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	<title>Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<description>Se souvenir, c&#039;est vivre deux fois</description>
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	<title>Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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		<title>Chronique d&#8217;Abdallah bin Wazir sur la seconde Nkoɗo nkuu</title>
		<link>https://beshelea.com/abdallah-bin-wazir/</link>
					<comments>https://beshelea.com/abdallah-bin-wazir/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 15:37:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Wazir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Abdallah bin Wazir s’inscrit dans une série de témoignages sur la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
<p>The post <a href="https://beshelea.com/abdallah-bin-wazir/">Chronique d&rsquo;Abdallah bin Wazir sur la seconde Nkoɗo nkuu</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’histoire n’est jamais figée. Elle se précise, s’enrichit et parfois se réécrit au gré des faits établis, des archives retrouvées et des témoignages de ceux qui l’ont vécue ou de ceux à qui elle a été transmise. Aux Comores, cette histoire demeure particulièrement tributaire d’une tradition orale longtemps reléguée au second plan dans les récits historiques produits sur l’archipel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil du temps, plusieurs auteurs ont tenté de restituer le passé comorien avec leurs propres grilles de lecture. Certains, comme Jean Martin<sup data-fn="4aadf2dc-389f-4370-a78b-2a917c3ffe0c" class="fn"><a href="#4aadf2dc-389f-4370-a78b-2a917c3ffe0c" id="4aadf2dc-389f-4370-a78b-2a917c3ffe0c-link">1</a></sup>, l’ont abordé à travers un regard essentiellement franco-français. D’autres, à l’image de Thoueybat Saïd Omar-Hilali<sup data-fn="39505037-d22e-477c-ad17-2356e83dc06d" class="fn"><a href="#39505037-d22e-477c-ad17-2356e83dc06d" id="39505037-d22e-477c-ad17-2356e83dc06d-link">2</a></sup>, en ont proposé une lecture plus personnelle et partisane, notamment lorsqu’il s’est agi de réhabiliter la mémoire d’un ancêtre au parcours controversé. Dans nombre de ces travaux, les sources comoriennes restent peu exploitées ou ne bénéficient pas toujours du même crédit que les sources écrites étrangères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, la tradition orale comorienne ne saurait être réduite à un simple complément des archives écrites. Elle constitue une source historique à part entière. Transmis de génération en génération, les récits peuvent conserver la mémoire d’événements, de rapports de pouvoir, de généalogies et de faits parfois absents des documents écrits. Comme toute source historique, ils doivent naturellement être confrontés à d’autres témoignages et soumis au recoupement. Mais lorsqu’ils trouvent des correspondances dans les archives et les récits contemporains, ils peuvent apporter un éclairage précieux sur des événements longtemps racontés depuis l’extérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cet esprit que nous avons choisi de donner toute leur place aux témoignages directs issus de la société comorienne. Notre démarche consiste notamment à restituer, autant que possible dans leur intégralité, des sources qui n’ont parfois été citées que partiellement dans d’autres publications. Il s’agit moins d’opposer tradition orale et sources écrites que de les confronter afin de faire émerger une compréhension plus complète du passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette perspective que nous publions aujourd’hui le témoignage d’<a href="https://beshelea.com/comorien-abdallah-bin-wazir/">Abdallah bin Wazir</a> (vers 1875 – 15 mai 1919), fils de Wazir Djumɓe Fumu et originaire de Ntsudjini et de Mroni. Son récit porte sur l’un des épisodes politiques majeurs de la fin du XIXe siècle à Ngazidja : la seconde Nkoɗo nkuu, conflit qui opposa les sultans Ntiɓe Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar entre 1878 et février 1883.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le témoignage fut recueilli à Hambourg les 19 et 21 août 1912 par les équipes de Carl Meinhof et de Martin Heepe. Près de trente ans après les événements, Abdallah bin Wazir livre un récit particulièrement détaillé de cette période de bouleversements politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son témoignage mérite toutefois d’être replacé dans son contexte. Abdallah bin Wazir était encore très jeune au moment des événements qu’il relate. Son récit ne peut donc pas être considéré comme celui d’un témoin direct de l’ensemble des faits. Il s’agit vraisemblablement, pour une part importante, d’une mémoire acquise et transmise au cours des années suivantes. Cette caractéristique n’enlève pas pour autant tout intérêt à son témoignage. Bien au contraire, son environnement familial lui donnait accès à une mémoire politique particulièrement riche : des membres de ses deux familles avaient été liés aux gouvernements des deux protagonistes du conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout, plusieurs faits et événements rapportés par Abdallah bin Wazir trouvent des correspondances dans d’autres sources écrites et dans les travaux historiques consacrés à cette période. Ces recoupements ne permettent évidemment pas de considérer chaque détail du récit comme définitivement établi. Ils montrent cependant que certaines traditions orales trouvent des confirmations dans des sources indépendantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chronique d&rsquo;Abdallah bin Wazir Djumɓe Fumu</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Quelques notes préliminaires</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les souverains d’Itsandraya étaient Fumnau<sup data-fn="5b6b011b-bcfe-4b30-ad38-cb82a52714e3" class="fn"><a href="#5b6b011b-bcfe-4b30-ad38-cb82a52714e3" id="5b6b011b-bcfe-4b30-ad38-cb82a52714e3-link">3</a></sup>, Msafumu, Fumɓavu<sup data-fn="d90d5c9a-a182-4157-8654-d1e375facdce" class="fn"><a href="#d90d5c9a-a182-4157-8654-d1e375facdce" id="d90d5c9a-a182-4157-8654-d1e375facdce-link">4</a></sup> et Ntiɓe Mbamba ; tels étaient les souverains d’Itsandraya. Les souverains de Ɓamɓao étaient Mwinyi Mkuu<sup data-fn="d9edba44-fabc-424e-a594-2c6086660c36" class="fn"><a href="#d9edba44-fabc-424e-a594-2c6086660c36" id="d9edba44-fabc-424e-a594-2c6086660c36-link">5</a></sup>, Mwinyi Mdji<sup data-fn="a110de6a-2840-423e-a566-01e42aaff504" class="fn"><a href="#a110de6a-2840-423e-a566-01e42aaff504" id="a110de6a-2840-423e-a566-01e42aaff504-link">6</a></sup>, Ahmed bin Sultwan<sup data-fn="05884bda-dcaf-43dc-a93e-a8470f3f4df5" class="fn"><a href="#05884bda-dcaf-43dc-a93e-a8470f3f4df5" id="05884bda-dcaf-43dc-a93e-a8470f3f4df5-link">7</a></sup>, Msafumu wa Mavondzonga, Saïd Bakar<sup data-fn="51598874-5e63-4392-b18b-17950cd5864c" class="fn"><a href="#51598874-5e63-4392-b18b-17950cd5864c" id="51598874-5e63-4392-b18b-17950cd5864c-link">8</a></sup>, Sultan Abdallah<sup data-fn="a8599e64-966b-491d-b36a-71fef14ef5f8" class="fn"><a href="#a8599e64-966b-491d-b36a-71fef14ef5f8" id="a8599e64-966b-491d-b36a-71fef14ef5f8-link">9</a></sup> et Saïd Ali. Les souverains de Mitsamihuli étaient Ɓwana Fumu, Msafumu<sup data-fn="1d70d073-dce2-459a-87f1-57ce78fcfb1e" class="fn"><a href="#1d70d073-dce2-459a-87f1-57ce78fcfb1e" id="1d70d073-dce2-459a-87f1-57ce78fcfb1e-link">10</a></sup>, Trambavu<sup data-fn="7b8b824a-da86-4a2b-88db-a439ed4ba79e" class="fn"><a href="#7b8b824a-da86-4a2b-88db-a439ed4ba79e" id="7b8b824a-da86-4a2b-88db-a439ed4ba79e-link">11</a></sup>, Mɓaantsi, Fefumu<sup data-fn="f34a34ca-4af6-4b19-89d1-f293a1e5df6f" class="fn"><a href="#f34a34ca-4af6-4b19-89d1-f293a1e5df6f" id="f34a34ca-4af6-4b19-89d1-f293a1e5df6f-link">12</a></sup> et Mɓafumu<sup data-fn="051bfebe-1801-47d3-b6f4-f71730f85d06" class="fn"><a href="#051bfebe-1801-47d3-b6f4-f71730f85d06" id="051bfebe-1801-47d3-b6f4-f71730f85d06-link">13</a></sup>. Tels étaient les souverains de Mitsamihuli. Les souverains de Mbadjini étaient Uma, Mahongoo<sup data-fn="5a859040-b271-413c-a715-12f819933073" class="fn"><a href="#5a859040-b271-413c-a715-12f819933073" id="5a859040-b271-413c-a715-12f819933073-link">14</a></sup>, Haɗidja et Sultan Hashim<sup data-fn="a93e0cf9-4b4c-4499-b63b-fa40fee38c6f" class="fn"><a href="#a93e0cf9-4b4c-4499-b63b-fa40fee38c6f" id="a93e0cf9-4b4c-4499-b63b-fa40fee38c6f-link">15</a></sup>. Tels étaient les souverains de Mbadjini.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mwinyi Mkuu et Fumnau<sup data-fn="6dee9c57-fa3e-4f80-aa2d-4b7570bcc181" class="fn"><a href="#6dee9c57-fa3e-4f80-aa2d-4b7570bcc181" id="6dee9c57-fa3e-4f80-aa2d-4b7570bcc181-link">16</a></sup> firent la guerre et se combattirent. Cette guerre est appelée Nkoɗo nkuu [la Grande Guerre]. Elle eut lieu à Hamahame et à Washili et s’étendit jusqu’à Mɓeni. Puis on reprit le combat à Tsidje et l’on combattit à Mbuɗe et à Mbwankuu. Ceux d’Itsandraya furent vaincus. Cette guerre dura deux ans. Depuis lors, ils n’ont plus fait la guerre. Cent dix années se sont écoulées depuis le combat jusqu’à aujourd’hui.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La Grande Guerre entre Saïd Ali et Msafumu</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Soixante-dix-huit ans après<sup data-fn="ff3985d6-ee07-4f37-92ec-565a23c35ada" class="fn"><a href="#ff3985d6-ee07-4f37-92ec-565a23c35ada" id="ff3985d6-ee07-4f37-92ec-565a23c35ada-link">17</a></sup>, Saïd Ali partit pour La Mecque<sup data-fn="b73a1fdd-8f6e-41eb-b039-ae8b44239dcd" class="fn"><a href="#b73a1fdd-8f6e-41eb-b039-ae8b44239dcd" id="b73a1fdd-8f6e-41eb-b039-ae8b44239dcd-link">18</a></sup> ; Saïd Ali avait alors treize ans. Il resta cinq ans à La Mecque, puis revint. Il entreprit un voyage à Ndzuani et y resta cinq mois. Son père, Saïd Omar, vint de Maore à Ndzuani et salua son fils Saïd Ali. Il lui dit : « Va à Ngazidja et salue ta mère et tes frères et sœurs. » Alors il dit à son père : « Je ne vais pas à Ngazidja pour saluer les gens et revenir ensuite ; mais si je vais à Ngazidja, je veux aussi obtenir le pouvoir de gouverner. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son père, Saïd Omar, lui dit : « Tu es encore un petit garçon ; tu n’obtiendras pas le pouvoir de gouverner à Ngazidja. Car, à Ngazidja, il y a des souverains qui disposent de davantage de moyens que toi. Msafumu ne prendra pas le pouvoir au Sultan Abdallah pour te le donner. Car le Sultan Abdallah est le beau-frère de Msafumu. Msafumu wa Fefumu a épousé la sœur du Sultan Abdallah<sup data-fn="970c0239-c338-40f0-9f7c-e49840466309" class="fn"><a href="#970c0239-c338-40f0-9f7c-e49840466309" id="970c0239-c338-40f0-9f7c-e49840466309-link">19</a></sup>. Ne pense donc pas que Msafumu te donnera le pouvoir. Il ne te le donnera pas, pas plus que les gens de Ngazidja. Car tu n’as rien que tu puisses leur donner. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors Saïd Ali dit à son père : « Je vais à Ngazidja, je prendrai les serviteurs de ma mère et je leur donnerai de l’argent, et ils devront me procurer le pouvoir. S’ils ne veulent pas, je commencerai la guerre et je me battrai avec eux. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son père lui dit : « Tu ne connais pas les gens de Ngazidja. Ce n’est pas une petite affaire : les gens de Ngazidja sont des gens mauvais, ils n’aiment personne, car ils sont cupides. Si donc tu vas à Ngazidja, sache à quoi t’attendre. Si Msafumu wa Fefumu accepte et te donne le pouvoir, alors c’est bien. S’il refuse, ne reste pas à Ngazidja, mais lève-toi, reviens à Ndzuani et reste ici. » Alors Saïd Ali dit à son père : « Je ne reviendrai pas à Ndzuani. Car je ne suis pas un Mndzuani, mais un Mngazidja<sup data-fn="cc1f3123-57d2-4f0a-9a37-a14fc2430ae6" class="fn"><a href="#cc1f3123-57d2-4f0a-9a37-a14fc2430ae6" id="cc1f3123-57d2-4f0a-9a37-a14fc2430ae6-link">20</a></sup>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il se mit en route et se rendit à Mwali, où il resta trois mois. Puis il poursuivit son voyage vers Ngazidja, accompagné du sultan de Mwali, <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Abdurahman bin Saïd Mkadara</a>. Ils arrivèrent à Ngazidja et débarquèrent à Mroni. Tout Ngazidja était venu à Mroni pour voir Saïd Ali lorsqu’il arriva. Car beaucoup de gens de Ngazidja ne le connaissaient pas et n’apprirent qu’à ce moment-là<sup data-fn="51ca37b7-917b-4e96-9bfc-ad28ad1e8c47" class="fn"><a href="#51ca37b7-917b-4e96-9bfc-ad28ad1e8c47" id="51ca37b7-917b-4e96-9bfc-ad28ad1e8c47-link">21</a></sup>, lorsqu’il vint auprès d’eux, qu’il était le souverain. Et il prit résidence à Shashanyongo<sup data-fn="dba626da-65d0-414e-9743-6d2653ede531" class="fn"><a href="#dba626da-65d0-414e-9743-6d2653ede531" id="dba626da-65d0-414e-9743-6d2653ede531-link">22</a></sup> (à Ɓadjanani).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens vinrent lui rendre visite. Il resta cinq mois. Puis il désigna ses maseha, ses wazirs et des wafaume wa mahazi, les rassembla et se mit en route vers Itsandraya auprès de Msafumu<sup data-fn="725ed76b-b262-4bb3-b6d4-b833939cbca9" class="fn"><a href="#725ed76b-b262-4bb3-b6d4-b833939cbca9" id="725ed76b-b262-4bb3-b6d4-b833939cbca9-link">23</a></sup>. Il arriva et lui dit : « Je suis venu et je souhaite que tu me donnes le pouvoir de gouverner [dans le Ɓamɓao]. » Msafumu lui dit : « Nous voulons en discuter. Car le pouvoir appartient maintenant à Saïd Bakari (à Mroni)<sup data-fn="d7b9522a-49c4-49dd-946a-c4d5c7c0a40d" class="fn"><a href="#d7b9522a-49c4-49dd-946a-c4d5c7c0a40d" id="d7b9522a-49c4-49dd-946a-c4d5c7c0a40d-link">24</a></sup>. Nous allons donc délibérer pour savoir si nous devons te donner le pouvoir et le retirer à Saïd Bakari. En attendant, va et attends. Je convoquerai les wazirs et les nobles, les conseillers de Ngazidja, et je leur en parlerai<sup data-fn="ea17f192-e8d9-4da5-852b-715ff3314b9b" class="fn"><a href="#ea17f192-e8d9-4da5-852b-715ff3314b9b" id="ea17f192-e8d9-4da5-852b-715ff3314b9b-link">25</a></sup>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïd Ali retourna à Mroni et y resta un premier mois, puis un deuxième mois, puis un troisième mois, sans recevoir aucune réponse quant à savoir s’il obtiendrait ou non le pouvoir. Alors il se rendit à Ikoni, y prit résidence et fit appeler Mhummaɗi wa Hamaɗi, le grand wazir, et lui demanda : « Que devons-nous faire dans cette affaire ? » Celui-ci lui dit : « Reste ici à Ikoni et attends-moi ; ne retourne pas à Itsandraya auprès de Msafumu. J’irai moi-même. