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	<title>slider Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<description>Se souvenir, c&#039;est vivre deux fois</description>
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	<title>slider Archives - Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</title>
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	<item>
		<title>Colonisation française des Comores : Traité du 25 avril 1841</title>
		<link>https://beshelea.com/colonisation-traite-25-avril-1841/</link>
					<comments>https://beshelea.com/colonisation-traite-25-avril-1841/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 14:15:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Andriantsuli]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Maore]]></category>
		<category><![CDATA[Omar Abubakari]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Passot]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<category><![CDATA[Traité]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Noël]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://beshelea.com/?p=1048</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série à travers laquelle Ɓeshelea s’est fixé pour objectif de publier l’intégralité des traités et actes relatifs à la colonisation française de l’archipel des Comores.</p>
<p>The post <a href="https://beshelea.com/colonisation-traite-25-avril-1841/">Colonisation française des Comores : Traité du 25 avril 1841</a> appeared first on <a href="https://beshelea.com">Ɓeshelea | Culture et histoire des Comores</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans l’histoire de l’archipel des Comores, la parenthèse de la colonisation française demeure, jusqu’à aujourd’hui, un sujet de débats et de controverses. Ces discussions portent aussi bien sur l’interprétation, à l’européenne, de la notion d’« État-nation » que sur la lecture et l’analyse de certains documents historiques. C’est précisément sur ce dernier aspect que nous nous penchons ici, puisque la colonisation française aux Comores débute officiellement le 25 avril 1841, à la suite d’une controverse liée au traité de cession de l’île de Maore.</p>



<p><em>Par Kori Tari avec Rabouba Jr al Shahashahani</em>.</p>



<p>Ce document, dont il existe plusieurs versions, contient des informations qui ne concordent pas toujours. L’interprétation des événements ayant conduit à cette cession ne fait, encore aujourd’hui, l’unanimité, tant l’histoire se révèle plus complexe qu’il n’y paraît. Ainsi, selon Cadi Omar Abubakar<sup data-fn="9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97" class="fn"><a href="#9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97" id="9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97-link">1</a></sup>, cette cession aurait été envisagée dans le but de protéger sa famille et l’île de Maore d’un coup de force préparé par Andriantsuli, lequel cherchait à s’emparer de l’île. Pour parvenir à ses fins, il lui aurait fallu éliminer toute la famille royale qui lui était opposée.</p>



<p>Le statut même de « sultan » au moment de la signature du traité demeure discutable. Nous y reviendrons plus loin, mais il convient de souligner qu&rsquo;Andriantsuli reconnaît lui-même, dans un échange avec le Français Vincent Noël, que, s’agissant du sultan de Ndzuani, « il ne se considérait que comme son lieutenant et ne pouvait disposer de l’île sans un ordre exprès de ce prince ». À cela s’ajoutent les intrigues des ministres Fiunzuna et Nahiku<sup data-fn="51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d" class="fn"><a href="#51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d" id="51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d-link">2</a></sup>, ainsi que la position particulière de Cadi Omar depuis le traité de cession de l’île de 1835 au sultan de Ndzuani. Autant d’éléments qui rendent la situation bien plus complexe que la présentation souvent réductrice proposée sur certains plateaux de télévision ou dans certaines revues de presse, lesquelles s’appuient sur une lecture strictement française des faits.</p>



<p>Pour comprendre le fait colonial, il ne suffit pas de se limiter à la version officielle produite par la puissance occupante, d’autant plus lorsque les documents concernés ont été rédigés dans des langues différentes. C’est le cas de la cession de Maore : le document original fut rédigé en arabe par Cadi Omar Abubakar avant d’être traduit en français. Or cette traduction, établie par l’agent consulaire de France à Zanzibar, Vincent Noël, qui accompagnait Pierre Passot, pose plusieurs problèmes. C’est pourquoi nous avons choisi, dans cet article, de présenter les deux versions du texte, d’y adjoindre une traduction française récente du document original, d’en dégager les différences et d’apporter quelques précisions nécessaires.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img width="491" height="652" data-id="1120"  alt="Version originale en arabe du Traité du 25 avril 1841" class="wp-image-1120 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-1.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-1.jpg 491w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-1-226x300.jpg 226w" sizes="(max-width: 491px) 100vw, 491px" /><figcaption class="wp-element-caption">Version originale en arabe du Traité du 25 avril 1841</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="768" height="1024" data-id="1119"  alt="Version originale en arabe du Traité du 25 avril 1841 (suite)" class="wp-image-1119 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-768x1024.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-768x1024.jpg 768w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-225x300.jpg 225w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2-1152x1536.jpg 1152w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Version originale du Traité du 25 avril 1841 (suite)</figcaption></figure>
</figure>



<h3 class="wp-block-heading">Traité du 25 avril 1841 &#8211; Version traduite par Vincent Noël en 1841</h3>



<p>«&nbsp;Au nom du Dieu clément et miséricordieux. C’est en Lui que nous mettons notre confiance.</p>



<p>Le traité suivant, négocié par le capitaine Passot, envoyé de M. de Hell, contre-amiral gouverneur de Bourbon, a été conclu entre S.A. Andriantsuli, fils d’Uza, ancien roi des Sakalaves, aujourd’hui sultan de Maore, et le gouvernement français, sauf l’approbation de Sa Majesté Louis-Philippe Ier, roi des Français, ou de son représentant, le gouverneur de Bourbon.</p>



<p><strong>Article 1 :</strong> Le sultan Andriantsuli cède à la France, en toute propriété, l’île de Maore, qu’il possède par droit de conquête et par convention, et sur laquelle il règne depuis treize ans.</p>



<p><strong>Article 2 :</strong> En retour de la présente cession, le gouvernement français fera au sultan Andriantsuli une rente viagère de mille piastres. Cette rente, qui sera payée par trimestre, ne sera pas réversible sur les enfants du sultan Andriantsuli mais deux de ses fils pourront être envoyés à Bourbon pour y être élevés aux frais du gouvernement français.</p>



<p><strong>Article 3 :</strong> Le sultan Andriantsuli pourra continuer à habiter Maore ; il conservera la jouissance de toutes ses propriétés particulières, mais il ne devra en aucune manière s’opposer aux ordres donnés par le représentant à Maore du roi des Français. Il devra, au contraire, faire tout ce qui dépendra de lui pour en assurer l’exécution.</p>



<p><strong>Article 4 :</strong> Si le sultan Andriantsuli voulait retourner à Madagascar, le gouvernement français s’engage à le déposer, lui et ceux de ses gens qui désireraient le suivre, sur le point qu’il désignera, sans autre condition. Mais alors, la pension de mille piastres qui lui est allouée cesserait à dater du jour de son départ de Maore.</p>



<p><strong>Article 5 :</strong> Toutes les propriétés sont inviolables. Ainsi, les terres cultivées, soit par les Sakalaves, soit par les autres habitants de l’île Maore, continuent à leur appartenir. Cependant, si pour la sûreté et la défense de l’île, il était nécessaire d’occuper un terrain habité par un individu quelconque, celui-ci devrait aller s’établir dans une autre partie de l’île, à son choix, mais sans être en droit d’exiger une indemnité.</p>



<p><strong>Article 6 :</strong> Les terres non reconnues propriétés particulières appartiennent de droit au gouvernement français, qui seul pourra en disposer.</p>



<p><strong>Article 7 :</strong> Les discussions, disputes ou différends quelconques qui s’élèveraient entre les Français et les anciens habitants de Maore seront jugés par des hommes sages et éclairés, choisis dans les deux populations et désignés par Sa Majesté le Roi des Français ou par son représentant à Maore.</p>



<p><strong>Article 8 :</strong> En considération des liens de parenté et d’amitié qui unissent le sultan Andriantsuli au sultan Alawi<sup data-fn="7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac" class="fn"><a href="#7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac" id="7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac-link">3</a></sup>, si ce dernier veut résider à Bourbon, Maore ou Nosy Be, il sera traité de la manière la plus favorable par tout commandant pour le roi des Français.</p>



<p><strong>Article 9 :</strong> Le présent acte, rédigé en français et en arabe, a été fait en triple exécution dans chacune des deux langues. Il recevra son exécution lorsqu’il aura été sanctionné par Sa Majesté le Roi des Français ou par son représentant le gouverneur de Bourbon, et à dater du jour où le pavillon national de la France sera arboré sur un point quelconque de Maore.</p>



<p>Fait à Maore, le dimanche deuxième du mois de Rabi-el-Awal, 1257 de l’hégire, date correspondante au 25 avril 1841.</p>



<p><strong>Signataires [selon une des versions]:</strong><br>Passot — Andriantsuli, Fiunzuna [vizir] — Bakari Kusu [vizir] — Madani Tauria [vizir] — Nahiku [vizir] — Anaha [vizir] — Saïd bin Athuman [vizir] — Omar bin Masulaha [vizir] — Fuadi Ahmadi bin Athuman [Cadi]. »</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img width="713" height="1024" data-id="1125"  alt="Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe. (1)" class="wp-image-1125 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-713x1024.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-713x1024.jpg 713w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-209x300.jpg 209w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-768x1104.jpg 768w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3-1069x1536.jpg 1069w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-3.jpg 1425w" sizes="(max-width: 713px) 100vw, 713px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="1024" height="763" data-id="1126"  alt="Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe. (2)" class="wp-image-1126 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-1024x763.jpg" srcset="https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-1024x763.jpg 1024w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-300x223.jpg 300w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-768x572.jpg 768w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4-1536x1144.jpg 1536w, https://beshelea.com/wp-content/uploads/2025/12/Traite-du-25-avril-1841-4.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un exemplaire de la version française du Traité du 25 avril 1841, traduite par Vincent Noël, avec l’ajout post-édition des signatures comoriennes figurant dans la version arabe. (suite)</figcaption></figure>
</figure>



<h3 class="wp-block-heading">Traité du 25 avril 1841 &#8211; Version traduite par Zaïneb Ben Abdelhafidh en 2025</h3>



<p>« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Et c’est par Lui que nous cherchons assistance. Voici ce qui a été convenu entre Son Excellence le Sultan Andriantsuli, Sultan de Maore, fils du Sultan Uza, Sultan des Sakalaves, ainsi que le capitaine Passot, chambellan du gouverneur de Bourbon et émissaire auprès du Sultan susmentionné, sous réserve d’accord de Sa Majesté le roi Louis-Philippe Iᵉʳ, Souverain des Français, et par son représentant à Bourbon, Son Altesse Mathieu de Hell.</p>



<p><strong>Première condition</strong> : Son Excellence le Sultan Andriantsuli, Sultan de Maore, cède entièrement et sans restriction l’île mentionnée à Sa Majesté, Souverain des Français.</p>



<p><strong>Seconde condition</strong> : Sa Majesté, Souverain des Français, versera à Son Excellence le Sultan Andriantsuli, comme rétribution pour lui avoir cédé l’île, une rente viagère de mille piastres, tant que le Sultan Andriantsuli résidera sur l’île de Maore et, si Son Excellence vient à décider, ses enfants ne pourront prétendre à ce qui appartient à leur père. Toutefois, Son Excellence le Sultan Andriantsuli est en droit d’envoyer deux de ses enfants à Bourbon, auquel cas leur éducation sera financièrement prise en charge par le Souverain suprême (français).</p>



<p><strong>Troisième condition</strong> : Tant que Son Excellence le Sultan Andriantsuli demeure à Maore, aucune de ses possessions ne lui sera confisquée, à condition qu’il n’aille pas à l’encontre des ordres de Son Altesse le Souverain des Français ou de son représentant nommé par lui. Au contraire, si le représentant de Son Altesse le Souverain des Français requiert quelque chose, Son Excellence le Sultan Andriantsuli devra lui apporter toute l’assistance nécessaire.</p>



<p><strong>Quatrième condition</strong> : Les Français doivent garantir au Sultan Andriantsuli et à son entourage de se rendre dans tout lieu de la région où il souhaiterait voyager. Toutefois, à partir du moment où il quittera Maore, le versement des mille piastres mentionnées cessera.</p>



<p><strong>Cinquième condition</strong> : Tous les biens des Sakalaves et des autres peuples de Maore resteront sous leur contrôle absolu. Cependant, si un habitant réside dans un endroit qui se trouve être un lieu nécessaire à la protection de l’île, celui-ci pourra être relogé dans un autre lieu de son choix, sauf si ce lieu appartient à un propriétaire, auquel cas son installation nécessitera l’accord de ce dernier.</p>



<p><strong>Sixième condition</strong> : Toute terre n’appartenant à personne par droit de propriété et n’ayant pas été cultivée appartient au Souverain suprême (français), et le représentant de Son Altesse pourra en disposer à sa guise.</p>



<p><strong>Septième condition</strong> : En cas de litige entre un Mahorais et un Français, leur jugement sera rendu par un représentant des Français et un représentant des populations de l’île, choisis parmi les personnes les plus sages et instruites par Son Altesse le Souverain des Français ou son représentant.</p>



<p><strong>Huitième condition</strong> : Si le Sultan Alawi souhaite résider à Bourbon ou à Nosy Be et Maore, il pourra, si Allah le veut, y séjourner auprès de ceux qui servent Sa Majesté le Souverain des Français, et il y sera traité avec bienveillance, honneur et une grande considération. Cela est ordonné par le Souverain suprême (français), en raison des liens de parenté entre le Sultan Andriantsuli et Alawi, et de l’amitié qui s’est établie entre eux.</p>



<p>Ce document a été rédigé en trois exemplaires, et son contenu prendra effet dès qu’il sera validé par Sa Majesté le roi Louis-Philippe Iᵉʳ, Souverain des Français, ou par son représentant à Bourbon.</p>



<p>Il a été déposé en un lieu désigné de l’île de Maore, sous le pavillon français, le dimanche 2 Rabīʿ al-Awwal 1257 de l’Hégire. »</p>



<p><strong>Signataires :</strong><br>Passot — Ont signé Fiunzuna [vizir] — Bakari Kusu [vizir] — Madani Tauria [vizir] — Nahiku [vizir] — Anaha [vizir] — Saïd bin Athuman [vizir] — Omar bin Masulaha [vizir] — Fuadi Ahmadi bin Athuman [Cadi] — Et celui qui a rédigé cela, sous leur autorité, et s&rsquo;en porte garant, c&rsquo;est Cadi Omar bin Abubakar. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Quelques points à relever sur les deux traductions :</h4>



<p>La comparaison des deux versions révèle que des ajouts ont été introduits par le traducteur Vincent Noël.</p>



<p>Concernant la première condition, la version originale et la traduction proposée par Zaïneb Ben Abdelhafidh concordent parfaitement. En revanche, l’ajout des treize années de règne attribuées à Andriantsuli semble avoir été introduit afin de le légitimer comme sultan incontesté. Or, dans les faits, l’Ampanzaka<sup data-fn="2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950" class="fn"><a href="#2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950" id="2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950-link">4</a></sup> ne s’installe définitivement sur le sol mahorais qu’en 1832. Un simple calcul montre qu’entre 1832 et 1841, date de la signature du traité, neuf années seulement se sont écoulées. Andriantsuli n’a d’ailleurs été sultan de Maore que de 1832 à 1833, avant d’être destitué la même année par Ramanetaka<sup data-fn="18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39" class="fn"><a href="#18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39" id="18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39-link">5</a></sup>.</p>



<p>Par la suite, il devient gouverneur pour le compte des sultans de Ndzuani à partir de 1835, fonction qu’il conserve jusqu’à la signature du traité de 1841. Cette situation découle d’un accord conclu en 1835 entre les nobles de Maore et le sultan Abdallah II<sup data-fn="1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e" class="fn"><a href="#1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e" id="1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e-link">6</a></sup> (1823-1835) de Ndzuani, lorsque ce dernier les libéra du joug de Ramanetaka.</p>



