, je vous le ferai dire le cas échéant ou je vous enverrai une lettre ou une personne ; ce que vous dites est bien.</p>



<p>Je vous salue. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>RANAVALOMANJAKA</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Relations entre Madagascar et les Comoes aux XIXe siècle (1825-1895), <em>Roihilou Mohamed (2008)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="68204ffe-981b-4d07-8692-28b1e8e0b7cc"><em>En effet, Maore et Mwali se trouvent bien plus proches de la côte ouest de Madagascar.</em> <a href="#68204ffe-981b-4d07-8692-28b1e8e0b7cc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="54ede12b-1522-4894-a7a9-8cb722fede72"><em>L’année hégirienne mentionnée correspond à 1834 dans le calendrier grégorien.</em> <a href="#54ede12b-1522-4894-a7a9-8cb722fede72-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="07f2f301-d72c-46f0-9032-4294d26b0931"><em>Littéralement “Ranavalona régnante”. On le désignait également par ce titre.</em> <a href="#07f2f301-d72c-46f0-9032-4294d26b0931-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="99bfa82a-f59d-4f5e-bf07-30689815ef40"><em>La délégation était composée de Fadly (chef de délégation), Ramiaramanana, Rahaingomanana, Ranamaloko et Ramahasolo.</em> <a href="#99bfa82a-f59d-4f5e-bf07-30689815ef40-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6cf1620b-b287-4ffb-89f8-8bfcbb8c2d38"><em>Il fait ici référence au premier roi de l’Imerina, Andrianampoinimerina, père du défunt époux de la reine, le roi Radama Iᵉʳ. Une manière de flatter la souveraine et de se rapprocher d’elle.</em> <a href="#6cf1620b-b287-4ffb-89f8-8bfcbb8c2d38-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="886e3189-7d75-4379-a3dd-a839423cd572"><em>Une formulation très diplomatique, au regard du passif des razzias malgaches dans l’archipel des Comores. Le sultan Ahmed bin Saïd bin Swaleh est d’ailleurs né vers 1793, au début des attaques orchestrées par les Betsimsaraka. Lorsqu’il accède au pouvoir dans le Ɓamɓao vers 1820, Ngazidja venait de subir, quelques années plus tôt, les dernières incursions.</em> <a href="#886e3189-7d75-4379-a3dd-a839423cd572-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5a62affa-786a-4fc8-b951-06fed9023947"><em>Il s’agit d’une expression typiquement comorienne, que l’on retrouve dans le genre <em>nyanɗu</em> (poésie épique), notamment dans la formule : <em>“Nɗo ulo sesi nɗo ulo nyasi”</em> (“celui qui est notre père et notre mère”).</em> <a href="#5a62affa-786a-4fc8-b951-06fed9023947-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7bb37f98-2e95-4aaa-a1e9-0920e804132b"><em>Ici, l’année est indiquée selon le calendrier grégorien.</em> <a href="#7bb37f98-2e95-4aaa-a1e9-0920e804132b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Arrêté du 29 février 1904</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 14:14:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Alfred Martineau]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>La guéguerre qui animait l’après-signature des traités de protectorat français</em><sup data-fn="c18a8689-197a-4ac0-a6c0-11496aa58631" class="fn"><a id="c18a8689-197a-4ac0-a6c0-11496aa58631-link" href="#c18a8689-197a-4ac0-a6c0-11496aa58631">1</a></sup><em> à Ngazidja, opposant d’un côté le colon Léon Humblot et sa société</em><sup data-fn="d4541638-699b-4dcb-b2c2-53e68bdfd54f" class="fn"><a id="d4541638-699b-4dcb-b2c2-53e68bdfd54f-link" href="#d4541638-699b-4dcb-b2c2-53e68bdfd54f">2</a></sup><em>, et de l’autre les différents Résidents français, n’a fait que détériorer davantage la condition des esclaves de l’île, pris au piège d’un statut de « travailleurs libres engagés » dont ils ne voyaient jamais la fin. Mais face au besoin croissant de main-d’œuvre pour la colonisation agricole — <a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">comme ce fut déjà le cas à Maore en 1846</a> — la France, par l’intermédiaire du gouverneur de Maore, décide d’abolir officiellement l’esclavage à Ngazidja à la fin du mois de février 1904.</em></p>