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïd Ali resta donc à Ikoni et attendit. Mhummaɗi wa Hamaɗi se mit en route, s’arma et se rendit à Itsandraya auprès de Msafumu. Il lui dit : « Je voudrais savoir quelle décision vous avez prise, vous autres d’Itsandraya. » Msafumu wa Fefumu, sultan d’Itsandraya, dit : « J’ai définitivement remis le pouvoir au Sultan Abdallah. Va donc dire à Saïd Ali que j’ai donné le pouvoir au Sultan Abdallah et que nous gardons l’argent que vous nous avez donné<sup data-fn="03a1b91a-60d7-4f63-ba3e-23b516dd9452" class="fn"><a href="#03a1b91a-60d7-4f63-ba3e-23b516dd9452" id="03a1b91a-60d7-4f63-ba3e-23b516dd9452-link">26</a></sup>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors Mhummaɗi wa Hamaɗi dit à Msafumu : « <em>Aridjalia</em> [Adieu], je m’en vais. S’il plaît à Dieu, je ne reviendrai plus à Itsandraya pour te demander le pouvoir, Msafumu. » Il partit et arriva à Ikoni, où il apporta à Saïd Ali la nouvelle. Celui-ci dit : « Allons, partons pour Mbadjini et établissons-nous là-bas, examinons notre situation et réfléchissons à ce que nous devons faire. » Et il partit avec ses gens, les maseha, les wazirs et les wafaume wa mahazi. Ils arrivèrent à Mbadjini<sup data-fn="e7f5919b-28f3-48aa-b3b7-a2cc37118f34" class="fn"><a href="#e7f5919b-28f3-48aa-b3b7-a2cc37118f34" id="e7f5919b-28f3-48aa-b3b7-a2cc37118f34-link">27</a></sup> et s’y installèrent tranquillement. Saïd Ali écrivit une lettre et l’envoya à son père à Maore, lui faisant part de tout ce qui lui était arrivé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son père, Saïd Omar, lui répondit dans une lettre et dit : « Je te l’ai dit depuis longtemps déjà : ne va pas à Ngazidja pour obtenir le pouvoir, car les waNgazidja ne consentiront pas à te donner le pouvoir afin que tu règnes désormais. Reste donc à Mbadjini et éprouve tes gens que tu as auprès de toi, pour voir s’ils sont aptes à la guerre, et fais-le-moi savoir. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïd Ali écrivit de nouveau une lettre à son père et l’informa en ces termes : « Les gens que j’ai sont comme des dents. Car les dents ne s’abandonnent pas les unes les autres, sauf si l’une d’elles tombe. Tels sont mes gens ici. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque son père, Saïd Omar, entendit cela, il le félicita et lui dit : « Patiente et reste dans le pays de Mbadjini jusqu’à ce que je t’envoie des soldats. » Et ainsi Saïd Ali wa Saïd Omar resta à Mbadjini pendant cinq ans<sup data-fn="097a50a8-ed2c-42d6-ad5c-74f9f7b4e019" class="fn"><a href="#097a50a8-ed2c-42d6-ad5c-74f9f7b4e019" id="097a50a8-ed2c-42d6-ad5c-74f9f7b4e019-link">28</a></sup>, jusqu’à la sixième année après son arrivée à Mbadjini. Alors son père lui envoya des soldats de Ndzuani : 300 hommes, armés de leurs fusils, arrivèrent à Mbadjini.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors Saïd Ali partit avec ses hommes qui se trouvaient à Mbadjini ; ils se joignirent à ces soldats et poursuivirent leur route jusqu’à ce que, le troisième jour, un jeudi, ils arrivent de bon matin à 9h à Ikoni. Ils construisirent alors une fortification et restèrent à Ikoni. Et il resta tranquille. Telle est l’histoire de la manière dont Saïd Ali arriva à Ikoni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle en parvint à Mroni et à Itsandraya ; et Msafumu fut irrité et se mit en route pour Mroni, où il s’installa. Tout Itsandraya, ainsi que Mbuɗe, Hamahame, Washili, Mitsamihuli, Mbwankuu et Hamɓuu, vinrent à Mroni et construisirent une fortification dans le quartier de Djumwamdji-Mbuɗe, au-dessus de la ville, et s’y installèrent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque jour, des troupes de Msafumu partaient et sortaient de la ville, entreprenaient quelque expéditions pour aller chercher des provisions, puis rentraient en ville, pendant deux mois. L’armée de Saïd Ali, en revanche, n’était encore sortie d’Ikoni pour aller nulle part ; ils restaient tranquillement à Ikoni, occupés à leurs affaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au troisième mois, l’armée de Saïd Ali partit en expédition pour aller chercher des provisions. Ils arrivèrent jusqu’à un endroit appelé Mvuni. L’armée de Msafumu partit de Mroni et se dirigea vers Mvuni, où elle rencontra l’armée de Saïd Ali. Les hommes de Saïd Ali considérèrent que l’endroit où ils se trouvaient était proche de Mroni : « Mieux vaut que nous nous retirions. » Ils reprirent donc la route d’Ikoni jusqu’à ce qu’ils arrivent à un endroit appelé Mwazini.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là, ils s’arrêtèrent et décidèrent : « Nous allons rester ici et attendre l’armée de Msafumu et, lorsqu’elle arrivera, nous l’attaquerons, que ce soit nous qui la vainquions ou elle qui nous vainque. Car ici nous sommes aussi près d’Ikoni que de Mroni. » Ils n’étaient pas là depuis longtemps lorsque l’armée de Msafumu arriva. Le combat dura de 9h à 13h, puis l’armée de Saïd Ali retourna à Ikoni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté des hommes de Msafumu, 8 furent tués et 15 blessés<sup data-fn="3f6a8376-de2f-4a2e-b6c6-df114720b6f8" class="fn"><a href="#3f6a8376-de2f-4a2e-b6c6-df114720b6f8" id="3f6a8376-de2f-4a2e-b6c6-df114720b6f8-link">29</a></sup>. On resta tranquille. Mais le douzième jour après le combat de Mwazini, Saïd Ali partit et prit avec lui son armée — ils étaient 500 hommes avec les soldats venus de Ndzuani, tous armés de leurs fusils — et il plaça 100 fusils à Ikoni pour garder la ville. Avec les quatre cents autres, il se rendit en un lieu appelé Nyandoni, construisit une fortification et s’y installa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Msafumu apprit que Saïd Ali était arrivé à Nyandoni et y construisait une fortification, il sut qu’il serait vaincu. Msafumu envoya son armée depuis Mroni et construisit à Tsidje. Une moitié fortifia Tsidje, l’autre moitié resta à Mroni. Saïd Ali arriva à Nyandoni et y construisit sa fortification. Le neuvième jour de son séjour, l’armée de Saïd Ali partit de Nyanɗoni en direction de Tsidje. L’armée de Msafumu sortit et engagea le combat<sup data-fn="0939108e-c0d7-4702-b5f0-7c47fb46f337" class="fn"><a href="#0939108e-c0d7-4702-b5f0-7c47fb46f337" id="0939108e-c0d7-4702-b5f0-7c47fb46f337-link">30</a></sup>. On combattit à partir de 8h du matin, un dimanche ; le combat dura jusqu’à 10h.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors tombèrent Mvulana wa Fumbamba, Mcinga et Mze Fumbamba mna Mfwashuma, un combattant très redoutable. Tombèrent également Mnadjamali et Mwandzeuma wa Fumu, le vizir de Msafumu. Et le combat dura du matin jusqu’à 16h. Alors l’armée de Msafumu fut mise en déroute et rejetée dans la ville de Tsidje, à laquelle on mit le feu. Msafumu vint de Mroni à Tsidje et trouva la ville en flammes. Il dit : « Nous sommes vaincus ; fuyons et partons chacun de notre côté. » Alors l’armée de Msafumu se retira, vaincue. L’armée de Saïd Ali la poursuivit jusqu’à la ville d’Itsandraya, qui fut incendiée. Les habitants la quittèrent pendant la nuit et s’enfuirent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au même moment, les gens qui se trouvaient à Mroni, les notables d’Itsandraya qui étaient à Mroni, s’enfuirent eux aussi lorsqu’ils apprirent que Msafumu avait été vaincu et que Saïd Ali approchait. Les notables et les vizirs d’Itsandraya, qui n’avaient pas accompagné l’armée, car ils étaient restés dans la ville de Mroni, s’enfuirent. Ils se jetèrent à la mer et nagèrent au large, loin de là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, dans le port, se trouvaient deux navires de Saïd Bargash, sultan de Zanzibar. Ils montèrent à bord des navires ; ceux-ci prirent la mer et arrivèrent à Zanzibar<sup data-fn="40f940bc-1870-4336-a01d-d7b5c5f33185" class="fn"><a href="#40f940bc-1870-4336-a01d-d7b5c5f33185" id="40f940bc-1870-4336-a01d-d7b5c5f33185-link">31</a></sup>. Les notables et les vizirs d’Itsandraya débarquèrent à Zanzibar et y restèrent tranquillement. Et Saïd Ali prit possession de Ngazidja, en assuma le pouvoir et s’y installa<sup data-fn="5dcff481-2780-43fe-ae05-186d5a3b5100" class="fn"><a href="#5dcff481-2780-43fe-ae05-186d5a3b5100" id="5dcff481-2780-43fe-ae05-186d5a3b5100-link">32</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis Saïd Ali partit et se rendit à Mitsamihuli<sup data-fn="a8bb73b4-22ce-4877-a5e0-8ef0edac887f" class="fn"><a href="#a8bb73b4-22ce-4877-a5e0-8ef0edac887f" id="a8bb73b4-22ce-4877-a5e0-8ef0edac887f-link">33</a></sup>, où il resta quinze jours. De là, il vint à Ntsaweni, à Mbuɗe<sup data-fn="cc1fc34f-770c-4159-85cf-da97094006fd" class="fn"><a href="#cc1fc34f-770c-4159-85cf-da97094006fd" id="cc1fc34f-770c-4159-85cf-da97094006fd-link">34</a></sup>. Mais le quatrième jour après son arrivée à Mbude, Msafumu partit avec son armée vers un endroit appelé Dzahadjuu (Dzahani), le fortifia et s’y installa. La nouvelle en parvint à Mbuɗe et atteignit Saïd Ali. Celui-ci partit, prit avec lui sa levée en masse et se mit en route. Il arriva jusqu’à un endroit appelé Mifumɓuni, y construisit une fortification en pierre et y resta.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Msafumu partit de Dzahani pendant la nuit et se dirigea vers Ntsudjini. Il entra dans la ville, barricada les portes de la forteresse et resta dans la ville. À l’aube, les hommes de Saïd Ali se rendirent à Dzahani pour combattre. Mais lorsqu’ils y arrivèrent, ils trouvèrent que Msafumu s’était échappé : il était venu à Ntsudjini, était entré dans la ville et avait barricadé les portes de la forteresse. L’armée de Saïd Ali retourna à Mifumɓuni, y resta jusqu’au coucher du soleil et dormit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième jour, l’armée de Saïd Ali partit pour Ntsudjini. Ils arrivèrent et trouvèrent les portes de la ville barricadées. Ils ne purent pas pénétrer dans la ville. Le combat faisait rage autour de la forteresse. Les hommes de Saïd Ali retournèrent à leur fortification et y restèrent. Mais le quatrième jour, en faisant le guet, ils virent arriver un navire de Zanzibar. Il transportait 600 soldats. Ceux-ci arrivèrent à la ville d’Itsandraya. Le navire jeta l’ancre et débarqua des soldats pour Msafumu. On annonça à Msafumu : « Le navire de Saïd wa Suɓeta<sup data-fn="404d9ceb-16b9-4f34-b987-31e7680595b6" class="fn"><a href="#404d9ceb-16b9-4f34-b987-31e7680595b6" id="404d9ceb-16b9-4f34-b987-31e7680595b6-link">35</a></sup> est arrivé de Zanzibar avec des soldats pour toi. » On entendit les fusils crépiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les troupes de Saïd Ali comprirent alors que Msafumu avait reçu des troupes de Zanzibar et lui dirent : « Mieux vaut que nous retournions à Mroni, que nous occupions la forteresse, que nous barricadions la ville et que nous informions ton père à Ndzuani afin qu’il nous envoie de l’aide. » Saïd Ali vint à Mroni ; <a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">ils barricadèrent la ville et y restèrent</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième jour, Msafumu partit avec sa levée en masse et arriva jusqu’à un endroit appelé Mihamɓani, situé au-dessus de la ville de Mroni. Il y arriva, s’y retrancha et y resta avec sa levée en masse. Il bloqua toutes les routes, et même la mer. Alors les gens qui se trouvaient dans la forteresse furent plongés dans une grande détresse. Ils ne pouvaient pas sortir : car tout homme qui apparaissait quelque part était atteint par une balle et tué. Cela dura cinq mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au sixième mois, des soldats vinrent de Ndzuani : 120 hommes arrivèrent. On attendit jusqu’au septième mois ; alors des troupes de Ndzuani arrivèrent, 150 hommes, débarquèrent et restèrent dans la ville de Mroni. On reconnut alors et l’on se convainquit que la ville était trop petite. Il y avait trop de monde. Alors l’armée tint conseil : « Devons-nous partir et combattre, que nous soyons vaincus ou que nous les vainquions ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’armée de Saïd Ali sortit dans l’obscurité et encercla les retranchements de Msafumu<sup data-fn="deb69dc5-0cc9-4d5f-bbc2-8e9a1d6de41c" class="fn"><a href="#deb69dc5-0cc9-4d5f-bbc2-8e9a1d6de41c" id="deb69dc5-0cc9-4d5f-bbc2-8e9a1d6de41c-link">36</a></sup> ; à l’aube, ils engagèrent le combat. Il dura du matin jusqu’au coucher du soleil. Un certain nombre d’hommes moururent. Puis l’armée de Saïd Ali retourna à la ville et y resta. Au troisième mois, l’armée de Saïd Ali sortit de nouveau de la ville et se rendit à un endroit appelé Nkanwadjuu. Ils y construisirent une fortification et y restèrent jusqu’au deuxième mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors l’armée de Msafumu partit de Mihamɓani en direction d’Itsandraya. Ils entrèrent dans la forteresse, y restèrent, barricadèrent les portes de la forteresse et demeurèrent dans la ville. Ils se trouvèrent dans une grande détresse, car personne ne trouvait même un petit endroit par lequel sortir. Les gens restèrent en haut dans la fortification.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les provisions étaient épuisées. Il n’y avait plus de nourriture dans le pays. On ne trouvait même pas un peu de quoi manger. Alors on abattit les bovins et les chèvres, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus. Puis on abattit les cocotiers et on mangea leur cœur<sup data-fn="4fcd263e-987d-4d06-a326-d760c4080ea4" class="fn"><a href="#4fcd263e-987d-4d06-a326-d760c4080ea4" id="4fcd263e-987d-4d06-a326-d760c4080ea4-link">37</a></sup>. Et lorsque ceux-ci furent épuisés, on mangea même les peaux séchées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors les habitants des villes d’Itsandraya et de Ntsudjini commencèrent à mourir de faim. Et pourtant il n’y avait personne pour les enterrer. Les gens mouraient et pourrissaient sur leurs couches. Une maison pouvait avoir quatre, cinq, voire six morts, sans que les gens le sachent, car il n’y avait personne pour aller voir et prendre soin de celui qui se trouvait dans sa maison<sup data-fn="e1596c68-0a88-467d-9061-7a4e59d94655" class="fn"><a href="#e1596c68-0a88-467d-9061-7a4e59d94655" id="e1596c68-0a88-467d-9061-7a4e59d94655-link">38</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et Msafumu wa Fefumu, sultan d’Itsandraya, vit les gens mourir. Il convoqua ses hommes et leur dit : « Nous allons ouvrir la ville. Ceux qui restent encore pourront être tués par Saïd Ali, ou bien il pourra les laisser libres et ne pas les tuer. Quant à moi, je pars maintenant et je m’en vais. Si je devais être capturé par Saïd Ali, qu’il me tue. » Il partit dans l’obscurité et ceux qui avaient survécu sortirent pour s’échapper. L’armée de Saïd Ali reçut la nouvelle : « Msafumu est sorti de la forteresse. » On le chercha jusqu’à l’aube. Alors Msafumu fut trouvé, capturé et conduit à la fortification de Saïd Ali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïd Ali lui donna des hommes avec cet ordre : « Prenez-le et conduisez-le à Mroni, dans la maison de Mze Suluhu à Ɓaidi, et laissez-le là jusqu’à ce que j’arrive. » Ils le prirent, le conduisirent à Ɓaidi, le placèrent dans la maison et en barricadèrent la porte. Saïd Ali partit de Nkanwadjuu et arriva à Mroni. Il choisit douze hommes de Ndzuani et leur dit : « Allez le garder ! Que pas un seul homme n’entre ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les hommes de Ndzuani s’y rendirent et y restèrent. Et lorsque la nourriture destinée à Msafumu arrivait, les hommes de Ndzuani veillaient à la recevoir et la mangeaient. Enfin, le quinzième jour<sup data-fn="7e050aab-de4b-4a7f-846b-13c03a68285e" class="fn"><a href="#7e050aab-de4b-4a7f-846b-13c03a68285e" id="7e050aab-de4b-4a7f-846b-13c03a68285e-link">39</a></sup> après leur arrivée à Mroni, les hommes de Ndzuani qui étaient couchés devant la maison lui passèrent une corde autour du cou et l’étranglèrent ; il mourut. Tout Ngazidja fut épouvanté. Chacun disait : « <em>Ya Rwabi nafusi !</em> [Seigneur, Seigneur, mon âme !] »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pluie, le jour et la nuit, et le froid. Lorsqu’on allait sur la route, on trouvait un mort. On ne pouvait pas marcher une demi-heure sans rencontrer un mort. Dans tout Ngazidja, il ne resta plus personne, homme ou femme. Les gens partirent en voyage : les uns allèrent à Madagascar, les autres à Mwali, les autres encore vinrent à Zanzibar. Et Saïd Ali régna sur l’ensemble de Ngazidja.</p>