<p>La quatrième condition du traité mentionne, dans la version de Vincent Noël, la terre de Madagascar, alors que la traduction de Zaïneb Ben Abdelhafidh, conforme à l’original, n’y fait pas référence. Il apparaît ainsi qu&rsquo;Andriantsuli pouvait se rendre où bon lui semblait.</p>



<p>De même, la cinquième condition évoque, dans le texte original, une entente entre autochtones dans le cas où l’un souhaiterait s’installer, et non une indemnité due au représentant français. Là encore, la traduction de Zaïneb Ben Abdelhafidh restitue fidèlement le sens du document original.</p>



<p>Enfin, s’agissant des signataires, il est désormais établi que le nom de Andriantsuli n’apparaît pas dans le document original, alors qu’il figure dans la version traduite par Vincent Noël. À l’inverse, le nom de Cadi Omar bin Abubakar, présent dans l’original, disparaît dans l&rsquo;une des versions françaises de 1841.</p>



<p>L’enseignement à tirer d’une telle situation est clair : il est indispensable de vérifier chaque document afin d’éviter toute méprise dans la compréhension de notre histoire. Celle-ci est complexe, et certains cherchent, volontairement ou non, à la simplifier à l’excès. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Archives départementales de La Réunion</li>



<li>Histoire des îles Ha&rsquo;Ngazidja, Hi&rsquo;Ndzou&rsquo;ani, Maïota et Mwali, <em>présentation critique des manuscrits arabe et swahili émanant u Grand Qadi de Ndzaoudzé</em>, Oumar Aboubakari Housséni (1865), <em>Djahazi Edition (1997)</em>.</li>



<li>Comores : quatre îles entre pirates et planteurs, Tome 1 &#8211; Razzias, malgaches et rivalités internationales (fin XVIIIe-1875), <em>Jean Martin (1983)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97"><em>Un prince, membre de la famille royale de Maore, expose dans une chronique rédigée en 1865 sa propre version des faits concernant l’histoire de l’île ainsi que la question relative à la cession de 1841.</em> <a href="#9cc05d3e-5d67-46b7-9b18-f721a8fa4c97-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d"><em>Chacun prétendait, de son côté, être le véritable gouvernant de Maore, soutenant que Andriantsuli avait perdu de son influence.</em> <a href="#51987270-0dec-4aab-8c06-d79b5d5a8b5d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac"><em>Alawi bin Abdallah bin Alawi, dit Alawi II ou Alawi Mtiti (« le jeune »), était le sultan déchu de Ndzuani. Il était également le souverain auquel <em>Andriantsuli</em> avait prêté allégeance et au nom duquel il gouvernait Maore depuis la mort du père de celui-ci, en 1836.</em> <a href="#7de22a74-593e-4735-80bc-299dd52d70ac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950"><em>Terme malgache générique servant à désigner le souverain, qu’il s’agisse d’un roi ou d’une reine.</em> <a href="#2a8038d5-402f-403e-95f4-13f7236fd950-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39"><em>Sultan de Mwali.</em> <a href="#18d0511b-c77b-4755-90e2-9d919e18fc39-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e"><em>Abdallah bin Alawi.</em> <a href="#1758672b-a2da-4bec-8fe6-318863449e8e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>Échec des abolitions : témoignage du général Abderahman bin Omar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 07:40:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abderahman bin Omar]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Earl Granville]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Barrett Miles]]></category>
		<category><![CDATA[Scott J. B. Willcox]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série au sein de laquelle Ɓeshelea s’est donné pour objectif de publier l’intégralité des traités relatifs à l’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La prolifération des actes et traités d’abolition de l’esclavage dans l’archipel des Comores, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle<sup data-fn="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517" class="fn"><a href="#21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517" id="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517-link">1</a></sup>, reflète les difficultés considérables rencontrées dans leur application. Tantôt, d’un côté, une volonté assumée de ne pas appliquer ces dispositions ou de les détourner vers d’autres formes de traite — <a href="https://beshelea.com/esclavage-ordonnance-9-decembre-1846/">comme ce fut le cas à Maore</a>, où l’ordonnance d’abolition promulguée par les autorités coloniales françaises donna lieu à des pratiques ambiguës<sup data-fn="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0" class="fn"><a href="#d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0" id="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0-link">2</a></sup> —, tantôt, de l’autre, des sultans peu enclins à respecter les engagements qu’ils avaient eux-mêmes souscrits<sup data-fn="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38" class="fn"><a href="#325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38" id="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38-link">3</a></sup>. À cela s’ajoutaient les obstacles liés aux oppositions internes au sein même de l’aristocratie comorienne.</p>



<p>C’est précisément ce dernier aspect qui retient ici notre attention. Après la signature du <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">traité anglo-anjouanais du 10 octobre 1882</a>, le deuxième du genre pour l’île, une rébellion éclata presque aussitôt contre le sultan Abdallah bin Salim [Abdallah III]. Cette insurrection s’inscrivait notamment dans un contexte de refus d’appliquer les dispositions du traité par une partie de l’élite locale.</p>



<p>Nous présentons ici le témoignage clé d’un homme qui fut témoin direct de ces événements et qui livra son analyse des raisons de cet échec. Il s’agit du général Abderahman bin Omar, petit-fils du sultan Alawi bin Husein et proche du sultan Abdallah III. Il fut notamment le commandant du contingent anjouanais envoyé à Ngazidja pour prêter main-forte au sultan Saïd Ali wa Saïd Omar dans sa guerre<sup data-fn="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1" class="fn"><a href="#0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1" id="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1-link">4</a></sup>. Cet engagement militaire ne fit d’ailleurs pas non plus l’unanimité à Mtsamɗu.</p>



<p>Ce témoignage d’Abderahman bin Omar fut recueilli lors d’une entrevue avec le consul britannique Frederic Holmwood, en novembre 1883. Toutefois, avant d’y venir, il nous a semblé utile de présenter un extrait d’une lettre de l’Anglais Samuel Barrett Miles, alors en poste à Zanzibar, adressée à Granville George Leveson, comte Granville et secrétaire aux Affaires étrangères. Celle-ci relate les faits rapportés par le commandant britannique <a href="https://beshelea.com/americain-famille-ndzuani-1883/">Scott J. B. Willcox</a>, qui se trouvait à Ndzuani au moment de la rébellion.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mise en contexte avec un extrait d’une lettre du Lieutenant-Colonel Miles à l’Earl Granville</h4>



<p class="has-text-align-right"><em>Zanzibar, 15 décembre 1882</em></p>



<p>« Depuis l’envoi de ma lettre du 18 novembre dernier, transmettant le rapport de M. Holmwood sur les îles Comores, d’importantes nouvelles ont été reçues par divers canaux, tant de Ndzuani que de Ngazidja. Le navire de Sa Majesté <em>Harrier</em> est arrivé hier, après avoir quitté Ndzuani le 6 du courant, dans le but de présenter devant la Cour de l’Amirauté ici le cas d’une goélette britannique appartenant aux Seychelles que le capitaine Willcox avait saisie pour trafic d’esclaves entre Ndzuani et l’île française de Glorioso, laquelle, si j’ai bien compris, a été louée pour plusieurs années à un créole des Seychelles.</p>



<p>Lorsque le <em>Harrier</em> atteignit Ndzuani, deux des frères du roi étaient en rébellion<sup data-fn="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e" class="fn"><a href="#f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e" id="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e-link">5</a></sup> ouverte contre lui et avaient pris Mtsamɗu, la capitale, dont les habitants étaient déjà enclins à causer des troubles en raison du nouveau traité au moment du départ de M. Holmwood. Le roi écrivit au capitaine Willcox pour lui déclarer que sa vie était en danger et demander assistance, laquelle lui avait été promise au cas où son autorité serait menacée en raison des concessions assez étendues qu’il nous avait accordées dans la nouvelle convention.</p>



<p>Les instructions que le capitaine Willcox avait reçues de l’officier naval supérieur ici présent l’empêchèrent d’accéder à la demande du roi, et il ne put que lui offrir un asile à bord de son navire. Finalement, un certain nombre de sujets locaux se rallièrent au roi et l’un des frères fut amené à revenir à son allégeance. Le roi réoccupa alors la capitale, tandis que son frère, le prince Muhammad, se retira dans une ville reculée où il demeure à présent.</p>



<p>Il est probable que, si Son Altesse n’avait pas renvoyé ses soldats hors de l&rsquo;île, il aurait encouru peu ou point de danger de cette rébellion, et son intervention dans les affaires de Ngazidja a ainsi amené son propre châtiment. Je ne doute pas que la présence de l’un de nos navires à Ndzuani empêchera toute violence effective d’être exercée contre le roi, dont l’alarme est grandement aggravée par sa cécité et l’impuissance qui en résulte<sup data-fn="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95" class="fn"><a href="#8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95" id="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95-link">6</a></sup> ; et la perte financière due à l’arrêt de sa sucrerie, bien que très sérieuse, pourra servir de leçon utile pour l’avenir. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Déclaration du général Abderahman bin Omar lors d&rsquo;un entretien avec Holmwood</h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Ndzuani, novembre 1883</em></p>



<p>« La position du Roi est des plus difficiles. N’eût été la crainte que son moulin à sucre<sup data-fn="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971" class="fn"><a href="#10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971" id="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971-link">7</a></sup> puisse, à tout moment, être détruit par un navire de guerre, ou qu’on puisse exiger de lui le versement d’une indemnité, il se serait depuis longtemps entièrement rangé à l’opinion populaire. En l’état, je ne puis dire qu’il ait accompli beaucoup, bien qu’il ait honnêtement tenté de mettre en œuvre le nouveau Traité en ce qui concerne ses sujets. Il donna l’ordre au cheikh Muhammad de procéder à l’enregistrement, mais les propriétaires d’esclaves refusèrent unanimement ; et comme ils savaient que le Roi lui-même n’avait fait qu’une vaine apparence d’enregistrer ses propres esclaves, il dut renoncer.</p>



<p>Par la suite, il fit saisir plusieurs esclaves qui avaient été vendus ou transférés en violation du Traité, et infligea des amendes aux propriétaires. Cela provoqua une rébellion, et sans le retour d’un certain nombre des meilleurs soldats du Roi, rapportant à ce moment-là un abondant butin<sup data-fn="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff" class="fn"><a href="#5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff" id="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff-link">8</a></sup> de Ngazidja, la situation aurait fort mal tourné pour Son Altesse. Quoi qu’il en soit, l’un des soldats envoyés pour empêcher l’entrée du prince Muhammad à Mtsamɗu fut abattu, et personne ne fut puni pour cet acte.</p>



<p>Le Roi se rendit alors dans la capitale et fit la paix avec la population. Il promit de ne plus prendre aucune mesure pour imposer le Traité, affirmant avoir reçu de Zanzibar la nouvelle que j’avais été rappelé en Angleterre avec disgrâce pour avoir conclu ce Traité, lequel n’aurait été qu’une erreur, et qu’il s’écoulerait des années avant qu’ils ne revoient un consul anglais. Les Anciens lui déclarèrent qu’il pouvait dire ce qu’il voulait, mais qu’il ne devait plus s’engager à signer quoi que ce soit, sans quoi ils le déposeraient ; et s’il se montrait trop puissant pour eux, ils pourraient à tout moment faire appel aux Français.</p>



<p>Je crois être la seule personne dans le pays à croire réellement que les Anglais feront jamais autre chose que proférer des menaces ; mais j’ai passé toute ma vie parmi des officiers britanniques. Il ne fait toutefois aucun doute que votre réapparition a suscité de grands doutes, et que l’île entière est en état d’alerte depuis qu’il est su que vous vous trouviez à bord du « Tourmaline ».</p>



<p>Le Roi ne sera pas en mesure d’imposer le Traité, et je lui conseillerai fermement de ne plus prétendre qu’il en est capable. Les habitants de la ville résisteront à coup sûr, et la rébellion s’étendrait à tout le pays. Depuis six mois, de nouveaux fusils Chassepot arrivent de Maore, accompagnés d’un important approvisionnement en munitions, et il n’est guère de maison où une telle arme ne soit dissimulée.</p>



<p>Le Roi, toutefois, craint les Français tout autant que son propre peuple, car ils lui ont montré qu’ils étaient prêts à tirer parti de la moindre ouverture qu’il pourrait leur offrir ; et même le prince Muhammad les préférerait au Traité.</p>



<p>Le Roi a encore près de 8 000 livres sterling à rembourser au titre de sa machinerie sucrière. Le coût initial, intérêts et assurance compris, s’élevait à 16 000 livres. Il doit déjà avoir versé cette somme, mais l’intérêt composé tous les six mois a lourdement alourdi la dette. Houdlette et Cie, de Maurice, ainsi que l’Oriental Bank, lui ont avancé l’équipement ; ils ont leurs propres agents pour produire le sucre et le surveiller, mais Son Altesse est fort habile.</p>



<p>Bien entendu, je sais à peu près ce qui s’est passé depuis votre départ, et je suis certain, d’après vos propos, que vous avez été bien informé ; toutefois, je ne dois pas m’étendre sur de tels sujets. La seule manière dont je puisse conseiller le Roi, même indirectement, est d’agir sur sa crainte du mécontentement anglais. Il répond toujours : « Vous savez bien qu’ils n’emploieront jamais la force, et leurs paroles ne nous inquiètent pas » — et que puis-je répliquer ? En vérité, il a de bonnes raisons de parler ainsi.</p>



<p>J’admets avoir acheté des esclaves récemment. Il est exact que les deux jeunes filles que vous avez vues dans ma maison venaient de Ngazidja ; mais il n’est pas une personne aisée dans cette île qui n’ait tiré profit de l’affaire de Ngazidja. Il est facile au prince Muhammad et à Othman de dire que Son Altesse a été fort imprudente de s’immiscer dans les affaires de Ngazidja et de Saïd Ali ; cela est peut-être vrai, mais tous deux auraient agi de même s’ils s’étaient trouvés à sa place. Il fut soumis à de grandes tentations, et il a du moins pour excuse d’avoir été vivement conseillé par les Français. À présent, il voit peut-être qu’ils se servent de lui pour accomplir leur sale besogne ; mais il a pris grand soin d’en être dûment rémunéré. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Références :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Correspondence relative to the slave trade 1858-1892, British representatives and agents abroad and repports from naval officiers, <em>Foreign Office (february 1884)</em>.</li>