<p><em>Une décision qui, dans les faits, profitait davantage aux industries coloniales qu’aux esclaves eux-mêmes. Une décision aussi qui resta largement sans effet, puisque l’esclavage perdura à Ngazidja jusqu’à la moitié du XXe siècle : on dénombrait encore des affranchissements à Mroni en 1942, par exemple<sup data-fn="35cddf50-2b23-4a63-89b8-cfeab7403048" class="fn"><a href="#35cddf50-2b23-4a63-89b8-cfeab7403048" id="35cddf50-2b23-4a63-89b8-cfeab7403048-link">3</a></sup>. Arrivé à Ngazidja en pleine éruption du Karthala — les 25 et 26 février — et sans apporter d’aide à la population en situation d’urgence, le gouverneur Alfred Martineau réunit l’administration coloniale et quelques sinistrés à la Résidence pour proclamer solennellement l’abolition de l’esclavage. Une mesure qui visait en réalité les maîtres locaux et non les colons, et qui fut suivie d’un décret.</em></p>



<p><em>Le premier texte évoque une « émancipation » des esclaves tout en vantant ce « bienfait de la République » (coloniale), tandis que l’arrêté officiel parle d’« abolition » de l’esclavage. Une formulation qui, à y regarder de près, illustre une abolition de façade, destinée avant tout au public européen. On condamnait le système en apparence, tout en fermant les yeux sur le terrain, en tolérant largement les pratiques d’engagement et sans améliorer la situation précaire des travailleurs ainsi « libérés ».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Proclamation relative à l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage à Ngazidja, 29 février 1904</h3>



<p>« Habitants de Ngazidja !</p>



<p>Dans ce pays, où flotte le drapeau de la France, existait encore une sorte d’esclavage que les traditions familiales ne suffisaient pas à justifier<sup data-fn="6cb1ab8b-dc92-4524-8017-ec0952bb2edd" class="fn"><a id="6cb1ab8b-dc92-4524-8017-ec0952bb2edd-link" href="#6cb1ab8b-dc92-4524-8017-ec0952bb2edd">4</a></sup>.</p>



<p>Après un sérieux examen de la situation, j’ai pensé que l’heure était venue d’imposer un terme à des pratiques qui violent le droit international et les principes des sociétés modernes.</p>



<p>Pour me conformer aux ordres de mon gouvernement et sur la proposition de M. le résident<sup data-fn="23da354d-b3d7-4816-a8e9-0f776ba4802c" class="fn"><a id="23da354d-b3d7-4816-a8e9-0f776ba4802c-link" href="#23da354d-b3d7-4816-a8e9-0f776ba4802c">5</a></sup> de France, je proclame à Ngazidja l’émancipation des esclaves.</p>



<p>J’ai été heureux de profiter de la présence à Ngazidja d’un membre de la Chambre des députés, M. Louis Brunet<sup data-fn="96e15e01-ed95-426f-8222-44a153f65dd5" class="fn"><a id="96e15e01-ed95-426f-8222-44a153f65dd5-link" href="#96e15e01-ed95-426f-8222-44a153f65dd5">6</a></sup>, pour accomplir cet acte que j’invite la population à considérer comme une haute récompense de son attachement à la France.</p>



<p>Ceux qui bénéficient de ce nouveau bienfait de la République sauront s’en montrer dignes. »</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Alfred Martineau</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Arrêté portant abolition de l&rsquo;esclavage à Ngazidja, 29 février 1904 </h3>



<p>Nous, gouverneur de Maore et dépendances,</p>



<p>Vu l’ordonnance organique du 7 septembre 1840 concernant l’organisation administrative du Sénégal, applicable à Maore par dépêche ministérielle du 22 juin 1846, maintenue pour la colonie par décret du 14 juillet 1877, ensemble le décret du 9 septembre 1899 ;</p>



<p>Sur le rapport de M. le résident de France à Ngazidja en date du 24 février 1904,</p>



<p><strong>ARRÊTONS :</strong></p>



<p><strong>Article premier.</strong> — L’esclavage est aboli à Ngazidja.</p>



<p><strong>Article 2.</strong> — Le résident de France est chargé de l’exécution du présent arrêté qui sera enregistré et communiqué partout où besoin sera.</p>