<p class="wp-block-paragraph">(<em>Il eut beaucoup de chance, mais ce ne fut pas un homme important [un héros].</em>)</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>ABDALLAH BIN WAZIR</strong>, <em>19 et 21 aout 1912</em>.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Annexe : les quartiers de la ville de Mroni en 1912 :</h4>



<ul class="wp-block-list">
<li>Shashanyongo</li>



<li>Mraya wa mbwani <em>(quartier des pêcheurs sur le rivage)</em></li>



<li>Traleni</li>



<li>Irungudjani</li>



<li>Ngomentsini <em>(au-dessous de la forteresse)</em></li>



<li>Ɓaiɗi</li>



<li>Ivundzoni <em>(au tournant du chemin)</em></li>



<li>Mfuɓani <em>(nom d’une sorte de natte)</em></li>



<li>Shinɗoni</li>



<li>Madjenini</li>



<li>Djuu mwa vumwe <em>(au-dessus des rochers)</em></li>



<li>Ziraruni <em>(au croisement des chemins)</em></li>



<li>Kurantsini <em>(au-dessous du mur)</em></li>



<li>Djuu mwa mdji mbuɗe <em>(au-dessus de la ville)</em></li>



<li>Milemɓeni <em>(quartier des cordiers)</em></li>



<li>Shunɗani <em>(quartier des cours ou des ateliers)</em></li>



<li>Ɓadjanani</li>



<li>Mtsangani <em>(sur le sable, au bord de la mer)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="4aadf2dc-389f-4370-a78b-2a917c3ffe0c">« <em>Comores : quatre îles entre pirates et planteurs » en 2 tomes : Razzias malgaches et rivalités internationales (fin XVIIIe s. – 1875) et Genèse, vie et mort du protectorat (1875-1912).</em> <a href="#4aadf2dc-389f-4370-a78b-2a917c3ffe0c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="39505037-d22e-477c-ad17-2356e83dc06d"><em>« La vie du sultan Saïd Ali des Comores, Ma foi est ma force ».</em> <a href="#39505037-d22e-477c-ad17-2356e83dc06d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5b6b011b-bcfe-4b30-ad38-cb82a52714e3"><em>Fumnau wa Tramɓavu dit Fumnau wa Kori. Il était aussi Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#5b6b011b-bcfe-4b30-ad38-cb82a52714e3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d90d5c9a-a182-4157-8654-d1e375facdce"><em>Fumbavu wa Fefumu. Il était aussi Ntiɓe de Ngazidja. C&rsquo;est un demi-frère de Msafumu.</em> <a href="#d90d5c9a-a182-4157-8654-d1e375facdce-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d9edba44-fabc-424e-a594-2c6086660c36"><em>De son vrai nom Ahmed bin Saïd Ali Swaleh. Il était aussi Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#d9edba44-fabc-424e-a594-2c6086660c36-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a110de6a-2840-423e-a566-01e42aaff504"><em>Mwinyi Mdji bin <em>Ɓ</em>wana Hadji.</em> <a href="#a110de6a-2840-423e-a566-01e42aaff504-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="05884bda-dcaf-43dc-a93e-a8470f3f4df5"><em>Muhammad bin Sultwan Ahmed, un des fils de Mwinyi Mkuu. Il était aussi brièvement Ntiɓe de Ngazidja après avoir renversé son propre père.</em> <a href="#05884bda-dcaf-43dc-a93e-a8470f3f4df5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="51598874-5e63-4392-b18b-17950cd5864c"><em>Saïd Bakar bin Sultwan Ahmed, un des fils de Mwinyi Mkuu.</em> <a href="#51598874-5e63-4392-b18b-17950cd5864c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a8599e64-966b-491d-b36a-71fef14ef5f8"><em>Abdallah bin Saïd Hamza.</em> <a href="#a8599e64-966b-491d-b36a-71fef14ef5f8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1d70d073-dce2-459a-87f1-57ce78fcfb1e"><em>Msafumu wa Tramɓwe.</em> <a href="#1d70d073-dce2-459a-87f1-57ce78fcfb1e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7b8b824a-da86-4a2b-88db-a439ed4ba79e"><em>Ɓwana Fumu wa M<em>ɓ</em>afumu et Tramɓavu wa Mɓafumu.</em> <a href="#7b8b824a-da86-4a2b-88db-a439ed4ba79e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f34a34ca-4af6-4b19-89d1-f293a1e5df6f"><em>Mbaantsi wa <em>Ɓ</em>wana Hadji et Fefumu wa <em>Ɓ</em>wana Hadji.</em> <a href="#f34a34ca-4af6-4b19-89d1-f293a1e5df6f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="051bfebe-1801-47d3-b6f4-f71730f85d06"><em>Il s&rsquo;agit de Mbafumu wa Djumɓe Fumu. Mais il est venu plus tard après lui, à Mitsamihuli, un Kori du nom de Mɓafumu bin Saïd</em> <a href="#051bfebe-1801-47d3-b6f4-f71730f85d06-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5a859040-b271-413c-a715-12f819933073"><em>Uma Ɗari et Mahongoo Ɗari.</em> <a href="#5a859040-b271-413c-a715-12f819933073-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a93e0cf9-4b4c-4499-b63b-fa40fee38c6f"><em>Hadidja et Hashim sont des enfants de Mwinyi Mkuu.</em> <a href="#a93e0cf9-4b4c-4499-b63b-fa40fee38c6f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6dee9c57-fa3e-4f80-aa2d-4b7570bcc181"><em>Il s’agit là d’une erreur, voire d’une confusion de la part de l’auteur. Mwinyi Mkuu n’était pas en conflit avec Fumnau, mort en 1804, soit avant son accession au trône du Ɓamɓao. Il entra en revanche à plusieurs reprises en conflit avec Fefumu, fils de Fumnau et de Ɓwana Fumu bin Mɓafumu. La première grande guerre à laquelle l’auteur fait ici allusion opposa principalement Mwinyi Mkuu à Fumɓavu wa Fefumu, petit-fils de Fumnau, entre 1848 et 1852. Le nombre d’années écoulées jusqu’en 1912, avancé ici, ne tient donc pas non plus.</em> <a href="#6dee9c57-fa3e-4f80-aa2d-4b7570bcc181-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ff3985d6-ee07-4f37-92ec-565a23c35ada"><em>Idem. Le nombre d’années écoulées après la première grande guerre ne tient pas</em>. <a href="#ff3985d6-ee07-4f37-92ec-565a23c35ada-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b73a1fdd-8f6e-41eb-b039-ae8b44239dcd"><em>Durant cette période, certaines personnes à Ngazidja le connaissaient sous le nom de Mhadji (« le pèlerin »).</em> <a href="#b73a1fdd-8f6e-41eb-b039-ae8b44239dcd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="970c0239-c338-40f0-9f7c-e49840466309"><em>Msafumu a épousé Mwana Anziza binti Saïd Hamza, petite-fille de Sultan Ahmed.</em> <a href="#970c0239-c338-40f0-9f7c-e49840466309-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cc1f3123-57d2-4f0a-9a37-a14fc2430ae6"><em>Son père, Saïd Omar, est un prince de Ndzuani. Mais, dans une société comorienne matrilinéaire, l’appartenance et l’origine d’une personne sont définies par sa lignée maternelle. Saïd Ali ne fait ici que rappeler ce principe à propos de son père.</em> <a href="#cc1f3123-57d2-4f0a-9a37-a14fc2430ae6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="51ca37b7-917b-4e96-9bfc-ad28ad1e8c47"><em>Bien que né à Mroni vers 1855, Saïd Ali n’a pas grandi à Ngazidja. Il fut envoyé très jeune à Maore, en 1862, où son père s’était exilé. Il passa ainsi une partie de son adolescence en dehors de son île natale, avant de rentrer à Ngazidja à la fin de l’année 1878.</em> <a href="#51ca37b7-917b-4e96-9bfc-ad28ad1e8c47-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dba626da-65d0-414e-9743-6d2653ede531"><em>Le palais royal Shashanyongo.</em> <a href="#dba626da-65d0-414e-9743-6d2653ede531-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="725ed76b-b262-4bb3-b6d4-b833939cbca9"><em>En tant que Ntiɓe de Ngazidja, c’est à Msafumu qu’il revenait de donner le pouvoir à qui il souhaitait dans les différents sultanats.</em> <a href="#725ed76b-b262-4bb3-b6d4-b833939cbca9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d7b9522a-49c4-49dd-946a-c4d5c7c0a40d"><em>À cette période précise, le pouvoir dans le Ɓamɓao s’exerçait de manière tournante entre Abdallah bin Hamza, Saïd Bakar wa Mwinyi Mkuu et Mwinyi Mdji.</em> <a href="#d7b9522a-49c4-49dd-946a-c4d5c7c0a40d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ea17f192-e8d9-4da5-852b-715ff3314b9b"><em>Selon diverses sources, Msafumu n’était pas, au départ, opposé à l’idée d’introniser Saïd Ali dans le Ɓamɓao. Le fils de Saïd Omar avait en effet rapporté de Zanzibar une lettre de Saïd Bargash destinée à son allié Msafumu. Celui-ci y était invité à lui accorder ce qu’il souhaitait et, afin d’éviter d’éventuels conflits, à marier sa fille Twaimia à Saïd Ali pour renforcer leurs liens. Encouragé par les notables d’Itsandraya, Msafumu envisageait donc déjà d’organiser la cérémonie d’intronisation. Mais son épouse, Mwana Anziza, s’y opposa et exerça des pressions sur lui, lui faisant comprendre qu’il ne devait pas déposséder son frère Abdallah du pouvoir dans le Ɓamɓao.</em> <a href="#ea17f192-e8d9-4da5-852b-715ff3314b9b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="03a1b91a-60d7-4f63-ba3e-23b516dd9452"><em>Il s’agit de cadeaux coutumiers offerts au sultan. Dans le cas présent, ils comprennent également la dot de Saïd Ali destinée à son mariage avec Twaimia binti Msafumu.</em> <a href="#03a1b91a-60d7-4f63-ba3e-23b516dd9452-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e7f5919b-28f3-48aa-b3b7-a2cc37118f34"><em>Ils s’installèrent à Mbadjini vers juillet 1879 et reçurent l’hospitalité du sultan Uma Ɗari, qui assurait une sorte d’intérim pour Hashim wa Mwinyi Mkuu et la sœur de celui-ci, Hadidja, épouse d’Uma. Après avoir rompu ses fiançailles avec Twaimia bint Msafumu, Saïd Ali demanda en mariage Wamga bint Uma Ɗari. Sa demande fut acceptée, mais les noces ne furent célébrées et consommées que l’année suivante. Il lui fut demandé de rester à Fum<em>ɓ</em>uni et d’attendre le retour de pèlerinage des véritables décideurs, à savoir sa mère, Haɗjidja, et son oncle Hashim.</em> <a href="#e7f5919b-28f3-48aa-b3b7-a2cc37118f34-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="097a50a8-ed2c-42d6-ad5c-74f9f7b4e019"><em>Ce ne fut pas le cas. Saïd Ali quitta le Mbadjini près d’un an et demi après s’y être établi, vers octobre-novembre 1880, après avoir reçu des renforts en hommes et en armes en provenance de Ndzuani, envoyés par le sultan Abdallah bin Salim avec le concours de son père, Saïd Omar, ainsi que de Mwali, de la part du sultan Abdurahman bin Saïd Hamadi.</em> <a href="#097a50a8-ed2c-42d6-ad5c-74f9f7b4e019-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3f6a8376-de2f-4a2e-b6c6-df114720b6f8"><em>La bataille de Mwazini se déroula en juin-juillet 1881, pendant le <a href="https://beshelea.com/calendriers-aux-comores/">mwezi wa mɗezo</a>, selon la chronique de Taɓiɓou Ahamaɗi.</em> <a href="#3f6a8376-de2f-4a2e-b6c6-df114720b6f8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0939108e-c0d7-4702-b5f0-7c47fb46f337"><em>Selon les chroniques, certaines font précéder la bataille de Nyanɗoni de celle de Mwazini. Ce qui est certain, c’est que les deux affrontements se sont succédé. Abdallah bin Wazir avance ici que, après sa défaite à Nyanɗoni, Msafumu s’avoua vaincu et se réfugia à Mbwankuu. Cette version nous semble la plus cohérente, puisque c’est à Nyanɗoni que Msafumu fut capturé avant d’être assigné à résidence à Mbwankuu.</em> <a href="#0939108e-c0d7-4702-b5f0-7c47fb46f337-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="40f940bc-1870-4336-a01d-d7b5c5f33185"><em>Parmi ceux qui embarquèrent précipitamment pour Zanzibar figuraient le sultan Abdallah bin Saïd Hamza ainsi que les princes Fumu Mhanɗa et Mlanao Hinye.</em> <a href="#40f940bc-1870-4336-a01d-d7b5c5f33185-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5dcff481-2780-43fe-ae05-186d5a3b5100"><em>Saïd Ali wa Saïd Omar devint ainsi, pour la première fois, le nouveau Ntibe de Ngazidja.</em> <a href="#5dcff481-2780-43fe-ae05-186d5a3b5100-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 32"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a8bb73b4-22ce-4877-a5e0-8ef0edac887f"><em>Soumettre le sultan Ɓwana Fumu wa Mɓafumu.</em> <a href="#a8bb73b4-22ce-4877-a5e0-8ef0edac887f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 33"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cc1fc34f-770c-4159-85cf-da97094006fd"><em>Soumettre la sultane Singa wa Maɗi Djimɓa.</em> <a href="#cc1fc34f-770c-4159-85cf-da97094006fd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 34"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="404d9ceb-16b9-4f34-b987-31e7680595b6"><em>Il s’agissait des troupes envoyées par le sultan de Zanzibar, Saïd Bargash, et commandées par Abubakar bin Hadji, dit Kara Hadji, pour soutenir son allié Msafumu. Elles débarquèrent sur la plage d’Itsandraya Mdjini le 8 rabi el-akhir 1298, correspondant au lundi 27 février 1882.</em> <a href="#404d9ceb-16b9-4f34-b987-31e7680595b6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 35"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="deb69dc5-0cc9-4d5f-bbc2-8e9a1d6de41c"><em>Les hostilités reprirent à la fin du mois d’octobre et au début du mois de novembre, avec la bataille de Mihamɓani, qui changea radicalement le cours de la guerre, notamment avec l’adoption de nouvelles stratégies et l’utilisation intensive des armes à feu.</em> <a href="#deb69dc5-0cc9-4d5f-bbc2-8e9a1d6de41c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 36"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4fcd263e-987d-4d06-a326-d760c4080ea4"><em>« Owandru wakauha wetsindza eminazi wehila lesale ».</em> <a href="#4fcd263e-987d-4d06-a326-d760c4080ea4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 37"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e1596c68-0a88-467d-9061-7a4e59d94655"><em>Cette situation apocalyptique fut rapportée par de nombreux acteurs du conflit, des deux côtés, dans diverses villes de Ngazidja à cette période, pendant et après la fin de la guerre.</em> <a href="#e1596c68-0a88-467d-9061-7a4e59d94655-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 38"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7e050aab-de4b-4a7f-846b-13c03a68285e"><em>La plupart des sources concordent sur le fait que Msafumu fut tué dans sa cellule entre <a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">le septième et le huitième jour</a>.</em> <a href="#7e050aab-de4b-4a7f-846b-13c03a68285e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 39"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