<li>British and Foreign State Papers 1882-1883, Vol. LXXIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1890)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517"><em>Il y eut, au total, entre 1844 et 1904, onze actes, ordonnances et traités visant officiellement à abolir l’esclavage dans l’archipel des Comores.</em> <a href="#21fa406b-ce9e-4bac-84a2-33ef64453517-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0"><em>Dans les faits, cette abolition ne fut souvent qu’une façade. Par la même ordonnance censée supprimer l’esclavage, la France mit en place un système d’engagisme qui, en réalité, constituait une continuité à peine voilée de la traite.</em> <a href="#d926c389-b27e-4614-92d4-8cf27a46efe0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38"><em>Parmi les sultans signataires de ces actes, la plupart étaient eux-mêmes, à l’instar d’Ahmed bin Saïd Ali bin Swaleh (Mwinyi Mkuu) de Ngazidja, de grands esclavagistes et n’envisageaient nullement d’abandonner une pratique qui leur procurait d’importants revenus.</em> <a href="#325de6a4-85be-4720-9773-65fe6ee0aa38-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1"><em>La seconde Nkoɗo nkuu de Ngazidja, qui opposa les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#0bbc188a-5739-4c90-ba7b-f7719b5817a1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e"><em>L’instigateur de cette insurrection est le prince Muhammad, épaulé par le prince Othman.</em> <a href="#f3d671ac-97c0-4d80-841b-f2e3a93b692e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95"><em>Atteint de cataracte, le sultan Abdallah bin Salim avait complètement perdu la vue vers 1876-1877. Il ne la recouvra qu’à la suite d’un voyage à Maurice. Le 18 mars 1879, il y fut opéré par le docteur O. Beaugeard, assisté de ses confrères Vitry, Roger, Pouget et Sakir, précise un article du journal <em>La Sentinelle de Maurice</em> publié la même année. Mais, à son retour à Ndzuani, il perdit de nouveau la vue quelques années plus tard, n’ayant pas observé les prescriptions que le médecin mauricien lui avait recommandées, affirme Saïd Ahmed Zaki dans sa chronique de 1927.</em> <a href="#8287d358-6d57-4a52-b089-f0ae55e2ec95-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971"><em>Se trouvant dans son domaine de Ɓamɓao Mtsanga. </em> <a href="#10b2c82c-b93f-4576-a00c-47e0d8099971-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff"><em>Le butin en question était constitué à la fois d’esclaves et de sommes d’argent que le sultan Saïd Ali wa Saïd Omar de Ngazidja devait au sultan Abdallah bin Salim, en contrepartie de l’aide militaire et des vivres que ce dernier lui avait fournis dans sa guerre.</em> <a href="#5cbbf892-8edf-4ab3-9c29-526716b1cbff-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>Lettre d&#8217;Alawi Mtiti à l&#8217;Américain Aaron H. Palmer (mars 1837)</title>
		<link>https://beshelea.com/alawi-mtiti-aaron-palmer/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 16:55:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Aaron H. Palmer]]></category>
		<category><![CDATA[Alawi bin Abdallah bin Alawi]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis d'Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Devenu sultan de Ndzuani en 1836, à tout juste dix-sept ou dix-neuf ans, dans des circonstances tragiques — après la mort en détention, en avril de la même année à Mwali, de son père et de deux de ses oncles paternels1 — Alawi bin Abdallah, dit Alawi Mtiti2, hérite d’un pouvoir profondément instable. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Devenu sultan de Ndzuani en 1836, à tout juste dix-sept ou dix-neuf ans, dans des circonstances tragiques — après la mort en détention, en avril de la même année à Mwali, de son père et de deux de ses oncles paternels<sup data-fn="c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819" class="fn"><a id="c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819-link" href="#c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819">1</a></sup> — Alawi bin Abdallah, dit Alawi Mtiti<sup data-fn="209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb" class="fn"><a id="209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb-link" href="#209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb">2</a></sup>, hérite d’un pouvoir profondément instable. À peine intronisé, il entend reprendre, dès le mois de novembre, le conflit engagé par son père, le sultan Abdallah bin Alawi (Abdallah II), contre <a href="https://beshelea.com/said-hamadi-nasser-mwali/">Ramanetaka</a><sup data-fn="805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6" class="fn"><a id="805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6-link" href="#805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6">3</a></sup>, sultan de Mwali.</em> <em>Mais ce projet est rapidement contrarié : dès le début de 1837, il fait face à une rébellion conduite par plusieurs de ses oncles paternels, au premier rang desquels Hasan, futur sultan Salim II<sup data-fn="179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6" class="fn"><a id="179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6-link" href="#179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6">4</a></sup>.</em></p>



<p><em>Au-delà de ces dissensions interfamiliales, Alawi Mtiti n’ignorait pas que l’île devait impérativement renouer avec le commerce des nations étrangères, pilier essentiel de son économie. C’est ainsi que, parallèlement à la <a href="https://beshelea.com/justice-affaire-comores-londres-1670/">relation privilégiée</a> entretenue par le sultanat de Ndzuani avec les Britanniques, il tenta de jeter, en mars 1837, les bases d’un partenariat comparable avec les États-Unis d’Amérique, par l’entremise d’un commerçant new-yorkais du nom d’Aaron H. Palmer. Il l’invita également à dépêcher un représentant résident sur l’île, afin de consolider et de pérenniser cette relation naissante.</em></p>



<p class="has-text-align-right">« À la cité américaine de New-York :<br>Pour le bien-aimé Cheikh Aaron H. Palmer, n° 49, Wall Street.<br>Qu’Allah soit son guide ! Amen ! Badooh !</p>



<p>Par la grâce du Très-Haut,</p>



<p>Au très cher, au très glorieux, au très généreux Cheikh Aaron H. Palmer, l’honoré, l’exalté, le magnifique, le comblé.<br>Qu’Allah, le Très-Haut, soit son guide ! Amen !</p>



<p>À présent, après t’avoir offert l’honneur et la protection de la cité de Ndzuani et de ses habitants, voici ce que je t’adresse :</p>



<p>Ta noble lettre est arrivée et nous l’avons lue. Ton ami en a bien compris le contenu. Qu’Allah te récompense abondamment ! Tu dis dans ta lettre que tu désires commercer — vendre et acheter — dans notre pays, et que tu souhaites entretenir avec nous des relations d’amitié. Sois le bienvenu. Nous te remercions et acceptons ton offre. Tu nous dis aussi de t’informer de tout ce dont nous aurions besoin de ta part.</p>



<p>De nouveau, nous te remercions et t’informons que tu peux nous envoyer un représentant de ta maison qui résidera dans le pays de Ndzuani. Ainsi, tes affaires pourront s’y établir pleinement. Un bazar des marchands et tout ce qu’il faut dans le pays sera préparé de notre côté, s’il plaît à Dieu. Tout ce qui sera demandé dans ces contrées sera payé comptant à la livraison. Moi et tout le peuple de Ndzuani te demandons de nous unir aux peuples américains par l’amitié et la bonne entente, comme nous le sommes avec les Anglais, et nous vous servirons tous comme nous les servons.</p>



<p>Nous éprouvons désormais un grand désir de nous rapprocher des peuples américains. Dis-leur de nous envoyer leurs lettres, ou bien un navire de guerre en leur nom, et nous nous lierons à eux par un traité solennel. Ce que nous désirons et demandons de toi à présent, ce sont des lettres scellées de recommandation, pour notre assurance. Et afin que tu saches que cette lettre vient bien de nous, nous l’avons marquée de notre sceau.</p>



<p>Nous te prions de nous envoyer toutes sortes de tissus de lin et de cotonnades, blanches et brunes, des étoffes à fines rayures, toutes sortes de draps de laine, dix lits et soixante chaises, toutes sortes d’objets en verre, des lampes grandes et petites — certaines pour poser sur la table — ainsi que de beaux mouchoirs de soie. Voilà ce que nous t’écrivons. À présent, que salutations et prospérité soient avec toi à jamais !</p>



<p>Daté du 10e jour du mois de dhu al-hijjah, 1252<br><em>(correspondant environ au 16 mars 1837)</em><sup data-fn="3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa" class="fn"><a id="3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa-link" href="#3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa">5</a></sup>.</p>



<p>De ton ami, le <strong>Sultan ALAWI</strong><sup data-fn="7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057" class="fn"><a id="7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057-link" href="#7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057">6</a></sup>, fils du Sultan, Abdallah bin Alawi, Al Shirazi. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Dashes at life with a free pencil : The American short story series, Volume 30,&nbsp;<em>Burgess (Stringer &amp; Co., 1845) / Nathaniel P. Willis (1969)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819"><em>Le sultan de Ndzuani, Abdallah bin Alawi, ses frères Husein et Ali, l’ancien sultan de Maore Ɓwana Kombo bin Ahamadi, ainsi que neuf officiers waNdzuani, malmenés en mer par une violente tempête et pensant bénéficier d’une trêve, mirent pied à terre à Fumɓoni. À leur grande surprise, ils furent capturés par les hommes de Ramanetaka et moururent dans les prisons de ce dernier. Certains, dont Abdallah II, auraient été laissés mourir de faim.</em> <a href="#c30caf7b-1f8d-4c27-809e-d2e7e6e5b819-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb"><em>Alawi Mtiti (Alawi le Jeune), également connu sous le nom de sultan Alawi II</em>. <a href="#209395df-b42c-4622-8603-f575de82ffbb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6"><em>Un Malgache, converti à l’islam et connu sous le nom de sultan Abdurahman, est par ailleurs le père de la sultane Djumɓe Fatima.</em> <a href="#805bf372-955a-47dc-b409-476c38c12aa6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6"><em>Hasan bin Alawi devenu Salim, un des frères d&rsquo;Abdallah II. le conflit se prolongea durant quatre années et prit fin le 25 octobre 1840 avec l’exil du jeune sultan Alawi II et de ses conseillers, parmi lesquels figurait son grand-oncle, le vizir Saïd Hamza.</em> <a href="#179573a1-6f82-4a38-8ef4-d650fa37efb6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa"><em>La note relative à la correspondance avec le calendrier grégorien, avançant la date au 16 mars, a été ajoutée par le traducteur américain. Toutefois, la date exacte devrait correspondre au 20 mars 1837.</em> <a href="#3a246acc-9d6d-4ce1-9057-37c9d05b29fa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057"><em>Il est enfin à noter que le traducteur américain de la lettre commit une erreur en traduisant littéralement, depuis l’arabe, le nom « Alawi » par « Sublime ». Cette traduction fautive donna la formule suivante : <em>“the Sooltan the sublime, son of the Sooltan, Abdallah the sublime”</em> (« le Sultan le sublime, fils du Sultan, Abdallah le sublime »).</em> <a href="#7279d411-da63-4177-853d-f6a6fa164057-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Quelques éléments du âɗa de Mroni au début du 20e siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jan 2026 19:06:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mila]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Wazir]]></category>
		<category><![CDATA[Mroni]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://beshelea.com/?p=1132</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série consacrée à d’anciens témoignages comoriens portant sur les notions de nɗola / harusi et de âɗa na mila à Ngazidja.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En matière d’âɗa na mila, chaque génération, au fil du temps, porte ses propres spécificités. Et même au sein d’une même génération, bien qu’il existe un socle commun, les coutumes ne sont pas uniformes à Ngazidja. Selon les localités, certains usages varient, tant dans leur forme que dans leur ampleur. La ville de Mroni n’échappe pas à cette réalité. Nous en avons aujourd’hui une connaissance plus fine grâce au témoignage du Ntsudjinien Abdallah bin Wazir, qui éclaire certaines subtilités du <a href="https://beshelea.com/mariage-coutumes-19e-ngazidja/">nɗola ya âɗa</a> dans cette localité du Ɓamɓao à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle. Son récit a été recueilli à Hambourg en 1913 par le chercheur allemand Martin Heepe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Haɓari za âɗa za Mroni, par Abdallah bin Wazir (19 juillet 1913)</h3>



<p>« Rapports de Ngazidja provenant de la ville de Mroni :</p>



<p>Ainsi en est-il de leur coutume : lorsqu’une personne entre dans un <a href="https://beshelea.com/anciennes-traditions-ndola-ngazidja/">hirimu</a><sup data-fn="40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8" class="fn"><a id="40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8-link" href="#40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8">1</a></sup>, elle a pour habitude d’abattre (et de faire cuire) un <em>mɓuzi ya hirimu</em><sup data-fn="8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63" class="fn"><a id="8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63-link" href="#8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63">2</a></sup>. Ces chèvres des classes d’âge sont, depuis les temps anciens, un usage établi. Chez les gens d’autrefois, les chèvres qu’ils abattaient lors de leurs fêtes de mariage étaient peu nombreuses. L’un abattait une chèvre pour 5 rials<sup data-fn="65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3" class="fn"><a id="65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3-link" href="#65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3">3</a></sup>, un autre une chèvre pour 10 rials. Cela représentait une très grande chèvre pour les gens d’autrefois. En revanche, les chèvres que nous possédons aujourd’hui et que nous abattons maintenant dépassent de loin celles qu’ils avaient jadis lors de leurs festins de noces. La dépense pour les chèvres qu’une personne abat aujourd’hui s’élève déjà à 150 ou 200 rials.</p>



<p>Il en est ainsi des chèvres des classes d’âge [mɓuzi za hirimu] dans la ville de Mroni. Quant aux chèvres lors des mariages, elles sont innombrables. Chacun se marie selon ses moyens. Les gens apportent de nombreuses choses. Un homme a coutume d’apporter 250, ou 300, ou 400, ou 450 rials. Telle est la somme que l’on apporte aujourd’hui.</p>



<p>Et lorsque quelqu’un apporte ces biens, les femmes ont coutume de s’y rendre, de s’asseoir dans la maison de la femme à laquelle les biens ont été apportés, et de chanter et de danser. Lorsque les hommes arrivent avec les biens et qu’ils apportent environ 200 rials, les gens de la ville en reçoivent 100 rials. C’est le <em>karam</em><sup data-fn="68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607" class="fn"><a id="68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607-link" href="#68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607">4</a></sup> de la ville. Si quelqu’un apporte 300 rials, il organise un karam pour 140 rials ; si quelqu’un apporte 400 rials, il en dépense 160 rials : c’est le karam de la ville, financée à partir des biens qui ont été apportés.</p>



<p>Lorsque quelqu’un a entièrement livré les biens et offert le karam ya mdji, il retourne ensuite abattre de nouveau des <em>mɓe za karam</em><sup data-fn="8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650" class="fn"><a id="8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650-link" href="#8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650">5</a></sup> pour la célébration. Il abat un mfulwa mɓe<sup data-fn="a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3" class="fn"><a id="a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3-link" href="#a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3">6</a></sup>, un mɓe ɗume [taureau] et une mɓe nene [vache grasse]. Tels sont les bovins destinés à la fête. Puis il se repose. Et il met en ordre les biens qu’il enverra lorsque le marié fera son mdjio ɗahoni<sup data-fn="680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541" class="fn"><a id="680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541-link" href="#680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541">7</a></sup>. Telles sont les informations concernant le père de la femme.</p>



<p>De son côté, l’homme, après avoir apporté les biens, donné le karam et fait abattre les bovins pour la célébration [mɓe za karam], a coutume de préparer le « <em>ipamkono</em><sup data-fn="0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9" class="fn"><a id="0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9-link" href="#0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9">8</a></sup> » pour la femme. L’homme prend 10 <em>pauni</em><sup data-fn="4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97" class="fn"><a id="4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97-link" href="#4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97">9</a></sup> et les remet à l’orfèvre, puis il prend 15 pauni, et 12 pauni, et 3 pauni, et 5 pauni, et 2 pauni, et une pauni. Il les donne à l’orfèvre afin que celui-ci lui fabrique les objets destinés au ipamkono pour sa femme. Au moment où l’homme entre dans la maison, il emporte ces objets comme ipamkono et les remet à la femme.</p>



<p>Lorsqu’il est entré, il demeure jusqu’au quatrième jour ; alors il apporte 50 roupies, cinq sacs de riz décortiqué<sup data-fn="893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43" class="fn"><a id="893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43-link" href="#893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43">10</a></sup>, un mfule<sup data-fn="f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385" class="fn"><a id="f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385-link" href="#f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385">11</a></sup>, cinq charges de noix de coco<sup data-fn="2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f" class="fn"><a id="2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f-link" href="#2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f">12</a></sup> et cinq régimes de bananes<sup data-fn="330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167" class="fn"><a id="330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167-link" href="#330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167">13</a></sup>, qu’il fait entrer dans la maison. Le sixième jour, il apporte 60 roupies, deux mfule et six sacs de riz, et les introduit dans la maison. Et le neuvième jour, il apporte le <em>vao</em><sup data-fn="7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320" class="fn"><a id="7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320-link" href="#7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320">14</a></sup>. Ce neuvième jour, l’homme apporte 150 roupies, un très grand bœuf et 130 vêtements : ce sont les habits [vao] qu’il leur remet dans la maison.</p>