<p>Mroni, le 29 février 1904.</p>



<p class="has-text-align-right">Signé : <strong>Alfred Martineau</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>La situation des indigènes aux Comores,&nbsp;<em>Comité de protection et de défense des indigènes (1904)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c18a8689-197a-4ac0-a6c0-11496aa58631"><em>Les traités du 6 janvier 1886 et du 6 janvier 1892.</em> <a href="#c18a8689-197a-4ac0-a6c0-11496aa58631-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d4541638-699b-4dcb-b2c2-53e68bdfd54f"><em>Société anonyme de la Grande-Comore (Humblot et Cie).</em> <a href="#d4541638-699b-4dcb-b2c2-53e68bdfd54f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="35cddf50-2b23-4a63-89b8-cfeab7403048"><em>Sophie Blanchy, « Esclavage et commensalité à Ngazidja, Comores », Cahiers d’Etudes africaines, 3/2005, n°179-180.</em> <a href="#35cddf50-2b23-4a63-89b8-cfeab7403048-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6cb1ab8b-dc92-4524-8017-ec0952bb2edd"><em>Il ne fait ici allusion qu’à l’esclavage domestique et agricole pratiqué par les Comoriens. Il trouve en revanche le moyen de passer sous silence les formes d’esclavage mises en œuvre par les colons, qu’il s’agisse des enrôlements opérés dans l’île par l’administration française ou des engagements sans fin instaurés par les entreprises coloniales, au premier rang desquelles la SGC de Humblot.</em> <a href="#6cb1ab8b-dc92-4524-8017-ec0952bb2edd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23da354d-b3d7-4816-a8e9-0f776ba4802c"><em>Le résident Massol.</em> <a href="#23da354d-b3d7-4816-a8e9-0f776ba4802c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="96e15e01-ed95-426f-8222-44a153f65dd5"><em>Député de la Réunion.</em> <a href="#96e15e01-ed95-426f-8222-44a153f65dd5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/arrete-29-fevrier-1904/">Abolitions de l&rsquo;esclavage aux Comores : Arrêté du 29 février 1904</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Traité du 20 septembre 1854</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-traite-20-septembre-1854/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 20:12:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ɓwana Fumu wa Mɓafumu Kalwauso]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
		<category><![CDATA[William Sunley]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Quatre jours après avoir conclu un traité d’abolition de l’esclavage avec la sultane <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-16-septembre-1854/">Djumɓe Fatima binti Abdurahman de Mwali</a>, le nouveau consul résident britannique, William Sunley<sup data-fn="4bd5c73d-829c-4970-8c94-1f97b26da874" class="fn"><a id="4bd5c73d-829c-4970-8c94-1f97b26da874-link" href="#4bd5c73d-829c-4970-8c94-1f97b26da874">1</a></sup>, parvint à obtenir un accord similaire à Ngazidja, en ce mois de septembre 1854. Lors de son passage sur l’île, un traité analogue fut signé avec le sultan Ɓwana Fumu wa Mɓafumu Kalwauso<sup data-fn="556986c7-f6dc-41c6-9eeb-68b3b3e8beba" class="fn"><a id="556986c7-f6dc-41c6-9eeb-68b3b3e8beba-link" href="#556986c7-f6dc-41c6-9eeb-68b3b3e8beba">2</a></sup> d’Itsandraya, à Ngazidja. Tout comme son prédécesseur, Fumɓavu wa Fefumu, Ɓwana Fumu était impliqué dans la traite des êtres humains.</p>



<p><strong>TRAITÉS entre la Grande-Bretagne et certains chefs de la côte orientale d’Afrique, pour l’abolition, la répression et la prévention de la traite des esclaves.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Traité avec Ɓwana Fumu, un des principaux sultans de Ngazidja</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Itsandraya, le 20 septembre 1854</em></p>



<p><em>DÉCLARATION de la réquisition adressée à Ɓwana Fumu, l’un des principaux sultans de Ngazidja, par William Sunley, Esquire, consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores, et Henry A. Kerr, Esquire, commandant du sloop de Sa Majesté Nerbudda (agissant sous les ordres de Henry G. Morris, Esquire, commandant du navire de Sa Majesté Hydra et officier supérieur sur la côte orientale d’Afrique).</em></p>



<p><strong>I.</strong> Le sultan s’engage à abolir à jamais la traite des esclaves dans son territoire.</p>



<p><strong>II.</strong> Le sultan ordonnera la saisie de tout navire appartenant à ses sujets qui serait trouvé exerçant la traite des esclaves à l’étranger, et fera arrêter et punir le capitaine et l’équipage comme pirates. Tout autre navire amenant des esclaves dans son territoire sera traité de la même manière.</p>



<p><strong>III.</strong> Le sultan punira toute personne parmi ses sujets servant à bord de navires négriers et qui n’aura pas informé le sultan de son implication dans la traite.</p>



<p><strong>IV.</strong> Tout navire possédant à son bord des instruments servant à la traite des esclaves — tels que fers, boulons, menottes, chaînes, fouets ou fers à marquer — sera considéré comme s’il transportait effectivement des esclaves.</p>