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		<title>Nyumɓa za aswili Ngazidja, décrites par Abdallah bin Muhamadi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2026 15:47:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Muhamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Modernité. Le mot résume peut-être à lui seul la fièvre qui, depuis près de soixante ans, pousse les Comoriens à transformer leur environnement bâti. À Ngazidja, cette course à la modernité a profondément modifié les paysages urbains et villageois, au point de faire disparaître une partie du patrimoine architectural de l’île. Le phénomène n’est pas [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Modernité. Le mot résume peut-être à lui seul la fièvre qui, depuis près de soixante ans, pousse les Comoriens à transformer leur environnement bâti. À Ngazidja, cette course à la modernité a profondément modifié les paysages urbains et  villageois, au point de faire disparaître une partie du patrimoine architectural de l’île.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène n’est pas nouveau. Il s’est notamment traduit par une pratique aux conséquences culturelles et historiques importantes : la destruction d’anciennes constructions pour laisser place à des édifices plus imposants. Des mosquées, des <em>ɓangwe</em> — ces places publiques traditionnelles qui occupaient autrefois une place centrale dans la vie des villages — ont ainsi été démolis au nom de la grandeur et de la « modernité ». Les maisons anciennes n’ont pas échappé à cette transformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément à ces habitations que nous nous intéressons aujourd’hui. Il reste désormais peu de maisons ayant conservé les techniques et les formes de construction d’autrefois. Avec leur disparition progressive, ce sont aussi leurs caractéristiques, leur organisation intérieure et les usages qui leur étaient associés qui risquent de tomber dans l’oubli. Pourtant, lorsque les vestiges architecturaux viennent à manquer, les archives peuvent encore parler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un témoignage datant du début du XXe siècle permet ainsi de se faire une idée de l’intérieur des maisons de Ngazidja à cette époque. Le document décrit notamment leur aménagement, certains meubles ainsi que différents ustensiles qui y étaient utilisés. Ce témoignage est celui d’Abdallah bin Muhamadi, originaire de Mroni. Il a été recueilli à Hambourg le 18 février 1920 par les équipes de l’ethnographe allemand Martin Heepe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Haɓari za h&rsquo;izo nuymɓa za Ngazidja, par Abdallah bin Muhamadi</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Ce sont les informations concernant les maisons<sup data-fn="3aa2f244-42f1-47da-a2c3-73b5d3878883" class="fn"><a href="#3aa2f244-42f1-47da-a2c3-73b5d3878883" id="3aa2f244-42f1-47da-a2c3-73b5d3878883-link">1</a></sup> de Ngazidja.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles n’ont pas de chambres<sup data-fn="9b42bef4-53d5-4d8f-94fa-bd1fc22542f0" class="fn"><a href="#9b42bef4-53d5-4d8f-94fa-bd1fc22542f0" id="9b42bef4-53d5-4d8f-94fa-bd1fc22542f0-link">2</a></sup> comme les maisons de Manga<sup data-fn="09c5d25c-e38f-4a91-a2b3-7904711ebb88" class="fn"><a href="#09c5d25c-e38f-4a91-a2b3-7904711ebb88" id="09c5d25c-e38f-4a91-a2b3-7904711ebb88-link">3</a></sup>. Elles ont généralement deux pièces principales dites ndani<sup data-fn="bd2f6df7-b199-4787-9563-371b8bb1a02a" class="fn"><a href="#bd2f6df7-b199-4787-9563-371b8bb1a02a" id="bd2f6df7-b199-4787-9563-371b8bb1a02a-link">4</a></sup> et ɓanɗani<sup data-fn="026eac1e-0098-4aca-8713-83b03961e666" class="fn"><a href="#026eac1e-0098-4aca-8713-83b03961e666" id="026eac1e-0098-4aca-8713-83b03961e666-link">5</a></sup>. D’autres ont trois pièces : l’une est appelée nyumɓa nɗani, l’autre est dite fuko la hari<sup data-fn="1c07ddce-01eb-4965-b6f5-4b4d96beb54f" class="fn"><a href="#1c07ddce-01eb-4965-b6f5-4b4d96beb54f" id="1c07ddce-01eb-4965-b6f5-4b4d96beb54f-link">6</a></sup>, et la troisième est le ɓanɗani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les coffres<sup data-fn="8e606a5d-760b-4524-8966-a9188281513f" class="fn"><a href="#8e606a5d-760b-4524-8966-a9188281513f" id="8e606a5d-760b-4524-8966-a9188281513f-link">7</a></sup> comportent des compartiments pour y mettre des affaires, et les tables ont des tiroirs pour y ranger des objets. Les gens ont également l’habitude de déposer des objets dans les ziɗaka<sup data-fn="41218cf1-2338-4d89-8467-a41b2cceabee" class="fn"><a href="#41218cf1-2338-4d89-8467-a41b2cceabee" id="41218cf1-2338-4d89-8467-a41b2cceabee-link">8</a></sup> aménagées dans les maisons. Ils y placent notamment des assiettes chinoises<sup data-fn="f14d542b-7ebc-4d3d-a4c7-9d718940a4c7" class="fn"><a href="#f14d542b-7ebc-4d3d-a4c7-9d718940a4c7" id="f14d542b-7ebc-4d3d-a4c7-9d718940a4c7-link">9</a></sup>, ainsi que de petits bols chinois<sup data-fn="eeee92eb-5fc1-4516-8efc-8a8bf3c3b72c" class="fn"><a href="#eeee92eb-5fc1-4516-8efc-8a8bf3c3b72c" id="eeee92eb-5fc1-4516-8efc-8a8bf3c3b72c-link">10</a></sup> et des verres, qu’ils mettent dans les niches murales aménagées dans les maisons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et, dans les maisons, les gens ont l’habitude de disposer des chaises pour s’asseoir et pour s’allonger. Une partie des chaises vient de l’extérieur (manga) ; les autres chaises proviennent de Ngazidja même. Celles qui proviennent de Ngazidja sont appelées « ziri za ngwe<sup data-fn="f640b59c-9718-48a3-a121-b923aed720a6" class="fn"><a href="#f640b59c-9718-48a3-a121-b923aed720a6" id="f640b59c-9718-48a3-a121-b923aed720a6-link">11</a></sup> ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2026/09/Mwazi-et-Kasi-1024x768.jpg" alt="Des instruments de musique et des ustensiles de cuisine, parmi lesquels figurent notamment un mwazi et un kasi © Kashandari Ntsaweni" class="wp-image-1301" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2026/09/Mwazi-et-Kasi-1024x768.jpg 1024w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2026/09/Mwazi-et-Kasi-300x225.jpg 300w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2026/09/Mwazi-et-Kasi-768x576.jpg 768w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2026/09/Mwazi-et-Kasi.jpg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des instruments de musique et des ustensiles de cuisine, parmi lesquels figurent notamment un mwazi et un kasi © Kashandari Ntsaweni</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens ont l’habitude d’aller à Mvuni<sup data-fn="557c0f65-76cd-4247-a748-605888a93814" class="fn"><a href="#557c0f65-76cd-4247-a748-605888a93814" id="557c0f65-76cd-4247-a748-605888a93814-link">12</a></sup> et à Tsidje<sup data-fn="7dedd726-1655-4fd3-b4dd-24006bb396d4" class="fn"><a href="#7dedd726-1655-4fd3-b4dd-24006bb396d4" id="7dedd726-1655-4fd3-b4dd-24006bb396d4-link">13</a></sup>, chez les menuisiers<sup data-fn="5b3d9078-e414-40c6-a198-2be3e896056e" class="fn"><a href="#5b3d9078-e414-40c6-a198-2be3e896056e" id="5b3d9078-e414-40c6-a198-2be3e896056e-link">14</a></sup>, et ils y vont acheter des ziri za masimɓo<sup data-fn="c3109fe2-1f1f-4895-9218-00edea1c1187" class="fn"><a href="#c3109fe2-1f1f-4895-9218-00edea1c1187" id="c3109fe2-1f1f-4895-9218-00edea1c1187-link">15</a></sup> [chaises porte-lampes], des nɗio<sup data-fn="8338f3c3-6d18-4113-8a1d-7a3b114cb52d" class="fn"><a href="#8338f3c3-6d18-4113-8a1d-7a3b114cb52d" id="8338f3c3-6d18-4113-8a1d-7a3b114cb52d-link">16</a></sup> [petites tables à manger], des miwazi<sup data-fn="3c67e2f5-cf45-4e7d-b1fc-2b3eec7367f9" class="fn"><a href="#3c67e2f5-cf45-4e7d-b1fc-2b3eec7367f9" id="3c67e2f5-cf45-4e7d-b1fc-2b3eec7367f9-link">17</a></sup> [cuillères pour remuer], des mahomɓe [cuillères de service pour servir les aliments], ainsi que des nkoɓe [cuillères à uɓu (soupe)] et des mahasi<sup data-fn="98776dac-64e3-4ff1-a831-f96fd3d069f6" class="fn"><a href="#98776dac-64e3-4ff1-a831-f96fd3d069f6" id="98776dac-64e3-4ff1-a831-f96fd3d069f6-link">18</a></sup> destinées à être utilisées dans les maisons pour puiser de l’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mahomɓe, les mahasi et les nkoɓe sont fabriquées à partir de coquilles de noix de coco. Celle-ci est sciée en quatre parties, puis on en retire la chair fraîche. Il ne reste alors que la coque dure<sup data-fn="366e504f-ffb9-4c1c-bfa1-71426bd59f8b" class="fn"><a href="#366e504f-ffb9-4c1c-bfa1-71426bd59f8b" id="366e504f-ffb9-4c1c-bfa1-71426bd59f8b-link">19</a></sup> ; celle-ci est grattée et les fibres sont retirées. Les menuisiers fabriquent ensuite des zipvini [manches] et les fixent aux mahomɓe, aux nkoɓe et aux mahasi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens les achètent, les emportent et reviennent avec elles en ville. Ils prennent les mahomɓe et s’en servent pour servir les aliments ; avec les mahasi, ils puisent l’eau potable, et avec les nkoɓe, ils boivent le uɓu. Avec les miwazi pour remuer, ils ont l’habitude de remuer les aliments lorsqu’ils font cuire leur repas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Telle est l’information concernant les maisons de Ngazidja. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3aa2f244-42f1-47da-a2c3-73b5d3878883"><em>Nyumɓa en shiNgazidja.</em> <a href="#3aa2f244-42f1-47da-a2c3-73b5d3878883-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9b42bef4-53d5-4d8f-94fa-bd1fc22542f0"><em>Une chambre est désignée en shiNgazidja par les mot « shumɓa » ou « fuko ».</em> <a href="#9b42bef4-53d5-4d8f-94fa-bd1fc22542f0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="09c5d25c-e38f-4a91-a2b3-7904711ebb88"><em>Le mot <em>Manga</em> désigne, de manière générique, les territoires étrangers et, plus particulièrement, les pays présentant un certain niveau de développement. Pour les Comoriens des siècles passés, il s’agissait notamment de Zanzibar. En ce qui concerne les chambres, le terme renvoie à des pièces spacieuses, présentant une configuration comparable à celle que l’on trouve ailleurs.</em> <a href="#09c5d25c-e38f-4a91-a2b3-7904711ebb88-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bd2f6df7-b199-4787-9563-371b8bb1a02a"><em>Littéralement « l’intérieur », ce terme désigne un espace de vie traditionnellement réservé aux femmes et aux enfants.</em> <a href="#bd2f6df7-b199-4787-9563-371b8bb1a02a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="026eac1e-0098-4aca-8713-83b03961e666"><em>Littéralement « l’avant », cette pièce fait office de salon et, accessoirement, de salle à manger. Elle constitue traditionnellement l’espace où les hommes accueillent leurs convives.</em> <a href="#026eac1e-0098-4aca-8713-83b03961e666-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1c07ddce-01eb-4965-b6f5-4b4d96beb54f"><em>Pièce centrale, cet espace constitue une zone intermédiaire entre les différents compartiments de la maison.</em> <a href="#1c07ddce-01eb-4965-b6f5-4b4d96beb54f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8e606a5d-760b-4524-8966-a9188281513f"><em><em>Kasha</em>, pluriel <em>makasha</em> : caisses ou armoires destinées au rangement des provisions</em>. <a href="#8e606a5d-760b-4524-8966-a9188281513f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="41218cf1-2338-4d89-8467-a41b2cceabee"><em>Singulier : <em>iɗaka</em>. Il s’agit de niches aménagées dans les murs.</em> <a href="#41218cf1-2338-4d89-8467-a41b2cceabee-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f14d542b-7ebc-4d3d-a4c7-9d718940a4c7"><em>Sahani za sini.</em> <a href="#f14d542b-7ebc-4d3d-a4c7-9d718940a4c7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="eeee92eb-5fc1-4516-8efc-8a8bf3c3b72c"><em>Maɓakuli ya sini.</em> <a href="#eeee92eb-5fc1-4516-8efc-8a8bf3c3b72c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f640b59c-9718-48a3-a121-b923aed720a6"><em>Littéralement, « chaises tressées ».</em> <a href="#f640b59c-9718-48a3-a121-b923aed720a6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="557c0f65-76cd-4247-a748-605888a93814"><em>Une ville du Ɓamɓao</em> <a href="#557c0f65-76cd-4247-a748-605888a93814-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7dedd726-1655-4fd3-b4dd-24006bb396d4"><em>Une ville d&rsquo;Itsandraya.</em> <a href="#7dedd726-1655-4fd3-b4dd-24006bb396d4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5b3d9078-e414-40c6-a198-2be3e896056e"><em>Sarumaya, en shiNgazidja. Le terme désigne généralement aussi l&rsquo;artisan.</em> <a href="#5b3d9078-e414-40c6-a198-2be3e896056e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c3109fe2-1f1f-4895-9218-00edea1c1187"><em>Simɓo : ancien porte-lampe sur lequel était posé un grand coquillage contenant de l’huile et une mèche.</em> <a href="#c3109fe2-1f1f-4895-9218-00edea1c1187-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8338f3c3-6d18-4113-8a1d-7a3b114cb52d"><em>Au singulier, <em>ulio</em> désigne un tabouret circulaire à trois pieds, autrefois utilisé comme table à manger.</em> <a href="#8338f3c3-6d18-4113-8a1d-7a3b114cb52d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3c67e2f5-cf45-4e7d-b1fc-2b3eec7367f9"><em>Singulier : mwazi.</em> <a href="#3c67e2f5-cf45-4e7d-b1fc-2b3eec7367f9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="98776dac-64e3-4ff1-a831-f96fd3d069f6"><em>Mahasi, singulier kasi : u ne sorte de grande louche.</em> <a href="#98776dac-64e3-4ff1-a831-f96fd3d069f6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="366e504f-ffb9-4c1c-bfa1-71426bd59f8b"><em>Mcele en shiNgazidja.</em> <a href="#366e504f-ffb9-4c1c-bfa1-71426bd59f8b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/nyumba-za-ngazidja/">Nyumɓa za aswili Ngazidja, décrites par Abdallah bin Muhamadi</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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					<wfw:commentRss>https://beshelea.com/nyumba-za-ngazidja/feed/</wfw:commentRss>
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			</item>
		<item>
		<title>Lettre d&#8217;un ministre de Saïd Ali à Djohari bin Abdullah (Avril 1883)</title>
		<link>https://beshelea.com/ministre-said-ali-djohari/</link>
					<comments>https://beshelea.com/ministre-said-ali-djohari/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Aug 2026 15:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Maramdji Mkim]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://beshelea.com/?p=1280</guid>

					<description><![CDATA[<p>Contexte : Dans la première moitié de l’année 1883, tout juste deux mois après la mort du sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu, une lettre émanant d’un ministre du sultan Saïd Ali et destinée à une personne résidant à Zanzibar est, par un concours de circonstances, récupérée par le consulat britannique, puis transmise au sultan de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte :</strong> Dans la première moitié de l’année 1883, tout juste deux mois après la mort du sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu, une lettre émanant d’un ministre du sultan Saïd Ali et destinée à une personne résidant à Zanzibar est, par un concours de circonstances, récupérée par le consulat britannique, puis transmise au sultan de Zanzibar, Barghash bin Saïd. L’auteur de cette lettre se nomme Maramdji Mkim bin Saïd Bukhari [Bakar ?], selon la retranscription anglaise, mais nous n’avons, à ce jour, pas réussi à l’identifier formellement.</em> <em>Il signe néanmoins sa lettre en qualité de ministre.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Datée du 10 avril 1883, celle-ci est adressée à Saïd Djohari bin Abdullah al-Bakhari Salim, interprète au consulat américain de Zanzibar. La lettre était arrivée par boutre à un certain Taɓiɓu, ancien interprète du consulat américain, qui la confia à un esclave chargé de la porter à Djohari. Cet esclave eut une querelle avec un homme de Ngazidja et, au cours de la lutte, la lettre fut ramassée puis portée à l’un des anciens [notables] partisans de Msafumu.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le contenu de la lettre fait écho aux craintes des partisans du sultan Saïd Ali face à une éventuelle intervention du sultan de Zanzibar, à la suite de l’assassinat, en captivité, de son ancien protégé. Une mise à mort que Maramdji lui-même reconnaît comme étant « contraire aux coutumes » comoriennes.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La lettre témoigne également de leur inquiétude face au fait que <a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">leurs agissements</a>, tout comme le chaos qu’ils ont instauré après leur victoire, ne peuvent désormais plus être niés. C’est notamment le cas du trafic d’esclaves mis en place par Saïd Ali, dont l’existence a été révélée au grand jour à la suite de la visite dans l’archipel, et plus particulièrement à Ngazidja, du consul britannique Frederic Holmwood.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Lettre de Maramdji Mkim à Djohari bin Abdullah al-Bakhari Salim</h3>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Mroni, 2 Jumada al-Akhir, 1300</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>[Après les salutations d’usage]</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Et nos autres nouvelles sont les suivantes, à savoir qu’il est nécessaire de vous avertir très sérieusement du danger qui nous menace actuellement, nous et notre parti<sup data-fn="86941d7b-c446-4169-90be-144a7804cc7d" class="fn"><a href="#86941d7b-c446-4169-90be-144a7804cc7d" id="86941d7b-c446-4169-90be-144a7804cc7d-link">1</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premièrement, quoi que vous fassiez, veillez à ce qu’aucun de nos jeunes hommes n’ait de relations avec les femmes des familles d’Itsandraya, car elles parleraient de nos agissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le danger subsiste tant que cet homme blanc (Holmwood<sup data-fn="f2caeae1-56e3-41e9-9c05-574a89be98e8" class="fn"><a href="#f2caeae1-56e3-41e9-9c05-574a89be98e8" id="f2caeae1-56e3-41e9-9c05-574a89be98e8-link">2</a></sup>) est encore en vie ; gardez donc pour vous ce que vous savez et demeurez silencieux. Nous avons des raisons particulières de craindre cet homme blanc, qui connaît tous nos agissements. Malheureusement, il a effectivement vu ce qui se passe et ne peut être trompé comme le serait un étranger. Et Kara Hadji<sup data-fn="7504eca9-c2ac-41d2-8242-13fc97543ad6" class="fn"><a href="#7504eca9-c2ac-41d2-8242-13fc97543ad6" id="7504eca9-c2ac-41d2-8242-13fc97543ad6-link">3</a></sup> est également venu ici ; il connaît toute la vérité et est tenu informé de tout ce qui se passe. Ceux-là ne peuvent être trompés, et c’est ce que nous craignons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne pensez pas que, parce que nous avons écarté Msafumu, l’affaire soit terminée, car Saïd Barghash sera pleinement informé de tout ce qui s’est produit, par ces deux parties comme par d’autres sources ; et comme il entretient des relations amicales avec les Anglais, il faut craindre qu’il n’intervienne lorsqu’il apprendra les détails concernant Msafumu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et vous savez que les habitants de cette île<sup data-fn="ba96dadc-167b-4b45-8d17-0729b3f35ec7" class="fn"><a href="#ba96dadc-167b-4b45-8d17-0729b3f35ec7" id="ba96dadc-167b-4b45-8d17-0729b3f35ec7-link">4</a></sup> ne peuvent être apaisés maintenant que nous avons tué leur sultan, car ils savent que cela a été l’œuvre de Saïd Ali et d’Ali wa Hamaɗi<sup data-fn="cc830dc3-e47f-4c08-a0ee-b540b755eefb" class="fn"><a href="#cc830dc3-e47f-4c08-a0ee-b540b755eefb" id="cc830dc3-e47f-4c08-a0ee-b540b755eefb-link">5</a></sup>. Et vous savez combien le sentiment est fort selon lequel cet acte était contraire à toutes les coutumes<sup data-fn="37f8a62d-0bd1-4489-8e3e-411cb0daf774" class="fn"><a href="#37f8a62d-0bd1-4489-8e3e-411cb0daf774" id="37f8a62d-0bd1-4489-8e3e-411cb0daf774-link">6</a></sup>, même si Saïd Ali a eu le dessus dans les combats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le Dieu Tout-Puissant est le Juge, et soyez prudents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Écrit par votre ami, <strong>Maramdji Mkim bin Saïd Bukhari</strong>, vizir de Saïd Ali. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>