<p>Il fait forger : le pectoral (kiɗani<sup data-fn="87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68" class="fn"><a id="87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68-link" href="#87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68">15</a></sup>), le bandeau frontal (mɓo), les bracelets de bras (kekee<sup data-fn="d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4" class="fn"><a id="d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4-link" href="#d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4">16</a></sup>), le triple bracelet (ɓin agiri), les anneaux de cheville (mitale), les boucles d’oreilles (zitali<sup data-fn="05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac" class="fn"><a id="05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac-link" href="#05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac">17</a></sup>), le collier (mkufu<sup data-fn="417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e" class="fn"><a id="417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e-link" href="#417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e">18</a></sup>), l’ornement nasal (ipini<sup data-fn="65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea" class="fn"><a id="65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea-link" href="#65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea">19</a></sup>) et deux bagues (mbere) ; tel est le « Ipamkono » que les gens apportent de nos jours. Le pectoral est en or, le bandeau frontal est en or, les boucles d’oreilles sont en or, les bracelets de bras sont en or, le triple bracelet est en or, l’ornement nasal est en or, les deux bagues sont en or, tandis que les anneaux de cheville sont en argent et le collier en argent. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8"><em>Classe d’âge à laquelle appartient un groupe d’individus.</em> <a href="#40606cbf-55be-41a8-8a94-fa31bf55f6b8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63"><em>Une chèvre destinée à la classe d’âge</em>. <a href="#8b7e3c6a-e7ce-4ea1-9c56-3f376465cf63-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3"><em>À cette époque, un rial équivaut à deux roupies (riali ndzima = rupia mɓili).</em> <a href="#65c3f770-9e85-4cd2-b392-dba6e50a1ff3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607"><em>Repas de fête, festin. Dans le cas présent, il s’agit du <em>karamu ya mdji</em>, littéralement le festin de la ville.</em> <a href="#68dff617-dcbe-40f7-9acb-dd36543dd607-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650"><em>Expression signifiant littéralement « bovins de festin ».</em> <a href="#8b6980f5-b004-4866-9be2-fc4026779650-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3"><em>Contraction de <em>mfule ya mɓe</em>, qui désigne un bœuf castré.</em> <a href="#a359a7a2-fdaa-4aa8-b80e-f8fe7ac6c1d3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541"><em>La procession dite de « l’entrée dans la maison », marquant l’arrivée du marié chez la mariée.</em> <a href="#680505d1-f500-414d-9d23-4dca5c971541-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9"><em>Ensemble de bijoux en or offerts à la mariée par le mari lors du grand mariage, pour un poids estimé à plus de trois kilos d’or.</em> <a href="#0a95df08-cee7-4ab5-8627-600acbc87cf9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97"><em>Pièces de monnaie anglaises en or.</em> <a href="#4a81ca4c-a665-4356-a944-2da42896ac97-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43"><em>Madjunia matsanu ya ntsohole.</em> <a href="#893a7879-34ee-403c-a5b9-91ecf0a1fe43-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385"><em>Bouc castré.</em> <a href="#f754abf5-c7f9-4b82-a768-f48f06a18385-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f"><em>Midzo mitsanu ya nazi.</em> <a href="#2fce1fd6-8b4a-4852-9cff-e700f77ac15f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167"><em>Mirengo mitsanu ya ndrovi.</em> <a href="#330db808-65bd-487a-991c-0245516eb167-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320"><em>Ensemble des habits d’apparat offerts par l’un des époux à l’autre lors des festivités de mariage.</em> <a href="#7bebe3b0-6812-48b3-a547-01f023850320-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68"><em>Grand collier en or, composé de plusieurs médaillons couvrant la poitrine ; il fait partie des bijoux constituant le <em>ipamkono</em>.</em> <a href="#87719374-363e-4dee-81a7-ca644d069f68-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4"><em>Bracelet large et rigide, en argent ou en or, fermé par une clavette. Il fait partie des bijoux offerts à la mariée lors d’un grand mariage.</em> <a href="#d9458529-6b75-4ada-a20e-8045836f81a4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac"><em>Également appelé <em>zipuli</em>.</em> <a href="#05765805-a336-40af-8a91-f08f478ea4ac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e"><em>Chaîne portée par les femmes autour du cou. On distingue deux types de <em>mkufu</em> : le <em>mkufu wa dhahaɓu</em> (chaîne en or) et le <em>mkufu wa sulutri</em> (chaîne en or épinglée dans les cheveux et descendant sur le front depuis les deux oreilles). Le terme <em>mkufu</em> désigne également une tresse de cheveux allant du front à la nuque.</em> <a href="#417e8c4f-788d-4b2b-b9bf-7d3467b8ee2e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea"><em>Bijou en or ou en argent porté dans un trou percé au nez, assimilable à un piercing.</em> <a href="#65c73733-8c84-428b-b11b-b6f8c64e8aea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Anciennes traditions de Nɗola ya Âɗa à Ngazidja</title>
		<link>https://beshelea.com/anciennes-traditions-ndola-ngazidja/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 19:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mila]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Muhamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Wazir]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://beshelea.com/?p=1146</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série consacrée à d’anciens témoignages comoriens portant sur les notions de nɗola / harusi et de âɗa na mila à Ngazidja.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’anthropologue Sultan Chouzour écrit dans son œuvre majeure <em>Le Pouvoir de l’honneur</em><sup data-fn="c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71" class="fn"><a id="c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71-link" href="#c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71">1</a></sup> que : « Aux Comores, où le rôle dominant du groupe est réaffirmé à chaque occasion, la prise en charge de l’enfant afin d’en faire un élément digne de la société constitue une préoccupation majeure. » Il est en effet pertinent de rappeler que, d’un point de vue coutumier, le Comorien — particulièrement à Ngazidja — ne naît pas accompli : il le devient au fil de son existence. De la naissance à la mort, il franchit, au sein de son <em><em><em>ɓ</em></em>ea</em> (classe d’âge), une succession d’étapes au terme desquelles, <em>hirimu</em><sup data-fn="20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d" class="fn"><a id="20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d-link" href="#20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d">2</a></sup> après <em>hirimu</em>, il ou elle se rapproche de la figure idéale et respectable définie par la société coutumière.</p>



<p><a href="https://beshelea.com/mariage-coutumes-19e-ngazidja/">Dans un précédent article</a>, nous avons montré que les festivités de mariage, quels qu’en soient les coûts, répondent avant tout à une nécessité sociologique. Il en va de même des autres jalons de la vie sociale : la naissance d’un enfant, sa circoncision lorsqu’il s’agit d’un garçon, sa mise à l’honneur par un <em>karamu</em><sup data-fn="847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb" class="fn"><a id="847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb-link" href="#847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb">3</a></sup> lorsqu’il s’agit d’une fille, l’apprentissage des règles de bonne conduite en présence et face aux aînés, entre autres. En somme, il s’agit d’un système fondé sur le partage, au sein de la cité, des biens, du prestige et du savoir-vivre.</p>



<p>Or, chaque génération, à travers le temps, porte ses spécificités. Les traditions évoluent, naissent et parfois s’éteignent. C’est dans cette perspective que nous poursuivons la restitution des témoignages recueillis à Hambourg au début du XXᵉ siècle, plus précisément entre 1910 et 1920, par les équipes de Carl Meinhof et de Martin Heepe auprès de navigateurs et aventuriers comoriens. Cette fois, l’attention se porte sur les récits d’Abdallah bin Wazir et d’Abdallah bin Muhamadi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nɗola ya shiNgazidja, par Abdallah bin Wazir (18 juillet 1913)</h2>



<p>« Ceci est un mariage<sup data-fn="fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380" class="fn"><a id="fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380-link" href="#fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380">4</a></sup> de Ngazidja.<br>[Lorsqu’une personne se mariait autrefois — les gens d’autrefois, leur manière de se marier et de donner en mariage —] quand quelqu’un désirait se marier, il apportait des biens ; et les biens que l’on avait coutume d’apporter autrefois ne consistaient pas en argent. Les biens que l’on apportait étaient des vêtements et des esclaves. Un homme avait coutume d’apporter cinq vêtements, trois esclaves femmes wadjahazi et deux esclaves hommes. Tels étaient les biens que l’on apportait en premier lieu. Et lorsque quelqu’un avait apporté ces biens, les gens de la ville avaient coutume de recevoir deux vêtements et un bœuf. Cela constituait leur karamu.</p>



<p>Ensuite, le père de la femme avait coutume de donner, à cette fin, six bœufs et 25 rials<sup data-fn="36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266" class="fn"><a id="36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266-link" href="#36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266">5</a></sup>, qu’il distribuait aux gens de la ville. Cela constituait le karamu de la ville à l’occasion du mariage de sa fille. Le père de la femme se mettait alors à préparer les biens pour le mariage de sa fille : il se procurait beaucoup de riz, beaucoup de noix de coco, beaucoup de miel et beaucoup de chèvres, puis il se tenait prêt à attendre le mari de sa fille afin de le laisser venir et entrer lorsqu’il était prêt et souhaitait entrer dans la maison<sup data-fn="28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739" class="fn"><a id="28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739-link" href="#28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739">6</a></sup>.</p>



<p>Et pour le jour où le marié souhaite entrer dans la maison, les gens préparent des pains, des crêpes et des pâtisseries<sup data-fn="0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6" class="fn"><a id="0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6-link" href="#0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6">7</a></sup>, ainsi que des chèvres, dont on en abat dix, quinze, ou même vingt, selon les capacités de chacun. Lorsque le marié est entré dans la maison, on partage ces pains, ces crêpes, ces pâtisseries et la viande de chèvre rôtie<sup data-fn="e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349" class="fn"><a id="e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349-link" href="#e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349">8</a></sup>. Les gens les partagent entre eux et les emportent chez eux.</p>



<p>Puis viennent les habitants de la ville : le premier hirimu est celui des <em>wafomamdji</em><sup data-fn="3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d" class="fn"><a id="3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d-link" href="#3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d">9</a></sup> [notables de la ville] ; ils reçoivent six pains, quatre chèvres et les crêpes correspondantes ; ils les partagent<sup data-fn="3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205" class="fn"><a id="3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205-link" href="#3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205">10</a></sup> et rentrent chez eux. Vient ensuite le second hirimu, celui des <em>wanazikofia</em><sup data-fn="f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9" class="fn"><a id="f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9-link" href="#f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9">11</a></sup> ; ils reçoivent cinq pains, les crêpes correspondantes et trois chèvres ; ils les partagent, les emportent et rentrent chez eux. Puis vient le hirimu des <em>nganashe</em><sup data-fn="3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e" class="fn"><a id="3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e-link" href="#3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e">12</a></sup> [<em>wanashe</em> ?, jeunes gens] ; ils reçoivent trois pains et deux chèvres, les partagent, les emportent et rentrent chez eux. Les gens retournent ensuite appeler les <em>wanamdji</em><sup data-fn="9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770" class="fn"><a id="9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770-link" href="#9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770">13</a></sup> afin qu’ils viennent manger (boire) la soupe<sup data-fn="3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11" class="fn"><a id="3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11-link" href="#3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11">14</a></sup> et prendre leur repas <em>ɗumɓuso</em>, celui des non-mariés.</p>



<p>C’est là le jour où le marié fait son mwenɗo ɗahoni [entrée dans la maison]. Le lendemain, les gens préparent cinq pains pour les notables de la ville et abattent trois chèvres. Et la seconde nuit, les notables de la ville mangent les plats. Le troisième jour, alors que le marié est encore dans la maison, on a coutume d’apporter une chèvre, quatre sacs de riz<sup data-fn="dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169" class="fn"><a id="dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169-link" href="#dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169">15</a></sup>, quatre charges de bananes portées sur perches<sup data-fn="31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad" class="fn"><a id="31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad-link" href="#31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad">16</a></sup> et quatre charges de noix de coco<sup data-fn="d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13" class="fn"><a id="d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13-link" href="#d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13">17</a></sup>.</p>



<p>Le quatrième jour, on prépare quatre pains et deux chèvres pour les wanazikofia ; ils mangent ce quatrième jour. Le cinquième jour, les jeunes gens viennent et reçoivent trois pains et une chèvre. Le sixième jour a lieu une cérémonie dite <em>keso</em><sup data-fn="17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b" class="fn"><a id="17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b-link" href="#17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b">18</a></sup> durant toute la nuit. Les gens veillent pendant la nuit et récitent le Maulid<sup data-fn="2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9" class="fn"><a id="2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9-link" href="#2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9">19</a></sup> pour le marié. Et celui-ci apporte cinq sacs de riz, deux mfule<sup data-fn="bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942" class="fn"><a id="bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942-link" href="#bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942">20</a></sup>, cinq doubles charges de bananes et cinq charges de noix de coco, qu’il apporte pour le keso.</p>



<p>Le septième jour, les gens ont coutume de préparer quatre pains, d’apporter deux mfule et les crêpes correspondantes. Les wafomamdji viennent alors manger. Le huitième jour, il y a trois pains et un mfule ; les wanazikofia viennent manger. Le neuvième jour vient le dernier hirimu. Ils reçoivent deux pains, les crêpes correspondantes et un mfule ; ils viennent manger puis rentrent chez eux.</p>



<p>Ainsi s’achève le mariage pour la ville. Le neuvième jour, <em>ntswashenɗa</em>, le marié apporte des biens dans la maison de la mariée. Il apporte cinquante sacs de riz, un bœuf, cinquante charges de noix de coco et cinquante doubles charges de bananes. Il apporte également douze vêtements de soie<sup data-fn="efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4" class="fn"><a id="efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4-link" href="#efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4">21</a></sup>, cinquante vêtements en fil<sup data-fn="5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8" class="fn"><a id="5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8-link" href="#5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8">22</a></sup>, six anneaux de cheville<sup data-fn="20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d" class="fn"><a id="20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d-link" href="#20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d">23</a></sup> en argent (trois à porter à chaque cheville), deux bracelets<sup data-fn="9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db" class="fn"><a id="9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db-link" href="#9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db">24</a></sup> en argent ou en or, un bandeau frontal<sup data-fn="cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2" class="fn"><a id="cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2-link" href="#cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2">25</a></sup> en or et un collier<sup data-fn="23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe" class="fn"><a id="23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe-link" href="#23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe">26</a></sup> en argent. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Uliha ze mɓe za harusi à Ngazidja, par Abdallah bin Muhamadi (3 mars 1920)</h3>



<p>« Lorsqu’à Ngazidja quelqu’un abat des bœufs [fête de mariage dite <em>uliha ze mɓe za harusi</em>], il appelle les bouviers<sup data-fn="ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c" class="fn"><a id="ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c-link" href="#ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c">27</a></sup>, et ceux-ci coupent des bâtons de l’arbre mynemɓa (qui sont légers et souples). Puis ils se rendent avec eux au mfureni<sup data-fn="3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004" class="fn"><a id="3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004-link" href="#3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004">28</a></sup>, et ils mettent à part trente bœufs et les font sortir. L’un a coutume de marcher devant et de porter <em>ze âmali</em><sup data-fn="d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33" class="fn"><a id="d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33-link" href="#d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33">29</a></sup>, et les bœufs ont coutume de le suivre, de sorte qu’ils ne se dispersent pas ; on les attire et on les pousse (en avant) jusqu’à ce qu’on arrive avec eux à la ville et qu’on les fasse entrer là au pasheni [dans l’enclos].</p>



<p>Si un bœuf est récalcitrant, les bouviers se mettent en route, prennent le bâton [magique, ze âmali], vont le chercher jusqu’à ce qu’ils le trouvent, et lui tendent le bâton. Alors il a coutume de les suivre ; ils le prennent et viennent avec lui et le mettent dans l’enclos (en ville). Ils restent là jusqu’au matin. Alors les jeunes gens viennent à la porte de cet enclos et se tiennent là, et d’autres s’agenouillent sur le ɓangwe<sup data-fn="b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd" class="fn"><a id="b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd-link" href="#b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd">30</a></sup>. Un bouvier entre dans l’enclos et laisse sortir les bœufs un à un.</p>



<p>Ensuite les wanamdji en saisissent un : l’un le prend d’un côté et un autre le saisit par une corne ; alors le bœuf a coutume de bondir et de les faire tomber. Les autres restent agenouillés, et lorsque le bœuf arrive, ils le saisissent par les cornes ; il s’enfuit rapidement, et les gens le suivent, vont l’attraper, l’abattent, puis reviennent et attendent. Les autres bœufs qui sont dans l’enclos sont, de la même manière, laissés sortir un à un et abattus.</p>