<p><strong>V.</strong> Le sultan autorise les croiseurs britanniques à saisir tout navire appartenant à ses sujets trouvé avec des esclaves ou des instruments de traite à bord, après un délai de quatre mois à compter de cette date.</p>



<p><strong>VI.</strong> Le sultan ou le gouverneur devra munir tous les navires appartenant à ses sujets de laissez-passer (ou permissions de port) ; tout navire trouvé sans ce document pourra être saisi, conformément à la cinquième réquisition, par tout croiseur britannique le rencontrant.</p>



<p><strong>VII.</strong> Tous les navires saisis par les croiseurs britanniques seront envoyés devant la cour de vice-amirauté britannique la plus proche ou la plus commode, pour y être jugés. En cas de condamnation, les navires et leurs cargaisons seront vendus au profit du sultan et du gouvernement britannique, mais les esclaves seront affranchis dans une colonie britannique.</p>



<p><strong>VIII.</strong> Le sultan proclamera immédiatement une loi rendant publiques, auprès de tout son peuple, les stipulations du présent accord.</p>



<p><em>ACCORD conclu entre Ɓwana Fumu, l’un des principaux sultans des Comores, et William Sunley, Esquire, consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores, ainsi que Henry A. Kerr, Esquire, commandant du sloop de Sa Majesté Nerbudda.</em></p>



<p><strong>I.</strong> Il n’y aura pas de commerce d’esclaves dans mon territoire.</p>



<p><strong>II.</strong> Tous mes sujets qui traiteront des esclaves seront punis comme ceux qui volent des hommes ; et tout autre navire amenant des esclaves dans mon territoire sera saisi.</p>



<p><strong>III.</strong> Tous mes sujets travaillant à bord de navires négriers, ou aidant la traite des esclaves, seront punis.</p>



<p><strong>IV.</strong> Tout navire ayant à bord des fers ou autres objets destinés à enchaîner les esclaves sera saisi, de la même manière que les navires transportant effectivement des esclaves.</p>



<p><strong>V.</strong> Les bâtiments de guerre anglais pourront saisir tout navire appartenant à mes sujets qui commerce des esclaves.</p>



<p><strong>VI.</strong> Tous les navires de mes sujets devront obtenir des passeports.</p>



<p><strong>VII.</strong> Tout navire saisi sera envoyé dans un lieu anglais pour y être jugé ; les esclaves seront libérés, et le navire ainsi que sa cargaison vendus — une moitié du produit revenant à moi, et l’autre au gouvernement anglais.</p>



<p><strong>VIII.</strong> Le sultan a fait connaître cet accord à tout son peuple.</p>



<p>Fait en double original à Itsandraya, île de Ngazidja, le 20 septembre 1854.</p>



<p class="has-text-align-right"><em><span>(L.S.) </span><strong>Ɓwana Fumu wa Mɓafumu Kalwauso</strong>, Sultan d’Itsandraya, île de Ngazidja.<br><strong>William Sunley</strong>, Consul de Sa Majesté Britannique pour les îles Comores<br><strong>H. A. Kerr</strong>, Commandant de la goélette de Sa Majesté « Nerbudda »</em></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. X., <em>Lewiw Hertslet (1859)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="4bd5c73d-829c-4970-8c94-1f97b26da874"><em>Il fut le second et dernier consul résident à Ndzuani. Il succéda à Josiah Napier, en poste de 1848 jusqu’à sa mort le 20 septembre 1850. Sunley occupa cette fonction jusqu’en 1866.</em> <a href="#4bd5c73d-829c-4970-8c94-1f97b26da874-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="556986c7-f6dc-41c6-9eeb-68b3b3e8beba"><em>Le vieux sultan avait autrefois porté le titre de Ntiɓe. Cependant, à cette année précise, au lendemain de la première Nkoɗo nkuu (grande guerre), c’est à sultan Ahmed bin Saïd Ali, son allié durant le conflit contre Fumɓavu, que revenait désormais ce titre.</em> <a href="#556986c7-f6dc-41c6-9eeb-68b3b3e8beba-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Abolitions de l&#8217;esclavage aux Comores : Accord du 29 juillet 1861</title>
		<link>https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/</link>
					<comments>https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 12:37:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh]]></category>
		<category><![CDATA[Algernon Frederick Rous de Horsey]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Sultan du Ɓamɓao et Ntiɓe<sup data-fn="e4aa057d-0c7a-4b8e-aac3-3fb68466db69" class="fn"><a id="e4aa057d-0c7a-4b8e-aac3-3fb68466db69-link" href="#e4aa057d-0c7a-4b8e-aac3-3fb68466db69">1</a></sup> de Ngazidja au début de la décennie 1860, Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh, dit <em>Mwinyi Mkuu</em>, avait, comme la plupart de ses pairs comoriens, bâti sa richesse en partie sur le commerce d’esclaves<sup data-fn="537ed915-b247-419b-931b-190c2a92a86d" class="fn"><a id="537ed915-b247-419b-931b-190c2a92a86d-link" href="#537ed915-b247-419b-931b-190c2a92a86d">2</a></sup>. En visite dans l’archipel, l’officier britannique Sir Algernon de Horsey parvint, lors de son passage à Mroni, à négocier un accord visant à interdire le commerce étranger d’esclaves sur l’île<sup data-fn="765cd6b6-481e-4ef9-a53b-9094108d7b4b" class="fn"><a id="765cd6b6-481e-4ef9-a53b-9094108d7b4b-link" href="#765cd6b6-481e-4ef9-a53b-9094108d7b4b">3</a></sup>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">ACCORD avec le sultan de Mroni, à Ngazidja, pour l’abolition de la traite des esclaves.</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Mroni, le 29 juillet 1861.</em></p>