<li>British and Foreign State Papers 1882-1883, Vol. LXXIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1890)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="86941d7b-c446-4169-90be-144a7804cc7d"><em>Les partisans du sultan Saïd Ali venaient alors de vaincre ceux de Msafumu.</em> <a href="#86941d7b-c446-4169-90be-144a7804cc7d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f2caeae1-56e3-41e9-9c05-574a89be98e8"><em>Le consul britannique Frederic Holmwood effectua une première visite dans l’archipel en octobre 1882. Il put alors constater plusieurs aspects de la réalité du système de traite des esclaves mis en place par les sultans. Avant son départ, il parvint à conclure des traités d’abolition de l’esclavage avec les sultans Msafumu wa Fefumu et Abdallah Saïd Hamza à Ngazidja, Abdallah bin Salim à Ndzuani et Abdurahmane bin Saïd Hamadi à Mwali.<br></em> <a href="#f2caeae1-56e3-41e9-9c05-574a89be98e8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7504eca9-c2ac-41d2-8242-13fc97543ad6"><em>Abubakar bin Hadji, connu sous le nom de Kara Hadji, fils d’un ancien vizir d’Itsandraya et officier de police du sultan de Zanzibar, Saïd Barghash.</em> <a href="#7504eca9-c2ac-41d2-8242-13fc97543ad6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ba96dadc-167b-4b45-8d17-0729b3f35ec7"><em>Ngazidja</em>. <a href="#ba96dadc-167b-4b45-8d17-0729b3f35ec7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cc830dc3-e47f-4c08-a0ee-b540b755eefb"><em>Vizir de Ntiɓe Mbamba.</em> <a href="#cc830dc3-e47f-4c08-a0ee-b540b755eefb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="37f8a62d-0bd1-4489-8e3e-411cb0daf774"><em>Plusieurs témoignages de l’époque, directement liés aux événements, évoquent une mort par étranglement dans son lieu de captivité, à Ɓaiɗi.</em> <a href="#37f8a62d-0bd1-4489-8e3e-411cb0daf774-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/ministre-said-ali-djohari/">Lettre d&rsquo;un ministre de Saïd Ali à Djohari bin Abdullah (Avril 1883)</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<item>
		<title>L&#8217;après nkoɗo nkuu : le témoignage de Mze bin Mfwahaya</title>
		<link>https://beshelea.com/mze-bin-mfwahaya/</link>
					<comments>https://beshelea.com/mze-bin-mfwahaya/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 15:56:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Mze bin Mfwahaya]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://beshelea.com/?p=1254</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cet article consacré à Mze bin Mfwahaya s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte :</strong> Mze bin Fwahaya est un Mngazidja installé à Zanzibar qui, vers la fin du conflit opposant les sultans Msafumu et Saïd Ali, fit le choix de revenir à Ngazidja afin de prendre part aux affrontements. Il s’engagea naturellement en faveur du sultan d’Itsandraya.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Son récit porte essentiellement sur les derniers épisodes du conflit, sur les épreuves qu’il dut traverser, mais également sur le climat sociopolitique général qui régnait alors à Ngazidja. Il décrit notamment le fonctionnement des rouages de l’appareil esclavagiste mis en place par le sultan Saïd Ali : d’une part à travers le paiement du tribut qu’il devait au sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani en échange de son soutien, et d’autre part par le lucratif trafic d’esclaves dits « engagés », organisé avec les autorités coloniales et les planteurs français établis à Maore.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Son témoignage fut recueilli entre la fin du mois d’octobre et le début du mois de novembre 1883 à Mwali par le consul britannique Frederic Holmwood.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le récit de Mze bin Mfwahaya :</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« J’étais autrefois batelier de ravitaillement à Zanzibar, mais je suis venu à Ntsudjini lorsque la guerre éclata afin de veiller sur ma famille. Par la suite, je rejoignis le régiment des Wanyamwezi<sup data-fn="5715a93c-25ac-498c-8007-a0ca11d00d26" class="fn"><a href="#5715a93c-25ac-498c-8007-a0ca11d00d26" id="5715a93c-25ac-498c-8007-a0ca11d00d26-link">1</a></sup>, où je fus blessé à la tête. Il y avait dans ma compagnie plusieurs garçons de la mission des Universities’ Mission ; ils parlaient et écrivaient l’anglais. <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">Ils furent tous capturés par Saïd Ali et vendus aux Français</a>. Moi aussi, j’ai été capturé, mais je parvins à m’échapper et, connaissant bien le pays, je réussis ensuite à éviter d’être reconnu, bien que je croisasse constamment les hommes de Saïd Ali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis arrivé à Mwali il y a seulement un mois, à bord du boutre de Salim bin Mohammed Sidi. Il y avait à bord soixante-dix habitants de Ngazidja destinés au roi de Ndzuani. Salim bin Mohammed possédait deux pavillons<sup data-fn="77cbeceb-8f7f-4176-8991-77f08fa8e26c" class="fn"><a href="#77cbeceb-8f7f-4176-8991-77f08fa8e26c" id="77cbeceb-8f7f-4176-8991-77f08fa8e26c-link">2</a></sup>, l’un français et l’autre de Ndzuani ; il utilisait le premier en mer et le second lorsqu’il était au port. Il disposait de papiers de Ndzuani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque nous jetâmes l’ancre à Mwali, je débarquai et, apprenant que le sultan Abdullah bin Hamza<sup data-fn="6bcc37b8-7439-4236-aa72-760e8a906b76" class="fn"><a href="#6bcc37b8-7439-4236-aa72-760e8a906b76" id="6bcc37b8-7439-4236-aa72-760e8a906b76-link">3</a></sup> se trouvait dans la ville, je lui signalai que deux de ses esclaves originaires de Ngazidja se trouvaient à bord et étaient conduits vers Ndzuani. Il en informa le sultan <a href="https://beshelea.com/abdurahmane-ii-assassine-peuple/">Abdurahman</a><sup data-fn="170f0511-dd67-428a-9055-43f4d3467cf6" class="fn"><a href="#170f0511-dd67-428a-9055-43f4d3467cf6" id="170f0511-dd67-428a-9055-43f4d3467cf6-link">4</a></sup>, lequel envoya trois soldats pour les saisir ; ils furent ramenés à terre. Ils se trouvent maintenant auprès du sultan Abdallah<sup data-fn="d3acf4eb-c164-458b-a267-8d566604527a" class="fn"><a href="#d3acf4eb-c164-458b-a267-8d566604527a" id="d3acf4eb-c164-458b-a267-8d566604527a-link">5</a></sup>. Quant au reste des habitants de Ngazidja, ils furent conduits à Ndzuani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la guerre, une terrible famine éclata. Les soldats de Ndzuani<sup data-fn="1689198d-36ae-4264-bfb9-33c3e01ffe2e" class="fn"><a href="#1689198d-36ae-4264-bfb9-33c3e01ffe2e" id="1689198d-36ae-4264-bfb9-33c3e01ffe2e-link">6</a></sup> avaient détruit les récoltes ainsi que les cocotiers, et tout le bétail avait été emporté ou abattu. Le grain que vous aviez envoyé permit aux habitants de la ville de survivre pendant environ trois semaines ; mais ensuite chacun dut se nourrir d’herbe. Presque tous moururent. À Ikoni, pas une seule âme ne survécut. Des milliers de personnes périrent ; nul ne saura jamais combien exactement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette époque, de nombreux boutres arabes arrivèrent chargés de grain et achetèrent beaucoup d’esclaves au prix de sept livres de riz par personne. Les esclaves eux-mêmes étaient très heureux de partir, car ils mouraient de faim. Durant cette période, Saïd Ali et ses soldats n’embarquaient que des esclaves. Sans cela, il ne fait guère de doute que la plupart seraient morts. Les seuls habitants libres de Ngazidja qui furent saisis alors étaient quelques jeunes filles de la famille de Msafumu, envoyées à Ndzuani pour le harem du roi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le départ de <a href="https://beshelea.com/hashim-brouille-said-ali/">Saïd Hashim</a>, Saïd Ali et Binti Haɗidja<sup data-fn="047c602f-5a94-4a54-847d-55e40840c70e" class="fn"><a href="#047c602f-5a94-4a54-847d-55e40840c70e" id="047c602f-5a94-4a54-847d-55e40840c70e-link">7</a></sup> vendent tous ceux qu’ils peuvent capturer et qui sont aptes au travail forcé. Les Français traversaient la mer environ tous les mois ou toutes les trois semaines. Auparavant, ils ne venaient qu’à Mbadjini, mais désormais ils viennent jusqu’à Mroni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le boutre d’Awathi commerce régulièrement avec Maore. <a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Ɓuku Hamaɗi</a><sup data-fn="7d0d5448-61df-47e3-bd3f-5222c72046f7" class="fn"><a href="#7d0d5448-61df-47e3-bd3f-5222c72046f7" id="7d0d5448-61df-47e3-bd3f-5222c72046f7-link">8</a></sup> partit lors de son dernier voyage. Il est le secrétaire de Saïd Ali et a été envoyé pour régler un différend avec le sultan Abdullah de Ndzuani. Celui-ci réclame 40 000 dollars à Saïd Ali et souhaite ne compter chaque esclave qu’à 40 dollars ; mais Saïd Ali n’en reconnaît que 25 000 et se crédite lui-même de 50 dollars par esclave. Il a également envoyé une somme considérable en argent, qu’il avait prise aux parents de Msafumu. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>



<li>British and Foreign State Papers 1882-1883, Vol. LXXIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1890)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="5715a93c-25ac-498c-8007-a0ca11d00d26"><em>La troupe menée par Kara Hadji [Abubakar bin Hadji], arrivée à Itsandraya Mdjini le 27 février 1882 en soutien à la faction du sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu, comptait dans ses rangs de nombreux soldats issus de l’ethnie Nyamwezi.</em> <a href="#5715a93c-25ac-498c-8007-a0ca11d00d26-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="77cbeceb-8f7f-4176-8991-77f08fa8e26c"><em>La majorité des boutriers de cette période, engagés dans le trafic des esclaves dits « engagés », utilisaient régulièrement le stratagème des pavillons afin d’échapper à la saisie de leurs navires par la marine britannique, alors mobilisée contre la traite esclavagiste dans la région.</em> <a href="#77cbeceb-8f7f-4176-8991-77f08fa8e26c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6bcc37b8-7439-4236-aa72-760e8a906b76"><em>Ancien sultan du Ɓamɓao, il est de la même famille que Saïd Ali. Après la mort de Msafumu, il s’est exilé à Mwali auprès de Sultan Abdurahman bin Saïd Hamaɗi.</em> <a href="#6bcc37b8-7439-4236-aa72-760e8a906b76-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="170f0511-dd67-428a-9055-43f4d3467cf6"><em>Abdurahman bin Saïd Hamadi, sultan de Mwali.</em> <a href="#170f0511-dd67-428a-9055-43f4d3467cf6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d3acf4eb-c164-458b-a267-8d566604527a"><em>Abdallah bin Salim, sultan de Ndzuani.</em> <a href="#d3acf4eb-c164-458b-a267-8d566604527a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1689198d-36ae-4264-bfb9-33c3e01ffe2e"><em>Le contingent envoyé par le sultan Abdallah bin Salim au secours du sultan Saïd Ali wa Saïd Omar était dirigé par le général Abderahman bin Omar et le jemadar Mohamed Alawi.</em> <a href="#1689198d-36ae-4264-bfb9-33c3e01ffe2e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="047c602f-5a94-4a54-847d-55e40840c70e"><em>Haɗidja binti Ahmed, sultane de Mbadjini et grande sœur de Saïd Hashim. </em> <a href="#047c602f-5a94-4a54-847d-55e40840c70e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7d0d5448-61df-47e3-bd3f-5222c72046f7"><em>Ɓuku [Ɓunu] Hamaɗi, propriétaire du boutre Awathi, était un Moronien très impliqué dans le trafic d’esclaves</em>. <a href="#7d0d5448-61df-47e3-bd3f-5222c72046f7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/mze-bin-mfwahaya/">L&rsquo;après nkoɗo nkuu : le témoignage de Mze bin Mfwahaya</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Désignation du prince Salim comme héritier présomptif d&#8217;Abdallah III</title>
		<link>https://beshelea.com/prince-salim-heritier/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 08:47:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Salim bin Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Huit jours seulement après la signature, le 10 octobre 1882, du traité anglo-anjouanais relatif à l’abolition de l’esclavage, le sultan Abdallah bin Salim rend publique sa décision concernant sa succession. À l’instar de son père, qui avait procédé de même en 1852, il désigne son fils aîné, Salim, alors âgé de 18 ans, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte :</strong> Huit jours seulement après la signature, le 10 octobre 1882, du <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">traité anglo-anjouanais relatif à l’abolition de l’esclavage</a></em><sup data-fn="305d3feb-448f-4fe3-85fb-29f8775e956f" class="fn"><a href="#305d3feb-448f-4fe3-85fb-29f8775e956f" id="305d3feb-448f-4fe3-85fb-29f8775e956f-link">1</a></sup><em>, le sultan Abdallah bin Salim rend publique sa décision concernant sa succession. À l’instar de son père, qui avait procédé de même en 1852, il désigne son fils aîné, Salim</em><sup data-fn="5256fbe4-6087-4dbe-82d1-af40339b05f3" class="fn"><a href="#5256fbe4-6087-4dbe-82d1-af40339b05f3" id="5256fbe4-6087-4dbe-82d1-af40339b05f3-link">2</a></sup><em>, alors âgé de 18 ans, comme héritier présomptif.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce choix, tout comme le moment auquel il intervient, ne relève en rien du hasard. Durant les négociations ayant précédé la signature du traité d’abolition, des frictions sont apparues au sein de la classe politique et jusque dans sa propre famille, au premier rang desquelles l’opposition de ses propres frères, les princes Muhammad et Othman. Dans ce climat de défiance, le risque d’une révolte</em><sup data-fn="f4d3362b-a5d9-4763-acef-582d409e72c1" class="fn"><a href="#f4d3362b-a5d9-4763-acef-582d409e72c1" id="f4d3362b-a5d9-4763-acef-582d409e72c1-link">3</a></sup><em> contre son autorité se fait alors sentir, susceptible de compromettre une succession pacifique</em><sup data-fn="3c1f04ea-c52f-4aaa-9e7c-d4a9f96474a8" class="fn"><a href="#3c1f04ea-c52f-4aaa-9e7c-d4a9f96474a8" id="3c1f04ea-c52f-4aaa-9e7c-d4a9f96474a8-link">4</a></sup><em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>À ces considérations politiques s’ajoute l’état de santé du sultan. Atteint de cataracte, Abdallah bin Salim avait perdu la vue vers 1876-1877, avant de la recouvrer à la suite d’une opération pratiquée à Maurice en mars 1879. En cette année 1882, sa vue commence à nouveau à se dégrader, le rendant d’autant plus vulnérable face à l’influence que pourraient exercer ses frères sur l’avenir du sultanat.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>C’est d’ailleurs ce qu’il confia au consul britannique Frederic Holmwood, dans la matinée du 10 octobre, peu après la signature du traité :</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je vieillis</em><sup data-fn="6667352f-45be-4faf-9784-a0dadbbc9ffa" class="fn"><a href="#6667352f-45be-4faf-9784-a0dadbbc9ffa" id="6667352f-45be-4faf-9784-a0dadbbc9ffa-link">5</a></sup><em> et, bien que toujours actif, ma cécité croissante me confinera bientôt complètement. Depuis quelque temps, je songe à déclarer publiquement que j’ai désigné le prince Salim, mon fils aîné, pour me succéder. Mon père m’avait lui-même reconnu de cette manière</em><sup data-fn="872ad7e8-d6c5-4ffb-bac9-37810e4cdf50" class="fn"><a href="#872ad7e8-d6c5-4ffb-bac9-37810e4cdf50" id="872ad7e8-d6c5-4ffb-bac9-37810e4cdf50-link">6</a></sup><em>, et maintenant que j’ai signé le traité contre la volonté de la majorité de mon peuple, je suis d’autant plus préoccupé par cette question. Je sens que j’ai profondément offensé mes sujets</em><sup data-fn="dac47782-f878-4c16-9c6a-b62eabae1a69" class="fn"><a href="#dac47782-f878-4c16-9c6a-b62eabae1a69" id="dac47782-f878-4c16-9c6a-b62eabae1a69-link">7</a></sup><em>, et à moins d’être soutenu par les Anglais, ma position deviendra périlleuse. »</em></p>



<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center">PROCLAMATION</h4>



<p class="wp-block-paragraph">« Moi, Sultan Abdallah bin Sultan Salim, sultan de Ndzuani, ordonne en ce jour ce qui suit :—</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’après ma mort, mon fils aîné, le prince Salim, me succédera comme sultan de ce pays, et j’ordonne qu’à compter de ce jour il prenne rang et préséance en qualité d’héritier présomptif de ce royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon vizir est chargé de la promulgation du présent décret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fait à Mtsamɗu, ce 18 octobre 1882. »</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">(L.S.)<br>(Signé) <strong>Sultan Abdallah bin Salim</strong>.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1882-83, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers,&nbsp;<em>Foreign Office (N°1, 1883)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="305d3feb-448f-4fe3-85fb-29f8775e956f"><em>Le deuxième du genre pour l’île après celui de 1844.</em> <a href="#305d3feb-448f-4fe3-85fb-29f8775e956f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5256fbe4-6087-4dbe-82d1-af40339b05f3"><em>Né à Mtsamɗu</em> <em>en 1864, il est le fils d’Abdallah et de sa cousine originaire de Ɗomoni, Ɓweni Malali.</em> <a href="#5256fbe4-6087-4dbe-82d1-af40339b05f3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f4d3362b-a5d9-4763-acef-582d409e72c1"><em>Et effectivement, une rébellion éclata presque aussitôt, au mois de novembre, contre Abdallah bin Salim. Elle s’inscrivait notamment dans un contexte de refus d’appliquer les dispositions du traité par une partie de l’élite locale. Deux de ses frères étaient alors en rébellion ouverte contre lui et avaient pris Mtsamɗu, la capitale. Une autre insurrection éclata également en 1884.</em> <a href="#f4d3362b-a5d9-4763-acef-582d409e72c1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3c1f04ea-c52f-4aaa-9e7c-d4a9f96474a8"><em>À la mort d’Abdallah, le 3 février 1891, un conflit de succession s’installa entre, d’un côté, le prince Salim, qui s’était autoproclamé sultan, et, de l’autre, son oncle Othman, qui nourrissait les mêmes ambitions.</em> <a href="#3c1f04ea-c52f-4aaa-9e7c-d4a9f96474a8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6667352f-45be-4faf-9784-a0dadbbc9ffa"><em>Il était alors âgé de 45 ans.</em> <a href="#6667352f-45be-4faf-9784-a0dadbbc9ffa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="872ad7e8-d6c5-4ffb-bac9-37810e4cdf50"><em>Son père, le sultan Salim bin Alawi, le désigna héritier présomptif de son vivant en 1852. Abdallah accéda au pouvoir trois ans plus tard, en 1855, après le décès de son père.</em> <a href="#872ad7e8-d6c5-4ffb-bac9-37810e4cdf50-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dac47782-f878-4c16-9c6a-b62eabae1a69"><em>Un sentiment corroboré par le témoignage du général <a href="https://beshelea.com/echec-abolition-abderahman-bin-omar/">Abderahman bin Omar</a>, en novembre 1883, qui donnait des détails sur le climat de vulnérabilité du pouvoir régnant à Ndzuani durant la période ayant suivi la signature du traité du 10 octobre 1882.</em> <a href="#dac47782-f878-4c16-9c6a-b62eabae1a69-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/prince-salim-heritier/">Désignation du prince Salim comme héritier présomptif d&rsquo;Abdallah III</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Colonisation française des Comores : Traité du 6 janvier 1886</title>
		<link>https://beshelea.com/traite-6-janvier-1886/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 07:40:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gerville-Réache]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série à travers laquelle Ɓeshelea s’est fixé pour objectif de publier l’intégralité des traités et actes relatifs à la colonisation française de l’archipel des Comores.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em><strong>Contexte :</strong> Longtemps convoité par le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar depuis les premières années de la décennie 1880 — au point d’en implorer l’octroi auprès des autorités françaises</em><sup data-fn="54dc21c3-afcb-4e09-aeae-9af070c0ce85" class="fn"><a href="#54dc21c3-afcb-4e09-aeae-9af070c0ce85" id="54dc21c3-afcb-4e09-aeae-9af070c0ce85-link">1</a></sup><em>— le protectorat français sur Ngazidja devient finalement réalité au tout début de l’année 1886. Pour le nouveau Ntiɓe, fragilisé sur le plan politique malgré sa victoire totale lors de la seconde Nkoɗo nkuu</em><sup data-fn="dc130fe6-f8cd-4900-8c18-572610abafe1" class="fn"><a href="#dc130fe6-f8cd-4900-8c18-572610abafe1" id="dc130fe6-f8cd-4900-8c18-572610abafe1-link">2</a></sup><em>, l’enjeu est alors existentiel. Contesté au sein même de sa famille, notamment depuis sa rupture à l’été 1883 avec son oncle maternel et ancien allié <a href="https://beshelea.com/hashim-brouille-said-ali/">Hashim wa Mwinyi Mkuu</a>, sultan du Mbadjini, Saïd Ali cherche dans l’appui français le moyen de consolider un pouvoir devenu précaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sa francophilie, presque obsessionnelle</em><sup data-fn="2c660c47-9549-45ab-9285-7cea053a98f0" class="fn"><a href="#2c660c47-9549-45ab-9285-7cea053a98f0" id="2c660c47-9549-45ab-9285-7cea053a98f0-link">3</a></sup><em>, joue alors un rôle décisif. Saïd Ali, qui place dans la France une confiance sans réserve, voit en elle l’unique puissance capable d’assurer son autorité. Cette disposition le rend particulièrement vulnérable aux ambitions de Léon Humblot, botaniste français de passage à Ngazidja en septembre 1884. Habile et opportuniste, il promet au sultan de défendre ses multiples requêtes de protectorat auprès de Paris. Séduit, Saïd Ali lui remet, le 10 janvier 1885, les pleins pouvoirs pour le représenter dans ses démarches, accompagnés d’une <a href="https://beshelea.com/said-ali-jules-grevy-1885/">lettre destinée au président Jules Grévy</a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mais derrière la promesse diplomatique se profile une entreprise autrement plus lucrative. Flairant l’immense profit qu’il peut tirer de la situation, Humblot agit avec empressement. À son retour à Mroni, il conclut le 5 novembre 1885 une convention commerciale directement avec le sultan Saïd Ali. Ce traité, signé bien avant l’officialisation de la tutelle française, lui accorde des droits exorbitants : « le droit d’exploiter toute l’étendue de l’île, toutes les richesses naturelles quelconques et toutes les terres qu’il voudra mettre en culture ». En contrepartie, le sultan percevrait « 10 % sur les bénéfices réalisés dans les différentes branches de l’exploitation de l’île ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Trois mois plus tard, la France recueille presque sans effort le contrôle de l’île. Quarante-cinq ans après l’acquisition controversée de Maore</em><sup data-fn="f2a7d36d-d774-48d2-b55e-7e2009466226" class="fn"><a href="#f2a7d36d-d774-48d2-b55e-7e2009466226" id="f2a7d36d-d774-48d2-b55e-7e2009466226-link">4</a></sup><em>, Ngazidja devient la deuxième île de l’archipel à entrer dans l’orbite coloniale française, après des décennies de tentatives infructueuses, notamment sur Mwali. L’année 1886 marque dès lors un basculement décisif. Car une fois cette brèche ouverte, l’expansion française s’accélère avec une redoutable efficacité : trois mois seulement après Ngazidja, Ndzuani tombe à son tour sous protectorat le 21 avril, suivie de Mwali le 26 avril.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Traité conclu le 6 janvier 1886 avec le Sultan Ntiɓe de Ngazidja</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Entre :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son Altesse Saïd Ali wa Saïd Omar, sultan Ntiɓe de Ngazidja,<br>assisté de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mohammed bin Ahmed<sup data-fn="01091dd4-e86c-4df2-8fb9-07e2ba18dca2" class="fn"><a href="#01091dd4-e86c-4df2-8fb9-07e2ba18dca2" id="01091dd4-e86c-4df2-8fb9-07e2ba18dca2-link">5</a></sup>, premier ministre,</li>