<p>Et lorsqu’ils ont abattu les trente bœufs, ils sont découpés et répartis, et apportés dans les maisons des <em>wandrwadzima</em><sup data-fn="c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2" class="fn"><a id="c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2-link" href="#c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2">31</a></sup>. La viande est cuite avec des bananes, et les wanamdji qui saisissaient les bœufs sont appelés, reçoivent la viande de bœuf, s’en vont et mangent. Ceci est le récit de ce qui se fait lorsqu’on abat des bœufs à l’occasion d’un mariage.</p>



<h4 class="wp-block-heading">De la mort d&rsquo;un membre de l&rsquo;aristocratie</h4>



<p>Et lorsqu’à Ngazidja un sultan ou un homme de rang élevé meurt, les esclaves femmes wadjahazi prennent des feuilles de bananier sèches et se les enroulent autour de la tête comme un turban, et d’autres feuilles, elles se les mettent autour du cou, et elles vont au ɓangweni, se lamentent et dansent. Et le neuvième jour, les bœufs du deuil<sup data-fn="f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd" class="fn"><a id="f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd-link" href="#f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd">32</a></sup> (de l’enterrement) sont abattus ; du riz est cuit et donné aux gens, et ils mangent. Et ils reçoivent aussi de l’argent (en moyenne une roupie chacun). Ils accomplissent des <em>tahalili</em><sup data-fn="97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab" class="fn"><a id="97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab-link" href="#97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab">33</a></sup>, puis ils distribuent l’argent et rentrent chez eux dans leurs maisons. Ceci est le récit de ce qui se fait lorsqu’à Ngazidja un sultan ou un homme de rang élevé meurt. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71"><em>Le pouvoir de l&rsquo;honneur: Tradition et contestation en Grande Comores, Sultan Chouzour (1994).</em> <a href="#c1b9af3c-d6c5-445b-a729-c7f4bd3aef71-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d"><em>Classe d’âge à laquelle appartient un groupe d&rsquo;individus.</em> <a href="#20cc659e-03c2-4ade-9246-d0809e17185d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb"><em>Repas de fête. Un festin, abattage cérémoniel au profit du fiancé / marié.</em> <a href="#847fc411-0812-4549-911a-9a5b259c8cfb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380"><em>Il est question ici d&rsquo;un nɗola nkuu (grand mariage).</em> <a href="#fdb0d65b-6911-4f43-bff0-78f79bfd0380-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266"><em>À cette époque, un rial équivaut à deux roupies (riali ndzima = rupia mɓili).</em> <a href="#36be2328-799d-4500-acb3-8fa363ba8266-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739"><em>Au moment où il sera prêt à faire le mdjio ɗahoni. La procession dite de « l’entrée dans la maison », marquant l’arrivée du marié chez la mariée. </em> <a href="#28ceb7fb-e5de-4183-bfcf-a6b9b6154739-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6"><em>Mikatre na zikatre na zom<em>ɓ</em>o.</em> <a href="#0f509302-59eb-463e-bf87-d383a24eb0e6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349"><em>Nyama ya mɓuzi ya hohwa</em>. <a href="#e3856892-88cb-442a-9d2c-cc8483a60349-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d"><em>Wafomamdji (sing. <em>Mfoma mdji</em>), littéralement « rois de la cité » ou « rois de la ville » (<em>mfaume wa mdji</em>). Ce terme désigne le <em>hirimu</em> (groupe) des personnes ayant accompli leur grand mariage ainsi que celui de leur fille aînée.</em> <a href="#3216f10c-26c8-4c30-aa12-6709745d416d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205"><em>Il utilise le verbe waâna, alors qu’aujourd’hui on emploierait plus volontiers wanyisa (partager).</em> <a href="#3586daef-ae0e-46cc-8fbc-88f2d322c205-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9"><em>Wanazikofia (sing. <em>Mna ikofia</em>), littéralement « porteurs de calotte » (<em>kofia</em>, petit bonnet). Il s’agit du nom attribué au <em>hirimu</em> des hommes ayant réalisé leur grand mariage.</em> <a href="#f82e82c5-ce5d-47e7-9a4e-b051215e9ce9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e"><em>Le sens exact de ce terme demeure incertain, bien que l’on suppose qu’il puisse signifier « jeunes gens ». S’il s’agit d’une erreur de transcription, le mot approprié serait Wanashe (sing. <em>Mwanashe</em>), qui signifie « cadet » ou « serviteur », une acception qui, dans les faits, renvoie à une condition comparable.</em> <a href="#3e576d7a-be01-4aba-b641-340c44a1823e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770"><em>Wanamdji (sing. <em>Mna Mdji</em>). Ce nom désigne le <em>hirimu</em> des jeunes adultes n’ayant pas encore accompli leur grand mariage. Cette classe d’âge se subdivise en plusieurs sous-groupes hiérarchisés, allant du rang le plus bas au plus élevé : <em>washondje</em>, <em>wazuguwa</em> et <em>wafomanamdji</em>.</em> <a href="#9234cf83-c7e4-4d38-bbe8-8f5e7b0b8770-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11"><em>Uɓu.</em> <a href="#3077f3d1-f115-46a4-b696-3446f3d85b11-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169"><em>Zigozi zine za maele.</em> <a href="#dca77a73-f117-4dd1-929b-9b583d178169-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad"><em>Mirengo (sing, mrengo) mine ya ndrovi.</em> <a href="#31b6a176-976d-4049-b08f-3272868507ad-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13"><em>Midzo mine ya nazi.</em> <a href="#d03dfb62-84c1-408e-9791-4ceec84fca13-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b"><em>La festivité du sixième jour du grand mariage est marquée par l’invitation des notables, réunis pour la lecture d’une prière.</em> <a href="#17e48086-633e-4c7c-b6a1-90bd7253105b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9"><em>Mauliɗa ya keso</em> <a href="#2a88c9e4-435d-4ca2-8abf-4c6ee1f2fcf9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942"><em>Boucs castrés.</em> <a href="#bf7c1591-a40d-41eb-86d6-7a234497f942-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4"><em>Nguo kume na m<em>ɓ</em>ili za hariri.</em> <a href="#efcb6147-e9a1-4615-9e2c-660c600fbfc4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8"><em>Nguo mengo mitsanu za uzi.</em> <a href="#5c72ef6c-a4e3-4d29-b8a5-74ef4b5205e8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d"><em>Nkunku ndra<em><em>ɗ</em></em>aru za feza.</em> <a href="#20f2433f-38a1-4672-b229-bd5a0efecf4d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db"><em>Kekee mɓili za feza au dhahaɓu</em>. <a href="#9ca0f5c3-fa17-47cb-9c9e-63a22eb5c7db-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2"><em>Mɓo wa dhahaɓu</em>. <a href="#cb5abbca-a966-40d5-a3ed-1ae08b4acdc2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe"><em>Mkufu wa feza.</em> <a href="#23a75a5a-6051-41ca-a574-8d025ee0f2fe-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c"><em>Watswam<em>ɓ</em>e.</em> <a href="#ed761f62-be0b-44e7-af09-59a6808e170c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004"><em>Vaste enclos, ouvert, généralement situé dans les champs..</em> <a href="#3913b1d0-fbd9-4bfe-8df7-93940a9e5004-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33"><em>Elle implique l’usage d’un objet assimilé à un bâton rituel, accompagné d’autres accessoires. Cet outil peut consister en une tige, ou en la nervure d’une feuille de bananier, sur laquelle sont inscrites des lettres à caractère magique, tirées du Coran.</em> <a href="#d66753c8-ddff-46f2-b1b3-979cf3b62c33-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd"><em>Place publique. </em>L’enclos (<em>pashe</em>) était le plus souvent installé à l’entrée du <em>ɓangwe</em>. <a href="#b408c6b6-fa2a-4e9d-ba4e-5933c06b19fd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2"><em>Wandrwadzima (sing. <em>Mndru Mdzima</em>). Cette appellation désigne les hommes ayant uniquement accompli leur propre grand mariage. Il s’agit d’un statut acquis automatiquement, mais situé à un échelon inférieur. L’individu est alors appelé <em>Mna ikofia</em>.</em> <a href="#c67822ca-1f50-4c83-a2a2-7bc5b2847eb2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd"><em>Mɓe za madziho.</em> <a href="#f749dc47-0123-49a7-98f7-4fd6d5e08afd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 32"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab"><em>Les prescriptions rituelles effectuées sur la tombe d’un défunt, en guise de prières pour le repos de son âme, sont désignées en shiKomori par l’expression « uvura tahalili ».</em> <a href="#97f05353-d2d8-4993-99f8-141c12bb97ab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 33"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Mariage et coutumes à la fin du 19e siècle à Ngazidja</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 20:18:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mila]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Muhamadi]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd bin Amur]]></category>
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		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article s’inscrit dans une série consacrée à d’anciens témoignages comoriens portant sur les notions de nɗola / harusi et de âɗa na mila à Ngazidja.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Certains diraient, en évoquant les festivités du nɗola nkuu<sup data-fn="c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7" class="fn"><a id="c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7-link" href="#c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7">1</a></sup> à Ngazidja : « C’était mieux avant ». « Il est temps de le réformer », rétorqueront d’autres. La question du mariage traditionnel continue ainsi de passionner, opposant réformateurs — partisans de la notion dite <em>katiɓa</em><sup data-fn="c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08" class="fn"><a id="c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08-link" href="#c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08">2</a></sup> — et conservateurs, résolument anti-<em>katiɓa</em>. Néanmoins, contrairement à une idée largement répandue, les notions d’<em>â<em>ɗ</em>a na mila</em> (us et coutumes) se réforment souvent d’elles-mêmes. Elles s’adaptent aux époques sans qu’il soit nécessaire qu’un mouvement humain coordonné et structuré ne les accompagne.</p>



<p>La division autour de la notion de <em>kati<em>ɓ</em>a</em> réside essentiellement, et en grande partie, dans la question des dépenses. Or, la notion même de richesse varie selon les périodes. Autrefois, être considéré comme riche, au sens monétaire du terme, pouvait se résumer, pour un Comorien, à la possession d’une centaine de rials. Pourtant, l’on sait bien que la richesse comorienne résidait surtout ailleurs : dans le patrimoine foncier, le bétail et divers biens matériels.</p>



<p>Enfin, s’agissant des us et coutumes, il n’est guère besoin de rappeler que certaines pratiques disparaissent sans qu’une volonté humaine n’y mette fin, dès lors que leurs fondements sociologiques ne sont plus d’actualité. C’est le cas du <em>mawaha</em> et d’autres usages, aujourd’hui présents uniquement dans certaines localités de Ngazidja. Les traditions évoluent, naissent et s’éteignent au fil du temps.</p>



<p>C’est dans cet esprit que nous avons jugé nécessaire de partager des témoignages de Comoriens nés vers la fin du XIXᵉ siècle, évoquant le mariage sous toutes ses formes ainsi que la notion d’<em>âɗa na mila</em> telle qu’elle existait à leur époque. Ces témoignages ont été recueillis à Hambourg, en Allemagne, en 1912 et 1913, par les équipes de Carl Meinhof et Martin Heepe, auprès de Saïd bin Âmur et d’Abdallah bin Muhamadi.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Nɗola ntiti (Le petit mariage), par Saïd bin Âmur (24 juin 1912)</h3>



<p>« Lorsque je veux me marier, je dois avant toute chose réunir de l’argent. Il s’agit d’un petit mariage, et non d’un grand mariage<sup data-fn="d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa" class="fn"><a id="d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa-link" href="#d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa">3</a></sup>. J’apporterai 200 rials<sup data-fn="f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120" class="fn"><a id="f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120-link" href="#f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120">4</a></sup> en argent pour la femme, à ses parents. Ces 200 rials constituent le commencement du mariage. Ensuite, ils prendront cet argent et iront acheter les affaires destinées à la femme. Ils iront acheter un lit, des matelas et des oreillers<sup data-fn="4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27" class="fn"><a id="4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27-link" href="#4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27">5</a></sup>, des miroirs et des chaises, des cruches<sup data-fn="8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715" class="fn"><a id="8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715-link" href="#8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715">6</a></sup> et des poêles, des plats<sup data-fn="255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987" class="fn"><a id="255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987-link" href="#255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987">7</a></sup> et des marmites, ainsi que des récipients pour la farine<sup data-fn="fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be" class="fn"><a id="fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be-link" href="#fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be">8</a></sup> et des ustensiles pour le tamisage<sup data-fn="edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496" class="fn"><a id="edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496-link" href="#edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496">9</a></sup>.</p>



<p>Après cela, lorsque tu auras apporté cet argent, ils te diront : « Maintenant, nous sommes prêts », c’est-à-dire les parents de la femme. Et tu demanderas alors un jour pour entrer dans la maison. Ils te diront : « Lorsque dix jours se seront écoulés, nous serons prêts. » Tu iras alors trouver tes amis pour leur dire : « Quand les dix jours seront passés, j’entrerai dans la maison. »</p>



<p>Tes amis viendront te chercher et t’accompagneront jusqu’à la maison afin d’entrer à la célébration du mariage. Tu demeureras dans la maison pendant sept jours. Tu n’auras aucune dépense, ni pour le repas de midi ni pour celui du soir. Tous les frais incombent à la femme pendant sept jours. Lorsque ces sept jours seront achevés, la subsistance quotidienne t’incombera, jour après jour, jusqu’à ce que l’homme ou la femme meure<sup data-fn="add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27" class="fn"><a id="add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27-link" href="#add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27">10</a></sup>. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Nɗola na Âɗa za shiNgazidja (Mariage et coutumes de Ngazidja), par Abdallah bin Muhamadi (11 février 1913)</h3>



<p>« Si tu organises une fête de mariage à Ngazidja, tu dois fournir du rôti de chèvre<sup data-fn="4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0" class="fn"><a id="4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0-link" href="#4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0">11</a></sup> (de la viande). Et pour ce rôti de chèvre, on abat quatre mfule<sup data-fn="8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf" class="fn"><a id="8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf-link" href="#8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf">12</a></sup>, dont l’un doit être un grand, nourri uniquement de terre<sup data-fn="a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc" class="fn"><a id="a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc-link" href="#a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc">13</a></sup>. En effet, cela donne beaucoup de graisse lorsqu’il ne reçoit pas de fourrage vert. Et cela est destiné à son hirimu<sup data-fn="bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac" class="fn"><a id="bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac-link" href="#bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac">14</a></sup>.</p>



<p>Ensuite, il faut préparer du riz dit maele ya suri : trois mesures de riz cuit, qui doivent être remplies et entassées jusqu’à hauteur de poitrine<sup data-fn="cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488" class="fn"><a id="cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488-link" href="#cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488">15</a></sup>. Et cela est destiné à son hirimu. Puis il faut beaucoup de bétel<sup data-fn="66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9" class="fn"><a id="66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9-link" href="#66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9">16</a></sup> et de pain ; pendant trois jours, les gens mangent de ces pains. Le quatrième jour, on fait préparer du riz dit maele ya hirimu. À l’heure de midi, les gens de la classe d’âge sont appelés ; ils viennent et mangent.</p>



<p>Un plat (de riz) suri est habituellement consommé par huit ou neuf personnes, et ils le mangent sec, accompagné de viande. À côté de cela, il y a 60 jarres<sup data-fn="73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b" class="fn"><a id="73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b-link" href="#73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b">17</a></sup> de lait, ainsi que beaucoup de bétel et de tabac<sup data-fn="0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553" class="fn"><a id="0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553-link" href="#0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553">18</a></sup>. Quand on a fini de manger, on boit le lait, puis on apporte le bétel et le tabac et on les distribue<sup data-fn="bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6" class="fn"><a id="bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6-link" href="#bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6">19</a></sup>. Les frais s’élèvent, en tout, à 400 roupies. Et lorsque tu te maries, tu dois apporter 400 roupies d’argent afin de demander la femme en mariage<sup data-fn="f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537" class="fn"><a id="f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537-link" href="#f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537">20</a></sup>. Et tu dois encore te procurer de l’argent supplémentaire pour le mdjio ɗahoni<sup data-fn="efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054" class="fn"><a id="efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054-link" href="#efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054">21</a></sup>.</p>