<p>Accord conclu entre le sultan Ahmed, chef de Mroni<sup data-fn="6355ea58-806d-4c8b-8db6-452ad9c17ab4" class="fn"><a href="#6355ea58-806d-4c8b-8db6-452ad9c17ab4" id="6355ea58-806d-4c8b-8db6-452ad9c17ab4-link">4</a></sup> et d’autres localités de l’île de Ngazidja, d’une part, et Algernon Frederick R. de Horsey, capitaine du navire de Sa Majesté britannique <em>Brisk</em> et officier supérieur sur la côte orientale d’Afrique, ainsi que William Sunley, consul de Sa Majesté Britannique aux îles Comores, d’autre part, en vue de l’abolition de la traite des esclaves dans les États du sultan.</p>



<p><strong>Article I.</strong><br>Le sultan Ahmed s’engage par le présent accord à interdire tout commerce étranger d’esclaves dans ses territoires, et à ne permettre l’introduction d’aucun esclave à Mroni ni dans aucune autre localité placée sous sa domination.</p>



<p><strong>Article II.</strong><br>Le sultan consent par les présentes à ce que les navires de guerre de Sa Majesté la Reine d’Angleterre puissent saisir tout bâtiment battant son pavillon qui serait rencontré avec des esclaves à bord, ou muni d’aménagements destinés à la traite, ou qui ne serait pas pourvu d’un laissez-passer dûment signé de la main du sultan.</p>



<p>Fait à Mroni, île de Ngazidja, en double exemplaire, ce 29 juillet 1861.</p>



<p class="has-text-align-right"><em><strong>Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh,</strong> Sultan de Mroni<br><strong>A. F. R. de Horsey</strong>, capitaine du navire de Sa Majesté Brisk et officier supérieur sur la côte orientale d’Afrique<br><strong>W. Sunley</strong>, consul de Sa Majesté Britannique aux îles Comores</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em><strong>Témoin :</strong> E. S. Adeane, lieutenant du navire de Sa Majesté Brisk.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. XI., <em>Lewiw Hertslet (1864)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e4aa057d-0c7a-4b8e-aac3-3fb68466db69"><em>Le titre de Ntiɓe de Ngazidja désigne le roi suprême. Il détient la prérogative essentielle d’introniser tous les sultans de l’île, aussi bien dans les territoires relevant de son propre Inya que dans les autres. Ce titre n’est pas héréditaire : il s’acquiert, selon l’adage, « à l’épée ».</em> <a href="#e4aa057d-0c7a-4b8e-aac3-3fb68466db69-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="537ed915-b247-419b-931b-190c2a92a86d"><em>À la fois par le trafic d’esclaves ordinaire et au système de traite des « engagés » instauré par les Français depuis Maore.</em> <a href="#537ed915-b247-419b-931b-190c2a92a86d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="765cd6b6-481e-4ef9-a53b-9094108d7b4b"><em>Un accord qui ne sera jamais réellement respecté dans les faits.</em> <a href="#765cd6b6-481e-4ef9-a53b-9094108d7b4b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6355ea58-806d-4c8b-8db6-452ad9c17ab4"><em>Le sultan du Ɓamɓao exerce traditionnellement son autorité sur les principautés de lignée Inya Matswa Pirusa. Mais en sa qualité de Ntiɓe, Mwinyi Mkuu est aussi indirectement chef des autres principautés de l&rsquo;île ne relevant pas de sa lignée.</em> <a href="#6355ea58-806d-4c8b-8db6-452ad9c17ab4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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