<li>Abderahman, deuxième ministre,</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">et en présence des princes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Saïd Bakari wa Sultan Ahmed<sup data-fn="2e52393c-e4cd-4bde-9687-d67fecf3336f" class="fn"><a href="#2e52393c-e4cd-4bde-9687-d67fecf3336f" id="2e52393c-e4cd-4bde-9687-d67fecf3336f-link">6</a></sup>,</li>



<li><a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">Ɓwana Fumu wa Mɓafumu</a>, sultan particulier de Mitsamihuli,</li>



<li>Mohammed Sidi wa Saïd Omar<sup data-fn="486e779b-acc0-4bb9-8402-2e03391a527f" class="fn"><a href="#486e779b-acc0-4bb9-8402-2e03391a527f" id="486e779b-acc0-4bb9-8402-2e03391a527f-link">7</a></sup>, frère de Son Altesse,</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">d’une part ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le gouvernement de la République Française, représenté par M. Gerville-Réache, commandant de Maore,<br>en présence de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>M. de Bausset Roquefort Duchaine d’Arbaud, capitaine de frégate, officier de la Légion d’honneur, commandant de l’aviso de l’État <em>Le Labourdonnais</em>,</li>



<li>MM. Riche, médecin de 1er classe de la marine, chevalier de la Légion d’honneur,</li>



<li>de Lestrac, sous-commissaire de la marine,</li>



<li>Ropars et Rouhet, enseignes de vaisseau,</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">d’autre part ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été convenu ce qui suit :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 1</strong> : Le gouvernement de Son Altesse, désirant assurer l’indépendance de Ngazidja et resserrer les liens d’amitié existant depuis longtemps entre lui et la France, déclare accorder une situation prépondérante au gouvernement français dans les affaires de cette île à l’exclusion de toute autre nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 2</strong> : Il s’engage à ne céder aucune partie du territoire et à ne traiter avec aucune puissance sans avoir obtenu préalablement l’assentiment du gouvernement français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 3</strong> : Son Altesse, voulant en même temps assurer la paix et la tranquillité de son État et éviter les compétitions entre les différents chefs subalternes du territoire, offre de laisser subsister les cinq sultanats existant actuellement, à savoir :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Ɓamɓao</li>



<li>Itsandraya</li>



<li>Mitsamihuli</li>



<li>Mbuɗe</li>



<li>Mbadjini</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Chacun sera dirigé par un chef portant le titre de sultan, placé directement sous l’autorité du sultan Ntiɓe, lequel conserve la direction spéciale du sultanat de Ɓamɓao, dont la capitale est Mroni.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 4</strong> : Son Altesse prend l’engagement :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>De ne déplacer ni révoquer aucun souverain de l’île sans l’assentiment du délégué du gouvernement français ;</li>



<li>De ne faire ni laisser faire aucune guerre dans ses États sans avoir pris au préalable l’avis de l’autorité française.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 5</strong> : Dans le cas où Son Altesse viendrait à décéder par suite de mort violente, elle entend laisser à la France le soin de régler sa succession comme elle le jugera nécessaire au bien du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article 6</strong> : Son Altesse confirme les concessions de terres ou autorisations d’exploitation déjà accordées aux Français à Ngazidja, et s’engage à faciliter à l’avenir l’établissement des ressortissants français qui viendront y habiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fait à Mroni, le 6 janvier 1886.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">Ont signé :<br><strong>Saïd Ali wa Saïd Omar</strong>, sultan de Ngazidja<br><strong>Gerville-Réache</strong>, commandant de Maore</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">(<em>Signatures des témoins</em>).</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les traités de protectorat conclus par la France en Afrique, 1870-1895,&nbsp;<em>Edgard Rouard de Card&nbsp;(1897)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Note</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="54dc21c3-afcb-4e09-aeae-9af070c0ce85"><em>En date du 20 août 1883, lettre envoyée au gouverneur de Maore ainsi qu’à celui de Nosy-Be : « […] Je verse des torrents de larmes, j’ai un cœur français dans un corps arabe. Je suis sultan par droit de contrat, par testament et par la force des armes. Mais si la France ne vient pas à mon aide en accordant à mon pays et à moi-même ce protectorat que je sollicite, tout est perdu. »</em> <a href="#54dc21c3-afcb-4e09-aeae-9af070c0ce85-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dc130fe6-f8cd-4900-8c18-572610abafe1"><em>Dernier conflit majeur du 19ᵉ siècle à Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#dc130fe6-f8cd-4900-8c18-572610abafe1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2c660c47-9549-45ab-9285-7cea053a98f0"><em>Formé auprès de l’administration coloniale à Maore, il se décrivait lui-même comme « au cœur français dans un corps arabe ».</em> <a href="#2c660c47-9549-45ab-9285-7cea053a98f0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f2a7d36d-d774-48d2-b55e-7e2009466226"><em>À la suite du controversé traité de cession de Maore, signé le 25 avril 1841.</em> <a href="#f2a7d36d-d774-48d2-b55e-7e2009466226-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="01091dd4-e86c-4df2-8fb9-07e2ba18dca2"><em>Wazir d&rsquo;Ikoni.</em> <a href="#01091dd4-e86c-4df2-8fb9-07e2ba18dca2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2e52393c-e4cd-4bde-9687-d67fecf3336f"><em>L’un des oncles maternels de Saïd Ali, personnage très influent et ancien sultan du Ɓamɓao.</em> <a href="#2e52393c-e4cd-4bde-9687-d67fecf3336f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="486e779b-acc0-4bb9-8402-2e03391a527f"><em>Un prince de Ndzuani, demi-frère de Saïd Ali.</em> <a href="#486e779b-acc0-4bb9-8402-2e03391a527f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/traite-6-janvier-1886/">Colonisation française des Comores : Traité du 6 janvier 1886</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<item>
		<title>La version du sultan Hashim sur sa brouille avec le sultan Saïd Ali</title>
		<link>https://beshelea.com/hashim-brouille-said-ali/</link>
					<comments>https://beshelea.com/hashim-brouille-said-ali/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 14:27:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Hashim wa Mwinyi Mkuu]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série de témoignages recueillis en 1883, au lendemain de la seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Alliés durant la seconde <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">Nkoɗo nkuu</a> de Ngazidja, les sultans Saïd Hashim bin Ahmed<sup data-fn="aefde5aa-3612-4941-864d-0b3c594f478e" class="fn"><a href="#aefde5aa-3612-4941-864d-0b3c594f478e" id="aefde5aa-3612-4941-864d-0b3c594f478e-link">1</a></sup> (Mbadjini) et Saïd Ali wa Saïd Omar (Ɓamɓao) basculent dans l’hostilité dès l’issue du conflit. L’oncle et le neveu laissent apparaître leurs premières dissensions au début de l’année 1883, principalement autour des circonstances entourant la mort de leur rival, le sultan Ntiɓe Msafumu wa Fefumu (Itsandraya).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des mois, la rupture se confirme et s’aggrave durant l’été de la même année, jusqu’à entraîner l’exil de Hashim à Mwali. C’est dans ce contexte qu’il y rencontre, en novembre, le consul britannique Frederic Holmwood, alors de passage dans l’archipel. À cette occasion, il livre un témoignage détaillé, exposant sa lecture des événements et revenant sur les raisons qui l’avaient initialement conduit à soutenir Saïd Ali. Il met notamment en lumière la question du commerce d’esclaves dits « engagés » avec les Français, dont il tirait des bénéfices, ainsi que les origines de leur brouille, liées à la désignation de Haɗidja binti Ahmed comme sultane de Mbadjini.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Saïd Hashim, sultan de Mbadjini, en exil temporaire à Mwali : </h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Je n’avais aucun différend avec Msafumu. Il était parfaitement libre de refuser d’importer des esclaves, ou de refuser d’en vendre aux Français. Mais le sultan Abdallah bin Hamza<sup data-fn="0827079f-8a30-4b56-a733-89b53e009a3e" class="fn"><a href="#0827079f-8a30-4b56-a733-89b53e009a3e" id="0827079f-8a30-4b56-a733-89b53e009a3e-link">2</a></sup> n’en avait pas le droit. J’étais sultan de Mbadjini, relevant de lui par naissance<sup data-fn="372d6de3-7531-4f2f-a74f-a11fd1f1ecda" class="fn"><a href="#372d6de3-7531-4f2f-a74f-a11fd1f1ecda" id="372d6de3-7531-4f2f-a74f-a11fd1f1ecda-link">3</a></sup>, et mes revenus dépendaient du commerce des engagés. Il en avait lui-même tiré une part légitime de profits. Je ne dis pas qu’il avait tort d’affranchir ses propres esclaves, mais dès lors qu’il s’est immiscé dans les affaires des Makuas, il est devenu nécessaire de soutenir un autre sultan ; et, me fiant aux promesses françaises, je me suis rangé du côté de Saïd Ali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je l’ai aidé à combattre le sultan Abdallah, mais j’ai refusé de me quereller avec Msafumu jusqu’à ce qu’il signe ce traité avec les Anglais<sup data-fn="cb9c6d45-d527-4b34-809d-549254392237" class="fn"><a href="#cb9c6d45-d527-4b34-809d-549254392237" id="cb9c6d45-d527-4b34-809d-549254392237-link">4</a></sup>, qui visait à ruiner notre commerce. Ce n’est pas de notre faute si nous avons commencé à vendre des gens de Ngazidja. Les navires anglais ont arrêté les boutres en provenance du Mozambique, qui ont toujours fourni les engagés makuas. Nous étions endettés envers les Français et devions leur fournir des esclaves. Je regrette aujourd’hui d’avoir exporté des habitants de Ngazidja. Saïd Ali a commencé, pour payer le sultan de Ndzuani<sup data-fn="f3044df9-2d2b-49cf-a637-b92d8a84e322" class="fn"><a href="#f3044df9-2d2b-49cf-a637-b92d8a84e322" id="f3044df9-2d2b-49cf-a637-b92d8a84e322-link">5</a></sup>. Je ne nierai pas que j’ai moi aussi expédié des gens de Ngazidja vers Ndzuani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai quitté Ngazidja parce que Saïd Ali m’a ordonné de me rendre à Mitsamihuli comme chef, et a envoyé sa sœur<sup data-fn="3223ba82-7d39-4f36-b10b-5dc34f09866d" class="fn"><a href="#3223ba82-7d39-4f36-b10b-5dc34f09866d" id="3223ba82-7d39-4f36-b10b-5dc34f09866d-link">6</a></sup>, Haɗidja binti Ahmed, pour me remplacer. Ce fut une trahison de sa part, et je me suis brouillé avec lui. Il était cependant trop puissant pour moi, et j’ai dû partir. Haɗidja vend tous ceux dont elle peut s’emparer, qu’ils soient esclaves ou libres. Pour ma part, je ne saisissais que des esclaves. Je ne dirai pas que je n’ai jamais pris de personnes nées libres, mais, si cela s’est produit, ce n’était que parmi les plus pauvres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis encore en bons termes avec le père de Saïd Ali (Saïd Omar). Il souhaite vivement que je me réconcilie avec son fils et que je revienne, mais je ne renoncerai jamais à mon droit sur Mbadjini. Je préférerais me réconcilier avec Abdallah bin Hamza et accepter le traité anglais. Ces traités n’existent plus désormais. Saïd Ali les a trouvés parmi les effets de Msafumu et <a href="https://beshelea.com/msafumu-recit-mshangama-mwalimu/">les a déchirés sous ses yeux avant de le tuer</a>. Les soldats de Ndzuani se tenaient autour, riant et se moquant<sup data-fn="07b8420a-6838-45d0-8ebe-a4187980cfc9" class="fn"><a href="#07b8420a-6838-45d0-8ebe-a4187980cfc9" id="07b8420a-6838-45d0-8ebe-a4187980cfc9-link">7</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïd Ali était en très mauvaise posture lorsque vous êtes arrivé à Mroni. Les Français avaient totalement refusé de l’aider, et sans les renforts venus de Ndzuani, il aurait dû se rendre. S’il l’avait fait, j’aurais été tué. Même aujourd’hui, sans la crainte de Ndzuani, toute la population se soulèverait contre Saïd Ali. Il le sait et prend des précautions. Saïd Omar m’écrit qu’il espère vivement que les Français lui accorderont désormais leur pavillon pour l’emporter à Ngazidja. Il n’attend plus qu’une réponse finale de Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sultan de Ndzuani m’a écrit il y a quelques jours pour me demander de le rejoindre, promettant d’organiser une réconciliation entre Saïd Ali et moi, afin que je puisse retourner à Mbadjini. Mais je le connais trop bien pour me fier à lui. Soit, ayant tiré tout ce qu’il pouvait de Saïd Ali, il souhaite que j’aille combattre à ses côtés, soit il a l’intention de m’éliminer discrètement, craignant que je n’entrave ses projets. Vous pouvez être certain que tout ce qu’il fait ne sert que ses propres intérêts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous prie de bien vouloir m’accorder un passage pour Zanzibar. Là, je pourrais voir <a href="https://beshelea.com/bwana-fumu-wa-mbafumu-1883/">Saïd Barghash</a>, [le véritable] sultan de Masiwani<sup data-fn="1ef8fb8b-9447-43ff-86fb-d4f4e94d0dc2" class="fn"><a href="#1ef8fb8b-9447-43ff-86fb-d4f4e94d0dc2" id="1ef8fb8b-9447-43ff-86fb-d4f4e94d0dc2-link">8</a></sup>, et lui demander d’intervenir. Il semble avoir complètement oublié Ngazidja. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Articles et référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://beshelea.com/libres-mis-esclavage-sultan-said-ali/">Nés libres mais mis en esclavage par Sultan Saïd Ali wa Saïd Omar</a></li>



<li><a href="https://beshelea.com/debut-msafumu-said-ali/">Lettres et rapports sur le début du conflit entre Msafumu et Saïd Ali</a></li>