<p>Chez la femme, le jour où tu apportes cet argent, quatre bœufs sont abattus et donnés aux gens de la ville pour être mangés. Ainsi est la coutume<sup data-fn="7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762" class="fn"><a id="7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762-link" href="#7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762">22</a></sup> dans la ville : quiconque organise une fête de mariage abat quatre bœufs et les donne aux gens de la ville pour le repas.</p>



<p>Et lorsque tu t’es procuré de l’argent, tu achètes des vêtements pour toi et pour la femme, et tu fais fabriquer (forger) les bijoux (hulia<sup data-fn="8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80" class="fn"><a id="8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80-link" href="#8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80">23</a></sup>) pour la femme. Quand tu as reçu les bijoux en or et en argent, alors tu peux faire ton entrée dans la maison. Et lorsque tu es entré dans la maison, tu donnes à la femme ses bijoux, et le père de la femme a coutume d’offrir un karamu<sup data-fn="a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a" class="fn"><a id="a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a-link" href="#a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a">24</a></sup> (un repas de fête) pour toute la ville, pendant neuf jours (il les nourrit).</p>



<p>Le premier jour, on abat vingt chèvres ; les autres jours, deux, trois ou quatre, jusqu’au neuvième jour. Le neuvième jour, on apporte vingt sacs<sup data-fn="fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6" class="fn"><a id="fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6-link" href="#fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6">25</a></sup> de riz, deux cents noix de coco, dix charges de bananes portées sur des perches<sup data-fn="889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b" class="fn"><a id="889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b-link" href="#889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b">26</a></sup>, un bœuf et quarante étoffes, dont la moitié est destinée à la femme, et l’autre moitié à sa mère et à ses aides (servantes) lors de la fête de mariage.</p>



<p>Quand les neuf jours sont écoulés, le marié a coutume de sortir, d’aller auprès de ses parents et de les saluer ; ensuite, il revient et s’installe dans la maison de sa femme. Et tous les gens rentrent chez eux. Les frais pour cela s’élèvent à 1450 roupies. Ce sont les dépenses de l’homme ; celles de la femme n’y sont pas encore comprises.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La naissance d&rsquo;un enfant et la circoncision des garçons</h4>



<p>Lorsque la femme a accouché, on apporte vingt sacs de riz, ainsi que des bananes, des noix de coco et un bœuf. Et si l’enfant est une fille, on organise pour elle une fête de mariage semblable, lorsqu’elle se mariera plus tard. Si c’est un garçon, son père le circoncit et abat à cette occasion six bœufs, et il donne de l’argent aux gens de la ville, parce qu’il veut faire circoncire son enfant.</p>



<p>Et le jour de la circoncision, on abat un bœuf et on récite le <em>Halal Badiri</em><sup data-fn="6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367" class="fn"><a id="6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367-link" href="#6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367">27</a></sup>. Ensuite, on circoncit l’enfant<sup data-fn="893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e" class="fn"><a id="893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e-link" href="#893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e">28</a></sup>. Après cela, il reste trois jours dans la maison, et le jour où il sort, tous ses parents ont coutume de cuire du riz en son honneur et d’inviter les gens à manger.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Quelques coutumes de la vie quotidienne</h4>



<p>Si, à Ngazidja, tu n’es pas encore marié, tu n’as pas le droit de porter un manteau djoho<sup data-fn="9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f" class="fn"><a id="9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f-link" href="#9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f">29</a></sup> ou ɓushti<sup data-fn="7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91" class="fn"><a id="7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91-link" href="#7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91">30</a></sup> ni un djamɓia<sup data-fn="419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab" class="fn"><a id="419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab-link" href="#419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab">31</a></sup>, à moins que tu n’organises une fête de mariage [nɗola nkuu]. Ce n’est qu’après t’être marié que tu peux les porter. Les gens te réprimanderaient si tu portais de beaux (fins) vêtements tant que tu n’es pas marié. Si tu souhaites porter de beaux habits, va d’abord organiser une fête de mariage ; ce n’est qu’ensuite que tu pourras t’habiller élégamment.</p>



<p>À Ngazidja, un enfant n’a pas le droit de manger avec les adultes (de sa maison). Il ne doit pas s’asseoir pour manger ; il doit manger debout. Et il ne doit pas manger d’accompagnement (de viande), sauf si on lui en donne. En revanche, il doit leur laver les mains. Et sur la véranda, il n’ose pas passer ni s’y asseoir lorsque les adultes (de sa maison) s’y trouvent. Et lorsqu’il y a de la viande ou du poisson, il n’ose pas en prendre avant qu’on ne lui en donne ; ce n’est qu’alors qu’il en prend. Si on ne lui donne rien, il ne prend rien pour lui-même. Et s’il traverse la véranda, qu’on lui ordonne de partir et qu’il n’obéit pas, alors il est puni par les adultes.</p>



<p>Telles sont les indications concernant la fête de mariage à Ngazidja, et telles sont les prescriptions concernant les enfants (telle est la coutume pour les enfants) à Ngazidja. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7"><em>Grand mariage.</em> <a href="#c2013d1f-cb0b-4bc5-b14b-507a180abde7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08"><em>Littéralement « convention » ou « contrat social », il s’agit d’un mouvement né au début des années 1960, visant à réformer les festivités du <em>nɗola nkuu</em> (grand mariage) à Ngazidja.</em> <a href="#c7f761c4-466c-43d1-8c39-dc33bf724e08-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa"><em>« Inu harusi ntsuntsu, tsi harusi nkuu », dit-il.</em> <a href="#d02790c7-12c1-4e48-bc8b-1f1362d7b9fa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120"><em>À cette époque, un rial équivaut à deux roupies (riali ndzima = rupia mɓili).</em> <a href="#f4abcf16-093b-4f46-b1c2-be883e380120-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27"><em>Il utilise « miro » à la place de « mitao ».</em> <a href="#4e280f21-78d4-47ad-a379-17a27ed51b27-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715"><em>Maɓirika.</em> <a href="#8b5276b2-6cb6-4cb5-ac4a-92f5f5422715-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987"><em>Sinia.</em> <a href="#255cea9c-d6b7-480d-9da1-8aff84363987-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be">L’outil en question se nomme <em>utseo</em>. <a href="#fb53b13c-4e49-46e3-83ca-af4b1adc28be-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496"><em>Zikuntro.</em> <a href="#edc7f25e-4f73-4a20-9645-a9ed01a28496-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27"><em>Autrement dit, l’union est scellée jusqu’à ce que la mort les sépare.</em> <a href="#add82651-8970-474c-82f6-d793a9a3fc27-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0"><em>Cette modeste cérémonie à caractère gastronomique est désignée sous le nom d’<em>upiha mɓuzi</em>.</em> <a href="#4268ec47-6a20-461b-a1c0-9fdb18b35bd0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf"><em>Le <em>mfule</em> désigne un bouc castré.</em> <a href="#8f58ba61-b6a4-4c75-a8af-38e97ced11cf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc">« <em>Yo keli hindru itso nkafu », dit-il.</em> <a href="#a491fdbb-b7e2-4bdd-a73e-1748943c0bfc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac"><em>Il est ici question de la classe d’âge à laquelle appartient l’individu concerné.</em> <a href="#bb2bf884-1aab-451b-a44d-441adc7bbdac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488"><em>On utilise un récipient en terre cuite d’environ un mètre de diamètre et d’environ un mètre de hauteur.</em> <a href="#cdc21755-9367-425a-9da2-6079a5643488-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9"><em>Ramɓuu.</em> <a href="#66b42775-c92b-494f-9e34-63ae9357ade9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b"><em>Mitsundji (sing, mtsundji).</em> <a href="#73b219e5-a78d-4ad5-bc6f-fbc1e9bc958b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553"><em>Msi</em>. <a href="#0d1b5965-123e-4632-8bf4-53422111c553-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6"><em>Il est intéressant de s’arrêter sur le terme en shikomori employé par Âmur pour le verbe « distribuer ». Il utilise l’expression <em>wenɗe waâna, alors qu’aujourd’hui on emploierait plus volontiers wenɗe wanyisa</em> (partager entre eux) ou wenɗe <em>wanika</em> (donner aux gens).</em> <a href="#bb22c121-3486-49ff-88fd-ebab932010c6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537"><em>Cette demande est appelée <em>uposa</em>. La même phrase permet également d’apprendre qu’à cette période la dot s’élevait en moyenne à 400 roupies.</em> <a href="#f520a894-ea03-4857-9e43-db06b43b3537-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054"><em>Il est fait référence à la procession dite de « l’entrée dans la maison », marquant l’arrivée du marié chez la mariée. Dans la société comorienne, l’homme s’installe traditionnellement au domicile de son épouse.</em> <a href="#efc13ba4-67de-46f5-bdd1-bfe3719db054-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762"><em>Il utilise le mot <em>dasturi</em>, employé pour désigner la norme, c’est-à-dire ce qui relève de l’usage établi.</em> <a href="#7749a4c8-39b7-448c-9d2c-acc5d9a90762-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80"><em>Ancien grand collier.</em> <a href="#8a8dca35-9124-4c85-b37f-e7895cdd5d80-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a"><em>Un festin, abattage cérémoniel au profit du fiancé / marié.</em> <a href="#a5828d32-c924-42b1-8daf-e16e8fd31a1a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6"><em>Zigozi mengo mili za maele.</em> <a href="#fb67805b-3c8b-4f49-9ed9-c40c676783a6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b"><em>Mirengo kume ya ndrovi.</em> <a href="#889c78a5-bbd4-46d8-8a3e-fbb9e8f8ee1b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367"><em>Il s’agit d’une pratique à la fois culturelle, religieuse et mystique, faisant explicitement référence aux <em>ahl al-Badr</em>, c’est-à-dire aux combattants de la bataille de Badr à l’époque du prophète Muhammad.</em> <a href="#6b4363c5-f266-4440-add5-fdbcf8cc0367-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e"><em>Urina ye mwana.</em> <a href="#893d8d96-ef1d-4b7f-8c92-ba30b4b5352e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f"><em>Manteau d&rsquo;homme brodé devant avec du fil doré, porté lors des grandes cérémonies, et offert au marié lors du grand mariage.</em> <a href="#9e6f06ae-332d-451a-8115-5bfec24ffd7f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91"><em>Manteau d&rsquo;homme d&rsquo;origine omanaise, ample, notamment dans le dos, richement orné et brodé de brocart. Il se distingue par ses manches courtes et ouvertes et est porté lors des grandes cérémonies traditionnelles.</em> <a href="#7d05cb77-ce2f-42c1-b50b-38d2626a9a91-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab"><em>Poignard recourbé d&rsquo;apparat.</em> <a href="#419ebe4b-5259-45d8-b687-1f375be3c3ab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Engagement d&#8217;Abdallah III concernant la protection des immigrants</title>
		<link>https://beshelea.com/engagement-protection-immigrants/</link>
					<comments>https://beshelea.com/engagement-protection-immigrants/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 22:02:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte — Dans le souci de consolider ses relations avec les Britanniques, le sultan Abdallah bin Salim multiplie, depuis son accession au pouvoir à Ndzuani1, les gestes d’ouverture. Des intérêts britanniques sont d’ailleurs déjà présents sur l’île, à l’exemple des concessions sucrières accordées à l’ancien consul résident William Sunley.2 Dans une lettre adressée à Sir [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte</strong> — Dans le souci de consolider ses relations avec les Britanniques, le sultan Abdallah bin Salim multiplie, depuis son accession au pouvoir à Ndzuani</em><sup data-fn="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462" class="fn"><a id="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462-link" href="#3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462">1</a></sup><em>, les gestes d’ouverture. Des intérêts britanniques sont d’ailleurs déjà présents sur l’île, à l’exemple des concessions sucrières accordées à l’ancien consul résident William Sunley.</em><sup data-fn="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc" class="fn"><a id="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc-link" href="#778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc">2</a></sup><em> Dans une lettre adressée à Sir Bartle Frere, le souverain s’engage à accorder sa protection aux immigrants susceptibles de se trouver sur l’île de Ndzuani.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Ndzuani, le 8 mars 1873</em></p>



<p>« Monsieur,</p>



<p>J’ai l’honneur d’informer Votre Excellence que, à compter de ce jour, je m’engage à assurer à tous les immigrants dans cette île de Ndzuani les droits et privilèges des natifs libres de Ndzuani. Je m’engage en particulier à protéger toute personne qui serait secourue de l’esclavage par les bâtiments de la Marine de Sa Majesté Britannique, et qui serait autorisée, par ordre du Gouvernement de Sa Majesté, à résider dans cette île.</p>



<p>J’ai l’honneur d’être, etc. »<br><strong>SULTAN ABDALLAH</strong></p>



<p>À<br><strong>Sir Bartle Frere, G.C.S.I., K.C.B., etc.</strong><br>En mission spéciale à Zanzibar et Mascate</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>A complete collection of the treaties and conventions, and reciprocal regulations, at present subsisting between Great Britain and foreign powers, Vol. XIV.,&nbsp;<em>Edward Hertslet (1880)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462"><em>Abdallah III accède au trône de Ndzuani en 1855, à la mort de son père, le sultan Salim bin Alawi, qui entretenait déjà de bonnes relations avec les Britanniques</em>. <a href="#3c4b361e-93cc-4845-9c77-9adbc11fe462-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc"><em>Avant son décès, le sultan Salim bin Alawi avait accordé à Sunley une concession de quarante ans à Pomoni, au sud-ouest de l’île. Celle-ci couvrait une superficie de 280 hectares, s’étendant de la plaine de Pomoni jusqu’au massif forestier central. Entre 1855 et 1856, Sunley entame ses activités agricoles et industrielles, après avoir obtenu du souverain l’assurance d’un droit de jouissance foncière. Son domaine commence à prospérer à partir de 1860, principalement grâce à la culture de la canne à sucre. Sunley y avait également implanté des plantations de caféiers et de cocotiers.</em> <a href="#778b1705-f8dd-4a80-aeb1-64365f7cbadc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Mémorandum à l’attention de Byles concernant Ngazidja (1881)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 12:07:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah bin Salim]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah wa Saïd Hamza]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Frederic Holmwood]]></category>
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		<category><![CDATA[Mather Byles]]></category>
		<category><![CDATA[Msafumu wa Fefumu]]></category>
		<category><![CDATA[Ndzuani]]></category>
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		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 5 septembre 1881, le consul général britannique par intérim à Zanzibar, Frederic Holmwood, adresse une dépêche au comte Granville au sujet de la protection que l’usage du pavillon français par des navires indigènes de l’archipel des Comores procure à la traite des esclaves le long de la côte est-africaine. Il y souligne que certains boutriers engagés dans le commerce d’esclaves, en complicité avec des Français établis à Maore, recourent à divers stratagèmes afin d’échapper aux poursuites britanniques.</p>



<p>Dans cette missive, Holmwood évoque un rapport dont un double a été remis au capitaine Mather Byles, commandant du <em>HMS Seagull</em>, lors de son départ pour Ndzuani et les îles Comores, le 1ᵉʳ septembre. Ce document se compose principalement de déclarations émanant « d’un sultan de Ngazidja [Abdallah bin Hamza de Ɓamɓao], récemment déposé par le fils d’un homme de Ndzuani résidant à Maore [Saïd Ali, fils de Saïd Omar], ce dernier étant sujet français et occupant, selon toute vraisemblance, une fonction officielle dans cette colonie. Chaque détail fourni a été confirmé par le vizir de ce sultan, ainsi que par le vizir d’un second sultan comorien évincé [un vizir de Msafumu wa Fefumu] par le même individu qui gouverne aujourd’hui l’île. »</p>