<li>Correspondence relative to the slave trade 1884-85, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (november 1885)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes </h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="aefde5aa-3612-4941-864d-0b3c594f478e"><em>Saïd Hashim bin Ahmed, également connu sous le nom de Hashim wa Mwinyi Mkuu, issu de la lignée Inya Mɗomɓozi, naît en 1860 à Fumɓuni et meurt le 18 juin 1889 à Nyumamilima ya Mbadjini.</em> <a href="#aefde5aa-3612-4941-864d-0b3c594f478e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0827079f-8a30-4b56-a733-89b53e009a3e"><em><em>Abdallah bin Saïd Hamza est le petit-fils du sultan Ahmed « Mwinyi Mkuu », lequel n’est autre que le père de Saïd Hashim.</em></em> <a href="#0827079f-8a30-4b56-a733-89b53e009a3e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="372d6de3-7531-4f2f-a74f-a11fd1f1ecda"><em>Abdallah bin Saïd Hamza est un petit fils de sultan Ahmed « Mwinyi Mkuu », père de Saïd Hashim.</em> <a href="#372d6de3-7531-4f2f-a74f-a11fd1f1ecda-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cb9c6d45-d527-4b34-809d-549254392237"><em>Le 13 octobre 1882, les sultans Msafumu wa Fefumu (Itsandraya) et Abdallah bin Saïd Hamza (Bamɓao) signèrent deux traités avec le consul britannique Frederic Holmwood, visant à abolir l’esclavage à Ngazidja.</em> <a href="#cb9c6d45-d527-4b34-809d-549254392237-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f3044df9-2d2b-49cf-a637-b92d8a84e322"><em>Le sultan Abdallah bin Salim (Abdallah III). Devenu Ntiɓe, Saïd Ali, soutenu militairement et logistiquement par Ndzuani, dut honorer une lourde dette de guerre envers Abdallah III.</em> <a href="#f3044df9-2d2b-49cf-a637-b92d8a84e322-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3223ba82-7d39-4f36-b10b-5dc34f09866d"><em>En réalité, Haɗidja est la sœur aînée de Saïd Hashim et la tante de Saïd Ali. Dans le Mbadjini, la succession du sultan Uma Ɗari s’effectua selon un système de règne alterné entre Haɗidja et Hashim, une pratique attestée à l’époque dans certains sultanats de Ngazidja afin de résoudre les questions de succession.</em> <a href="#3223ba82-7d39-4f36-b10b-5dc34f09866d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="07b8420a-6838-45d0-8ebe-a4187980cfc9"><em>Cette scène est corroborée par le soldat Mshangama Mwalimu.</em> <a href="#07b8420a-6838-45d0-8ebe-a4187980cfc9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1ef8fb8b-9447-43ff-86fb-d4f4e94d0dc2"><em>Celui-ci emploie le terme « Masiwani » pour désigner l’archipel des Comores, laissant entendre que Barghash apparaissait comme l’autorité suprême vers laquelle les sultans comoriens se tournaient en dernier ressort pour régler leurs différends. Traditionnellement, les sultans de l’archipel reconnaissaient au sultan de Zanzibar un rôle de supérieur et de protecteur, selon une formule relevant davantage de la politesse diplomatique que d’une réelle sujétion.</em> <a href="#1ef8fb8b-9447-43ff-86fb-d4f4e94d0dc2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/hashim-brouille-said-ali/">La version du sultan Hashim sur sa brouille avec le sultan Saïd Ali</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>La sécheresse à l&#8217;origine de la chanson « Ɓoɓoni »</title>
		<link>https://beshelea.com/origine-chanson-boboni/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 20:32:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chants]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Muhamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Ɓoɓoni]]></category>
		<category><![CDATA[Chant]]></category>
		<category><![CDATA[Maabad Mze Mohamed]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les mémoires musicales de Ngazidja, certaines œuvres restent étroitement liées à une génération entière. Pour nombre d’auditeurs ayant grandi au rythme des ondes de Radio Comores, les mélodies du groupe Asmumo — acronyme d’Association Musicale de Moroni — demeurent indissociables d’une époque. Actif entre les années 1960 et 1980, cet ensemble de twarab s’est [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans les mémoires musicales de Ngazidja, certaines œuvres restent étroitement liées à une génération entière. Pour nombre d’auditeurs ayant grandi au rythme des ondes de Radio Comores, les mélodies du groupe Asmumo — acronyme d’Association Musicale de Moroni — demeurent indissociables d’une époque. Actif entre les années 1960 et 1980, cet ensemble de twarab s’est imposé comme une référence, tant par la richesse de ses compositions que par la qualité de ses interprètes. Parmi les figures associées à ce groupe figure Maabad Mze Mohamed, auteur et/ou interprète de plusieurs titres. Il est notamment associé à la chanson « Ɓoɓoni ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titre fait référence à Ɓoɓoni, un ancien <em>itrea<sup data-fn="39e9523f-c506-4115-83df-10fe0eb6e2bc" class="fn"><a href="#39e9523f-c506-4115-83df-10fe0eb6e2bc" id="39e9523f-c506-4115-83df-10fe0eb6e2bc-link">1</a></sup></em>, aujourd’hui disparu, situé sur le flanc occidental de la forêt du Karthala. Ce site, dont l’histoire demeure profondément marquée par les stigmates conjoints de l’esclavage et de l’exploitation coloniale française à Ngazidja, constitue un pan douloureux du passé insulaire. Toutefois, cet aspect n’est pas au cœur du propos présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car les recherches historiques invitent désormais à nuancer l’attribution de « Ɓoɓoni ». Si la version popularisée par Asmumo, sous l’impulsion de Maabad Mze Mohamed, a largement contribué à sa diffusion, le chant apparaît en réalité bien antérieur. Une trace en est attestée dès 1920, à travers le témoignage du Moronien Abdallah bin Muhamadi, recueilli par l’ethnographe allemand Martin Heepe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce témoignage, il évoque la manière dont les habitants de Mroni s’organisaient durant les périodes de sécheresse. Il mentionne Ɓoɓoni comme un lieu d’approvisionnement en eau. Selon son récit, cette tâche était assurée par les femmes, qui effectuaient les déplacements vers un point d’eau près de là. À leur retour en ville, elles chantaient en chemin, au contact des autres habitants. C’est de ces scènes de circulation et d’échanges que sont issus les premiers vers associés au chant « Ɓoɓoni ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous proposons ici d’en restituer le témoignage dans son intégralité.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le témoignage d&rsquo;Abdallah bin Muhamadi, le 18 février 1920</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Lorsque survient à Ngazidja une pénurie d’eau<sup data-fn="b80a88f2-aa8c-4651-b95e-0f1ae89c93b0" class="fn"><a href="#b80a88f2-aa8c-4651-b95e-0f1ae89c93b0" id="b80a88f2-aa8c-4651-b95e-0f1ae89c93b0-link">2</a></sup>, les femmes ont coutume de prendre des <em>miridjo<sup data-fn="a06f4c25-e05f-4aa8-8ecc-41a9c974f389" class="fn"><a href="#a06f4c25-e05f-4aa8-8ecc-41a9c974f389" id="a06f4c25-e05f-4aa8-8ecc-41a9c974f389-link">3</a></sup></em>, de les placer dans des <em>mahanga<sup data-fn="aef82bbf-f271-4080-8e2f-5dfb6fdf1ab0" class="fn"><a href="#aef82bbf-f271-4080-8e2f-5dfb6fdf1ab0" id="aef82bbf-f271-4080-8e2f-5dfb6fdf1ab0-link">4</a></sup></em> et de les porter sur la tête, ainsi que des <em>magarando<sup data-fn="c2bc7938-74bb-47ca-bb9c-7a5fc55929f9" class="fn"><a href="#c2bc7938-74bb-47ca-bb9c-7a5fc55929f9" id="c2bc7938-74bb-47ca-bb9c-7a5fc55929f9-link">5</a></sup></em>. Elles partent habituellement au moment où chantent les coqs, quittent la ville et attendent que l’aube se lève ; puis elles poursuivent leur route, gravissent les hauteurs<sup data-fn="61a28fef-7d5c-4e5a-a4c2-82906a9d38e3" class="fn"><a href="#61a28fef-7d5c-4e5a-a4c2-82906a9d38e3" id="61a28fef-7d5c-4e5a-a4c2-82906a9d38e3-link">6</a></sup> jusqu’à Ɓoɓoni et se rendent au lac (de cratère)<sup data-fn="838285ab-272f-44b9-ac57-10c3f239be42" class="fn"><a href="#838285ab-272f-44b9-ac57-10c3f239be42" id="838285ab-272f-44b9-ac57-10c3f239be42-link">7</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là, elles puisent de l’eau, puis, vers l’heure de midi, elles reprennent le chemin du retour, regagnent la ville et rentrent chez elles en chantant. Si quelqu’un leur demande : <em>« A mla nɗahu ? [D’où venez-vous ?] »</em>, elles ont coutume de répondre : <em>« Rila Ɓoɓoni [Nous venons de Ɓoɓoni]. »</em> — <em>« Emadji mrehe nɗahu ? [Où avez-vous puisé l’eau ?]</em> » — <em>« Emadji rirehe ohaMtsindza-ngwe</em><sup data-fn="deb31917-01e5-47f0-854e-3348bfc11e05" class="fn"><a href="#deb31917-01e5-47f0-854e-3348bfc11e05" id="deb31917-01e5-47f0-854e-3348bfc11e05-link">8</a></sup><em> [Nous avons puisé l’eau chez le coupeur de cordes]. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles arrivent ensuite en ville, prennent cette eau, la versent dans de grandes ou de petites jarres en terre cuite [ɓalasi hau mitsundji], les couvrent de couvercles en bois, et en boivent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autres personnes, qui ne sont pas en mesure de se rendre à Ɓoɓoni pour puiser de l’eau, se dirigent vers le rivage. Elles y creusent un trou dans le sable et y puisent l’eau salée — mais potable — appelée <em>fumɓu la mbipvio<sup data-fn="e29ff013-5640-4fe1-b47a-b849fc9d5458" class="fn"><a href="#e29ff013-5640-4fe1-b47a-b849fc9d5458" id="e29ff013-5640-4fe1-b47a-b849fc9d5458-link">9</a></sup></em>, qui s’y trouve, puis rentrent chez elles, en boivent et l’utilisent pour préparer leur nourriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Telle est la fin du récit des périodes de soif à Ngazidja, lorsqu’aucune pluie ne tombe ; et à Ngazidja, une année entière s’est écoulée sans qu’il ne pleuve ».</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Boboni" width="880" height="660" src="https://www.youtube.com/embed/Aq3s8V35oAw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="39e9523f-c506-4115-83df-10fe0eb6e2bc"><em>Que l’on peut traduire par « hameau ». Les <em>itrea</em> étaient habités par une population servile.</em> <a href="#39e9523f-c506-4115-83df-10fe0eb6e2bc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b80a88f2-aa8c-4651-b95e-0f1ae89c93b0"><em>En période de sécheresse.</em> <a href="#b80a88f2-aa8c-4651-b95e-0f1ae89c93b0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a06f4c25-e05f-4aa8-8ecc-41a9c974f389"><em>Au singulier, <em>mridjo</em> désigne un récipient fabriqué à partir de grandes noix de coco vidées.</em> <a href="#a06f4c25-e05f-4aa8-8ecc-41a9c974f389-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="aef82bbf-f271-4080-8e2f-5dfb6fdf1ab0"><em>Au singulier, <em>kanga</em> renvoie à une sorte de panier confectionné à partir de feuilles de cocotier.</em> <a href="#aef82bbf-f271-4080-8e2f-5dfb6fdf1ab0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c2bc7938-74bb-47ca-bb9c-7a5fc55929f9"><em>Au singulier, <em>garando</em> désigne ici, quant à lui, un récipient en métal.</em> <a href="#c2bc7938-74bb-47ca-bb9c-7a5fc55929f9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="61a28fef-7d5c-4e5a-a4c2-82906a9d38e3"><em>Il utilise ici la phrase « Wenɗe zao hodjuu mwa mdji ».</em> <a href="#61a28fef-7d5c-4e5a-a4c2-82906a9d38e3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="838285ab-272f-44b9-ac57-10c3f239be42"><em>Dziwa la madji.</em> <a href="#838285ab-272f-44b9-ac57-10c3f239be42-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="deb31917-01e5-47f0-854e-3348bfc11e05"><em>Le qualificatif « Mtsindza-ngwe » (littéralement « coupeur de cordes ») désigne, en l’espèce, Léon Humblot, colon et esclavagiste français, qui avait établi une scierie au sein de sa plantation de Ɓoɓoni.</em> <a href="#deb31917-01e5-47f0-854e-3348bfc11e05-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e29ff013-5640-4fe1-b47a-b849fc9d5458"><em>Madji mnyo.</em> <a href="#e29ff013-5640-4fe1-b47a-b849fc9d5458-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://beshelea.com/origine-chanson-boboni/">La sécheresse à l&rsquo;origine de la chanson « Ɓoɓoni »</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
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		<title>Quelques éléments de la vie du Comorien Abdallah bin Wazir</title>
		<link>https://beshelea.com/comorien-abdallah-bin-wazir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 20:19:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Personnalité historique]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Wazir]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Abdallah bin Wazir, originaire de Ngazidja, a été l’un des témoins comoriens essentiels pour la recherche allemande sur l’archipel.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Source importante pour les linguistes allemands Martin Heepe<sup data-fn="064df2e3-d6ea-465b-9a64-83f715a3b97b" class="fn"><a href="#064df2e3-d6ea-465b-9a64-83f715a3b97b" id="064df2e3-d6ea-465b-9a64-83f715a3b97b-link">1</a></sup> et Carl Meinhof<sup data-fn="5f8c80df-5e40-4b0d-8072-7f30535446a0" class="fn"><a href="#5f8c80df-5e40-4b0d-8072-7f30535446a0" id="5f8c80df-5e40-4b0d-8072-7f30535446a0-link">2</a></sup>, <a href="https://beshelea.com/elements-ada-mroni-20e-siecle/">Abdallah bin Wazir</a> a contribué, lors de son séjour à Hambourg, à documenter certains aspects de la mémoire de l’archipel des Comores, selon le point de vue d’un témoin comorien. Toutefois, les informations le concernant demeurent limitées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Né vers 1875, il aurait atteint la quarantaine à la fin des années 1910. Il travailla à bord des navires de la Deutsche Ost-Afrika Linie et se mit à la disposition du Séminaire des langues coloniales pour fournir des renseignements linguistiques lors de ses escales à Hambourg<sup data-fn="1474724a-021c-4fb6-a72d-b84e6fb317ec" class="fn"><a href="#1474724a-021c-4fb6-a72d-b84e6fb317ec" id="1474724a-021c-4fb6-a72d-b84e6fb317ec-link">3</a></sup>. Au début de l’année 1914, il fut employé pendant quelques mois comme assistant de langue. Il envisagea de quitter Hambourg le 3 août 1914, mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale l’obligea à rester en Allemagne. Tombé malade en 1918, il mourut à Hambourg le 15 mai 1919.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la maîtrise de l’alphabet arabe, il possédait également une connaissance de l’alphabet latin. Dans la nécrologie qu’il lui consacra, le professeur Carl Meinhof, alors directeur du séminaire, écrivait : « Depuis mars 1914, il a rendu de précieux services au Séminaire des langues coloniales de l’Institut colonial de Hambourg dans l’enseignement du swahili et dans la recherche sur sa langue maternelle<sup data-fn="224d44c4-9e23-4d40-a478-1a7939af491e" class="fn"><a href="#224d44c4-9e23-4d40-a478-1a7939af491e" id="224d44c4-9e23-4d40-a478-1a7939af491e-link">4</a></sup>, et s’est distingué par sa diligence, son expertise et sa fiabilité. Par sa nature modeste et sérieuse, il a su gagner des amis sincères qui honorent sa mémoire. Tous ceux qui l’ont rencontré peuvent le confirmer. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, Martin Heepe, dont une partie des travaux reposait sur ses contributions, notait que « la mort prématurée de cet homme constitue donc une perte pour notre travail scientifique ». À sa mort, son compatriote <a href="https://beshelea.com/anciennes-traditions-ndola-ngazidja/">Abdallah bin Muhammad</a> lui succéda au Séminaire des langues africaines et de la mer du Sud en tant qu’assistant linguiste pour le swahili.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan familial, l’on sait qu’il était originaire de Ngazidja et né à Ntsudjini. Son père se nommait Wazir bin Djumɓe Fumu. Selon Heepe, l’un de ses oncles maternels, Samɓauma, avait été ministre auprès du sultan Mwinyi Mdji puis du sultan <a href="https://beshelea.com/memorandum-1881-ngazidja/">Saïd Ali wa Saïd Omar</a> à Mroni. L’aînée de sa mère était, quant à elle, la mère de Mwinyi Abudu bin Sultan, également ancien ministre de Saïd Ali wa Saïd Omar. Abdallah bin Wazir avait épousé Amina, fille de Swafein, lui aussi ancien ministre de ce même souverain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On reproduit ci-après un témoignage recueilli en 1912, dans lequel il évoque certains éléments de sa vie ainsi qu’un épisode de son enfance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Propos recueillis le 30 janvier 1912</h4>



<p class="wp-block-paragraph">« Je suis né à Ntsudjini<sup data-fn="e40a23bb-8536-40c0-99b8-a40dcccd314e" class="fn"><a href="#e40a23bb-8536-40c0-99b8-a40dcccd314e" id="e40a23bb-8536-40c0-99b8-a40dcccd314e-link">5</a></sup>, c’est le nom d’une ville. Je partis de Ntsudjini et me rendis à Itsandraya Mdjini. Je voyageai et allai à Mroni. Je rencontrai un navire, montai à bord et naviguai avec lui jusqu’à ce que j’arrive à Zanzibar. Là, je débarquai et poursuivis mon chemin. Et le navire continua sa route et suivit son cap. Puis je réembarquai et naviguai jusqu’à Dar es-Salaam. Là, je trouvai du travail. Et je restai et travaillai là-bas durant trois ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, je me remis en route, retournai au pays et poursuivis mon chemin jusqu’à ma terre natale. Puis je repartis et cheminai jusqu’à atteindre Mitsamihuli Mdjini. Et je m’embarquai (jusqu’à ce que je parvinsse) à Madagascar. Et je naviguai jusqu’à Nosy Be. Là, je trouvai une barque et naviguai avec elle jusqu’à Fasi<sup data-fn="7956aadf-d618-4b60-bdf4-3637f2b35344" class="fn"><a href="#7956aadf-d618-4b60-bdf4-3637f2b35344" id="7956aadf-d618-4b60-bdf4-3637f2b35344-link">6</a></sup> (nom d&rsquo;une ville). J’y débarquai et m’y installai. J’y fis du commerce : j’achetais des bovins, les abattais et en vendais la viande. Je tins ce commerce durant deux ans. Puis je revins et abandonnai l’activité que j’y avais exercée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je repris ensuite la route et me rendis à Nosy Be. J’y achetai du riz, le chargeai sur un navire, pris la mer et atteignis finalement Mroni. J’y déchargeai le riz et le vendis. Puis je pris l’argent et rentrai chez moi. Et je demeurai là. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Propos recueillis le 12 août 1912</h4>