<p>Holmwood remet ce mémorandum à Byles en lui demandant d’obtenir, si l’occasion s’en présente, la version des faits de Saïd Ali concernant les événements liés aux récents bouleversements survenus à Ngazidja, tout en plaçant auprès de lui un interprète de confiance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mémorandum à l’attention du capitaine Byles, du navire de Sa Majesté <em>Seagull</em></h4>



<p>« Au cours des dernières années, cette île a été gouvernée par les sultans indigènes Msafumu<sup data-fn="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25" class="fn"><a id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25">1</a></sup> et le sultan Abdallah<sup data-fn="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea" class="fn"><a id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea">2</a></sup>. La succession, dans ce pays, se transmet par la ligne féminine, mais d’une manière particulière ; il suffit pratiquement de préciser qu’un sultan doit être soit le fils de la fille d’un sultan, soit l’époux de la fille d’un sultan.</p>



<p>Les principaux ports de l’île sont Mroni et Shinɗini. Dans le premier, les esclaves proviennent généralement de la côte du Mozambique ; du second, ils sont en règle générale expédiés vers Ndzuani et Maore. Ces esclaves semblent être invariablement des Makua, embarqués depuis la côte du Mozambique.</p>



<p>Ceux achetés à Ngazidja par des agents français sont formellement inscrits sur un registre auquel est annexé <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">un engagement promettant de les renvoyer à l’expiration d’une date fixée</a>. Il m’est indiqué qu’on ne connaît aucun cas où un esclave aurait effectivement été renvoyé, et il serait opportun d’enquêter sur ce point. S’agissant des esclaves achetés pour le sultan de Ndzuani à l’île de Ngazidja<sup data-fn="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516" class="fn"><a id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516">3</a></sup>, je n’entends parler d’aucun accord <em>pro forma</em> de ce type.</p>



<p>Il y a quelques mois, les deux sultans, Msafumu et le sultan Abdallah, ont été déposés par un certain Saïd Ali, fils d’un sujet français et petit fonctionnaire indigène résidant à Maore, nommé Saïd Omar. Le père et le fils entretiennent actuellement des relations étroites avec le sultan de Ndzuani.</p>



<p>Le sultan déposé, Abdallah, m’informe qu’il y a quelques années, il s’était entendu avec le sultan de Ndzuani pour autoriser le débarquement d’esclaves à Mroni et leur passage à travers l’île jusqu’à Shinɗini en vue de leur expédition. Pour cela, il recevait 500 dollars par an. Mais il y a environ un an, lui et Msafumu, ayant appris que le sultan de Zanzibar, qu’ils considèrent comme leur suzerain, avait interdit toute traite des esclaves, annoncèrent aux agents du sultan [de Ndzuani], Mohedin et Saïd Bakari<sup data-fn="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" class="fn"><a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4" id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link">4</a></sup>, maître du navire qui apporte les esclaves depuis la côte pour son compte, qu’ils ne pouvaient plus autoriser le débarquement d’esclaves.</p>



<p>À la suite de cela, Mohedin se rendit auprès de Saïd Ali, qui complotait depuis longtemps pour obtenir le sultanat de Mroni, et ils convinrent rapidement avec le sultan Abdullah [bin Salim] d’envoyer 400 hommes armés depuis Ndzuani, tandis que Mohamed Sidi, secrétaire indigène français de Maore, faisait envoyer, sous le commandement de son fils Salim, 60 hommes vêtus à l’européenne et s’exerçant à la manière française, pour prêter main-forte. Cette troupe attaqua soudainement les différentes localités et les maîtrisa rapidement. Msafumu est maintenant caché dans la brousse, et le sultan Abdallah est ici réfugié avec son vizir.</p>



<p>Les détails de cette affaire, toutefois, vous apparaîtront plus clairement après que vous aurez visité les lieux. J’envoie Salim, mon interprète, pour vous assister et servir d’interprète confidentiel.</p>



<p>Vous pourrez probablement, une fois sur place, vérifier ces déclarations, ainsi que celles que vous entendrez de Saïd Ali, l’actuel sultan de Mroni, qui, sans doute, donnera une version très différente de cette affaire. Saïd Ali parle français. À Shinɗini, un certain cheikh Uma<sup data-fn="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d" class="fn"><a id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d">5</a></sup> est sultan sous l’autorité de Saïd Ali. C’est un trafiquant d’esclaves notoire, et c’est dans son port que seraient embarqués tous les esclaves destinés à Ndzuani et Maore. Je ne pense pas, toutefois, que ces expéditions dépassent 150 individus par an pour chacune des deux îles.</p>



<p>Les autres ports de Ngazidja sont Mitsamihuli, Mbuɗe, Itsandraya et Ikoni. Il serait utile de déterminer leurs capacités en tant que mouillages.</p>



<p>Je dois mentionner que deux boutres sont actuellement engagés dans la traite des esclaves à Ngazidja. Le seul que je puisse identifier est celui de Mohamed bin Tayib, régulièrement affrété par le sultan Abdallah ou par son agent, Saïd Bakari, pour transporter des esclaves. Cet homme fut capturé avec son boutre par le navire de Sa Majesté <em>Thetis</em>, et fut détenu quelque temps dans le fort ici<sup data-fn="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" class="fn"><a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98" id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link">6</a></sup>.</p>



<p>D’après ce mémorandum, il semblerait qu’une violation grave des traités conclus respectivement entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-traite-10-octobre-1882/">Grande-Bretagne et Ndzuani</a> et entre la <a href="https://beshelea.com/esclavage-accord-29-juillet-1861/">Grande-Bretagne et Ngazidja</a> soit en train de se produire. Mais, compte tenu de toutes les circonstances, je pense qu’il serait judicieux, dans les deux endroits, de nous en tenir pour l’instant à une observation attentive et aux seules investigations que permet une visite ordinaire. J’annexe quelques notes qui pourraient vous être utiles dans le cadre de votre visite. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Notes :</h5>



<p>« Treize mois se sont écoulés depuis que Hamed Simɓamwona [Simɓauma ?] est déclaré être arrivé à Mroni afin d’y acheter des esclaves pour le compte de M. Goda, de Maore. Il attendit l’arrivée du boutre de Saïd Bakari en provenance de la côte du Mozambique, et acheta cent esclaves. Ce Saïd Bakari effectue des voyages constants vers la côte, et accomplit également, en alternance, des traversées avec des esclaves makua destinés au sultan Abdallah, à Ndzuani.</p>



<p>Le <em>San Yusuf</em>, boutre appartenant à Muhammed bin Salim, de Maore, arborant les couleurs françaises entre Ngazidja et Maore, mais soupçonné d’amener à disparaître ce pavillon lorsqu’il se trouve sur la côte du Mozambique, arriva à Ngazidja il y a environ un an avec un marchand français dont le nom semblait être « Goda ». Il était accompagné d’un officier français portant une seule bande, et ils achetèrent 150 esclaves (dont 15 femmes seulement) pour un prix de 40 à 50 dollars chacun, et en embarquèrent une partie à bord du boutre. Ils furent entassés dans la cale et maintenus entravés pendant la nuit.</p>



<p>Les documents habituels furent signés, indiquant qu’ils seraient renvoyés après un délai déterminé, mais aucune déclaration de ce genre ne fut faite aux esclaves, toutes les parties concernées sachant qu’il s’agissait d’esclaves récemment débarqués de la côte du Mozambique, achetés au prix courant. On dit qu’au moins 50 de ces esclaves ne purent être transportés et furent placés sur la plantation d’Abdullah Felahi, où ils attendent encore leur embarquement. »</p>



<p><strong>FREDERIC HOLMWOOD.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>British and Foreign State Papers 1880-1881, Vol. LXXII., <em>Foreign Office (1888)</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25"><em>Msafumu wa Fefumu, sultan d&rsquo;Itsandraya et Ntiɓe de Ngazidja.</em> <a href="#99961fb7-13ea-47db-a181-741f2b444b25-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea"><em>Abdallah bin Saïd Hamza, sultan de Ɓamɓao.</em> <a href="#01fb5a49-962f-47de-8d9c-8d2cd4e576ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516"><em>Entre le sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani et le nouveau sultan Ntiɓe de Ngazidja, Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#687f61e3-c218-47bc-9d39-d7e7a4dd7516-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4"><em>Dans la transcription anglaise, « Sayyid Bukhari ». Il s’agit de Saïd Bakari wa Mwinyi Mkuu de Mroni, propriétaire de boutres et impliqué dans la traite, ainsi que son demi-frère Mhuɗini wa Mwinyi Mkuu. Ce dernier est aussi un trafiquant d’esclaves notoire, travaillant de longue date pour le compte du sultan Abdallah bin Salim de Ndzuani.</em> <a href="#b2118df8-ea0e-41cc-9472-b469483072b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d"><em>Le vieux Uma Ɗari, sultan de Mbadjini.</em> <a href="#8c9e00dd-6f69-4d36-aad8-3961ca6fca7d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98"><em>Dans le fort de Zanzibar</em> <a href="#6dd94e90-863e-4c79-872d-6d4c3ca43b98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Lettre de Saïd Ali wa Saïd Omar à Jules Grévy (1885)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 01:18:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Des notes et des lettres]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Jules Grévy]]></category>
		<category><![CDATA[Léon Humblot]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Ali wa Saïd Omar]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sultanat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contexte : Ayant longtemps souhaité — et supplié — l’instauration d’un protectorat français depuis le début de la décennie 1880, au point de « verser des torrents de larmes1 », selon ses propres mots, Saïd Ali wa Saïd Omar ne manque jamais une occasion de manifester ce désir à tout Français disposé à l’entendre. Ce [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em><strong>Contexte :</strong> Ayant longtemps souhaité — et supplié — l’instauration d’un protectorat français depuis le début de la décennie 1880, au point de « verser des torrents de larmes</em><sup data-fn="f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338" class="fn"><a id="f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338-link" href="#f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338">1</a></sup><em> », selon ses propres mots, Saïd Ali wa Saïd Omar ne manque jamais une occasion de manifester ce désir à tout Français disposé à l’entendre. Ce sultan, qui se décrivait lui-même comme « au cœur français dans un corps arabe », adressa plusieurs missives à des représentants français. L’une d’elles, datée du 15 janvier 1883, plaidait explicitement en faveur du protectorat.</em></p>



<p><em>Après sa victoire totale lors de la <a href="https://beshelea.com/esclavage-juma-wadi-hasan/">seconde nkoɗo nkuu</a></em><sup data-fn="8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e" class="fn"><a id="8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e-link" href="#8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e">2</a></sup><em>, obtenue dans des conditions désastreuses et sans avoir reçu la moindre réponse de Paris, il renvoya la même lettre le 20 août de la même année au gouverneur de Maore ainsi qu’à celui de Nosy-Be, les suppliant d’appuyer sa demande. Car, écrivait-il, « si la France ne vient pas à mon aide en accordant à mon pays et à moi-même ce protectorat que je sollicite, tout est perdu ». Il savait en effet que son autorité demeurait fragile, toujours contestée, y compris au sein de sa propre famille et parmi ses anciens alliés</em><sup data-fn="f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa" class="fn"><a id="f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa-link" href="#f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa">3</a></sup><em>.</em></p>



<p><em>Francophile à l’excès, formé auprès de l’administration coloniale à Maore, il ne vivait et ne jurait que par la France. C’est dans ce contexte qu’il tente un nouveau coup, à l’arrivée à Ngazidja, en septembre 1884</em><sup data-fn="328c9416-c995-4692-8581-81b857694301" class="fn"><a id="328c9416-c995-4692-8581-81b857694301-link" href="#328c9416-c995-4692-8581-81b857694301">4</a></sup><em>, d’un botaniste français, Léon Humblot. Les deux hommes se découvrent rapidement des intérêts communs, le second nourrissant le projet d’exploiter les ressources de l’île</em><sup data-fn="cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766" class="fn"><a id="cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766-link" href="#cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766">5</a></sup><em>. Le sultan lui confie ainsi, lors de son départ en janvier 1885, le pouvoir de le représenter dans toutes ses démarches, accompagné d’une lettre adressée au président français Jules Grévy. Saïd Ali l’ignore encore, mais son obstination à obtenir le protectorat le conduit alors à commettre l’une de ses plus graves erreurs : s’associer à Humblot.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Lettre du sultan Saïd Ali au président Grévy</h3>



<p>« Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux,</p>



<p>À Son Excellence M. le Président de la République Française,</p>



<p>MONSIEUR LE PRÉSIDENT,</p>



<p>J&rsquo;ai l&rsquo;honneur de vous annoncer que, d&rsquo;accord avec mon Conseil et tous mes Ministres, j&rsquo;ai donné à M. Humblot, naturaliste, chargé par le Ministère de l&rsquo;Instruction publique d&rsquo;une mission scientifique dans mon royaume, plein pouvoir pour solliciter la bienveillance du Gouvernement Français, pour avoir son protectorat ou faire un traité qui permette aux Français de venir s&rsquo;établir dans mon pays.</p>



<p>M. Humblot a également tout pouvoir pour donner des concessions de terre selon les conditions arrêtées entre moi et lui.<br>M. Humblot connaît Ngazidja mieux que personne, il est le seul qui soit allé partout.<br>M. Humblot a acquis toute ma confiance par sa conduite, le bon exemple du travail et du courage qu&rsquo;il a apporté dans mon royaume.</p>



<p>Dans l&rsquo;espoir, Monsieur le Président, que vous voudrez bien considérer M. Humblot comme moi-même, et accorder les bienfaits de la France sur mon peuple qui, comme moi, aime les Français, j&rsquo;ai l&rsquo;honneur, Monsieur le Président, de vous présenter mes respects.</p>



<p>Veuillez me croire votre très respectueux,</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>SAÏD ALI WA SAÏD OMAR</strong>,<br><em>Sultan de Ngazidja</em></p>



<p>Fait de ma main à Mroni, le 10 janvier 1885.</p>



<p>Approuvé par mes Ministres. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>La Grande-Comore, 1884 &#8211; 1909, <em>Charles Legros (1909)</em>.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Note</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338"><em>En date du 20 août 1883, lettre envoyée au gouverneur de Maore ainsi qu’à celui de Nosy-Be : « [&#8230;] Je verse des torrents de larmes, j&rsquo;ai un cœur français dans un corps arabe. Je suis sultan par droit de contrat, par testament et par la force des armes. Mais si la France ne vient pas à mon aide en accordant à mon pays et à moi-même ce protectorat que je sollicite, tout est perdu. »</em> <a href="#f8101791-91fa-43a1-b5c7-cf08b08d6338-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e"><em>La seconde nkoɗo nkuu (grande guerre) de Ngazidja, au 19e siècle, désigne le conflit qui opposa, de 1880 à 1883, les sultans Msafumu wa Fefumu et Saïd Ali wa Saïd Omar.</em> <a href="#8ba93bc1-8893-4e3e-aa4b-bb5045adee9e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa"><em>À peine la guerre achevée, il s’opposa à certains de ses oncles, parmi lesquels Hashim wa Mwinyi Mkuu, sultan de Mbadjini, le plus influent de ses anciens alliés durant le conflit.</em> <a href="#f19f9725-de3d-4c34-b32b-fa789214dbfa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="328c9416-c995-4692-8581-81b857694301"><em>Le 5 septembre 1884 à bord du bateau Le Prophète.</em> <a href="#328c9416-c995-4692-8581-81b857694301-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766"><em>Le 5 novembre 1885, Saïd Ali et Léon Humblot signent un traité d’exploitation de l’île. À la faveur de cet accord, Humblot devient, quelques années plus tard, propriétaire d’une très vaste portion du territoire grâce à la société qu’il fonde en 1887, au sein de laquelle il lance plusieurs chantiers. Il refuse toute ingérence dans ses affaires.</em> <a href="#cb86bffc-6e51-4c33-a5dd-c885f4f92766-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>De Zanzibar à Hambourg : itinéraire et vie de Mze bin Abubakari</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kori Tari]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 17:21:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Mze bin Abubakari]]></category>
		<category><![CDATA[Ngazidja]]></category>
		<category><![CDATA[slider]]></category>
		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 1913, Mze bin Abubakari, fils de Comoriens installés à Zanzibar, raconte son parcours : de la côte swahilie aux ports d’Allemagne, il livre le témoignage rare d’une vie entre îles, continents et mondes européens.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, d’importants flux de Comoriens émigrent vers Zanzibar, devenu alors le principal centre culturel, commercial et politique de la sous-région. Beaucoup intègrent l’administration du sultanat ; d’autres s’établissent dans l’artisanat, le commerce ou les métiers ordinaires qui rythment la vie urbaine. Il arrivait également que certains gagnent le continent, notamment Dar es-Salaam, ou prennent le large en s’embarquant sur des navires européens, comme interprètes, hommes d’équipage ou simples matelots.</p>



<p>C’est dans ce contexte de mobilité intense que s’inscrit le parcours de Mze bin Abubakari, né vers 1888, fils d’immigrés comoriens établis à Zanzibar. Son itinéraire singulier le mène jusqu’en Allemagne, à Hambourg, au tournant du XXe siècle. En 1913, au cours d’entretiens accordés aux chercheurs allemands Karl Meinhof et Martin Heepe, il livre une partie de son histoire personnelle — un témoignage rare que nous reproduisons ici dans son intégralité.</p>



<p><em>Propos recueilli le 14 janvier 1913</em> :</p>



<h3 class="wp-block-heading">Présentation de sa famille</h3>



<p>Mon père s’appelle Ɓakari wa Hamaɗi wa Ɓuna Shirazi<sup data-fn="ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26" class="fn"><a id="ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26-link" href="#ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26">1</a></sup>. Ma mère était Fatima Djumɓe Fumu wa Mwamɓa wa Mɗwauhoma, elle aussi Shirazi. Mon père et ma mère sont tous deux Shirazi. Mon père naquit à Ntsudjini et fut élevé dans la ville de Mitsamihuli. Lorsqu’il fut adulte, il se rendit à Zanzibar à l’âge de trente-sept ans. Il fit alors le service militaire<sup data-fn="f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35" class="fn"><a id="f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35-link" href="#f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35">2</a></sup> sous le règne de Barghash, jusqu’à ce que celui-ci eût vaincu ses ennemis ; puis il s’établit, vécut de ses économies, épousa ma mère et ils me donnèrent le jour. Ma mère a aujourd’hui cinquante-trois ans, mon père soixante-dix-huit ans, et moi-même j’ai vingt-cinq ans.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ses premiers jobs avec des Européens</h3>



<p>J’ai commencé à travailler à l’âge de dix ans. Je suis allé à Dar es-Salaam, où je recevais quinze roupies par mois. L’Européen pour lequel je travaillais habitait dans le bâtiment de la poste de la ville et s’appelait Bader. Je restai auprès de lui trois ans, puis il repartit pour son pays d’origine et me confia à un autre Européen. À présent, je veux rentrer chez moi. Il est déjà le soir ; je veux y aller pour manger quelque chose. Si j’attends trop longtemps avant de partir, celui qui prépare le repas sera déjà rentré chez lui. Je n’aurai alors plus aucune occasion de me procurer à manger, car il fermera la cuisine. Je ne pourrai plus avoir d’eau chaude non plus.</p>



<p>Ces informations sont exactes, mon cher Monsieur ; je te prie de m’excuser, ne te fâche pas et ne t’irrite pas. Si le Dieu tout-puissant m’accorde encore la vie, nous — toi et moi — échangerons bien des paroles. Lorsque je serai allé à Zanzibar et revenu, si le temps n’est pas froid, je reviendrai ici. Car je connais cette maison.</p>



<p><em>Propos recueillis du 11 au 16 septembre 1913</em> :</p>



<p>Kwezi ! Amba ! haɓari za imo ?<sup data-fn="063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98" class="fn"><a id="063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98-link" href="#063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98">3</a></sup> Je suis arrivé aujourd’hui ; j’ignore le jour où nous repartirons. De quoi voulons-nous maintenant écrire ? Écrivons à présent au sujet de l’Européen qui m’a pris à son service. — Cet Européen était un homme très bon, et il me donnait également un salaire exceptionnellement élevé. Je restai auprès de lui deux ans. Il s’appelait Früliauf. Le travail que j’avais à accomplir chez lui consistait à entretenir sa chambre. Après deux ans, il fut atteint d’une maladie et rentra en Europe. Alors, je ne travaillai plus à Dar es-Salaam : je rentrai chez moi et vins à Zanzibar. Puis je partis pour Chinde<sup data-fn="6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019" class="fn"><a id="6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019-link" href="#6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019">4</a></sup>, où je vécus trois ans et travaillai pour un Européen appelé Schare.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les retrouvailles avec sa famille à Zanzibar</h3>



<p>Lorsque je fus fatigué, je revins à Zanzibar pour voir ma mère et mon père, afin de savoir s’ils vivaient encore. Je les retrouvai, et mon cœur fut rempli de joie. Un repas de fête fut préparé pour moi ; j’appelai mes amis, ils vinrent, et nous mangeâmes tous ensemble et dansâmes la nuit durant. Ma mère fut très heureuse et fit venir des gens pour chanter et danser le chant de réjouissance suivant : <em>« na hudjiviwa ina wandzo mndru ; ndjema za mwana kazikaliwantsi; za mndru hudja. »</em><sup data-fn="23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb" class="fn"><a id="23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb-link" href="#23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb">5</a></sup></p>



<h3 class="wp-block-heading">Dialogue avec son père à propos des ballons dirigeables et des planeurs</h3>



<p>Je repartis d’ici et allai à Zanzibar, où je revis mon père : — « Kwezi ! » <em>(Père:)</em> « Amba ! Haɓari za ntsu zinddji ?<sup data-fn="6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107" class="fn"><a href="#6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107" id="6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107-link">6</a></sup> » <em>(Moi:)</em> « Ndjema<sup data-fn="c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527" class="fn"><a href="#c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527" id="c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527-link">7</a></sup> » <em>(Père:)</em> « Haɓari za Ulaya<sup data-fn="c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96" class="fn"><a href="#c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96" id="c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96-link">8</a></sup> » <em>(Moi:)</em> « Salimina<sup data-fn="85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f" class="fn"><a href="#85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f" id="85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f-link">9</a></sup>. J’y ai vu beaucoup de choses que tu ne connais pas. J’y ai vu une grande chose qui s’élève vers le ciel et redescend sur terre, dans laquelle quinze personnes peuvent entrer (un zeppelin<sup data-fn="904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6" class="fn"><a href="#904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6" id="904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6-link">10</a></sup>). Son apparence est celle d’un requin, et il va très vite. En une heure, un Européen a coutume de dépenser trois ou cinq livres sterling. Mais en échange, on s’élève, puis l’on revient (au sol), parcourant en deux heures une distance pour laquelle la locomotive<sup data-fn="8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb" class="fn"><a href="#8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb" id="8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb-link">11</a></sup> met six heures. »</p>



<p><em>(Père:)</em> « Ah, comment as-tu vu cela ? »<br><em>(Moi:)</em> « Je l’ai vu comme un prodige<sup data-fn="f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b" class="fn"><a href="#f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b" id="f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b-link">12</a></sup> : une véritable maison s’élève et part vers le ciel, sans aucune corde. J’en ai vu un autre, semblable à un oiseau de proie<sup data-fn="160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b" class="fn"><a id="160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b-link" href="#160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b">13</a></sup> : un homme y entre également, et il s’élève et va plus vite qu’un bateau à vapeur<sup data-fn="06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34" class="fn"><a href="#06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34" id="06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34-link">14</a></sup>. J’ai été très heureux de voir ces choses merveilleuses. L’Européen chez qui j’étais m’a donné une longue-vue, et je ne pouvais voir des gens que les jambes. Il passa près du navire où nous nous trouvions, et je compris que les Européens ont beaucoup d’ingéniosité. Il n’y a personne qui oserait se lancer en guerre contre eux. »</p>



<p><em>(Père:)</em> « Eh bien ! À quoi ressemblait cette grande chose ? »<br><em>(Moi:)</em> « Tout à fait à un requin. »<br><em>(Père:)</em> « Comment les gens y entrent-ils ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils entrent par une porte et la referment ; puis cela s’élève comme un cerf-volant, mais sans corde. »<br><em>(Père:)</em> « Y es-tu entré toi aussi ? »<br><em>(Moi:)</em> « Non, non ! J’ai peur d’y entrer : on pourrait en tomber. Un Noir ne doit pas oser y entrer pour monter ainsi et aller vers le ciel. Et ce type d’appareil (dirigeable) a été construit uniquement par les Allemands. Les Anglais n’ont fabriqué aucune machine pouvant emporter quinze personnes. Chez les Anglais, seules deux ou trois personnes peuvent y prendre place. Ils n’ont pas encore su fabriquer ce que les Allemands ont fait. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">La ville de Hambourg et ses petits commerces </h3>



<p><em>(Père:)</em> « Tu es un menteur. Tu voyages là-bas et tu reviens pour me raconter des mensonges. »<br><em>(Moi:)</em> « Mais père, ces choses sont vraies, et je te montrerai aussi la carte (l’image) sur laquelle cette grande chose est représentée. Voici celle pour quinze personnes, et voici celle pour un seul homme. Celle pour un homme ressemble à un oiseau de proie s’élevant vers le ciel. Et les autres images montrent la belle, la très belle ville de Hambourg : une cité entièrement européenne, avec de belles rues et de très nombreux arbres magnifiques. Dans une rue, trente voitures peuvent se croiser sans se toucher, et les passants ne se heurtent pas tant la rue est large, et, en outre, les gens y vendent des marchandises. »</p>



<p>(<em>Père:)</em> « Que vendent-ils ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils vendent des pommes<sup data-fn="45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283" class="fn"><a href="#45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283" id="45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283-link">15</a></sup> et des oranges européennes. »<br><em>(Père:)</em> « À quel prix les vendent-ils ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils vendent une livre pour deux pesa<sup data-fn="148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5" class="fn"><a href="#148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5" id="148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5-link">16</a></sup>. »<br><em>(Père:)</em> « Sont-elles sucrées ? »<br><em>(Moi:)</em> « Très sucrées. Et il y a aussi des gâteaux sucrés, et d’autres qu’on mange avec le thé. »<br><em>(Père:)</em> « Ah ! Et à quel prix vend-on cela ? »<br><em>(Moi:)</em> « Ils les vendent un pesa, et une tasse de thé aussi pour un pesa. Voilà le prix qu’ils demandent. Voilà les nouvelles d’Europe. Les Allemands sont nos amis. »</p>



<p><em>(Moi:)</em> « Comment vont les choses à Zanzibar ? »<br><em>(Père:)</em> « À Zanzibar, les choses sont maintenant bon marché : si quelqu’un a une roupie, il peut être rassasié ; elle suffit pour toute la journée. »<br><em>(Moi:)</em> « Suffit-elle vraiment ? »<br><em>(Père:)</em> « Elle suffit, et il y a beaucoup de nourriture, et il tombe beaucoup de pluie. Les gens labourent et cultivent les champs ; les cocotiers portent, et les orangers fleurissent. Les gens se réjouissent du bien-être qui règne maintenant dans la ville. Et ici, nous sommes heureux qu’il y ait tant de bananes : trois ou quatre pour un pesa ; et il y a aussi beaucoup de pommes de terre. Et l’on trouve également de grandes ignames : l’une coûte huit pesa, et si elle est très grosse, un surani (soit seize pesa). Voilà le bien-être qui règne à présent dans la ville. Il n’y a pas de maladie. Nous sommes tous en bonne santé ; personne n’est encore mort.<br>Veux-tu repartir ? »</p>



<p>(Moi:) « Je repartirai. »<br>(Père:) « Reste ici et repose-toi. S’il y avait quelqu’un parmi nous deux qui devrait travailler, ce serait moi, qui t’ai engendré ; et pourtant, je n’ai rien gagné sinon toi, puisque je t’ai mis au monde. Reste donc ici et repose-toi : tu es malade. Et ta mère n’aime pas du tout que tu repartes. Cherche du travail ici en ville et occupe-toi. »<br><em>(Moi:)</em> « Je partirai tout de même, car l’Européen chez qui je suis est un homme bon, qui sait se comporter avec les gens. »<br><em>(Père:)</em> « Va alors et va dire adieu à ta mère. »<br><em>(Moi:)</em> « Aridjalia<sup data-fn="03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15" class="fn"><a href="#03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15" id="03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15-link">17</a></sup> donc, que tout aille bien, chère mère. »<br><em>(Mère:)</em> « Aridjalia. Nous nous reverrons dans le bonheur. »</p>



<h5 class="wp-block-heading">Référence :</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li>Die Komorendialekte Ngazidja, Nzwani und Mwali, <em>Martin Heepe (1920).</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Notes </h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26"><em>Issu d&rsquo;une lignée shirazi, c’est-à-dire l’une des familles d’origine arabo-persane dont se réclamaient les sultans et l’aristocratie de l’archipel à l’époque.</em> <a href="#ac61d2f9-f1a0-41f3-8a5f-83ca4f906d26-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35"><em>Il utilise l’expression « hazi ya uwana nkoɗo »</em>. <a href="#f9046f7a-6f6f-444a-9a03-cb1ed2274c35-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98"><em>« Bonjour ! Bonjour ! Qu’y a-t-il de nouveau, d’où viens-tu ? »</em> <a href="#063ed596-f1b5-4174-a19b-538aa367be98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019"><em>Ville mozambicaine située le long de la rivière du même nom, un affluent du delta du Zambèze.</em> <a href="#6b389e80-1d51-427a-ba52-4d420216d019-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb"><em>Quiconque aime véritablement une autre personne ne peut rester chez lui lorsqu’il apprend une nouvelle heureuse le concernant ; il se précipite pour partager sa joie avec cette personne ou ses proches.</em> <a href="#23c98853-dd92-434f-8482-c67f4087f7fb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107"><em>Comment s’est passée tout ce temps ?</em> <a href="#6e06aefb-8899-4b43-a868-0e7641406107-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527"><em>Bien.</em> <a href="#c56b616a-670e-4081-b724-3a43eebd0527-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96"><em>Comment était l’Europe ?</em> <a href="#c791874f-0a7f-4a61-ab08-769dd453ef96-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f"><em>Tout va bien.</em> <a href="#85fef1c5-5171-4b16-b8e1-a1a6f6e8b95f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6"><em>Un aérostat de type dirigeable rigide, de fabrication allemande.</em> <a href="#904bf200-bdd5-486f-8f4a-71c2279235b6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb"><em>Il utilise l’expression « gari la moshi ».</em> <a href="#8197d7eb-b87d-4c89-85c6-4114438300fb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b"><em>Mastaâdjab.</em> <a href="#f8ef6c81-4f96-4467-be00-7994e5eac51b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b"><em>Il s&rsquo;agit des premiers planneurs.</em> <a href="#160b58c5-d19d-4f52-8e5e-a15278541d2b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34"><em>Markaɓu ya moshi.</em> <a href="#06d59044-c69c-4d6f-965b-5ec112c48e34-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283"><em>Le terme qu’il a employé pour désigner la pomme est « pera la shizungu », littéralement « goyave européenne ».</em> <a href="#45e39fd3-7ca9-49f4-ae22-e0027794a283-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5"><em>Une livre et deux pesa (ratili ndzima na maɓwankanga maili).</em> <a href="#148a400b-4d7b-45e4-8c35-a268cb43f5c5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15"><em>Littéralement : « Adieu ».</em> <a href="#03c99b56-d09d-4f51-a14d-0160dbb70f15-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


<p></p>
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