<p class="wp-block-paragraph">« Un jour, je sortis avec mes amis Ali, Himidi et Sharifu Mzee, et nous nous rendîmes en plein air, dans les champs. Nous marchâmes pour chercher des fruits à cueillir. Nous avançâmes, cueillîmes les fruits, puis nous rentrâmes et arrivâmes à la ville. Nous atteignîmes la route, en haut, et rencontrâmes un homme nommé Mgomri, qui faisait paître les bœufs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors un bœuf (un taureau<sup data-fn="f4cd49dd-3970-428b-a457-fcc5c13c30c8" class="fn"><a href="#f4cd49dd-3970-428b-a457-fcc5c13c30c8" id="f4cd49dd-3970-428b-a457-fcc5c13c30c8-link">7</a></sup>) s’approcha, nous poursuivit rapidement et voulut nous encorner ; nous courûmes de toutes nos forces. Mes amis couraient plus vite que moi. J’étais encore un enfant, je ne pouvais pas les suivre ; je m’arrêtai, me penchai, pris deux pierres, poussai un cri, appelai Mgomri et lui dis ceci : « Rappelle ton bœuf, qu’il ne me tue pas. » Alors il me répondit ainsi : « Lance-lui une pierre. » Je lui demandai : « Où dois-je le frapper ? » Il me dit : « Lance-lui dans l’œil. » Je jetai la pierre et elle l’atteignit à l’œil, et l’œil sortit de son orbite. Le bœuf tomba à terre et mourut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mgomri, de son côté, quand il vit le bœuf tomber à terre, tira son couteau et se lança à ma poursuite pour m’égorger avec son arme. Alors je courus vite, m’échappai et rentrai à la ville. Lui aussi arriva en ville, se rendit au palais royal, déposa plainte et dit : « Abdallah bin Wazir a jeté une pierre à mon bœuf et celui-ci est mort. » Alors des envoyés du palais royal vinrent appeler mon père<sup data-fn="41f65fda-de29-40a5-b5dd-ccd38ce21b0e" class="fn"><a href="#41f65fda-de29-40a5-b5dd-ccd38ce21b0e" id="41f65fda-de29-40a5-b5dd-ccd38ce21b0e-link">8</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon père les suivit et ils allèrent ensemble au palais. Le roi lui dit ceci : « Ton fils Abdallah a tué le bœuf de Mgomri. » Il répondit : « Je ne suis pas au courant. Allez donc l’appeler, qu’il vienne et que vous lui demandiez si c’est vrai. » Le roi, Mwinyi Mdji, déclara : « Ton fils Abdallah n’a pas de discernement. Il est encore un enfant. » Mon père lui demanda : « Que désires-tu donc ? » Le roi répondit : « Je réclame trois femmes et dix bœufs. » Alors mon père dit : « Faites venir Abdallah, qu’il vienne et que vous lui demandiez si c’est réellement lui qui a tué son bœuf. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un policier<sup data-fn="f1c52bd9-6799-4a52-8668-cc66425b925d" class="fn"><a href="#f1c52bd9-6799-4a52-8668-cc66425b925d" id="f1c52bd9-6799-4a52-8668-cc66425b925d-link">9</a></sup> fut alors envoyé. Il se rendit auprès de ma mère, puis m’appela. Je me levai, le suivis et nous allâmes au palais. Le roi me demanda : « Est-il vrai, Abdallah, que c’est toi qui as tué le bœuf de Mgomri ? » Je répondis : « C’est vrai, c’est moi qui l’ai tué. » — « Que signifie cela, que tu tues le bœuf d’autrui ? » Je lui dis : « Le bœuf de Mgomri nous poursuivait à toute allure et voulait nous tuer. Alors j’ai appelé Mgomri et je lui ai dit : “Rappelle ton bœuf, qu’il ne nous tue pas.” Et Mgomri me dit : “Lance-lui une pierre.” Je lui demandai : “Où dois-je le frapper ?” Il me répondit : “Lance-lui dans l’œil.” Alors je jetai la pierre et le frappai à l’œil. Le bœuf tomba à terre. Alors Mgomri tira son sabre et me poursuivit pour me tuer. Je courus vite, m’échappai et gagnai la ville. Telle est ma déclaration. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roi interrogea alors Mgomri et lui dit : « Les paroles qu’Abdallah a dites — son récit — sont-elles vraies ? » Il répondit : « Elles sont vraies. Ce sont bien les paroles que je lui ai adressées. » Alors le roi lui dit : « C’est toi qui paieras le bœuf. Car c’est toi qui l’as fait tuer. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="064df2e3-d6ea-465b-9a64-83f715a3b97b"><em>Martin Heepe (1887-1961).</em> <a href="#064df2e3-d6ea-465b-9a64-83f715a3b97b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5f8c80df-5e40-4b0d-8072-7f30535446a0"><em>Carl Friedrich Michael Meinhof (1857-1944)</em>. <a href="#5f8c80df-5e40-4b0d-8072-7f30535446a0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1474724a-021c-4fb6-a72d-b84e6fb317ec"><em><em>À l’exemple de certains Comoriens travaillant à l’époque pour des compagnies allemandes ou au service de citoyens allemands, et partageant leur temps entre l’Afrique de l’Est et l’Allemagne.</em></em> <a href="#1474724a-021c-4fb6-a72d-b84e6fb317ec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="224d44c4-9e23-4d40-a478-1a7939af491e"><em>Le shiKomori, en particulier dans sa variété linguistique shiNgazidja.</em> <a href="#224d44c4-9e23-4d40-a478-1a7939af491e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e40a23bb-8536-40c0-99b8-a40dcccd314e"><em>Ville du centre-ouest de Ngazidja, ancien chef-lieu du sultanat d’Itsandraya.</em> <a href="#e40a23bb-8536-40c0-99b8-a40dcccd314e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7956aadf-d618-4b60-bdf4-3637f2b35344"><em>Petit village situé au nord de Ngazidja, à proximité immédiate de Mitsamihuli Mdjini</em>. <a href="#7956aadf-d618-4b60-bdf4-3637f2b35344-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f4cd49dd-3970-428b-a457-fcc5c13c30c8"><em>Mɓe ɗume</em>. <a href="#f4cd49dd-3970-428b-a457-fcc5c13c30c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="41f65fda-de29-40a5-b5dd-ccd38ce21b0e"><em>Wazir bin Djumɓe Fumu.</em> <a href="#41f65fda-de29-40a5-b5dd-ccd38ce21b0e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f1c52bd9-6799-4a52-8668-cc66425b925d"><em>Mdrowani.</em> <a href="#f1c52bd9-6799-4a52-8668-cc66425b925d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Colonisation française : Prise de possession de Maore, juin 1843</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 11:23:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Andriantsuli]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Omar Abubakari]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Passot]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Omar wa Saïd Hasan]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : À la suite du traité controversé du 25 avril 1841 relatif à la cession de Maore, la France ne procéda pas immédiatement à la prise de possession de l’île. Il fallut attendre près de deux années pour qu’un officier, en l’occurrence Pierre Passot — signataire et principal négociateur dudit traité — soit effectivement [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><strong>Contexte :</strong> À la suite du traité controversé du 25 avril 1841 relatif à la <a href="https://beshelea.com/colonisation-traite-25-avril-1841/">cession de Maore</a>, la France ne procéda pas immédiatement à la prise de possession de l’île. Il fallut attendre près de deux années pour qu’un officier, en l’occurrence Pierre Passot — signataire et principal négociateur dudit traité — soit effectivement dépêché sur place. Ce délai traduit les hésitations des autorités françaises, soucieuses de ne pas provoquer de réaction hostile de la Grande-Bretagne<sup data-fn="0c00c276-5b55-4c97-a94f-0d70b6e36cd7" class="fn"><a href="#0c00c276-5b55-4c97-a94f-0d70b6e36cd7" id="0c00c276-5b55-4c97-a94f-0d70b6e36cd7-link">1</a></sup>, alors très influente dans l’archipel, ni du sultanat de Zanzibar, qui considérait cette zone comme relevant de sa sphère d’influence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette prudence diplomatique s’ajoutait une difficulté majeure : la contestation formelle de la cession par Ndzuani. En effet, au-delà de la suzeraineté ancienne, quoique intermittente, exercée par les sultans anjouanais sur Maore, un traité conclu le 19 novembre 1835<sup data-fn="d9a3a986-a046-4b92-a596-6c743abe0f37" class="fn"><a href="#d9a3a986-a046-4b92-a596-6c743abe0f37" id="d9a3a986-a046-4b92-a596-6c743abe0f37-link">2</a></sup> avait entériné la cession de l’île au sultanat de Ndzuani, après que le sultan Abdallah bin Alawi (Abdallah II, mort en 1836) eut libéré cette dernière du joug de Ramanetaka. En droit comme en pratique, une telle situation rendait toute nouvelle cession invalide sans l’assentiment préalable de Ndzuani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Consciente de cet obstacle, la France adopta, après 1841, une stratégie en deux temps. Elle chercha d’abord à fragiliser le pouvoir du sultan Salim bin Alawi (Salim II), issu d’un contexte de rivalités internes, en alimentant la rumeur d’un retour du prince Saïd Hamza<sup data-fn="5a9d5ed0-ae7f-4a34-a70b-f3192539d1f4" class="fn"><a href="#5a9d5ed0-ae7f-4a34-a70b-f3192539d1f4" id="5a9d5ed0-ae7f-4a34-a70b-f3192539d1f4-link">3</a></sup>, partisan du souverain déchu Alawi bin Abdallah (Alawi Mtiti, mort en 1842). Dans un second temps, elle s’appuya sur le prince Saïd Omar bin Hasan<sup data-fn="a0ff5937-85b0-4a4e-84ef-30d7eef8130d" class="fn"><a href="#a0ff5937-85b0-4a4e-84ef-30d7eef8130d" id="a0ff5937-85b0-4a4e-84ef-30d7eef8130d-link">4</a></sup>, notable anjouanais, francophile convaincu acquis à sa cause et installé à Maore, pour exercer une pression politique directe sur le sultan Salim. L’objectif était d’obtenir de ce dernier une renonciation écrite à ses prétentions sur l’île, accompagnée de la reconnaissance du traité du 25 avril 1841. Cette manœuvre aboutit le 19 septembre 1843, lorsque le sultan finit par céder aux exigences françaises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le discours ci-après a été prononcé lors de la prise de possession, le 16 djumad al-awal 1259, au lieu-dit Pangahari, sur l’îlot de Ndzaudze, en présence de l’ex-« sultan » Andriantsuli bin Uza, des cadis et notables de l’île, d’Auguste-Léopold Protet, commandant de la gabare <em>La Lionne</em>, des officiers de ce bâtiment, ainsi que de deux détachements d’infanterie et d’artillerie destinés à tenir garnison sur l’île.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Proclamation du commandant Passot, premier commandant particulier de Maore.</h3>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Ndzaudze, 13 juin 1843</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Habitants de Maore,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le haut et puissant monarque qui règne sur des millions de sujets tant musulmans que chrétiens, dont les possessions s&rsquo;étendent du levant au couchant et les navires sillonnent toutes les mers, Louis-Philippe Ier, Roi des Français, a bien voulu accepter l&rsquo;offre que vous lui avez faite de la cession en toute propriété de la souveraineté de l&rsquo;île Maore, et son représentant à Bourbon<sup data-fn="83581102-da22-42c3-859e-5a8f5fb74622" class="fn"><a href="#83581102-da22-42c3-859e-5a8f5fb74622" id="83581102-da22-42c3-859e-5a8f5fb74622-link">5</a></sup> m&rsquo;a envoyé vers vous pour vous commander et vous protéger de vos ennemis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Habitants de Maore, le règne du roi des Français est le règne de la justice et de l&rsquo;équité, les peuples qu&rsquo;il gouverne, aussi nombreux que les étoiles du ciel, bénissent chaque jour son nom et prie Dieu et le grand Muhammad de prolonger la vie qui leur est si chère. Mayottais, depuis près d&rsquo;un siècle la guerre règne dans votre île, elle a diminué la population et détruit jusqu&rsquo;aux traces de cultures et fait disparaître vos villes qui ne sont plus que des monceaux de ruines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vos sultans tour à tour élus et décapités<sup data-fn="9917668f-59c2-4bdf-be21-95e8712965e0" class="fn"><a href="#9917668f-59c2-4bdf-be21-95e8712965e0" id="9917668f-59c2-4bdf-be21-95e8712965e0-link">6</a></sup> n&rsquo;ont usé de leur autorité passagère que pour vous enlever vos biens et souvent pour attenter à votre vie, mais le règne de la terreur est passé. Vous ne serez plus gouvernés par le caprice mais seulement par les lois : votre port, libre de tout droit, et pour toutes les nations, va bientôt se couvrir de navires qui vous apporteront les produits des diverses contrées de la terre en échange de ceux de votre île<sup data-fn="65a66a74-03eb-44b9-b492-86ab5468b9a0" class="fn"><a href="#65a66a74-03eb-44b9-b492-86ab5468b9a0" id="65a66a74-03eb-44b9-b492-86ab5468b9a0-link">7</a></sup> ; l&rsquo;abondance et la richesse vont succéder à la misère et aux privations que vous avez endurées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Habitants de Maore, rendez-vous à vos mosquées et remerciez Dieu et son prophète de cet heureux changement et par votre conduite envers celui qui est appelé à vous commander, rendez-vous dignes d&rsquo;un aussi grand bienfait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le commandant particulier. »</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Signé : PIERRE PASSOT</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Archives nationales d&rsquo;outre-mer, Aix-en-Provence</li>



<li>Histoire des îles Ha’Ngazidja, Hi’Ndzou’ani, Maïota et Mwali, <em>présentation critique des manuscrits arabe et swahili émanant du Grand Qadi de Ndzaoudzé</em>, Oumar Aboubakari Housséni (1865), <em>Djahazi Edition (1997)</em>.</li>



<li>Chroniques mahoraises, <em>Jean-François Gourlet (2003)</em></li>



<li>Comores : quatre îles entre pirates et planteurs, Tome 1 – Razzias, malgaches et rivalités internationales (fin XVIIIe-1875), <em>Jean Martin (1983)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="0c00c276-5b55-4c97-a94f-0d70b6e36cd7"><em>Une instruction française datée du 16 février 1843 précisait, par exemple, que dans l’hypothèse où les Anglais viendraient à s’installer à Maore entre la ratification du traité de cession — intervenue le 10 février 1843 sous Louis-Philippe — et la prise de possession effective de l’île, la France invoquerait l’antériorité de ses droits, fondés sur le traité du 25 avril 1841. Toutefois, dans le cas où les autorités britanniques se montreraient inflexibles, il conviendrait alors de se retirer en évitant tout incident, non sans avoir, au préalable, formulé une protestation officielle.</em> <a href="#0c00c276-5b55-4c97-a94f-0d70b6e36cd7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d9a3a986-a046-4b92-a596-6c743abe0f37"><em>Bien que ce traité ait bel et bien existé, son original a disparu dans les flammes lors d’incendies survenus au cours de conflits intra-mahorais, lorsque le rebelle Andrianavi attaqua Ndzaudze. Un autre exemplaire original était conservé à Ndzuani, mais il disparut à son tour après l’exil du sultan Alawi en 1840.</em> <em>Il fut réécrit en 1843 à la demande de Passot, lequel enjoignit au cadi Omar Abubakar de préciser que la souveraineté de l’île de Maore avait été cédée au sultan Abdallah bin Salim, puis à son fils Alawi, et qu’à leur mort, l’île reviendrait automatiquement à ses habitants. Selon le cadi Omar Abubakar, Passot déclara : « J’en ai besoin pour le faire porter à Ndzuani, afin que le sultan Salim y appose sa signature. » Il convient de souligner que cette réécriture, ne comportant pas de date, intervint plusieurs années après la mort d’Abdallah, et peu de temps après celle d’Alawi Mtiti. Du côté anjouanais, le traité n’avait jamais mentionné de durée et ne faisait pas davantage référence aux dispositions à prendre après la mort desdits souverains. Le capitaine anglais John Marshall, envoyé en mission à Mtsamdu, écrivait ainsi, le 30 décembre 1843, que « les notables de Ndzuani ont affirmé solennellement que le traité original n’indiquait aucune limite à la domination des rois de Ndzuani sur Maore ».</em> <a href="#d9a3a986-a046-4b92-a596-6c743abe0f37-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5a9d5ed0-ae7f-4a34-a70b-f3192539d1f4"><em>Par exemple, Charles Léon Joseph Bazoche, gouverneur de Bourbon, écrit à Pierre Passot, le 27 mai 1843 : « Vous ferez comprendre au sultan de Ndzuani que, dans la position précaire où il se trouve, son intérêt est de rechercher notre alliance, afin que nous ne prenions pas en main la cause de son compétiteur. »</em> <a href="#5a9d5ed0-ae7f-4a34-a70b-f3192539d1f4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a0ff5937-85b0-4a4e-84ef-30d7eef8130d"><em>Saïd Omar bin Hasan arriva à Ndzuani, accompagné de Favin-Lévêque, commandant du Heroine, et se présenta à Salim II, qui refusa de signer un document qu’il jugeait non authentique. Dans sa chronique de 1875, Saïd Omar rapporte que Salim lui avait rappelé : « Andriantsuli n’était que gouverneur de Maore et ne pouvait, à ce titre, céder une île qui ne lui appartenait pas. Cette île appartenait légitimement, par droit de conquête et par donation, à la couronne de Ndzuani ; ainsi Abdallah, sultan de Ndzuani, et ses successeurs étaient maîtres de Maore. Ni Andriantsuli, ni Ramanetaka, ni Ɓwana Kombo n’avaient donc le moindre droit sur cette île […]. Et si, à la mort d’Abdallah et d’Alawi, Maore devait devenir libre et indépendante de la couronne de Ndzuani, pourquoi monsieur Bazoche attachait-il tant de prix à ma signature ? »</em> <a href="#a0ff5937-85b0-4a4e-84ef-30d7eef8130d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="83581102-da22-42c3-859e-5a8f5fb74622"><em>Il s&rsquo;agit de Mathieu de Hell.</em> <a href="#83581102-da22-42c3-859e-5a8f5fb74622-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9917668f-59c2-4bdf-be21-95e8712965e0"><em>Peut-être fait-il référence à l’assassinat du sultan <em>Ɓ</em>wana Kombo bin Hadj par des pirates malgaches en 1787, ainsi qu’aux régicides survenus au sein des familles royales mahoraises, qui conduisirent aux meurtres des sultans Salim bin <em>Ɓ</em>wana bin Klasmel et Swalih bin Muhammad en 1817, puis à celui du sultan Mawana Ahamadi en 1829, et enfin à l’exécution du sultan <em>Ɓ</em>wana Kombo bin Ahamadi, en 1836, dans la prison de Fumɓoni (Mwali), sur ordre du sultan Abderhaman (Ramanetaka).</em> <a href="#9917668f-59c2-4bdf-be21-95e8712965e0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65a66a74-03eb-44b9-b492-86ab5468b9a0"><em>L&rsquo;objectif de la France était tout d&rsquo;abord de faire de Maore une colonie agricole, une sorte de « colonie modèle » et un « centre économique florissant » au bénéfice de l’Empire et des planteurs. Un objectif au final qui ne sera pas atteint.</em> <a href="#65a66a74-03eb-44b9-b492-86ab5468b9a0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


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